Plus de quatre cents exemplaires d’un même texte cunéiforme sont connus, pour l’essentiel gravés sur les dalles de pierre qui habillaient le bas des murs du palais nord-ouest de Kalhu, l’actuelle Nimrud. Sur ces mêmes dalles, un arbre stylisé revient environ cent soixante-dix fois d’après le relevé de Pauline Albenda, encadré de génies ailés qui tendent vers lui un objet ovale et un petit seau. Le texte énumère les titres et les victoires du roi Assurnasirpal II. De l’arbre, il ne dit rien, et aucune tablette exhumée depuis n’a donné de nom à ce motif.
Assurnasirpal quitte Assur pour une ville de province
Vers la cinquième année de son règne, qui court de 883 à 859 avant notre ère, Assurnasirpal II transfère sa résidence et le centre administratif du royaume d’Assur à Kalhu, chef-lieu de province hérité de l’époque médio-assyrienne, qu’il rebâtit à grande échelle. Son palais, que les fouilleurs anglais ont appelé « nord-ouest », remplit la plus grande partie de l’angle nord-ouest de la citadelle.
Dans les salles d’apparat, la brique crue repose sur des orthostates, de grandes dalles dressées au pied des murs et taillées dans un gypse local, l’albâtre gypseux des catalogues de musée. Un panneau du Metropolitan Museum de New York, inventorié 32 143,4, mesure 234,3 centimètres de haut. Toutes les salles n’en recevaient pas. Sur le plan de Layard, les salles A, J, K, M, O, R, U, V, W, X, Y, AA, BB n’ont livré aucun bas-relief figuré, et le décor sculpté se concentre autour de la salle du trône et dans les appartements royaux.
Le Fitzwilliam Museum de Cambridge fait d’Assurnasirpal le premier roi assyrien à couvrir son palais de sculptures de pierre sur une telle étendue. Holly Pittman invite depuis 1996 à nuancer ce titre, en soutenant que l’Obélisque blanc du British Museum, à l’attribution elle-même disputée, reproduit en réduction le programme narratif d’une salle du trône plus ancienne, probablement à Ninive.
La date du décor pose un problème à part. En 1951, la mission britannique dégage devant la salle du trône une stèle de grès (ND 1104, musée de Mossoul) où le roi affirme avoir inauguré son palais par dix jours de fête offerts à 69 574 invités. Donald Wiseman, qui la publie en 1952, la place au plus tard en 879, millésime qui a fait carrière. Deux études ultérieures ont abaissé cette date, entre 874 et 866 puis vers 864, et John Malcolm Russell s’est rallié en 1999 à la date basse, rappelle Nicolò Marchetti dans la Revue d’assyriologie en 2009. Le British Museum date de 865-860 le grand panneau placé derrière le trône. Si l’on retient 879 pour la fête, rien ne garantit que les reliefs aient orné les murs le jour de l’inauguration.
La salle B, entre le trône et la porte centrale
Depuis la grande cour, trois portes monumentales, gardées par des taureaux ailés à tête humaine, ouvrent dans le mur nord de la salle du trône, une salle longue et étroite. Le long des murs, deux registres de batailles et de chasses se superposent, séparés par la bande de l’inscription. Deux panneaux rompent cette suite. Derrière le trône, au centre du mur est, le B-23 montre deux fois Assurnasirpal en habit rituel, de part et d’autre d’un arbre stylisé que surmonte un dieu tenant un anneau dans un disque ailé ; un génie se tient derrière chaque figure royale. Face à la porte centrale, le B-13 répétait la scène, si bien que le visiteur entré par le milieu, probablement le plus grand nombre, la trouvait devant lui avant tout autre relief. Selon le volume dirigé par J. Caleb Howard en 2023, ces deux orthostates étaient posés plus haut que leurs voisins. Le B-23, dégagé par Layard en mai 1846, mesure 195 centimètres sur 432,8 ; réparti en cinq caisses, il quitte Nimrud sur un radeau en avril 1847, et les trois dernières n’arrivent en Angleterre, par Bombay, qu’en août 1849. Il porte au British Museum le numéro 124531. À la fouille, on relevait encore des traces de couleur sur les sandales, semelles rouges et empeignes noires.
Irene Winter a proposé en 1981, puis en 1983, de lire la salle comme un programme ordonné où le récit des campagnes part du trône, longe le mur sud et revient par le mur nord, peut-être en suivant les limites géographiques de l’empire, d’après le résumé qu’en donne Holly Pittman. Pour Guillaume Sence, en 2014, la salle du trône concentre les thèmes répartis dans les autres salles. Quant au dieu du disque, son identité divise. Le portail consacré à Nimrud sur l’Oracc y reconnaît Aššur, le British Museum penche pour Šamaš, le dieu Soleil, sans écarter Aššur, et David Kertai a défendu en 2020 la présence de Šamaš dans cette salle.
Cette scène était aussi brodée sur les vêtements royaux, précise encore le British Museum.
Quatre cents fois la même titulature
L’inscription court au milieu de chaque grand relief, souvent à travers l’image. Elle s’ouvre sur la formule « Palais d’Assurnasirpal, vicaire d’Aššur, élu d’Enlil et de Ninurta, bien-aimé d’Anu et de Dagan, arme destructrice des grands dieux », énumère les conquêtes et s’achève sur la refondation de Kalhu et de son palais. Albert Kirk Grayson l’a éditée en 1991 sous la référence RIMA 2 A.0 101,23. Sur la dalle 124530 du British Museum, la phrase devait continuer par « avec splendeur, sans peur au combat », mais le graveur, arrivé au bord de la pierre, l’a coupée là, et l’ensemble paraît complet au premier regard.
J. Caleb Howard a reconstitué en 2017 la fabrication de ces copies. Des fautes partagées par des groupes d’exemplaires trahissent un exemplaire maître puis des copies intermédiaires, aujourd’hui perdus, que les tailleurs de pierre reproduisaient à vue en y ajoutant leurs propres erreurs.
Layard avait remarqué la répétition. Au moment de découper les panneaux pour le transport, ses équipes ont souvent abandonné les bandes inscrites, et des fragments ont ensuite circulé hors de tout inventaire. À Lyon, une plaque de 76 centimètres sur 45 portant un passage du texte a été déposée au Muséum d’histoire naturelle en 1979 par les Œuvres pontificales missionnaires, puis publiée en 2007 par Philippe Abrahami.
Qui lisait ce texte ? La notice du Brooklyn Museum rappelle que la lecture du cunéiforme demandait des années d’apprentissage et voit surtout dans la bande une présence de l’écriture, déroulée sur les dalles comme par un sceau-cylindre géant. Russell a montré en 1999 qu’une inscription assyrienne ne se comprend qu’avec son contexte architectural, précisément ce que la dispersion des dalles a effacé. L’argument adverse part de la dalle 124530. Jon Taylor, qui a signalé ce raccourci, note que les scribes auraient vu le procédé, et le graveur travaillait donc sous le regard possible de lecteurs.
Mullilu et banduddû
Les génies ailés du palais, à tête humaine ou à tête de rapace, sont des apkallu, des « sages » selon le nom que leur donnent les textes. Frans Wiggermann a édité en 1992 les rituels qui prescrivent de modeler leurs figurines et de les enfouir dans les maisons pour en écarter le mal ; ils nomment deux de leurs attributs, le mullilu, « purificateur », et le banduddû, un seau, que la plupart des spécialistes reconnaissent dans le cône et le petit seau des reliefs. La salle I portait à elle seule environ quatre-vingt-seize arbres, répartis sur deux registres.
L’arbre, lui, résiste. Dès le XIXᵉ siècle, on a lu la scène comme la fécondation d’un palmier-dattier, le génie posant l’inflorescence mâle sur l’arbre femelle, lecture longtemps tenue pour évidente. Mariana Giovino, qui a retracé en 2007 un siècle et demi d’interprétations, juge que l’identification au palmier s’explique par les habitudes des commentateurs, sans preuve décisive, et rappelle qu’aucun texte contemporain ne mentionne cet « arbre » ; elle envisage que le kiškānû, un arbre d’espèce inconnue nommé dans les textes, ait pu désigner un arbre artificiel. Mieux vaut donc parler d’arbre stylisé que d’arbre sacré, puisque aucune source assyrienne ne qualifie ainsi le motif. Simo Parpola a proposé en 1993 une lecture d’une tout autre ampleur, où l’arbre figure l’ordre divin et le roi l’« homme parfait » qui lui répond, prolongée jusqu’à l’arbre kabbalistique des sefirot ; Jerrold Cooper a rejeté en 2000 sa méthode comme ses conclusions, tout en admettant que certaines racines de ces traditions puissent être mésopotamiennes. Barbara Nevling Porter avait rapproché, la même année 1993, les arbres et les palmiers de la personne royale. Leur camp garde un appui solide, visible sur le panneau du trône lui-même, puisque les génies y encadrent le roi du même geste qu’ils ont ailleurs pour l’arbre, comme si l’un pouvait tenir la place de l’autre. Pauline Albenda a montré en 1994 que les arbres diffèrent entre eux plus qu’on ne le croyait, et suggéré que d’autres mains que celles des sculpteurs de génies avaient pu les tailler.
Faute de texte, on ne sait pas trancher, et ce silence ne tient pas à la pauvreté des sources. Les inscriptions du roi détaillent ses chantiers jusqu’aux deux noms de pierre, pīlum et parūtu, employés pour les colosses, et Nicolò Marchetti a relevé qu’une paire au moins de ces colosses est taillée dans un calcaire jaune, distinct de l’albâtre des dalles. Pour l’arbre sculpté dans dix salles du palais, aucun mot assyrien n’a encore été rattaché de façon sûre.
Une dalle, jusqu’à cinq adresses
La plupart des dalles emportées au XIXᵉ siècle sont entrées au British Museum. Les fragments jugés en surnombre, surtout des génies et des arbres, ont gagné l’Amérique par l’intermédiaire de missionnaires et fini dans des collèges ; ceux de Dartmouth ont rejoint la Nouvelle-Angleterre à dos de chameau, par bateau et par train, selon Ada Cohen et Steven Kangas. Klaudia Englund, qui a suivi en 2003 le trajet de chaque dalle, compte jusqu’à cinq lieux de conservation pour les fragments d’une seule, car les « doublons » offerts à des proches ont parfois été recoupés. À Brooklyn, le musée en garde douze, dont sept à arbre stylisé.
La reconstitution du programme s’est donc faite sur le papier. La mission polonaise de Janusz Meuszyński travaille au palais de 1974 à 1976 ; mort brusquement cette dernière année, il laisse le premier volume de la reconstitution, publié en 1981, que Samuel Paley et Richard Sobolewski prolongent en 1987 et en 1992. En 1994, Pauline Albenda propose de replacer une dalle de Boston en T-9 et une dalle du Williams College en T-10, d’après deux moitiés d’arbre qui se raccordent, les dix-neuf lignes de leur inscription et les mesures de leurs plinthes. Paley en a ensuite tiré une maquette virtuelle du palais, et l’atelier Factum Arte des répliques grandeur nature de la salle du trône.
Les dalles restées à Nimrud n’ont pas eu cette seconde vie. En 2015, des combattants de l’État islamique détruisent le palais au bulldozer et à l’explosif et en diffusent les images. Dès le début de 2017, le Smithsonian s’associe à l’antenne de Ninive du service irakien des antiquités pour recueillir les fragments. En janvier 2025, l’AFP rapportait que plus de 35 000 morceaux avaient été recueillis et que les équipes les comparaient aux dessins et aux photographies des reliefs. Le ministre irakien de la Culture, Ahmed Fakak al-Badrani, jugeait impossible pour l’heure de savoir quels objets avaient été volés, et comptait dix ans avant de revoir le palais entier.
À Paris, salle 230 de l’aile Richelieu, le génie à tête de rapace AO 19868, arrivé en 1856 avec la mission de Victor Place, tient toujours ce que sa fiche appelle une pomme de cèdre et une situle, un seau à anse. Cette fiche situe sa découverte au palais d’Assurnasirpal II avec un point d’interrogation, et ne le date de ce règne que d’après une attribution de Pauline Albenda.
Pour aller plus loin
Le palais nord-ouest renvoie aux apkallu, les sages d’avant le déluge dont les génies ailés portent le nom, et à la stèle du banquet, dont la date commande la chronologie de tout le chantier. Il prépare aussi la lecture des reliefs du palais de Sennachérib à Ninive, dont ceux du siège de Lachish, où un seul épisode militaire occupe les murs d’une salle entière.
Que voyait un visiteur en entrant dans le palais d’un roi d’Assyrie ? Ce roi s’appelait Assurnasirpal II et régnait au IXᵉ siècle avant notre ère. Il venait d’installer sa capitale dans une ancienne ville de province, Kalhu. Le site porte aujourd’hui le nom de Nimrud. Il se trouve dans le nord de l’Irak. Les murs du palais étaient couverts d’images sculptées, et les spécialistes ne s’accordent toujours pas sur leur sens.
Des murs couverts d’images
Dans les grandes salles du palais, de hautes dalles de pierre couvraient le bas des murs. Elles étaient sculptées en léger relief. On appelle ces dalles dressées des orthostates. On y voit le roi à la guerre et à la chasse. On y voit surtout des personnages ailés qui tendent vers l’arbre un objet ovale et un petit seau. Certains ont une tête d’oiseau de proie.
D’anciens rituels donnent un nom à ces personnages ailés. Ils les appellent « les sages ». Ces textes expliquent comment modeler de petites figurines de sages et les enterrer dans les maisons pour chasser le mal. Ils nomment aussi leurs objets, un « purificateur » et un seau. La plupart des spécialistes y reconnaissent le cône et le petit seau des sculptures.
Un même texte traverse chaque grande dalle en son milieu. Il donne les titres du roi et raconte ses conquêtes. On en connaît plus de quatre cents copies. Les tailleurs de pierre le reproduisaient d’après un modèle, et chacun y laissait ses propres fautes.
Une même image se répète dans la salle du trône. Le roi y figure deux fois, de chaque côté de l’arbre, sous un dieu placé au centre d’un disque ailé. Le premier exemplaire se trouvait derrière le trône. Le second faisait face à la porte du milieu. Les visiteurs entraient sans doute surtout par là, et ils voyaient cette image avant tout autre relief.
Un arbre sans nom
Pendant longtemps, on a cru comprendre la scène. Les personnages ailés auraient posé la fleur mâle sur un palmier-dattier femelle pour le féconder. La chercheuse Mariana Giovino a relu toutes les explications données depuis la découverte. Selon elle, l’idée du palmier s’est imposée par habitude, sans preuve décisive. Surtout, aucun texte assyrien connu ne parle de cet arbre.
Ce silence ne vient pas d’un manque de textes. Les inscriptions du roi décrivent ses chantiers avec soin, jusqu’aux noms des pierres utilisées pour les grandes statues des portes. Pour l’arbre, en revanche, aucun terme assyrien n’a encore été relié à coup sûr.
Simo Parpola a proposé une idée bien plus vaste. Pour lui, l’arbre montre l’ordre voulu par les dieux, et le roi en est l’image humaine parfaite. Un autre spécialiste a rejeté sa méthode et ses conclusions. Parpola garde pourtant un argument solide. Sur le grand panneau du trône, les personnages ailés se tiennent autour du roi. Ailleurs, ils se tiennent autour de l’arbre, comme si l’un pouvait remplacer l’autre.
Le palais en morceaux
Les fouilles anglaises commencent en 1845. La plupart des dalles partent alors pour le British Museum. D’autres gagnent l’Amérique et finissent dans des collèges. Ce sont surtout des personnages ailés et des arbres. Certaines sont offertes à des proches, puis parfois découpées en morceaux. Les fragments d’une même dalle se retrouvent parfois dans cinq lieux différents.
Pour retrouver l’ordre d’origine, une équipe polonaise a redessiné chaque mur sur le papier. D’autres chercheurs ont poursuivi ce travail. Il peut tenir à un détail. Une chercheuse a ainsi proposé de replacer côte à côte des dalles séparées. La moitié d’arbre sculptée sur l’une complète celle de l’autre.
Les dalles restées sur place ont connu un autre sort. En 2015, les combattants de l’État islamique ont détruit le palais au bulldozer et à l’explosif. Depuis, des équipes irakiennes ramassent les débris et les comparent aux anciens dessins. Elles en ont recueilli plus de 35 000. Personne ne peut encore dire quels objets ont été volés.
Sur le panneau placé derrière le trône, les fouilleurs avaient encore vu de la couleur, du rouge sous les sandales et du noir sur le dessus.
La version complète reprend la querelle sur la date de la grande fête d’inauguration, et montre la dalle où le graveur, faute de place, a coupé sa phrase.
Sources de cet article
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Sources primaires
- Panneau B-23 de la salle du trône, Assurnasirpal figuré deux fois devant l’arbre stylisé, gypse, h. 195 cm, l. 432,8 cm, dégagé par Layard en mai 1846 British Museum, Londres, 124531 (1849,0502,15)
- Inscription standard d’Assurnasirpal II, plus de 400 exemplaires connus, éd. RIMA 2, A.0 101,23 ; exemplaire interrompu faute de place sur la dalle BM 124530 British Museum, Londres
- Plaque portant un passage de l’Inscription standard, 76 × 45 cm, déposée en 1979 par les Œuvres pontificales missionnaires Muséum d’histoire naturelle de Lyon
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Sources primaires (suite)
- Orthostate au génie à tête de rapace tenant une pomme de cèdre et une situle, albâtre gypseux, 115 × 53 cm, lieu de découverte « Nimrud, palais d’Assurnasirpal II ( ?) », acquis en 1856 (mission Victor Place) Musée du Louvre, AO 19868 (RIMA 2 A.0 101,23 190)
- Relief d’Assurnasirpal II avec un serviteur, albâtre gypseux, h. 234,3 cm, don de John D. Rockefeller Jr., 1932 The Metropolitan Museum of Art, New York, 32 143,4
- Stèle du banquet d’Assurnasirpal II, grès, 154 lignes, niche EA de la façade de la salle du trône, fouilles de 1951 Musée de Mossoul, ND 1104
- Obélisque blanc, calcaire, h. 285 cm, trouvé par Hormuzd Rassam à Kuyunjik (Ninive) en juillet 1853 British Museum, Londres, 118807 (1856,0909,58)
- Douze orthostates du palais nord-ouest, dont sept à arbre stylisé, salles F, I, L, S et T Brooklyn Museum, New York
Bibliographie
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