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Biographie
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Cyrus le Grand, fondateur de l’empire achéménide

Antiquité3 octobre 202615 min de lecture
Mike Peel / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Kuraš, roi d’[Anšan](/article/anshan-tal-e-malyan-capitale-haute-royaume-elam)

Sous le règne de Nabonide, dernier roi de Babylone, un cylindre retrouvé à Sippar rattache à la troisième année du règne, 553 av. J.-C., une guerre lointaine. Le dieu Marduk y fait se lever contre les Mèdes un certain Kuraš, « roi du pays d’Anšan », qui défait avec une petite armée les troupes nombreuses d’Ištumegu, le roi que les Grecs appellent Astyage, et l’emmène captif dans son pays (cylindre de Sippar, col. i 26-32). C’est, selon la datation interne du texte, la plus ancienne mention sûre de l’homme que l’usage moderne numérote Cyrus II, et elle vient d’une chancellerie étrangère qui voyait alors en lui un instrument contre les Mèdes.

Le nom se lit Kuruš en vieux-perse, Kuraš en akkadien et en élamite, Kyros chez les Grecs, Kōreš dans la Bible hébraïque. Sur le cylindre qu’il fait déposer à Babylone après 539, il se dit fils de Cambyse, petit-fils de Cyrus et descendant de Teispès, tous rois d’Anšan, l’ancienne capitale élamite du Fars (cylindre de Cyrus, l. 20-22, British Museum, BM 90920). Aucun de ces textes ne le rattache à Achéménès. Le même cylindre lui donne le titre de « roi du monde », dont Matt Waters a fait en 2022 le titre de la biographie qu’il lui consacre. On préfère ici la graphie Anšan à Anzan ou Anshan, parce qu’elle suit les textes akkadiens rédigés de son vivant.

Les dates de sa vie sont des calculs. Seule la mort, en 530, fournit une donnée ferme, parce que les tablettes babyloniennes datées par années de règne passent alors de Cyrus à son fils Cambyse. La naissance vers 600 se déduit d’un chiffre transmis par Cicéron d’après l’historien grec Dinon, quarante ans à l’avènement et trente ans de règne (De la divination, I, 46), qu’Hérodote ramène à vingt-neuf ans de règne (I, 214). D’après ces mêmes chiffres, l’avènement se place vers 559, et un roi qui vit soixante-dix ans après en avoir régné trente porte des chiffres trop ronds pour qu’on les prenne au pied de la lettre.

Sa famille est une dynastie régionale du sud-ouest de l’Iran, dont un sceau utilisé par l’administration de Persépolis, PFS 93*, porte encore sous Darius Ier l’inscription élamite « Kuraš l’Anzanite, fils de Šešpeš », attribuée d’ordinaire au grand-père. Hérodote (I, 107-130) donne pour mère à Cyrus Mandane, fille d’Astyage, et fait du Mède Harpage l’organisateur d’une défection. La Chronique de Nabonide confirme la trahison, sans le nom d’Harpage. Astyage marche contre « Cyrus, roi d’Anšan », son armée se révolte et le livre, et Cyrus emporte d’Ecbatane à Anšan l’argent, l’or et les biens pris dans la capitale mède (British Museum, BM 35382, col. ii 1-4). L’entrée est rangée sous la sixième année de Nabonide, 550, mais le chiffre de l’année est cassé sur la tablette.

Deux conquêtes suivent, inégalement documentées. En 547, la Chronique fait franchir le Tigre à Cyrus en aval d’Arbèles et marcher contre un pays dont le nom est mutilé, tandis que la tradition grecque place vers ces années la prise de Sardes et la chute de Crésus. Pour Babylone, la tablette devient précise et date du 29 octobre 539 l’entrée de Cyrus dans la ville, après une bataille à Opis et la reddition de Sippar (col. iii 12-19). Le cylindre qu’il fait ensuite enfouir dans les fondations de l’Esagil, le temple de Marduk, le montre élu du dieu, entré sans combat, rendant aux sanctuaires les statues rassemblées par Nabonide et renvoyant chez eux des peuples déplacés (l. 30-34).

Entre 539 et 530, les sources s’amenuisent. L’avancée vers l’Asie centrale se déduit surtout de la liste de pays que Darius fait graver à Behistun et d’une ville de Sogdiane que les auteurs grecs appellent Cyropolis. La mort survient au cours d’une campagne contre des peuples de ces confins, les Massagètes chez Hérodote (I, 201-214), les Derbices chez Ctésias et les Dahes chez Bérose, alors que Xénophon le fait mourir paisiblement dans sa capitale (Cyropédie, VIII, 7). Son corps repose à Pasargades, dans une chambre funéraire à toit à double pente posée sur six assises de pierre, que les compagnons d’Alexandre ont décrite.

Tout ce qui touche à la personne échappe aux documents contemporains, écrits par des scribes babyloniens pour un public babylonien, et qui ne disent rien de sa religion ni de ce qu’il pensait accomplir. Aucune inscription en perse ne peut lui être attribuée avec certitude.

Il faut donc reprendre ces textes un à un, en datant chacun par rapport à la vie et en nommant ceux qui les ont écrits, puis examiner trois épisodes que la recherche lit encore différemment, la campagne de 547, l’entrée à Babylone et la mort de 530, avant de suivre la manière dont un cylindre de fondation babylonien est devenu, entre 1971 et 2025, une charte des droits humains.

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