Au coin de la rue de la Bûcherie, sous l’enseigne des Vieilles Étuves, Claude Morlot imprime depuis 1618. Pendant la Fronde, on le surprend à tirer un libelle anonyme de sept pages, La Custode de la reyne qui dit tout, dont le titre promet de révéler ce qu’a vu le rideau du lit de la régente, et que les bibliographes attribuent tantôt à Blot, tantôt à Claude de Chauvigny. Le Châtelet le condamne à être pendu. Il fait appel, et la sentence est confirmée le mardi 20 juillet 1649. Au sortir de la cour du Palais, une foule attaque les archers et lui rend la liberté, pendant qu’une autre bande abat la potence de la place de Grève ; un archer est tué et plusieurs sont blessés, selon une lettre que le médecin Guy Patin écrit le lendemain. Jean-Dominique Mellot, qui place la délivrance sur le lieu même du supplice, ajoute que l’imprimeur, repris, se retrouve au Châtelet avant le 21 août 1650, après quoi les sources le perdent.
Ce sauvetage a lieu quatre mois après la paix qui devait clore la première Fronde.
Un Te Deum pour Lens
Louis XIV avait environ cinq ans à la mort de son père, en 1643. Sa mère, Anne d’Autriche, gouverne comme régente avec le cardinal Mazarin, et le royaume reste en guerre contre l’Espagne. Dans la France de l’époque moderne, entre la fin du XVᵉ siècle et la Révolution, un parlement est une cour souveraine de justice, et celui de Paris enregistre aussi les édits du roi, ce qui lui donne l’occasion de présenter des remontrances avant de s’exécuter. Au printemps 1648, la régente doit accepter qu’une commission des cours souveraines, la chambre Saint-Louis, lui présente des réformes, et le 2 juillet, selon la chronologie d’André Larané, celle-ci lui impose une charte de vingt-sept articles. Le programme est précis. Il supprime les intendants, ces commissaires que le roi envoyait dans les provinces, interdit de garder un prisonnier plus de vingt-quatre heures sans l’entendre, s’en prend aux traitants qui avancent au roi l’argent des impôts, et exige qu’aucune taxe nouvelle ne soit levée sans enregistrement par le parlement.
Le 26 août, Notre-Dame chante un Te Deum pour la victoire que Condé vient de remporter sur les Espagnols à Lens. Pendant la cérémonie, la reine fait arrêter Pierre Broussel, conseiller au parlement, soixante-treize ans, et un autre magistrat, Blancmesnil. Paris se couvre de barricades, et la milice bourgeoise tend les chaînes des rues, par crainte du pillage autant que des troupes royales. Le coadjuteur de l’archevêque, Jean-François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, a raconté ces journées au livre II de ses Mémoires. Dans la traduction anglaise que diffuse le Project Gutenberg, il compte plus de deux cents barricades dressées en moins de deux heures et ornées des étendards que la Ligue avait laissés [chiffre de l’original français À VÉRIFIER]. Le premier président du parlement, Mathieu Molé, s’interpose entre la cour et la rue, au risque de sa vie. Broussel est relâché au bout de deux jours.
Saint-Germain-en-Laye
Les traités de Westphalie, signés le 24 octobre 1648, règlent la guerre avec l’Empire et rendent des troupes disponibles. Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, la cour quitte Paris en secret pour Saint-Germain-en-Laye et ordonne aux cours souveraines d’aller siéger en province. Le parlement refuse. La bourgeoisie lève des troupes et place à leur tête des princes et des grands, Conti, Elbeuf, Beaufort, pendant que l’armée royale de Condé assiège la capitale.
La paix de Rueil met fin au siège. Herodote.net et Isabelle Bernier la datent du 11 mars 1649, l’Universalis du 30 mars, avec la déclaration royale qui confirme les concessions de 1648 et distribue pensions et avantages aux chefs nobles, et l’écart vient probablement de ce qu’on date tantôt l’accord, tantôt sa confirmation. Le menu peuple, qui espérait la chute du cardinal, n’obtient rien.
Le parlement cherche dans le même temps à tenir l’imprimé. Un arrêt du 25 janvier 1649, réitéré le 29 mars, défend d’imprimer ou de vendre le moindre écrit sans permission enregistrée au greffe de la cour, le lieutenant civil du Châtelet gardant en principe la délivrance des permissions pour les impressions de moins de deux cahiers. La défense n’endigue rien. Dans les collections suisses que cite Stéphane Haffemayer, 77 % des mazarinades datent de cette seule année 1649, et la Gazette de Théophraste Renaudot entre dès janvier dans une période de concurrence et d’incertitude. La surveillance survit aux troubles. D’après une lettre de Colbert à Mazarin du 25 juillet 1657, le syndic Robert II Ballard toucherait encore 3 000 à 4 000 livres par an pour financer la traque des libelles.
Le compte de Célestin Moreau
Le mot mazarinade désigne les imprimés publiés pendant la Fronde, entre 1648 et 1653, et toutes ne visent pas le cardinal, quoi qu’en dise leur nom. Combien en a-t-on imprimé ? En 1850 et 1851, Célestin Moreau publie en trois volumes une Bibliographie des mazarinades qui recense plus de quatre mille titres et dont la numérotation sert encore de référence. Hubert Carrier, qui a passé quelque trente-cinq ans sur la question, arrive à environ 5 200 éditions, sorties des presses d’environ 250 imprimeurs et libraires parisiens et d’une soixantaine de provinciaux. Haffemayer parle en 2025 d’environ 6 000 éditions, et la bibliographie en ligne de la Bibliothèque Mazarine, ouverte en 2019, en attendait autant à terme quand elle n’en décrivait encore qu’un millier. Nous retenons le chiffre de Carrier, parce que le catalogue des Archives diplomatiques tient son répertoire pour le plus complet qui existe et parce qu’il compte des éditions, unité qu’on peut vérifier exemplaire en main. Les exemplaires survivants se comptent autrement. La bibliothèque de l’Arsenal en conserve 22 557, dont 225 manuscrits, presque tous reliés en recueils factices, et la Mazarine environ 5 000 éditions pour un peu plus de 20 000 exemplaires. À l’Arsenal, un tiers seulement du fonds était traité lors du colloque de 2015, avec 3 440 éditions repérées, et le nombre de textes connus par un exemplaire unique n’a pas été calculé, faute d’un recensement achevé dans les grandes collections qui se recoupent. Seules 147 mazarinades ont été rééditées avec un appareil critique, et le corpus numérique Antonomaz, porté par Sorbonne Université avec la Mazarine, en donnait 3 132 au moment de la consultation.
Le camp du ministre a imprimé lui aussi. Maximilien Deroux, qui a catalogué les mazarinades conservées dans les papiers de Mazarin aux Archives diplomatiques, volumes 53 MD 860 à 892 pour les années de la Fronde, évalue la production du parti mazarin à environ 550 titres, dont deux tiers de publications officielles et quelque 150 textes écrits pour défendre le cardinal. Le bibliothécaire de Mazarin, Gabriel Naudé, avait répondu dès 1649 par un dialogue, le Mascurat, qui juge tout ce qui s’était imprimé contre son maître. La Mazarine garde sous la cote 2°-9887 Res un exemplaire de 1650 resté non rogné et sans reliure, l’un des cinq qui subsistent de la collection du cardinal.
Quarante mille volumes à l’encan
En janvier 1650, Mazarin fait arrêter Condé, Conti et Longueville. Un an plus tard, c’est lui qui doit partir. En février 1651, il gagne Brühl, dans l’électorat de Cologne, d’où il continue de conseiller la reine. Louis XIV est déclaré majeur le 7 septembre 1651. À la fin de décembre, Mazarin rentre en France à la tête d’une armée, au mépris de l’ordre qui le bannissait à perpétuité, et relance la révolte de Condé, cousin du jeune roi. Le parlement répond par des arrêts. Celui du 13 décembre 1651 vise le cardinal ; celui du 20, signé du greffier Du Tillet, en ordonne l’exécution contre lui, ses adhérents et le comte de Navailles ; un troisième, publié le 30 décembre et imprimé en sept pages in-4 par huit imprimeurs ordinaires du roi, Antoine Estienne, Antoine Vitré et Sébastien Cramoisy en tête, est classé au numéro 305 de Moreau et conservé dans un recueil de l’Arsenal sous la cote 8-H-7676 (17). La sanction la plus visible tombe sur les livres. Pendant l’exil de Brühl, le parlement ordonne la vente aux enchères de la bibliothèque du cardinal, et la vente se tient en janvier et février 1652. Naudé l’avait portée à près de 40 000 volumes, et la Mazarine la présente comme la plus riche bibliothèque privée d’Europe en son temps, titre que la bibliothèque décerne à son fondateur sans qu’une autre source citée ici le vérifie. Revenu au pouvoir, Mazarin en fait racheter une partie avec l’aide du successeur de Naudé, François de La Poterie. La proportion retrouvée n’est pas connue.
On met le feu aux portes de l’Hôtel de Ville
Le 27 mars 1652, Mademoiselle de Montpensier, fille de Gaston d’Orléans, prend la tête des troupes qui occupent Orléans pour la Fronde. En avril, les armées s’affrontent à Bléneau. Le 2 juillet, au faubourg Saint-Antoine, l’armée de Condé, acculée sous les murs de Paris, échappe à l’anéantissement parce que Mademoiselle fait tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales.
Deux jours plus tard, le 4 juillet, une assemblée de ville siège à l’Hôtel de Ville, sur la place de Grève. Des émeutiers mettent le feu aux portes, entrent dans le bâtiment et tuent des membres de l’assemblée qu’ils jugent trop proches de Mazarin. Le journal de Dubuisson-Aubenay nomme parmi les victimes Miron, un Legras qui meurt le lendemain, et « un nommé Yon, épicier, et autres », et le récit que Mademoiselle donne de la journée dans ses Mémoires ne concorde pas avec le sien. En 1999, dans les Annales, Robert Descimon a lu cette journée au croisement de trois histoires, celle d’un soulèvement populaire qui suit encore les formes anciennes de la révolte, celle d’un Hôtel de Ville qui ne parvient plus à tenir son rôle auprès de la communauté des habitants, et celle d’un conflit à trois entre la cour, le parti de Condé et la vieille Fronde menée par Retz, si bien que l’événement brise des solidarités que l’on croyait acquises entre les élites de la ville et la police urbaine. Il compte plus d’une centaine de morts parmi les soldats de la milice bourgeoise et les émeutiers, chiffre que Loïc Capron reprend dans son édition de la correspondance de Guy Patin, en note à une lettre du 5 juillet 1652. Les noms conservés sont surtout ceux des membres de l’assemblée, et « plus d’une centaine » reste un ordre de grandeur, que les sources consultées ne permettent pas de ramener à une liste nominative.
La grande porte de bois a brûlé. L’année suivante, l’artisan Guillaume Grouart reçoit commande d’une porte neuve, et la Ville de Paris rappelle que cet incendie précède de deux siècles celui de 1871.
Le 21 octobre 1652, Louis XIV rentre dans Paris avec sa mère, tient un lit de justice et proclame une amnistie presque générale. Il fait arrêter Retz. Mademoiselle part en exil jusqu’en 1657, Mazarin revient en février 1653, et les derniers troubles du Sud-Ouest s’éteignent en août.
Les pamphlets parlaient-ils pour Paris ?
Deux générations d’historiens ont cherché dans la Fronde autre chose qu’une querelle de cour. Le Soviétique Boris Porchnev a publié en 1948 un livre sur les soulèvements populaires en France, traduit en 1963, dont le titre s’arrête précisément en 1648, et Roland Mousnier a regardé en 1959 du côté des officiers et de leurs « syndicats » pendant la Fronde. Orest Ranum a intitulé son livre de 1993 The Fronde. A French Revolution, et Isabelle Bernier conclut en 2019 à une révolution manquée, dans un contexte de crise économique et sociale générale. Le camp de la révolution a des arguments sérieux. Les vingt-sept articles de 1648 forment un programme écrit, qui touche l’impôt, la détention des prisonniers et l’administration des provinces, et il faut attendre 1673 pour que le parlement de Paris perde son droit de remontrance. Tapié tient pourtant que ces propositions ne transformaient pas la monarchie absolue en monarchie contrôlée, et il rappelle que la reine y vit d’abord une atteinte à son autorité.
Sur les pamphlets, le désaccord est plus fin. Hubert Carrier a voulu y retrouver des idées, et il décrit dans Le Labyrinthe de l’État, en 2004, trois partis dont l’argumentation garde sa cohérence d’un bout à l’autre de la crise. Christian Jouhaud, dès 1985, lisait au contraire chaque mazarinade comme une action, un coup autonome joué dans une conjoncture par ceux qui la commandaient, et qui ne dit pas forcément ce que pense son auteur. Les quelque 550 titres imprimés pour le cardinal vont plutôt dans son sens, puisqu’ils montrent un pouvoir qui répond par l’imprimé, avec ses propres plumes. David Parrott, dans un livre de 2020 consacré à la seule année 1652, déplace encore la question. Il suit l’escalade entre le cardinal et le prince, les fortunes militaires qui basculent et les négociations qui échouent, dans un royaume frappé en même temps par les rigueurs du petit âge glaciaire, et il en tire des doutes sur les récits qui font de Richelieu et de Mazarin les architectes de l’absolutisme de Louis XIV.
On lit souvent que le roi, chassé de sa capitale à dix ans, aurait bâti Versailles pour ne plus dépendre de Paris. Le lien n’a rien d’absurde, et le château de Versailles le suggère lui-même en écrivant que Louis XIV craignait la ville depuis l’enfance et qu’il avait dû la quitter en hâte en 1649. L’encyclopédie Larousse avance un « peut-être » quand elle relie à cette expérience la volonté de brider les parlements, de fixer la résidence royale hors de Paris et de museler la noblesse. La chronologie oblige pourtant à séparer la peur et la décision. Selon le même château, le projet de déménagement remonte probablement aux environs de 1678, et le gouvernement s’installe à Versailles le 6 mai 1682, près de trente ans après le retour d’octobre 1652. Les raisons que la notice donne au choix tiennent au goût du roi pour le plein air et la construction, à une ville sale aux rues étroites, serrée dans ses murailles, que Colbert aurait voulu garder pour résidence de la cour, et Paris, rappelle-t-elle, est restée la capitale officielle. La Fronde entre dans cette histoire comme un souvenir d’enfance, à côté de raisons que les sources disent plus directement.
Le même règne a rendu ces papiers indésirables. Les recueils formés par des collectionneurs privés n’ont été catalogués, selon la Mazarine, probablement qu’après 1715, et la bibliothèque n’a presque rien gardé de ce que Naudé avait lui-même ramassé. L’essentiel de son fonds vient des confiscations révolutionnaires dans les bibliothèques ecclésiastiques de Paris, qui lui ont apporté quelque 2 000 recueils factices, dont environ 600 composés uniquement de mazarinades ; Armand d’Artois en commence l’inventaire en 1887 et meurt en 1912 sans l’avoir achevé. À l’Arsenal, sur les 22 557 exemplaires recensés, 9 006 viennent de la bibliothèque du marquis de Paulmy, 4 946 des mêmes confiscations révolutionnaires, et 6 972, près d’un tiers, de mains que personne n’a encore su nommer.
Pour aller plus loin
La paix de Westphalie, signée en octobre 1648, rend à Mazarin les troupes qu’il retourne contre Paris l’hiver suivant. Le gouvernement de Richelieu et son système d’emprunts sur les recettes futures éclairent la crise financière d’où sort la chambre Saint-Louis, et l’histoire de la Gazette de Renaudot prolonge celle des mazarinades du côté de la presse autorisée.
Entre 1648 et 1653, Paris se révolte plusieurs fois contre le gouvernement de la régente Anne d’Autriche et de son ministre, le cardinal Mazarin. Le roi Louis XIV est encore un enfant. On appelle cette suite de révoltes la Fronde. Elle a laissé des milliers de pamphlets imprimés, qu’on appelle des mazarinades, et plusieurs journées de violence dans la capitale.
Un conseiller arrêté pendant une cérémonie
En 1648, le royaume est en guerre contre l’Espagne. Le parlement de Paris, une cour de justice qui enregistre les lois du roi, réclame des réformes avec les autres grandes cours. En juillet, leur assemblée impose à la régente un programme de vingt-sept articles. Il demande notamment qu’aucune taxe nouvelle ne soit levée sans l’accord du parlement, et qu’aucun prisonnier ne soit gardé plus de vingt-quatre heures sans être entendu.
Le 26 août, pendant une cérémonie à Notre-Dame pour fêter une victoire contre les Espagnols, la reine fait arrêter un conseiller de soixante-treize ans, Pierre Broussel. Paris se couvre aussitôt de barricades. Deux jours plus tard, Broussel est libéré.
La cour s’enfuit
Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, la famille royale quitte Paris en secret pour Saint-Germain-en-Laye. L’armée royale assiège la ville. Une paix est conclue en mars, à Rueil, mais le petit peuple, qui espérait le départ de Mazarin, n’obtient rien.
Le parlement interdit d’imprimer sans autorisation. L’interdiction n’arrête rien. Un imprimeur, Claude Morlot, est condamné à être pendu pour avoir imprimé un pamphlet contre la reine. Le 20 juillet 1649, quand sa condamnation est confirmée, la foule attaque les gardes et le libère. Un garde est tué.
Des milliers de pamphlets
Personne ne sait exactement combien de mazarinades ont été imprimées. Un premier catalogue, publié au XIXᵉ siècle, en recense plus de quatre mille. Le principal spécialiste, Hubert Carrier, compte environ 5 200 éditions, et une estimation récente va jusqu’à 6 000. Elles ne visent pas toutes Mazarin. Le camp du cardinal en fait lui-même imprimer environ 550, surtout des textes officiels et des défenses du ministre.
Des dizaines de milliers d’exemplaires sont conservés aujourd’hui à Paris, surtout à la bibliothèque de l’Arsenal et à la Bibliothèque Mazarine.
La bibliothèque du cardinal vendue
En 1650, Mazarin fait arrêter le prince de Condé et d’autres grands seigneurs. Un an plus tard, c’est lui qui doit partir en exil, à Brühl, près de Cologne. Louis XIV est déclaré majeur en septembre 1651. À la fin de l’année, Mazarin revient en France avec une armée. Le parlement le condamne et fait vendre aux enchères sa bibliothèque, qui comptait près de 40 000 livres. Revenu au pouvoir, le cardinal en fait racheter une partie.
Le feu à l’Hôtel de Ville
En 1652, la guerre reprend entre l’armée du roi et celle de Condé. Le 2 juillet, l’armée de Condé, bloquée sous les murs de Paris, est sauvée parce que Mademoiselle de Montpensier fait tirer le canon de la Bastille sur les soldats royaux.
Deux jours plus tard, des émeutiers mettent le feu aux portes de l’Hôtel de Ville, où se réunit l’assemblée de la ville, et tuent plusieurs de ses membres, jugés trop proches de Mazarin. Un historien estime qu’il y a eu plus d’une centaine de morts. On ne connaît pourtant les noms que de quelques victimes.
Le 21 octobre 1652, Louis XIV rentre dans Paris et accorde une amnistie presque générale. Mazarin revient en février 1653.
Une révolution manquée ?
Les historiens ne sont pas d’accord sur le sens de la Fronde. Certains y voient une révolution manquée, parce que le programme de 1648 voulait encadrer le pouvoir du roi sur les impôts et les prisons. D’autres rappellent que ces réformes ne transformaient pas vraiment la monarchie.
Ils discutent aussi des pamphlets. Pour les uns, ils montrent les idées des différents partis. Pour les autres, chaque pamphlet est une action, écrite pour un moment précis, qui ne dit pas forcément ce que pense son auteur.
On raconte souvent que Louis XIV, marqué par la Fronde, aurait construit Versailles pour fuir Paris. Le gouvernement ne s’installe pourtant à Versailles qu’en 1682, près de trente ans plus tard, et aucune des sources consultées n’en fait une conséquence de la Fronde.
Le sort de l’imprimeur Morlot, le décompte des mazarinades, la journée de l’Hôtel de Ville et les positions des historiens sont développés dans l’article classique.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- [Anonyme, attribué à Blot ou à Claude de Chauvigny], La Cvstode de la reyne qvi dit tovt, [Paris ?], [Claude Morlot ?], 1649, 7 p., Moreau n° 856 ; exemplaire portant des corrections manuscrites signalé à Versailles, collection Lebaudy, n° 462, d’après H. Carrier notice du Projet Mazarinades
- Arrest de la covr de Parlement, tovtes les chambres assemblees, contre le cardinal Mazarin, ses adherans, & comte de Nauaille, fait en Parlement le 20 décembre 1651, Paris, par les imprimeurs et libraires ordinaires du roy, 1651, 7 p. et 1 f. blanc, in-4, signé Du Tillet, extrait des registres du Parlement portant exécution de l’arrêt du 13 décembre 1651 exemplaire de l’University of North Carolina at Chapel Hill, numérisé par HathiTrust
- Arrest de la cour de Parlement donné contre le Cardinal Mazarin. Publié le trentiéme décembre mil six cens cinquante-un, Paris, Antoine Estienne, Antoine Vitré, Sébastien Cramoisy, Pierre Rocolet, Jacques Dugast, Pierre Le Petit, Michel Mettayer et Jacques Langlois, 1651, 7 p., in-4, Moreau n° 305 Bibliothèque nationale de France, bibliothèque de l’Arsenal, 8-H-7676 (17)
Voir les 49 sources restantesMasquer les autres sources
Sources primaires (suite)
- Gabriel Naudé, Iugement de tout ce qui a esté imprimé contre le cardinal Mazarin, dit le Mascurat, [Paris], 1650, in-folio, exemplaire non rogné et non relié provenant de la collection du cardinal Bibliothèque Mazarine, Paris, 2°-9887 Res
- Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz, Mémoires, livre II, récit des journées d’août 1648 ; consulté dans la traduction anglaise Memoirs of Jean François Paul de Gondi, Cardinal de Retz, vol. 2, Project Gutenberg, eBook n° 3843 [édition française de référence À VÉRIFIER]
- Guy Patin, lettre du 21 juillet 1649 sur la délivrance de l’imprimeur Morlot citée par la notice du Projet Mazarinades consacrée à La Custode de la reyne [édition et numéro de lettre À VÉRIFIER]
- Guy Patin, lettre à Charles Spon, Paris, 5 juillet 1652, note 42 de l’éditeur sur le massacre de l’Hôtel de Ville Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, éd. Loïc Capron, Paris, Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018, édition électronique
- Journal de Dubuisson-Aubenay, récit du 4 juillet 1652 nommant Miron, Legras et Yon parmi les victimes reproduit en appendice au chapitre XIV des Mémoires de Mademoiselle de Montpensier, édition en ligne de James Eason, université de Chicago [édition imprimée À VÉRIFIER]
- Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, Mémoires, chapitre XIV, récit de la journée du 4 juillet 1652 même édition en ligne, université de Chicago
- Arrêt du parlement de Paris du 25 janvier 1649, réitéré le 29 mars 1649, interdisant d’imprimer et de vendre sans permission enregistrée au greffe cité par J.-D. Mellot (2016) [cote À VÉRIFIER]
- Colbert, lettre à Mazarin, 25 juillet 1657, sur les sommes perçues par le syndic Robert II Ballard pour la traque des libelles citée par J.-D. Mellot (2016) [cote À VÉRIFIER]
Bibliographie
- Célestin Moreau, Bibliographie des mazarinades, Paris, 1850-1851, 3 vol. référence d’après l’Encyclopædia Universalis, article « Fronde », bibliographie
- Hubert Carrier, La Presse de la Fronde (1648-1653) : les Mazarinades, Genève, 1989 et 1991, 2 vol. Droz, diffusion Champion
- Hubert Carrier, Le Labyrinthe de l’État, 2004, position rapportée d’après S. Haffemayer (2025) [lieu et éditeur À VÉRIFIER]
- Christian Jouhaud, Mazarinades : la Fronde des mots, Paris, 1985 Aubier
- Robert Descimon, « Autopsie du massacre de l’Hôtel de Ville (4 juillet 1652). Paris et la « Fronde des Princes » », Annales. Histoire, Sciences sociales 54 (2), 1999, p. 319-351, DOI 10,3406/ahess.1999,279751 Éditions de l’EHESShttps://doi.org/10.3406/ahess.1999.279751
- David Parrott, 1652. The Cardinal, the Prince, and the Crisis of the ’Fronde’, Oxford, 2020, ISBN 978-0-19-879746-3 Oxford University Press
- Orest Ranum, The Fronde. A French Revolution, 1648-1652, New York et Londres, 1993, 386 p., coll. « Revolutions in the modern world » W. W. Norton
- Boris Porchnev, Les Soulèvements populaires en France de 1623 à 1648, Paris, 1963 (éd. originale russe, 1948) S.E.V.P.N.
- Roland Mousnier, « Recherches sur les syndicats d’officiers pendant la Fronde », XVIIᵉ siècle X, 1959 XVIIᵉ siècle
- Bruno Blasselle et Séverine Pascal, « Le fonds des mazarinades de la bibliothèque de l’Arsenal », Histoire et civilisation du livre XII, 2016, dossier « Mazarinades, nouvelles approches », p. 15-32 Droz
- Tadako Ichimaru, « Enjeux de la numérisation des mazarinades », Histoire et civilisation du livre XII, 2016, p. 77-89 Droz
- Stéphane Haffemayer, « Introduction : quels « territoires » pour les mazarinades ? », Revue du GRHis 1, « Mazarinades et territoires », 2025 Université de Rouen Normandie
- Jean-Dominique Mellot, « Mazarinades et presse périodique à l’époque de la Fronde : pour une réévaluation », communication au colloque « L’exploration des Mazarinades », Tokyo, 2016 mise en ligne par le Projet Mazarinades, 2019
Sources en ligne
- « 2. Les barricades de 1648 », article « Fronde » de Victor-Lucien Tapié Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/fronde/2-les-barricades-de-1648/
- « 3. Fronde parlementaire et nouvelle Fronde », article « Fronde » de Victor-Lucien Tapié Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/fronde/3-fronde-parlementaire-et-nouvelle-fronde/
- « 13 mai 1648 - 11 mars 1649. De la Fronde parlementaire à la Fronde des Princes », André Larané Herodote.nethttps://www.herodote.net/13_mai_1648_11_mars_1649-evenement-16490311.php
- « La « Fronde », une révolution manquée ? », Isabelle Bernier, 15 avril 2019 Futura Scienceshttps://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/histoire-fronde-revolution-manquee-10967/
- « Wars of the Fronde », Edmund J. Campion EBSCO Research Startershttps://www.ebsco.com/research-starters/history/wars-fronde
- « LA CVSTODE DE LA REYNE QVI DIT TOVT. », notice Projet Mazarinadeshttps://mazarinades.org/edition/mazarinades/notice/601
- « Jean-Dominique MELLOT, « Mazarinades et presse périodique à l’époque de la Fronde : pour une réévaluation » (Colloque Tokyo 2016) » Projet Mazarinadeshttps://mazarinades.org/2019/06/colloque-tokyo-2016-jean-dominique-mellot/
- « Le fonds des mazarinades de la bibliothèque de l’Arsenal », texte intégral Revues Drozhttps://revues.droz.org/HCL/article/download/HCL_12_15-32/pdf
- « Enjeux de la numérisation des mazarinades », texte intégral Revues Drozhttps://revues.droz.org/HCL/article/download/HCL_12_77-89/pdf
- « Introduction : quels « territoires » pour les mazarinades ? » Publications numériques du GRHis, université de Rouen Normandiehttps://publis-shs.univ-rouen.fr/grhis/157-1.pdf
- « Les Mazarinades dans les collections du Ministère des Affaires étrangères : présentation et catalogue », Maximilien Deroux Archives diplomatiques, ministère de l’Europe et des Affaires étrangèreshttps://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/catalogue_mazarinades_2019_07_19_cle03cf8e.pdf
- « Antonomaz - corpus numérique de mazarinades publiées sous la Fronde » Sorbonne Université, Bibliothèque Mazarine, Huma-Numhttps://antonomaz.huma-num.fr/exist/apps/Antonomaz/home.html
- « Mazarinades » Bibliothèque Mazarinehttps://www.bibliotheque-mazarine.fr/en/collections/special-collections/mazarinades-2
- « History » Bibliothèque Mazarinehttps://www.bibliotheque-mazarine.fr/en/about/history
- « Mazarin (Jules) », fiche de provenance Comité d’histoire de la Bibliothèque nationale de Francehttps://comitehistoire.bnf.fr/type-fiche/provenance?page=17
- « Arrest de la cour de Parlement donné contre le Cardinal Mazarin. Publié le trentiéme décembre mil six cens cinquante-un », notice FRBNF42364508 Bibliothèque nationale de France, catalogue généralhttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42364508m
- « Arrest de la covr de Parlement, tovtes les chambres assemblees, contre le cardinal Mazarin, ses adherans, & comte de Nauaille », notice HathiTrust Digital Libraryhttps://catalog.hathitrust.org/Record/102897793
- « Autopsie du massacre de l’Hôtel de Ville (4 juillet 1652). Paris et la « Fronde des Princes » » Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/annales-histoire-sciences-sociales/article/abs/autopsie-du-massacre-de-lhotel-de-ville-4-juillet-1652-paris-et-la-fronde-des-princes/9CC8FE1039529690DF342436AEE0274F
- « Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. À Charles Spon, le 5 juillet 1652, note 42. » Université Paris Cité, Numerabilishttps://numerabilis.u-paris.fr/editions-critiques/patin/?tnote=nfn¬e=42&let=0291
- « Massacre de l’hôtel-de-ville, 4 juillet 1652 », James Eason université de Chicagohttps://penelope.uchicago.edu/mlle/chapitre14/massacre.html
- « L’histoire de l’Hôtel de Ville en sept dates marquantes » Ville de Parishttps://www.paris.fr/pages/l-histoire-de-l-hotel-de-ville-en-sept-dates-marquantes-7667
- « The Miraculous Door of the Hôtel de Ville », Sarah Hugounenq, 17 janvier 2020 La Gazette Drouothttps://www.gazette-drouot.com/en/article/the-miraculous-door-of-the-hotel-de-ville/12689
- « Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchess de Montpensier » Encyclopædia Britannicahttps://britannica.com/print/article/391065
- « David Parrott - 1652 : The Cardinal, the Prince, and the Crisis of the ’Fronde’ (OUP, 2020) » Faculty of History, University of Oxfordhttps://history.web.ox.ac.uk/article/david-parrott-1652-the-cardinal-the-prince-and-the-crisis-of-the-fronde-oup-2020
- « The Fronde : a French revolution 1648-1652 », notice Nantilus, bibliothèque de l’université de Nanteshttps://nantilus.univ-nantes.fr/vufind/Record/PPN003446867
- « Louis XIV » Larousse, encyclopédie en lignehttps://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/louis_xiv/130427
- « Versailles, « capital » of the kingdom, 1682 » Château de Versailleshttps://en.chateauversailles.fr/discover/history/key-dates/versailles-capital-kingdom-1682
- « 5. Bibliographie », article « Fronde » Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/fronde/5-bibliographie/



.jpg?width=500)


.jpg?width=500)
%2C_reine_de_France_-_P2127_-_Mus%C3%A9e_Carnavalet.jpg?width=500)





