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Aleister Crowley, la Grande Bête : fabrique d’une légende noire

Histoire des sciences occultes11 septembre 202631 sources vérifiées
The Equinox, 1909 / Wikimedia Commons
8 min de lecture31 sources vérifiées
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Au troisième jour d’audience, le 12 avril 1934, l’avocat des défendeurs propose à Aleister Crowley une démonstration. Qu’il jette un sort, sur-le-champ, à son confrère assis en face. Crowley refuse net. Le juge Swift interrompt l’échange en rappelant qu’on ne va pas transformer la cour en temple. Le lendemain, résumant l’affaire au jury, le même magistrat déclare n’avoir jamais entendu de sa vie choses aussi abominables sorties de la bouche d’un homme qui se présente comme le plus grand poète vivant.

Un surnom dont la seule source est l’autobiographie

Edward Alexander Crowley naît le 12 octobre 1875 à Royal Leamington Spa, dans le Warwickshire, dans une famille aisée de brasseurs affiliée aux Frères de Plymouth, courant évangélique rigoriste. C’est de cette maison, écrira-t-il plus de cinquante ans plus tard, que lui vient son identification à la Bête de l’Apocalypse et au nombre 666, sa mère l’ayant désigné ainsi. Le récit est plausible et invérifiable, faute du moindre témoignage extérieur à ses propres livres, et il paraît sous sa plume au moment où l’enseigne lui sert déjà.

La difficulté vaut pour la vie entière. La source centrale est un livre qu’il a écrit, financé, illustré et mis en scène. The Spirit of Solitude, sous-titré autohagiographie et rebaptisé en cours de route The Confessions of Aleister Crowley, paraît en 1929 à Londres, chez la Mandrake Press, 41 Museum Street. Deux volumes in-quarto, reliés de bougran blanc, portant sur le plat un autoportrait à l’encre de l’auteur, tirés à 800 exemplaires sur vélin japonais. Il en avait prévu six. La crise de 1929 et la disparition de l’éditeur arrêtent l’entreprise, et le texte complet n’est publié qu’en 1969, sous la direction de John Symonds et Kenneth Grant, son exécuteur littéraire et son disciple. Le témoin principal de la légende noire est donc l’accusé, et il a payé l’impression. Alex Owen a proposé en 1997, dans le Journal of British Studies, de lire cette construction de soi comme un objet d’histoire à part entière, celui d’une subjectivité édouardienne qui s’expérimente elle-même. Cette lecture ne dispense pas de vérifier les faits un par un, elle explique pourquoi ils sont si difficiles à vérifier.

Les esprits sont des portions du cerveau, écrit-il en 1904

Il entre en 1898 dans l’Ordre hermétique de la Golden Dawn, société d’initiation londonienne fondée dix ans plus tôt, où il est formé par Samuel Liddell MacGregor Mathers. La rupture avec Mathers, en 1900, laissera des traces durables, dont on retrouvera une en 1911.

En 1904, Crowley fait imprimer sous une adresse écossaise, Boleskine, Foyers, Inverness, et sous le nom de fantaisie de Society for the Propagation of Religious Truth, la traduction par Mathers d’un grimoire salomonien, la Goetia. Il la fait précéder d’un essai bref, « The Initiated Interpretation of Ceremonial Magic », où il soutient que les esprits du livre sont des portions du cerveau humain et que les sceaux servent à stimuler ces régions par l’œil. Marco Pasi a analysé ce geste dans la revue Magic, Ritual, and Witchcraft en 2011 et en a tiré le paradoxe qui organise toute la carrière. Crowley réduit l’opération magique à des termes psychologiques, puis continue de l’exécuter intégralement.

La même année, au Caire, il produit son texte de fondation. Sa femme Rose Edith Kelly, selon son récit, lui désigne au musée une stèle funéraire peinte qui portait alors le numéro d’inventaire 666, le nombre qu’il s’était attribué. Les 8, 9 et 10 avril 1904, à midi, il écrit sous la dictée d’une entité qu’il nomme Aiwass les trois chapitres du Liber AL vel Legis, le Livre de la Loi. Voilà pour l’attribution revendiquée. L’objet, lui, est une stèle thébaine d’offrande faite pour un prêtre de Montou nommé Ankh-ef-en-Khonsou, bois stuqué et peint, 51,5 centimètres de haut, sortie de Deir el-Bahari au XIXᵉ siècle et conservée au Musée égyptien du Caire sous la cote A 9422. Elle date de la fin de la XXVᵉ ou du début de la XXVIᵉ dynastie et n’a aucun rapport avec l’Apocalypse de Jean. Quant au texte de 1904, aucun témoin indépendant n’en atteste la production. Caroline Tully a soutenu en 2010, dans The Pomegranate, que le choix de l’Égypte n’a rien de fortuit et que Crowley a bâti sa scène inaugurale à l’intérieur d’un cadre reçu de la Golden Dawn, où l’Égypte tient lieu d’autorité par ancienneté. Le décor était fourni avec l’ordre d’initiation.

Les rites d’Éleusis à Caxton Hall et un procès refusé

La réputation commence par la montagne. Il avait tenté le K2 en 1902 avec Oscar Eckenstein, sans succès et sans drame. En 1905, il conduit vers le Kangchenjunga, par le glacier du Yalung, une expédition financée par le médecin suisse Jules Jacot-Guillarmod. Le 1ᵉʳ septembre, après une dispute sur le commandement, une partie de l’équipe redescend en fin d’après-midi et déclenche une avalanche. Le lieutenant Alexis Pache et trois porteurs meurent. Les hommes restés au camp entendent les cris, Charles Reymond descend, Crowley demeure sous sa tente. Le soir même, il écrit à un journal de Darjeeling qu’il avait déconseillé la descente et qu’un accident de ce genre ne lui inspire aucune sympathie. Son récit de l’expédition, adressé au Daily Mail, est repris par la presse britannique le 11 septembre. En dix jours, il a fourni lui-même le premier élément du réquisitoire.

En octobre et novembre 1910, il donne à Caxton Hall, à Westminster, sept cérémonies publiques appelées les rites d’Éleusis, une par planète de l’astrologie ancienne, avec violon, danse et récitation de ses poèmes, à cinq guinées la place. L’hebdomadaire The Looking Glass passe de la moquerie à l’accusation et met en cause son entourage. Crowley refuse d’engager une action. Une lettre de novembre 1910 conservée dans les papiers du général John Frederick Charles Fuller, à King’s College London, montre que Fuller, lui, voulait attaquer. C’est finalement George Cecil Jones, chimiste et cofondateur avec Crowley, en 1907, de l’ordre A∴A∴, qui poursuit seul le journal. Il perd le 27 avril 1911, et Mathers vient témoigner pour la défense contre son ancien élève. Je daterais volontiers de ces semaines-là, plutôt que de 1923, le moment où le personnage public prend sa forme définitive, pour une raison simple : c’est la première fois qu’un tribunal anglais laisse imprimer sur lui à peu près n’importe quoi sans qu’il conteste.

À Cefalù, la mort de Raoul Loveday change l’échelle

Pendant la Grande Guerre, installé à New York, il donne au périodique germanophile The Fatherland des articles violemment antibritanniques, où George V est traité de nain obscène et la guerre sous-marine à outrance défendue. Il expliquera plus tard avoir infiltré la propagande allemande pour le compte de son pays. Le 31 mars 1920, il arrive à Cefalù, sur la côte nord de la Sicile, et loue une petite maison du XVIIIᵉ siècle, la villa Santa Barbara, qu’il baptise abbaye de Thélème, d’après Rabelais, et aussi Collegium ad Spiritum Sanctum. On y vient de Grande-Bretagne et des États-Unis pour vivre selon Thelema.

Le 16 février 1923, un jeune diplômé d’Oxford, Raoul Loveday, y meurt à vingt-trois ans d’une infection contractée sur place, l’eau du lieu étant mauvaise. Sa veuve, Betty May, rentre à Londres et parle aux journaux. La suite est une campagne d’hebdomadaire, méthodique, à raison d’une livraison par quinzaine. John Bull publie « The King of Depravity » le 10 mars 1923, « The Wickedest Man in the World » le 24 mars, « A Man We’d Like to Hang » le 19 mai. On y lit que des enfants de cinq à sept ans vivent dans un cloaque de vice, on y annonce des révélations sur des cérémonies bestiales, on y parle ailleurs de cannibalisme. Rien de tout cela n’a jamais été établi devant une juridiction, et aucune poursuite pénale connue n’a suivi. En avril 1923, le gouvernement de Mussolini prend contre lui un arrêté d’expulsion, et l’abbaye ferme. Crowley, faute d’argent, ne poursuit pas. Onze ans plus tard, ruiné, il attaque Nina Hamnett pour une phrase bien plus modeste, et c’est ce procès-là qui l’achève, en versant au débat public son propre contre-interrogatoire.

Trente ans de travaux sur un objet longtemps évité

Ce personnage a été tenu à l’écart de l’université pendant un demi-siècle, et cette absence fait elle-même partie de l’histoire. Le tournant vient de l’histoire des courants ésotériques constituée en discipline. En France, le colloque annuel de Politica Hermetica travaille depuis 1985 sur les rapports entre ésotérisme et politique, et sa revue est longtemps restée la seule publication universitaire francophone du domaine. Une seule thèse française a été consacrée à Crowley, soutenue à Paris VII en 1994. La thèse décisive est écrite en français elle aussi, par un Italien. Marco Pasi la soutient en 2004 à l’École pratique des hautes études, sous la direction d’Antoine Faivre, sur la notion de magie dans l’occultisme anglais entre 1875 et 1947.

Pasi avait publié dès 1999, à Milan, un livre sur Crowley et la politique, traduit en allemand en 2006 et en anglais en 2014, dont l’argument tient en deux temps. Un premier moment romantique, où l’intérêt politique demeure littéraire. Un second moment pragmatique, où il se montre prêt à sympathiser avec à peu près n’importe quel mouvement susceptible de propager Thelema. C’est une clé de lecture pour l’épisode new-yorkais comme pour ses approches ultérieures.

Le camp adverse mérite ici sa meilleure version.

L’historien du renseignement Richard B. Spence a soutenu en 2000, dans l'International Journal of Intelligence and CounterIntelligence, puis en 2008 dans un livre, que la trahison apparente de 1915 couvrait un travail pour les services britanniques, et il a produit pour cela des documents britanniques, américains, français et italiens. L’objection porte sur ce que ces documents montrent. Une surveillance, des contacts, un homme utile à l’occasion, cela ne fait pas encore un mandat. La discussion demeure ouverte parce que les documents manquent, non parce que les historiens hésitent.

Un volume collectif dirigé par Henrik Bogdan et Martin P. Starr chez Oxford University Press en 2012 a fait le point sur l’œuvre, et un livre paru chez le même éditeur en 2025 examine sa collaboration avec la peintre Frieda Harris. La question de l’agent, elle, se tranchera sur une pièce interne d’un service nommant Crowley et fixant sa mission. Une lecture supplémentaire des Confessions n’y suffira pas. Les papiers susceptibles de la contenir sont à Londres, dans la collection Yorke du Warburg Institute, où l’accès aux manuscrits se demande à l’avance et où chaque lecteur signe, avant d’ouvrir un carton, l’engagement de ne rien publier de ce qu’il y trouvera.

Pour aller plus loin

Ce sujet croise l’histoire de l’Ordre hermétique de la Golden Dawn, dont les rituels et les querelles internes expliquent une bonne part de ce que Crowley fera ensuite, et celle de l’Ordo Templi Orientis, ordre initiatique d’origine germanique auquel il s’agrège dans les années 1910. Il touche aussi à l’égyptomanie de l’occultisme européen, qui donne à la stèle du Caire sa fonction d’autorité, et à l’histoire du mot ésotérisme, néologisme du XIXᵉ siècle appliqué après coup à des siècles qui l’ignoraient.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Aleister Crowley (éd.), *The Book of the Goetia of Solomon the King*, traduction de S. L. MacGregor Mathers, précédée de l’essai « The Initiated Interpretation of Ceremonial Magic » Boleskine, Foyers, Inverness, Society for the Propagation of Religious Truth, 1904
  2. Aleister Crowley, *The Spirit of Solitude. An Autohagiography, subsequently re-Antichristened The Confessions of Aleister Crowley* Londres, The Mandrake Press, 41 Museum Street, 1929, 2 volumes in-quarto sur les 6 prévus, tirage de 800 exemplaires sur vélin japonais
  3. *The Confessions of Aleister Crowley. An Autohagiography*, édition d’ensemble procurée par John Symonds et Kenneth Grant, Londres, 1969
Voir les 28 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Stèle funéraire d’offrande d’Ankh-ef-en-Khonsou, prêtre de Montou, bois stuqué et peint, h. 51,5 cm, l. 31 cm, provenant de Deir el-Bahari Musée égyptien du Caire, A 9422, portant au musée de Boulaq le numéro d’inventaire 666
  2. « The King of Depravity », *John Bull*, Londres, 10 mars 1923, p. 19 hebdomadaire alors dirigé par Charles Pilley
  3. « The Wickedest Man in the World », *John Bull*, Londres, 24 mars 1923, p. 10
  4. « A Man We’d Like to Hang », *John Bull*, Londres, 19 mai 1923
  5. « Jones v. « The Looking Glass ». Verdict for « The Looking Glass » », compte rendu d’audience *The Times*, Londres, 27 avril 1911
  6. Comptes rendus du procès Crowley contre Nina Hamnett, Constable and Co. et Charles Whittingham and Briggs, King’s Bench Division, devant le juge Swift *The Manchester Guardian*, 13 avril 1934 ; *Liverpool Echo*, 13 avril 1934 ; *Yorkshire Evening Post*, 12 avril 1934
  7. Récit de l’expédition au Kangchenjunga adressé par Crowley au *Daily Mail* après l’avalanche du 1ᵉʳ septembre 1905, repris par *The Lancashire Daily Post*, 11 septembre 1905
  8. Lettre d’Aleister Crowley à J. F. C. Fuller, novembre 1910, relative à l’action de George Cecil Jones contre *The Looking Glass*, 2 p. manuscrites King’s College London, Liddell Hart Centre for Military Archives, papiers Fuller, FULLER 4/12/59
  9. Papiers et livres d’Aleister Crowley donnés par Gerald Yorke (1903-1981), séries OS et NS Warburg Institute Archive, Yorke Collection, Londres

Bibliographie

  1. Marco Pasi, *Aleister Crowley and the Temptation of Politics*, Durham, 2014, 238 p., première édition italienne *Aleister Crowley e la tentazione della politica*, Milan, 1999 Acumen Publishing
  2. Marco Pasi, *La notion de magie dans le courant occultiste en Angleterre (1875-1947)*, thèse de doctorat sous la direction d’Antoine Faivre, École pratique des hautes études, 2004 ; résumé dans *Annuaire de l’École pratique des hautes études, section des sciences religieuses*, t. 112, 2003-2004, p. 439-441, DOI 10,3406/ephe.2003,12279 EPHEhttps://doi.org/10.3406/ephe.2003.12279
  3. Marco Pasi, « The Neverendingly Told Story. Recent Biographies of Aleister Crowley », *Aries* 3 (2), 2003, p. 224-245 Aries
  4. Marco Pasi, « Varieties of Magical Experience. Aleister Crowley’s Views on Occult Practice », *Magic, Ritual, and Witchcraft*, 2011, DOI 10,1353/mrw.2011,0018 Magic, Ritual, and Witchcrafthttps://doi.org/10.1353/mrw.2011.0018
  5. Alex Owen, « The Sorcerer and His Apprentice. Aleister Crowley and the Magical Exploration of Edwardian Subjectivity », *Journal of British Studies* 36 (1), 1997, p. 99-133 Journal of British Studies
  6. Caroline J. Tully, « Walk Like an Egyptian. Egypt as Authority in Aleister Crowley’s Reception of The Book of the Law », *The Pomegranate* 12 (1), 2010, p. 20-47, DOI 10,1558/pome.v12i1,20 Equinox Publishinghttps://doi.org/10.1558/pome.v12i1.20
  7. Henrik Bogdan et Martin P. Starr (dir.), *Aleister Crowley and Western Esotericism*, New York, 2012 Oxford University Press
  8. Richard B. Spence, « Secret Agent 666. Aleister Crowley and British Intelligence in America, 1914-1918 », *International Journal of Intelligence and CounterIntelligence* 13 (3), 2000 International Journal of Intelligence and CounterIntelligence
  9. Richard B. Spence, *Secret Agent 666. Aleister Crowley, British Intelligence and the Occult*, Port Townsend, 2008, 300 p. Feral House
  10. Christian Bouchet, *Aleister Crowley (1875-1947) et le mouvement thélémite*, thèse de doctorat, université Paris VII, 1994 Paris VII
  11. Deja Whitehouse, *The Lady and the Beast. The Extraordinary Partnership between Frieda Harris and Aleister Crowley*, New York, 2025 Oxford University Press

Sources en ligne

  1. « The Yorke Collection » The Warburg Institutehttps://warburg.sas.ac.uk/library-collections/warburg-institute-archive/archive-collections/yorke-collection
  2. « La notion de magie dans le courant occultiste en Angleterre (1875-1947) », *Annuaire de l’École pratique des hautes études* Perséehttps://www.persee.fr/doc/ephe_0000-0002_2003_num_116_112_12279
  3. « La notion de magie dans le courant occultiste en Angleterre (1875-1947) » Theses.frhttps://theses.fr/2004EPHE5026
  4. « Aleister Crowley (1875-1947) et le mouvement thélémite » Theses.frhttps://theses.fr/1994PA070136
  5. « Walk Like an Egyptian : Egypt as Authority in Aleister Crowley’s Reception of The Book of the Law » Pomegranate, Equinox Publishinghttps://journal.equinoxpub.com/POM/article/view/2845
  6. « Aleister Crowley and the Temptation of Politics » Taylor and Francishttps://www.taylorfrancis.com/books/mono/10.4324/9781315729565/aleister-crowley-temptation-politics-marco-pasi
  7. « Letter from Aleister Crowley to Fuller, Nov 1910, on George Jones' libel case against The Looking Glass newspaper » King’s Collections, Archive Catalogues, King’s College Londonhttps://archives.kingscollections.org/index.php/fuller-4-12-59
  8. « Politica hermetica » Ent’revues, le site des revues culturelleshttps://www.entrevues.org/revues/politica-hermetica/
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