Socrate ne fait pas l’éloge de l’Amour en son nom. Son tour venu, il annonce qu’il va répéter ce que lui a enseigné autrefois une femme de Mantinée, Diotime, savante en cette matière et en bien d’autres, qui avait fait offrir un sacrifice aux Athéniens et retardé ainsi de dix ans l’arrivée de la peste (201d). Faute de témoin indépendant de Platon, on ignore si elle a existé. Debra Nails, qui a repris la question en 2015, rappelle qu’on l’a tenue pour réelle jusqu’à l’époque moderne, que d’autres y voient une transformation de l’Aspasie des récits socratiques, et refuse pour sa part de conclure, tout en jugeant que Platon a pu bâtir le personnage à partir d’un récit de Socrate. Un relief votif a même été baptisé « stèle de Diotime », identification qu’elle tient pour entièrement spéculative. Le discours de Diotime parvient ainsi au lecteur par une chaîne de voix, celle d’une étrangère peut-être inventée, rapportée par Socrate, dont les paroles sont racontées des années plus tard par Apollodore, qui les tient d’Aristodème, présent ce soir-là (172a-173b).
Chez Agathon, au lendemain de sa victoire
Le poète tragique Agathon fête sa victoire au concours, et Nails place la soirée en 416 avant notre ère. Les convives décident que chacun, à tour de rôle, prononcera un éloge d’Éros, le dieu de l’amour. Le lecteur français trouve le dialogue dans la traduction de Luc Brisson, parue en GF et rééditée en 2004. La rédaction est plus tardive. Dans son discours, Aristophane évoque des hommes séparés par les dieux comme les Arcadiens l’ont été par les Lacédémoniens (193a), et une lecture que rapporte Nails y voit la dispersion de Mantinée par Sparte, en 385, ce qui placerait l’écriture après cette date ; une autre rapporte la phrase à une intervention spartiate de 418, et Nails s’en tient à un « probablement après 385 ».
Agathon parle juste avant Socrate et fait d’Éros le plus beau et le meilleur des dieux. Socrate lui pose alors deux questions. L’amour est-il amour de quelque chose, comme un père est toujours père de quelqu’un ? Agathon l’accorde. Désire-t-on ce qu’on possède déjà ? L’homme fort qui dit vouloir être fort veut en réalité garder sa force à l’avenir, et l’on ne désire jamais que ce qui manque, présent ou futur (200a-e). Si l’amour désire la beauté, il en est privé, et comme les bonnes choses sont belles, il est privé aussi du bien. Agathon convient qu’il ne savait pas de quoi il parlait (201b).
On garde ici « amour » pour traduire erôs, faute de mieux, en sachant que le mot grec désigne d’abord le désir, souvent le désir sexuel, alors que le français range sous le même terme la tendresse et l’attachement que le grec confie volontiers à philia.
Hephaïstos penché sur le lit des amants
Aristophane avait proposé une réponse en forme de fable, et Platon lui réserve une réfutation à part. Selon son récit (189c-193d), les humains étaient autrefois doubles, et de trois sortes, mâle et mâle, femelle et femelle, mâle et femelle. Zeus les a coupés en deux pour châtier leur orgueil, et chaque moitié cherche depuis l’autre. Le désir et la poursuite de ce tout, conclut-il, voilà ce qu’on appelle l’amour (192e-193a).
Il appuie sa thèse sur une expérience de pensée qu’il construit lui-même (192d-e). Que l’on imagine Hephaïstos debout avec ses outils au-dessus de deux amants couchés ensemble, leur demandant ce qu’ils veulent l’un de l’autre, puis leur proposant de les souder en un seul être, qui mènerait une seule vie et, après la mort, partagerait une seule mort. Personne, assure Aristophane, ne refuserait, et chacun croirait entendre exactement ce qu’il désirait depuis toujours sans savoir le dire. L’offre mérite d’être prise au sérieux par qui la lit. Accepterait-on, pour soi et pour celui qu’on aime, de ne plus rien garder de ce qui fait de chacun une personne distincte ?
Diotime répond sans nommer l’auteur. On dit, rapporte-t-elle, que les amants cherchent leur moitié ; l’amour pourtant ne vise ni la moitié ni le tout, à moins qu’il ne s’agisse d’un bien, puisque les hommes acceptent qu’on leur coupe les pieds et les mains quand ils jugent ces parties mauvaises (205d-e). La moitié perdue n’est désirable que si elle est bonne. Aristote reprendra l’image à d’autres fins. Au livre II de la Politique (II, 4, 1262b), contre l’unité que la République veut donner à la cité, il rappelle que les amants d’Aristophane désirent, par excès d’affection, croître ensemble et devenir un au lieu de deux, et objecte qu’une telle union perdrait les deux, ou au moins l’un, de même que l’amitié étendue à toute la cité s’y diluerait comme un peu de douceur versée dans beaucoup d’eau.
Fils de Poros et de Pénia
Si l’amour manque de beauté, il n’est pas laid pour autant, et s’il n’est pas un dieu, il n’est pas non plus mortel. Diotime en fait un grand daimôn, un être intermédiaire (metaxu) qui porte aux dieux les prières des hommes et aux hommes les ordres des dieux (202d-203a). Sa naissance le dit en récit. Le jour où l’on fêtait la naissance d’Aphrodite, Poros, l’Expédient, ivre de nectar, s’endormit dans le jardin de Zeus, et Pénia, la Pauvreté, venue mendier, se coucha près de lui pour avoir un enfant de lui (203b-c). Éros tient de sa mère la rudesse et l’absence de toit, de son père l’audace et l’art de la chasse et des ruses, et il se tient à mi-chemin entre le savoir et l’ignorance (203c-e), ce qui fait de lui un philosophe au sens propre, un amoureux du savoir qui sait ce qui lui manque (204b).
Diotime passe ensuite à la définition. Elle amène Socrate à dire que celui qui aime le bien veut qu’il devienne sien, puis ajoute le mot décisif, pour toujours, de sorte que l’amour est le désir de posséder soi-même le bien à jamais (206a). Un mortel n’y parvient qu’en engendrant. Tous les hommes, dit-elle, sont gros selon le corps et selon l’âme (206c), et l’amour consiste à enfanter dans la beauté, tokos en kalôi (206b), la beauté d’un autre servant de déclencheur à cet enfantement. Ceux qui sont féconds selon le corps font des enfants. Ceux qui le sont selon l’âme engendrent la sagesse et le reste de la vertu, et Diotime cite les poèmes d’Homère et d’Hésiode, les lois de Lycurgue à Sparte et celles de Solon à Athènes, rejetons plus durables que ceux de la chair (209a-e).
Ramené à trois phrases, l’argument se refait sans grec. On ne désire que ce dont on manque, et sous chaque désir particulier on veut au fond que le bien soit à soi, et qu’il le soit toujours. Un être mortel ne peut rien garder toujours, il ne peut qu’engendrer, dans un corps ou dans une âme, quelque chose qui lui survive, et la beauté d’autrui est ce qui le rend capable d’engendrer. Aimer un être beau revient donc à désirer, sans toujours le savoir, l’immortalité de ce qu’on a de meilleur.
Monter « comme par des marches »
Diotime prévient Socrate que la suite relève des mystères les plus hauts et qu’il ne pourra peut-être pas la suivre (210a). Le guide doit d’abord tourner le jeune homme vers un seul beau corps, où il engendrera de beaux discours. Il comprendra ensuite que la beauté d’un corps est sœur de la beauté de tous les autres, deviendra l’amant de tous les beaux corps et relâchera son attachement à un seul, qu’il tiendra désormais pour peu de chose. Au-dessus des corps, il placera la beauté des âmes, puis celle des occupations et des lois, puis celle des savoirs (210b-d), jusqu’à se tourner vers le vaste océan du beau et y produire en abondance de beaux discours de philosophie (210d). Au terme du parcours apparaît soudain, exaiphnês (210e), une beauté d’une autre nature. Elle est toujours, ne naît ni ne périt, ne croît ni ne décroît ; elle n’est pas belle par un côté et laide par un autre, ni belle pour les uns et laide pour d’autres ; elle ne se montre ni dans un visage, ni dans un corps, ni dans un savoir. Elle existe elle-même par elle-même, avec elle-même, d’une seule forme, auto kath’ hauto meth’ hautou monoeides aei on (211b), et toutes les belles choses participent d’elle sans qu’elle en soit changée. L’amant aura monté comme par des marches, d’un corps à deux, de deux à tous, puis aux belles occupations, aux belles connaissances, et jusqu’à la connaissance de ce beau-là (211c). Celui qui le contemple n’engendre plus des images de vertu, il engendre une vertu vraie, et devient cher aux dieux et, si un homme le peut, immortel (212a). Le lecteur reconnaît dans ce beau « lui-même par lui-même » la forme intelligible, l’Idée, que d’autres dialogues installent au cœur de la connaissance. Diotime décrit, étape par étape, ce que l’amant apprend à aimer ; elle ne dit rien, dans ces pages, de ce qu’il fait ou s’interdit de faire avec le premier corps aimé, et l’échelle commence par lui.
Amor socraticus
L’expression « amour platonique » ne vient pas de Platon.
En juillet 1469, selon la date inscrite à la fin du texte, Marsile Ficin achève à Florence un commentaire du Banquet qui prend lui-même la forme d’un banquet, où des Florentins reprennent un à un les discours de Platon ; Christopher Celenza souligne qu’il fonctionne comme un dialogue autonome. Dans le septième discours, Cristoforo Marsuppini tient le rôle d’Alcibiade (VII, 1) et soutient que Socrate fut le vrai amant, semblable à l’Amour lui-même (VII, 2). Le mot qui revient est amor socraticus, l’amour socratique, dont Ficin dit que le poète Guido Cavalcanti l’imita par ses mœurs comme par ses vers (VII, 1) et dont il demande à la fin ce qu’il rapporte (VII, 16). Il l’oppose à l’amour vulgaire, une sorte de fascination (VII, 4) et un trouble du sang (VII, 7). Merriam-Webster fait naître amor platonicus de ce même commentaire de 1469 ; le septième discours ne l’emploie pas, et le passage de Ficin où l’expression apparaîtrait pour la première fois n’a pas été retrouvé. Le livre passe vite en français, puisque la première traduction complète, due à Symon Silvius, valet de chambre de Marguerite de Navarre, paraît en 1546, et l’on lit aujourd’hui le texte latin avec sa traduction dans l’édition de Raymond Marcel (1956).
En Angleterre, le glissement de sens se date presque à l’année. Lesel Dawson a montré comment la reine Henriette-Marie, qui avait fréquenté en France le salon de la marquise de Rambouillet, fait de l’amour platonique un culte à la mode et un jeu de cour. En 1634, le chroniqueur James Howell signale qu’un amour appelé platonique gouverne la cour, et le décrit comme un amour détaché de l’appétit du corps, fait de contemplation et d’idées. L’année suivante, William Davenant fait danser la reine et quatorze de ses dames à Whitehall dans un masque, The Temple of Love, puis raille la mode dans The Platonick Lovers, joué à la cour et aux Blackfriars pendant la saison 1635-1636. Merriam-Webster, qui suit l’Oxford English Dictionary, date de 1631 et de The New Inn, de Ben Jonson, le premier emploi anglais au sens d’un amour purement spirituel. Le premier degré de l’échelle de Diotime, un beau corps aimé (210a), a disparu de la définition en route.
Une nuit sous le manteau de Socrate
Le dialogue ne s’arrête pas sur la vision du beau. Peu après la fin du discours de Socrate, Alcibiade entre, très ivre, couronné de rubans, conduit par une joueuse de flûte (212d-e), et choisit Socrate lui-même pour objet de son éloge. Il le compare aux silènes des ateliers de sculpteurs, qu’on ouvre pour y trouver des statues de dieux (215a-b), et dit avoir aperçu un jour ces figures intérieures, agalmata, si divines et si belles qu’il était prêt à tout lui accorder (216e-217a). Il raconte ensuite, par étapes, une tentative de séduction (217a-219d), les tête-à-tête sans suite, la lutte au gymnase, le dîner prolongé jusqu’à la nuit. Il offre à Socrate sa beauté en échange de sa sagesse, et Socrate lui répond qu’il voudrait troquer du bronze contre de l’or (218e-219a). Reeve résume le renversement par une phrase d’Alcibiade lui-même, Socrate se donnant l’air d’un amant, erastês, pour se faire en réalité le bien-aimé (222b).
C’est contre la doctrine de Diotime que Gregory Vlastos a porté, dans une étude reprise en 1973 dans ses Platonic Studies, ce qu’il appelle le défaut capital de la théorie platonicienne. Elle ne prévoit pas, écrit-il, l’amour des personnes entières, seulement celui d’une version abstraite des personnes, faite du complexe de leurs meilleures qualités (traduction de la rédaction), et des personnes ne peuvent rivaliser avec une abstraction de portée universelle comme l’Idée du beau. Martha Nussbaum a consacré à la même difficulté le sixième chapitre de The Fragility of Goodness (1986), où le discours d’Alcibiade fait entendre l’amour d’un être unique que l’échelle laisse derrière elle. Reeve conteste la lecture qui fait de l’échelle un instrument dont on se débarrasse avec ceux qui la composent. Selon lui, l’histoire de Diotime ne parle pas d’un amant qui abandonne les garçons qu’il aimait. Il les aime mieux en aimant aussi autre chose, puisque le garçon reste parmi les beaux corps qu’il aime, et estimer à sa juste mesure, c’est encore estimer (traduction de la rédaction). La réponse vaut pour l’amant qui monte. Vlastos parlait aussi de celui qu’on aime de cette manière, et le seul témoin que le Banquet donne de cette place est Alcibiade, levé au matin d’une nuit entière passée sous le manteau de Socrate comme on se lève d’auprès d’un père ou d’un frère aîné (219c-d).
Pour aller plus loin
La maïeutique du Théétète, déjà traitée dans l’encyclopédie, retourne l’image de l’enfantement que Diotime applique à tous les hommes, Socrate compris. La théorie des Idées et l’allégorie de la caverne éclairent ce beau « lui-même par lui-même » qui couronne l’échelle, et la République reprend l’unité de la cité que la Politique d’Aristote critique avec l’image d’Aristophane.
Un amour platonique, croit-on, est un amour qui renonce au corps. L’expression renvoie au philosophe athénien Platon et à l’un de ses livres, le Banquet. Ce dialogue raconte une soirée entre amis où l’on parle d’amour toute la nuit. Le mot « platonique » n’y figure jamais. On y trouve au contraire un désir qui commence par un corps.
Une soirée chez Agathon
La scène se passe à Athènes, chez un auteur de tragédies qui vient de gagner un concours. Il s’appelle Agathon. Ses invités choisissent un jeu pour la soirée. Chacun, à son tour, doit faire l’éloge d’Éros, le dieu de l’amour. Platon a écrit ce récit longtemps après, sans doute après 385 avant notre ère.
Le poète comique Aristophane raconte une fable. Autrefois, dit-il, les humains étaient doubles. Zeus les a coupés en deux pour punir leur orgueil. Depuis, chaque moitié cherche celle qui lui manque, et cette recherche porte le nom d’amour.
Aristophane imagine ensuite le dieu forgeron penché sur deux amants couchés côte à côte. Le dieu leur propose de les souder ensemble pour toujours. Ils auraient une seule vie, puis une seule mort. Selon le poète, aucun couple ne dirait non. Chacun peut se demander s’il accepterait, lui, de ne plus être une personne à part.
La leçon d’une femme de Mantinée
Quand vient son tour, Socrate refuse de parler en son nom. Il répète les leçons d’une étrangère venue de Mantinée, une cité grecque. Elle s’appelait Diotime. Platon assure qu’elle avait retardé de dix ans une épidémie à Athènes. Personne ne sait si cette femme a vraiment existé.
Pour Diotime, on désire seulement ce qui nous manque. Elle en tire un portrait étrange de l’amour. Il serait né d’une mère très pauvre et d’un père plein de ressources. Il ne serait donc ni beau ni laid, ni dieu ni mortel. Il vit toujours entre les deux, comme celui qui cherche le savoir parce qu’il sait qu’il ne l’a pas.
Au fond, dit-elle, celui qui aime veut garder le bien pour toujours. Un mortel n’y arrive qu’en laissant quelque chose derrière lui. Certains font des enfants. D’autres laissent des poèmes, comme Homère, ou des lois, comme Solon. Ces enfants de l’esprit durent plus longtemps que ceux du corps.
Diotime décrit ensuite une montée par degrés. L’amant commence par aimer un seul beau corps. Il comprend peu à peu que la beauté de ce corps ressemble à celle de tous les autres. Il aime alors les belles âmes, puis les belles lois, puis les beaux savoirs. Au sommet l’attend une beauté qui ne naît pas, ne vieillit pas et ne dépend de rien.
De Florence à Londres
Le mot qui nous est familier vient bien plus tard. En 1469, à Florence, le savant Marsile Ficin écrit un long commentaire du Banquet. Il le présente comme un nouveau banquet entre amis florentins. Dans le chapitre consacré à Socrate, il parle seulement d’amour socratique.
Le sens actuel se fixe en Angleterre. À la cour, la reine fait de l’amour platonique une mode. En 1634, un chroniqueur le décrit comme un amour sans désir du corps, fait de pensées et d’idées. Un auteur de théâtre s’en moque peu après sur scène.
En chemin, un détail a disparu. Chez Platon, la montée commençait par un corps aimé.
Le refus d’Alcibiade
Le Banquet ne s’achève pas sur ce sommet. Un invité arrive en retard, très ivre, couronné de rubans. C’est Alcibiade. Il raconte avoir voulu séduire Socrate, sans succès. Il lui a offert sa beauté en échange de sa sagesse. Socrate a refusé ce marché, qui revenait selon lui à donner de l’or pour du bronze.
En 1973, le philosophe Gregory Vlastos a tiré de ce dialogue une objection toujours discutée. Selon lui, l’amour décrit par Diotime vise les qualités d’une personne, jamais la personne entière. Aucun être humain ne peut rivaliser avec la beauté elle-même.
Le philosophe C. D. C. Reeve lui répond encore aujourd’hui. L’amant de Diotime, dit-il, n’abandonne pas ceux qu’il aimait au départ. Il continue de les aimer, mais à leur juste place.
Alcibiade, lui, a passé toute une nuit allongé contre Socrate. Au matin, raconte-t-il dans le Banquet, il s’est levé « comme d’auprès d’un père ou d’un frère aîné ».
L’article complet suit l’objection d’Aristote, pour qui deux amants soudés en un seul se perdraient l’un l’autre, et ouvre le texte latin où Ficin célèbre l’amour socratique.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Platon, *Banquet* (*Symposion*), trad. anglaise de W. R. M. Lamb, *Plato in Twelve Volumes*, vol. 3, Cambridge (Mass.) et Londres, 1925, pagination Stephanus ; passages cités en traduction de la rédaction : 172a-173b (la chaîne des narrateurs, Apollodore et Aristodème), 189c-193d (discours d’Aristophane), 192d-e (l’offre d’Hephaïstos), 192e-193a (« le désir et la poursuite du tout »), 193a (les Arcadiens séparés par les Lacédémoniens), 199c-201c (l’examen d’Agathon, l’amour manque de ce qu’il désire), 201d (Diotime de Mantinée et la peste retardée de dix ans), 202d-203a (Éros *daimôn* et intermédiaire), 203b-e (Poros et Pénia), 204b (Éros philosophe), 205d-206a (contre la moitié, le bien à soi pour toujours), 206b-c (*tokos en kalôi*, tous gros selon le corps et selon l’âme), 209a-e (Homère, Hésiode, Lycurgue, Solon), 210a-212a (l’échelle, *exaiphnês*, le beau lui-même, les marches, la vertu vraie), 212d-e (entrée d’Alcibiade), 215a-b (les silènes), 216e-217a (les *agalmata*), 217a-219d (la tentative de séduction, le bronze et l’or, le réveil), 222b (l’amant qui se fait aimé, d’après C. D. C. Reeve) Harvard University Press et William Heinemann
- Platon, *Le Banquet*, traduction inédite, introduction et notes par Luc Brisson, Paris, 3ᵉ éd. corrigée et mise à jour, 2004, « GF » n° 987, 270 p., édition française de référence (non collationnée pour les citations) Flammarion
- Aristote, *Politique*, II, 4, 1262b, pagination Bekker (les amants d’Aristophane, l’union qui perdrait les deux ou l’un, l’amitié diluée dans la cité), trad. anglaise de Harris Rackham, Loeb Classical Library, 1944, consultée sur ToposText ; traduction de la rédaction Harvard University Press et William Heinemann
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Sources primaires (suite)
- Marsile Ficin, *Commentarium in Convivium Platonis de amore*, oratio VII : chap. 1 (Cristoforo Marsuppini dans le rôle d’Alcibiade, Guido Cavalcanti imitateur de l’*amorem socraticum*), 2 (Socrate vrai amant), 4 (l’amour vulgaire comme fascination), 7 (l’amour vulgaire, trouble du sang), 16 (« quid amor socraticus conferat ») ; colophon « Anno 1469. Mense Iulii. Florentie » ; texte latin consulté dans une transcription en ligne qui se réclame de l’édition de 1489
- Marsile Ficin, *Commentaire sur le Banquet de Platon*, texte du manuscrit autographe présenté et traduit par Raymond Marcel, Paris, 1956, « Les Classiques de l’humanisme », 290 p., édition bilingue de référence en français (2ᵉ tirage 1978) Les Belles Lettres
- Symon Silvius (trad.), *Le Commentaire de Marsille Ficin, Florentin, sur le Banquet d’amour de Platon*, 1546, première traduction française complète, éd. Stephen Murphy, « Textes de la Renaissance » n° 81, 2004, rééd. 2022 Classiques Garnier
- James Howell, lettre de 1634 sur l’amour « call’d Platonick » à la cour d’Angleterre, citée d’après Lesel Dawson
- William Davenant, *The Temple of Love*, masque, Whitehall, 1635, et *The Platonick Lovers*, comédie jouée à la cour et aux Blackfriars, saison 1635-1636, d’après Lesel Dawson
- Ben Jonson, *The New Inn*, 1631, premier emploi anglais recensé par l’*Oxford English Dictionary*, d’après Merriam-Webster
Bibliographie
- C. D. C. Reeve, « Plato on Friendship and Eros », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 20 février 2004, révision substantielle du 14 juin 2023 Stanford University
- Gregory Vlastos, « The Individual as an Object of Love in Plato », dans *Platonic Studies*, Princeton, 1973, citations d’après les extraits de l’université du Vermont Princeton University Press
- Martha C. Nussbaum, *The Fragility of Goodness : Luck and Ethics in Greek Tragedy and Philosophy*, Cambridge, 1986, rééd. 2001, chap. 6, « The speech of Alcibiades : a reading of the *Symposium* », p. 165-199 ; première version, *Philosophy and Literature* 3, 1979, p. 131 et suiv. Cambridge University Press
- Debra Nails, « Bad Luck to Take a Woman Aboard », dans Debra Nails et Harold Tarrant (dir.), *Second Sailing : Alternative Perspectives on Plato*, Helsinki, 2015, « Commentationes Humanarum Litterarum » 132, p. 73-90 Societas Scientiarum Fennica
- Lesel Dawson, « “New Sects of Love” : Neoplatonism and Constructions of Gender in Davenant’s *The Temple of Love* and *The Platonick Lovers* », *Early Modern Literary Studies* 8 (1), mai 2002, 4,1-36 Early Modern Literary Studies
- Christopher S. Celenza, « Marsilio Ficino », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 9 juin 2011, révision substantielle du 28 mai 2024 Stanford University
Sources en ligne
- « Plato on Friendship and Eros » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/plato-friendship/
- « Marsilio Ficino » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/ficino/
- « Plato, Symposium » (192-193, trad. Lamb) Scaife Viewer, Perseus Digital Library, Tufts Universityhttps://atlas.perseus.tufts.edu/library/passage/urn:cts:greekLit:tlg0059.tlg011.perseus-eng2:192-193
- « Plato, Symposium » (202-203, trad. Lamb) Scaife Viewer, Perseus Digital Library, Tufts Universityhttps://atlas.perseus.tufts.edu/library/passage/urn:cts:greekLit:tlg0059.tlg011.perseus-eng2:202-203
- « Plato, Symposium » (196-199, trad. Lamb) Perseids, Tufts Universityhttps://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0059/tlg011/perseus-eng2/196-199
- « Plato, Symposium » (200-203, trad. Lamb) Perseids, Tufts Universityhttps://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0059/tlg011/perseus-eng2/200-203
- « Plato, Symposium » (204-207, trad. Lamb) Perseids, Tufts Universityhttps://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0059/tlg011/perseus-eng2/204-207
- « Plato, Symposium » (208-211, trad. Lamb) Perseids, Tufts Universityhttps://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0059/tlg011/perseus-eng2/208-211
- « Plato, Symposium » (212-215, trad. Lamb) Perseids, Tufts Universityhttps://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0059/tlg011/perseus-eng2/212-215
- « Plato, Symposium » (216-219, trad. Lamb) Perseids, Tufts Universityhttps://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0059/tlg011/perseus-eng2/216-219
- « Aristotle, Politics » (trad. Rackham) ToposTexthttps://topostext.org/work/100
- « Gregory Vlastos ’The Individual as an Object of Love in Plato’ » University of Vermonthttps://uvm.edu/~jbailly/courses/161plato/VlastosIndividualAsObjectOfLove.html
- « The speech of Alcibiades : a reading of the Symposium » Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/books/fragility-of-goodness/speech-of-alcibiades-a-reading-of-the-symposium/BD61A64ABF2D091EB6C61E1C849177A3
- « The Speech of Alcibiades : A Reading of Plato’s Symposium » Chicago Unbound, University of Chicago Law Schoolhttps://chicagounbound.uchicago.edu/journal_articles/3181
- « Bad Luck to Take a Woman Aboard » (Debra Nails) PhilArchivehttps://philarchive.org/archive/NAIBLT
- « “New Sects of Love” : Neoplatonism and Constructions of Gender in Davenant’s The Temple of Love and The Platonick Lovers » Early Modern Literary Studies, Sheffield Hallam Universityhttps://extra.shu.ac.uk/emls/08-1/dawsnew.htm
- « Why Are Some Relationships ’Platonic’ ? » Merriam-Websterhttps://www.merriam-webster.com/wordplay/platonic-plato-love-origin-history
- « Le commentaire de Marsille Ficin, Florentin : sur le Banquet d’amour de Platon » Classiques Garnierhttps://classiques-garnier.com/export/pdf/le-commentaire-de-marsille-ficin-florentin-sur-le-banquet-d-amour-de-platon-en.html
- « Marsile Ficin, Commentaire sur le Banquet de Platon, texte du manuscrit autographe présenté et traduit par Raymond Marcel » (compte rendu) Renaissance News, Cambridge Corehttps://core-prod.cambridgecore.org/core/journals/renaissance-news/article/marsile-ficin-commentaire-sur-le-banquet-de-platon-texte-du-manuscrit-autographe-presente-et-traduit-par-raymond-marcel-paris-societe-dedition-les-belles-lettres-1956-les-classiques-de-lhumanisme-290-pp/B30B5AED79C6E176B692AC1EBEA4CC8B
- « Commentaire sur le Banquet de Platon » (notice du 2ᵉ tirage, 1978) Bibliothèque de l’université de Patrashttps://find.library.upatras.gr/Record/58485/Description
- « Le banquet » (trad. Luc Brisson, GF, 2004) Catalogue de la bibliothèque de l’université Palacký d’Olomouchttps://library.upol.cz/arl-upol/en/detail-upol_us_cat-0391535-Le-banquet







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