Homère et Hésiode ont prêté aux dieux tout ce qui, chez les hommes, vaut honte et blâme, le vol, l’adultère et la tromperie réciproque. Le grief est de Xénophane de Colophon, au VIᵉ siècle avant notre ère, et il a survécu parce que Sextus Empiricus le recopie quelque sept siècles plus tard. Pour la Théogonie d’Hésiode, le reproche tombe juste. Un fils y mutile son père avec une serpe. Un père y avale ses enfants au sortir du ventre de leur mère, et le roi des dieux finit par engloutir sa propre épouse enceinte, épisode que le poème raconte sans un mot de blâme, avec plutôt une sorte d’admiration pour l’adresse du geste.
« Nous savons dire bien des mensonges »
Au vers 22 (les numéros suivent ici l’édition de Paul Mazon), le poète se nomme. Il faisait paître ses agneaux sous l’Hélicon, en Béotie, quand les Muses l’ont traité avec ses pareils de simples ventres, puis lui ont déclaré qu’elles savaient dire bien des mensonges semblables au vrai et, quand elles le voulaient, faire entendre la vérité (v. 26-28). Elles lui ont remis un rameau de laurier et soufflé une voix. L’Iliade et l’Odyssée taisent le nom de leur auteur.
Au vers 35, le poète coupe court par un proverbe, « pourquoi tout cela autour du chêne ou du rocher ? »
Le nom lui-même se discute. Gregory Nagy le lit comme un nom parlant, « celui qui émet la voix », formé sur le verbe hiêmi, « lancer », et sur audê, la voix que les Muses soufflent au poète au vers 31 ; il en tire l’image d’un Hésiode personnage, porte-parole d’une tradition de chanteurs. Michael Meier-Brügger a proposé en 1990 une étymologie étrangère à la voix, et un nom parlant, même admis, dirait seulement comment un chanteur se présentait à son public, sans rien apprendre de l’homme.
Hérodote, vers le milieu du Vᵉ siècle, faisait vivre Homère et Hésiode quatre cents ans au plus avant lui et leur attribuait la généalogie des dieux, leurs noms, leurs honneurs et leurs figures (Histoires, II, 53). Les modernes placent le poème entre 750 et 650 environ, fourchette large faute de tout repère extérieur au texte.
Une serpe forgée par la Terre
Au commencement fut Chaos, dit le vers 116. Mieux vaut traduire ce nom par « Béance » que par « Vide », parce qu’il se rattache au verbe khainô, « s’ouvrir, bâiller », et que le poème en fait plus loin un lieu, que la chaleur de la guerre contre les Titans vient saisir (v. 700) et au-delà duquel les vaincus seront relégués (v. 814). Gaia, la Terre, naît ensuite, avec le Tartare et Éros, et enfante seule Ouranos, le Ciel étoilé, avant de s’unir à lui.
Ouranos hait ses enfants. À mesure qu’ils naissent, il les cache dans les profondeurs de la Terre, qui gémit à l’étroit (v. 154-160). Elle fabrique l’adamas gris, matière d’une dureté fabuleuse, en façonne une serpe à dents et demande à ses fils de châtier leur père. Seul le plus jeune accepte, Kronos. Caché en embuscade, il attend qu’Ouranos vienne avec la nuit s’étendre sur la Terre, lui tranche le sexe et le lance derrière lui (v. 176-182). Jeté dans la mer, le sexe tranché dérive longtemps, et de l’écume qui l’entoure naît une jeune fille qui aborde à Cythère puis à Chypre, Aphrodite (v. 188-200).
Kronos règne et reproduit la faute de son père sous une autre forme. Rhéa lui donne six enfants, qu’il avale un à un au sortir du ventre maternel, parce que la Terre et le Ciel lui ont prédit qu’un fils le renverserait (v. 453-467). Le dernier, Zeus, est caché en Crète, et l’on présente à Kronos une grande pierre emmaillotée, qu’il avale sans rien soupçonner. Devenu grand, Zeus force son père à vomir ses enfants, et la pierre ressort la première, puisqu’elle était entrée la dernière. Zeus fixe cette pierre à Pytho, sous les gorges du Parnasse, pour qu’elle soit un signe et une merveille aux yeux des mortels (v. 497-500).
Zeus est ainsi le plus jeune des fils de Kronos, comme Kronos l’était des enfants d’Ouranos (v. 137). L’Iliade fait au contraire de Zeus l’aîné, celui qui « était né le premier et en savait davantage » (XIII, 355), preuve que plusieurs versions du mythe circulaient encore côte à côte.
Pausanias a vu la pierre au IIᵉ siècle de notre ère, ou celle qu’on lui montrait sous ce nom (X, 24, 6). De petite taille, placée hors du temple d’Apollon près du tombeau de Néoptolème, donc distincte de l’omphalos, elle était ointe d’huile chaque jour et couverte de laine brute les jours de fête. Pourquoi on la traitait ainsi, on l’ignore, et Erik van Dongen tient pour probable que le lien entre la pierre du mythe et celle de Delphes soit un ajout secondaire au poème, puisque la pierre de Kronos ne reçoit de culte nulle part ailleurs.
Kumarbi
En 1935, au congrès international des orientalistes réuni à Rome, l’hittitologue Emil Forrer attire l’attention sur des tablettes sorties des archives royales de Hattusa, la capitale hittite, près du village turc de Boğazköy. Hans Gustav Güterbock en réunit, traduit et commente les fragments en 1946 sous un titre sans détour, Kumarbi, mythes du Kronos hourrite. Écrites en hittite entre 1400 et 1200 avant notre ère environ, ces tablettes traduisent un original hourrite. Carlo Corti a identifié en 2007 le titre antique du récit principal, noté en idéogrammes sumériens, et l’on hésite depuis entre « Chant du commencement » et « Chant de la sortie ». Anu, le dieu Ciel, y chasse Alalu, qui s’enfuit sous la terre. Kumarbi détrône Anu à son tour, lui arrache le sexe avec les dents et l’avale, puis s’installe à Nippur, la ville du dieu mésopotamien Enlil. Il se retrouve porteur de plusieurs dieux, dont le dieu de l’orage, et l’un d’eux sort de sa tête (col. II, l. 36-38), comme Athéna sortira de celle de Zeus. Quand Kumarbi veut dévorer le dieu de l’orage, le dieu Ea lui fait avaler une pierre à la place ; il la recrache, et la pierre reçoit l’ordre de devenir objet de culte. Le passage (col. II, l. 39-73) est mutilé, mais l’enchaînement des événements y demeure lisible dans ses grandes lignes.
Van Dongen, qui a comparé point par point les deux textes en 2011, relève aussi les écarts, quatre rois contre trois, les dents contre la serpe. Surtout, selon lui, Anu n’est parent ni d’Alalu ni de Kumarbi, de sorte que la royauté hittite passe d’une lignée à l’autre quand celle d’Hésiode va toujours du père au fils. Christian Zgoll a retraduit en 2021 un passage de la même tablette (face I, l. 19-20) et défend une lignée unique, où la couronne passe là aussi de père en fils, en précisant que son argument repose d’abord sur la philologie hittite.
Le poème orphique commenté par le papyrus de Derveni, rouleau carbonisé retrouvé en 1962 près de Thessalonique, fait avaler à Zeus le sexe tranché, semble-t-il, d’Ouranos. Ce texte grec rejoint Kumarbi là où Hésiode s’en écarte.
Par quel chemin le récit hourrite est-il arrivé jusqu’en Béotie ? Il a pu passer dès l’âge du Bronze récent, par les Louvites de l’Anatolie occidentale ou par mer depuis la Syrie et Chypre ; il a pu aussi survivre quelques siècles de plus dans les principautés syro-anatoliennes et n’atteindre l’Égée qu’à l’âge du Fer. Aucune tablette ne jalonne l’étape intermédiaire, et cinq siècles au moins séparent les copies de Hattusa du poème béotien, un intervalle vide de documents où chaque hypothèse doit loger son itinéraire.
Zeus avale son épouse
Rangés côte à côte, les trois règnes affrontent la même épreuve double, empêcher un fils de grandir et vaincre un rival, et van Dongen a montré que le poème les ajuste pour que Zeus sorte vainqueur de la comparaison. Ouranos enferme ses enfants dans leur mère et tombe d’un seul coup. Kronos les enferme en lui-même, et il faut dix années de guerre contre les Titans pour que le règne change de mains (v. 636-637). Zeus supprime la mère avant la naissance.
Métis est sa première épouse, la plus savante des dieux et des hommes. La Terre et le Ciel ont averti Zeus qu’elle lui donnerait une fille, Athéna, égale à son père en force et en sage conseil, puis un fils au cœur violent, promis à la royauté des dieux. Au moment où la fille va naître, Zeus trompe Métis par des paroles habiles et la fait descendre dans son ventre, pour que la déesse lui fasse connaître le bien et le mal (v. 886-900). Plus de fils. Plus de successeur. En 1974, Marcel Detienne et Jean-Pierre Vernant ont placé ce geste au centre de leur livre sur la mètis, cette intelligence rusée que les Grecs prêtaient à l’artisan, au pilote, au sophiste ou au politique ; en avalant la déesse qui porte ce nom, Zeus s’approprie la ruse même qui avait servi à renverser ses prédécesseurs, et sa souveraineté se met à l’abri des coups de force. Le stoïcien Chrysippe, au IIIᵉ siècle avant notre ère, citait une autre version de l’épisode, que Galien recopie au livre III de son traité sur les doctrines d’Hippocrate (fr. 343 Merkelbach-West). Zeus y avale Métis de peur qu’elle n’enfante un être plus fort que sa foudre, et Athéna naît de sa tête au bord du fleuve Triton.
Avant Métis, le poème place un dernier combat. Les Titans enchaînés, la Terre s’unit au Tartare et enfante Typhée, cent têtes de serpent aux yeux de feu, dont les voix tantôt parlent la langue des dieux, tantôt mugissent comme un taureau (v. 820-868). Geoffrey Kirk en 1962, puis Friedrich Solmsen en 1982, ont jugé l’épisode superflu, une surenchère sur la guerre des Titans. Fabienne Blaise a répondu en 1992 que Typhée, fils de la Terre et du Tartare, force Zeus à intégrer à son ordre les régions les plus proches du Chaos, la bataille gagnée en haut devant se rejouer en bas. Van Dongen le juge indispensable au tableau des règnes, puisque sans lui Zeus n’aurait aucun rival à vaincre en personne.
Deux vers pour un autre poème
Après les mariages de Zeus, le poème énumère les déesses unies à des mortels, Déméter avec Iasion en tête, Calypso avec Ulysse en dernier (v. 963-1020). Les deux derniers vers invitent les Muses à chanter désormais la troupe des femmes. Mot pour mot, ce sont les deux premiers vers d’un autre poème attribué à Hésiode dans l’Antiquité, le Catalogue des femmes, connu aujourd’hui par des fragments.
Glenn Most, dans l’édition de la Loeb Classical Library, y voit une fin retouchée pour enchaîner sur l’autre œuvre, par un éditeur plus tardif si le Catalogue est nettement postérieur à Hésiode, comme le pense la majorité des spécialistes. Martin West place le Catalogue entre 580 et 520 environ. Paul Dräger, en 1997, rend à Hésiode la fin du poème comme le Catalogue.
Richard Janko, qui mesure d’un poème à l’autre l’évolution des formes de la langue épique, aboutit en 1982 à une chronologie qui déplace le problème, puisqu’il place la Théogonie vers 680 et le Catalogue un peu plus tôt encore, de sorte que les vers 1021-1022 pourraient être la charnière d’un ensemble conçu d’emblée, ou la couture d’un continuateur, selon que l’on suit sa statistique des formes ou la chronologie de West.
Pour aller plus loin
Le récit de Prométhée et de Pandore, que la Théogonie place entre la naissance de Zeus et la guerre des Titans (v. 507-616), est repris autrement dans Les Travaux et les Jours, l’autre poème d’Hésiode. Le cycle hourrite de Kumarbi se poursuit avec le Chant d’Ullikummi, où le dieu déchu suscite un géant de pierre contre le dieu de l’orage, et les théogonies orphiques prolongent la succession au-delà de Zeus.
Raconter la naissance des dieux se disait en grec théogonie. C’est aussi le titre d’un poème d’un peu plus de mille vers, écrit en Grèce centrale. Son auteur se donne lui-même le nom d’Hésiode. Le texte remonte à 700 avant notre ère environ, à quelques décennies près. Il raconte comment le pouvoir sur le monde est passé d’un dieu à l’autre par la force, puis s’est arrêté avec Zeus.
Le fils à la serpe
Au début, le Ciel domine la Terre. Son nom est Ouranos. Il déteste ses enfants et les enferme dans le corps de leur mère à chaque naissance. La Terre souffre. Elle fabrique alors une grande serpe dans une matière très dure.
Seul le plus jeune des fils accepte de l’aider. Ce garçon s’appelle Kronos. Il se cache et attend la nuit. Quand le Ciel vient s’allonger sur la Terre, Kronos lui coupe le sexe et le jette derrière lui. Tombé dans la mer, ce morceau flotte longtemps, et de l’écume sort une déesse, Aphrodite.
Kronos prend la place de son père et répète sa faute d’une autre façon. On lui a annoncé qu’un de ses fils le chasserait. Il avale donc ses six enfants, un par un, dès leur naissance. Le dernier-né est caché en Crète. À sa place, on tend à Kronos une pierre enroulée dans des langes, et il l’avale sans se méfier.
Devenu grand, ce dernier-né, Zeus, oblige son père à recracher ses frères et sœurs. La pierre sort la première. Zeus la plante à Delphes, comme un signe pour les hommes. Il lui faut encore dix ans de guerre contre les Titans pour gagner le trône.
Bien plus tard, un voyageur grec voit à Delphes une petite pierre, posée hors du temple d’Apollon. Les habitants la frottent d’huile tous les jours. Personne ne sait pourquoi. Un spécialiste juge probable que ce lien avec Delphes a été ajouté au poème après coup.
La ruse avalée
Zeus prend le pouvoir à son tour. Sa première femme est une déesse très savante. Son nom, Métis, désigne la ruse. On prévient Zeus qu’elle aura une fille, puis un fils qui deviendra roi des dieux. Juste avant la naissance de la fille, Zeus endort la méfiance de Métis par de belles paroles, puis il l’avale.
Le fils ne verra jamais le jour. La fille, Athéna, sortira plus tard de la tête de son père. En avalant la déesse, Zeus garde pour lui cette ruse qui avait permis de renverser les rois d’avant. Son pouvoir se trouve désormais à l’abri.
Avant cela, Zeus a dû battre un dernier monstre, Typhée, aux cent têtes de serpent. Certains spécialistes ont trouvé ce combat inutile, une simple répétition de la guerre contre les Titans. D’autres leur répondent qu’il complète le récit. Sans lui, Zeus n’aurait jamais vaincu un rival de ses propres mains.
Des tablettes d’Anatolie
Ces histoires grecques ont un parent plus ancien. Dans les années 1930, des savants lisent des tablettes d’argile venues de l’ancienne capitale des Hittites, dans l’actuelle Turquie. Elles parlent d’un dieu nommé Kumarbi. Lui aussi renverse le dieu du Ciel. D’un coup de dents, il lui arrache le sexe, puis il l’avale.
Kumarbi porte ensuite en lui plusieurs dieux, dont le dieu de l’orage. Quand il veut dévorer ce dieu, on lui donne une pierre à manger. Kumarbi la recrache, et cette pierre devient l’objet d’un culte. Ces tablettes ont au moins cinq siècles de plus que le poème grec.
Personne ne doute que les deux récits soient parents. Mais personne ne sait par quel chemin l’histoire a gagné la Grèce. Elle a pu voyager très tôt, par la terre ou par la mer. Elle a pu aussi arriver bien plus tard. Aucun document ne marque le trajet.
Une fin qui ouvre un autre poème
Le poème se termine de façon étrange. Ses deux derniers vers demandent aux Muses de chanter maintenant les femmes. Ce sont exactement les premiers vers d’un autre poème attribué à Hésiode, connu seulement par des morceaux.
Les spécialistes se disputent sur cette soudure. Pour la plupart, l’autre poème est plus récent, et un éditeur tardif a retouché la fin pour relier les œuvres entre elles. Un savant qui suit l’évolution de la langue d’un texte à l’autre répond que le second poème serait un peu plus ancien. Dans ce cas, le lien aurait pu être voulu dès le départ.
Personne ne sait encore quelle main a cousu ces vers au bout de la Théogonie, ni à quelle date.
La version complète donne l’autre récit de l’épisode de Métis, sauvé par une citation chez Galien, et la dispute des spécialistes sur la famille des rois du ciel hittite.
Sources de cet article
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Sources primaires
- Hésiode, Théogonie, v. 22-35, 116-210, 453-506, 617-735, 820-929 et 963-1022 éd. Paul Mazon, Collection des universités de France, Les Belles Lettres
- Chant de la sortie (dit aussi Royauté dans le ciel ou Chant de Kumarbi), CTH 344, tablette principale KUB XXXIII 120, col. I-II, hittite, écrite entre 1400 et 1200 avant notre ère environ archives royales de Hattusa (Boğazköy, Turquie)
- Papyrus de Derveni, rouleau carbonisé découvert en 1962 dans une tombe près de Thessalonique, commentaire d’une théogonie orphique Musée archéologique de Thessalonique
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Sources primaires (suite)
- Xénophane de Colophon, fr. DK 21 B 11 transmis par Sextus Empiricus, Contre les savants, IX, 193
- Hérodote, Histoires, II, 53
- Pausanias, Description de la Grèce, X, 24, 6 (la pierre de Kronos à Delphes)
- Hésiode, fr. 343 Merkelbach-West (autre version de l’épisode de Métis) transmis par Chrysippe, cité par Galien, Sur les doctrines d’Hippocrate et de Platon, III, 8
- Homère, Iliade, XIII, 355
Bibliographie
- Paul Mazon (éd. et trad.), Hésiode. Théogonie, Les Travaux et les Jours, Le Bouclier, Collection des universités de France, Paris, 1928, rééd. 2024, XXX-242 p. Les Belles Lettres
- Annie Bonnafé (trad.), Hésiode. Théogonie : la naissance des dieux, précédé d’un essai de Jean-Pierre Vernant, Paris, 1993, 177 p. Rivages, « Petite Bibliothèque » 83
- Marcel Detienne et Jean-Pierre Vernant, Les ruses de l’intelligence. La mètis des Grecs, Paris, 1974, 317 p. Flammarion, « Nouvelle Bibliothèque scientifique »
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Sources en ligne
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