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« Je sais que je ne sais rien » : ce que Socrate dit dans l’Apologie

Les grands concepts expliquésSocrate & les sophistes9 octobre 2026◈ 25 sources vérifiées
Jacques-Louis David / Wikimedia Commons
10 min de lecture25 sources vérifiées
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Arcésilas de Pitane refusait à Socrate la seule certitude qu’on lui accorde d’ordinaire. Ce philosophe du IIIᵉ siècle avant notre ère, qui dirigea l’Académie fondée par Platon et n’écrivit rien, niait qu’on puisse savoir quoi que ce soit, et il n’exceptait même pas, précise Cicéron, ce que Socrate s’était réservé, savoir qu’il ne savait rien (Academica, I, 45). L’objection vise une phrase que presque tout le monde croit avoir lue chez Platon. Cicéron la rapporte en 45 avant notre ère, dans un dialogue où il se met lui-même en scène face au savant Varron.

Chairéphon interroge la Pythie

Le texte d’où tout part est un discours. L’Apologie de Socrate restitue, à la manière de Platon, son élève, la défense que Socrate présente à ses juges en 399 avant notre ère, accusé de ne pas reconnaître les dieux de la cité, d’en introduire de nouveaux et de corrompre la jeunesse. Pour expliquer sa réputation de savant, il raconte qu’un ami de jeunesse, Chairéphon, a demandé à l’oracle de Delphes si quelqu’un était plus sage que lui, et que la Pythie a répondu que non (20e-21a). Platon lui fait ajouter sur cet ami un détail inutile à la défense, son tempérament impétueux en toute entreprise, et le souvenir de l’exil qu’il avait partagé avec le parti populaire avant de rentrer à Athènes avec lui.

La réponse du dieu laisse Socrate perplexe. Il a conscience, dans la traduction de Luc Brisson, « de n’être savant ni peu ni prou » (21b). Le verbe grec, synoida, désigne une conscience intime, un savoir partagé avec soi-même, et l’adjectif sophos couvre à Athènes l’expert, le poète et l’habile autant que le sage. Or un dieu ne ment pas, la règle le lui interdit (ou gar themis autôi). Socrate décide d’éprouver la réponse en cherchant quelqu’un de plus sage que lui, chez les hommes politiques d’abord, puis chez les poètes et chez les artisans.

Savoir, croire savoir

Le premier interrogé est un homme politique que Socrate ne nomme pas (21c). La conversation lui vaut la haine de cet homme et de plusieurs témoins, et c’est en repartant qu’il en tire la leçon (21d). Houtos men oietai ti eidenai ouk eidôs, egô de, hôsper oun ouk oida, oude oiomai, autrement dit, lui croit savoir quelque chose alors qu’il ne sait pas, tandis que moi, de même que je ne sais pas, je ne crois pas non plus savoir. Deux verbes portent tout le poids de la phrase. Eidenai désigne le savoir lui-même ; oiesthai, croire ou s’imaginer, désigne l’opinion qu’on se fait de son propre savoir. Sur le premier plan, les deux hommes sont à égalité, puisque ni l’un ni l’autre, dit Socrate, ne sait sans doute rien de beau ni de bon (ouden kalon kagathon). Les traductions coulantes aplatissent souvent l’expression en « rien qui vaille » ; le mot à mot est préférable, parce qu’il garde l’écho de kalos kagathos, l’idéal de l’homme accompli que revendiquaient les notables athéniens, précisément le titre que Socrate leur dispute. Sur le second plan, tout diffère. L’homme politique se croit savant, Socrate ne se croit pas savant, et il s’estime plus sage que lui « par cette petite chose même », smikrôi tini autôi toutôi, qui est de ne pas croire savoir ce qu’il ne sait pas. L’argument se reformule sans un mot de grec. Sur les questions qui comptent le plus, personne autour de Socrate ne sait. La plupart croient pourtant savoir, ce qui ajoute une erreur à l’ignorance. Socrate évite cette seconde erreur, et c’est cet écart que l’oracle, selon lui, désignait.

Deux pages plus loin (23a-b), la leçon devient générale. La sagesse humaine, comprend Socrate, vaut peu de chose ou rien, et le dieu n’a pris son nom que comme exemple, comme pour dire que le plus sage des hommes est celui qui, à la manière de Socrate, a reconnu qu’il ne vaut en vérité rien en matière de sagesse. Le verbe a changé. Platon écrit egnôken, de gignôskein, reconnaître, prendre conscience, et il n’emploie pas ici le oida du savoir. Nulle part dans ces pages Socrate ne déclare savoir qu’il ne sait rien.

Quatre verbes, donc, et la formule célèbre les écrase en un seul.

Chez ceux qui travaillent de leurs mains

La tournée s’achève chez les artisans (22c-d). Socrate y arrive avec la conscience de ne rien savoir, hôs epos eipein, « pour ainsi dire », restriction que les recueils de citations omettent d’ordinaire. Il n’est pas déçu. Ces hommes savent des choses qu’il ignore, et sur ce point ils sont plus sages que lui. Leur erreur commence ailleurs. Parce que chacun exerce son métier avec excellence, chacun se croit aussi très sage sur les choses les plus importantes, ta megista. Un menuisier sait si une table tiendra, et il le sait au sens plein, mais rien dans ce savoir ne le qualifie pour décider ce qu’est la justice, alors que l’assurance acquise à l’atelier, elle, le suit partout. Le partage socratique se teste ainsi sur n’importe quelle conviction, rangée dans l’une de trois colonnes : ce qu’on sait comme le menuisier sait sa table, ce qu’on sait ignorer, et ce qu’on croit savoir sans l’avoir jamais examiné. La troisième colonne est celle de l’elenchos, l’examen par questions qui met une opinion à l’épreuve de ses propres conséquences, et c’est la seule où Socrate travaille.

Socrate lui-même range une chose dans la première colonne. Un peu plus loin dans le même discours (29b), il oppose ce qu’il ignore, le sort des morts dans l’Hadès, à une conviction qu’il présente comme un savoir, que commettre l’injustice et désobéir à meilleur que soi, dieu ou homme, est mauvais et honteux, kakon kai aischron estin oida, cela il le sait. Le verbe est oida, le même qu’en 21d, et il revient dans la phrase suivante pour désigner des maux dont Socrate sait que ce sont des maux. C’est sur ce savoir qu’il appuie, devant ses juges, son refus de cesser de philosopher, quoi qu’il lui en coûte (29c-d). Le Ménon offre le même double mouvement, puisque Socrate y déclare d’abord ne rien savoir du tout de la vertu (71b), puis range parmi les rares choses qu’il prétend savoir la différence entre l’opinion droite et la science (98b).

Id unum sciat

La formule naît dans un dialogue latin. Au premier livre des Academica (I, 16), Cicéron fait parler Varron, qui retrace l’histoire de la philosophie à partir de Socrate. Dans presque tous les dialogues rédigés par ceux qui l’ont entendu, explique Varron, Socrate n’affirme rien lui-même, réfute les autres et dit ne rien savoir, sauf cela même, nihil se scire dicat nisi id ipsum. Il surpasse les autres parce qu’eux croient savoir ce qu’ils ignorent, tandis que lui sait cette seule chose, qu’il ne sait rien, ipse se nihil scire, id unum sciat. La phrase de Varron s’achève pourtant sur l’idée exacte de l’Apologie, puisque la seule sagesse humaine y consiste à ne pas croire savoir ce qu’on ne sait pas. Le résumé latin juxtapose ainsi les deux versions, la grecque et celle qui allait lui survivre.

Au paragraphe 45, Cicéron répond en son nom et raconte comment Arcésilas engagea la lutte contre Zénon, le fondateur du stoïcisme. Arcésilas soutenait que rien ne peut être su, ne illud quidem ipsum quod Socrates sibi reliquisset, pas même ce que Socrate s’était laissé. Le raisonnement prend la formule au mot. Si savoir qu’on ne sait rien est encore un savoir, la thèse se réfute elle-même, et le sceptique conséquent doit la retirer avec tout le reste. Encore faudrait-il être sûr que l’argument soit d’Arcésilas. Il n’a rien écrit, les témoignages qui le concernent s’accordent mal entre eux, et Charles Snyder a soutenu en 2021 que le passage relève d’une interprétation construite par Cicéron lui-même, dirigée contre l’histoire de l’Académie que défendait Antiochus d’Ascalon au début du Iᵉʳ siècle avant notre ère. Personne n’a tranché entre ces deux lectures du passage.

Diogène Laërce, compilateur grec dont on situe l’activité vers la première moitié du IIIᵉ siècle de notre ère, range la même idée parmi les propos de Socrate, entre l’annonce de l’avenir que lui faisait son daimonion, sa voix divine intérieure, et une remarque sur les bons commencements (II, 32). Socrate disait, selon lui, ne rien savoir sauf cela même, eidenai men mêden plên auto touto. Les formes ramassées qui circulent aujourd’hui, le latin scio me nihil scire ou le grec hen oida hoti ouden oida, ne se lisent sous cette forme ni chez Cicéron ni chez Diogène, et leur première apparition reste à dater.

L’eirôneia selon Thrasymaque

Toute une tradition tient l’aveu pour une feinte. Au premier livre de la République (337a), le sophiste Thrasymaque s’emporte en reconnaissant chez Socrate son eirôneia habituelle, la dissimulation de qui se fait plus petit qu’il n’est. Les traducteurs français se partagent sur ce mot décisif, que Léon Robin rend par « feinte ignorance » et que Georges Leroux garde sous la forme « ironie ». Alcibiade, arrivé ivre au Banquet (216d-e), dit la même chose par une image. Socrate ignore tout et ne sait rien, hôs to schêma autou, c’est du moins son allure, à la façon de ces statuettes de silènes qui s’ouvrent sur des figures divines. Dans le Brutus de Cicéron (292), un interlocuteur loue cette façon de se dire ignorant de tout, qu’Épicure blâmait. Augustin hésite encore au Vᵉ siècle de notre ère, dans La Cité de Dieu (VIII, 3), entre un Socrate qui affectait de ne rien savoir et un Socrate qui cachait sa science, vel dissimulata scientia.

Contre cette lecture, un témoin extérieur aux dialogues compte. Aristote rapporte que Socrate interrogeait sans répondre, hômologei gar ouk eidenai, car il reconnaissait ne pas savoir (Réfutations sophistiques, 34, 183b7-8). Le témoignage a pourtant une limite, puisqu’Aristote, né quinze ans après la mort de Socrate, a pu tirer ce trait des dialogues de Platon, dont il fut l’élève. Thomas Brickhouse et Nicholas Smith ont avancé en 1994 un argument d’une autre nature (Plato’s Socrates, p. 32). Si l’aveu que Socrate répète le plus souvent n’est qu’une pose, rien n’autorise à prendre au sérieux ses autres déclarations, et toute tentative de reconstruire une philosophie socratique à partir de ses arguments devient vaine.

Deux savoirs pour un seul verbe

Le débat moderne part de la tension entre 21d et 29b. Gregory Vlastos l’a résolue en 1985, dans The Philosophical Quarterly, en distinguant deux sens du verbe savoir. Socrate renoncerait au savoir certain et revendiquerait un savoir que Vlastos appelle « élenctique », faillible, acquis en sortant indemne de réfutations répétées. J. H. Lesher lui a objecté dès 1987 que le texte n’oblige pas à dédoubler le verbe, puisque Socrate prétend savoir diverses choses et que ce qu’il dit ignorer est la nature même de la vertu. Gail Fine a déplacé la question en 2008. Socrate, selon elle, dit soit savoir qu’il n’est pas sage, le savoir d’une chose restant en deçà de la sagesse à son sujet, soit avoir conscience de ne pas l’être, la conscience restant en deçà du savoir, et aucune de ces deux affirmations ne l’oblige à savoir qu’il ne sait rien au sens où la phrase se contredirait.

Sous ces lectures concurrentes court une ignorance que personne ne comblera. L’Apologie est un texte de Platon, et rien ne permet de mesurer l’écart entre ce discours et celui que Socrate prononça devant ses juges. Louis-André Dorion rappelle que Socrate n’a rien laissé d’écrit et qu’on cherche sa trace dans les portraits divergents d’Aristophane, de Platon, de Xénophon et d’Aristote. Le Socrate de Xénophon, en particulier, paraît savant sur bien des sujets, et les témoignages sur l’aveu d’ignorance remontent tous aux dialogues de Platon, directement ou peut-être par l’intermédiaire d’Aristote.

Le désaccord porte, à la fin, sur un verbe. En 21d comme en 29b, Platon écrit oida, et décider si le mot garde la même force quand Socrate nie et quand il affirme ne dépend d’aucun manuscrit à découvrir ni d’aucun témoin indépendant, seulement de la comparaison, toujours recommencée, des emplois que Platon fait de ce verbe d’un dialogue à l’autre.

Pour aller plus loin

L’objection d’Arcésilas ouvre sur le scepticisme académique et sur ce qui le sépare du scepticisme de Pyrrhon. Platon et Socrate, où finit le maître, précisent le problème des sources, et Socrate n’a rien écrit reste le point de départ. Les sophistes, que Platon détestait, éclairent l’adversaire que Thrasymaque incarne dans la République. Le procès de Socrate et la ciguë et les dernières heures de Socrate montrent ce que la pratique de l’elenchos a coûté à celui qui s’y livrait.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Platon, *Apologie de Socrate*, 20e-21a (Chairéphon et l’oracle), 21b, 21c-d, 22c-d, 23a-b, 29b et 29c-d, pagination Stephanus ; texte grec éd. John Burnet, *Platonis Opera*, t. I, Oxford, 1900 ; traduction citée en 21b : Luc Brisson, *Apologie de Socrate. Criton*, Paris, 1997, 4ᵉ éd. corrigée 2016, GF n° 848 Flammarion ; les autres passages sont traduits du grec par la rédaction
  2. Platon, *Ménon*, 71b (ignorance de la vertu) et 98b (différence entre opinion droite et science), pagination Stephanus passages paraphrasés d’après le texte grec
  3. Platon, *République*, I, 337a (l’*eirôneia* de Socrate selon Thrasymaque), pagination Stephanus ; traductions comparées de Léon Robin, Bibliothèque de la Pléiade – Gallimard, et de Georges Leroux GF-Flammarion
Voir les 22 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Platon, *Banquet*, 216d-e, pagination Stephanus discours d’Alcibiade, passage traduit du grec par la rédaction
  2. Aristote, *Réfutations sophistiques*, 34, 183b7-8, pagination Bekker passage traduit du grec par la rédaction
  3. Cicéron, *Academica posteriora* (*Varro*), I, 16 (exposé de Varron sur Socrate) et I, 44-45 (réponse de Cicéron sur Arcésilas), 45 avant notre ère ; texte latin éd. Otto Plasberg passages traduits du latin par la rédaction
  4. Cicéron, *Brutus*, 292 l’ironie socratique et la critique d’Épicure, passage traduit du latin par la rédaction
  5. Diogène Laërce, *Vies et doctrines des philosophes illustres*, II, 32 ; traduction française sous la direction de Marie-Odile Goulet-Cazé, Paris, 1999, 1 398 p., « La Pochothèque » Le Livre de Poche
  6. Augustin, *La Cité de Dieu*, VIII, 3 Socrate feignant l’ignorance ou dissimulant sa science, passage traduit du latin par la rédaction

Bibliographie

  1. Louis-André Dorion, *Socrate*, Paris, 2004, 127 p., « Que sais-je ? » n° 899 Presses universitaires de France
  2. Gregory Vlastos, « Socrates’ Disavowal of Knowledge », *The Philosophical Quarterly* 35, 1985, p. 1-31 ; repris dans *Socratic Studies*, éd. Myles Burnyeat, Cambridge, 1994 Cambridge University Press
  3. J. H. Lesher, « Socrates’ Disavowal of Knowledge », *Journal of the History of Philosophy* 25 (2), 1987, p. 275-288 Johns Hopkins University Press
  4. Thomas C. Brickhouse et Nicholas D. Smith, *Plato’s Socrates*, Oxford, 1994, p. 32 Oxford University Press
  5. Gail Fine, « Does Socrates Claim to Know that He Knows Nothing ? », *Oxford Studies in Ancient Philosophy* 35, 2008, p. 49-85 ; repris dans *Essays in Ancient Epistemology*, Oxford, 2021, p. 33-62 Oxford University Press
  6. Charles Snyder, « Cicero, Academica 1,45 : Interpreting academic history », *Bochumer Philosophisches Jahrbuch für Antike und Mittelalter* 24, 2021, p. 18-34, DOI 10,1075/bpjam.00071.sny John Benjaminshttps://doi.org/10.1075/bpjam.00071.sny

Sources en ligne

  1. « Plato, Apology, section 29b » Perseus Digital Library, Tufts Universityhttp://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=urn%3Acts%3AgreekLit%3Atlg0059.tlg002.perseus-grc1%3A29b
  2. « M. Tullius Cicero, Academica, LIBER PRIMUS, section 16 » Perseus Digital Library, Tufts Universityhttps://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A2007.01.0032%3Abook%3D1%3Asection%3D16
  3. « Cicero : Academica » The Latin Libraryhttps://www.thelatinlibrary.com/cicero/acad.shtml
  4. « Socrate et sa déclaration d’ignorance », exemplier du séminaire platonicien de l’ENS, 25 mars 2024, Louis-André Dorion Canal-Uhttps://www.canal-u.tv/sites/default/files/medias/fichiers/2024/03/Exemplier%20-%20Louis%20A.%20Dorion%20-%20Socrate%20et%20sa%20d%C3%A9claration%20d%E2%80%99ignorance%20%2025.03.24_0.pdf
  5. « Supplement to Socrates : Early Attempts to Solve the Socratic Problem » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/socrates/socratic-problem.html
  6. « Arcesilaus » Stanford Encyclopedia of Philosophy, archives été 2021https://plato.stanford.edu/archives/sum2021/entries/arcesilaus/
  7. « Does Socrates Claim to Know that He Knows Nothing ? » Oxford Academic, Oxford University Presshttps://academic.oup.com/book/39292/chapter/338874754
  8. « 1994,10,04, Vlastos, Socratic Studies » Bryn Mawr Classical Reviewhttps://bmcr.brynmawr.edu/?p=20325
  9. « Socrates’ disavowal of knowledge » PhilArchivehttps://philarchive.org/rec/LESSDO
  10. « CfA BELLARIA 84 Socrates » Classics for Allhttps://classicsforall.org.uk/sites/default/files/uploads/Bellaria/Bellaria%202/CfA%20BELLARIA%2084%20Socrates.pdf
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