Le nom de la dispute est plus jeune que la dispute. En 1845, l’Académie des sciences morales et politiques met au concours une histoire de la philosophie scolastique, et le programme dit d’avance ce qu’on y trouvera. Le lauréat portera « une attention toute particulière » au conflit entre réalistes, conceptualistes et nominalistes. Barthélemy Hauréau remporte le prix, et les trois camps entrent dans les manuels, où ils sont restés.
Trois questions posées, puis laissées de côté
Vers 268-270 d’après les commentateurs anciens, Porphyre compose l'Isagoge en Sicile et l’adresse à Chrysaorius, qui souhaite aborder les Catégories d’Aristote. Le traité s’ouvre sur un refus. Son auteur annonce qu’il laissera de côté les enquêtes profondes, puis il en énumère trois dont il se garde de traiter : les genres et les espèces subsistent-ils, ou n’existent-ils que dans les pensées nues ; s’ils subsistent, sont-ils corporels ou incorporels ; sont-ils séparés des choses sensibles, ou dans ces choses mêmes ? L’affaire est profonde, écrit-il, et demanderait une enquête d’une tout autre ampleur que celle-ci.
Boèce traduit ce texte et le commente deux fois, d’abord d’après la version de Marius Victorinus, ensuite d’après la sienne. L'Isagoge devient la porte d’entrée de la logique en Occident, en tête de presque tous les manuscrits de la logica vetus. Traduit aussi en syriaque puis en arabe, le même opuscule a servi de manuel à des lecteurs qui en tiraient d’autres questions.
Un détail change la perspective. Le mot « universel » ne figure pas dans la liste de Porphyre.
Le traité définit cinq prédicables, le genre, l’espèce, la différence, le propre et l’accident. En grec, son chapitre 7 porte sur la communauté des cinq « voix », pente phônai, et les commentateurs grecs ont étendu l’étiquette au traité entier. Appeler « voix » ce dont on demande si c’est une chose, un concept ou un mot, c’est répondre avant d’avoir posé la question, comme l’a montré Alain de Libera. Des deux traductions françaises courantes, celle qui garde « prédicables » vaut mieux, l’autre faisant pencher la balance dès le titre.
Le triangle du second commentaire
Boèce prend les questions au sérieux et fixe d’abord ce qu’un universel devrait être pour mériter son nom. Une chose commune à plusieurs doit l’être tout entière, sans se diviser en parties ; elle doit l’être en même temps, sans se répartir dans une succession ; et elle doit constituer la substance de ces plusieurs. Aucune chose réelle ne remplit ce cahier des charges. Constituer la substance d’un individu, c’est partager son être. Si l’humanité constitue la substance de Socrate, elle a l’être de Socrate ; si elle constitue au même instant la substance de Platon, elle a l’être de Platon ; or ces deux êtres sont distincts, et c’est même à cela qu’on reconnaît deux hommes. Une seule chose ne peut pas avoir deux êtres à la fois. On propose alors une autre solution, où l’universel serait la collection des humanités individuelles. Elle ne tient pas davantage, parce que ces humanités se ressemblent entre elles et réclament donc un genre à leur tour, lequel en réclamera un autre, sans terme. L’universel ne s’installe nulle part dans les choses, et il faut bien qu’il soit dans l’esprit. Boèce précise d’ailleurs que cette réponse vient d’Alexandre d’Aphrodise, commentateur grec d’Aristote. L’objection suivante, en revanche, est de lui. Une pensée qui représente la chose autrement qu’elle n’est est fausse ; les choses sont singulières, et la pensée les représente comme universelles ; toute connaissance universelle serait donc fausse, à commencer par la géométrie d’où l’on était parti.
La sortie tient dans une distinction que le lecteur peut vérifier sur lui-même. Se tromper, c’est juger qu’une chose est autrement qu’elle n’est, et une appréhension simple, qui n’attribue rien, ne peut pas être fausse. Boèce prend un triangle. Tout triangle réel est isocèle ou scalène, et penser un triangle qui échapperait aux deux serait une erreur. Mais on peut penser un triangle sans penser qu’il est isocèle et sans penser qu’il est scalène. Le mode de la représentation diffère du mode d’existence de la chose, comme une phrase écrite représente fidèlement une phrase parlée en la donnant à voir. Cette séparation en pensée de ce qui est inséparable dans l’existence porte un nom, l’abstraction.
Boèce refuse ensuite d’arbitrer entre Platon, chez qui les genres subsistent hors des corps, et Aristote, chez qui ils subsistent dans les sensibles tout en étant compris comme incorporels. S’il a suivi Aristote, c’est que l’ouvrage commenté introduit aux Catégories, la décision revenant selon lui à une philosophie plus haute.
Contraires dans le même sujet
Au tournant du XIIᵉ siècle, les écoles parisiennes tiennent une réponse forte. Guillaume de Champeaux enseigne, d’après le résumé qu’en donne Abélard dans l'Historia calamitatum, qu’une chose essentiellement la même se trouve tout entière dans chacun de ses individus, lesquels ne se distinguent que par la multiplicité des accidents. L’humanité de Socrate et celle de Platon sont une seule chose, et les deux hommes diffèrent par la taille et par le lieu.
Abélard objecte sur un point vérifiable. Si l’animal est essentiellement le même dans Socrate et dans l’âne, le rationnel et l’irrationnel se trouvent au même moment dans une seule essence, ce qu’aucune logique n’autorise. Le maître, raconte son ancien élève, dut corriger sa thèse et soutenir désormais une identité par indifférence, et son école se vida.
Le camp adverse a laissé beaucoup moins de papier. Roscelin de Compiègne passe pour avoir réduit les universaux à des émissions de voix, flatus vocis. L’expression se lit chez Anselme de Cantorbéry, qui vise des dialecticiens qu’il ne nomme pas, dans la Lettre sur l’incarnation du Verbe dont Franciscus Salesius Schmitt a édité deux rédactions. De Roscelin subsiste une lettre à Abélard, et rien d’autre. Christian Brouwer rappelle que le concile de Soissons, en 1092 ou 1093, le poursuivait pour sa doctrine trinitaire.
Les mots des camps, à l’époque, ne sont pas ceux des manuels. Yukio Iwakuma a recensé sous le nom de vocales les logiciens du XIIᵉ siècle qui font porter la question sur les mots, et l’on rencontre aussi nominales et reales. Le conceptualisme, lui, appartient au vocabulaire des historiens modernes.
« Parce que le pilote était absent »
Abélard ne s’arrête pas à la démolition. Il repart de la définition qu’Aristote donne de l’universel, ce qui est apte à être prédiqué de plusieurs, et il en tire que les seuls universaux existants sont des mots. Mais un mot commun est imposé pour une raison, et cette raison ne peut pas être rien. La question se déplace vers la cause commune en vertu de laquelle un même nom est imposé à plusieurs.
Cette cause n’est pas une chose, et Abélard le fait voir par un exemple ordinaire. Quand on dit que le navire a péri parce que le pilote était absent, la cause invoquée n’est aucune chose du monde ; c’est la manière dont les choses se trouvaient, ce que signifie une proposition entière. Ce en quoi tous les hommes s’accordent, c’est d’être homme, esse hominem. Abélard nomme cela le statut, une manière d’être partagée sans qu’elle soit une chose de plus.
Le statut n’est pas davantage un concept de notre esprit, et Abélard y tient, parce qu’une cause d’imposition doit être réelle sans dépendre de nos actes mentaux. Il désigne ce que Dieu conçoit des choses avant même qu’elles soient. La difficulté qu’ouvre cette réponse, l’auteur ne la referme pas. Il écrit que nous ne concevons pas les statuts, tout en soutenant que nos mots les signifient.
Avicenne introduit une troisième considération
À partir du milieu du XIIᵉ siècle, les traductions latines d’Avicenne apportent une distinction dont le siècle précédent ne disposait pas. Dans la Métaphysique du Shifā', l’équinité, c’est-à-dire la nature du cheval, est prise en elle-même. Ainsi considérée, elle n’est ni une ni multiple, elle n’existe ni dans les choses sensibles ni dans l’âme, elle n’est qu’équinité. Thomas d’Aquin reprend la distinction dans le De ente et essentia, où une nature se considère absolument, et rien n’est alors vrai d’elle que ce qui lui appartient en propre, ou selon l’existence qu’elle reçoit dans les individus et dans l’âme. Duns Scot y ajoute une unité de la nature commune inférieure à l’unité numérique et un principe d’individuation que ses disciples appelleront haecceitas, l’être-ceci. L’édifice tient debout, et le nombre d’étages qu’il faut poser pour qu’il tienne va devenir le point d’attaque.
Attaqué par Ockham, Burley durcit son réalisme
Guillaume d’Ockham s’en prend à l’inventaire. Dans la Somme de logique, il nomme la racine de l’erreur qu’il combat, multiplier les étants selon la multiplicité des termes et croire que chaque terme a du réel qui lui corresponde. Sa reconstruction supprime des étages entiers. Il n’y a que des choses singulières et des actes singuliers de l’esprit ; un concept est universel par sa seule fonction, parce qu’il représente indifféremment chacun des hommes ; le mot commun l’est par subordination à ce concept.
Le rasoir qu’on lui prête est d’une autre main.
La phrase entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem ne figure dans aucun de ses textes conservés. William Thorburn l’a établi en 1918 et a retrouvé la source, une scolie de Jean Ponce, franciscain irlandais, dans l’édition des œuvres de Duns Scot procurée par Luke Wadding en 1639, où la maxime est donnée comme un axiome courant des scolastiques, sans nom d’auteur. Ockham écrit autre chose, et deux fois plutôt qu’une. Il ne faut jamais poser une pluralité sans nécessité, dit son commentaire des Sentences ; on fait en vain par plusieurs ce qui peut se faire par moins, dit la Somme de logique.
L’effet de ces attaques sur l’adversaire le mieux armé mérite d’être regardé de près. Gautier Burley défendait avant 1324 un réalisme modéré comparable à celui des théologiens du XIIIᵉ siècle. Les objections d’Ockham l’ont conduit à durcir sa position au lieu de l’assouplir, et ses derniers écrits, jusqu’au Traité des universaux composé après 1337, posent des universaux extérieurs à l’âme et réellement distincts des individus, faute de quoi, juge-t-il, notre connaissance du monde perdrait sa validité. Alessandro Conti y voit un passage au réalisme platonicien, imposé par l’adversaire.
Paris a répondu par des textes administratifs. Le 25 septembre 1339, la faculté des arts interdit d’enseigner la doctrine d’Ockham, qu’aucune autorité n’avait admise ni examinée. Un second statut suit le 29 décembre 1340. La lecture reçue y voit une condamnation de l’ockhamisme, tandis que William Courtenay et Katherine Tachau ont soutenu en 1982 que la cible réelle était une manière étroite d’analyser les propositions.
La Logica « Ingredientibus », où se trouve l’exposé le plus développé d’Abélard sur les universaux, ne subsiste que par un manuscrit, le M 63 sup. de la Bibliothèque ambrosienne de Milan, et la glose sur l'Isagoge y occupe les quinze premiers feuillets. Soixante feuillets plus loin, dans le même volume, un copiste anonyme a laissé une autre glose sur l'Isagoge, que les éditeurs appellent Glossae secundum vocales, les gloses selon les vocalistes. Carmelo Ottaviano l’a transcrite en 1933 comme un montage tiré des textes d’Abélard, quand Constant Mews y a reconnu en 1984 une révision due à Abélard lui-même. Le désaccord tient toujours, faute d’un critère qui départagerait un montage tardif d’une réécriture par l’auteur, et le codex porte, à quelques cahiers de distance, l’œuvre du maître et un texte que la tradition manuscrite range sous une étiquette de parti.
Pour aller plus loin
Ce problème communique avec la falsafa, où la distinction avicennienne entre l’essence et son existence commande bien d’autres débats. Il rejoint le platonisme, dont les Idées fournissent la première réponse et le premier repoussoir. Il touche enfin la philosophie analytique, où le mot nominalisme désigne, depuis Nelson Goodman et Willard Van Orman Quine, tout autre chose qu’à Paris en 1340.
Deux hommes reçoivent le même nom. Le mot « homme » désigne-t-il quelque chose qu’ils partagent réellement, ou seulement une habitude de langage ? Un philosophe grec du IIIᵉ siècle a posé la question dans un manuel de logique, puis il a refusé d’y répondre. Ses questions ont été traduites en latin et recopiées en tête de presque tous les manuels de l’Occident médiéval.
Une question laissée en plan
Le philosophe s’appelle Porphyre. Il écrit une courte introduction pour préparer la lecture d’un traité d’Aristote. Dès l’ouverture, il annonce qu’il évitera les questions difficiles, puis il en cite trois. Les genres et les espèces existent-ils vraiment, ou seulement dans nos pensées ? S’ils existent, ont-ils un corps ? Se trouvent-ils dans les choses que nous voyons, ou en dehors d’elles ?
L’affaire demanderait une plus longue enquête, dit-il, et il passe à autre chose. Bien plus tard, un haut fonctionnaire romain traduit ce texte en latin et le commente longuement. Il s’appelle Boèce.
Sa démonstration est serrée. Une même chose ne peut pas être tout entière dans plusieurs individus au même moment, puisqu’elle devrait alors avoir plusieurs existences distinctes à la fois. Il en conclut que le général se forme dans l’esprit, par une opération qu’il appelle abstraction. Il ajoute qu’il n’a pas voulu trancher entre Platon et Aristote, et laisse la décision à d’autres.
L’exemple du triangle
Sa preuve passe par une figure que chacun peut se représenter. Un triangle réel a des côtés égaux ou des côtés inégaux, sans autre possibilité. Se figurer un triangle qui ne serait dans aucun de ces cas serait donc une erreur. Mais on peut très bien penser un triangle sans penser du tout à la longueur de ses côtés. L’esprit sépare alors ce que la réalité tient ensemble, et il ne se trompe pas pour autant.
L’objection de l’âne
Vers 1100, un maître parisien enseigne que l’humanité présente dans un homme et dans un autre est une seule et même chose, les individus se distinguant seulement par des détails. Un de ses élèves lui pose une colle. Si l’animal est la même chose dans un homme et dans un âne, alors l’être doué de raison et l’être qui en est privé se logent au même instant dans une seule chose. Le maître corrige sa thèse. Son école se vide.
L’élève s’appelle Abélard, et il propose autre chose. Un mot commun est donné pour une raison, dit-il, et cette raison n’est aucun objet du monde. Il le fait voir par un exemple de tous les jours. Quand on dit qu’un navire a coulé parce que le pilote était absent, la cause qu’on avance ne se ramasse nulle part ; c’est la façon dont les choses se trouvaient.
Les hommes ont ceci de commun d’être hommes, et Abélard appelle cela leur statut, une manière d’être partagée qui n’est pas une chose. Son adversaire le plus radical, lui, n’a presque rien laissé. On prête à Roscelin de Compiègne l’idée que les mots généraux sont de simples émissions de voix, mais la formule vient d’un contemporain qui l’attaquait. De Roscelin lui-même, il reste une lettre, et rien de plus.
Une phrase attribuée par erreur
Un franciscain nommé Guillaume d’Ockham reprend le problème et supprime des étages. Il n’existe pour lui que des choses individuelles et des actes individuels de l’esprit ; un concept vaut pour tous les hommes parce qu’il les représente indifféremment, et le mot général tire sa valeur de ce concept.
On lui attribue depuis longtemps une devise latine sur les êtres qu’il ne faut pas multiplier sans nécessité. Elle ne figure dans aucun de ses écrits conservés. William Thorburn l’a démontré en 1918 et a retrouvé le véritable auteur, un franciscain irlandais qui l’a glissée dans une édition savante parue au XVIIᵉ siècle.
Ockham a bien écrit des formules voisines, plus lourdes et moins faciles à retenir. Le classement en trois camps que reprennent les manuels est lui aussi tardif, imposé comme sujet de concours par une académie parisienne au milieu du XIXᵉ siècle. Les logiciens du Moyen Âge se rangeaient sous d’autres noms.
Le texte où Abélard expose tout cela ne survit que dans un seul manuscrit, conservé à Milan, et sa glose sur le petit traité grec en occupe les quinze premiers feuillets.
La version complète donne le programme de concours de 1845 qui a fabriqué les trois camps, le nom du franciscain irlandais qui a écrit la formule du rasoir en 1639, et le désaccord jamais tranché entre deux éditeurs sur un texte copié dans ce même volume milanais.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Porphyre, *Isagoge*, prologue (les trois questions sur les genres et les espèces) et chapitre 7 (« De la communauté des cinq voix ») texte grec éd. A. Busse, *Commentaria in Aristotelem Graeca*, IV, 1, Berlin, 1887 ; texte grec, *Translatio Boethii* et traduction française par Alain de Libera et Alain-Philippe Segonds, Paris, Vrin, 1998
- Boèce, *In Isagogen Porphyrii commenta*, editio secunda (exposé sur les universaux, conditions requises, argument de régression, réponse par l’abstraction, refus d’arbitrer entre Platon et Aristote) éd. S. Brandt, *Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum* 48, Vienne-Leipzig, 1906 ; trad. angl. P. V. Spade, *Five Texts on the Mediaeval Problem of Universals*, 1994, p. 20-25
- Anselme de Cantorbéry, *Epistola de incarnatione Verbi*, première rédaction (les dialecticiens qui prennent les substances universelles pour un *flatus vocis*) éd. F. S. Schmitt, *S. Anselmi Cantuariensis archiepiscopi Opera omnia*, t. I, p. 281-290, la formule à la p. 285 ; version définitive, chap. 1, t. II, p. 3-35
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Sources primaires (suite)
- Roscelin de Compiègne, *Lettre à Abélard* seul écrit conservé, éd. J. Reiners, *Der Nominalismus in der Frühscholastik*, Münster
- Abélard, *Historia calamitatum* résumé de la thèse de Guillaume de Champeaux sur la chose essentiellement la même dans chaque individu, et récit de sa correction
- Abélard, *Logica « Ingredientibus »*, *Glossae super Porphyrium* (critique du réalisme, définition de l’universel, cause commune de l’imposition, statut, exemple du pilote absent) éd. B. Geyer, *Peter Abaelards Philosophische Schriften*, Münster, 1919, p. 1-109 ; manuscrit unique Milan, Biblioteca Ambrosiana, M 63 sup., fol. 1ra-15v, le début aux fol. 1ra-5rb
- *Glossae secundum vocales*, glose anonyme sur l'*Isagoge* Milan, Biblioteca Ambrosiana, M 63 sup., fol. 74ra-91vb, transcription C. Ottaviano, *Testi medioevali inediti*, Fontes Ambrosiani III, Florence, 1933, p. 106-207
- Avicenne, *Métaphysique* du *Shifā'* (*Ilāhiyyāt*), V, 1-2 indifférence de l’essence ; version latine médiévale *Liber de philosophia prima*, V, 1, « equinitas est equinitas tantum »
- Thomas d’Aquin, *De ente et essentia*, chap. 3 la nature considérée absolument et selon l’existence qu’elle a dans les individus ou dans l’âme
- Jean Duns Scot, *Ordinatio*, II, d. 3, pars 1, q. 1-6 nature commune, principe d’individuation, *Opera omnia*, t. VII, Cité du Vatican, 1973
- Guillaume d’Ockham, *Summa logicae*, I, 51 « multiplier les étants selon la multiplicité des termes » comme racine de l’erreur ; I, 12, « frustra fit per plura quod potest fieri per pauciora »
- Guillaume d’Ockham, *Scriptum in librum primum Sententiarum (Ordinatio)*, I, d. 2, q. 4-8 (universaux et concepts), *Opera theologica* II, St. Bonaventure, 1970 ; I, d. 27, q. 2, « numquam ponenda est pluralitas sine necessitate »
- Gautier Burley, *Tractatus de universalibus*, après 1337 universaux extérieurs à l’âme et réellement distincts des individus, éd. H.-U. Wöhler, Leipzig, 1999
- Jean Ponce, scolie sur *Opus Oxoniense*, III, d. 34, q. 1, dans Luke Wadding (éd.), *Joannis Duns Scoti Opera omnia*, 1639, t. VII, p. 723 « non sunt multiplicanda entia sine necessitate », donné comme axiome courant des scolastiques
- Statuts de la faculté des arts de Paris, 25 septembre 1339 et 29 décembre 1340 *Chartularium Universitatis Parisiensis*, éd. H. Denifle et É. Chatelain, t. II, Paris, 1891
Bibliographie
- Alain de Libera, *La Querelle des universaux. De Platon à la fin du Moyen Âge*, Paris, 1996, rééd. augmentée d’une postface, 2014 Seuil, puis Points
- Gyula Klima, « The Medieval Problem of Universals », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy* Stanford University
- Paul Vincent Spade (trad.), *Five Texts on the Mediaeval Problem of Universals : Porphyry, Boethius, Abelard, Duns Scotus, Ockham*, Indianapolis, 1994 Hackett
- Claude Lafleur et Joanne Carrier, « Abélard et les universaux : édition et traduction du début de la *Logica « Ingredientibus » : Super Porphyrium* », *Laval théologique et philosophique*, 68 (1), 2012, p. 129-210 Université Laval
- Yukio Iwakuma, « Vocales, or Early Nominalists », *Traditio*, 47, 1992, p. 37-111 Fordham University Press
- Christian Brouwer, « Roscelin de Compiègne, nominaliste ou hérétique ? Quelques aspects de l’accusation d’hérésie contre la dialectique au XIᵉ siècle », *Siècles*, 2, 1996 Centre d’histoire « Espaces et Cultures »
- William Thorburn, « The Myth of Occam’s Razor », *Mind*, 27, 1918, p. 345-353 Oxford University Press
- William J. Courtenay et Katherine H. Tachau, « Ockham, Ockhamists, and the English-German Nation at Paris, 1339-1341 », *History of Universities*, 2, 1982, p. 53-96
- Constant J. Mews, « A neglected gloss on the « Isagoge » by Peter Abelard », *Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie*, 31, 1984, p. 35-55 Universität Freiburg (Suisse)
- Alessandro D. Conti, « Walter Burley », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy* Stanford University
Sources en ligne
- « The Medieval Problem of Universals » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/universals-medieval/
- « Anicius Manlius Severinus Boethius » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/boethius/
- « Walter Burley » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/archives/sum2024/entries/burley
- « Isagoge », collection Sic et Non Librairie philosophique J. Vrinhttps://www.vrin.fr/livre/9782711613441/isagoge
- « La Querelle des universaux », extrait, chapitre 1 « Un problème saturé » Éditions du Seuil, diffusé par Numiloghttps://excerpts.numilog.com/books/9782020247566.pdf
- « Abélard et les universaux : édition et traduction du début de la Logica « Ingredientibus » : Super Porphyrium » Laval théologique et philosophique, Érudithttps://www.erudit.org/fr/revues/ltp/1900-v1-n1-ltp0139/1010218ar
- « Roscelin de Compiègne, nominaliste ou hérétique ? » Siècles, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/siecles/6823
- « Penser l’être (l’existant, l’existence) dans la falsafa : autour de mawǧûd/wuǧūd chez Ibn Sīnā (Avicenne) » Noesis, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/noesis/4981
- « Abelard : Logica Ingredientibus, text note » Peter King, University of Torontohttp://individual.utoronto.ca/pking/resources/abelard/LI-text-note









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