Admettons avec Thalès que toute chose vienne de l’eau. L’eau est humide, l’humide ronge le sec, et une quantité illimitée d’humide ne rencontrerait jamais assez de sec pour être arrêtée. Le sec aurait donc disparu depuis longtemps. Il en subsiste pourtant, et le raisonnement condamne l’eau au titre d’origine, comme il condamnerait le feu, l’air ou n’importe quelle autre chose pourvue d’une qualité. Aristote le rapporte à la Physique, III, 5, 204b22-29, sous le nom collectif de ceux qui posent au principe un illimité distinct des éléments.
Un livre perdu, un citateur onze siècles plus tard
Anaximandre, fils de Praxiadès, apparaît chez Aristote ailleurs, et l’association du personnage et de l’argument est ancienne. Diogène Laërce lui consacre le premier chapitre du livre II de ses Vies, où il cite les Chroniques d’Apollodore d’Athènes. Selon Apollodore, il avait soixante-quatre ans la deuxième année de la cinquante-huitième olympiade, soit en 547 ou 546 avant notre ère, ce qui place sa naissance vers 610. Diogène ajoute qu’il planta un gnomon à Lacédémone et qu’il traça le premier le contour des terres et des mers.
Il écrivit un traité en prose que la tradition appelle Sur la nature, et ce livre a disparu. Il se trouvait sans doute encore à la bibliothèque du Lycée du temps de Théophraste, et Diogène laisse entendre qu’un exemplaire est passé entre les mains d’Apollodore au IIᵉ siècle avant notre ère.
Une phrase en a réchappé, par un chemin long. Simplicius de Cilicie, néoplatonicien du VIᵉ siècle, commente le premier livre de la Physique et reprend, pour illustrer la division aristotélicienne des principes, ce que Théophraste avait écrit sur les Milésiens. La référence qu’on lit partout, In Physica, 24, 13-21, désigne la page et les lignes de l’édition que Hermann Diels a donnée de ce commentaire en 1882. Aucun livre ni chapitre d’Anaximandre ne se cache derrière ces chiffres. Le même Diels a classé le passage sous la cote 12 B 1 dans Die Fragmente der Vorsokratiker, où la série B rassemble les mots tenus pour authentiques et la série A les témoignages.
Les éditions donnent ce grec. ἐξ ὧν δὲ ἡ γένεσίς ἐστι τοῖς οὖσι, καὶ τὴν φθορὰν εἰς ταῦτα γίνεσθαι κατὰ τὸ χρεών· διδόναι γὰρ αὐτὰ δίκην καὶ τίσιν ἀλλήλοις τῆς ἀδικίας κατὰ τὴν τοῦ χρόνου τάξιν. Faute de signes de citation en grec, et Simplicius écrivant au discours indirect, savoir où s’arrête le résumé demeure une question ouverte. L’accord est large sur la proposition qui commence à διδόναι γάρ ; Charles Kahn a soutenu qu’une partie de la précédente pouvait l’être aussi, et Heidegger restreignait en 1946 la citation à un noyau plus court. Simplicius signale que son auteur s’exprime en termes assez poétiques, remarque qui a servi d’argument à tous les camps.
Pourquoi l’origine ne peut porter aucune qualité
Reprenons l’argument, prémisse par prémisse. Première prémisse, les matériaux fondamentaux du monde vont par couples opposés, et l’opposition signifie ici destruction active, le chaud défaisant le froid, le sec asséchant l’humide. Deuxième prémisse, une puissance limitée peut être contenue par une autre puissance limitée, alors que rien de fini ne saurait arrêter ce qui est infini. Troisième prémisse, admise sans discussion par les physiciens ioniens, la génération et la destruction durent depuis toujours. Conclusion. Si l’origine était l’une des choses qualifiées et qu’elle fût illimitée, les autres auraient été anéanties ἤδη, « depuis longtemps ». Or elles sont là. L’origine n’est donc aucune des choses qui possèdent une qualité déterminée, et il faut poser à sa place quelque chose d’indéterminé, dont les contraires se séparent ensuite. Deux arguments complètent celui-ci dans la Physique, III, 4. L’un porte que l’illimité n’a pas de principe puisqu’il est lui-même le principe, en 203b6-10. L’autre, en 203b18-20, le tire de la continuité du devenir, laquelle exigerait une source inépuisable. C’est dans la même section, en 203b13-15, qu’Aristote écrit que l’illimité est le divin, immortel et impérissable, comme le disent Anaximandre et la plupart des physiciens.
Le mot lui-même mérite qu’on s’y arrête. Ἄπειρον se compose du α privatif et de πεῖραρ, la limite, le bord, le terme. Trois questions distinctes se cachent sous cette négation, et Bohdan Wiśniewski les avait séparées dès 1957 dans la Revue des Études Grecques. Mélange d’éléments ou substance intermédiaire, infini spatial ou simple immensité, et enfin indétermination qualitative ? Les réponses sont indépendantes, et les témoignages antiques les mêlent. Le présent article rend le terme par « l’illimité » plutôt que par « l’infini », parce que le second charrie une notion mathématique construite bien plus tard. Aristote, du reste, ne se contente pas de rapporter le raisonnement, il le combat, et soutient dans De la génération et de la corruption, II, 5, 332a20-25, qu’aucun corps intermédiaire infini ne peut exister.
Cet argument ne dit rien de ce qu’est l’illimité. Il écarte seulement toutes les choses qualifiées.
Le vocabulaire du tribunal appliqué au monde
Le fragment emprunte ses mots au droit. Δίκη désigne la peine due et le règlement qui rétablit l’équilibre, τίσις le paiement effectif, celui des compensations versées pour un meurtre, ἀδικία le tort commis. Κατὰ τὸ χρεών dérive de χρή, « il faut », et se laisse rendre par « selon la nécessité » comme par « selon ce qui est dû ». Κατὰ τὴν τοῦ χρόνου τάξιν emploie τάξις, mot qui désigne un ordre et aussi bien une assignation, la position attribuée à un rang de soldats dans une ligne de bataille. En gardant l’ordre du grec, cela donne à peu près ceci, les choses dont il y a génération pour les êtres, c’est en elles aussi que se produit la destruction, selon ce qui est dû, car elles se donnent justice et réparation les unes aux autres de leur injustice, selon l’assignation du temps. Les deux éditions françaises de référence, celle de Marcel Conche en 1991 et celle d’André Laks et Glenn Most en 2016, ne rendent χρεών et τάξις ni de la même manière ni avec le même effet. Jonathan Barnes signale de son côté que certains lecteurs, Hermann Fränkel en particulier, entendent dans κατὰ τὸ χρεών une notion normative, ce qui doit être plutôt que ce qui arrive nécessairement, et il en tire une critique adressée à Anaximandre, celle de confondre les lois descriptives et les lois prescriptives.
En 1947, Gregory Vlastos a montré dans Classical Philology que la δίκη des premières cosmologies grecques fonctionne comme un principe de réciprocité, des puissances étant égales lorsqu’elles se tiennent mutuellement en échec, de sorte qu’aucune n’obtienne la domination. Jean-Pierre Vernant a poussé l’analyse du côté de la cité dans Les origines de la pensée grecque, en 1962, puis dans un chapitre de Mythe et pensée chez les Grecs. Le cosmos y devient un espace circulaire et centré où l’égalité et la symétrie des puissances remplacent la souveraineté d’une seule, sur le modèle de l’isonomia. Devenue en France la lecture ordinaire, elle date de 1962, et Maria Michela Sassi lui a opposé en 2007, dans la revue Philosophie antique, que l’isonomia n’occupe le débat politique athénien que dans les dernières décennies du VIᵉ siècle, ce qui la rend malaisée à mobiliser pour une conception de l’espace physique apparue à Milet au début du même siècle.
Deux lectures que sépare un seul mot grec
Dirk Couprie, auteur de la notice « Anaximander » de l’Internet Encyclopedia of Philosophy, distingue une lecture horizontale et une lecture verticale. L’horizontale tient que le fragment ne dit rien du rapport des choses à l’illimité et décrit seulement la bataille des éléments entre eux. La verticale tient qu’il décrit ce rapport, l’illimité étant la source d’où tout jaillit et le gouffre où tout retombe.
Un mot départage les deux, et ce mot manque dans une partie des manuscrits. Ἀλλήλοις, « les unes aux autres », impose la lecture horizontale, puisqu’il installe la réparation entre les choses. Sans lui, la phrase s’entend comme une dette payée par les êtres individués à ce dont ils se sont détachés. L’horizontale s’appuie sur les pronoms relatifs du grec, qui sont au pluriel et s’accordent mal avec un illimité unique ; elle laisse en revanche l’illimité absent de la seule phrase conservée d’Anaximandre, et oblige à supposer deux cycles distincts. La verticale rend l’illimité nécessaire, au prix d’une torsion sur les pronoms. Marcel Conche en défend une version radicale dans son édition de 1991, la « Parole d’Anaximandre » apportant selon lui une justification de la mort, mourir n’étant que la juste rançon d’avoir vécu, puisqu’il y a eu injustice à vivre.
Cette famille de lectures a une histoire, et il vaut la peine de dire d’où elle vient. Nietzsche, dans un manuscrit de 1873 qu’il n’a jamais publié et qui n’a paru qu’en 1903, La Philosophie à l’époque tragique des Grecs, tire du fragment une interprétation morale de l’existence, où toute chose déterminée expie son individuation par la destruction. Le statut du texte compte, il s’agit d’une mise au net de notes de cours restée dans les papiers de l’auteur. Heidegger a repris la question en 1946, dans un essai traduit en français sous le titre « La parole d’Anaximandre ». Ces lectures appartiennent à la postérité du fragment, et son édition critique relève d’un tout autre travail.
Le débat technique continue par ailleurs. Jaap Mansfeld a proposé en 2011 dans Phronesis de lire ce monde comme un système instable dont les forces élémentaires s’affrontent en ennemies sans jamais se changer les unes en les autres, thèse que Ricardo Salles a contestée en 2024 sur le cas de l’assèchement de la mer. Les deux lectures principales rendent compte du passage, et aucun élément textuel ne permet à ce jour de trancher entre elles.
La terre ne tombe pas, faute de raison de tomber
Le second grand raisonnement conservé porte sur la place de la terre, et Aristote le rapporte en Du ciel, II, 13, 295b10-16, cette fois en nommant Anaximandre. Un corps situé au centre et rapporté de la même manière à toutes les extrémités n’a pas plus de raison d’aller vers le haut que vers le bas ou de côté ; or il est impossible de se mouvoir en même temps dans des directions contraires ; donc il demeure immobile. Hippolyte de Rome donne la même idée sous la forme d’une équidistance à l’égard de toutes choses. Cette terre est un cylindre trois fois plus large que haut, dont nous habitons l’une des deux faces plates.
Aristote trouve l’argument ingénieux et le juge faux, pour deux motifs. Le premier est formel, la démonstration ne s’appuie sur aucune propriété propre à la terre, si bien qu’elle vaudrait pour du feu placé au centre ; et la terre ne se contente pas de rester au centre, elle s’y porte. Le second est un contre-exemple que le lecteur peut se représenter sans effort. Placez un homme exactement aussi affamé qu’assoiffé, à égale distance d’un plat et d’une cruche. Selon le principe invoqué, rien ne lui donne de raison de préférer un côté, et il doit rester où il est. Aristote ajoute l’image d’un cheveu soumis à une tension parfaitement égale de part et d’autre, qui ne romprait jamais. Le même schéma reparaît beaucoup plus tard dans la seconde lettre de Leibniz à Clarke, attribué cette fois à Archimède, sous une forme qui annonce le principe de raison suffisante.
La réfutation laisse pourtant intact l’essentiel. La terre d’Anaximandre ne repose sur rien, ni sur l’eau de Thalès, ni sur des piliers, ni sur le dos d’un animal, et elle tient par sa seule position dans un espace ouvert où les astres peuvent passer dessous.
Théophraste a-t-il inventé l’apeiron ?
Tout ce qui précède suppose qu’Anaximandre a employé le mot. Or Aristote ne le nomme que deux fois dans ces parages. En Physique, I, 4, 187a20-23, il le range parmi ceux qui font sortir les contraires d’un mélange unique, avec Empédocle et Anaxagore, description pluraliste où aucun illimité n’intervient. En Physique, III, 4, 203b13-15, il l’associe à la plupart des physiciens pour dire que le divin est immortel et impérissable. Nulle part il n’écrit qu’Anaximandre a donné au principe le nom de τὸ ἄπειρον. Ce nom, c’est Théophraste qui l’attribue au Milésien, et Pavel Hobza en a tiré en 2025, dans la revue Apeiron, une conclusion nette, l’écart entre les deux témoignages serait tel que le concept d’apeiron comme désignation de la masse originelle aurait été introduit par le successeur d’Aristote. La position est minoritaire et récente, elle prolonge une difficulté que Dirk Couprie et Radim Kočandrle avaient exposée en 2017, et les éditions courantes continuent de porter le terme au compte d’Anaximandre.
La circulation du livre a laissé une trace matérielle, et une seule. En 1969, une fouille de sauvetage à Taormine, l’ancienne Tauromenion, a dégagé dans une citerne des fragments d’enduit mural d’environ sept centimètres et demi d’épaisseur, couverts d’une fine couche crème sur laquelle un long texte avait été peint en rouge, en colonnes. Chaque colonne portait une notice d’auteur, à la manière des catalogues alexandrins, et le quatrième fragment conserve sur trois lignes celle qui concernait Anaximandre de Milet. Au IIᵉ siècle avant notre ère, dans le gymnase d’une petite cité de Sicile, on pouvait donc demander ce livre. Trancher la querelle exigerait un témoin antérieur à Théophraste qui le cite, ou un papyrus. Depuis 1969, la seule nouveauté matérielle est cette notice peinte, où se lisent un nom et une filiation, sans une ligne de la doctrine.
Pour aller plus loin
L’eau de Thalès, que l’argument de l’illimité vise en premier, ouvre la série milésienne de l’encyclopédie, et Anaximène y répond en revenant à un élément déterminé, l’air. La justice cosmique traverse ensuite les fragments d’Héraclite, et le devenir se heurte peu après à Parménide, qui interdit purement et simplement la génération. Le raisonnement par indifférence croise l’histoire du principe de raison suffisante.
Le mot grec apeiron se défait en morceaux. Un « a » qui nie, et peirar, la limite, le bord, le terme. Sans limite, donc. Dans la ville grecque de Milet, sur la côte de l’actuelle Turquie, un homme a donné ce nom à ce dont tout vient. Il s’appelait Anaximandre et il est né vers 610 avant notre ère. De son livre il ne subsiste qu’une phrase, recopiée par un lecteur qui vivait onze siècles plus tard.
L’eau ne pouvait pas faire l’affaire
Son maître Thalès avait proposé une réponse simple. Tout vient de l’eau. Anaximandre y voit une faille, et le raisonnement qu’on lui prête tient en quelques lignes.
L’eau est humide. L’humide et le sec se détruisent mutuellement, comme le chaud repousse le froid. Si la réserve d’eau était sans limite, rien de sec ne pourrait lui résister, et tout ce qui est sec aurait déjà disparu. Or le sec existe encore.
Le même argument vaut contre le feu, contre l’air, et contre n’importe quelle matière ayant une propriété reconnaissable. Ce dont tout vient ne peut donc être ni chaud ni froid, ni humide ni sec. Ce doit être quelque chose sans propriété déterminée, dont chaud et froid, sec et humide se séparent ensuite. C’est cela, l’illimité.
Une phrase de tribunal
La phrase conservée surprend par son vocabulaire. Elle ne parle pas de matière, elle parle de dette et de procès. Les choses, dit-elle, se rendent justice et réparation de leur injustice, selon l’ordre du temps.
Chacun des mots employés vient du droit. Le premier désigne la peine due, le deuxième le paiement effectif, celui qu’on versait autrefois pour compenser un meurtre, le troisième le tort commis. Le monde y est décrit comme un règlement de comptes qui se solde à échéance.
Qui doit quoi à qui, en revanche, le texte se garde de le dire clairement. Les traducteurs eux-mêmes ne s’accordent pas sur deux de ces mots, celui qui exprime la nécessité et celui qui exprime l’ordre du temps.
Un mot que les copistes n’ont pas tous écrit
Le grec ancien n’utilise pas de guillemets. Le commentateur qui nous a transmis la phrase écrit au style indirect, et personne ne sait avec certitude où sa paraphrase s’arrête. Il précise seulement que son auteur s’exprimait en termes assez poétiques.
Une difficulté plus lourde tient à quelques syllabes. Dans une partie des manuscrits figure un mot qui signifie « les unes aux autres ». Dans le reste, il manque.
Avec ce mot, la phrase décrit une bataille entre contraires, chacun débordant sur son voisin et remboursant ensuite ce qu’il a pris. L’illimité n’y joue plus aucun rôle. Sans ce mot, la phrase dit autre chose. Ce sont les êtres qui paient, et ils paient à leur origine le fait d’avoir existé séparément. Naître devient une faute, mourir la juste rançon d’avoir vécu.
Les deux lectures fonctionnent. Aucun élément du texte ne permet aujourd’hui de choisir, et les spécialistes se partagent depuis plus d’un siècle.
La terre tient sans rien dessous
Le même homme a soutenu une chose que personne n’avait dite avant lui. La terre ne repose sur rien. Elle ne flotte sur aucune eau, et aucun pilier ne la soutient.
Sa raison est élégante. Placée au centre, à égale distance de toutes les extrémités, la terre n’a aucun motif d’aller vers le haut plutôt que vers le bas ou sur le côté. Comme elle ne peut pas partir dans deux directions à la fois, elle ne bouge pas. Il l’imaginait sous la forme d’un tambour de colonne, trois fois plus large que haut, et nous habiterions l’une de ses deux faces plates.
Aristote a trouvé ce raisonnement ingénieux et faux. Imaginez, répond-il, quelqu’un d’aussi affamé qu’assoiffé, posé juste au milieu entre un plat et une cruche. Rien ne lui donne de motif de préférer un côté, et il devrait donc rester sur place et mourir de faim.
L’objection porte sur la démonstration, et le résultat lui survit. Une terre suspendue dans le vide, sans support d’aucune sorte, restait à prouver autrement, et il a fallu très longtemps pour y parvenir. Les deux camps de lecteurs de la phrase, eux, ne se sont toujours pas mis d’accord.
La version complète donne le grec de cette phrase mot à mot, la référence exacte du manuscrit qui la porte, l’objection qu’un article de 2025 adresse à l’attribution même du mot apeiron, et le seul objet retrouvé qui prouve que ce livre a circulé.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Simplicius de Cilicie, *In Aristotelis Physicorum libros quattuor priores commentaria*, éd. Hermann Diels, *Commentaria in Aristotelem Graeca* IX, Berlin, 1882, p. 24, l. 13-21 fragment classé DK 12 B 1, numéroté ANAXIMANDRE D6 par Laks et Most
- Aristote, *Métaphysique*, A, 3, 983b20-27, pagination Bekker attribution à Thalès de l’eau comme principe
- Aristote, *Physique*, I, 4, 187a20-23, pagination Bekker Anaximandre nommé parmi ceux qui font sortir les contraires d’un mélange unique (DK 12 A 9)
Voir les 43 sources restantesMasquer les autres sources
Sources primaires (suite)
- Aristote, *Physique*, III, 4, 203b6-15 l’illimité sans principe, et la formule « immortel et impérissable » associée à Anaximandre et à la plupart des physiciens (DK 12 A 15)
- Aristote, *Physique*, III, 5, 204b22-29 argument dit « depuis longtemps » contre une origine à la fois qualifiée et illimitée (DK 12 A 16)
- Aristote, *Du ciel*, II, 13, 295b10-16 immobilité de la terre par indifférence, attribuée nommément à Anaximandre (DK 12 A 26)
- Aristote, *Du ciel*, II, 13, 295b16-296a réfutation du raisonnement, contre-exemples du cheveu sous tension égale et de l’homme aussi affamé qu’assoiffé
- Aristote, *De la génération et de la corruption*, II, 5, 332a20-25 impossibilité d’un corps intermédiaire infini
- Diogène Laërce, *Vies et doctrines des philosophes illustres*, II, 1-2 chronologie d’après les *Chroniques* d’Apollodore, gnomon de Lacédémone, première carte des terres et des mers
- Hippolyte de Rome, *Réfutation de toutes les hérésies*, I, 6, 1-2 (DK 12 A 11) immobilité par équidistance, illimité « éternel et sans vieillesse »
- Gottfried Wilhelm Leibniz, seconde lettre à Samuel Clarke, 1715 le principe de raison suffisante et l’exemple de la balance en équilibre, rapporté à Archimède
- Friedrich Nietzsche, *La Philosophie à l’époque tragique des Grecs* (*Die Philosophie im tragischen Zeitalter der Griechen*), manuscrit de 1873 non publié par l’auteur, imprimé en 1903, chapitre consacré à Anaximandre
- Martin Heidegger, « Der Spruch des Anaximander », dans *Holzwege*, *Gesamtausgabe* 5, p. 321 et suivantes ; trad. fr. « La parole d’Anaximandre », dans *Chemins qui ne mènent nulle part*, trad. Wolfgang Brokmeier, Paris, 1962 Gallimard
- Notices peintes du gymnase de Tauromenion, IIᵉ siècle avant notre ère, fragments d’enduit mis au jour en 1969 dans la citerne I, fragment IV, colonne de droite, trois lignes conservées notice consacrée à Anaximandre de Milet
Bibliographie
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- André Laks et Glenn W. Most (éd. et trad.), *Les débuts de la philosophie. Des premiers penseurs grecs à Socrate*, Paris, 2016 Fayard
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- Hermann Diels et Walther Kranz, *Die Fragmente der Vorsokratiker*, Berlin, 6ᵉ éd. 1951-1952, chapitre 12 (Anaximandre), séries A et B Weidmann
- Charles H. Kahn, *Anaximander and the Origins of Greek Cosmology*, New York, 1960, réimpr. 1994 Columbia University Press
- Gregory Vlastos, « Equality and Justice in Early Greek Cosmologies », *Classical Philology* 42 (3), 1947, p. 156-178, DOI 10,1086/363029 University of Chicago Presshttps://doi.org/10.1086/363029
- Jean-Pierre Vernant, *Les origines de la pensée grecque*, Paris, 1962, 131 p., coll. « Mythes et Religions » 45 Presses universitaires de France
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- Jonathan Barnes, *The Presocratic Philosophers*, Londres, 1979, réimpr. en un volume 1982, notes, n. 17 sur κατὰ τὸ χρεών Routledge
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- Hans Blanck, « Anaximander in Taormina », *Römische Mitteilungen* 104, 1997, p. 507-511 Deutsches Archäologisches Institut
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Sources en ligne
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- « Notes to Presocratic Philosophy » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/archives/fall2020/entries/presocratics/notes.html
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- « Anaximander’s Fragment : Another Attempt » PhilPapershttps://philpapers.org/rec/MANAFA-2
- « Les notices peintes de Tauromenion : un catalogue ? » NimRoD, Huma-Numhttp://nimrod.huma-num.fr/development-pages/tauromenion-bibliotheque-notices/
- « Sur la signification de l’apeiron d’Anaximandre » Persée, Revue des Études Grecqueshttps://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_1957_num_70_329_3473
- « Anaximandre, Fragments et témoignages. Texte grec, traduction, introduction et commentaire par Marcel Conche » Persée, Revue Philosophique de Louvainhttps://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1994_num_92_1_6840_t1_0098_0000_1
- « Fragments et témoignages » Presses universitaires de Francehttps://www.puf.com/fragments-et-temoignages
- « Simplicii in Aristotelis Physicorum libros quattuor priores commentaria » Internet Archivehttps://archive.org/details/simpliciiinarist09simp
- « Structure géométrique et notions politiques dans la cosmologie d’Anaximandre » Cairn.infohttps://www.cairn.info/mythe-et-pensee-chez-les-grecs--9782707146502-page-216.htm
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- « Diogenes Laertius, Lives of Eminent Philosophers, BOOK II, Chapter 1. ANAXIMANDER » Perseus Digital Library, Tufts Universityhttps://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0258:book%3D2:chapter%3D1
- « The Anaximander Fragment », dans *Early Greek Thinking* (Gesamtausgabe 5) beyng.com, archive de textes heideggérienshttps://www.beyng.com/pages/en/EarlyGreekThinking/EarlyGreekThinking.013.html
- « Early Greek Philosophy. 9 Volumes. Loeb Classical Library, 524-532 » Bryn Mawr Classical Reviewhttps://bmcr.brynmawr.edu/2018/2018.03.16/


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