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Biographie
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César Borgia, capitaine général de l’Église

Époque moderne30 septembre 202617 min de lecture
Nicola Quirico / Wikimedia Commons
17 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Le duc que l’Italie appelait le Valentino

« Cesare Borgia di Francia, duca del Valentinois, conte di Diois, signore di Issoudun, capitano di cento lance delle ordinanze del Re. » Felix Gilbert relève cette titulature après 1499, dans le Dizionario Biografico degli Italiani (1971), et chacun de ses termes renvoie au roi de France. Le nom de famille est déjà une adaptation, le Valencien Rodrigo de Borja l’ayant italianisé en Borgia, et le fils se désigne par la forme Cesar, celle des monogrammes du fourreau de son épée, tandis que l’usage italien le nomme par un adjectif, il Valentino, qui convenait au cardinal archevêque de Valence avant de convenir au duc de Valentinois, les deux titres se disant en latin par le même mot. La charge qui donne son titre à cette notice, capitaine général et gonfalonier de l’Église, lui est conférée à Saint-Pierre le 29 mars 1500, avec la rose d’or, distinction que le pape réserve aux princes.

Gilbert place la naissance en 1475, probablement en septembre, et donne plus loin à César moins de vingt-huit ans en août 1503, ce qui s’accorde. Le 13 septembre à Subiaco, souvent imprimé, ne s’appuie sur aucun document contemporain retrouvé ici, et plusieurs catalogues de bibliothèque gardent « 1476 ? ». Sa mère, Vannozza Cattanei, est alors l’épouse de Domenico d’Arignano. César est l’aîné des enfants qu’elle a de Rodrigo, avant Juan, Lucrèce et Geoffroy. En septembre 1493, une bulle d’Alexandre VI le déclare fils légitime de Vannozza et de son mari, et une seconde bulle, adressée au seul intéressé, reconnaît la paternité du pape.

Protonotaire apostolique en 1482, pourvu de canonicats et d’archidiaconés à Valence, à Játiva, il est fait évêque de Pampelune le 12 septembre 1491. Il étudie à Pérouse à partir de 1489, puis à Pise, où enseigne le canoniste Filippo Decio. Rodrigo, élu pape le 11 août 1492, le nomme archevêque de Valence le 31 août et cardinal le 20 septembre 1493. En avril 1494, César écrit à son frère, en valencien, qu’il a pris part du début à la fin aux négociations avec Naples. Remis à Charles VIII comme légat, en réalité comme otage, il s’échappe de Velletri dans la nuit du 29 au 30 janvier 1495, déguisé en palefrenier.

Le 14 juin 1497, Juan, duc de Gandie, quitte avec César un dîner chez leur mère ; son corps est retiré du Tibre le 16. Le 17 août 1498, le pape accorde à César la dispense qui le rend à l’état laïc. Un traité secret avec Louis XII, qui attend du pape l’annulation de son mariage, lui vaut le Valentinois érigé en duché, des rentes, cent lances et l’ordre de Saint-Michel. Il épouse à Blois, le 10 mai 1499, Charlotte d’Albret, sœur du roi de Navarre, la quitte en juillet et ne la revoit plus.

Lieutenant du roi, il entre en campagne en novembre 1499. Imola, Forlì, Pesaro, Rimini, Faenza passent sous son autorité entre décembre 1499 et avril 1501, Forlì au prix d’un siège contre Caterina Sforza. Le 15 mai 1501, son père le fait duc de Romagne. Pendant l’été 1500, Alphonse d’Aragon, duc de Bisceglie et second mari de Lucrèce, avait été étranglé à Rome. Urbino tombe le 20 juin 1502. En octobre, ses propres capitaines se liguent contre lui à La Magione ; le 31 décembre, à Senigallia, il fait saisir les principaux d’entre eux.

Alexandre VI meurt le 18 août 1503, alors que César est lui-même malade. Jules II, élu le 1ᵉʳ novembre, le fait arrêter pour obtenir les forteresses de Romagne. À Naples, où il arrive le 28 avril 1504, Gonzalve de Cordoue le fait saisir le 26 mai et l’embarque pour l’Espagne, où il est détenu à Chinchilla puis à Medina del Campo. Évadé le 25 octobre 1506, il rejoint à Pampelune son beau-frère Jean d’Albret, qu’il sert contre des vassaux révoltés. Isolé de ses hommes lors d’une sortie nocturne de la garnison du château de Viana, il est tué le 12 mars 1507 selon Gilbert, le 11 selon l’épitaphe posée en 1953.

Deux sources contemporaines portent cette chronologie. Le Liber notarum du maître des cérémonies Johannes Burckard (éd. Enrico Celani, Rerum Italicarum Scriptores, t. XXXII, 1) date cérémonies et entrées. Les lettres de Niccolò Machiavel aux Dix de Balìa de Florence, éditées dans les Legazioni. Commissarie. Scritti di governo (t. II, 2003), montrent le duc au travail, dès celle du 26 juin 1502 qui le dit « molto splendido e magnifico e animoso » (p. 247).

Ni l’une ni l’autre ne dit qui a tué Juan de Gandie.

Il faut maintenant prendre un à un ces témoins et les objets fabriqués pour César, rouvrir quatre affaires entre le Tibre de 1497 et Senigallia, puis suivre la réputation depuis le chapitre VII du Prince jusqu’à la dalle posée devant l’église de Viana.

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