Selon la Pythie, Apollon a plaidé la cause de Crésus auprès des Moires, et il a perdu. Hérodote rapporte au livre I des Histoires (I, 91) la réponse que la prêtresse de Delphes fit porter aux Lydiens après la prise de Sardes par Cyrus. Elle commence par une règle générale, selon laquelle même un dieu ne peut échapper au lot qui lui est fixé. Loxias, c’est-à-dire Apollon, aurait voulu reporter le malheur de Sardes sur la génération des fils de Crésus, et il n’a pas réussi à détourner les Moires de leur cours. Dans la mesure où elles ont cédé, il a obtenu trois années de sursis, puis il a tiré le roi du bûcher où Cyrus voulait le brûler.
Le texte ne dit pas combien elles étaient, ni laquelle a fixé le délai.
Moira, la part qui revient à chacun
Le grec moira désigne d’abord une part, la portion qui échoit à quelqu’un, et se rattache au verbe meiromai, « recevoir sa part ». Dans l’Iliade, cette part devient une puissance, presque toujours au singulier. Une seule fois le poème parle des Moires au pluriel, au chant XXIV (v. 49), quand Apollon rappelle qu’elles ont mis dans le cœur des hommes la force d’endurer le deuil.
Le geste de filer, lui, est déjà là. Au même chant (v. 209-210), Hécube dit que la Moire puissante a filé pour Hector, le jour où elle l’a mis au monde, le sort de rassasier les chiens loin de ses parents. Au chant XX (v. 127-128), c’est Aisa, autre nom de la part, qui a filé pour Achille ce qu’il devra subir. Dans l’Odyssée (VII, 196-198), Alkinoos annonce qu’Ulysse endurera ce qu’Aisa et « les lourdes Fileuses », les Klôthes, ont filé pour lui à sa naissance. Encore faut-il lire le vers ainsi. Les éditions modernes impriment kata Klôthes te bareiai, en séparant la préposition de son verbe ; Héraclide et Eustathe discutaient déjà une autre leçon, où le mot devient un verbe au passif accordé à Aisa seule, et les Fileuses disparaissent. Ces Fileuses tiennent donc à une coupe de mots.
Mesurer, chez Homère, revient à Zeus. Au chant XXII de l’Iliade (v. 209-213), il déploie une balance d’or, place dans chaque plateau un sort de mort, celui d’Achille et celui d’Hector, et c’est le plateau d’Hector qui descend. Pour la fin du fil, le poème ne propose aucune image, et la Moira devient seulement, à l’heure de mourir, la « Moire de la mort », formule qui revient à plusieurs reprises dans l’Odyssée.
Hésiode leur donne trois noms et deux mères
Avec la Théogonie, les Moires reçoivent des noms. Aux vers 217-222, la Nuit les enfante seule, en même temps que les Kères, et le poème énumère Clotho, Lachésis et Atropos, qui donnent aux mortels, dès leur naissance, le bien et le mal. Aux vers 901-906, les trois mêmes noms reviennent, mais les Moires sont cette fois filles de Zeus et de Thémis, sœurs des Heures, et Zeus leur accorde le plus grand honneur. Deux mères pour les mêmes déesses, dans le même poème. Plusieurs éditeurs modernes tiennent les vers 218-219, ceux qui portent les noms dans la première généalogie, pour une interpolation. Si on les suit, les Moires filles de la Nuit restent anonymes, et les trois noms n’appartiennent qu’à l’ordre de Zeus.
Les noms eux-mêmes décrivent des gestes. Klôthô vient du verbe qui signifie filer. Lachésis se rattache à lanchanô, obtenir par le sort, et désigne celle qui attribue les lots ; rien, dans son nom, ne mesure quoi que ce soit. Atropos est formée sur le verbe tourner, précédé d’un a privatif. On la traduit d’ordinaire par « l’Inflexible ». On préférera ici « celle qu’on ne fait pas tourner », plus maladroit, mais plus proche du fuseau que Platon placera entre ses mains.
Dans leur étude de 2011, Vinciane Pirenne-Delforge et Gabriella Pironti décrivent les Moires comme des puissances de distribution, associées d’abord à la naissance et à la mort, dont l’action s’ajuste à la stabilité que garantit l’autorité de Zeus. La double généalogie d’Hésiode se lit bien dans ce cadre, sans qu’on puisse dire si le poète a voulu la contradiction ou s’il l’a héritée de traditions plus anciennes.
À Delphes, deux Moires et deux dieux
Pausanias, au IIᵉ siècle de notre ère, décrit dans le temple d’Apollon à Delphes (X, 24, 4) des statues de deux Moires seulement. À la place de la troisième se tiennent Zeus et Apollon, tous deux surnommés Moiragétès, « conducteur des Moires ». Le Périégète n’explique pas ce nombre. Au XIXᵉ siècle, le dictionnaire de mythologie dirigé par William Smith y voyait les deux bornes d’une vie, la naissance et la mort, hypothèse raisonnable qui demeure une hypothèse de lecteur moderne.
Le dieu qui conduit les Moires à Delphes est aussi celui qui échoue, ou presque, à les fléchir. Le refus opposé à Crésus n’est pas un cas isolé. Dans les Euménides d’Eschyle, jouées en 458 avant notre ère, les Érinyes reprochent à Apollon (v. 723-728) d’avoir, dans la maison de Phérès, persuadé les Moires de rendre des mortels exempts de la mort, et d’avoir trompé ces antiques déesses avec du vin. L’épisode sauve Admète, à condition qu’un autre meure à sa place. Martim Aires Horta l’a repris en 2023 à la lumière de trois règlements cultuels récemment publiés, dont deux inédits, qui complètent ce que l’on savait du culte des Moires en Attique à l’époque classique. D’après son analyse, ces textes prescrivent des rites « sobres », ce qui donne tout son sel à l’ivresse que le mythe inflige aux déesses. Il rattache aussi les Moires aux proteleia, les sacrifices préalables au mariage, et propose de lire dans l’histoire d’Admète et d’Alceste un écho des inquiétudes des jeunes Athéniennes avant leurs noces. L’hypothèse est séduisante et fragile à la fois. Elle repose sur trois inscriptions courtes, et Pirenne-Delforge et Pironti rappelaient dès 2011 que les témoignages cultuels sur les Moires sont peu nombreux et peu explicites sur ce que leurs fidèles attendaient d’elles. On sait qu’on leur sacrifiait. On sait beaucoup moins ce qu’on leur demandait.
Le fuseau de Nécessité
Platon donne aux Moires un décor complet à la fin de la République de Platon, dans le mythe d’Er (X, 616c-621b), le récit d’un guerrier tenu pour mort qui revient raconter l’au-delà. Au centre du monde tourne le fuseau de Nécessité, Anankè, posé sur ses genoux. Autour, à égale distance, siègent sur des trônes ses trois filles, vêtues de blanc, la tête ceinte de bandelettes.
Les rôles ne sont pas ceux qu’on attend. Les trois sœurs chantent avec les Sirènes, Lachésis le passé, Clotho le présent, Atropos l’avenir. De la main droite, Clotho touche le cercle extérieur du fuseau pour l’aider à tourner ; Atropos guide de la main gauche les cercles intérieurs, et Lachésis touche les uns et les autres, d’une main puis de l’autre. Sur les genoux de Lachésis, un prophète prend les sorts et les modèles de vies qu’il jette devant les âmes. Après le choix (620d-e), chaque âme reçoit de Lachésis le démon qu’elle a élu, passe sous la main de Clotho, qui ratifie le lot en faisant tourner le fuseau, puis devant Atropos, dont le filage rend irréversible ce qui a été filé. Personne ne mesure. Personne ne coupe.
Les Lois (XII, 960c) reprennent l’ordre et le justifient. Lachésis, qui distribue les lots, vient en premier, Clotho en second et Atropos en troisième, comme gardienne de ce qui a été fixé ; Platon compare son œuvre à un tissage passé au feu, devenu impossible à défaire, et voudrait donner aux lois de sa cité la même irréversibilité. Chez lui, le dernier geste du destin consiste à rendre le fil impossible à détordre.
« Quando dies adveniet quem profata Morta est »
À Rome, les Parques ont d’abord affaire aux naissances. Aulu-Gelle, au IIᵉ siècle de notre ère, consacre un chapitre des Nuits attiques (III, 16) à la durée de la grossesse. Il y cite Varron, pour qui Parca vient de partus, l’accouchement, au prix d’une lettre changée, et pour qui Nona et Decima, la Neuvième et la Dixième, tirent leur nom des mois où l’enfant naît à terme. Le grammairien Caesellius Vindex donnait trois noms aux Parques, Nona, Decuma et Morta, et appuyait le troisième sur un vers de l’Odyssée latine de Livius Andronicus, le plus ancien poète de Rome selon Aulu-Gelle, « quando dies adveniet quem profata Morta est », quand viendra le jour que Morta a prédit. Aulu-Gelle n’en croit rien. Caesellius, écrit-il, a pris Morta pour un nom propre, alors qu’il fallait l’entendre comme la Moira grecque que Livius traduisait. La triade Nona, Decima, Morta, que l’on présente partout comme l’équivalent romain de Clotho, Lachésis et Atropos, repose donc sur une lecture que son propre transmetteur jugeait fautive. Le sol du Latium a pourtant fourni un argument au camp adverse. À Tor Tignosa, près de Lavinium, trois cippes de tuf du IVᵉ siècle avant notre ère (CIL I², 2844-2846) portent les dédicaces Neuna fata, Neuna dono et Parca Maurtia dono. Nona y figure, sous sa forme archaïque, et Decima n’y apparaît pas. Parca Maurtia peut se lire comme une Parque Morta, ce qui donnerait raison à Caesellius plusieurs siècles avant lui ; la forme a aussi été rapprochée du nom de Mars, et la pierre laisse les deux lectures ouvertes.
Les sources réunies ici ne montrent jamais Nona ni Decima en train de filer, et leurs noms parlent de mois de grossesse, pas de laine.
Des dents, un rouleau, un cadran solaire
Le fil romain, quand il apparaît, se coupe avec les dents. Au poème LXIV (v. 303-322), Catulle fait chanter les Parques aux noces de Pélée et de Thétis. Leur corps tremble de vieillesse, une robe blanche bordée de pourpre leur descend aux chevilles, et des bandelettes de neige ceignent leurs têtes. La quenouille chargée de laine dans la main gauche, elles tirent le fil de la droite, le tordent du pouce et font tourner le fuseau, tandis que leur dent égalise l’ouvrage à mesure, si bien que des brins de laine mordue restent collés à leurs lèvres sèches. Des corbeilles d’osier gardent les toisons à leurs pieds. C’est le geste de n’importe quelle fileuse romaine, que le poète transporte chez les dieux sans lui retirer sa trivialité.
Dans l’Apocoloquintose (3-4), satire attribuée à Sénéque et écrite à la mort de Claude en 54 de notre ère, c’est Clotho qui rompt le fil de l’empereur, après avoir avoué qu’elle lui aurait volontiers laissé une heure ou deux, le temps de faire citoyens romains la demi-douzaine d’étrangers qui ne l’étaient pas encore. Ni chez Catulle ni dans cette satire, Atropos ne tient de ciseaux. Lachésis, couronnée de laurier, file ensuite pour Néron une laine qui se change en or sous ses doigts et lui accorde des années de son propre fonds, un fil d’or dont Edward Champlin a souligné le poids politique, puisqu’il ouvre un âge d’or placé sous le signe d’Apollon.
Les sculpteurs de sarcophages donnent aux Parques d’autres outils. Sur le sarcophage de Prométhée de l’ancienne collection Borghèse, aujourd’hui au Louvre (Ma 355), trois Parques assistent à la création de l’homme ; un dessin à la sanguine du début du XVIIIᵉ siècle, conservé à Eton College, les décrit tenant un cadran solaire, un rouleau déroulé, un globe et une hampe. Le dictionnaire de Smith en tirait une règle, Lachésis y montrant de sa baguette un horoscope sur le globe, Atropos y portant une balance, un cadran solaire ou un instrument tranchant. Sur ces reliefs, mesurer revient à lire l’heure et le ciel. À quel moment les ciseaux deviennent-ils l’attribut obligé de la troisième Moire ? Les textes réunis ici ne permettent pas de le dater, et chez Smith l’instrument tranchant ne figure que comme une possibilité parmi d’autres.
Le fuseau du destin est d’ailleurs bien plus ancien que la Grèce classique. Un rituel hittite pour la construction d’un palais, connu par la tablette KUB 29,1 (CTH 414), montre deux déesses d’origine hattie, Išduštaya et Papaya ; l’une tient la quenouille, toutes deux des fuseaux pleins, et elles filent les années du roi, dont nul ne voit le compte, d’après la traduction d’Alfonso Archi.
Le Parthénon offre un dernier cas de Moires peut-être imaginaires. Sur le fronton est, sculpté entre 438 et 432 avant notre ère, trois femmes assises occupaient la partie droite, les figures K, L et M. Au XIXᵉ siècle, nombre d’archéologues y reconnaissaient les trois Parques, et une photographie de Leonida Caldesi porte encore le titre « Two of the Three Fates ». Le catalogue de la British Library tient aujourd’hui cette identification pour abandonnée et renvoie à B. F. Cook, qui reconnaît dans la figure étendue Aphrodite reposant sur sa mère Dione. Sur ses notices, le British Museum propose, avec un « peut-être », Hestia, Dione et sa fille Aphrodite, ou bien, pour les deux figures de droite, taillées dans un seul bloc, la Mer dans le giron de la Terre. Ces deux-là n’ont gardé ni leur tête ni la moindre inscription, et tant que rien de nouveau ne sortira de l’Acropole, la salle 18 du British Museum continuera d’exposer, sous des noms suivis d’un point d’interrogation, trois déesses dont personne ne peut dire si elles filaient.
Pour aller plus loin
Les Kères, nées de la Nuit avec les Moires dans la première généalogie de la Théogonie d’Hésiode, et les Érinyes, qui accusent Apollon dans les Euménides, forment le voisinage immédiat de ce sujet. Le mythe grec de succession éclaire le parallèle hittite des déesses au fuseau. Le mythe d’Er, à la fin de la République de Platon, mérite d’être lu pour lui-même ; l’oracle de Delphes, où ne se tenaient que deux Moires, et les frontons du Parthénon posent ailleurs les mêmes problèmes d’identification.
Dans les récits grecs, trois déesses décident du sort de chaque être humain. Ce sont les Moires, que les Romains appelaient les Parques. On les imagine volontiers comme de vieilles femmes au travail. L’une file la vie, la deuxième la mesure, la dernière la coupe avec des ciseaux. Elle semble très ancienne. Quand on relit les textes grecs et latins, elle se défait pourtant morceau par morceau.
Une part filée le jour de la naissance
Dans les poèmes d’Homère, on parle surtout d’une seule Moira. Son nom veut dire la part, ce qui revient à chacun. Cette part se file le jour où l’on vient au monde. La mère du héros Hector raconte ainsi que le sort de son fils a été filé au moment de sa naissance.
Personne, chez Homère, ne mesure ce fil avec un outil. Pour peser deux destins, Zeus sort une balance d’or. Il y dépose le sort d’Hector et celui d’Achille, et le plateau d’Hector descend. Le poète ne dit jamais comment un fil se termine.
Plus tard, le poète Hésiode donne aux Moires leurs trois noms. Il leur prête même deux mères différentes dans un seul poème. La première est la Nuit, qui les met au monde sans père. La seconde est Thémis, avec Zeus pour père. Les spécialistes ne savent pas si le poète a voulu cette contradiction ou s’il l’a reçue d’histoires plus vieilles.
Ces noms décrivent un travail. Clotho veut dire la fileuse. Lachésis désigne celle qui donne à chacun sa part par tirage au sort, et son nom ne parle pas de mesure. Atropos signifie celle qu’on ne fait pas tourner.
Le dieu qui marchandait avec le destin
Les Grecs se demandaient si un dieu pouvait faire céder les Moires. L’historien Hérodote rapporte une scène sur ce point. Le roi Crésus vient de perdre son royaume, et une prêtresse lui fait porter une explication. Apollon avait voulu repousser cette chute, mais les Moires ne lui ont laissé qu’un sursis de trois ans.
Une tragédie d’Eschyle prête au même dieu une ruse plus hardie. Apollon fait boire du vin aux Moires pour épargner la mort à un homme nommé Admète. En échange, quelqu’un d’autre doit mourir à sa place. Ce vin a de quoi surprendre, car l’Attique leur offrait des rites sobres, selon une étude récente. Leurs fidèles leur faisaient des sacrifices, mais leurs attentes restent mal connues.
Dans le temple de Delphes, on ne voyait que deux statues de Moires. Zeus et Apollon tenaient la place de la troisième. Le voyageur antique qui décrit ce temple n’explique pas pourquoi.
Un fuseau, des dents, aucun ciseau
Le philosophe Platon installe les Moires autour d’un immense fuseau. Un fuseau est le petit bâton qui tourne pour tordre la laine en fil. Celui-ci repose sur les genoux de Nécessité, leur mère. Lachésis distribue les sorts aux âmes qui vont choisir leur vie. Clotho fait tourner le fuseau pour confirmer chaque choix. Atropos rend ensuite le fil impossible à défaire, et aucune des trois ne le coupe.
À Rome, le poète Catulle décrit les Parques comme de vieilles fileuses tremblantes. Elles tiennent la laine de la main gauche et tirent le fil de la droite. Pour égaliser leur travail, elles mordent le fil, et des brins de laine restent collés à leurs lèvres. Une satire romaine raconte aussi la mort de l’empereur Claude. Clotho, la fileuse, y rompt elle-même le fil de sa vie.
Le nom de la troisième Parque fait débat depuis l’Antiquité. Un grammairien romain l’appelait Morta, en s’appuyant sur un vers d’un vieux poète latin. L’érudit Aulu-Gelle lui répondait que ce poète traduisait simplement le mot grec Moira. Dans le Latium, des pierres gravées au quatrième siècle avant notre ère nomment pourtant une Parque dont le nom ressemble à Morta. Certains le rapprochent aussi du dieu Mars, et rien ne permet de choisir.
Trois déesses sans tête
Sur les sarcophages romains, les Parques tiennent un rouleau, un globe ou un cadran solaire. Pour ces sculpteurs, mesurer un destin voulait dire lire l’heure et le ciel. Dans aucun de ces textes anciens, Atropos ne tient de ciseaux. On ne sait pas encore dater le moment où ils sont devenus son outil habituel.
Sur le fronton du Parthénon, trois déesses assises ont longtemps passé pour les Moires. Le British Museum, qui les expose, leur donne aujourd’hui d’autres noms, toujours accompagnés d’un « peut-être ».
Les deux statues de droite ont perdu leur tête, et aucune inscription gravée dans le marbre ne dit qui elles sont.
La version complète s’attarde sur un vers de l’Odyssée où les Fileuses n’existent que selon la façon de couper les mots, et sur un dessin conservé à Eton College qui décrit les Parques d’un sarcophage du Louvre.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Homère, *Iliade*, XX, 127-128 ; XXII, 209-213 ; XXIV, 49 et 209-210 [chant XXIV, trad. A. T. Murray, Theoi Classical Texts Library](https://theoi.com/Text/HomerIliad24.html
- Homère, *Odyssée*, VII, 196-198, et la glose ancienne des « lourdes Fileuses » [Suda On Line, κ 581](https://cs.uky.edu/%7Eraphael/sol/sol-entries/kappa/581
- Hésiode, *Théogonie*, 217-222 et 901-906 édition de référence
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Sources primaires (suite)
- Hérodote, *Histoires*, I, 91 [trad. A. D. Godley, Perseus / Perseids](https://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0016/tlg001/perseus-eng2/1.91.1-1.91.6
- Eschyle, *Euménides*, 723-728 [trad. H. W. Smyth, Perseus / Perseids](https://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0085/tlg007/perseus-eng2/721-725
- Platon, *République*, X, 616c-621b, et *Lois*, XII, 960c [*République*, trad. P. Shorey, Perseus / Perseids](https://fgh.perseids.org/read/greekLit/tlg0059/tlg030/perseus-eng2/10.615-10.621
- Pausanias, *Description de la Grèce*, X, 24, 4 [trad. W. H. S. Jones, Perseus / Perseids](https://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0525/tlg001/perseus-eng2/10.24.4-10.24.7
- Aulu-Gelle, *Nuits attiques*, III, 16, citant Varron, Caesellius Vindex et l’*Odyssia* de Livius Andronicus [trad. J. C. Rolfe, Perseus / Perseids](https://fgh.perseids.org/read/latinLit/phi1254/phi001/perseus-eng1/3.16
- Cippes de Tor Tignosa, tuf, IVᵉ siècle avant notre ère, CIL I², 2844, 2845 et 2846 [Trismegistos, TM Geo 32479](https://trismegistos.org/place/32479
- Catulle, *Poèmes*, LXIV, 303-322 [trad. R. F. Burton, Perseus / Perseids](https://fgh.perseids.org/read/latinLit/phi0472/phi001/perseus-eng3/64.303-64.331
- Sénéque (attribué), *Apocoloquintose*, 3-4 [trad. W. H. D. Rouse, Perseus / Perseids](https://cts.perseids.org/read/latinLit/phi1017/phi011/perseus-eng2/1-15
- Sarcophage de Prométhée, marbre, ancienne collection Borghèse, Musée du Louvre, Ma 355, d’après le dessin à la sanguine de Bernardino Ciferri, vers 1710-1730 [Eton College Collections, ECL-Bm.2:38/1-2012](https://catalogue.etoncollege.com/object-ecl-bm-2-38-1-2012
- Fronton est du Parthénon, figures K, L et M, marbre, 438-432 avant notre ère, salle 18 The British Museum, [1816,0610,97 (figures L et M)]( et [figure K](https://www.britishmuseum.org/collection/object/G_1816-0610-405)https://www.britishmuseum.org/collection/object/G_1816-0610-97
- Rituel hittite pour la construction d’un palais, KUB 29,1 (CTH 414), I 23 - II 10 traduction dans Archi 2013
Bibliographie
- Vinciane Pirenne-Delforge et Gabriella Pironti, « Les Moires entre la naissance et la mort : de la représentation au culte », *Études de Lettres* 2011 (3-4), numéro « Des Fata aux fées : regards croisés de l’Antiquité à nos jours », p. 93-113 [Université de Lausanne, texte sur ORBi](https://hdl.handle.net/2268/79591
- Martim Aires Horta, « Apolo, o vinho e as Meras do Pireu », dans A. Guerra et al. (dir.), *Os meus olhos viram todas essas coisas. Estudos em Homenagem a José Augusto Ramos*, Lisbonne, 2023 (*Cadmo*, supplément 4), p. 623-645 [Repositório da Universidade de Lisboa](https://repositorio.ulisboa.pt/handle/10451/65249
- Alfonso Archi, « The Anatolian Fate-Goddesses and their Different Traditions », dans E. Cancik-Kirschbaum, J. Klinger et G. G. W. Müller (dir.), *Diversity and Standardization. Perspectives on Ancient Near Eastern Cultural History*, Berlin, 2013, p. 1-26 De Gruyter
- B. F. Cook, *The Elgin Marbles*, Londres, 2004, p. 65 British Museum Press
- Edward Champlin, « Nero, Apollo, and the Poets », *Phoenix* 57 (3/4), 2003, p. 276-283 Classical Association of Canada
Sources en ligne
- [« Moira », dans William Smith (dir.), *A Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology*]( Perseus Digital Libraryhttps://cts.perseids.org/read/pdlrefwk/viaf88890045/003/perseus-eng1/M.moira_1
- [« Two of the Three Fates. Parthenon No. 22. Photographer : Caldesi, Leonida »]( British Library, Archives and Manuscriptshttps://searcharchives.bl.uk/catalog/040-003226263
- [Guide du British Museum aux sculptures du Parthénon, édition de 1880, page numérisée 16]( Universitätsbibliothek Heidelberghttps://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/bm_parthenon1880bd1/0016
- [« The Anatolian Fate-goddesses and their different traditions », Alfonso Archi]( Academia.eduhttps://www.academia.edu/7003669
- [« Nero, Apollo, and the Poets », Edward Champlin]( Princeton Universityhttps://champlin.scholar.princeton.edu/document/28





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