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Biographie
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Mazarin, cardinal-ministre du temps de la Fronde

Époque moderne19 septembre 202617 min de lecture
Philippe de Champaigne / Wikimedia Commons
17 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Giulio Mazzarini, baptisé à Pescina

Entre 1872 et 1906, l’Imprimerie nationale publie neuf volumes in-quarto de lettres d’un seul ministre, soit 8 510 pages dont 275 d’introduction. La correspondance de Richelieu, éditée dans la même collection entre 1853 et 1877, en occupe 7 199. Une autre série a longtemps pesé davantage dans le jugement porté sur lui. La bibliographie des libelles de la Fronde, publiée en 1850-1851 pour la Société de l’histoire de France, décrit 4 082 titres, et l’on estime aujourd’hui qu’elle couvre environ quatre cinquièmes des textes connus.

Il signe Mazzarini jusqu’à sa mort, et aussi Mazarin après son installation en France. Il naît le 14 juillet 1602 à Pescina, dans les Abruzzes, province du royaume de Naples alors espagnol, premier fils survivant de Pietro Mazzarini et d’Ortensia Bufalini. Olivier Poncet retient cette date dans le Dizionario Biografico degli Italiani ; le registre de baptême n’a pas été consulté ici. Né à Palerme en 1576, le père sert à Rome depuis 1590 la maison Colonna, dans une charge voisine de celle d’un intendant, et devient citoyen romain en 1608. Quand, entre 1644 et 1650, le cardinal paie la restauration de l’église romaine des Saints-Vincent-et-Anastase, paroisse de ses parents, il fait poser sur la façade une inscription qui commémore un baptême célébré là, alors que la cérémonie a eu lieu à Pescina, en terre espagnole, origine que ses adversaires lui reprochaient avec la modestie de sa famille.

En 1609, il entre au Collège romain des jésuites. De 1618 à 1622, il accompagne en Espagne Girolamo Colonna, fils du connétable, qui étudie à Alcalá de Henares ; au retour, il trouve son père en fuite sous une accusation de meurtre, affaire que la protection des Colonna fait retomber. Capitaine d’infanterie pontificale en 1623, docteur in utroque iure, en droit civil et canonique, à la Sapienza en 1628, il suit en 1629 à Milan le nonce extraordinaire Giovan Francesco Sacchetti, dont il est le secrétaire, et y négocie seul après son départ. Le 29 janvier 1630, à Lyon, il rencontre Richelieu pour la première fois. Fin octobre, devant Casale, il porte aux armées française et espagnole une proposition d’armistice que leurs généraux signent. Le 18 juin 1632, à Sainte-Menehould, le nonce Alessandro Bichi lui confère la tonsure, qui fait de lui un clerc sans l’engager dans les ordres majeurs. Nonce extraordinaire à Paris de novembre 1634 à 1636, il quitte Rome le 13 décembre 1639 et n’y reviendra plus. Naturalisé en avril 1639, il est créé cardinal par Urbain VIII le 16 décembre 1641, sans qu’il ait jamais reçu la prêtrise.

Richelieu meurt le 4 décembre 1642 ; le lendemain, Louis XIII appelle Mazarin à son Conseil. Parrain du dauphin le 21 avril 1643, il est nommé principal ministre par la régente le 18 mai, quatre jours après la mort du roi. La paix de Westphalie, signée le 24 octobre 1648, laisse l’Alsace à la France. Après les barricades d’août 1648, la cour quitte la capitale dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649 et l’assiège jusqu’à la paix de Rueil, le 11 mars. Le 18 janvier 1650, le ministre fait arrêter Condé, Conti et Longueville. Chassé par l’union des oppositions, il s’installe le 11 avril 1651 à Brühl, dans l’électorat de Cologne. Le 29 décembre, le Parlement met sa tête à prix et finance la récompense par la vente de sa bibliothèque. Il rejoint la cour le 29 janvier 1652, s’en éloigne d’août 1652 à février 1653, et la révolte s’éteint à Bordeaux en juillet 1653.

Les huit années suivantes se lisent d’abord dans les traités, datés ici dans le style grégorien. Le 23 mars 1657, une alliance avec l’Angleterre de Cromwell promet Dunkerque aux Anglais, que la victoire des Dunes leur livre en juin 1658. Dans l’île des Faisans, sur la Bidassoa, le cardinal négocie en personne avec Luis de Haro la paix signée le 7 novembre 1659, qui donne l’Artois et le Roussillon à la France et prépare le mariage du roi avec l’infante Marie-Thérèse. Il meurt au château de Vincennes le 9 mars 1661. Son testament institue le roi légataire universel, et un collège est fondé par ses dispositions.

Sur la nature de son lien avec la reine, que les contemporains ont placée au centre, les documents cessent de suffire. Les lettres de l’exil, publiées dans le tome IV des Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (Paris, Imprimerie nationale, 1887), portent des signes convenus dont le sens exact se discute encore. Les quinze carnets autographes conservés à la Bibliothèque nationale de France (Manuscrits, Baluze 174) s’arrêtent en 1650, avant l’exil.

Il faut donc prendre ces papiers un à un, puis instruire trois affaires disputées, la reine, la fortune et la guerre des libelles, avant de dater la fabrication d’une réputation et de dire ce qu’elle laisse dans l’ombre.

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