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L’araméen, langue-monde des empires : ce que disent les documents

Djehouty / Wikimedia Commons
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Le support ordinaire de l’araméen administratif était la peau et le papyrus. Les deux pourrissent. C’est la première chose à savoir sur la langue qui a servi de véhicule écrit à trois empires successifs : ce qu’on en lit aujourd’hui vient presque uniquement d’endroits où il ne pleut pas, le sable de la haute Égypte, les réserves sèches de Bactriane. Babylone, Suse et Persépolis ont rendu des dizaines de milliers de tablettes d’argile et à peu près pas de cuir.

Vingt-deux signes et deux scribes côte à côte

En février 1979, un paysan syrien dégage au bord de Tell Fekheriye, sur un bras du Khabour, une statue de basalte grandeur nature. Sur le pan de la tunique courent deux textes : trente-huit lignes d’akkadien assyrien devant, vingt-trois lignes d’araméen derrière. C’est Hadad-yith’i, gouverneur de Guzana et de Sikan, qui dédie l’objet au dieu de l’orage. La statue est conservée au Musée national de Damas et l’inscription porte le numéro KAI 309.

Sa date fait débat, et le débat est instructif. Les traits stylistiques de la statue renvoient au milieu du IXᵉ siècle ; certaines formes de lettres de la partie araméenne, plus archaïques, ont fait proposer le XIᵉ. Les deux arguments ne portent pas sur le même objet, l’un sur la sculpture, l’autre sur la graphie, et l’écart n’est pas tranché. Ce que le monument établit sans réserve, c’est qu’à la frontière occidentale de l’Assyrie un notable fait graver son texte dans les deux systèmes, et que les assyriologues tiennent le prototype araméen pour antérieur au texte akkadien.

L’avantage technique de l’araméen tient en un chiffre. Vingt-deux signes consonantiques contre les centaines de valeurs syllabiques et logographiques que doit maîtriser un scribe cunéiforme. Un panneau de gypse du palais sud-ouest de Ninive montre les deux métiers au travail dans la même scène : le premier scribe tient une tablette et un stylet, le second écrit à l’encre sur un support souple. Le panneau est au British Museum, sous le numéro 124955, daté par l’institution entre 640 et 620. Point de prudence : personne n’a lu ce que le second scribe écrit. La langue lui est attribuée par déduction, à partir du support.

L’écriture n’explique pas tout. Les déportations assyriennes ont installé des populations araméophones à travers la Mésopotamie, et c’est cette masse de locuteurs, autant que la commodité de l’alphabet, qui rend la langue disponible. Le passage n’a d’ailleurs rien eu de spontané. Une lettre du roi Sargon II à Sin-iddina, fonctionnaire d’Ur, reprend la demande de celui-ci d’envoyer ses messages sur des feuilles de parchemin araméennes et la rejette sèchement : qu’il écrive en akkadien, c’est la règle établie. Le document, publié sous le numéro 2 du volume 17 des State Archives of Assyria, prouve deux choses à la fois. La pratique existait. Le pouvoir la refusait encore.

Le décret que personne n’a retrouvé

Le terme technique est allemand. « Reichsaramäisch », araméen d’empire, est forgé en 1927 pour désigner la variété standardisée qu’employait la chancellerie achéménide, assise sur un dialecte araméen de Babylonie, avec ses conventions orthographiques propres. Holger Gzella y voit une langue délibérément promue par le pouvoir perse. Margaretha Folmer en a donné en 1995 l’étude de référence, consacrée précisément aux variations régionales de ce standard. La norme existe. Elle n’est pas uniforme.

L’objection est presque aussi ancienne que la formule. Dès 1955, on faisait remarquer qu’aucun édit conservé n’accorde expressément ce statut à une langue quelconque, et l’on proposait de parler de langue véhiculaire plutôt que de langue officielle, en observant que l’usage était en réalité plus répandu qu’on ne le supposait. Ce n’est pas du scepticisme de principe. C’est un manque documentaire précis, et il n’a pas été comblé depuis.

Le camp adverse a de quoi répondre, et il faut lui laisser sa meilleure version. Le paragraphe 70 de l’inscription de Behistoun affirme que Darius a fait circuler des copies et des traductions de son texte dans les provinces. Une de ces traductions a été retrouvée : un rouleau de papyrus provenant de la colonie militaire judéenne d’Éléphantine, en Égypte, aujourd’hui au musée de Berlin sous la cote P. 13447, connu des araméisants comme TAD C2,1. Vingt-quatre feuilles collées, onze colonnes de texte à l’origine, cinq colonnes conservées en dizaines de fragments, et pas une seule ligne complète. La copie date de 420 environ, soit un siècle après l’original, et le scribe y a inséré un paragraphe emprunté à une autre inscription de Darius, celle de son tombeau. Un empire qui fait traduire et diffuser en araméen la proclamation fondatrice de sa dynastie ne pratique pas l’indifférence linguistique.

Reste le déséquilibre. Ce rouleau est à ce jour la seule version araméenne connue d’une inscription royale achéménide. Sur les parois, dans les palais et sur les tombeaux, le pouvoir se dit en vieux-perse, en élamite et en babylonien, en cunéiforme. L’araméen est la langue du travail, pas celle de la monumentalité.

De Balkh à Assouan, la même lettre

Les archives de la forteresse de Persépolis, découvertes en 1933, comptent les restes de quinze à dix-huit mille documents en élamite cunéiforme et de cinq cents à mille en araméen. La proportion est trompeuse, et le dossier le dit lui-même : les tablettes du Trésor gardent aux angles des trous et des restes de cordelettes, indice qu’elles étaient attachées à des rouleaux de cuir portant l’équivalent araméen du texte. La moitié araméenne de cette administration a été détruite par le climat.

Ce qui subsiste ailleurs suffit à reconstituer la mécanique. La Bodleian Library d’Oxford a acquis en 1944 un lot de lettres sur cuir, pliées en accordéon, fermées par une cordelette et une bulle d’argile au sceau d’Arshama, prince de la maison royale et satrape d’Égypte à la fin du Vᵉ siècle. La bibliothèque décrit la chaîne en une phrase qui vaut démonstration : l’ordre est dicté en perse, mis par écrit en araméen, lu par un Égyptien, annoté en égyptien. L’araméen n’est pas ici une langue que l’on parle, c’est un format que l’on traverse.

À l’autre bout de l’empire, la collection Khalili conserve quarante-huit documents araméens de Bactriane, pour l’essentiel la correspondance du satrape Akhvamazda avec son gouverneur Bagavant, sur cuir, à quoi s’ajoutent dix-huit bâtonnets de bois servant de tailles. Les dates couvrent moins de trente ans, de 353 à 324. Un des documents, une longue liste de fournitures de 29,1 sur 49,6 centimètres, commence le 15 sivan de l’an 7 d’Alexandre, soit le 8 juin 324, et court sur trois mois. La formule d’adresse, le support, la main : tout renvoie aux lettres d’Arshama, à quatre mille kilomètres de là. Une réserve s’impose et elle est lourde. Ces documents n’ont aucun contexte de fouille. Ils sont arrivés par le marché de l’art, et l’on ne sait de leur provenance que ce que la critique interne permet d’en inférer, sans doute la région de Balkh.

L’écriture part sans la langue

En 1973, la mission française dirigée par Henri Metzger dégage au Létôon, près de Xanthos en Lycie, une stèle de 135 centimètres portant trois textes. Le lycien occupe quarante et une lignes, le grec trente-cinq, l’araméen vingt-sept, sur une face étroite, et il s’agit d’un résumé. Le décret institue un culte sous l’autorité du satrape Pixôdaros, en 337. La hiérarchie est parlante : l’araméen n’est ici ni la langue du sanctuaire ni celle de la cité, c’est la version que l’administration impériale peut lire.

Quatre-vingts ans plus tard, à Chehel Zina près de Kandahar, l’empereur maurya Ashoka fait graver un édit en grec et en araméen, vers 260. C’est sa plus ancienne inscription connue, antérieure à tous ses édits indiens. Une seconde inscription de Kandahar, découverte en 1963, alterne prakrit et araméen, le tout noté dans l’alphabet araméen. L’empire perse était tombé depuis soixante-dix ans, et sa langue de bureau servait encore à parler aux populations de l’Arachosie.

De cet alphabet descendent l’écriture carrée de l’hébreu, la nabatéenne d’où sort l’arabe, les écritures pehlevie et sogdienne, l’alphabet avestique, et la kharoṣṭhī du Gandhara. Ce dernier cas mérite qu’on précise l’état du dossier. La dépendance graphique envers l’araméen cursif achéménide est nette, le sens d’écriture de droite à gauche est conservé, mais les valeurs sonores sont entièrement refaites pour les langues indiennes. Les plus anciens témoins datables avec certitude sont les édits d’Ashoka de Shahbazgarhi et de Mansehra, au milieu du IIIᵉ siècle, et l’écriture y est déjà achevée. Aucune forme intermédiaire n’a été retrouvée entre le modèle araméen et le système constitué, et les spécialistes restent partagés entre une évolution lente sur deux siècles et l’œuvre délibérée d’un inventeur unique.

Ce que les documents ne disent pas des bouches

Rien de ce qui précède ne renseigne sur la parole. Un scribe de Kandahar écrivant en araméen ne prouve pas qu’on parlait araméen à Kandahar, exactement comme le latin des chancelleries médiévales ne prouve rien sur les cuisines.

Un texte au moins donne une scène orale, et il faut le manier avec précaution. Dans le deuxième livre des Rois, au chapitre 18, verset 26, les officiers du roi Ézéchias demandent à l’envoyé assyrien de leur parler en araméen, qu’ils comprennent, plutôt qu’en judéen, parce que le peuple écoute depuis le rempart. Isaïe reprend le passage au chapitre 36. Le récit place la scène en 701, mais sa rédaction est postérieure et sa portée documentaire discutée. Si l’on retient l’indication, elle dit ceci et rien de plus : à Jérusalem, l’araméen est la langue des hauts fonctionnaires, pas celle de la foule.

La langue a fini par gagner les bouches, et le judaïsme en garde la trace : des passages entiers de Daniel et d’Esdras sont en araméen, les targoums traduisent la Torah pour des fidèles qui n’entendent plus l’hébreu, les deux Talmuds sont rédigés dans cette langue. Elle se parle encore. L’Institut national des langues et civilisations orientales estime à cinq cent mille les locuteurs du soureth, le néo-araméen du nord-est, dont une vingtaine de milliers en France. L’UNESCO en compte environ cinquante mille pour le touroyo du Tur Abdin et classe ces parlers en danger. Le néo-araméen occidental ne survit que dans trois villages de l’Anti-Liban, dont Maaloula, où la transmission aux enfants s’est brisée après 2011.

Un mot écrit malka, prononcé šāh

Les scribes de l’Iran parthe puis sassanide ont fait à l’araméen le sort le plus étrange qui soit. Ils ont gardé des mots araméens dans leur graphie et les ont prononcés en iranien. On écrit MLKʾ, le mot araméen pour « roi », et on lit šāh. On écrit la préposition araméenne mn, et on dit az en moyen-perse, ač en sogdien. Ces araméogrammes ne sont pas une survivance marginale : ils définissent l’écriture pehlevie, au point qu’un texte iranien noté dans un alphabet dérivé de l’araméen n’est pas dit pehlevi s’il en est dépourvu.

Le résultat tient dans un objet. Le Frahang-i Pahlavig est une liste de mots où chaque forme araméenne est suivie de l’écriture phonétique du mot persan qu’il faut prononcer à sa place, environ mille trois cents entrées. Le plus ancien exemplaire connu est un feuillet unique retrouvé à Tourfan, dans le Turkestan chinois, daté du IXᵉ ou du Xᵉ siècle ; les manuscrits complets ne remontent pas au-delà du XVᵉ. Un prêtre zoroastrien avait besoin d’un dictionnaire d’une langue que personne autour de lui ne parlait plus, pour arriver à lire la sienne.

Pour aller plus loin

Le dossier croise l’inscription de Behistoun, dont le paragraphe final ordonne la diffusion du texte dans les provinces et dont on a retrouvé des copies en babylonien à Babylone et en araméen en Égypte. Il rejoint les papyri d’Éléphantine, archive d’une garnison judéenne du sud de l’Égypte qui a livré contrats, lettres et pétitions au temple. Il touche enfin à l’extinction de l’écriture cunéiforme, à laquelle la concurrence de l’alphabet araméen et de ses supports souples a largement contribué.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Statue de Hadad-yith’i, basalte, h. 2 m avec le socle, inscription bilingue akkadien (38 lignes) et araméen (23 lignes), Tell Fekheriye, KAI 309 Musée national de Damas
  2. Panneau mural à deux scribes, gypse, palais sud-ouest de Ninive, salle XXVIII, panneau 9, 640-620 avant notre ère The British Museum, BM 124955 (1856,0909,1)
  3. Lettre de Sargon II à Sin-iddina d’Ur refusant les feuilles de parchemin araméennes State Archives of Assyria XVII, n° 2
Voir les 29 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Version araméenne de l’inscription de Behistoun, papyrus, Éléphantine, vers 420 avant notre ère, 24 feuilles collées, 5 colonnes conservées Ägyptisches Museum, Berlin, P. 13447 ; TAD C2,1 + C3,13
  2. Lettres d’Arshama, satrape d’Égypte, sur cuir, avec deux sacs et huit bulles d’argile scellées, Pell. Aram. I-XIII Bodleian Library, Oxford
  3. Lettre d’Akhvamazda à Bagavant et aux magistrats, cuir, 14,6 × 32,2 cm, marheswan de l’an 6 d’Artaxerxès III (novembre-décembre 353 avant notre ère) The Khalili Collections
  4. Longue liste de fournitures, cuir, 29,1 × 49,6 cm, à partir du 15 sivan de l’an 7 d’Alexandre (8 juin 324 avant notre ère) The Khalili Collections
  5. Stèle trilingue du Létôon, 135 × 57,5 × 30 cm, lycien 41 lignes, grec 35 lignes, araméen 27 lignes, 337 avant notre ère, KAI 319 Musée de Fethiye
  6. Édit bilingue gréco-araméen d’Ashoka, 55 × 49,5 cm, Chehel Zina, Kandahar, vers 260 avant notre ère, KAI 279 Musée national d’Afghanistan, Kaboul
  7. Deuxième livre des Rois, 18, 26, et Isaïe, 36, 11 texte massorétique

Bibliographie

  1. Ali Abou-Assaf, Pierre Bordreuil et Alan R. Millard, *La statue de Tell Fekherye et son inscription bilingue assyro-araméenne*, Paris, 1982 Éditions Recherche sur les Civilisations
  2. Holger Gzella, *A Cultural History of Aramaic. From the Beginnings to the Advent of Islam*, Handbook of Oriental Studies I/111, Leyde et Boston, 2015, XIV + 451 p. Brill
  3. Margaretha L. Folmer, *The Aramaic Language in the Achaemenid Period. A Study in Linguistic Variation*, Orientalia Lovaniensia Analecta 68, Louvain, 1995 Peeters
  4. Joseph Naveh et Shaul Shaked, *Aramaic Documents from Ancient Bactria (Fourth Century BCE)*, Studies in the Khalili Collection, Londres, 2012, XXI + 294 p. Khalili Family Trust
  5. Bezalel Porten et Ada Yardeni, *Textbook of Aramaic Documents from Ancient Egypt*, 4 vol., Jérusalem, 1986-1999 Hebrew University
  6. Pierre Grelot, *Documents araméens d’Égypte*, Littératures anciennes du Proche-Orient 5, Paris, 1972 Éditions du Cerf
  7. Jonas C. Greenfield et Bezalel Porten, *The Bisitun Inscription of Darius the Great. Aramaic Version*, Corpus Inscriptionum Iranicarum I/V/1, Londres, 1982 School of Oriental and African Studies
  8. Christopher J. Tuplin et John Ma (dir.), *Aršāma and his World. The Bodleian Letters in Context*, 3 vol., Oxford, 2020 Oxford University Press
  9. Godfrey R. Driver, *Aramaic Documents of the Fifth Century B.C.*, Oxford, 1954, édition abrégée et révisée 1965 Clarendon Press
  10. Henri Metzger et Emmanuel Laroche, « Notes sur la stèle trilingue du Létôon de Xanthos », *Kadmos* 13 (1), 1974, p. 82-84 De Gruyter

Sources en ligne

  1. « BISOTUN iii. Darius’s Inscriptions », Rüdiger Schmitt Encyclopaedia Iranicahttps://www.iranicaonline.org/articles/bisotun-iii/
  2. « IDEOGRAPHIC WRITING i. TERMINOLOGY AND CONVENTIONS » Encyclopaedia Iranicahttps://www.iranicaonline.org/articles/ideographic-writing-i-terminology-and-conventions/
  3. « Aramaic and Hebrew in alphabetic scripts », Nimrud : Materialities of Assyrian Knowledge Production Oracc, University of Pennsylvaniahttps://oracc.museum.upenn.edu/nimrud/ancientkalhu/thewritings/aramaichebrew/index.html
  4. « Persepolis Fortification Archive » Institute for the Study of Ancient Cultures, University of Chicagohttps://isac.uchicago.edu/research/projects/persepolis-fortification-archive
  5. « L’extinction des écritures cunéiformes », Cécile Michel, Brèves mésopotamiennes CNRS Le Journalhttps://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/breves-mesopotamiennes/lextinction-des-ecritures-cuneiformes
  6. « Néo-Araméen (Soureth) » Institut national des langues et civilisations orientaleshttps://inalco.fr/langues/neo-arameen-soureth
  7. « Les langues araméennes modernes » Sorosorohttps://www.sorosoro.org/les-langues-arameennes/
  8. « Aramaic Documents » The Khalili Collectionshttps://www.khalilicollections.org/all-collections/aramaic-documents/
  9. « Pap. Berlin P. 13447 » Elephantine. Texts & Scripts, Staatliche Museen zu Berlinhttps://elephantine.smb.museum/objects/object.php?o=306603
  10. « Language Death. The Case of Akkadian », Johannes Hackl The Ancient Near East Today, ASORhttps://anetoday.org/hackl-akkadian-death/
  11. « Xanthos-Letoon » Centre du patrimoine mondial de l’UNESCOhttps://whc.unesco.org/fr/list/484/
  12. « wall panel ; relief », fiche de collection 1856,0909,1_5 The British Museumhttps://www.britishmuseum.org/collection/object/W_1856-0909-1
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