Connectez-vous pour enregistrer les articles, suivre votre progression et ajouter des favoris.

Abonnez-vous pour bénéficier des playlists

La titanomachie, dix ans de guerre pour installer le règne de Zeus

MythologiesGrèce antiqueHistoire des religions19 septembre 202626 sources vérifiées
Cornelis van Haarlem / Statens Museum for Kunst / Wikimedia Commons
10 min de lecture26 sources vérifiées
L’article complet en PDFAbonnez-vous pour bénéficier du téléchargement PDF

La Théogonie d’Hésiode compte un peu plus de mille vers. La guerre qui donne à Zeus la royauté des dieux en occupe à peu près cent vingt, du vers 617 au vers 735, et les dix années de combat y passent en quelques lignes, au détour d’une phrase consacrée à autre chose. Le poète prend la lutte déjà bloquée depuis une décennie, sans en raconter l’ouverture ni les premières batailles.

Othrys contre l’Olympe

Tout commence par trois prisonniers. Cottos, Briarée et Gyès, fils de Gaia et d’Ouranos, ont chacun cent bras et cinquante têtes, et leur père, jaloux de leur force et de leur taille, les a enchaînés sous la terre, aux confins du monde (Théogonie, 617-623). Au-dessus d’eux, la guerre piétine. Les Titans tiennent le mont Othrys, les enfants de Cronos et de Rhéa tiennent l’Olympe, et depuis dix années pleines la lutte n’offre d’issue à aucun des deux camps (629-638). Sur le conseil de Gaia, qui sait que la victoire passe par ces trois géants, les dieux les ramènent à la lumière et les nourrissent de nectar et d’ambroisie. Zeus leur rappelle le service rendu, et Cottos lui promet en retour l’aide des trois frères (639-663).

Le choc qui suit est la seule scène de bataille développée du poème. La mer immense résonne autour des combattants, la terre s’écroule avec fracas, et le ciel ébranlé gémit pendant que l’Olympe vacille jusqu’à ses fondations, si fort que la secousse atteint le Tartare (678-683). Puis Zeus cesse de retenir sa force. Il s’élance du ciel et de l’Olympe en lançant l’éclair sans relâche, la forêt crépite dans l’incendie, les flots d’Océan bouillonnent, et une vapeur brûlante enveloppe les Titans nés de la terre jusqu’à les aveugler (687-700). Pour dire le vacarme, Hésiode ne trouve qu’une image, celle du Ciel qui s’abattrait sur la Terre. La bataille penche alors. Le coup final revient pourtant aux trois géants libérés, qui lancent trois cents rochers à la suite, ensevelissent les Titans sous la terre et les chargent de chaînes (713-720). Hésiode mesure ensuite la profondeur de leur prison avec une enclume de bronze. Lâchée du ciel, elle mettrait neuf jours et neuf nuits à toucher la terre, et il lui en faudrait autant, depuis la terre, pour atteindre le Tartare, où elle arriverait le dixième jour (722-725). Une clôture de bronze ceint le lieu, la nuit l’entoure en triple rangée à la manière d’un collier, Poséidon en a fixé les portes, et Cottos, Gyès et Briarée y montent la garde pour le compte de Zeus (726-735).

Plus loin, le poète glisse un détail de famille sans rapport avec la guerre, en précisant que Briarée, remarqué pour sa prestance, a reçu de Poséidon la main de sa fille Cymopolée (817-819).

Les dieux pressent Zeus de régner

La royauté ne tombe pas dans les mains de Zeus au soir de la victoire. Hésiode la place plus tard, après le combat contre Typhée, et la présente comme une demande. Une fois réglée par la force leur lutte pour les honneurs, les dieux bienheureux pressent Zeus, sur le conseil de Gaia, de régner sur eux, et Zeus leur répartit alors leurs dignités (881-885). Le mot grec est timai, les honneurs, et les honneurs figurent déjà dans la promesse faite avant la guerre. Zeus avait annoncé qu’aucun dieu combattant à ses côtés ne perdrait ses honneurs, et que celui qui n’en avait pas en recevrait (390-396). Styx s’est présentée la première avec ses enfants, Zèlos, Nikè, Kratos et Bia, l’Émulation, la Victoire, la Force et la Violence, qui depuis ce jour ne quittent plus Zeus ; elle-même est devenue le serment des dieux (383-403). Hécate, de son côté, conserve la part qu’elle tenait déjà sous les Titans (423-425).

L’Iliade connaît un autre partage. Au chant XV (187-193), Poséidon rappelle que les trois fils de Cronos et de Rhéa ont tiré le monde au sort, le ciel revenant à Zeus, la mer à lui-même, l’ombre à Hadès, la terre et l’Olympe restant communs. Au chant I (396-406), Thétis raconte comment elle a secouru Zeus, qu’Héra, Poséidon et Athéna voulaient enchaîner, en appelant sur l’Olympe le géant aux cent bras que les dieux nomment Briarée et les hommes Égéon. Chez Homère, la souveraineté de Zeus a donc connu un tirage au sort et une tentative de coup de force.

Le récit hésiodique referme ensuite la porte par laquelle Zeus est entré. Sa première épouse, Métis, doit enfanter une fille puis un fils destiné à régner sur les dieux et les hommes ; Zeus la trompe et l’avale avant la naissance (886-900). Marcel Detienne et Jean-Pierre Vernant ont vu dans ce geste, dans Les Ruses de l’intelligence en 1974, le moment où le souverain fait sienne la mètis, cette intelligence rusée dont chaque renversement avait eu besoin. Erik van Dongen en a tiré en 2011 une lecture plus mécanique. Selon lui, chacun des trois rois affronte les mêmes menaces, et Ouranos cache ses enfants dans le ventre de leur mère avant de tomber d’un seul coup de faucille, Cronos les cache dans le sien et ne cède qu’après une guerre de dix ans, Zeus avale la mère avant toute naissance et règle en un bref combat le cas de Typhée. Le poème serait bâti pour que la comparaison tourne à l’avantage du dernier.

Une difficulté demeure dans le texte même. Au vers 506, avant tout récit de la titanomachie, Zeus possède déjà la foudre offerte par les Cyclopes et règne sur les mortels comme sur les immortels. Robert Mondi a proposé en 1984 d’y voir la trace de deux récits distincts de l’avènement de Zeus, que le poète aurait soudés. C’est l’explication la plus économique, parce qu’elle rend compte de ce vers sans corriger le texte ni supposer chez Hésiode une maladresse isolée.

Un Briarée passé aux Titans

Hésiode n’était pas le seul à chanter cette guerre. Le Cycle épique comprenait une Titanomachie que les Anciens attribuaient tantôt à Eumélos de Corinthe, tantôt à Arctinos de Milet, et Athénée hésite encore entre les deux quand il en cite le deuxième livre (Deipnosophistes, VII, 277d). Martin West a daté le poème de la fin du VIIᵉ ou du début du VIᵉ siècle avant notre ère, trop tard pour Eumélos, dont le nom aurait servi de signature commode au poète corinthien par excellence (Journal of Hellenic Studies, 2002).

Ce qui en subsiste tient en une poignée de citations. Ouranos y est fils d’Éther. Zeus y danse au milieu des dieux, selon Athénée (I, 22c), et un bouclier y porte des poissons muets aux faces d’or, nageant dans une eau céleste. Surtout, une scholie aux Argonautiques d’Apollonios de Rhodes (I, 1165) rapporte que, pour Eumélos, Égéon, fils de la Terre et de la Mer, vivait dans les flots et combattait aux côtés des Titans. Or Égéon est le nom que l’Iliade prête aux hommes pour désigner Briarée. Le géant qui décide de la victoire chez Hésiode se retrouve, dans ce poème perdu, dans l’autre camp. Les citateurs antiques cherchaient un détail curieux et n’avaient aucune raison de résumer l’intrigue. Jean le Lydien, un érudit byzantin, ajoute seulement que la Titanomachie faisait naître Zeus en Lydie, quand Hésiode le fait naître en Crète, près de Lyctos (477-484).

On ignore donc la durée de la guerre dans ce poème, et jusqu’à l’ordre de ses épisodes.

Kumarbi, le Kronos hourrite

En 1946, l’hittitologue Hans Gustav Güterbock publie des fragments qu’il présente, dès le titre de son livre, comme les mythes d’un « Kronos hourrite ». Le texte, catalogué CTH 344, est rédigé en hittite d’après un original hourrite et nous est parvenu par les tablettes de Boğazköy, l’ancienne Hattusa, capitale hittite d’Anatolie centrale. Son titre antique a longtemps manqué. Carlo Corti a identifié en 2007 le fragment qui le porte, écrit en idéogrammes SÌR GÁ×È.A, et le rend par « Chant de la Genèse » ; van Dongen juge la traduction trop libre et préfère « Chant de la sortie ».

Le récit fait se succéder Alalu, puis Anu, le dieu dont le nom veut dire Ciel, puis Kumarbi. Kumarbi renverse Anu, lui arrache les parties génitales avec les dents et les avale, ce qui le rend gros de plusieurs dieux, dont le dieu de l’Orage. Plus tard, il veut dévorer cet enfant. Le dieu Ea lui fait avaler une pierre à la place, Kumarbi la recrache, et la pierre est vouée à recevoir un culte. La scène est lacunaire, aux lignes ii 39-73, mais son déroulement ne fait guère de doute. Hésiode, lui, fait vomir à Cronos la pierre avalée en dernier, que Zeus dresse à Pythô, au pied du Parnasse, comme un signe pour les mortels (497-500). Pausanias a vu à Delphes, près du tombeau de Néoptolème, une pierre de petite taille que l’on disait être celle de Cronos ; les Delphiens l’oignaient d’huile chaque jour et la couvraient de laine brute les jours de fête (Description de la Grèce, X, 24, 6).

Van Dongen tient ces concordances pour trop précises pour relever du hasard. Il relève un dieu nommé Ciel au début de la lignée, sa castration par son successeur, des dieux adultes enfermés dans le corps d’un autre dieu et une pierre substituée puis honorée. D’après lui, ces éléments ont voyagé ensemble jusqu’en Égée, peut-être dès l’âge du Bronze récent, par les Louvites d’Anatolie occidentale ou par mer depuis la Syrie, la Cilicie et Chypre, peut-être seulement au premier âge du Fer, et le poète de la Théogonie les a retravaillés à la gloire de Zeus. Il écarte l’Enūma eliš babylonien comme modèle direct, tout en notant que Marduk, comme Zeus, est proclamé roi par les autres dieux après sa victoire.

Le parallèle s’arrête là où la tablette s’arrête. La prise de pouvoir du dieu de l’Orage est perdue, et rien de ce qui subsiste ne décrit une guerre comparable à la titanomachie. Van Dongen avance, au conditionnel, que la quatrième colonne, entièrement détruite, pouvait en contenir une, et il rapproche les Titans des « dieux primordiaux » hittites qu’un rituel de purification, CTH 446, montre repoussés sous la terre par le dieu de l’Orage. Même la généalogie fait débat. Harry Hoffner lisait deux dynasties rivales, celle d’Alalu et de Kumarbi contre celle d’Anu et du dieu de l’Orage, ce qui éloignait le récit hittite de la transmission de père en fils chez Hésiode ; une étude parue en 2021 dans le Journal of Ancient Near Eastern Religions conteste cette reconstruction et défend une lignée unique.

Le quatrième vers de la colonne XIII

En janvier 1962, la fouille d’une tombe à une dizaine de kilomètres au nord de Thessalonique livre, dans les restes d’un bûcher funéraire, un rouleau de papyrus carbonisé. Le papyrus de Derveni, conservé au Musée archéologique de Thessalonique, est daté par le Center for Hellenic Studies de Harvard des années 340-320 avant notre ère environ, pour un livre composé vers la fin du Vᵉ siècle. Vingt-six colonnes ont été reconstituées, toutes privées de leur partie basse, et Theokritos Kouremenos, George Parássoglou et Kyriakos Tsantsanoglou en ont publié l’édition officielle en 2006. L’auteur y commente en allégoriste un poème théogonique attribué à Orphée. D’après van Dongen, c’est le seul texte des époques archaïque et classique, hors Hésiode, où reparaisse la castration d’Ouranos, que l’imagerie grecque ne représente jamais.

Le quatrième vers cité à la colonne XIII contient le verbe « avaler » et un mot à double sens, aidoion, qui peut signifier « vénérable » ou désigner le sexe. La lecture courante fait de Zeus le sujet du verbe, comme dans les théogonies orphiques plus tardives où Zeus engloutit Phanès et le monde avec lui. En 2024, Vojtěch Hladký a proposé, avec prudence, d’y voir Cronos avalant le phallus de son père à la manière de Kumarbi, ce qui rapprocherait le poème orphique à la fois d’Hésiode et du chant hourrite. Mirjam Kotwick lui a répondu en 2025, dans la Bryn Mawr Classical Review, que la grammaire du vers se prête mal à cette lecture et que la colonne XVI, où Zeus devient seul et un avec le monde, se comprend difficilement s’il n’a rien avalé.

Pour aller plus loin

La titanomachie se distingue de la gigantomachie, où les Géants nés du sang d’Ouranos affrontent les Olympiens, et du combat contre Typhée qui clôt chez Hésiode la série des menaces. Elle rejoint l’histoire de Prométhée, fils du Titan Japet, et celle du sanctuaire de Delphes, où Pausanias a vu la pierre de Cronos.

Se connecter pour enregistrer
Se connecter pour enregistrer

Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Hésiode, *Théogonie*, 383-403 (Styx), 453-506 (Cronos et la pierre), 617-735 (titanomachie), 881-900 (royauté de Zeus, Métis) édition de référence M. L. West, Oxford, 1966
  2. Homère, *Iliade*, I, 396-406 (Briarée-Égéon) et XV, 187-193 (partage au sort) édition de référence
  3. *Titanomachie* du Cycle épique, fragments transmis par Athénée (*Deipnosophistes*, I, 22c et VII, 277d) et par la scholie à Apollonios de Rhodes, *Argonautiques*, I, 1165 trad. H. G. Evelyn-White, Loeb Classical Library 57, 1914
Voir les 23 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Chant de Kumarbi ou « Chant de la sortie », hittite d’après un original hourrite, épisode de la pierre substituée lacunaire, lignes ii 39-73 CTH 344, tablettes de Boğazköy (Hattusa)
  2. Rituel de purification hittite mentionnant les dieux primordiaux repoussés sous terre, iii 34-38 CTH 446
  3. Pausanias, *Description de la Grèce*, X, 24, 6 (pierre de Cronos à Delphes) édition de référence
  4. Papyrus de Derveni, rouleau carbonisé, 26 colonnes, col. XIII, 4 et col. XVI Musée archéologique de Thessalonique

Bibliographie

  1. M. L. West, *Hesiod. Theogony*, édition avec prolégomènes et commentaire, Oxford, 1966 Clarendon Press
  2. M. L. West, « “Eumelos” : A Corinthian Epic Cycle ? », *The Journal of Hellenic Studies* 122, 2002, p. 109-133 Society for the Promotion of Hellenic Studies
  3. Erik van Dongen, « The “Kingship in Heaven”-Theme of the Hesiodic Theogony : Origin, Function, Composition », *Greek, Roman, and Byzantine Studies* 51, 2011, p. 180-201 Duke University
  4. Robert Mondi, « The Ascension of Zeus and the Composition of Hesiod’s Theogony », *Greek, Roman, and Byzantine Studies* 25, 1984, p. 325-344 Duke University
  5. Carlo Corti, « The So-Called “Theogony” or “Kingship in Heaven” : The Name of the Song », *Studi Micenei ed Egeo-Anatolici* 49, 2007, p. 109-121 CNR, Istituto di Studi sul Mediterraneo Antico
  6. Harry A. Hoffner Jr., *Hittite Myths*, 2ᵉ édition, Writings from the Ancient World 2, Atlanta, 1998 Scholars Press
  7. Hans Gustav Güterbock, *Kumarbi. Mythen vom churritischen Kronos aus den hethitischen Fragmenten*, Zurich, 1946 Europaverlag
  8. Marcel Detienne et Jean-Pierre Vernant, *Les Ruses de l’intelligence. La mètis des Grecs*, Paris, 1974, 316 p. (Nouvelle bibliothèque scientifique) Flammarion
  9. Hésiode, *Théogonie. La naissance des dieux*, traduction, présentation et notes d’Annie Bonnafé, précédé d’un essai de Jean-Pierre Vernant, Paris, 1993 (Petite Bibliothèque) Payot & Rivages
  10. Theokritos Kouremenos, George M. Parássoglou et Kyriakos Tsantsanoglou, *The Derveni Papyrus. Edited with Introduction and Commentary*, Studi e testi per il Corpus dei papiri filosofici greci e latini 13, Florence, 2006 Leo S. Olschki
  11. Vojtěch Hladký, *On the Gods and the World : Orpheus and the Presocratics in the Derveni Papyrus*, Oxford, 2024, 416 p. Oxford University Press

Sources en ligne

  1. Hesiod, Theogony, line 1 (texte grec et traduction de H. G. Evelyn-White) Perseus Digital Libraryhttps://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0129
  2. The “Kingship in Heaven”-Theme of the Hesiodic Theogony Greek, Roman, and Byzantine Studieshttps://grbs.library.duke.edu/index.php/grbs/article/view/12791
  3. The Hittite Theogony or Song of Going Forth (CTH 344) : Stratification of Mythical Traditions Journal of Ancient Near Eastern Religionshttps://doi.org/10.1163/15692124-12341324
  4. Derveni Papyrus, Introduction Center for Hellenic Studies, Harvardhttps://chs.harvard.edu/derveni-papyrus-introduction/
  5. On the gods and the world : Orpheus and the Presocratics in the Derveni papyrus, compte rendu de Mirjam E. Kotwick, BMCR 2025,05,42 Bryn Mawr Classical Reviewhttps://bmcr.brynmawr.edu/2025/2025.05.42/
  6. M. Détienne et J. P. Vernant. Les ruses de l’intelligence. La mètis des Grecs, compte rendu de Robert Turcan Perséehttps://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1976_num_189_2_6223
  7. Annie Bonnafé, Hésiode, Théogonie : la naissance des dieux, compte rendu Perséehttps://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_1994_num_63_1_1210_t1_0338_0000_3
  8. The so-called “Theogony” or “Kingship in Heaven”. The name of the Song, Carlo Corti SMEA, CNR-ISMAhttp://smea.isma.cnr.it/wp-content/uploads/2016/02/Corti_The-so-called-Theogony-or-Kingship-in-Heaven.pdf
La lettre

Vous avez aimé cet article ?

Les nouveaux récits de l’encyclopédie et l’enquête du moment.