« Taze doe d’oro con piede basso. » Deux tasses d’or à pied bas, ornées de quatre festons émaillés aux armes « de la signora e de don Alfonsso », pesant 2 livres 9 onces et demie. La ligne figure à la carta 99 de l’inventaire de garde-robe de la nouvelle duchesse de Ferrare, conservé à l’Archivio di Stato di Modena et publié en 2019, sous la rubrique de la credenza. Le mot désigne le meuble à étagères où l’on exposait l’argenterie les soirs de banquet. Dans la notice qu’il a consacrée à ces feuillets, l’Archivio rappelle qu’il venait de l’usage des grandes maisons de faire goûter les plats avant de les servir, pour vérifier qu’ils ne contenaient pas de poison.
Le 5 avril 1502, deux mois après l’entrée de Lucrèce dans la ville, Bernardino de’ Prosperi écrit à Isabelle d’Este que la duchesse a donné à souper au duc Hercule, son beau-père, et fait dresser sa credenza, « richa e sumptuosa ». Un peu plus de trois siècles plus tard, une scène parisienne lui mettra un flacon de poison entre les mains – pièce maîtresse de la légende noire des Borgia, où son frère César Borgia tient déjà le premier rôle.
Un flacon d’or sur la scène de la Porte-Saint-Martin
Le 2 février 1833, le théâtre de la Porte-Saint-Martin crée Lucrèce Borgia. Au deuxième acte, le duc Alphonse d’Este fait apporter un flacon d’or contenant « ce fameux poison des Borgia » qui, en poudre, est « blanc et scintillant comme de la poussière de marbre de Carrare », et sa femme doit le verser elle-même au jeune Gennaro, qui se révélera son fils. Le drame lui prête aussi un premier mari empoisonné, « ce pauvre gentilhomme d’Espagne ». Il n’a pas existé, et les deux promesses de mariage passées pour l’enfant en 1491 et 1492 avec de jeunes nobles établis à Valence furent rompues avant toute noce. Donizetti la porte bientôt à l’opéra, où Gregorovius la voyait encore en 1874 sous ces traits.
Dans la préface datée du 12 février, dix jours après la création, Hugo répond à ceux qui lui reprochent d’avoir exagéré les crimes de son héroïne en les renvoyant à trois lectures, « lisez Tomasi, lisez Guicciardini, lisez surtout le Diarium ». Pour la mort des maris, il reconnaît avoir accueilli des rumeurs « à demi fabuleuses », puisque « souvent les fables du peuple font la vérité du poète ». La Vita del duca Valentino, consacrée à César, a paru en 1655 sous une adresse « In Monte Chiaro », et la notice de la Bibliothèque nationale de France l’attribue à l’écrivain Gregorio Leti. Sous le nom de Diarium, Hugo désigne le journal que le maître des cérémonies pontificales Johann Burchard a tenu au Vatican jusqu’en 1506.
Les accusations portées contre Lucrèce de son vivant, telles que les recense la notice que lui a consacrée Raffaele Tamalio en 2006 dans le Dizionario Biografico degli Italiani, visent l’inceste. Le poison n’y figure pas. En 1874, Gregorovius décrivait la Lucrèce de la légende comme une furie, le poison dans une main et le poignard dans l’autre, et jugeait que Hugo avait cru de bonne foi un mythe en circulation depuis la publication de Guicciardini. Pour suivre la rumeur, il faut donc revenir à l’homme qui l’a lancée en 1497.
« Era fama »
Il s’appelle Giovanni Sforza, seigneur de Pesaro, parent du cardinal Ascanio Sforza dont l’appui a pesé dans l’élection du pape en août 1492. Le mariage est célébré au Vatican le 12 juin 1493. Lucrèce a treize ans, le marié vingt-six d’après Gregorovius, et l’union n’est pas consommée tout de suite, peut-être en raison de l’âge de l’épouse. Dès 1494, quand Milan se rapproche de Charles VIII, le gendre renseigne en secret Ludovic le More sur les intentions de son beau-père. Le 24 mars 1497, il quitte Rome précipitamment, convaincu qu’on prépare sa mort, et des chroniqueurs de Pesaro affirment que sa femme l’avait averti. Alexandre VI lui dépêche alors le général des augustins, Mariano da Genazzano, avec un choix à faire entre deux motifs d’annulation, la non-consommation par incapacité du mari ou une promesse de mariage antérieure de Lucrèce, jamais dissoute. Sur le conseil d’Ascanio et du More, Sforza signe la première, et le mariage est déclaré nul le 19 décembre 1497. Il passe ensuite des années à soutenir le contraire, et la naissance d’un fils de sa troisième épouse, Ginevra Tiepolo, en 1510, a plutôt donné raison à ses protestations. À Milan et à Pesaro, il fait circuler dans le même temps des insinuations sur des relations entre le pape et sa fille, que la notice du Dizionario Biografico juge infondées.
Des poètes de la cour de Naples ont recueilli ces bruits, puis un historien. Au livre III de la Storia d’Italia, à propos de l’assassinat du duc de Gandia en juin 1497, Guicciardini écrit qu’« era medesimamente fama » que le père lui-même disputait aux deux frères l’amour de « madonna Lucrezia ». La tournure rapporte une rumeur, consignée quarante ans plus tard par un homme qui avait quatorze ans en 1497. Une dépêche plus ancienne montre comment ce genre de lecture se nourrit d’un mot. Le 4 avril 1493, l’ambassadeur de Ferrare à Rome, Gianandrea Boccaccio, écrit au duc Hercule qu’on n’a jamais vu « il piu carnale homo » et que le pape aime Lucrèce « in superlativo gradu ». Gregorovius, qui transcrit la lettre, comprend carnale au sens de l’attachement à sa chair et à son sang, c’est-à-dire du népotisme, et sa lecture est la plus sûre, parce que le même ambassadeur emploie ailleurs le mot dans ce sens précis. Toutes les dates citées ici sont antérieures à la réforme grégorienne de 1582 et suivent l’ancien calendrier romain des documents.
Perotto et Pantasilea repêchés dans le Tibre
Ramener tout le soupçon à la vengeance d’un mari humilié serait trop commode. Les mois de la procédure et ceux qui la suivent, que Lucrèce passe en partie au couvent de San Sisto, comptent parmi les plus obscurs de sa vie, et Tamalio parle lui-même d’épisodes énigmatiques. Le 15 juin 1497, son frère Juan, duc de Gandia, est retrouvé dans le Tibre. En février 1498, le fleuve rend le corps de Pedro Calderón, dit Perotto, jeune camérier du pape attaché au service de Lucrèce, et le même jour celui de sa suivante Pantasilea. Vers mars 1498 naît un enfant, Giovanni Borgia, que l’on appelle l’Infant romain. Les contemporains qui le disaient fils de Perotto lui donnaient Lucrèce pour mère. Ceux qui l’attribuaient à César ou au pape laissaient la mère dans l’ombre, et elle y est restée.
Le 1ᵉʳ septembre 1501, le jour même où le contrat du troisième mariage de Lucrèce est signé à Ferrare, Alexandre VI fait expédier une bulle secrète qui déclare l’enfant fils de César, puis une seconde qui le reconnaît pour son propre fils, peut-être pour couper court, auprès des Este, aux bruits d’un bâtard de la future duchesse. Le même automne, Burchard consigne qu’au soir du 31 octobre (certains récits disent le 30) César donna dans ses appartements du Vatican un souper où cinquante courtisanes dansèrent, puis ramassèrent des châtaignes jetées au sol, sous les yeux du pape, de César et de Lucrèce. La scène n’est connue que par ce passage, traduit en français chez Tallandier en 2003, et sa vraisemblance se discute depuis longtemps. Lucrèce, du reste, ne s’est pas contentée d’assister aux affaires de son père. En août 1499, enceinte de six mois, elle reçoit le gouvernement de Spolète et de Foligno. En juillet 1501, le pape, parti soumettre les barons du Latium, la laisse régente à Rome, avec pouvoir d’ouvrir le courrier qui arrive. Aucune des sources réunies par Tamalio ne lui impute en revanche la mort de son deuxième mari. Alphonse d’Aragon, duc de Bisceglie, épousé le 21 juillet 1498, est assailli près de Saint-Pierre le 15 juillet 1500 et soigné par elle au Vatican, puis étranglé dans sa chambre le 18 août par Michelotto Corella, capitaine de César, selon des témoignages concordants de l’époque.
Le texte de Burchard pose d’ailleurs un problème matériel plus grave que sa vraisemblance. Louis Thuasne, qui l’a publié à Paris chez Ernest Leroux entre 1883 et 1885, reconnaissait n’avoir travaillé que sur des copies. L’autographe retrouvé aux Archives vaticanes ne commence qu’au 12 août 1503, six jours avant la mort d’Alexandre VI, et correspond aux pages 238 à 430 du troisième tome de cette édition. Pour tout le pontificat Borgia, banquet compris, on lit donc des copies, et l’on ne sait pas trancher si un copiste a retouché le texte.
À Ferrare, on avait lu les mêmes dépêches, et le duc Hercule fit payer cher sa méfiance.
Trente mille acres de marais à drainer
Hercule Iᵉʳ d’Este, qui cherchait alors une princesse française pour son fils, exige une dot de 100 000 ducats, les châteaux de Cento et de la Pieve, des joyaux pour 75 000 ducats et la réduction du cens que Ferrare verse chaque année au Saint-Siège, ramené de 4 000 à 100 ducats. Lucrèce entre dans Ferrare le 2 février 1502. Pietro Bembo, rencontré à l’automne dans la villa des Strozzi à Ostellato, lui dédie en 1505 ses Asolani, et leur correspondance se prolonge jusqu’en 1517 sans qu’on sache jusqu’où alla leur intimité.
Des historiens l’ont longtemps dite stupida, faute de trouver dans ses comptes des achats d’œuvres d’art ou d’antiques. Diane Ghirardo a lu les autres lignes de ces mêmes registres. En septembre 1513, la duchesse s’associe à un cousin de son mari, don Ercole d’Este, qui lui cède la moitié de ses terres de la Diamantina, district marécageux à l’ouest de Ferrare, contre le financement des digues, des canaux et du drainage. Les titres sont à son nom et les profits pour elle seule. Selon le communiqué de l’université de Californie du Sud qui a accompagné l’article de 2008, elle contrôle au bout de six ans entre 30 000 et 50 000 acres, soit 12 000 à 20 000 hectares environ. Pour acheter des buffles, dont le lait donnait la mozzarella, elle met en gage un bijou de rubis et de perles. Les mêmes comptes, que le duc ne voyait pas, enregistrent des dons à ses confesseurs et des versements inexpliqués que l’historienne rapproche, avec précaution, d’un enfant naturel.
Le même inventaire de garde-robe compte une douzaine de fourchettes, forzine, ustensile qui peinait encore à entrer dans les usages et dont le Galateo de Giovanni Della Casa ne codifiera l’emploi qu’en 1558. Lucrèce meurt à Ferrare le 24 juin 1519, à trente-neuf ans, d’une infection survenue après la naissance de sa fille Isabella Maria, et on l’enterre au monastère du Corpus Domini dans l’habit de tertiaire franciscaine.
Gregorovius ouvre le protocole de Beneimbene
Au printemps 1872, Ferdinand Gregorovius trouve dans les archives du notaire du Capitole, à Rome, le registre de Camillo Beneimbene, homme de confiance d’Alexandre VI, avec tous les contrats de mariage de Lucrèce. Après plusieurs séjours dans les archives de Modène et de Mantoue, il publie à Stuttgart en 1874 une biographie fondée sur ces actes, traduite en français dès 1876. Il n’était pas le premier à plaider, et c’est justement de Modène, où dormaient les lettres des Este qu’il allait lire à son tour, que le marquis G. Campori avait donné à la Nuova Antologia du 31 août 1866 un essai au titre sans détour, « Una vittima della storia ». Gregorovius ouvre son introduction en la disant la plus malheureuse des femmes de l’histoire, faute de savoir si elle le doit à des crimes réels ou à une condamnation injuste.
La victime est pourtant une figure aussi construite que l’empoisonneuse. Elle suppose une femme sans prise sur sa vie, alors que les documents montrent une gouvernante de Spolète, une régente de Rome et une propriétaire de marais qui discutait la compétence des ingénieurs hydrauliciens. Faute de documents nouveaux, plusieurs points resteront ouverts. On ignore qui fut la mère de l’Infant romain. On ne mesure pas davantage la nature de ses liens avec Bembo, ou avec son beau-frère Francesco Gonzaga, marquis de Mantoue, dont les lettres passaient sous un faux nom par le poète Ercole Strozzi. Strozzi est tué à Ferrare le 6 juin 1508, la rumeur accuse le duc Alphonse, et Tamalio juge cette hypothèse démentie par l’examen des pièces comme par l’indifférence que le duc et sa sœur Isabelle montrèrent dans toute l’affaire.
Melbourne, Felton Bequest 1966
En 1965, la National Gallery of Victoria achète à Londres un panneau ovale catalogué comme portrait de jeune homme par un peintre inconnu d’Italie du Nord. Le 26 novembre 2008, après plusieurs années d’examen par le restaurateur Carl Villis, le musée y reconnaît la main de Dosso Dossi, peintre de la cour d’Este, et le visage d’une femme. Le myrte renvoie à Vénus, le poignard à la Lucrèce de Tite-Live qui se donna la mort après son viol, l’inscription latine à la vertu et à la beauté, et le musée conclut qu’à Ferrare une seule femme réunit ces références.
Villis appuyait la ressemblance sur une médaille de bronze de 1502, à ses yeux la seule image fiable des traits de la duchesse. Deux ans plus tôt, la notice du Dizionario Biografico ne tenait pour certaines que des médailles de jeunesse et jugeait douteux les portraits peints, à l’exception peut-être de deux copies conservées à Nîmes et à Côme.
Le cartel actuel du musée est plus retenu que le communiqué de 2008. Il porte les noms de Dosso et de Battista Dossi sous la mention « attributed to », une huile sur bois de 74,5 sur 57,2 centimètres, le numéro d’inventaire 1587-5 et une datation entre 1519 et 1530 qui s’ouvre l’année même de la mort de Lucrèce, si bien que personne ne peut dire aujourd’hui si l’ovale de Melbourne la montre vivante ou telle que la cour d’Este voulut s’en souvenir.
Pour aller plus loin
César Borgia, que Machiavel a pris pour modèle, éclaire la politique familiale dont Lucrèce fut d’abord l’instrument ; la légende noire des Borgia en suit la fabrique. L’affaire des poisons, sous Louis XIV, offre, avec ses interrogatoires et ses sentences, un terrain judiciaire pour l’histoire des empoisonnements réels ou supposés dans les cours. Autour de Florence, Savonarole, les Médicis banquiers et la conjuration des Pazzi situent le même climat de cours italiennes. La correspondance d’Isabelle d’Este, enfin, montre comment une princesse de la même génération a pu fixer elle-même sa réputation de mécène.
Lucrèce Borgia est la fille d’un pape, Alexandre VI, et la sœur de César Borgia. Elle vit entre 1480 et 1519, d’abord à Rome, puis à Ferrare, dont elle devient duchesse. Son nom fait penser au poison. Les documents de son temps racontent pourtant une histoire plus compliquée, où la rumeur, le théâtre et les archives ne disent pas la même chose.
Un poison inventé pour la scène
L’image de l’empoisonneuse doit beaucoup à Victor Hugo. En 1833, à Paris, il fait jouer une pièce intitulée Lucrèce Borgia. On y voit un duc faire apporter un flacon d’or rempli d’une poudre blanche, le poison des Borgia, que Lucrèce doit verser elle-même à un jeune homme qui est en réalité son fils.
Hugo lui invente aussi un premier mari espagnol empoisonné. Ce mari n’a jamais existé. Quand on lui reproche d’exagérer, Hugo répond que les histoires racontées par le peuple suffisent au poète. Il cite trois livres, dont un journal tenu au Vatican par le maître des cérémonies du pape.
Les accusations lancées contre Lucrèce de son vivant portent sur autre chose. Elles ne parlent pas de poison.
Une rumeur née d’un divorce
Tout commence avec son premier mari, Giovanni Sforza, seigneur de Pesaro. Elle l’épouse en 1493, à treize ans. Quelques années plus tard, la politique du pape change, et Sforza devient gênant.
En 1497, le mariage est annulé. Le motif officiel est que Sforza n’a pas pu consommer le mariage, et il accepte de signer ce texte humiliant. Il proteste ensuite pendant des années. À Milan et à Pesaro, il répand le bruit que le pape aime sa propre fille d’un amour coupable.
Des poètes reprennent cette rumeur, puis un grand historien florentin, Guicciardini, une quarantaine d’années plus tard. Il écrit bien qu’il s’agit d’une rumeur. Mais la formule reste.
Des faits qui entretiennent le doute
Il serait trop simple de tout expliquer par la vengeance d’un mari. Pendant et après le divorce, plusieurs événements restent obscurs. Le frère de Lucrèce est retrouvé mort dans le Tibre. Quelques mois plus tard, le fleuve rend aussi le corps d’un jeune serviteur du pape attaché à Lucrèce, et celui d’une de ses suivantes.
Vers 1498 naît un enfant, qu’on appelle l’Infant romain. Certains disent alors que Lucrèce est sa mère. En 1501, le pape signe deux textes officiels le même jour, l’un disant que l’enfant est fils de César, l’autre qu’il est fils du pape. On ne sait toujours pas qui était sa mère.
Le journal du Vatican raconte aussi une fête de 1501 où des courtisanes ramassent des châtaignes devant le pape, César et Lucrèce. Mais l’original de ce journal est perdu pour ces années, et on ne le connaît que par des copies.
Lucrèce n’était pas non plus une simple spectatrice. Son père lui confie le gouvernement de deux villes, puis la garde de Rome pendant une absence. En revanche, les sources ne l’accusent pas du meurtre de son deuxième mari, tué en 1500 par un homme de César.
Une duchesse qui gérait ses terres
En 1502, Lucrèce épouse l’héritier de Ferrare et quitte Rome. Le duc de Ferrare exige une dot énorme, car les rumeurs ont circulé jusque chez lui.
À Ferrare, les registres de comptes montrent une autre femme. Une historienne, Diane Ghirardo, a découvert qu’elle obtenait des terres marécageuses, les faisait assécher avec des digues et des canaux, puis les exploitait. Elle met même un bijou en gage pour acheter des buffles. Les terres sont à son nom.
Elle meurt en 1519, après la naissance de sa dernière fille.
Au XIXᵉ siècle, des historiens retrouvent ses contrats de mariage et les lettres des ambassadeurs, et commencent à la défendre. Ils font d’elle une victime. Mais cette image est elle aussi trop simple, car les documents montrent une femme qui gouverne et qui gère ses affaires.
Aujourd’hui, un musée de Melbourne, en Australie, expose un petit portrait ovale qu’il pense être le sien. Le tableau a peut-être été peint après sa mort, et personne ne peut affirmer qu’il la représente vivante.
La préface de Hugo, le détail des deux bulles de 1501 et l’histoire du manuscrit de Burchard occupent l’article classique.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Inventaire de garde-robe de Lucrèce Borgia d’Este, rubrique de la credenza, carta 99d (deux tasses d’or à pied bas aux armes de la duchesse et d’Alphonse d’Este, 2 livres 9 onces et demie) et cartae 109s et 111d (fourchettes, « forzine ») Archivio di Stato di Modena, Archivio Segreto Estense ; édition critique Ghirardo, 2019
- Bernardino de’ Prosperi à Isabelle d’Este, Ferrare, 5 avril 1502, description de la credenza de la duchesse Archivio di Stato di Mantova, Archivio Gonzaga, Esteri, Ferrara, b. 1238, fasc. II, c. 264
- Gianandrea Boccaccio, évêque de Modène et ambassadeur de Ferrare à Rome, au duc Hercule Iᵉʳ d’Este, Rome, 4 avril 1493 (« il piu carnale homo ») Archivio di Stato di Modena, dépêche transcrite par F. Gregorovius, 1874
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Sources primaires (suite)
- Johann Burchard, Diarium sive rerum urbanarum commentarii (1483-1506), entrée d’octobre 1501 sur le souper offert par César Borgia au Vatican édition Louis Thuasne, Paris, Ernest Leroux, 1883-1885, t. III, établie sur des copies ; autographe conservé aux Archives vaticanes à partir du 12 août 1503 seulement
- Deux bulles d’Alexandre VI datées du 1ᵉʳ septembre 1501 déclarant Giovanni Borgia, dit l’Infant romain, fils de César Borgia puis fils du pape lieu de conservation et cote [À VÉRIFIER]
- Francesco Guicciardini, Storia d’Italia, livre III, passage sur la mort du duc de Gandia en juin 1497 (« era medesimamente fama ») Opere, Turin, UTET, 1981, coll. « Classici italiani »
- Tomaso Tomasi, La Vita del duca Valentino, In Monte Chiaro, appresso G. B. L. Vero, 1655, 2 parties en 1 vol. in-4°, ouvrage attribué à Gregorio Leti par la notice de la BnF Bibliothèque nationale de France, Arsenal, 4-H-1846
- Victor Hugo, Lucrèce Borgia, drame en trois actes et en prose, créé au théâtre de la Porte-Saint-Martin le 2 février 1833 ; préface datée du 12 février 1833 ; acte II, 1ʳᵉ partie, scènes 1 et 4 Paris, Eugène Renduel, 1833
- Pietro Bembo, Gli Asolani, dialogues dédiés à Lucrèce Borgia, duchesse de Ferrare Venise, Alde Manuce, 1505
- Dosso Dossi et Battista Dossi (attribué à), Lucrezia Borgia, Duchess of Ferrara, 1519-1530, huile sur bois, 74,5 × 57,2 cm National Gallery of Victoria, Melbourne, Felton Bequest 1966, 1587-5
Bibliographie
- Raffaele Tamalio, « LUCREZIA Borgia, duchessa di Ferrara », Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 66, Rome, 2006 Istituto della Enciclopedia Italiana
- Diane Yvonne Ghirardo, « Lucrezia Borgia as Entrepreneur », Renaissance Quarterly 61 (1), 2008, p. 53-91 Renaissance Society of America
- Diane Ghirardo (éd.), avec Lorenza Iannacci et Francesca Speranza, I Tesori di Lucrezia Borgia d’Este. Gli inventari del guardaroba (1502-1504) e delle gioie (1516-1519) nel fondo « Archivio Segreto Estense » dell’Archivio di Stato di Modena, Modène, 2019 Golinelli Editore
- Ferdinand Gregorovius, Lucrezia Borgia nach Urkunden und Correspondenzen ihrer eigenen Zeit, Stuttgart, 1874 – Cotta ; trad. fr. Paul Regnaud, Lucrèce Borgia d’après les documents originaux et les correspondances contemporaines, Paris, 1876, XI + 413 p. Sandoz et Fischbacher
- G. Campori, « Una vittima della storia, Lucrezia Borgia », Nuova Antologia, 31 août 1866 Nuova Antologia
- Johann Burchard, Dans le secret des Borgia. Journal du maître des cérémonies du pape Alexandre VI (1492-1503), trad. Joseph Turmel, Vito Castiglione Minischetti et Ivan Cloulas, Paris, 2003 Tallandier
- Pieper, « Das Original des Diarium Burchardi », Römische Quartalschrift, 1893, p. 388 et suiv. Römische Quartalschrift
Sources en ligne
- « LUCREZIA Borgia, duchessa di Ferrara », notice de Raffaele Tamalio Treccani, Dizionario Biografico degli Italianihttps://www.treccani.it/enciclopedia/lucrezia-borgia-duchessa-di-ferrara_(Dizionario-Biografico)/
- « Renaissance Capitalist : New Research Answers Mystery About Illegitimate Daughter of Pope », 8 janvier 2009 USC Today, University of Southern Californiahttps://today.usc.edu/renaissance-capitalist-new-research-answers-mystery-about-illegitimate-daughter-of-pope/
- « Gli apparati da credenza : i preziosi arredi da tavola della duchessa di Ferrara » Archivio di Stato di Modenahttps://asmo.cultura.gov.it/progetti/lucrezia-borgia-deste-celebrazioni-a-500-anni-dalla-morte/gli-apparati-da-credenza-i-preziosi-arredi-da-tavola-della-duchessa-di-ferrara
- « NGV solves mystery of Renaissance portrait », 26 novembre 2008 National Gallery of Victoriahttps://www.ngv.vic.gov.au/media_release/ngv-solves-mystery-of-renaissance-portrait/
- « La Vita del duca Valentino, descritta da Tomaso Tomasi... », notice bibliographique Bibliothèque nationale de France, catalogue généralhttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31478722t
- « LUCRÈCE BORGIA. Drame en trois actes et en prose de Victor Hugo » Libre Théâtrehttps://libretheatre.fr/wp-content/uploads/2016/08/lucrece_borgia_Hugo_LT.pdf
- « Diarium Sive Rerum Urbanarum Commentarii (1483-1506), by Johann Burchard et al. » The Online Books Page, University of Pennsylvaniahttps://onlinebooks.library.upenn.edu/webbin/book/lookupid?key=olbp55832
- « Deux manuscrits de Burchard. Fragment du Diaire (1192-1496). Le Cérémonial », Mélanges d’archéologie et d’histoire 22, 1902 Perséehttps://www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1902_num_22_1_6268
- « Lucretia Borgia According to Original Documents and Correspondence of Her Day », traduction anglaise de F. Gregorovius par John Leslie Garner Project Gutenberghttps://m.gutenberg.org/files/20804/20804.txt

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