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Aliénor d’Aquitaine : deux couronnes, dix enfants, une légende noire

Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier / Wikimedia Commons
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Il subsiste une cinquantaine de chartes d’Aliénor d’Aquitaine pour les cinquante-deux années de ses deux mariages royaux, trois lettres adressées à un pape dont on ignore qui a tenu la plume, et un vase de cristal où son nom est gravé sans son titre. En regard, on écrit sur elle sans interruption depuis son vivant, et la dernière biographie savante, parue en novembre 2024, compte 504 pages. Peu de reines du XIIᵉ siècle ont laissé beaucoup plus, aucune n’a fait écrire autant.

Sur le pied du vase, elle s’appelle Anor

L’objet est entré au Louvre par saisie révolutionnaire, le 5 décembre 1793, en provenance du trésor de Saint-Denis. Antérieur de plusieurs siècles, le cristal est probablement sassanide, gravé d’un réseau d’hexagones concaves sur vingt-deux ou vingt-trois rangées. L’inscription niellée de la base tient en deux vers latins, « Hoc vas sponsa dedit Anor regi Ludovico, Mitadolus avo, mihi rex, sanctisque Sugerus ». Ce vase, l’épouse Anor l’a donné au roi Louis, Mitadolus à son aïeul, le roi à moi, et moi, Suger, aux saints. Quatre transmissions en deux vers, dont une seule la concerne, et la main qui les a fait graver est celle d’un abbé soucieux d’adosser son trésor à des donateurs prestigieux. Resté intact jusqu’au XVIIIᵉ siècle, le vase porte aujourd’hui des fractures et des éclats.

Mitadolus est Imad al-Dawla, roi de Saragosse, qui offre l’objet vers 1120 à Guillaume IX d’Aquitaine, grand-père d’Aliénor et premier troubadour dont l’œuvre nous soit parvenue. Le cristal a donc circulé d’un atelier persan à Saragosse, puis à Poitiers, puis à Saint-Denis.

Son année de naissance, en revanche, ne figure dans aucune source de son temps, et les médiévistes ont longtemps hésité entre 1122 et 1124. Dans sa biographie de 2024, Martin Aurell tranche pour 1124 en s’appuyant sur un texte tardif, le Fragment généalogique des ducs de Normandie et des rois d’Angleterre, rédigé vers 1300 à Saint-Martial de Limoges, qui lui donne treize ans à la mort de son père, le 9 avril 1137. Il ajoute que 1122 a souvent servi à lui prêter quinze ans plutôt que treize au moment du mariage, scrupule moderne plaqué sur un droit canonique qui fixait à douze ans la nubilité des filles. Des deux dates, la seconde est la plus économique, puisqu’elle n’oblige à corriger aucune source pour sauver une convenance contemporaine.

Elle épouse Louis le Jeune le 25 juillet 1137 à Bordeaux. Il est roi six jours plus tard.

Antioche, et le mot que Jean de Salisbury n’écrit pas

La deuxième croisade tourne mal avant d’atteindre la Syrie. L’armée française est disloquée au mont Cadmos en janvier 1148 ; en mars, ce qui en reste parvient à Antioche, où règne Raymond de Poitiers, oncle paternel de la reine. Jean de Salisbury, qui rédige son Historia Pontificalis une quinzaine d’années après les faits, consacre au séjour son chapitre 23. Il y écrit que les attentions du prince envers la reine et leurs conversations presque continuelles éveillèrent les soupçons du roi, qu’elle voulut demeurer sur place quand son mari se préparait à partir, qu’elle invoqua alors leur parenté aux quatrième et cinquième degrés, qu’un eunuque nommé Thierry Galeran, dont elle se moquait volontiers, suggéra qu’une faute pouvait se cacher sous le couvert du lignage, et qu’elle fut arrachée de nuit.

Le mot d’adultère n’y est pas. Celui d’inceste non plus. Jean de Salisbury rapporte une rumeur, en situe le colporteur probable et s’abstient de conclure. Tout ce qui viendra ensuite se greffe sur ces quelques lignes, et Martin Aurell situe précisément là le départ de la légende noire, sur deux liaisons supposées, celle d’Antioche en mars 1148 et celle qu’on prête à la reine avec Geoffroi le Bel, comte d’Anjou et futur beau-père, à Paris en septembre 1151.

L’annulation est prononcée le 21 mars 1152, à Beaugency, pour consanguinité. Le motif est solide en droit, puisque les deux époux descendaient de Robert le Pieux, et transparent en fait, puisque personne ne l’avait ignoré pendant quinze ans. Marie et Alix, les deux filles, restent auprès de leur père ; le concile confirme leur légitimité et rend à la duchesse ses terres héréditaires. Le 18 mai, huit semaines plus tard, elle épouse à Poitiers Henri Plantagenêt, dont elle est parente au moins d’aussi près. La consanguinité était un instrument, et il servait quand on en avait besoin.

Cinquante chartes pour cinquante-deux ans

Marie Hivergneaux a recensé les actes subsistants et en a tiré une chronologie du pouvoir. Une vingtaine relèvent de la période française, concentrés sur les dix premières années. Après la croisade, la production documentée de la reine s’interrompt presque entièrement, et ce silence mesure une mise à l’écart plus sûrement que n’importe quelle anecdote de chroniqueur.

Le 28 décembre 1140, elle confirme à sa tante Agnès, abbesse de Notre-Dame de Saintes, une donation faite par son mari. L’acte est bref, et son intitulé se lit mot à mot, « Ego Helienordis, Francorum regina, et Willelmi ducis Aquitanici filia », Aliénor, reine des Francs, et fille du duc Guillaume d’Aquitaine. Elle ne se dit pas duchesse. Parmi les témoins figure « Aelith, sorore mea », sa sœur cadette, celle que les chroniqueurs appellent Pétronille.

Remariée, elle change de titulature. Le 26 mai 1152, quelques jours après ses noces, elle confirme les privilèges de Montierneuf comme duchesse d’Aquitaine. À partir de 1168 elle réside en Poitou et prépare Richard à lui succéder ; en 1173 elle soutient la révolte de ses fils, et se retrouve jusqu’en 1189 sous surveillance en Angleterre, où ses actes disparaissent de nouveau.

Le veuvage renverse la courbe. Entre 1199 et 1204, passé soixante-quinze ans, elle produit davantage d’actes que dans les trois décennies précédentes. Le 4 mai 1199, un mois après la mort de Richard devant Châlus, elle confirme à l’abbaye de Montierneuf des privilèges accordés par son père, son grand-père et son arrière-grand-père, généalogie qu’elle prend soin de dérouler. Depuis Niort, la même année, elle octroie une charte de commune aux habitants de Poitiers. À l’hiver suivant, elle franchit les Pyrénées pour aller chercher en Castille sa petite-fille Blanche, qu’elle ramène épouser l’héritier du trône de France, mariage scellé par le traité du Goulet le 22 mai 1200. En juillet 1202, assiégée dans Mirebeau par un autre de ses petits-enfants, Arthur de Bretagne, elle tient deux semaines jusqu’à l’arrivée de Jean sans Terre, le 1ᵉʳ août. Elle meurt le 31 mars ou le 1ᵉʳ avril 1204, à Poitiers selon certaines sources, à Fontevraud selon d’autres, quelques semaines après la chute de Château-Gaillard devant Philippe Auguste. Aucune édition complète de ces actes n’existe pourtant à ce jour, et l’on travaille sur un ensemble dispersé, publié par fragments depuis le XIXᵉ siècle. Nicholas Vincent, qui dirige l’édition des chartes des Plantagenêts pour la British Academy, annonce celle des lettres et chartes d’Aliénor après les volumes consacrés à Henri II.

« Par la colère de Dieu, reine des Anglais »

En 1173, pendant la révolte, l’archevêque de Rouen Rotrou lui adresse une sommation de rejoindre son mari. La lettre a été rédigée pour lui par Pierre de Blois, clerc de la cour d’Angleterre, et figure au numéro 154 de son recueil. Vingt ans plus tard, Richard est prisonnier en Allemagne et sa mère écrit trois fois au pape Célestin III pour exiger qu’il intervienne. La première commence ainsi : « A. in ira Dei regina Anglorum, ducissa Normanniae et comitissa Andegaven. », A., par la colère de Dieu reine des Anglais, duchesse de Normandie et comtesse d’Anjou.

Ces trois lettres sont elles aussi transmises dans la collection de Pierre de Blois, et la part qui revient à chacun demeure ouverte. Le clerc a pu écrire selon l’intention de la reine, prendre sa dictée en fournissant les citations bibliques, ou composer seul un exercice de rhétorique ; Lena Wahlgren a examiné la tradition manuscrite du recueil sans refermer la question. Un argument tient malgré tout, car une femme qui gouvernait alors l’Angleterre n’aurait pas laissé le pape recevoir en son nom des phrases qu’elle désapprouvait. Les mots sont peut-être de Pierre de Blois. La position est d’elle.

Elle réunit la rançon et obtient la libération de Richard en février 1194.

La cour d’amour de Poitiers a été inventée en 1937

L’expression « amour courtois » n’existe pas au Moyen Âge. Elle est forgée en 1883 par Gaston Paris, dans un article de la revue Romania consacré au Chevalier de la charrette de Chrétien de Troyes, pour qualifier l’amour de Lancelot et de Guenièvre. Le même travail remet en circulation un traité latin, le De amore d’André le Chapelain, composé après 1174 et plus probablement entre 1180 et 1200, où des dames rendent des jugements en matière d’amour. Le texte est ovidien, ironique par endroits, et sa lecture divise les romanistes depuis un siècle.

En 1937, dans la revue Speculum, Amy Kelly tire de ce traité une institution. Son article installe à Poitiers, entre 1170 et 1174, une cour présidée par Aliénor et sa fille Marie de Champagne, où l’on jugeait des causes amoureuses selon un code. La biographie qu’elle publie en 1950 chez Harvard diffuse la scène, que le roman et le cinéma reprennent. En 1961, dans la même revue, John F. Benton reprend le dossier de la cour de Champagne et montre que l’institution n’a laissé aucune trace documentaire, que les jugements du De amore relèvent d’un jeu d’écriture, et que la présence simultanée des deux femmes à Poitiers dans ces années-là ne repose sur rien de solide.

Il serait malhonnête d’en conclure qu’elle n’a rien à voir avec la littérature de son temps. Son grand-père ouvre la lignée connue des troubadours, et sa fille Marie commande à Chrétien de Troyes le roman même sur lequel Gaston Paris travaillera sept siècles plus tard.

La révision récente porte sur l’échelle, le mécénat personnel d’Aliénor ayant été revu à la baisse, souvent au profit d’Henri II, autour de qui gravitaient les lettrés de la cour. Une famille peut être un foyer littéraire sans qu’aucune de ses femmes ait tenu tribunal.

Dans la nef de Fontevraud, son gisant de tuffeau la montre couronnée, les paupières closes, un livre ouvert entre les mains, première femme lectrice de la sculpture funéraire occidentale. L’abbaye présente encore ce gisant comme une commande passée par la reine avant sa mort, en même temps que ceux d’Henri II et de Richard. Shirin Fozi le conteste en 2021, en rappelant que commander son propre tombeau n’était pas l’usage à la fin du XIIᵉ siècle et que la présentation des corps sur des lits de parade drapés perpétue des funérailles plutôt qu’elle ne fixe un portrait voulu du vivant du modèle. Elle date les trois gisants de pierre des années 1220, et celui d’Isabelle d’Angoulême, en bois, des années 1240. Le livre ouvert serait alors le choix de gens qui ne l’avaient jamais vue.

Pour aller plus loin

L’histoire d’Aliénor croise celle de Fontevraud, monastère double gouverné par des abbesses depuis sa fondation par Robert d’Arbrissel en 1101, et celle de la rançon de Richard Cœur de Lion, une des plus lourdes opérations fiscales du siècle. Elle rejoint la conquête de la Normandie par Philippe Auguste et la poésie des troubadours, dont Guillaume IX ouvre la série connue.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Vase d’Aliénor, cristal de roche (Perse ?, VIᵉ-VIIᵉ siècle), monture d’argent doré, niellé, filigrané et gemmé antérieure à 1147, h. 33,7 cm, diam. 15,9 cm, inscription niellée sur la base Musée du Louvre, département des Objets d’art, MR 340, aile Richelieu, salle 502, vitrine 15
  2. Charte d’Aliénor, reine des Francs, pour l’abbaye Notre-Dame de Saintes, 28 décembre 1140, confirmation d’une donation de Louis VII à l’abbesse Agnès, avec « Aelith, sorore mea » au nombre des témoins éditée dans Théodore Grasilier, Cartulaires inédits de la Saintonge, t. II, Niort, 1874, p. 50-51
  3. Jean de Salisbury, Historia Pontificalis, chapitre 23, récit du séjour d’Antioche en mars 1148 édition et traduction anglaise de Marjorie Chibnall, Londres, 1956
Voir les 26 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Aliénor d’Aquitaine, première lettre au pape Célestin III, 1193, incipit « A. in ira Dei regina Anglorum, ducissa Normanniae et comitissa Andegaven. » Patrologia Latina 206, col. 1262-1265 ; Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XIX, p. 277-279
  2. Pierre de Blois, lettre 154, sommation adressée à Aliénor au nom de Rotrou, archevêque de Rouen, 1173 Patrologia Latina 207, col. 448-449
  3. Gisant d’Aliénor d’Aquitaine, tuffeau polychrome, figure couronnée tenant un livre ouvert église abbatiale de l’ancienne abbaye royale de Fontevraud, Fontevraud-l’Abbaye (Maine-et-Loire), notice Mérimée PA00109109

Bibliographie

  1. Martin Aurell, Aliénor d’Aquitaine. Souveraine femme, Paris, 2024, 504 p., ISBN 978-2-08-046324-1 Flammarion, « Grandes Biographies »
  2. Martin Aurell, L’Empire des Plantagenêt, 1154-1224, Paris, 2003 Perrin
  3. Marie Hivergneaux, « Aliénor d’Aquitaine : le pouvoir d’une femme à la lumière de ses chartes (1152-1204) », dans Martin Aurell (dir.), La cour Plantagenêt (1154-1204), Poitiers, 2000, p. 63-87, coll. « Civilisation médiévale » 8 Centre d’études supérieures de civilisation médiévale
  4. Nicholas Vincent, « Patronage, Politics and Piety in the Charters of Eleanor of Aquitaine », dans Martin Aurell et Noël-Yves Tonnerre (dir.), Plantagenêts et Capétiens : confrontations et héritages, Turnhout, 2006, p. 17-60, ISBN 978-2-503-52290-6 Brepols
  5. John C. Holt, « Aliénor d’Aquitaine, Jean sans Terre et la succession de 1199 », Cahiers de civilisation médiévale 29 (113-114), 1986, p. 95-100 Centre d’études supérieures de civilisation médiévale
  6. Gaston Paris, « Études sur les romans de la Table Ronde. Lancelot du Lac, II : Le conte de la Charrette », Romania 12 (48), 1883, p. 459-534 Romania
  7. Amy Kelly, « Eleanor of Aquitaine and Her Courts of Love », Speculum 12 (1), 1937, p. 3-19 Medieval Academy of America
  8. John F. Benton, « The Court of Champagne as a Literary Center », Speculum 36 (4), 1961, p. 551-591 Medieval Academy of America
  9. Lena Wahlgren, The Letter Collections of Peter of Blois. Studies in the Manuscript Tradition, Göteborg, 1993 Acta Universitatis Gothoburgensis
  10. Michael R. Evans, Inventing Eleanor. The Medieval and Post-Medieval Image of Eleanor of Aquitaine, Londres, 2014 Bloomsbury Academic
  11. Shirin Fozi, Romanesque Tomb Effigies. Death and Redemption in Medieval Europe, 1000-1200, University Park, 2021, 228 p. The Pennsylvania State University Press

Sources en ligne

  1. « Vase d’Aliénor » Musée du Louvre, site des collectionshttps://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010096614
  2. « A letter from Eleanor of Aquitaine (1193) » Epistolae, Columbia Universityhttps://epistolae.ctl.columbia.edu/letter/139.html
  3. « A letter from Eleanor of Aquitaine (1140, December 28) » Epistolae, Columbia Universityhttps://epistolae.ctl.columbia.edu/letter/893.html
  4. « Aliénor d’Aquitaine : le pouvoir d’une femme à la lumière de ses chartes (1152-1204) » Perséehttps://www.persee.fr/doc/civme_1281-704x_2000_act_8_1_971
  5. « Aliénor d’Aquitaine, Jean sans Terre et la succession de 1199 » Perséehttps://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1986_num_29_113_2319
  6. « Études sur les romans de la Table Ronde (suite) » Perséehttps://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_1883_num_12_48_6277
  7. « Aliénor d’Aquitaine et Marie de Champagne mises en cause par André le Chapelain » Perséehttps://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1986_num_29_113_2311
  8. « 25,09,37 Aurell, Martin. Aliénor d’Aquitaine. Souveraine femme. » The Medieval Review, Indiana Universityhttps://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/42308
  9. « 24,09,05 Fozi, Shirin. Romanesque Tomb Effigies : Death and Redemption in Medieval Europe, 1000-1200. » The Medieval Review, Indiana Universityhttps://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/39693
  10. « Gisants de Fontevraud, la nécropole royale des Plantagenêts » Abbaye royale de Fontevraudhttps://www.fontevraud.fr/gisants-de-fontevraud-la-necropole-royale-des-plantagenets/
  11. « Ancienne abbaye royale de Fontevraud, actuellement centre culturel de l’Ouest » Plateforme ouverte du patrimoine, ministère de la Culture, notice PA00109109https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00109109
  12. « Nicholas Vincent » Research Portal, University of East Angliahttps://research-portal.uea.ac.uk/en/persons/nicholas-vincent/
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