Trois bibles françaises, un seul mot hébreu. La Segond de 1910 traduit « le spectre de la nuit ». La Bible en français courant écrit « le démon Lilith ». La Bible du Semeur préfère « la chouette nocturne ». Le mot est lilit, il se trouve au chapitre 34 du livre d’Isaïe, et c’est la seule fois qu’il apparaît dans la Bible hébraïque. Toute la carrière de Lilith s’est jouée ailleurs.
Un mot unique, huit bêtes et deux traductions anciennes
Le chapitre annonce la ruine d’Édom. Les palais se couvrent de ronces et le verset 14 aligne huit créatures dont l’avant-dernière est lilit. Le terme ne revient nulle part ailleurs, les autres sont mieux attestés, et la lecture dépend de l’interprétation de la liste entière. Judit Blair a repris ce dossier en 2009 : le contexte impose selon elle des animaux réels, et lilit désigne un oiseau nocturne.
Les traducteurs anciens hésitaient déjà. La Septante rend le passage par des onocentaures, créatures mi-âne mi-homme ; la Vulgate écrit lamia, du nom de la dévoreuse d’enfants grecque. Un manuscrit de Qumrân tranchait pourtant dans l’autre sens plusieurs siècles plus tôt. Le rouleau 4Q510, copié entre 30 avant et 30 après notre ère et publié par Maurice Baillet en 1982, énumère les esprits que l’instructeur terrifie : anges de destruction, esprits bâtards, démons, liliyyot. Le mot y est au pluriel.
Reste un dossier matériel dont on ne peut rien tirer de sûr. En 1933, un archéologue achète à un paysan d’Arslan Tash, en Syrie du Nord, deux plaquettes de calcaire inscrites, la première de 8,2 sur 6,7 centimètres ; le texte conjure des voleuses et des étrangleuses, et l’on y a restitué une séquence brisée, lly-, complétée en lilith par les uns, lue « nuit et jour » par les autres. Javier Teixidor puis Pierre Amiet ont mis en doute leur authenticité en 1983, Jacobus van Dijk les a défendues en 1992, Dennis Pardee a rouvert la question en 1998 sans la refermer.
Des esprits de vent, et jamais une seule
L’étymologie qui fait de Lilith une démone de la nuit, par rapprochement avec l’hébreu layla, est populaire au mauvais sens du terme. Le nom vient de l’akkadien lilītu, féminin de lilû, emprunté au sumérien líl, qui recouvre selon le contexte le vent, le souffle et le fantôme.
Les textes cunéiformes ne connaissent pas une Lilith. Ils connaissent une catégorie : les lilû et les lilītu y sont les esprits de jeunes gens morts avant le mariage ou avant d’avoir eu des enfants, qui rôdent en cherchant ce qui leur a été refusé. À côté d’eux figure l’ardat-lilî, la fille du vent, contre laquelle on récite des formules dès l’époque paléo-babylonienne. Dans le recensement du pandémonium mésopotamien publié par Frans Wiggermann en 2011, ces esprits n’occupent aucun rang éminent.
Un point ruine à lui seul l’iconographie courante. Aucune image mésopotamienne de lilītu n’a été identifiée. Wiggermann a montré en 2007 que le seul mal régulièrement figuré dans l’art babylonien est Lamashtu, la ravisseuse de nourrissons, dont les amulettes sont nombreuses et bien datées. Les figurines de démons fabriquées pour les exorcismes étaient détruites au cours de la cérémonie. Un portrait antique de Lilith est donc, en l’état de la documentation, un objet moderne.
Ce que Kramer a lu dans le tronc du huluppu
Le récit sumérien Gilgameš, Enkidu et les Enfers compte environ trois cent trente lignes et nous vient de copies d’écoliers du début du IIᵉ millénaire, retrouvées à Nippur et à Ur. Inanna y plante sur la rive de l’Euphrate un arbre huluppu dont elle compte tirer un trône. Dix ans plus tard, l’arbre est occupé : un serpent dans les racines, l’oiseau Anzu et ses petits dans la ramure, et dans le tronc un être désigné par les mots ki-sikil-líl-lá. Gilgamesh tue le serpent, l’oiseau s’envole, l’occupante du tronc détruit sa maison et fuit vers les lieux déserts.
En 1938, Samuel Noah Kramer publie une reconstitution de ce passage pour l’Institut oriental de Chicago et traduit ki-sikil-líl-lá par Lilith. La formule fait carrière, dans les anthologies, les manuels et les notices de musée. Elle n’a pas tenu. Lowell Handy, dans le Anchor Bible Dictionary en 1992, jugeait minces les indices d’une Lilith hébraïque dans ce texte. Le corpus électronique de la littérature sumérienne d’Oxford traduit aujourd’hui l’expression par « vierge fantôme », et l’édition du poème donnée par Alhena Gadotti en 2014 ne la restitue pas.
La lecture de Kramer a pourtant produit un effet durable. Henri Frankfort s’en sert en 1937 pour identifier à Lilith la figure d’une plaque d’argile cuite alors en mains privées à Londres : 49,5 centimètres de haut, une femme nue et frontale coiffée de quatre paires de cornes, ailes rabattues, serres de rapace, deux lions dos à dos sous ses pieds, deux chouettes de part et d’autre. Le British Museum l’achète en 2003 pour 1 500 000 livres, la rebaptise, et l’expose salle 56 sous le numéro 2003,0718,1.
L’identification est abandonnée, pour deux raisons. Un démon de la littérature d’exorcisme ne se représente pas sur ce qui a toutes les apparences d’un relief cultuel. Et les chouettes, qui portaient tout le raisonnement, ne sont attestées nulle part comme attribut d’une lilītu. Le dossier n’est pas clos pour autant : Pauline Albenda conteste l’authenticité de la plaque depuis 1970 et a repris sa démonstration en 2005, Dominique Collon lui a répondu deux ans plus tard, et le musée s’appuie sur la thermoluminescence.
Des bols retournés sous les seuils
Le premier corpus qui parle vraiment de Lilith est fait de vaisselle. En Babylonie sassanide, entre le VIᵉ et le VIIIᵉ siècle, on inscrit sur des bols de terre cuite un texte araméen disposé en spirale du centre vers le bord, souvent autour d’une figure de démon enchaîné, puis on enterre le bol à l’envers sous un seuil. L’expédition de l’université de Pennsylvanie à Nippur en a rapporté plus d’une centaine à partir de 1888, seul grand ensemble issu d’une fouille documentée. James Montgomery en a publié quarante en 1913.
Ces textes nomment les liliths au pluriel, et certains font mieux : ils leur signifient un acte de divorce, rédigé dans les formes du tribunal rabbinique. Un bol du British Museum, 17,6 centimètres de diamètre, a été écrit pour un commanditaire nommé Bahram Gushnasp fils d’Ashtad Anahid. Le musée invite lui-même à la prudence sur ce corpus : sa notice signale que le catalogue publié par Judah Segal en 2000 a été sévèrement recensé et qu’une nouvelle édition est attendue.
Le Talmud de Babylone, contemporain de ces bols, la mentionne quatre fois. Shabbat 151b interdit de dormir seul dans une maison, sous peine d’être saisi par elle. Nidda 24b tranche un cas de pureté rituelle : un fœtus qui a la forme d’une lilith est un enfant, mais il a des ailes. Baba Batra 73a montre Hurmin, fils de Lilith, courant sur les remparts de Mahoza. Aucun de ces passages ne dit qu’elle fut la femme d’Adam.
Un conte de Bagdad lui donne une biographie
L’Alphabet de Ben Sira est anonyme. Il a été composé en terre d’islam, très probablement en Irak à l’époque des Gaonim, et Eli Yassif, qui en a donné l’édition critique en 1984, le situe à la fin du IXᵉ ou au début du Xᵉ siècle. La dernière partie se déroule à la cour de Nabuchodonosor, où le héros répond par vingt-deux récits aux épreuves du roi. David Stern y a vu la première parodie de la littérature rabbinique : le texte s’ouvre sur des hommes qui se masturbent au bain et traite gravement de l’accouplement des corbeaux.
C’est dans ce livre que Lilith reçoit son histoire. Dieu la façonne de la terre comme il a façonné Adam. Elle refuse de se coucher sous lui, au motif qu’ils sortent du même sol et se valent. Elle prononce le nom divin et s’envole. Trois anges, Senoy, Sansenoy et Semangelof, sont envoyés la chercher et échouent. Elle déclare avoir été créée pour rendre malades les nouveau-nés, puis jure d’épargner tout enfant dont l’amulette portera les noms des trois anges. Gershom Scholem l’a noté sans détour : le conte est là pour expliquer une pratique d’amulettes déjà répandue, pas l’inverse.
Le couple qui achèvera la figure se forme plus tard. Vers la seconde moitié du XIIIᵉ siècle, en Castille, Isaac ben Jacob ha-Cohen rédige le Traité sur l’émanation gauche et fait de Samaël et de Lilith les deux puissances centrales du côté obscur de la divinité. Le Zohar reprend le dispositif une génération après, et Joseph Dan a reconstitué en 1980 la chaîne qui va de la satire de Bagdad à la mythologie kabbalistique. Ce qui manque tient en une phrase : entre les incantations cunéiformes, les bols et l’Alphabet, on dispose de motifs communs et d’aucune chaîne de manuscrits.
De la Nuit de Walpurgis à 1972
Goethe l’introduit dans le premier Faust. Au vers 4119, pendant la Nuit de Walpurgis, Méphistophélès la désigne comme la première femme d’Adam et met Faust en garde contre sa chevelure. En France, elle devient une figure littéraire au milieu du XIXᵉ siècle, et Pascale Auraix-Jonchière en a suivi les métamorphoses jusqu’à la décadence. Dante Gabriel Rossetti la peint entre 1866 et 1868 : une femme qui se coiffe, aujourd’hui au Delaware Art Museum sous le numéro 1935-29.
Le renversement date de 1972. Judith Plaskow écrit cette année-là un midrash sur un midrash, où Lilith cesse d’être une ravisseuse d’enfants pour devenir l’alliée d’Ève. Le magazine Lilith paraît à partir de 1976. Michèle Bitton, qui a analysé ce retour en 1990, souligne que la figure sert alors d’emblème à la révolte contre l’ordre patriarcal, dans des écrits américains, israéliens et français.
Faut-il en conclure que la filiation mésopotamienne est une invention de savants ? Trois choses tiennent, et ce sont les meilleurs arguments du camp adverse. Le passage de l’akkadien lilītu à l’hébreu lilit est phonétiquement propre, et personne ne le conteste. À Qumrân, cinq siècles avant les premiers bols, les liliyyot figurent déjà dans une liste de démons, ce qui interdit de traiter la démonisation comme une invention médiévale. Et les fonctions attestées dans les incantations akkadiennes, la mort sans descendance, la menace sur les nouveau-nés, l’agression du dormeur, sont celles des bols et du Talmud. Ce qui ne tient pas, c’est le portrait individuel.
En 2003, le British Museum doit trouver un nom à sa plaque, « relief Burney » étant devenu trompeur. Selon la fiche de l’objet, la responsable des programmes nationaux du musée écrivit un quintil comique sur cette femme ailée d’Ur que ses chouettes désignaient comme reine de la nuit, et l’affaire fut réglée. L’objet ne vient pas d’Ur. Sur sa fiche, la ligne qui indique le type d’objet porte toujours un seul mot : plaque.
Pour aller plus loin
Le dossier croise Lamashtu, seule figure malfaisante que l’art mésopotamien représente régulièrement et dont les amulettes datées servent de point de comparaison. Il rejoint l’épopée de Gilgamesh, dont le récit de l’arbre huluppu forme une pièce indépendante, et la kabbale castillane, où le mal cesse d’être une privation pour devenir un couple.
On raconte souvent que Lilith fut la première épouse d’Adam, qu’elle refusa de lui obéir et quitta le jardin d’Éden. On ajoute que son histoire remonte aux plus vieux textes de Mésopotamie. La première partie de ce récit ne se lit nulle part avant le Moyen Âge. La seconde repose sur un mot, pas sur un personnage.
Un mot que personne ne sait traduire
Dans toute la Bible hébraïque, le nom apparaît une seule fois, dans un chapitre du prophète Isaïe qui décrit un pays ruiné, envahi par les bêtes. Le mot y figure au milieu d’une liste de huit créatures.
Les autres noms de la liste sont bien connus. Celui-là ne l’est pas, et comme on ne peut le comparer à rien, chacun le comprend selon sa lecture de l’ensemble. Une étude récente y voit un oiseau qui vit la nuit.
Les traducteurs anciens hésitaient déjà. La version grecque y a mis une créature mi-homme mi-âne, la version latine une dévoreuse d’enfants empruntée aux Grecs. Les bibles françaises n’ont toujours pas tranché : les unes écrivent « le spectre de la nuit », les autres « la chouette nocturne », les autres encore le nom de Lilith.
Ce qu’un traducteur a cru lire
Le nom vient d’un mot bien plus ancien, employé en Mésopotamie, qui désignait le vent, le souffle et le fantôme. Le rapprochement avec la nuit est venu après coup, par ressemblance.
Ce mot ne nommait personne en particulier. Il désignait une catégorie d’esprits : ceux des jeunes gens morts avant de se marier et d’avoir des enfants, qui rôdaient en cherchant ce qui leur avait manqué.
En 1938, un assyriologue américain publie un vieux poème sumérien : une créature s’installe dans le tronc d’un arbre planté par une déesse. Il traduit son nom par Lilith. La traduction se répand partout, puis tombe. Les éditions récentes du poème parlent d’une vierge fantôme, sans plus.
La même erreur a fabriqué son portrait. Une plaque d’argile babylonienne montre une femme ailée, aux pieds de rapace, debout sur des lions. On l’a identifiée à Lilith sur la foi de cette traduction, et personne ne le fait plus. Dans l’art mésopotamien, une seule figure malfaisante était figurée régulièrement, et ce n’était pas elle.
Le livre qui lui a donné une vie
Ce sont des objets de terre cuite qui parlent d’elle en premier. Dans l’Irak d’il y a quinze siècles environ, on écrivait sur des bols un texte disposé en spirale, puis on les enterrait à l’envers sous le seuil des maisons pour piéger les mauvais esprits. Ces textes la nomment, et au pluriel.
Le grand recueil juif de discussions religieuses de la même époque la mentionne aussi. Il déconseille de dormir seul chez soi, la décrit avec des ailes et de longs cheveux, montre son fils courant sur les remparts d’une ville. Aucun de ces passages ne dit qu’elle a été mariée à Adam.
Son histoire apparaît dans un livre anonyme, écrit sans doute en Irak un peu avant l’an mille. C’est un ouvrage moqueur que les spécialistes tiennent pour la première parodie de la littérature religieuse juive. On y lit que Dieu l’a formée de la terre comme Adam, qu’elle a refusé de se coucher sous lui parce qu’ils venaient du même sol, qu’elle a prononcé le nom divin et s’est envolée. Trois anges partent la chercher et échouent. Elle finit par promettre d’épargner tout enfant dont l’amulette portera leurs noms. Le conte explique un usage qui existait déjà.
De la démone à l’héroïne
Goethe la fait apparaître dans son Faust, où le diable la présente comme la première femme d’Adam et met le héros en garde contre sa chevelure. Un peintre anglais la représente en train de se coiffer. Elle entre dans la littérature française au dix-neuvième siècle.
Le renversement est venu ensuite. Une théologienne américaine réécrit l’épisode du jardin : Lilith n’y est plus une voleuse d’enfants, mais l’alliée d’Ève. Un magazine porte son nom peu après.
Rien de cela n’efface l’ascendance mésopotamienne, et il faut le dire aussi. Le passage d’une langue à l’autre ne pose aucun problème aux linguistes. Un manuscrit trouvé près de la mer Morte la range parmi les démons bien avant le Moyen Âge. Et ce qu’on lui reproche ne change pas : mourir sans enfants, s’en prendre aux nouveau-nés, tomber sur le dormeur seul. Ce qui a été ajouté, c’est le visage, la révolte et la vie racontée.
Sur certains bols enterrés sous les seuils, le texte n’est pas une prière. C’est un acte de divorce, adressé à elle, rédigé dans les formes du tribunal.
La version complète donne la plaque d’argile montrée comme son portrait, la querelle sur des amulettes syriennes dont on ignore si elles sont anciennes, et le nom des trois anges.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Isaïe 34,14, hapax lilit dans le texte massorétique ; Septante, ὀνοκένταυροι ; Vulgate, « ibi cubavit lamia »
- Isaïe 34,14 en français : Segond 1910, « le spectre de la nuit » ; Bible en français courant, « le démon Lilith » ; Bible du Semeur, « la chouette nocturne »
- Gilgameš, Enkidu et les Enfers, épisode de l’arbre huluppu, env. 330 lignes, copies scolaires paléo-babyloniennes Nippur, Ur et Me-Turan
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Sources primaires (suite)
- 4Q510, Cantiques du Sage, grotte 4 de Qumrân, entre 30 avant et 30 après notre ère, mention des liliyyot au pluriel
- Talmud de Babylone, Shabbat 151b, Erouvin 100b, Nidda 24b, Baba Batra 73a
- Alphabet de Ben Sira, section de la cour de Nabuchodonosor, récit de Lilith et des trois anges
- Relief dit « la Reine de la Nuit » (relief Burney), argile cuite, 49,5 × 37 × 4,8 cm, XIXᵉ-XVIIIᵉ siècle avant notre ère, Irak du Sud, Tello ou site voisin British Museum, Londres, 2003,0718,1, salle 56, vitrine 23
- Bol d’incantation araméen, terre cuite, diam. 17,6 cm, h. 7,4 cm, VIᵉ-VIIIᵉ siècle, commanditaire Bahram Gushnasp fils d’Ashtad Anahid British Museum, Londres, 1974,1209,2 (BM 136204), salle 52
- Amulettes d’Arslan Tash (AT1 et AT2), calcaire, AT1 8,2 × 6,7 cm, achetées à un villageois en 1933 Musée national d’Alep
- Johann Wolfgang von Goethe, Faust, première partie, « Nuit de Walpurgis », v. 4119-4123
- Dante Gabriel Rossetti, Lady Lilith, huile sur toile, 99,1 × 86,4 cm, 1866-1868, retouchée 1872-1873 Delaware Art Museum, Wilmington, 1935-29
Bibliographie
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Sources en ligne
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- « Lady Lilith », fiche d’œuvre, numéro d’objet 1935-29 Delaware Art Museumhttps://emuseum.delart.org/objects/6457/lady-lilith
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- « Lilith ou la Première Ève : un mythe juif tardif », Michèle Bitton, *Archives de sciences sociales des religions* 71 Perséehttps://www.persee.fr/doc/assr_0335-5985_1990_num_71_1_1347
- « Secrets of Ancient Magic », bols d’incantation de Nippur Penn Museum, *Expedition Magazine*https://www.penn.museum/sites/expedition/secrets-of-ancient-magic/
- « « The Coming of Lilith : » A Contemporary Midrash » Jewish Women’s Archivehttps://jwa.org/article/coming-of-lilith-contemporary-midrash






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