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Biographie
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Machiavel, secrétaire de la chancellerie florentine

Époque moderne12 octobre 202615 min de lecture
Santi di Tito / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Il signait Machiavegli

Dans les lettres qu’il écrit de sa main, le nom s’écrit Machiavegli, selon l’usage florentin qui mouille le double l, et la signature latine donne Nicolaus Machiavellus. La forme française, Machiavel, lui est étrangère. Pour ses contemporains, il est souvent désigné par son emploi, et les imprimeurs florentins du XVIᵉ siècle le présentent encore en page de titre comme « cittadino et segretario fiorentino », citoyen et secrétaire de Florence, c’est-à-dire par un statut civique et par un poste de bureau.

Niccolò est le troisième enfant et le premier fils de Bernardo di Niccolò Machiavelli, docteur en droit aux revenus modestes, et de Bartolomea de’ Nelli. Sa naissance est datée du 3 mai 1469 et son baptême du lendemain, à Santa Maria del Fiore, deux dates que les notices savantes donnent sans divergence. Pour l’enfance, presque tout vient du livre de souvenirs que le père tient de 1474 à 1487 (Bernardo Machiavelli, Libro di ricordi, éd. Cesare Olschki, Florence, Le Monnier, 1954). On y lit que l’enfant commence le latin en 1476, l’abaque en 1480, et suit à partir de 1481 les leçons de ser Paolo Sasso da Ronciglione, maître de grammaire au Studio. On y lit aussi qu’un exemplaire imprimé des Décades de Tite-Live entre dans la maison le 22 septembre 1475, payé par un index des villes, montagnes et rivières du texte, que Bernardo remet le 5 juillet 1476 à un certain maître Nicolò Tedesco.

Le registre s’interrompt en 1487, et le plus ancien autographe daté du fils, une supplique du 2 décembre 1497 écrite dans un litige avec les Pazzi sur le patronage de l’église de Santa Maria di Fagna, vient dix ans plus tard. En février 1498, il échoue à un concours de la chancellerie. Savonarole est supplicié le 23 mai ; le 28, Machiavel est désigné, et le 19 juin le Grand Conseil ratifie son élection à la tête de la seconde chancellerie. Le 14 juillet, il devient aussi secrétaire des Dix de Liberté et de Paix.

Il a vingt-neuf ans, et il gardera ces charges quatorze ans.

Pendant ces années, l’essentiel de son travail consiste à rédiger, au nom de la Seigneurie et des Dix, la correspondance avec les commissaires et les capitaines du territoire. Ses missions au-dehors se font avec la qualité de mandataire du gouvernement, jamais avec celle d’orateur. Il suit Louis XII de juillet 1500 à janvier 1501, César Borgia du 5 octobre 1502 au 21 janvier 1503, le conclave de l’automne 1503, Jules II en marche vers Pérouse et Bologne en 1506, et l’empereur Maximilien au Tyrol à partir de la fin de 1507. Piero Soderini, gonfalonier à vie depuis le 20 septembre 1502, appuie son projet de milice recrutée dans le contado. La première revue, de 400 fantassins, a lieu le 15 février 1506 ; la loi qui institue l’ordonnance passe le 6 décembre, et Machiavel devient le 12 janvier 1507 chancelier des Neuf officiers de la milice. Le 4 juin 1509, il contresigne la reddition de Pise.

Les Médicis rentrent en septembre 1512. Le 7 novembre, il est cassé de son office, puis assigné pour un an à résidence dans le territoire, contre une caution de 1 000 florins d’or. En février 1513, son nom apparaît sur une liste de partisans possibles d’une conjuration antimédicéenne ; il est arrêté, soumis à la corde, et libéré par l’amnistie qui suit l’élection de Jean de Médicis, Léon X, le 11 mars. Retiré à Sant’Andrea in Percussina, il écrit à Francesco Vettori, ambassadeur à Rome, une lettre du 10 décembre 1513 où il dit avoir composé « uno opusculo de principatibus ». On n’en a que la copie exécutée pour son petit-fils Giuliano de’ Ricci (Biblioteca nazionale centrale de Florence, Palatino E.B.15,10).

Viennent ensuite les Discours sur la première décade de Tite-Live, l’Art de la guerre, imprimé par les Giunti en août 1521, et les Histoires florentines, commandées le 8 novembre 1520 et remises en juin 1525 au pape Clément VII. Les Médicis chassés de nouveau le 17 mai 1527, la république restaurée confirme le 10 juin un autre secrétaire, Francesco Tarugi. Machiavel meurt à Florence le 21 juin 1527, date qu’aucune source ne conteste, et il est inhumé le lendemain à Santa Croce.

Pour la chancellerie, ses minutes subsistent en grand nombre. Pour les traités, presque rien, puisqu’aucun autographe du De principatibus n’est connu et que des Discours il ne reste de sa main qu’un minuscule fragment du premier proème.

Il faut maintenant reprendre ces écrits par familles, minutes de chancellerie, papiers de famille, copies faites après sa mort, imprimés posthumes, et mesurer ce que chacune peut porter. Viendront ensuite trois épisodes où les spécialistes divergent, l’élection de 1498, l’arrestation de février 1513 et la rédaction du De principatibus, puis la fabrication d’une réputation entre l’Index de 1559 et le monument de 1787.

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