Environ dix mille documents en élamite, sans doute davantage, et un seul en vieux-perse. En mars 1933, la mission de l’Oriental Institute de Chicago dégage d’un bastion du mur d’enceinte de Persépolis des dizaines de milliers de tablettes et de fragments d’argile. Ce sont les écritures d’une administration qui, entre 509 et 493 avant notre ère, nourrit ouvriers, voyageurs, chevaux et dieux sur un territoire qui s’étend des environs de Behbahan jusqu’à Neyriz. Sept documents sur dix sont en élamite, et quelque huit cent cinquante tablettes portent de l’araméen. La langue de Darius Iᵉʳ n’apparaît que sur une seule, cotée Fort. 1208-101, qui répartit une denrée sèche entre cinq villages sous l’empreinte d’un sceau absent du reste de l’archive.
Au cœur de la Perside, le pouvoir perse tient ses comptes en élamite. L’acculturation élamo-perse part de ce constat.
L’otage envoyé à Ninive
Après la prise de Suse, vers 646 avant notre ère, les troupes d’Assurbanipal poussent plus à l’est. Selon les inscriptions du roi d’Assyrie, un certain Kuraš, « roi du pays de Parsumaš », rallié aux Élamites révoltés, se soumet et livre en otage son fils Arukku, dont on n’entend plus jamais parler. Kuraš est la forme cunéiforme du nom que le français rend par Cyrus, et une partie des spécialistes y voit le grand-père de Cyrus le Grand, fondateur de l’empire perse vers 550. Encore faut-il que le Parsumaš des scribes assyriens soit le Fars. Pierre de Miroschedji le contestait en 1985 ; Robert Rollinger en 1999, puis Matt Waters, ont défendu cette localisation, sans clore la question.
Ce moment a longtemps servi de charnière à un récit simple. L’Élam, épuisé par les campagnes assyriennes, serait entré dans des « siècles obscurs » d’anarchie et de déclin, avant d’être absorbé par une puissance perse venue d’ailleurs avec sa langue et ses dieux. Pour le modèle politique, on regardait vers la Médie. Hérodote, au livre I des Histoires (I, 107), fait de Cyrus le fils de Mandane, fille du roi mède Astyage, et d’un Perse de bonne famille nommé Cambyse, que ce roi tenait pour inférieur à un Mède de condition moyenne. Cette tradition d’un héritage mède reste difficile à vérifier dans les sources proche-orientales.
L’article publié par Miroschedji en 1985 dans la Zeitschrift für Assyriologie, prolongé en 1990, a déplacé la question. Il y décrit la naissance des Perses comme une ethnogenèse, la formation d’un peuple nouveau par la fusion de groupes iraniens installés dans le Fars et d’Élamites présents dans la région depuis des millénaires. Pierre Briant avait insisté l’année précédente sur la survie des traditions élamites. Rollinger a récusé en 1999 l’image d’un peuple homogène en migration, et Wouter Henkelman a repris le problème en 2003 sous le nom d’acculturation. La même année, Mario Liverani le résumait d’une formule que l’Encyclopaedia Iranica cite comme la devise de ce courant, selon laquelle la Perse est l’héritière de l’Élam et non de la Médie.
Tal-e Malyan reste muet sur les rois d’Anšan
Le Cylindre de Cyrus, rédigé en akkadien après la prise de Babylone en 539 et conservé au British Museum sous le numéro BM 90920, présente son auteur aux lignes 12 et 21 comme fils de Cambyse, petit-fils de Cyrus et descendant de Teispès, tous rois de la ville d’Anšan. Le déterminatif URU, placé devant le nom, désigne expressément une ville. Anšan, vieille capitale des hautes terres élamites, a été reconnue au début des années 1970 à Tal-e Malyan, à quarante-six kilomètres au nord de Chiraz, où un rempart enclôt plus de deux cents hectares. On garde ici la graphie Anšan, avec son š, là où les publications anglaises écrivent Anshan, parce qu’elle est celle des travaux français depuis Miroschedji et qu’elle suit au plus près la transcription du cunéiforme.
Le terrain répond mal au titre. La dernière grande phase de la ville, médio-élamite, s’achève vers 1000. Pour les VIIᵉ et VIᵉ siècles, quand les ancêtres de Cyrus sont censés y régner, les fouilles de l’université de Pennsylvanie, conduites de 1971 à 1978, n’ont livré aucun vestige, et les prospections décrivent un Fars passé à un mode de vie nomade ou semi-sédentaire jusqu’à la construction de Pasargades. William Sumner, qui dirigeait ces fouilles, notait en 1986 que la moitié ouest du tell, sous des dépôts sassanides et islamiques, pourrait cacher une occupation achéménide, même si aucun tesson de cette époque n’avait été ramassé en surface. Une partie du silence de Tal-e Malyan tient aux secteurs restés sous ces couches plus récentes.
Daniel Potts a tiré des textes une conclusion forte. Depuis 1999, il soutient que la famille de Cyrus a pu régner sur un royaume d’Anšan à dominante élamite, distinct du Parsa de la famille de Darius, au point que l’empire dit perse aurait d’abord été un empire anšanite. Matt Waters voyait plutôt dans ce titre, en 2004, la légitimité d’une dynastie perse victorieuse des Élamites indigènes, ce à quoi Henkelman répond en 2008 qu’aucune source ne documente le moindre affrontement militaire ou politique entre Perses et Élamites avant les Achéménides.
L’objection la plus solide vient d’Antigoni Zournatzi, en 2011 puis dans un compte rendu de 2013. Pour Cyrus et ses ancêtres, le titre de roi d’Anšan n’apparaît que dans des documents babyloniens, tous datés de son règne ou postérieurs, du Cylindre à une brique d’Ur et à un cylindre de Nabonide trouvé à Sippar. Aucune source ne montre un aïeul de Cyrus se disant lui-même roi d’Anšan. Or la tradition mésopotamienne attachait la royauté légitime aux villes, et une chancellerie babylonienne avait intérêt à doter le conquérant d’une cité ancienne. Darius agit de même avec l’Égypte. Sa statue sculptée là-bas et retrouvée à Suse en 1972 adapte ses textes hiéroglyphiques aux formules pharaoniques, sans un mot de son identité perse. « Officiel ne signifie pas toujours historiquement exact », résume Zournatzi. L’objection laisse intacte l’acculturation, qui repose sur d’autres sources. Elle retire en revanche au titre royal de Cyrus la valeur de preuve qu’on lui prêtait.
« Kuraš l’Anzanite, fils de Šešpeš »
Sur cinq tablettes de l’archive, PF 692 à 695 et PF 2033, datées des années 19 à 22 de Darius, soit à partir de 503, un administrateur a roulé un sceau-cylindre que la plupart des spécialistes tiennent pour un objet de famille ancien, désigné PFS 93*. Sa légende élamite nomme « Kuraš l’Anzanite, fils de Šešpeš », Šešpeš étant la forme élamite de Teispès ; l’image montre un cavalier qui tue un ennemi au-dessus de deux corps nus étendus au sol. Aucun des deux hommes n’y porte le titre de roi. Pour la date de la gravure, les propositions s’étalent sur plus d’un siècle. Pierre Amiet le rangeait en 1973 dans une glyptique néo-élamite tardive, de la fin du VIIᵉ au milieu du VIᵉ siècle, marquée par les tendances de Suse ; Miroschedji le plaçait à la fin du VIIᵉ siècle ou après 600 ; Enrique Quintana, en 2011, le fait descendre jusqu’au règne de Darius, tandis que Mark Garrison, la même année, rapproche sa composition des reliefs d’Assurbanipal sur la bataille de Til-Tuba et le rattache à un style de cour naissant dans l’Anšan des Teispides, dans la seconde moitié du VIIᵉ siècle, ce qui ferait de lui, si l’on suit cette lecture jusqu’au bout et si l’on admet que ce Kuraš est bien l’aïeul de Cyrus, ce que rien n’assure puisque rien n’indique que le nom fût rare, l’objet personnel du grand-père du fondateur de l’empire, réemployé par l’administration d’un autre lignage. Même la troisième ligne de la légende, celle qui porte Anšan, a connu des lectures divergentes. Le nom de Kuraš est probablement d’origine élamite, hypothèse avancée dès 1902 et aujourd’hui largement reçue, que Jan Tavernier examine en 2011 dans son étude des Iraniens présents dans les textes néo-élamites.
Quelle que soit la date retenue, le sceau circule en élamite dans les bureaux de Persépolis. Henkelman situe son usage dans un milieu explicitement élitaire, et Miroschedji relevait déjà que certaines des transactions qu’il scelle se font au nom du roi. Si Garrison a raison, une famille perse se faisait graver au VIIᵉ siècle une légende élamite sous une image nourrie d’art assyrien ; si Quintana a raison, la légende élamite a été gravée sous Darius. Dans les deux cas, l’élamite semble tenir lieu de langue de prestige dans l’entourage royal.
Des offrandes à Humban sur les comptes de Darius
Les mêmes tablettes enregistrent le soutien de la couronne au personnel religieux, prêtres que l’élamite appelle šatin et mages nommés makuš, ainsi que les rations destinées aux offrandes. Les destinataires portent des noms iraniens, à commencer par Auramazdā, ou des noms élamites, Humban, Šimut, Napiriša ; des montagnes et des rivières reçoivent aussi leur part. Dans le Fars, le dieu le plus souvent honoré et le plus largement approvisionné est le vieux dieu élamite Humban, davantage qu’Auramazdā, que les inscriptions de Darius placent pourtant au premier rang. Henkelman l’a montré en 2008 dans une monographie dont le titre reprend la formule par laquelle Darius et Xerxès demandent la protection d’Auramazdā « avec les dieux qui existent ».
Pour Henkelman, ces comptes ne dessinent aucune religion officielle, monothéiste ou mazdéenne, puisque les mêmes services approvisionnent dieux élamites et dieux iraniens. Il a aussi reconnu dans l’archive une fête sacrificielle royale, le šip, à forte charge idéologique, destinée à manifester la piété du roi et à récompenser des services rendus. Ses antécédents sont élamites. Sa postérité est longue, puisque Appien, dans la Guerre de Mithridate (66), présente un sacrifice de Mithridate VI comme la continuation d’une tradition remontant aux rois perses, au Iᵉʳ siècle avant notre ère.
L’élamite de Persépolis prolonge une tradition de scribes plus ancienne. À Suse, quelque trois cents tablettes administratives de l’Acropole précèdent l’archive des Fortifications de cinquante à quatre-vingts ans seulement, selon Henkelman. Jan Tavernier a recensé les noms propres et les mots d’emprunt iraniens présents dans cinq groupes de textes néo-élamites, la plupart datables de la première moitié du VIᵉ siècle, si bien que des Iraniens figurent dans des écrits élamites avant l’empire. À Persépolis, le mélange se lit jusque dans les titres. Le chef de l’administration s’appelle Parnakka, un nom vieil-iranien, et le « chef des ouvriers » porte en élamite le titre de kurdabattiš, qui transcrit un mot vieil-iranien.
Behbahan, 1982
En 1982, près de Behbahan, à la limite orientale du Khuzistan, un bulldozer qui nivelle le tracé d’une route menant à un barrage sur la Mārun éventre une chambre funéraire aux murs de pierre. Le lieu appartient à la zone que les tablettes de Persépolis administrent sous Darius. Dans un cercueil de bronze en forme de baignoire, long de 1,32 mètre, repose un seul défunt. Quatre objets portent la même inscription néo-élamite, « Kidin-Hutran fils de Kurluš », que François Vallat date de 650 à 525 environ et Marie-Joseph Stève de 605 à 539 environ ; Javier Álvarez-Mon place l’inhumation entre 630 et 550. Le mobilier, hors ossements, a rejoint le Musée national d’Iran, à Téhéran.
La coupe de bronze, de 43,5 centimètres de diamètre, déroule autour d’une rosette centrale quatre registres gravés où l’on compte 112 figures humaines et 66 animaux de 33 espèces. Un « anneau » d’or de 237 grammes porte deux griffons à tête de lion affrontés de part et d’autre d’un petit arbre à palmette. L’ensemble sort, selon Álvarez-Mon, d’un atelier de cour formé aux traditions assyriennes et nourri de traditions élamites, peut-être d’une seule main. Les tissus du cercueil sont en coton, la plus ancienne attestation matérielle de cette fibre au Proche-Orient ancien, avec des franges brodées de rosettes. Álvarez-Mon lit dans ce mobilier la revitalisation d’une culture que l’on disait finissante.
Le vêtement de cour perse conduit au même endroit. Sur les reliefs de l’Apadana de Persépolis, David Stronach reconnaît dans la longue robe plissée à larges manches un costume de cour élamite, que l’art achéménide réserve aux Perses et aux Élamites, et dans la tunique ajustée à pantalon la tenue de cavalier des Mèdes et des Iraniens. L’alternance des deux costumes afficherait la double ascendance revendiquée par la lignée de Darius, élamite au sud, iranienne au nord. Les partisans de l’acculturation l’admettent volontiers. Henkelman tient pour évident, en 2011, l’héritage indo-iranien des Perses, et ajoute que les sources montrent une culture perse façonnée sur le sol iranien. La langue du roi est iranienne, son grand dieu aussi.
Álvarez-Mon lui-même en convient. Faute de fouilles d’envergure en Iran pendant un quart de siècle, la plupart des arguments sur le rôle de l’Élam dans la naissance de la Perse restent des hypothèses de travail. Le cas de Kalmakarra, dans le Lorestan, montre le prix de l’absence de contexte. Entre 1989 et 1992, une grotte y est pillée avant tout inventaire, et plus de trois cent cinquante objets d’argent se dispersent jusqu’au Japon et aux États-Unis. Plusieurs portent des inscriptions élamites au nom d’Ampiriš, roi de Samati, dont un gobelet et une coupe du Louvre ; Rémy Boucharlat relevait, parmi une majorité de noms élamites, quelques noms iraniens. Un gobelet présenté à Vienne en 1999 a fait naître des soupçons de faux, et le doute pèse désormais sur toute pièce sans provenance.
Le Musée national d’Iran, à Téhéran, conserve la coupe d’Arjan et son inscription au nom de Kidin-Hutran, fils de Kurluš, un bronze gravé par un atelier nourri de modèles assyriens pour un dignitaire élamite enterré à la lisière du pays que les scribes de Darius compteront bientôt en élamite.
Pour aller plus loin
Le Cylindre de Cyrus, dont le titre de roi d’Anšan occupe une partie de ce débat, a sa propre notice, tout comme l’inscription de Behistun, dont Darius fit graver une version élamite. Les tablettes élamites de Persépolis et les offrandes aux autres dieux prolongent le dossier des comptes. Anshan et Tal-e Malyan, la capitale haute du royaume d’Élam, restent le site muet du titre royal. Persépolis, capitale rituelle, et le Sit Shamshi de Suse, un bronze élamite figurant un rite à l’aube, ancrent l’héritage sur le terrain. Les mages de la Perse et Ahura Mazda complètent le volet iranien du mélange ; Shutur-Nahhunte fils d’Indada rappelle les derniers rois néo-élamites.
On imagine souvent les Perses comme un peuple arrivé d’ailleurs, qui aurait imposé sa langue et ses dieux en bâtissant son empire vers 550 avant notre ère. Leur pays d’origine, le Fars, dans le sud-ouest de l’Iran, appartenait pourtant depuis très longtemps au monde d’un autre peuple, les Élamites. Depuis le milieu des années 1980, les historiens cherchent à savoir ce que les Perses ont reçu de ces voisins.
Des scribes au service du roi perse
Les Élamites avaient leur propre langue, différente de celle des Perses. On l’appelle l’élamite. Leur royaume avait deux grands centres. Le premier, Suse, se trouvait dans la plaine. Le second, Anšan, commandait les montagnes.
Au VIIᵉ siècle, l’armée assyrienne prend Suse. On a longtemps cru que l’Élam ne s’était jamais relevé de ce coup. Cette défaite ne l’a pourtant pas effacé.
Les Perses bâtissent ensuite un immense empire. L’un de leurs rois, Darius, le gouverne depuis le Fars. Son administration siège à Persépolis. Ses employés y notent chaque ration donnée aux ouvriers, aux voyageurs, aux chevaux et même aux dieux, sur de petites tablettes d’argile que des archéologues américains ont retrouvées par milliers.
Ces tablettes réservent une surprise. Environ dix mille documents sont écrits en élamite. Un seul emploie la langue du roi.
Les scribes écrivent donc en élamite, alors que leur chef porte un nom iranien. Bien avant l’empire, des noms iraniens apparaissaient déjà dans les archives élamites de Suse. Les Perses ont repris un savoir-faire de bureau que l’Élam pratiquait avant eux.
Un vieux dieu nourri avant les autres
Les tablettes notent aussi les offrandes faites aux dieux aux frais du roi. Dans ses grandes inscriptions, Darius met en avant un dieu iranien, Auramazdā. Sur les comptes, le dieu le plus souvent servi dans la région est pourtant Humban, un vieux dieu de l’Élam. Des prêtres aux titres élamites y côtoient les mages.
Ce mélange touche aussi le vêtement. Sur les sculptures de Persépolis, les dignitaires portent une longue robe plissée aux manches larges. Un spécialiste y reconnaît un habit de cour venu de l’Élam. D’autres personnages portent une tunique ajustée et un pantalon, la tenue des cavaliers iraniens. Les deux costumes se montrent côte à côte sur les mêmes murs.
Quand deux cultures vivent longtemps ensemble, chacune transforme l’autre. Les historiens appellent ce phénomène une acculturation. Personne ne nie pour autant la part iranienne des Perses. La langue du roi et son grand dieu restent iraniens.
Une capitale sans traces de ses rois
Après avoir pris Babylone, Cyrus fait écrire un texte sur un cylindre d’argile. Il s’y présente comme roi de la ville d’Anšan, comme son père et ses aïeux avant lui. Anšan était justement la vieille capitale élamite des montagnes. Ce titre semble rattacher la famille de Cyrus à un trône élamite.
Les ruines d’Anšan ont été identifiées au début des années 1970, au nord de Chiraz. Les archéologues y ont creusé pendant plusieurs saisons. Ils n’ont trouvé aucune trace d’une ville habitée à l’époque des ancêtres de Cyrus. Une partie du site, recouverte par des couches plus récentes, pourrait encore cacher des vestiges de ce temps.
Deux spécialistes s’opposent sur ce point. Daniel Potts pense que la famille de Cyrus régnait sur un royaume de culture largement élamite. Antigoni Zournatzi répond que ce titre n’apparaît que dans des textes babyloniens, écrits pour les Babyloniens. Selon elle, on a donné à Cyrus une ville ancienne pour faire de lui un roi légitime à leurs yeux. Son objection ne touche pas les autres signes de l’héritage élamite.
Un petit sceau complique encore l’affaire. Ses empreintes figurent sur les tablettes de Darius. Il porte en élamite le nom d’un certain Kuraš, la forme ancienne du nom de Cyrus. Cet homme pourrait être le grand-père du fondateur de l’empire.
Les uns datent ce sceau du VIIᵉ siècle, les autres du règne de Darius lui-même. Personne ne sait trancher. Faute de fouilles récentes en Iran, beaucoup de ces idées restent des hypothèses.
Le cylindre où Cyrus se dit roi d’Anšan existe toujours. Il est conservé au British Museum, à Londres.
La version complète suit les datations rivales du sceau de Kuraš et ouvre la tombe d’Arjan, découverte par un bulldozer près de Behbahan.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Archive des Fortifications de Persépolis, tablettes élamites datées de 509 à 493 avant notre ère, découvertes en mars 1933 dans un bastion du mur d’enceinte ; éd. partielle R. T. Hallock, *Persepolis Fortification Tablets*, Chicago, 1969 Institute for the Study of Ancient Cultures (ancien Oriental Institute), université de Chicago, prêt de l’Iran depuis 1935 ; environ 450 tablettes rendues à Téhéran
- Tablette administrative en vieux-perse, Fort. 1208-101, répartition d’une denrée sèche entre cinq villages, document unique dans l’archive Archive des Fortifications de Persépolis, Chicago
- Sceau-cylindre PFS 93\*, légende élamite « Kuraš l’Anzanite, fils de Šešpeš », connu par ses empreintes sur PF 692, 693, 694, 695 et 2033 Archive des Fortifications de Persépolis
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Sources primaires (suite)
- Cylindre de Cyrus, argile, lignes 12 et 21 (titre de « roi de la ville d’Anšan ») British Museum, BM 90920
- Assurbanipal, inscription relatant la soumission de Kuraš, « roi du pays de Parsumaš », et la remise de son fils Arukku en otage éd. R. Borger, *Beiträge zum Inschriftenwerk Assurbanipals*, Wiesbaden, 1996, p. 191-192
- Hérodote, *Histoires*, I, 107 (ascendance mède prêtée à Cyrus) édition de référence
- Appien, *Guerre de Mithridate*, 66 (sacrifice de Mithridate VI selon une tradition des rois perses) édition de référence
- Statue de Darius Iᵉʳ sculptée en Égypte, découverte à Suse en 1972, inscriptions trilingues et hiéroglyphiques Musée national d’Iran, Téhéran
- Mobilier de la tombe d’Arjan (Behbahan), dont la coupe de bronze inscrite au nom de Kidin-Hutran fils de Kurluš, diam. 43,5 cm, et l’« anneau » d’or de 237 g ; tombe inscrite au registre national du patrimoine iranien sous le n° 19288 Musée national d’Iran, Téhéran
- Gobelet et coupe d’argent inscrits en élamite au nom d’Ampiriš, roi de Samati, attribués à la grotte de Kalmakarra (Lorestan), provenance issue de pillages Musée du Louvre, Paris
Bibliographie
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Sources en ligne
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