Pascal reconnaissait à Épictète d’être l’un des philosophes qui ont le mieux connu les devoirs de l’homme, et il ajoutait aussitôt la clause qui reprenait presque tout l’éloge. « J’ose dire qu’il mériterait d’être adoré, s’il avait aussi bien connu son impuissance. » Les passages qu’il résume ensuite viennent en grande partie d’un recueil assez court pour tenir dans la main, où l’on reconnaît le rôle de théâtre à bien jouer du chapitre 17 et la mort à garder chaque jour sous les yeux du chapitre 21.
Arrien écrit à Lucius Gellius
Épictète n’a rien écrit. Né dans les années 50 à Hiérapolis, en Asie Mineure, esclave à Rome d’un affranchi de Néron, Épaphrodite, puis libéré, il quitte l’Italie quand un édit de Domitien, vraisemblablement celui de 89, en chasse les philosophes, et enseigne à Nicopolis, en Épire, jusqu’à sa mort vers 135. Il boitait, et le Manuel s’en souvient au chapitre 9, où la boiterie gêne la jambe sans atteindre la faculté de choisir. Auguste avait fondé Nicopolis en mémoire d’Actium, sa victoire navale de 31 avant notre ère sur Marc Antoine. Tout ce qu’on lit sous son nom passe par Arrien de Nicomédie, futur historien de la campagne d’Alexandre. Quand l’a-t-il entendu ? Margaret Graver retient, d’après Fergus Millar, un enseignement saisi vers 108, et Raffaella Cribiore place l’élève à Nicopolis entre 117 et 120. Dans une lettre à un certain Lucius Gellius, placée en tête des Entretiens, Arrien déclare n’avoir pas composé ces discours comme on compose un livre. Il a tenté de noter mot à mot ce qu’il entendait, pour garder la mémoire de la pensée du maître et de sa franchise de parole, la parrhêsia, et ses notes ont circulé sans son accord.
Les Entretiens conservés comptent quatre livres sur au moins huit, et tous leurs manuscrits descendent d’un exemplaire de la Bodleian Library d’Oxford copié à la fin du XIᵉ siècle ou au début du XIIᵉ. Le Manuel (Encheiridion, ce qu’on garde à portée de main) en est un abrégé, dû lui aussi à Arrien. Ni interlocuteurs ni scènes de classe. Le format a fait sa fortune, à un prix que Margaret Graver formule sans ménagement dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy : pris seul, l’abrégé n’a guère de valeur indépendante pour comprendre Épictète, et il donne par endroits une idée trompeuse de ses motivations philosophiques.
Eph’ hêmin
Le premier chapitre s’ouvre sur une division. Parmi les choses qui existent, les unes sont eph’ hêmin, littéralement « sur nous », ce que l’usage français rend par « ce qui dépend de nous », les autres non. De nous dépendent le jugement (hupolêpsis), l’impulsion à agir (hormê), le désir et l’aversion, en un mot nos propres actes ; n’en dépendent pas le corps, les biens, la réputation, les charges publiques. Les premières sont par nature libres et sans entrave, les secondes faibles, asservies et dépendantes d’autrui. Pour que la division devienne un argument, il faut la prémisse du chapitre 2. Le désir promet d’obtenir son objet, l’aversion promet d’éviter le sien, et manquer l’un ou rencontrer l’autre fait le malheur. Si l’on désire ou redoute ce qui ne dépend pas de nous, l’échec reste possible à tout instant, puisque le cours de ces choses nous échappe par définition. Si l’on cantonne l’aversion à ce qui, parmi les choses qui dépendent de nous, est contraire à la nature, on ne tombera jamais sur ce qu’on fuit. D’où la conclusion, posée dès le chapitre 1. Celui qui place le bien et le mal dans la seule première classe ne sera contraint par personne, n’aura pas d’ennemi, et ne subira aucun tort, ce qui revient à loger toute sa vulnérabilité dans un domaine où personne d’autre ne peut entrer. Devant chaque phantasia pénible, l’image que l’esprit reçoit d’une situation, la fin du chapitre demande de se rappeler qu’on a affaire à une apparence, puis de l’éprouver à la règle du partage. Le chapitre 2 ajoute une restriction. Le débutant doit pour l’instant supprimer tout désir, faute de posséder encore aucun des biens qui dépendent de lui, et s’en tenir à l’impulsion, légèrement et sous réserve, hupexairesis en grec, une intention qui intègre d’avance l’échec possible.
Le chapitre 5 fournit le mécanisme. Les hommes sont troublés par leurs dogmata, les jugements qu’ils forment sur les choses, et l’exemple choisi est la mort. Si la mort était terrible par elle-même, elle aurait paru terrible à Socrate ; or Socrate l’a regardée en face sans effroi ; le terrible tient donc au jugement selon lequel la mort est terrible.
Un seul contre-exemple suffit, en principe, à reporter une propriété de la chose vers le jugement. Un lecteur peut se demander si un cas aussi exceptionnel que Socrate porte une conclusion aussi générale, ou s’il prouve seulement qu’un tel jugement peut être modifié, au terme d’une vie d’exercice que le Manuel ne décrit pas.
Une marmite, puis un enfant
Le chapitre 3 fait de la règle un entraînement gradué, en commençant par les plus petites choses. Si l’on aime une marmite, qu’on se dise qu’on aime une marmite, et sa casse ne troublera pas ; si l’on embrasse son enfant ou sa femme, qu’on se dise qu’on embrasse un être humain, et sa mort ne troublera pas. Le grec dit khutra, un pot de terre pour la cuisine, que la version anglaise attribuée à Elizabeth Carter sur le site du MIT change en tasse de céramique ; « marmite » convient mieux, parce que l’exercice veut un objet sans prestige.
La gradation compte autant que la règle, et le texte commence exprès par la vaisselle.
Au chapitre 26, une expérience que chacun peut refaire. Si le garçon du voisin casse une coupe, on dit volontiers que ce sont des choses qui arrivent, et il faudrait réagir de même quand la coupe est la nôtre, puis devant la mort d’un enfant, le sien comme celui d’autrui. Le jugement porté sur la perte d’autrui montre que nous savons déjà classer l’événement.
Lu seul, le Manuel semble prescrire l’indifférence. Au livre I, chapitre 11, les Entretiens rapportent pourtant le cas d’un magistrat qui a quitté sa maison quand sa petite fille était en danger, faute de supporter de la voir malade. Épictète lui demande si la mère, la nourrice et le pédagogue, qui aiment aussi l’enfant, auraient dû partir à leur tour. L’affection doit s’accorder avec la raison, et cette fuite n’était ni raisonnable ni affectueuse.
Margaret Graver rapproche ce cours du livre III, chapitre 24, où l’on aime ses enfants en se rappelant qu’ils sont mortels, comme on tient à une coupe de cristal qu’on sait fragile. Un amour longuement exercé à la perte reste-t-il le même amour ? Le Manuel donne l’exercice sans en discuter le prix, et laisse la question au lecteur.
« Une superbe diabolique »
L’entretien qui oppose Épictète à Montaigne n’a pas été rédigé par Pascal. On le connaît par les Mémoires de Nicolas Fontaine, secrétaire de Louis-Isaac Le Maistre de Sacy, et Andrea Di Biase le situe vraisemblablement pendant le séjour de Pascal à Port-Royal des Champs, du 7 au 28 janvier 1655. Imprimés en 1736 dans une édition fautive qui mutilait le texte, les Mémoires n’ont été rendus à leur manuscrit autographe que par une thèse soutenue en 1997. Personne ne peut dire à quelle phrase près Fontaine a rendu ce qu’il avait entendu.
L’objection porte sur le passage du devoir au pouvoir. Épictète enseignerait que Dieu a donné à l’homme les moyens de s’acquitter de toutes ses obligations, et que ces moyens sont en notre puissance. Pascal y voit des « principes d’une superbe diabolique », la superbe désignant l’orgueil, et il en dérive d’autres erreurs, que l’âme serait une portion de la substance divine, que la douleur et la mort ne seraient pas des maux, qu’on pourrait se tuer quand la persécution fait croire que Dieu appelle.
La meilleure réponse qu’on puisse prêter au stoïcien se lit à l’ouverture des Entretiens. Au livre I, chapitre 1, Zeus explique qu’il n’a pas pu rendre libres le corps et les biens d’Épictète, et qu’il lui a donné à la place une parcelle de lui-même, la faculté de faire usage des représentations. La liberté intérieure est donc un don, et Pascal, dont le résumé le reconnaît, en conteste la suffisance. Graver rappelle qu’Épictète rejette, au livre II, chapitre 16, l’idée que le progrès moral ne s’obtiendrait que par une assistance divine. Le différend suppose la chute et la grâce, que le stoïcien ignore, et le seul Manuel ne fournit aucun moyen de le régler.
Simplicius, Nil, Boter
Vers 550, le néoplatonicien Simplicius consacre au Manuel un long commentaire, qu’Ilsetraut Hadot a édité en 1996 d’après tous les manuscrits connus. Dès la première moitié du Vᵉ siècle, des auteurs chrétiens en avaient tiré des paraphrases, dont l’une circule sous le nom de Nil d’Ancyre, et Gerard Boter a édité en 1999 le Manuel avec ses trois adaptations chrétiennes. Le chapitre 29, sur l’aspirant champion qui doit peser ce qui précède et ce qui suit la victoire, manque dans l’une des deux branches de la tradition manuscrite, les paraphrases l’omettent, Simplicius ne le commente pas, et Boter y voit une interpolation tardive, suivi par Albert Watanabe.
En France, la lecture qui domine aujourd’hui vient de Pierre Hadot. En 1978, il rapporte les trois domaines d’exercice des Entretiens, au livre III, chapitre 2 (le désir et l’aversion, l’impulsion, l’assentiment), aux trois parties de la philosophie stoïcienne, physique, éthique et logique ; il traduit le Manuel en 2000 et publie en 2004, avec Ilsetraut Hadot, un livre sur l’enseignement qu’on en tirait. Margaret Graver refuse l’identification : le schéma de III, 2 sert surtout à remettre la logique à sa place d’entraînement. Le chapitre 52 du Manuel range d’ailleurs la philosophie autrement, l’usage des préceptes, leur démonstration, puis l’examen de la démonstration elle-même, et reproche aux élèves de passer tout leur temps sur le troisième point, si bien qu’ils mentent en sachant prouver qu’il ne faut pas mentir.
La langue des notes
Tout dépend de ce que le Manuel abrège au juste. Theo Wirth soutenait en 1967 qu’Arrien avait composé les Entretiens dans la tradition de Xénophon, en portrait idéalisé ; Ilsetraut Hadot a répondu en 1996 que l’absence de repères sur les lieux, les dates et les interlocuteurs était une marque d’authenticité. Robert Dobbin, en 1998, a fait d’Épictète lui-même l’auteur.
Arrien écrit ailleurs en attique, la langue littéraire des écoles, et les Entretiens sont en koinè, le grec commun, avec un tour bref et elliptique que Graver juge très éloigné de sa prose d’historien. En 2024, Raffaella Cribiore en tire une conclusion plus précise. Un jeune homme instruit parlait la koinè au quotidien, Épictète commentait lentement en interrogeant ses auditeurs, les abréviations des notes de travail permettaient de suivre, et la lettre à Gellius ressemble aux préfaces où Galien se plaint de brouillons diffusés à son insu.
Jackson Hershbell écrivait en 1989 que la controverse sur la fiabilité d’Arrien ne serait peut-être jamais réglée autrement que par décret savant, faute de preuves concluantes, et Cribiore reprend la phrase pour soutenir que la recherche a depuis notablement avancé. Entre les deux positions manque toujours un témoin indépendant de l’enseignement donné à Nicopolis, notes d’un autre élève ou récit d’un visiteur, qui permettrait de mesurer ce qu’Arrien a gardé, omis ou réordonné en tirant de ses cahiers les cinquante-trois chapitres du Manuel.
Pour aller plus loin
Le stoïcisme d’Épictète se lit avec celui de Marc Aurèle, qui se tenait pour son disciple sans avoir jamais été son élève, et avec le dossier du suicide de Sénèque, et dont la lecture par Pierre Hadot part des mêmes trois domaines d’exercice. La querelle de Pascal avec les stoïciens rejoint le scepticisme de Montaigne, l’autre moitié de l’entretien de 1655. La distinction entre ce qui dépend de nous et le reste croise enfin la question du destin et de la liberté dans l’ancien stoïcisme, de Chrysippe à Épictète, et la fondation du Portique par Zénon de Kition.
On croit souvent que le Manuel d’Épictète sort de la plume d’Épictète. Ce philosophe grec, ancien esclave à Rome, a enseigné jusqu’à sa mort dans une ville au bord de l’Adriatique. Son petit livre expose une règle pour ne plus être troublé par ce qui arrive. Il n’en a pourtant écrit aucune ligne, et ce détail change la lecture.
Les cahiers d’un élève
Épictète parlait, il n’écrivait pas. Un de ses élèves, un jeune homme nommé Arrien, assistait aux cours et prenait des notes. Arrien est devenu plus tard un historien, connu pour ses livres sur la campagne d’Alexandre.
Dans une lettre, Arrien raconte sa façon de procéder. Il a essayé de tout noter mot à mot, pour se souvenir de la pensée du maître et de sa façon de parler sans détour. Ses cahiers ont ensuite circulé sans qu’il l’ait voulu.
De ces notes sont sortis deux livres. Le premier, les Entretiens, rapporte des cours entiers, avec les échanges de la classe. Il comptait au moins huit volumes. Seuls quatre nous sont parvenus.
Le second est un abrégé, le Manuel. Son nom grec désigne le livre qu’on garde à portée de main. Il ne contient ni dialogues ni scènes de classe. L’ouvrage tient en cinquante-trois chapitres très courts.
Deux colonnes
Le premier chapitre range tout ce qui existe en deux colonnes. D’un côté se trouve ce qui vient de nous, comme nos jugements, nos élans, nos désirs et nos refus. De l’autre se trouvent notre corps, nos biens, notre réputation et nos fonctions.
Épictète en tire une règle. Ce qui vient de nous, personne ne peut l’empêcher. Le reste peut toujours nous échapper. Celui qui met le bien et le mal dans la seconde colonne s’expose donc à l’échec à chaque instant. Celui qui les met dans la première ne peut plus être atteint du dehors.
La mort sert d’exemple. Si elle faisait peur par elle-même, Socrate aurait tremblé avant de mourir. Il l’a pourtant affrontée avec calme. La peur vient donc de l’idée qu’on se fait de la mort.
Un seul exemple suffit-il pour une règle aussi large ? Socrate était un homme hors du commun. Le livre laisse cette question sans réponse.
Le pot cassé
L’exercice commence par les objets sans valeur. Celui qui aime un pot de cuisine doit se répéter qu’il aime un simple pot. Le jour où le pot se casse, il ne sera pas bouleversé.
Puis l’exercice monte d’un cran. En embrassant son enfant, on doit se dire qu’on embrasse un être humain. Si l’enfant meurt, assure le texte, on ne sera pas troublé.
Une autre page propose une épreuve facile à refaire. Le garçon d’à côté brise une coupe, et l’on hausse les épaules en disant que cela arrive. Si la coupe brisée est la nôtre, on se fâche. Épictète demande de juger les deux cas de la même manière.
Beaucoup de lecteurs bloquent sur l’enfant. Un cours rapporté dans les Entretiens répond en partie. Un père y avoue avoir fui sa maison pendant que sa fille était gravement malade. Épictète lui demande si la mère et la nourrice auraient dû fuir elles aussi. Aimer, conclut-il, doit aller avec la raison.
Une spécialiste du stoïcisme, l’école de pensée d’Épictète, estime que le Manuel lu seul donne par endroits une image trompeuse de son auteur. Une question reste sans réponse claire. Un amour qui s’entraîne à l’idée de la perte est-il encore le même amour ?
Le reproche de Pascal
Au XVIIᵉ siècle, Pascal admirait Épictète, à qui il reconnaissait une connaissance rare des devoirs de l’homme. Il lisait le Manuel de près et en résumait plusieurs passages. Il l’accusait pourtant d’un orgueil démesuré.
D’après Pascal, Épictète croit l’homme capable de remplir tous ses devoirs avec les moyens reçus de Dieu. Pascal voit dans cette confiance un orgueil coupable. À ses yeux, Épictète connaissait les devoirs de l’homme sans voir sa faiblesse.
Épictète avait en partie de quoi répondre. Dans un cours, il fait parler le dieu Zeus, qui dit avoir offert à l’homme une parcelle de lui-même. Le pouvoir de bien juger est donc un cadeau. Pascal doute que ce cadeau suffise sans autre aide divine. Le désaccord touche à la foi, et les textes d’Épictète ne permettent pas de le trancher.
Ce reproche ne nous arrive que par la plume d’un secrétaire. La conversation date probablement de 1655, et personne ne sait si le témoin a rendu fidèlement les mots de Pascal. Le même doute pèse sur Arrien. Depuis 1967, les spécialistes se disputent pour savoir s’il a embelli son maître, recopié ses paroles, ou laissé Épictète écrire lui-même.
Toutes les copies des Entretiens descendent d’un seul manuscrit, copié vers l’an 1100 et conservé aujourd’hui à Oxford.
La version complète donne la lettre d’Arrien à Lucius Gellius, les mots exacts de l’objection de Pascal, et le chapitre qu’un éditeur moderne tient pour ajouté après coup.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Épictète, *Manuel* (*Encheiridion*), rédaction d’Arrien, chapitres 1 et 2 (partage de ce qui dépend de nous, suspension du désir, *hupexairesis*), 3 (la marmite et l’enfant), 5 (les *dogmata* et la mort de Socrate), 9 (la boiterie), 17 et 21 (passages résumés par Pascal), 26 (la coupe du voisin), 29 (chapitre tenu pour interpolé), 52 (les trois lieux de la philosophie) ; texte grec dans Heinrich Schenkl (éd.), *Epicteti Dissertationes ab Arriano digestae*, Leipzig, 2ᵉ éd., 1916, et dans l’édition de Gerard Boter, 1999 ; traduction française de référence par Pierre Hadot, *Manuel d’Épictète*, Paris, 2000, « Classiques de la philosophie » ; les passages sont paraphrasés dans l’article d’après le grec Teubner ; Le Livre de Poche
- Arrien, lettre à Lucius Gellius, préface des *Entretiens* d’Épictète ; texte grec dans l’édition Schenkl, 1916 ; traduction anglaise de Raffaella Cribiore, *Listening to the Philosophers*, chap. 5 Teubner ; Cornell University Press
- Épictète, *Entretiens*, rédaction d’Arrien, I, 1 (le discours de Zeus), I, 11 (le père qui a fui l’enfant malade), II, 16 (le progrès moral sans assistance divine), III, 2 (les trois domaines d’exercice), III, 24 (la coupe de cristal) ; éd. Schenkl, 1916 ; traduction française de Joseph Souilhé, *Entretiens*, 4 vol., Paris, 1948-1965, Collection des Universités de France Les Belles Lettres
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Sources primaires (suite)
- Blaise Pascal, *Entretien avec M. de Sacy sur Épictète et Montaigne*, janvier 1655, rapporté par Nicolas Fontaine dans ses *Mémoires* (1ʳᵉ éd. 1736) ; texte cité d’après André Gounelle, *L’Entretien de Pascal avec M. de Sacy. Étude et commentaire*, Paris, 1966, orthographe modernisée Presses universitaires de France
- Simplicius, *Commentaire sur le Manuel d’Épictète*, vers 550, introduction et édition critique du texte grec par Ilsetraut Hadot, Leyde, 1996, « Philosophia antiqua » 66 Brill
- Paraphrase chrétienne du *Manuel* transmise sous le nom de Nil d’Ancyre (CPG 6075) et deux autres adaptations chrétiennes, dont celle du Vaticanus graecus 2231, éditées par Gerard Boter, 1999 Brill
Bibliographie
- Ilsetraut Hadot et Pierre Hadot, *Apprendre à philosopher dans l’Antiquité. L’enseignement du « Manuel d’Épictète » et son commentaire néoplatonicien*, Paris, 2004, 219 p., « Références » 603 Le Livre de Poche
- Pierre Hadot, « Une clé des *Pensées* de Marc Aurèle : les trois *topoi* philosophiques selon Épictète », *Les Études philosophiques* 33, 1978, p. 65-83 Presses universitaires de France
- Gerard Boter, *The Encheiridion of Epictetus and its Three Christian Adaptations. Transmission and Critical Editions*, Leyde-Boston, 1999, xviii-546 p., « Philosophia antiqua » 82 Brill
- Raffaella Cribiore, *Listening to the Philosophers*, chap. 5, « Epictetus as an Educator and a Man », Ithaca, 2024 Cornell University Press
- Theo Wirth, « Arrians Erinnerungen an Epiktet », *Museum Helveticum* 24, 1967, p. 149-189 et 197-216 Schwabe
- Robert F. Dobbin, *Epictetus. Discourses Book 1*, traduction, introduction et commentaire, Oxford, 1998 Clarendon Press
- Jackson P. Hershbell, « The Stoicism of Epictetus : Twentieth-Century Perspectives », *Aufstieg und Niedergang der römischen Welt* II.36,3, Berlin, 1989, p. 2148-2163 De Gruyter
- Fergus Millar, « Epictetus and the Imperial Court », *Journal of Roman Studies* 55, 1965, p. 141-148 Society for the Promotion of Roman Studies
- Andrea Di Biase, « Contro Epitteto. Pascal e la virtù imperfetta », *Bibliomanie. Letterature, storiografie, semiotiche* 47, 2018-2019 Bibliomanie
Sources en ligne
- « Epictetus », par Margaret Graver, première publication 2008, révision substantielle du 16 juillet 2025 Stanford Encyclopedia of Philosophy, Stanford Universityhttps://plato.stanford.edu/entries/epictetus/
- « The Internet Classics Archive | The Enchiridion by Epictetus », traduction d’Elizabeth Carter Massachusetts Institute of Technologyhttps://classics.mit.edu/Epictetus/epicench.html
- « The Internet Classics Archive | The Discourses by Epictetus », livre I Massachusetts Institute of Technologyhttps://classics.mit.edu/Epictetus/discourses.1.one.html
- « Listening to the Philosophers : Chapter 5 » Cornell University Press, Manifoldhttps://cornellpress.manifoldapp.org/read/listening-to-the-philosophers/section/cffd6521-f352-4305-88e9-48d2ad200bf6
- « The Encheiridion of Epictetus and its Three Christian Adaptations » De Gruyter Brillhttps://www.degruyterbrill.com/document/isbn/9789004321076/html
- « Simplicius - Commentaire sur le Manuel d’Epictète » De Gruyter Brillhttps://www.degruyterbrill.com/document/isbn/9789004320888/html
- « Epictetus : Encheiridion », par Albert Watanabe Dickinson College Commentarieshttps://dcc.dickinson.edu/node/27118
- « Épictète » Encyclopédie Laroussehttps://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/%C3%89pict%C3%A8te/118203
- « Nicolas Fontaine (1625-1709), Mémoires : édition critique d’après le manuscrit original autographe, avec introduction, notes et annexes », thèse de doctorat, 1997 theses.frhttps://theses.fr/1997PA040127
- « L'« Entretien de Pascal avec M. de Sacy » : Gounelle, André » Internet Archivehttps://archive.org/details/lentretiendepasc0000goun


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