Six cents sous pour une femme libre en âge d’enfanter, deux cents pour la même une fois cet âge passé. Les deux chiffres se lisent au titre XXIV de la loi des Francs Saliens, mise par écrit au début du VIᵉ siècle, probablement sous Clovis, dans la numérotation que donne la traduction anglaise d’Ernest Henderson, faite sur l’édition allemande de Gengler. Celui qui frappe une femme enceinte et la tue doit 700 sous, celui qui tue un garçon de moins de dix ans en doit 600. Au titre XLI, la mort d’un Franc libre se paie 8 000 deniers, à quarante deniers le sou, soit 200 sous, exactement la somme due pour la femme qui ne peut plus avoir d’enfants.
« Mors per Evam, vita per Mariam »
Le couple qui donne son titre à ce sujet est plus ancien que le Moyen Âge, et ses premiers témoins appartiennent à l’Antiquité tardive. À la fin du IIᵉ siècle, Irénée, évêque de Lyon, l’énonce au chapitre 22 du livre III de son traité Contre les hérésies. Ève, encore vierge bien que donnée à Adam, a désobéi et causé la mort pour elle-même et pour tout le genre humain ; Marie, vierge et fiancée, a obéi et devient cause de salut. La version latine conservée dit que le nœud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie, « Evae inobaudientiae nodus solutionem accepit per obaudientiam Mariae ». Christophe Guignard a proposé en 2021 de lire ce nœud comme l’ouverture d’une conclusion sur le nouvel Adam autant que sur la nouvelle Ève, la métaphore valant pour le Christ avant de valoir pour sa mère.
À Rome, en 384, Jérôme adresse à Eustochium, une jeune Romaine vouée à la virginité, la longue lettre qui porte le numéro 22 dans sa correspondance. Au paragraphe 21, il lui annonce que la chaîne de la malédiction est brisée et donne la formule qui fera carrière, « mors per Evam, vita per Mariam », la mort par Ève, la vie par Marie. Le destinataire compte. Eustochium a choisi un état de vie, et le modèle marial sert ici à le recommander à une vierge consacrée.
Le même Jérôme, quelques années plus tard, ne s’en tient plus à deux figures. Au chapitre 3 du premier livre de son traité Contre Jovinien, il commente la parabole du semeur et attribue le fruit au centuple aux vierges, le fruit au soixantuple aux veuves et le fruit au trentuple aux gens mariés. Il va jusqu’à décrire la position des doigts qui sert à compter chacun de ces nombres, image du couple pour trente, de l’affliction des veuves pour soixante, de la couronne de la virginité pour cent. Sous le partage entre Ève et Marie court donc une échelle à trois degrés, qui classe les femmes selon leur rapport au mariage et à la sexualité, et qui place l’épouse au plus bas.
Mas occasionatus
Au XIIIᵉ siècle, la question passe de la morale à la physique. Dans la première partie de la Somme de théologie, à la question 92, Thomas d’Aquin se demande si la femme devait être produite dès la première création des choses. La première objection qu’il examine reprend Aristote, pour qui la femelle est un mas occasionatus. La traduction publiée par le Cerf rend l’expression par « mâle manqué ». « Mâle accidentel » serait plus près du latin, qui renvoie au hasard de la génération, mais « manqué » dit mieux le défaut que Thomas y entend. Sa réponse ne rejette pas Aristote. Rapportée à la nature particulière, la femme est quelque chose de défectueux, effet d’une faiblesse de la semence masculine ou de vents du sud trop humides ; rapportée à la nature universelle, elle est voulue, parce qu’elle est ordonnée à la génération. Thomas s’appuie alors sur le deuxième chapitre de la Genèse, au verset 18, où Dieu donne à l’homme une aide, et conclut que cette aide est celle de la génération.
Georges Duby a lu ces textes comme un discours de prêtres sur les femmes. Le chevalier, la femme et le prêtre, en 1981, suivait le mariage dans la France féodale. Le dernier volume des Dames du XIIᵉ siècle, publié en 1996 sous le titre Ève et les prêtres, examine les écrits par lesquels les clercs du XIIᵉ siècle ont abordé ce qu’ils tenaient pour la question des femmes. Duby y montre des auteurs qui rattachent aux femmes la sorcellerie, la désobéissance et la luxure, s’attardent sur la part d’Ève dans la chute et jugent les femmes instables et frivoles, tout en louant chez les mêmes femmes les vertus attendues d’une épouse et d’une mère.
Les sommes de la loi salique parlent une autre langue que les clercs. Elles mettent au même prix la femme féconde et le petit garçon, et triplent pour l’une comme pour l’autre le prix d’un homme adulte, ce qui suggère qu’elles tarifient ce que la mort fait perdre à une parenté, des enfants à naître ou un héritier. Le prix retombe au niveau de l’homme quand la femme ne peut plus enfanter. Le texte normatif ne dit pas combien de fois ces compositions, les sommes versées à la famille de la victime pour éteindre la vengeance, ont été réellement payées.
Ce que les femmes qui écoutaient ces sermons en pensaient échappe presque entièrement, faute d’écrits de leur main.
Mâcon, 585
La légende la plus tenace sur ce sujet naît d’un échange de quelques lignes. Grégoire, évêque de Tours, rapporte au chapitre 20 du livre VIII de ses Dix livres d’histoire qu’au synode réuni à Mâcon en 585, un évêque soutint que l’on ne pouvait pas appeler la femme homo. Ses collègues lui opposent la Genèse, où Dieu crée l’être humain mâle et femelle et les nomme tous deux Adam, puis le Christ, appelé fils de l’homme parce qu’il est fils d’une vierge, et l’évêque se range à leurs raisons. Vacandard l’a rappelé en 1910, le latin employait homo pour les deux sexes, et la querelle portait sur un mot. Les vingt canons du concile n’en disent rien, et l’on a supposé l’incident survenu en marge des séances. Michael Nolan, qui a relu ces décrets en 1993, n’y trouve ni le mot femme ni le mot âme.
La suite est une fabrication de l’époque moderne. En 1595 paraît à Leipzig, sans nom d’auteur et sous une fausse date, une Disputatio nova contra mulieres qui prétend prouver que les femmes ne sont pas des êtres humains. Selon Marianne Alenius, c’était un texte de controverse luthérien dirigé contre les sociniens, qui niaient la divinité du Christ, les femmes servant de prétexte à la démonstration. Interrogé par les autorités, l’imprimeur Heinrich Osthaus désigne pour auteur le jeune humaniste Valens Acidalius, qui nie et meurt la même année, avant trente ans. Simon Gediccus répond aussitôt par une Défense du sexe féminin, et la paire des deux textes sera réimprimée à La Haye, à Paris et à Amsterdam jusqu’en 1766. En 1676, le pasteur luthérien Johannes Leyser, aumônier de l’armée danoise et auteur d’un Triomphe de la polygamie, affirme que le concile de Mâcon a débattu de la question de savoir si les femmes étaient des êtres humains. Pierre Bayle reprend l’histoire dans son Dictionnaire historique et critique, et le XIXᵉ siècle français achève de transformer un débat supposé en décret. Vacandard soupçonnait aussi la traduction de Grégoire publiée par Guizot, qui rendait le passage par une phrase où un lecteur pressé pouvait comprendre que les femmes n’étaient pas comptées parmi les hommes.
Le droit de cuissage a suivi un chemin comparable, sur une durée plus longue. Alain Boureau a montré en 1995 qu’aucun ius primae noctis, aucun droit du seigneur sur la première nuit de la mariée, n’a existé comme institution au Moyen Âge. Patrick Boucheron, dans sa leçon du 28 janvier 2025 au Collège de France, suit la fable depuis la Chanson des vilains de Verson, en 1247, jusqu’aux juristes du XVIᵉ siècle, puis jusqu’à la querelle qui oppose au XIXᵉ siècle Louis Veuillot à Jules Michelet. Chaque époque s’en est servie. Les partisans du roi l’ont retournée contre les seigneurs à la fin du Moyen Âge, ceux de la Révolution contre l’Ancien Régime, et le mot a resurgi en 1992, pendant la discussion du nouveau Code pénal, pour désigner le harcèlement sexuel. Ces démontages ne blanchissent rien. L’évêque de Mâcon a bien posé sa question de vocabulaire, Thomas d’Aquin a bien écrit « mâle manqué », et la loi salique a bien indexé le prix d’une femme sur sa fécondité.
Âge d’or ou équilibre patriarcal
La thèse la plus favorable au Moyen Âge est celle de Régine Pernoud, et elle mérite d’être prise dans sa meilleure version. La Femme au temps des cathédrales, publié chez Stock en 1980, rassemble des exemples tirés de l’administration des biens, des métiers, du commerce, de la littérature et de la politique. Pernoud y relève qu’un des plus anciens traités d’éducation écrits en France est l’œuvre d’une femme, que des femmes pratiquaient la médecine au XIIIᵉ siècle, et qu’au XIIᵉ siècle l’ordre de Fontevraud plaçait moines et moniales sous l’autorité d’une abbesse. Son schéma est chronologique, avec des libertés acquises, un apogée, puis un déclin sous plusieurs influences, dont celle de l’Université, jusqu’à une décision du Parlement de Paris de 1593 qui, selon elle, écarte les femmes de toute fonction dans l’État. L’argument trouve un appui dans la question 92 de Thomas d’Aquin, puisque le mâle manqué d’Aristote y entre dans la théologie sous la plume d’un maître de l’Université de Paris. Le risque est connu. Un Moyen Âge repeint en âge de lumière pour les femmes n’est qu’un jugement de valeur retourné.
Georges Duby tenait l’objection inverse. Les sources, presque toutes écrites par des hommes d’Église, reflètent d’abord une idéologie et forment un écran entre l’historien et les conduites réelles ; Antoni Furió, qui a mesuré en 1998 l’influence de cette lecture chez les médiévistes espagnols, cite de lui une phrase qui en tire la conséquence, « Il nous faut abandonner le rêve positiviste d’atteindre la réalité des choses du passé ». On a reproché en retour à l’Histoire des femmes en Occident, que Duby a dirigée avec Michelle Perrot, d’être restée une histoire des rapports entre les sexes centrée sur les discours masculins.
Judith Bennett a déplacé la question. Dans Ale, Beer and Brewsters in England, en 1996, elle montre que les femmes brassaient et vendaient l’essentiel de la cervoise bue dans l’Angleterre médiévale, puis que les hommes ont lentement repris le métier après 1350, au point que la plupart des brasseurs de Londres étaient des hommes en 1600. Un travail change de mains sans que la position relative des femmes bouge beaucoup. Elle en a tiré en 2006, dans History Matters, la notion d’« équilibre patriarcal », et un exemple chiffré, celui d’un salaire féminin qui tourne autour des trois quarts du salaire masculin, au Moyen Âge comme à l’époque contemporaine.
Les trois lectures ne regardent pas les mêmes femmes, abbesses et suzeraines chez Pernoud, dames de l’aristocratie vues par des prêtres chez Duby, brasseuses anglaises chez Bennett. Faute de sources comparables sur les paysannes, majorité des femmes médiévales et minorité des textes, on ne peut pas les départager.
Christine de Pizan referme Matheolus
Vers 1404 ou 1405, une femme répond, et elle répond sur Ève. Au début du Livre de la Cité des dames, Christine de Pizan lit les Lamentations de Matheolus, un livre qui lui paraît déplaisant et sans profit, en parcourt une partie, en lit la fin et l’abandonne. L’unanimité la frappe, philosophes et poètes tenant sur les femmes un même discours, et c’est de ce constat que part la mission que lui confie Raison, bâtir une cité. Sur la création d’Ève, la réponse de Raison passe par la côte. Dieu endort Adam et forme le corps de la femme de l’une de ses côtes, ce qui signifie qu’elle doit se tenir à son côté et non à ses pieds comme une servante, et qu’il doit l’aimer comme sa propre chair.
Christine ne se contente pas d’écrire. Selon Renate Blumenfeld-Kosinski, son atelier a produit cinquante-quatre manuscrits de ses œuvres jusqu’en 1418, quand elle doit quitter Paris. Des paléographes ont reconnu sa main dans l’écriture d’un copiste qu’ils désignaient par la lettre X, identification que James Laidlaw a discutée en 1987 dans son étude sur Christine éditrice de ses propres livres. Le grand recueil commandé par la reine Isabeau, aujourd’hui à la British Library sous la cote Harley MS 4431, contient la Cité des dames aux feuillets 288v à 374r et date des environs de 1413-1414.
À la Bibliothèque nationale de France, le manuscrit Français 1178 date des mêmes années. Il compte 159 feuillets de parchemin numérotés de 2 à 160, mesure 300 millimètres sur 215 et porte trois miniatures de l’atelier du Maître de la Cité des dames, aux feuillets 3 bis, 64v et 135 ; selon la notice de la bibliothèque, le texte et la plupart des corrections y sont de la main de Christine, une seconde main n’ayant ajouté que quelques retouches. C’est ce volume, le plus récent des manuscrits autographes de la seconde version, que l’édition bilingue publiée chez Champion en 2023 a pris pour texte de base, avec les dernières corrections de son autrice.
Pour aller plus loin
L’ordre de Fontevraud et son fondateur Robert d’Arbrissel offrent un cas souvent cité de pouvoir féminin dans l’Église du XIIᵉ siècle. La querelle du Roman de la Rose, où Christine de Pizan s’engage avant d’écrire la Cité des dames, prépare sa réponse aux clercs, et la réforme grégorienne du mariage éclaire les livres de Georges Duby.
Les femmes du Moyen Âge vivaient-elles sous le signe d’Ève, la pécheresse, ou sous celui de Marie, la mère du Christ ? En Europe de l’Ouest, des hommes d’Église ont opposé ces deux figures pendant des siècles. Les lois et les métiers réglaient pourtant la vie de tous les jours. Les historiens cherchent encore ce que ce discours changeait pour les femmes elles-mêmes.
Deux femmes de la Bible
Le couple est plus ancien que le Moyen Âge. Dès la fin du deuxième siècle, un évêque de Lyon, Irénée, compare Ève et Marie. La première a désobéi à Dieu et a fait entrer la mort dans le monde. La seconde a obéi et a ouvert la voie du salut.
Deux siècles plus tard, Jérôme reprend l’idée dans une lettre écrite à Rome. Il l’adresse à une jeune femme qui a choisi de rester vierge. Ève a apporté la mort, lui écrit-il, et Marie a apporté la vie.
Jérôme ne range pourtant pas les femmes en deux camps. Dans un autre livre, il les classe sur trois degrés. Les vierges viennent en tête, puis les veuves. Les femmes mariées arrivent en dernier.
Au treizième siècle, le théologien Thomas d’Aquin reprend une idée du philosophe grec Aristote. Pour Aristote, la femme est un mâle manqué. Thomas ne rejette pas cette idée. Il ajoute pourtant qu’à l’échelle de toute la création, la femme est voulue par Dieu, parce qu’elle est nécessaire pour donner la vie.
Le prix d’une vie
Une loi des Francs, écrite au début du sixième siècle, porte un autre regard. Elle fixe l’amende due par celui qui tue une femme. Pour une femme qui peut encore avoir des enfants, il faut payer six cents sous. Passé l’âge d’enfanter, la même femme ne vaut plus que deux cents sous. C’est le prix d’un homme libre. Personne ne sait combien de fois ces amendes ont vraiment été versées.
On entend encore qu’une réunion d’évêques aurait refusé une âme aux femmes, à Mâcon, en 585. Le seul témoin raconte autre chose. Un évêque y a contesté un mot latin qui désignait à la fois l’homme et l’être humain. Ses collègues lui ont répondu avec la Bible, et il s’est rangé à leur avis.
La légende date de bien plus tard. Elle part d’un petit livre imprimé en Allemagne en 1595, qui prétendait que les femmes n’étaient pas des êtres humains. Un pasteur a ensuite rattaché cette idée au concile de Mâcon.
Le droit de cuissage est une fable du même genre. Aucun seigneur n’avait le droit de passer la première nuit avec une jeune mariée. Le récit a pourtant servi d’arme, contre les seigneurs puis contre l’Ancien Régime. Les textes durs demeurent, eux. Thomas a bien écrit mâle manqué, et la loi a bien lié le prix d’une femme à ses enfants à venir.
Trois historiens en désaccord
En 1980, l’historienne Régine Pernoud défend une thèse forte. Selon elle, les femmes ont connu au Moyen Âge une sorte d’âge d’or, suivi d’un long déclin. Elle rappelle qu’un ordre religieux plaçait des moines et des religieuses sous l’autorité d’une abbesse.
Georges Duby voyait les choses autrement. Presque tous les textes viennent d’hommes d’Église, et ils disent d’abord ce que ces hommes pensaient. L’historien regarde donc les femmes à travers un écran. Dans ces textes, Duby trouve des femmes accusées de désobéissance et de luxure, mais louées comme épouses et comme mères.
Judith Bennett regarde un métier précis. En Angleterre, la cervoise était surtout brassée et vendue par des femmes. Peu à peu, les hommes leur ont pris ce travail. La place des femmes, elle, a peu bougé. Selon Bennett, leur salaire tourne depuis le Moyen Âge autour des trois quarts de celui des hommes.
Ces trois historiens ne regardent pas les mêmes femmes. Sur les paysannes, les plus nombreuses, les sources manquent pour les départager.
Une femme prend la plume
Au début du quinzième siècle, Christine de Pizan écrit le Livre de la Cité des dames. Au début du livre, elle lit un ouvrage hostile aux femmes, le trouve déplaisant et l’abandonne. Une figure nommée Raison lui demande alors de bâtir une cité.
Raison relit avec elle l’histoire d’Ève. Pendant le sommeil d’Adam, Dieu a tiré la femme d’une de ses côtes. Pour Christine, cela signifie qu’elle doit se tenir à côté de l’homme. Elle n’est pas faite pour rester à ses pieds comme une servante.
Christine a aussi recopié et corrigé certains de ses manuscrits de sa propre main. L’un d’eux, terminé vers 1414, est conservé à Paris, à la Bibliothèque nationale de France.
Personne ne sait ce que pensaient de ces sermons celles qui les écoutaient, faute d’écrits de leur main.
La version complète donne le détail de la loi des Francs, avec le prix d’une femme enceinte, et suit pas à pas l’invention du concile qui aurait nié l’âme des femmes, du pamphlet de 1595 au dictionnaire de Pierre Bayle.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Loi des Francs Saliens (Pactus legis Salicae), titre XXIV, 1, 3, 6 et 7 (meurtre d’un garçon de moins de dix ans, d’une femme enceinte, d’une femme libre ayant commencé à enfanter, d’une femme qui ne peut plus avoir d’enfants : 600, 700, 600 et 200 sous) et titre XLI, 1 (meurtre d’un Franc libre, 8 000 deniers), trad. Ernest F. Henderson, Select Historical Documents of the Middle Ages, Londres, George Bell and Sons, 1896, d’après Gengler, Germanische Rechtsdenkmäler, p. 267
- Irénée de Lyon, Adversus haereses, III, 22, 4 : « Sic autem et Evae inobaudientiae nodus solutionem accepit per obaudientiam Mariae », cité d’après Guignard 2021
- Jérôme, Lettre 22 à Eustochium, 21, Rome, 384 : « mors per Evam, vita per Mariam »
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Sources primaires (suite)
- Jérôme, Adversus Iovinianum, I, 3 : fruits au centuple, au soixantuple et au trentuple attribués aux vierges, aux veuves et aux gens mariés
- Grégoire de Tours, Historia Francorum (Dix livres d’histoire), VIII, 20 : l’évêque du synode de Mâcon (585) et le mot homo, cité d’après Vacandard 1910
- Grégoire de Tours, Histoire des Francs, trad. François Guizot, passage de VIII, 20, cité d’après Vacandard 1910
- Thomas d’Aquin, Summa theologiae, Iᵃ pars, q. 92, a. 1, objection 1 et réponse ad 1, trad. Somme théologique, t. 1, Paris, Cerf, 1984, p. 789-790
- Chanson des vilains de Verson, 1247, citée d’après Boucheron 2025
- Disputatio nova contra mulieres, [Leipzig], 1595, sans nom d’auteur et sous une fausse date, attribuée par l’imprimeur Heinrich Osthaus à Valens Acidalius, d’après Alenius 2011
- Simon Gediccus, Defensio sexus muliebris, 1595, d’après Alenius 2011
- Johannes Leyser, Triomphe de la polygamie, 1676, cité d’après Nolan 1997
- Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, reprise du prétendu débat de Mâcon, citée d’après Nolan 1997, sans indication de l’article concerné
- Christine de Pizan, Le Livre de la Cité des dames, éd. bilingue, introduction et traduction d’Anne Paupert, édition et notes de Claire Le Ninan et Anne Paupert, Champion Classiques, Série Moyen Âge 59, Paris, Honoré Champion, 2023, 873 p. : lecture des Lamentations de Matheolus, p. 200-202 ; création d’Ève, p. 246-248 (pagination d’après Küppers 2025)
- Christine de Pizan, La Cité des dames, 1413-1414, parchemin, 159 feuillets numérotés de 2 à 160 (dont un 3 bis), 300 × 215 mm, trois miniatures de l’atelier du Maître de la Cité des dames (ff. 3 bis, 64v, 135), texte et la plupart des corrections de la main de Christine de Pizan Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 1178
- Christine de Pizan, Œuvres (« The Book of the Queen »), vol. 2, vers 1410-1414, La Cité des dames aux ff. 288v-374r British Library, Harley MS 4431
Bibliographie
- Christophe Guignard, « Untying Knots : A New Interpretation of Irenaeus, Adversus haereses 3,22,4 », Harvard Theological Review 114 (2), 2021, p. 203-218, DOI 10,1017/S0017816021000146 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S0017816021000146
- Michael Nolan, « The Mysterious Affair at Mâcon : The Bishops and the Souls of Women », New Blackfriars 74 (876), 1993, p. 501-507, DOI 10,1111/j.1741-2005,1993.tb07620.x Wileyhttps://doi.org/10.1111/j.1741-2005.1993.tb07620.x
- Georges Duby, Le chevalier, la femme et le prêtre. Le mariage dans la France féodale, Paris, 1981 ; rééd. coll. Pluriel, 1982, 312 p. Hachette
- Georges Duby, Dames du XIIᵉ siècle, III, Ève et les prêtres, Paris, 1996 ; trad. angl. Jean Birrell, Women of the Twelfth Century, 3, Eve and the Church, Chicago, 1998 Gallimard
- Georges Duby et Michelle Perrot (dir.), Histoire des femmes en Occident, II, Le Moyen Âge, sous la direction de Christiane Klapisch-Zuber, Paris, 1991 ; trad. angl. A History of Women in the West, II, Silences of the Middle Ages, Cambridge (Mass.), Belknap Press, 1994, X-575 p. Plon
- Régine Pernoud, La Femme au temps des cathédrales, Paris, 1980 ; rééd. 1984, 312 p. Stock
- Judith M. Bennett, Ale, Beer and Brewsters in England : Women’s Work in a Changing World, 1300-1600, New York, 1996 Oxford University Press
- Judith M. Bennett, History Matters : Patriarchy and the Challenge of Feminism, Philadelphie, 2006 ; rééd. de poche 2007, 224 p. University of Pennsylvania Press
- Alain Boureau, Le Droit de cuissage. La fabrication d’un mythe, XIIIᵉ-XXᵉ siècle, Paris, 1995 ; trad. angl. Lydia G. Cochrane, The Lord’s First Night : The Myth of the Droit de Cuissage, Chicago, University of Chicago Press, 1998, 310 p. Albin Michel
- James Laidlaw, « Christine de Pizan : A Publisher’s Progress », The Modern Language Review 82 (1), 1987, p. 35-75 Modern Humanities Research Association
Sources en ligne
- « The Avalon Project : The Salic Law », traduction d’Ernest F. Henderson Yale Law School, Lillian Goldman Law Libraryhttps://avalon.law.yale.edu/medieval/salic.asp
- « Jerome to Eustochium (c. 377 AD) », lettre 22, § 21 (la page date la lettre de 377 dans son titre et de 384 dans son en-tête) Roman Lettershttps://scholarly.romanletters.org/letters/jerome/22
- « Against Jovinianus, Book I », § 3 EWTN, Catholic Libraryhttps://www.ewtn.com/catholicism/library/against-jovinianus-book-i-11631
- « La femme, être déficient mais nécessaire », dossier pédagogique sur Thomas d’Aquin, Somme théologique, Iᵃ, q. 92, a. 1 Le Mans Université, HEMEDhttps://hemed.univ-lemans.fr/wp-content/uploads/2021/03/mod06_c02_La-femme-etre-deficient-mais-necessaire.pdf
- E. Vacandard, « La question de l’âme des femmes et le concile de Mâcon », dans Études de critique et d’histoire religieuse, 2ᵉ série, Paris, 1910 Biblisemhttps://biblisem.net/PDF/Vacandard_La_question_de_l_ame_des_femmes_et_le_concile_de_Macon_BIBLISEM.pdf
- « The Myth of Soulless Women », Michael Nolan, 1ᵉʳ avril 1997 First Thingshttps://firstthings.com/the-myth-of-soulless-women/
- « Women are not Human Beings », Marianne Alenius, trad. Gaye Kynoch, 26 août 2011 Nordic Women’s Literaturehttps://nordicwomensliterature.net/2011/08/26/women-are-not-human-beings/
- « La tyrannie masculine », leçon de Patrick Boucheron, cours « Le sexe du pouvoir », 28 janvier 2025 Collège de Francehttps://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/le-sexe-du-pouvoir/la-tyrannie-masculine
- « Women of the Twelfth Century, Volume 3 : Eve and the Church », présentation de l’ouvrage de Georges Duby University of Chicago Press, Chicago Referencehttps://chicagoreference.com/ucp/books/book/chicago/W/bo3621151.html
- Antoni Furió, « Les deux sexes ou l’imaginaire du Mâle Moyen Âge (Espagne) », Clio. Histoire, femmes et sociétés 8, 1998 Universitat de Valènciahttps://www.uv.es/valmed/clio-317-8-les-deux-sexes-ou-l-imaginaire-du-male-moyen-age-espagne%5B1%5D.pdf
- « La Femme au temps des Cathédrales », présentation de l’éditeur, rééd. du 26 septembre 1984 Éditions Stockhttps://www.editions-stock.fr/livre/la-femme-au-temps-des-cathedrales-9782234017658/
- « Ale, Beer and Brewsters in England : Women’s Work in a Changing World, 1300-1600 » National Humanities Centerhttps://nationalhumanitiescenter.org/fellows-book/ale-beer-and-brewsters-in-england-womens-work-in-a-changing-world-1300-1600/
- « History Matters » University of Pennsylvania Presshttps://www.pennpress.org/9780812220049/history-matters/
- « La cité des dames - Christine de Pizan (1364 ?-1430 ?) - Œuvre », date de composition retenue, 1404 Bibliothèque nationale de France, data.bnf.frhttps://data.bnf.fr/12340696/christine_de_pizan_la_cite_des_dames/fr.pdf
- « Christine de Pizan. Ein gynozentrischer Kanon zwischen traditioneller Antikerezeption und mittelalterlicher Innovation », Celina Küppers, PhiN-Beiheft 38, 2025, p. 39-52 Freie Universität Berlinhttps://web.fu-berlin.de/phin/beiheft38/b38t03.pdf
- Compte rendu de Christine de Pizan, Le Livre de la Cité des Dames, éd. Paupert et Le Ninan, par Renate Blumenfeld-Kosinski, sehepunkte 24 (2024), n° 3 sehepunktehttps://sehepunkte.de/2024/03/38580.html
- « Français 1178 • Regius 7396 • Christine de Pizan, La Cité des dames » Bibliothèque nationale de France, Archives et manuscritshttps://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc43017v
- Christine de Pizan, Collected works (« The Book of the Queen »), vol. 2, Harley MS 4431 British Library, Search Archives and Manuscriptshttps://searcharchives.bl.uk/catalog/041-002353510
- « Christine de Pizan Project - Research Context » Edinburgh University Libraryhttps://www.pizan.lib.ed.ac.uk/context.html

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