Il semble que disputer n’apprenne rien. L’objection date de 1637 et figure dans la sixième partie du Discours de la méthode, sous la plume d’un ancien élève du collège que les jésuites dirigeaient à La Flèche. Descartes y affirme n’avoir jamais remarqué que, « par le moyen des disputes qui se pratiquent dans les écoles », on ait découvert une seule vérité qu’on ignorait auparavant. La tournure d’ouverture, « il semble que », appartient à l’exercice qu’il visait, puisque c’est par videtur quod que commençaient les arguments contraires de chaque question disputée.
Cent cinquante-huit contradictions
Avant d’être une méthode, la dispute répond à un embarras de lecteur. Lus ensemble, les Pères de l’Église se contredisent, et l’enseignant qui en cite un à l’appui d’une thèse en trouve souvent un autre pour soutenir l’inverse. Dans la première moitié du XIIᵉ siècle, Pierre Abélard fait de cet embarras un livre, le Sic et non, « Oui et non », qui aligne cent cinquante-huit questions suivies chacune de citations pour et de citations contre.
La première porte sur la foi elle-même, quod fides humanis rationibus non sit adstruenda et contra, que la foi ne doit pas être étayée par des raisons humaines, et le contraire. Grégoire le Grand et Augustin témoignent dans les deux camps. Puis la liste s’interrompt sans solution, et le lecteur passe à la deuxième question. Le recueil accueille aussi des curiosités moins vertigineuses, comme de savoir si Adam fut enseveli au lieu même du Calvaire (question 57).
Le prologue donne une marche à suivre, et c’est au lecteur de l’appliquer. Abélard y recense les raisons pour lesquelles deux autorités peuvent n’être opposées qu’en apparence, un même mot employé en des sens différents, un texte apocryphe placé sous un nom illustre, une copie corrompue par les scribes, une opinion qu’un Père rapporte sans la faire sienne, et une position qu’il a lui-même corrigée plus tard, comme Augustin dans ses Rétractations. Quand aucune de ces voies ne dissout la contradiction, il faut comparer les autorités et retenir celle dont le témoignage pèse le plus. Le but déclaré est l’entraînement. Ces textes discordants doivent provoquer les jeunes lecteurs au plus grand exercice de recherche de la vérité et les rendre plus aigus. Abélard place à cet endroit sa phrase la plus citée, dubitando quippe ad inquisitionem uenimus ; inquirendo ueritatem percipimus, c’est en doutant que nous venons à la recherche, et en cherchant que nous percevons la vérité (éd. Boyer et McKeon, p. 103). Il l’adosse à Aristote, dont les Catégories jugent, au chapitre des relatifs, qu’il n’est pas inutile d’avoir douté de chaque point (7, 8b21-24).
Le modèle est plus ancien qu’Abélard. Au IVᵉ siècle avant notre ère, les Topiques d’Aristote organisaient déjà l’échange entre un questionneur et un répondant. Le livre I compte l’entraînement, gymnasia, parmi les usages de la dialectique (I, 2, 101a25-b4), et le livre VIII parle d’une œuvre commune, koinon ergon, dont la réussite dépend des deux partenaires (VIII, 11, 161a20-21, éd. et trad. Jacques Brunschwig). Olga Weijers a retracé en 2013 l’histoire de ces techniques de dispute de l’Antiquité jusqu’aux temps modernes. À la fin du XIIᵉ siècle, Pierre le Chantre, mort en 1197, range la disputatio entre la lecture et la prédication parmi les trois exercices de l’étude de l’Écriture. L’historien Alex Novikoff a soutenu en 2012 que la dispute scolastique est une formalisation académique du dialogue philosophique.
Ce qui manque au Sic et non, c’est quelqu’un qui tranche.
Le maître parle en dernier
La question disputée des universités comble ce vide. En 1985, Bernardo Bazán la définit comme une forme régulière d’enseignement, d’apprentissage et de recherche, présidée par un maître, où s’affrontent des arguments de raison et d’autorité fournis par les participants, et que le maître doit conclure par un acte de détermination qui le confirme dans sa fonction. La plupart des historiens s’accordent sur un déroulement en deux séances. Le premier jour, un étudiant tenait le rôle de respondens et répondait aux arguments sous la surveillance du maître ; le second, le maître prononçait sa determinatio et reprenait chacune des objections. Les disputes de quolibet, « sur n’importe quoi », se tenaient pendant l’Avent et le Carême, et n’importe qui dans l’assistance pouvait y poser la question, sans prévenir le maître.
Un article de Thomas d’Aquin montre la mécanique de près, avec l’avantage de porter sur l’exercice lui-même. Dans un de ses quodlibets parisiens, Thomas se demande si le maître qui détermine une question de théologie doit s’appuyer davantage sur la raison ou sur l’autorité (Quodlibet IV, q. 9, a. 3). L’objection ouvre, et elle a de quoi convaincre. Dans toute science, on tranche au mieux les questions par les premiers principes de cette science ; or les premiers principes de la théologie sont les articles de foi, qui nous sont connus par des autorités ; c’est donc par les autorités qu’il faut trancher. Le sed contra lui oppose un seul texte, l’épître à Tite (1, 9), qui demande au maître d’être capable de réfuter les contradicteurs, et les contradicteurs, ajoute Thomas, cèdent mieux aux raisons qu’aux autorités. Le corps de l’article distingue alors deux disputes. L’une vise à lever le doute sur le fait que quelque chose est ainsi, et elle use des autorités que l’adversaire reçoit, l’Ancien Testament avec les juifs, le Nouveau seul avec les manichéens qui rejettent l’Ancien, l’Écriture et les docteurs qu’ils reconnaissent avec les Grecs. L’autre est la dispute magistrale, celle des écoles, qui ne cherche pas à écarter une erreur mais à conduire les auditeurs à l’intelligence de la vérité, et qui doit pour cela s’appuyer sur des raisons capables de remonter à la racine du vrai et de faire savoir comment ce qu’on dit est vrai. Sans quoi, conclut Thomas, si nudis auctoritatibus magister quaestionem determinet, certificabitur quidem auditor quod ita est, sed nihil scientiae vel intellectus acquiret et vacuus abscedet : si le maître tranche la question par des autorités nues, l’auditeur sera certes assuré qu’il en est ainsi, mais il n’acquerra rien de science ni d’intelligence et repartira vide.
Ramené à l’essentiel, le mécanisme tient en peu de phrases. La question disputée oblige à formuler d’abord les arguments contre la thèse qu’on soutiendra, puis à leur opposer un argument contraire, d’ordinaire une autorité. Le maître tranche ensuite par des raisons et répond un à un aux arguments écartés, de sorte qu’une objection restée sans réponse se verrait sur la page. Dans la dispute magistrale, selon Thomas, la fin visée est que l’auditeur comprenne pourquoi la thèse est vraie, la certitude qu’elle l’est ne suffisant pas. La Somme de théologie pousse la forme jusqu’à l’artifice, et Eileen Sweeney y voit des imitations composées de disputes, sans lien avec un débat oral, destinées aux débutants auxquels le prologue de l’ouvrage s’adresse.
Vous êtes à Rome
À la faculté des arts, la dispute prend aussi des formes d’entraînement où le premier enjeu est de ne pas se laisser piéger. Olga Weijers a montré, pour Paris, que le seul mot de disputatio recouvre plusieurs genres de disputes, qui interviennent à des stades différents de la formation. Le plus étudié aujourd’hui est l’obligatio, qu’on rendra ici par « engagement », le mot « obligation » tirant vers le droit des contrats alors que l’exercice porte sur ce qu’un répondant s’est engagé à tenir. Un opposant pose une proposition, souvent fausse, le positum, que le répondant admet ; il doit ensuite accorder ou nier chacune des propositions qu’on lui présente. Le De obligationibus de Gautier Burley, écrit vers 1302, fixe les règles que presque tous les traités reprennent : accorder le positum chaque fois qu’il revient, accorder ce qui en découle, nier ce qui lui est incompatible. Pour les propositions sans rapport avec lui, on répond selon ce qu’on sait être vrai. Seulement, chez Burley, ce rapport se calcule sur l’ensemble des réponses déjà données, et l’ordre des propositions compte.
Mikko Yrjönsuuri donne une partie type, construite sur un positum fréquent dans ces traités, et on peut la jouer en se mettant à la place du répondant. L’opposant pose « vous êtes à Rome », ce qui est faux, et vous l’admettez. Il avance ensuite « vous n’êtes pas à Rome, ou vous êtes évêque ». La proposition ne découle pas du positum seul et ne le contredit pas, elle est donc sans rapport avec lui, et elle est vraie puisque vous n’êtes pas à Rome ; il faut l’accorder. Il avance enfin « vous êtes évêque ». Cette fois, la proposition découle du positum joint à ce que vous venez d’accorder, et il faut l’accorder aussi.
Deux réponses ont suffi pour vous faire évêque.
Burley ne s’en émeut pas. Il en tire une règle utile, selon laquelle on peut prouver, une fois posée une proposition fausse et contingente, n’importe quelle fausseté compatible avec elle. Richard Kilvington a refusé ce résultat. Au sophisme 47 de ses Sophismata, il soutient que le répondant engagé par « vous êtes à Rome » doit répondre comme il le ferait s’il était à Rome, donc nier qu’il est évêque s’il ne l’est pas, et que l’ordre des propositions ne doit rien changer aux réponses. Burley teste des relations entre énoncés, sans égard pour le vrai ; Kilvington demande qu’on imagine une situation et qu’on s’y tienne.
Bons avocats, mauvais juges
L’objection de Descartes trouve ici sa prise la plus solide. Après avoir constaté que les disputes des écoles ne découvrent rien, il en donne la cause, « pendant que chacun tâche de vaincre, on s’exerce bien plus à faire valoir la vraisemblance, qu’à peser les raisons de part et d’autre », puis la conséquence, « ceux qui ont été longtemps bons avocats ne sont pas pour cela, par après, meilleurs juges ». Dans sa version la plus forte, l’objection porte sur le format lui-même, quel que soit le talent des maîtres, puisqu’une épreuve qui récompense la victoire forme des plaideurs. La règle de Burley semble lui donner raison, un répondant bien entraîné pouvant être conduit à accorder n’importe quelle fausseté compatible avec son point de départ.
La tradition visée connaissait le risque. Dans la première question du Sic et non, Abélard cite le livre II du De doctrina christiana, où Augustin juge la discipline de la dispute très utile pour pénétrer les questions de l’Écriture, à condition de se garder du désir de querelle, libido rixandi, et d’une certaine vanité puérile à tromper l’adversaire. La distinction de Thomas soulève, elle, une question que ni lui ni Descartes ne règlent. Elle sépare la dispute qui persuade un adversaire avec les autorités qu’il reçoit et la dispute magistrale qui doit faire comprendre, ce qui recoupe d’assez près l’avocat et le juge du Discours ; mais elle loge le juge à l’intérieur de l’exercice, dans la determinatio du maître. Savoir si les maîtres tenaient cette exigence dans la pratique est une autre affaire, et les textes conservés ne permettent pas d’en juger directement.
Eileen Sweeney reprend, pour ces disputes, la formule d’« institutionnalisation du conflit », et elle en tire une lecture à double tranchant. L’université encourageait qu’on soulève en public des objections sur l’existence de Dieu, la cohérence de la Trinité ou le pouvoir du pape et des princes. Ces questions, posées à l’intérieur d’une institution elle-même placée sous l’œil de l’Église, perdaient pourtant du même coup une part de leur pouvoir de subversion.
Des disputes sans procès-verbal
Aucune de ces séances ne nous est parvenue telle qu’elle s’est tenue. Les questions disputées conservées proviennent de stades différents de l’exercice, la reportatio prise par un auditeur lors de la première séance, un abrégé du débat, ou la rédaction que le maître établissait après la seconde. Pour la plupart d’entre elles, on ignore quelle part des objections réellement soulevées par les étudiants a survécu, et lesquelles le maître a ajoutées, reformulées ou laissées de côté en rédigeant.
Sur les engagements, l’ignorance est d’une autre nature. Les plus anciens traités connus datent sans doute du début du XIIIᵉ siècle, et leur lien avec les Topiques d’Aristote demeure une question ouverte, note Mikko Yrjönsuuri, d’autant que les commentaires médiévaux de ce livre ne traitent presque jamais des engagements. La structure rappelle la réfutation socratique des dialogues de Platon, où l’interlocuteur finit par accorder le contraire de sa thèse de départ, avec une différence que souligne le même auteur, puisque chez Socrate la thèse examinée n’est jamais connue pour fausse, alors que l’engagement part d’une fausseté manifeste.
La fonction même de l’exercice divise les historiens de la logique. Paul Vincent Spade a examiné l’hypothèse de raisonnements contrefactuels, dans la ligne de Kilvington ; Catarina Dutilh Novaes y voit des jeux de maintien de la cohérence, dans la ligne de Burley. Les règles de Roger Swyneshed, rédigées entre 1330 et 1335, ne cadrent avec aucune des deux lectures, puisqu’elles laissent le répondant accorder trois propositions incompatibles entre elles, pourvu qu’aucune réponse ne contredise le positum. Yrjönsuuri propose de parler plutôt d’une compréhension dynamique des relations logiques à l’intérieur d’une suite de propositions.
Tant qu’aucune lecture ne rendra compte à la fois des règles de Burley et de celles de Swyneshed, on ne saura pas dire si l’étudiant qui répondait « j’accorde » à son opposant, dans une salle d’Oxford ou de Paris au XIVᵉ siècle, apprenait à décrire un monde possible ou à tenir la liste de ses engagements.
Pour aller plus loin
La première question du Sic et non croise la querelle des universaux, dans laquelle Abélard fut partie prenante, et le rapport entre foi et raison chez les scolastiques. L’échange entre questionneur et répondant prolonge la logique d’Aristote et le syllogisme, ainsi que la réfutation socratique ; la naissance de l’université à Paris donne le cadre institutionnel. L’objection de 1637 s’éclaire par le doute méthodique de Descartes et par le Discours de la méthode.
Peut-on apprendre quelque chose en se disputant ? Dans les universités médiévales, on pensait que oui. Maîtres et étudiants s’affrontaient sur une question précise, devant un public, en suivant un ordre fixé d’avance. Cet exercice réglé portait un nom latin, la disputatio. Il a eu, pendant des siècles, ses partisans et ses critiques.
Un livre qui s’arrête avant la fin
Tout commence par un problème de lecture. Les auteurs chrétiens des premiers siècles faisaient autorité, mais ils ne disaient pas tous la même chose. Au XIIᵉ siècle, un maître nommé Pierre Abélard rassemble leurs désaccords dans un seul volume.
Il pose des questions et range sous chacune les passages qui répondent oui, puis ceux qui répondent non. Il en compte cent cinquante-huit. La toute première demande si la foi doit s’appuyer sur des raisonnements. Le livre cite les deux camps, puis passe à la suite sans trancher.
Abélard justifie ce choix dans sa préface. Les contradictions doivent réveiller les jeunes lecteurs et les forcer à chercher. Il le dit en une formule devenue célèbre. Le doute pousse à chercher, et la recherche conduit au vrai.
Le dernier mot revient au maître
Les universités ajoutent ce qui manquait au livre d’Abélard, quelqu’un qui conclut. La question s’y pose sous la forme « est-ce que ». On commence par les arguments opposés à la réponse qu’on va défendre. On leur oppose ensuite un texte qui fait autorité. Le maître donne enfin sa solution, puis répond à chaque argument du départ.
D’après la plupart des historiens, l’exercice occupait deux jours. Le premier, un étudiant répondait sous l’œil du maître. Le lendemain, le maître tranchait.
Thomas d’Aquin a appliqué cette forme à la méthode elle-même. Il se demande si un maître doit convaincre par des raisons ou par des citations. Sa réponse distingue deux cas. Pour faire céder un adversaire, on s’appuie sur les textes que cet adversaire accepte. Pour enseigner, il faut des raisons qui font comprendre. L’élève qui n’a reçu que des citations sait que la chose est vraie, mais il repart les mains vides.
Évêque en deux réponses
Les étudiants s’entraînaient aussi à un jeu plus serré. L’un d’eux devait accepter une phrase fausse, puis rester cohérent avec elle jusqu’au bout. L’autre cherchait à le piéger.
Un exemple moderne, bâti sur une phrase fréquente dans ces exercices, montre le piège. On vous fait accepter que vous êtes à Rome, ce qui est faux. On vous propose ensuite de dire que vous n’êtes pas à Rome, ou bien que vous êtes évêque. Cette phrase est vraie, puisque vous n’êtes pas à Rome, et la règle oblige à l’accepter. On vous demande enfin si vous êtes évêque. Avec ce que vous avez déjà accepté, vous devez dire oui.
Le logicien Gautier Burley trouvait ce résultat normal. Il écrit vers 1302. Un autre logicien, Richard Kilvington, l’a refusé. Selon lui, celui qui accepte d’être à Rome doit répondre comme s’il y était vraiment. Il n’a donc pas à se dire évêque s’il ne l’est pas.
Avocats ou juges
En 1637, Descartes juge sévèrement ces disputes d’école. Chacun y veut gagner, écrit-il, et l’on y apprend à rendre une thèse vraisemblable au lieu de peser les raisons. Il ajoute qu’un bon avocat ne devient pas pour autant un bon juge.
Le reproche n’était pas neuf. Augustin, cité par Abélard, mettait déjà en garde contre le goût de la querelle. La distinction de Thomas entre convaincre et faire comprendre ressemble d’ailleurs beaucoup à celle de Descartes entre l’avocat et le juge.
Ce que les maîtres faisaient vraiment reste mal connu. Aucune séance n’a été notée telle qu’elle s’est déroulée. Les textes conservés ont été rédigés après coup, par un auditeur ou par le maître lui-même.
Le jeu de Rome divise aussi les historiens de la logique. Les uns y voient un entraînement à imaginer une situation et à s’y tenir. Les autres y voient un entraînement à ne jamais se contredire. Les règles d’un troisième logicien du XIVᵉ siècle ne collent avec aucune des deux lectures, et ce désaccord n’est toujours pas tranché.
La version complète donne le texte latin de l’article où Thomas d’Aquin oppose la raison à l’autorité, et suit la querelle entre Burley et Kilvington sur l’ordre des réponses.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Aristote, *Topiques*, I, 2 (101a25-b4, l’entraînement parmi les usages de la dialectique) et VIII, 11 (161a20-21, le débat comme œuvre commune), texte établi et traduit par Jacques Brunschwig, t. I (livres I-IV), 1967, et t. II (livres V-VIII), 2007, Collection des Universités de France Les Belles Lettres
- Aristote, *Catégories*, 7, 8b21-24, sur l’utilité d’avoir douté de chaque point, passage cité par Abélard dans le prologue du *Sic et non*
- Pierre Abélard, *Sic et non*, prologue (p. 89-104 de l’édition, formule *dubitando quippe ad inquisitionem uenimus* p. 103, exemple des *Rétractations* d’Augustin), question 1 (citations de Grégoire le Grand et d’Augustin pour et contre) et question 57, éd. Blanche B. Boyer et Richard McKeon, *Peter Abailard, Sic et Non : A Critical Edition*, Chicago, 1976-1977 ; traductions de la rédaction University of Chicago Press
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Sources primaires (suite)
- Augustin, *De doctrina christiana*, livre II, passage sur la discipline de la dispute et la *libido rixandi*, tel que cité par Abélard dans la question 1 du *Sic et non*, éd. Boyer et McKeon
- Pierre le Chantre, *Verbum adbreviatum*, tripartition *lectio*, *disputatio*, *praedicatio*, éd. M. Boutry, *textus prior*, Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis 196A, Turnhout, 2012 Brepols
- Thomas d’Aquin, *Quaestiones de quolibet*, IV, q. 9, a. 3, « Utrum magister determinando quaestiones theologicas magis debeat uti ratione, vel auctoritate », objection, *sed contra* appuyé sur Tite 1, 9, et corps de l’article ; traduction de la rédaction Corpus Thomisticum
- Thomas d’Aquin, *Summa theologiae*, prologue, sur les débutants auxquels l’ouvrage est destiné
- Gautier Burley, *De obligationibus*, vers 1302, règles de la *positio* et règle utile sur les faussetés compatibles avec le *positum*, éd. Romuald Green, thèse, Louvain, 1963 ; trad. angl. partielle dans Norman Kretzmann et Eleonore Stump (éd.), *The Cambridge Translations of Medieval Philosophical Texts*, vol. 1, *Logic and the Philosophy of Language*, 1988, p. 369-412, règle citée p. 391 Cambridge University Press
- Richard Kilvington, *Sophismata*, sophisme 47, éd. Norman Kretzmann et Barbara Ensign Kretzmann, Oxford, 1990 ; trad. angl. et commentaire par les mêmes, Cambridge, 1990, p. 127-131 Oxford University Press et Cambridge University Press
- Roger Swyneshed, *Obligationes*, 1330-1335, éd. Paul Vincent Spade, « Roger Swyneshed’s *Obligationes* : Edition and Comments », *Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge* 44, 1977, p. 243-285 Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge
- René Descartes, *Discours de la méthode*, Leyde, 1637, sixième partie, sur les « disputes qui se pratiquent dans les écoles » et les « bons avocats » Œuvres de Descartes, éd. Charles Adam et Paul Tannery, t. VI
Bibliographie
- Bernardo C. Bazán, John W. Wippel, Gérard Fransen et Danielle Jacquart, *Les Questions disputées et les questions quodlibétiques dans les facultés de théologie, de droit et de médecine*, Turnhout, 1985, définition de la question disputée p. 40 Brepols
- Olga Weijers, *La « disputatio » à la Faculté des arts de Paris (1200-1350 environ). Esquisse d’une typologie*, Turnhout, 1995 Brepols
- Olga Weijers, *In Search of the Truth. A History of Disputation Techniques from Antiquity to Early Modern Times*, Turnhout, 2013, 341 p., « Studies on the Faculty of Arts. History and Influence » 1 Brepols
- Alex J. Novikoff, « Toward a Cultural History of Scholastic Disputation », *American Historical Review* 117 (2), 2012, p. 331-364 American Historical Review
- Paul Vincent Spade, « If *Obligationes* Were Counterfactuals », *Philosophical Topics* 20, 1992, p. 171-188 Philosophical Topics
- Catarina Dutilh Novaes, « Medieval *Obligationes* as Logical Games of Consistency Maintenance », *Synthese* 145 (3), 2005, p. 371-395 Springer
Sources en ligne
- « Literary Forms of Medieval Philosophy », Eileen Sweeney Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/medieval-literary/
- « Medieval Theories of Obligationes », Mikko Yrjönsuuri, édition de l’été 2022 Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/archives/sum2022/entries/obligationes/
- « Thomas de Aquino, Quodlibet IV » Corpus Thomisticumhttps://www.corpusthomisticum.org/q04.html
- « PETRI ABAELARDI SIC ET NON », texte de l’édition Boyer et McKeon Peter King, University of Torontohttp://individual.utoronto.ca/pking/resources/abelard/Sic_et_non.txt
- « Discours de la méthode et Première méditation (Nouvelle édition avec une notice biographique... des extraits des autres ouvrages) / Descartes » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5492304r/texteBrut
- « Notice bibliographique », Olga Weijers, In search of the truth Catalogue général, Bibliothèque nationale de Francehttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb439027763










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