Pour Hélinand de Froidmont, un graal est une écuelle large et un peu creuse, dans laquelle on sert aux riches des mets de prix un morceau après l’autre, par rangs successifs. Le moine cistercien glisse cette définition dans sa chronique universelle en latin, qui court jusqu’à l’année 1204, à l’endroit où il place, vers 717, la vision d’un ermite de l’île de Bretagne sur Joseph d’Arimathie et sur le plat de la Cène. Il ajoute qu’il a cherché cette histoire écrite en latin sans la trouver, que certains grands seigneurs la possèdent en français, et qu’on en trouve difficilement le texte complet. Chrétien de Troyes n’est pas nommé, alors que son roman avait fait, une génération plus tôt, d’un simple graal le centre d’une énigme.
« Li graax qui aloit devant »
Le Conte du Graal est dédié à Philippe d’Alsace, comte de Flandre, dont Chrétien dit avoir reçu le livre qu’il met en vers. Le roman a été composé entre 1179 et 1191, année de la mort du comte. Au château du Roi Pêcheur, le jeune Perceval voit passer une lance blanche dont la pointe laisse couler une goutte de sang jusqu’à la main du valet qui la porte, puis une demoiselle qui tient un graal entre ses deux mains, puis une autre qui porte un tailloir d’argent, c’est-à-dire un plat à découper la viande. Le graal est d’or fin, serti de pierres précieuses. Chrétien écrit « un graal », avec l’article indéfini, comme on dirait un plat : avant lui, on ne connaît en français qu’une apparition fugitive du mot, dans le Roman d’Alexandre vers 1160, où deux personnages mangent dans le même plat. Perceval se tait. Le prud’homme Gornemant lui a conseillé de ne pas trop parler, et il ne demande ni pourquoi la lance saigne ni à qui l’on sert le graal. Chaque fois que l’objet passe, Chrétien ramène à la rime le verbe servir (v. 3245, 3293, 3302), et c’est la raison pour laquelle on dira ici service plutôt que cortège, un mot entré dans la langue en 1622 selon Walter et qui change un repas en procession d’État.
La réponse à la question que Perceval n’a pas posée vient bien plus loin, un Vendredi saint, chez son oncle ermite. Le graal ne contient pas « luz ne lamproies ne saumon », dit l’ermite, mais une seule hostie, qui soutient la vie d’un vieux roi reclus, le père du Roi Pêcheur (v. 6420-6424 dans l’édition de la Pléiade). Walter en conclut que l’objet doit sa sainteté à ce qu’il porte, et que le plat reste un plat. Jean Frappier lisait autrement la même page en 1972, persuadé qu’un plat très saint portant une hostie ne pouvait qu’évoquer le plat de la Cène. La phrase de l’ermite, « tant sainte chose est li graals », supporte les deux lectures, et la Première Continuation montrera encore une salle où cent graals présentent chacun une tête de sanglier.
Quand Gauvain se met en route, c’est la lance qu’il part chercher (v. 6162-6171).
Le roman s’interrompt au milieu d’une aventure de Gauvain, après 9 234 vers dans la Pléiade. Une quinzaine de manuscrits le conservent, et certains, en y cousant les Continuations, montent jusqu’à 60 000 vers. Parmi eux, la copie du scribe Guiot, faite à Provins vers 1230-1240, est à la BnF sous la cote Français 794, un volume de 433 feuillets de parchemin de 320 millimètres sur 230, écrit sur trois colonnes de 44 vers. Mario Roques, qui a rendu ce Guiot à Provins en 1952, relevait dans sa ponctuation des marques de lecture bien antérieures aux accents de l’imprimerie, indices de la façon dont on lisait Chrétien dans sa région moins de quarante ans après lui. D’après la notice de la BnF, le copiste, discret ailleurs, est peut-être intervenu davantage dans le Conte du Graal.
Robert de Boron verse le sang dans l’écuelle
Vers 1200, un poète nommé Robert de Boron donne au graal un passé. Dans son Roman de l’Estoire dou Graal, poème en octosyllabes qu’un seul manuscrit conserve, le Français 20047 de la BnF, le vase où le Christ a pris son dernier repas passe de Pilate à Joseph d’Arimathie, qui y recueille le sang des plaies du crucifié, puis reste à la garde de sa famille. Richard O’Gorman plaçait le poème vers 1200, la grande histoire allemande des littératures romanes, citée par Philippe Walter, entre 1205 et 1210. En 1868, Paulin Paris tenait encore Robert pour antérieur à Chrétien, et l’erreur a porté loin. Le même Walter a montré en 2022 que Georges Dumézil, dans Le Festin d’immortalité en 1924, tirait encore son graal celtique de la seule œuvre de Robert, un an après la démonstration de la priorité de Chrétien. Un vase sacré venu des Évangiles, que les romanciers auraient ensuite habillé de chevalerie, voilà le schéma que l’erreur de 1868 rendait naturel, et le sens commun l’a gardé.
En Allemagne, au début du XIIIᵉ siècle, Wolfram von Eschenbach prend une autre route. Son Parzival nomme d’abord le graal « une chose » (235,23), puis en fait une pierre que l’ermite Trevrizent appelle lapsit exillis (469,7), formule d’allure latine que personne n’a su traduire avec certitude, et Walter voit dans cette pierre un prolongement du graal serti de pierres précieuses de Chrétien. Chaque Vendredi saint, une colombe vient y déposer une hostie. Wolfram dit tenir l’histoire d’un certain Kyot le Provençal, qui l’aurait trouvée à Tolède dans un livre en langue païenne ; de ce Kyot, aucun texte n’a jamais été retrouvé. À Saint-Gall, la Stiftsbibliothek conserve sous la cote Cod. Sang. 857 un volume de 693 pages copié vers 1260, dont les pages 5 à 288 portent le poème.
La génération suivante achève la sacralisation. L’Estoire del Saint Graal, roman en prose qu’on date des environs de 1225, s’ouvre sur un ermite à qui le Christ remet le livre dont procède tout le récit, et Joseph Goering y voit, avec le poème de Robert, la source probable de la notice d’Hélinand. Dans la Queste del Saint Graal, l’objet se déplace sans porteur, rassasie les chevaliers à leur gré, et un seul élu l’atteint, Galaad, fils de Lancelot. Le manuscrit Français 120 de la BnF, un Lancelot-Graal du duc de Berry, montre au feuillet 520 Joseph d’Arimathie recueillant le sang du Christ dans un calice. À la fin du XIIIᵉ siècle, l’archevêque de Gênes Jacopo da Varagine rattache ce graal devenu relique à un plat de verre vert, longtemps tenu pour une émeraude, que les Génois avaient rapporté de la prise de Césarée, conduite en 1101 par Baudouin, roi de Jérusalem. Certains livres des Anglais, écrit-il, appellent Sangraal le vase où Nicodème recueillit le sang du Christ. L’identification se fixe dans cette chronique, a montré Ilaria Molteni en 2022, et le Sacro Catino est toujours exposé au Museo del Tesoro de la cathédrale San Lorenzo.
Et si Chrétien avait lu un conte gallois ?
Une première réponse, formulée dès la fin du XIXᵉ siècle, est celtique. Elle s’appuie sur une scène bien réelle. Dans Peredur, récit gallois qui suit de près la trame du Conte du Graal, passe d’abord une lance d’où coulent trois ruisseaux de sang, puis deux jeunes filles entrent avec un grand plat où repose une tête d’homme au milieu du sang. Pour les tenants de cette lecture, le roman français et le récit gallois puisent à une même matière insulaire, que les chaudrons d’abondance des mythes irlandais et gallois viennent éclairer. L’argument a sa force. Il bute sur la tradition manuscrite, car les copies de Peredur sont toutes bien postérieures à Chrétien, la plus complète figurant dans le Livre blanc de Rhydderch, copié au milieu du XIVᵉ siècle et conservé à la Bibliothèque nationale du pays de Galles sous la cote Peniarth MS 4, et l’on discute toujours s’il dérive du roman français ou d’une source commune.
Joseph Goering a proposé en 2005 une piste pyrénéenne. Dans les vallées de la Ribagorce, une série de peintures murales montre la Vierge tenant une coupe peu profonde d’où partent des rayons de lumière, un objet que le parler local appelait graal selon lui. La plus ancienne orne l’abside de Sant Climent de Taüll, église consacrée le 10 décembre 1123 par Ramon, évêque de Roda. Déposée lors de la campagne d’acquisition de 1919-1923 et transférée sur toile, la peinture mesure 620 sur 360 sur 180 centimètres et porte au Museu Nacional d’Art de Catalunya, à Barcelone, le numéro 015966-000. L’antériorité, d’un demi-siècle, ne se discute pas. La transmission demeure une conjecture. Goering imagine des conteurs du nord de la France informés de ces images, et Anne Gilmour Bryson, qui a pourtant salué le livre en 2006, relève qu’aucune pièce ne prouve le passage dans les Pyrénées du comte du Perche qu’il propose comme modèle de Perceval.
Philippe Walter récuse ces deux généalogies. Pour lui, le graal de Chrétien est un plat, rien de plus, et la partie du roman consacrée à Perceval suit pas à pas un conte-type que les folkloristes ont répertorié sous le numéro 910B, celui des bons conseils, où un jeune homme reçoit des préceptes, les applique de travers, puis se tait au mauvais moment devant une scène macabre. Le livre remis par Philippe d’Alsace pourrait alors être un recueil d’exempla, ces anecdotes édifiantes dont les prédicateurs faisaient provision. L’hypothèse couvre tout le parcours de Perceval, et le parallèle le plus précis qu’elle avance, une question sur l’or, l’argent et le cuivre que Walter rapproche de l’or du graal, de l’argent du tailloir et du fer de la lance, vient d’un conte russe recueilli au XIXᵉ siècle.
Juliette Wood posait dès 2000, dans la revue Folklore, une question plus radicale, celle de savoir si le problème des origines existe vraiment, ou s’il naît d’une méthode qui suppose à toute force une source unique cachée derrière les romans.
Montségur
Le graal moderne passe par Bayreuth. Richard Wagner nommait déjà Montsalvat le château du graal dans Lohengrin, et le Parsifal créé au Festspielhaus le 26 juillet 1882 y conduit son héros. Dans le Midi, un autre récit s’était formé autour des cathares, ces dissidents chrétiens que l’Église avait combattus comme hérétiques. En 1872, le pasteur Napoléon Peyrat publiait une Histoire des Albigeois qui faisait de Montségur un château sanctuaire percé de souterrains, et Laure Barthet et Michel Sabatier le tiennent pour le grand mystificateur du site. Pierre-Barthélemy Gheusi donne en 1900 à la Nouvelle Revue un récit intitulé Montsalvat. Six ans plus tard, Joséphin Péladan pose la question dans Le Secret des troubadours : « Montsalvat n’a-t-il pas un nom réel, Montségur ? » Le même opuscule met Wagner au-dessus de Chrétien et de Wolfram parmi ceux qui ont écrit le graal.
Otto Rahn reprend l’identification en 1933, dans Kreuzzug gegen den Gral, publié à Fribourg-en-Brisgau chez Urban-Verlag, où les cathares deviennent les gardiens du graal et la croisade albigeoise une guerre menée contre lui. Les Annales du Midi en rendent compte l’année suivante, relèvent l’originalité du livre et annoncent une traduction chez Stock. Sur le terrain, les fouilles conduites à Montségur depuis la fin des années 1960 ont dégagé la forteresse, les vestiges des combats de 1243-1244 et le castrum de la première moitié du XIIIᵉ siècle, c’est-à-dire le village fortifié accroché au château, que Barthet et Sabatier opposent à l’épaisse couche de légende déposée sur le site.
Une généalogie déposée sous pseudonyme
Le dernier étage du mythe se construit dans une bibliothèque. Au milieu des années 1960, Pierre Plantard fait entrer à la Bibliothèque nationale, sous le pseudonyme d’Henri Lobineau, des documents qui lui fabriquent une ascendance royale et une société secrète, le Prieuré de Sion. Il confirmera au journaliste Jean-Luc Chaumeil que les parchemins produits à l’appui sont des faux, avant de les présenter comme des copies d’originaux, rapporte le quotidien Le Temps. En 1982, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh font de ces papiers le socle de The Holy Blood and the Holy Grail, publié à Londres chez Jonathan Cape. Jésus y aurait épousé Marie Madeleine et laissé une descendance, et le graal désignerait ce sang. Toute la construction repose sur une coupe du mot. Les auteurs affirment que les manuscrits anciens écrivent Sangraal, à lire sang réal, sang royal. Or le plus ancien texte, celui de Chrétien, écrit « un graal », sans épithète ni sang, et la forme Sangraal suppose un graal déjà saint, celui du XIIIᵉ siècle, que Jacopo da Varagine attache au sang recueilli par Nicodème sans y voir la moindre descendance.
Le livre du comte de Flandre
Plusieurs trous demeurent dans les textes médiévaux eux-mêmes. Les livres de la chronique d’Hélinand qui portent la notice sur le graal ne subsistent que par l’édition qu’en donna dom Tissier en 1669 d’après un manuscrit dont on a perdu la trace. Faute de témoin gallois contemporain du roman, le rapport entre Peredur et Chrétien reste suspendu. Quant au livre que Philippe d’Alsace aurait confié au poète, sa seule trace est la mention qu’en fait Chrétien dans son prologue (v. 61-68), où il promet au comte le meilleur conte qui ait été conté en cour royale.
Chrétien n’a pas écrit le retour de Perceval au château du Roi Pêcheur, celui où les questions attendues auraient enfin été posées, et aucune fouille, aucun manuscrit dont on puisse espérer la découverte ne dira ce que le poète réservait à la lance qui saigne et au plat d’or qui la suivait.
Pour aller plus loin
Le siège de Montségur en 1243-1244 et la fabrication de son mythe méritent un article à part, tout comme le cycle du Lancelot-Graal, dont la Queste n’est qu’un volet. L’existence historique du roi Arthur, déjà traitée dans l’encyclopédie, éclaire l’autre versant de la matière de Bretagne.
On imagine volontiers le Graal comme la coupe du dernier repas du Christ, cachée quelque part et toujours recherchée. L’objet est pourtant né dans un roman en vers, écrit en français à la fin du XIIᵉ siècle pour le comte de Flandre. Il a ensuite changé plusieurs fois de forme et de sens, jusqu’à ne plus ressembler au récit d’origine.
Un plat d’or chez le Roi Pêcheur
Le plus ancien récit connu où un graal tient un rôle est l’œuvre de Chrétien de Troyes. Un jeune chevalier, Perceval, y est reçu à la table d’un roi. Le roman l’appelle le Roi Pêcheur. Pendant le repas, une jeune fille passe devant lui en tenant un grand plat d’or orné de pierres précieuses. À l’époque, le mot graal désigne justement ce genre de plat de service. Chrétien écrit d’ailleurs « un graal », comme on dirait un plat parmi d’autres.
Avant ce plat passe une lance dont la pointe saigne. Perceval ne dit rien, parce qu’un maître lui a recommandé la discrétion. Il n’ose demander ni la raison de ce sang, ni pour qui l’on porte le plat. Bien plus tard, son oncle, qui vit en ermite, lui donne la réponse. Le plat ne contient aucun poisson, mais le petit pain consacré de la messe, une hostie, qui fait vivre le père du roi, un vieillard qui vit retiré.
Le roman s’arrête avant la fin, au milieu d’une autre aventure, après un peu plus de neuf mille vers. Chrétien n’en a jamais écrit la suite. Le plat d’or garde son mystère, et d’autres auteurs vont se charger de l’expliquer.
Le sang du Christ entre dans l’histoire
Vers 1200, Robert de Boron, un autre poète, invente un passé au plat. Pour lui, c’est le vase dans lequel le Christ a pris son dernier repas. Un homme nommé Joseph d’Arimathie y aurait ensuite recueilli le sang de ses plaies. L’idée que l’on croit très ancienne vient donc de ce poème.
Au même moment, en Allemagne, le poète Wolfram von Eschenbach fait du graal une pierre. Il lui donne un nom qui ressemble à du latin et que personne n’a su traduire avec certitude. Chaque Vendredi saint, une colombe vient y poser une hostie. Au siècle suivant, des romans en prose en font un objet saint, qu’un seul chevalier parvient à atteindre.
Une adresse pour le château du graal
Au XIXᵉ siècle, le graal passe à l’opéra. Le compositeur Richard Wagner l’installe dans un château imaginaire. Il appelle ce château Montsalvat. Des écrivains français rapprochent ce nom de Montségur, un château du Midi lié à des chrétiens que l’Église avait combattus comme hérétiques, les cathares. En 1906, l’écrivain Joséphin Péladan suggère que les deux noms désignent le même lieu.
En 1933, l’Allemand Otto Rahn fait des cathares les gardiens du graal. Des archéologues fouillent pourtant Montségur depuis la fin des années 1960. Ils y ont dégagé la forteresse, le village fortifié et les traces des combats du milieu du XIIIᵉ siècle, qu’ils opposent à l’épaisse légende qui recouvre le site.
La dernière transformation date de 1982. Des journalistes britanniques publient alors un livre selon lequel Jésus aurait épousé Marie Madeleine et laissé des descendants. Pour eux, le graal désigne ce sang. Ils s’appuient sur des papiers fabriqués par un homme qui s’inventait des ancêtres royaux, et sur une façon de couper le mot en deux. Chez Chrétien, il n’y a pourtant qu’un plat, sans sang ni famille.
Personne ne sait d’où vient l’objet
La question de départ n’a toujours pas de réponse. Depuis la fin du XIXᵉ siècle, une école la cherche du côté des légendes galloises. Un récit gallois montre en effet un large plat portant une tête d’homme baignant dans le sang. Mais ce récit n’est connu que par des copies bien plus tardives, et l’on ignore s’il imite Chrétien ou s’il partage avec lui une source.
Un historien, Joseph Goering, regarde plutôt vers les Pyrénées. Dans plusieurs églises de montagne, des peintures montrent la Vierge tenant une coupe d’où sortent des rayons de lumière. La plus ancienne a été peinte vers 1123. Elle précède le roman d’un demi-siècle. Personne n’a pourtant prouvé que Chrétien en ait entendu parler.
Un autre spécialiste, Philippe Walter, pense que le plat n’est qu’un plat. Selon lui, Chrétien a suivi un conte populaire bien connu, celui du jeune homme qui reçoit de bons conseils et se tait au mauvais moment. Le livre que le comte de Flandre aurait donné au poète serait alors un recueil de petites histoires morales. Ce livre-là n’a jamais été retrouvé.
À Barcelone, le Musée national d’art de Catalogne conserve la peinture de Taüll, une abside entière détachée de son église et transférée sur toile, où la Vierge tient toujours sa coupe lumineuse.
La version complète cite la note du moine qui chercha en vain cette histoire en latin, et la question, posée en toutes lettres par Péladan, qui fit de Montségur le château du graal.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Chrétien de Troyes, *Le Conte du Graal*, v. 61-68 (prologue et dédicace à Philippe d’Alsace), v. 3190-3253 (service du graal ; lance qui saigne, v. 3197-3201 ; tailloir d’argent, v. 3231 ; graal d’or fin, v. 3232-3233 ; verbe *servir* à la rime, v. 3245, 3293, 3302), v. 6162-6171 (Gauvain part en quête de la lance), v. 6420-6424 (l’hostie), numérotation de l’édition dirigée par Daniel Poirion, *Œuvres complètes*, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1994, 9 234 vers
- Copie de Guiot, Provins, 1230-1240, parchemin, 433 f., 320 × 230 mm, trois colonnes de 44 vers, colophon au f. 105, *Conte du Graal* dans la troisième unité codicologique (f. 184-433v) Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 794
- *Roman d’Alexandre*, vers 1160, emploi du mot graal pour un plat où deux personnages mangent ensemble, relevé par Philippe Walter (2022), branche et vers [À VÉRIFIER]
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Sources primaires (suite)
- *Première Continuation* du *Conte du Graal*, salle où cent graals portent chacun une tête de sanglier, épisode relevé par Philippe Walter (2022), vers [À VÉRIFIER]
- Robert de Boron, *Le Roman de l’Estoire dou Graal*, seul témoin de la version en vers, suivi des 502 premiers vers du *Merlin* Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 20047
- Hélinand de Froidmont, *Chronicon*, livre XLV, notice placée vers 717 : vision de l’ermite, définition du *gradalis*, recherche vaine d’un texte latin édition de dom Tissier, *Bibliotheca Patrum Cisterciensium*, t. 7, Bonnefont, 1669, d’après un manuscrit perdu, reprise dans la *Patrologie latine*, t. 212, col. 814D-815A
- Wolfram von Eschenbach, *Parzival*, 235,23 et 469,7 (éd. Lachmann), manuscrit D, p. 5-288 d’un volume de parchemin de 693 p., 31,5 × 21,5 cm, copié vers 1260 St. Gallen, Stiftsbibliothek, Cod. Sang. 857
- *Estoire del Saint Graal*, prologue : l’ermite reçoit du Christ le livre dont procède le récit ; version courte éditée sous le titre *Joseph d’Arimathie* dans *Le Livre du Graal*, t. I, dir. Philippe Walter, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2001
- *La Queste del Saint Graal*, repas du graal et élection de Galaad, éd. Albert Pauphilet, Melun, 1949
- *Joseph d’Arimathie recueillant le sang du Christ*, peinture du f. 520 d’un Lancelot-Graal ayant appartenu au duc de Berry puis à Jacques d’Armagnac Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 120
- Jacopo da Varagine, *Chronica civitatis Ianuensis*, fin du XIIIᵉ siècle, récit de la prise de Césarée (1101) et identification du plat génois au *Sangraal* des « livres des Anglais »
- Sacro Catino, plat de verre vert rapporté de Césarée par les Génois Gênes, Museo del Tesoro della Cattedrale di San Lorenzo, numéro d’inventaire [À VÉRIFIER]
- *Peredur*, dans le Livre blanc de Rhydderch (*Llyfr Gwyn Rhydderch*), milieu du XIVᵉ siècle National Library of Wales, Aberystwyth, Peniarth MS 4
- Maître de Taüll, abside de Sant Climent de Taüll, vers 1123, fresque transférée sur toile, 620 × 360 × 180 cm, acquise lors de la campagne de 1919-1923, église consacrée le 10 décembre 1123 selon l’inscription de la première colonne Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelone, n° 015966-000
- Paulin Paris, *Les Romans de la Table ronde*, t. I, Paris, Techener, 1868, introduction : citation de la notice d’Hélinand et antériorité supposée de Robert de Boron
- Napoléon Peyrat, *Histoire des Albigeois*, Paris, Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1872
- Richard Wagner, *Lohengrin*, 1850, récit final du héros sur Montsalvat, et *Parsifal*, Bühnenweihfestspiel en trois actes, créé au Festspielhaus de Bayreuth le 26 juillet 1882
- Pierre-Barthélemy Gheusi, « Montsalvat », *Nouvelle Revue*, Paris, 1900
- Joséphin Péladan, *Le Secret des troubadours. De Parsifal à Don Quichotte*, Paris, E. Sansot, 1906
- Otto Rahn, *Kreuzzug gegen den Gral. Die Geschichte der Albigenser*, Fribourg-en-Brisgau, Urban-Verlag, 1933
- *Dossiers secrets d’Henri Lobineau*, pièces déposées à la Bibliothèque nationale au milieu des années 1960, cote [À VÉRIFIER]
- Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln, *The Holy Blood and the Holy Grail*, Londres, Jonathan Cape, 1982
Bibliographie
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Sources en ligne
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- « Chronicon », œuvre d’Hélinand de Froidmont Arlima, Archives de littérature du Moyen Âgehttps://www.arlima.net/eh/helinand_de_froidmont/chronicon.html
- « St. Gallen, Stiftsbibliothek, Cod. Sang. 857 » e-codices, Bibliothèque virtuelle des manuscrits en Suissehttps://www.e-codices.unifr.ch/en/list/one/csg/0857
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- « White Book of Rhydderch » National Library of Waleshttps://www.library.wales/discover-learn/digital-exhibitions/manuscripts/the-middle-ages/white-book-of-rhydderch
- « Absis de Sant Climent de Taüll » Museu Nacional d’Art de Catalunyahttps://www.museunacional.cat/ca/colleccio/absis-de-sant-climent-de-taull/mestre-de-taull/015966-000
- « 06,02,07, Goering, The Virgin and the Grail (Anne Gilmour Bryson) » The Medieval Review, Indiana Universityhttps://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/16095/22213
- « Chapitre XXVII. Le mythe du Graal chez Jean Cocteau et Julien Gracq », dans *La mythologie de l’Antiquité à la modernité* Presses universitaires de Rennes, OpenEdition Bookshttps://books.openedition.org/pur/39637?lang=fr
- « Rahn (Otto). Kreuzzug gegen den Gral. Urban-Verlag, Fribourg-en-Brisgau, 1933 », compte rendu de Bruno Güterbock, *Annales du Midi* 46, n° 182, 1934, p. 198-199 Perséehttps://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1934_num_46_182_5244_t1_0198_0000_3
- « Pierre Plantard, fondateur du Prieuré de Sion, un illuminé en quête d’une ascendance royale » Le Tempshttps://www.letemps.ch/societe/pierre-plantard-fondateur-prieure-sion-un-illumine-quete-dune-ascendance-royale


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