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Biographie
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Auguste, premier empereur romain

Antiquité14 septembre 202616 min de lecture
Till Niermann / Wikimedia Commons
16 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Cinq noms pour le même homme

Aucun acte sorti de sa chancellerie ne porte le nom d’Octavien. La forme vient d’un usage romain de l’adoption et les modernes l’ont retenue parce qu’elle découpe la vie en deux moitiés maniables. Les noms qu’il a réellement portés sont au nombre de cinq. Caius Octavius jusqu’à l’automne 44 av. J.-C. Caius Iulius Caesar ensuite, par l’adoption testamentaire de son grand-oncle. Imperator Caesar Divi filius vers 38, où le prénom n’en est plus un mais une acclamation militaire passée à l’état civil. Imperator Caesar Divi filius Augustus le 16 janvier 27. Divus Augustus après le 17 septembre de l’an 14, par vote du Sénat. Chacun de ces états enregistre un déplacement de position, et le dernier a été décidé par une assemblée qui siégeait sans lui.

La date de naissance est l’une des rares de l’Antiquité qu’on n’ait pas à calculer depuis un âge au décès. Le 23 septembre 63 av. J.-C. figure dans les calendriers publics affichés en Italie sous son règne, et la province d’Asie a calé sur ce jour le début de son année civile par un décret de 9 av. J.-C. connu par trois copies d’Asie Mineure (OGIS 458). Le père, Caius Octavius, appartient à une famille équestre de Velletri, dans les monts Albains, et il est le premier des siens à atteindre la préture, en 61. La mère, Atia, est la nièce de César.

Il a dix-huit ans quand le testament est ouvert.

Le texte, lu à Rome en avril 44, l’adopte et lui laisse les trois quarts d’une fortune considérable. Il se trouve alors à Apollonia, en Illyrie. En un an, il lève des troupes sur ses fonds propres, obtient du Sénat un commandement prétorien, combat Antoine à Modène, puis se fait élire consul le 19 août 43, à dix-neuf ans. Le 27 novembre, la loi Titia institue pour cinq ans un collège de trois hommes chargés de réorganiser la République, lui, Antoine et Lépide. L’édit de proscription suit dans les jours qui viennent. Les chiffres antiques vont de cent trente sénateurs chez Tite-Live à trois cents sénateurs et deux mille chevaliers chez Appien.

Philippes, en 42, règle le sort des meurtriers de César. Suivent dix ans de partages et de ruptures avec Antoine, l’élimination de Sextus Pompée en 36 et celle de Lépide la même année, réduit au grand pontificat. La rupture se dénoue à Actium le 2 septembre 31. En août 30, la mort d’Antoine et celle de Cléopâtre laissent un seul imperator debout, à trente-deux ans, avec une soixantaine de légions et l’Égypte pour domaine personnel.

En 28 et 27, il défait publiquement une partie de son propre édifice. Un édit annule les mesures illégales du triumvirat, fait rapporté par Tacite (Annales, III, 28) et par Dion Cassius (LIII, 2, 5). Le 13 janvier 27, il remet au Sénat et au peuple le gouvernement des provinces, et le Sénat lui rend aussitôt, pour dix ans, celles où stationnent les légions, l’Espagne, la Gaule, la Syrie, l’Égypte. Le 16 janvier, il reçoit le surnom d’Augustus et une couronne de chêne au-dessus de sa porte, honneurs enregistrés par le calendrier de Préneste. En 23, une maladie grave le conduit à quitter le consulat annuel qu’il exerçait depuis 31 et à recevoir en échange la puissance tribunicienne à vie et un commandement supérieur à celui des gouverneurs. Lui-même résume sa position aux Res Gestae (34, 3), où il déclare avoir dépassé tous les autres en autorité sans jamais détenir plus de pouvoir légal que ses collègues de magistrature.

Le Sénat, l’ordre équestre et le peuple lui décernent le titre de père de la patrie le 5 février 2 av. J.-C., l’année même où il fait reléguer sa fille Julie dans une île. Ses deux petits-fils adoptés meurent coup sur coup, Lucius en l’an 2, Caius en l’an 4, et il adopte alors son beau-fils Tibère. En l’an 9, trois légions disparaissent en Germanie avec leur gouverneur Varus. Le 3 avril de l’an 13, il dépose chez les Vestales son testament et trois rouleaux, dont le relevé de ses actes et un état des ressources de l’empire. Il meurt à Nola le 19 août de l’an 14, à soixante-quinze ans, dans la maison où son père était mort, détail que Tacite rapporte (Annales, I, 9). Le Sénat le range parmi les dieux le 17 septembre, et les rouleaux sont gravés sur deux piliers de bronze devant son mausolée du Champ de Mars.

Tout ce qui précède repose sur quatre ensembles de textes rédigés à des distances très inégales de l’événement, dont un seul est de sa main et n’a survécu qu’en copie provinciale. Il faut voir maintenant qui les écrit, quand et pour qui, puis reprendre trois épisodes contestés, en commençant par une pièce d’or vendue à Zurich en février 1992.

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