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Biographie
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Néron, empereur de l’incendie de Rome

Antiquité18 septembre 202617 min de lecture
cjh1452000 / Wikimedia Commons
17 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Quatre régions intactes sur quatorze

Rome est alors découpée en quatorze régions. D’après Tacite (Annales, XV, 40), le feu parti le 19 juillet 64 des boutiques adossées au Grand Cirque, du côté du Palatin et du Caelius, en laisse quatre intactes, en rase trois jusqu’au sol et ne laisse dans les sept autres que quelques pans de maisons, déchirés et à demi brûlés. Tacite écrit un demi-siècle après les faits. Il ouvre pourtant son récit sur une incertitude, puisqu’il déclare ignorer si le désastre est dû au hasard ou à une ruse du prince, les auteurs qu’il a lus ayant soutenu l’une et l’autre version (XV, 38).

Le prince en question est né Lucius Domitius Ahenobarbus, fils de Cnaeus Domitius Ahenobarbus et d’Agrippine la Jeune, arrière-petite-fille d’Auguste. Suétone (Vie de Néron, 6, 1) le fait naître à Antium le dix-huitième jour avant les calendes de janvier, soit le 15 décembre 37, neuf mois après la mort de Tibère, au lever du soleil. La date n’est donnée au jour près que par ce biographe, qui écrit vers 120, et les âges transmis par les autres auteurs ne la contredisent pas. L’enfant perd son père à trois ans. Claude, empereur depuis 41, épouse sa nièce Agrippine en 49 ; l’adoption, que Suétone place dans la onzième année du garçon (7, 1), fait de lui Nero Claudius Caesar Drusus Germanicus, frère adoptif de Britannicus, le fils de Claude. Sénèque est chargé de son éducation, et le jeune homme épouse en 53 Octavie, fille de Claude et sœur de Britannicus.

Le 13 octobre 54, à la mort de Claude, les prétoriens le saluent imperator sur les marches du Palatin, et Suétone (8) note qu’il refuse ce jour-là le seul titre de père de la patrie, en raison de son âge. Le même biographe range les mesures des premières années parmi celles qui ne méritent aucun blâme, allègements d’impôts, distributions au peuple, pensions à des sénateurs appauvris (10 et 19). En 55, Britannicus meurt au cours d’un dîner, d’un poison que Suétone (33) dit préparé par une certaine Locusta. En 59, Agrippine est tuée près de Baïes, après l’échec d’un navire conçu pour se disloquer en mer (34). En 62, Octavie, répudiée pour stérilité puis reléguée, est mise à mort sur une accusation d’adultère que Suétone dit inventée, et Néron épouse Poppée douze jours après le divorce (35). Viennent ensuite l’incendie de 64 et la reconstruction de la ville, la découverte en 65 de la conjuration de Pison, qui entraîne la mort de Sénèque et du poète Lucain (Tacite, Annales, XV, 48-70), puis le voyage en Grèce de 66-67, au cours duquel le prince concourt comme citharède et conducteur de char avant de proclamer, au stade de l’Isthme, la liberté de toute la province d’Achaïe (Suétone, 24, 2).

Au printemps 68, Julius Vindex, qui gouverne une province gauloise, se soulève, bientôt suivi par Galba en Espagne (Suétone, 40-42). La garde du Palatin se retire. Néron gagne de nuit, avec quatre compagnons dont Sporus, la villa de son affranchi Phaon, entre la via Salaria et la via Nomentana, vers la quatrième borne milliaire (48). Il y apprend par un billet que le Sénat l’a déclaré ennemi public, et s’enfonce un poignard dans la gorge avec l’aide d’Epaphroditus, son secrétaire aux requêtes, au moment où arrivent les cavaliers chargés de le ramener vivant (49). Ses funérailles coûtent deux cent mille sesterces. Ses nourrices Egloge et Alexandria et son ancienne concubine Acté déposent ses restes dans le monument des Domitii, sur la colline des Jardins, l’actuel Pincio, dans une cuve de porphyre que surmonte un autel de marbre de Luna (50). La date du décès se déduit de durées de règne transmises par des auteurs plus tardifs, qui conduisent au 9 ou au 11 juin 68.

Tout ce qui précède tient à des récits composés entre les années 110 et le début du IIIᵉ siècle. Il faut maintenant prendre Tacite, Suétone et Dion Cassius un à un, dater leur texte et leur manuscrit, puis examiner les trois points de l’été 64 sur lesquels ils se séparent, l’origine du feu, le chant de la chute de Troie et l’usage des terrains détruits, avant de suivre la réputation du prince depuis les fleurs déposées sur sa tombe jusqu’à la persécution que la tradition chrétienne lui attribue.

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