On objectera qu’une bataille où deux cavaliers d’une taille surhumaine chargent en tête des Romains, puis reparaissent le soir même au Forum pour laver leurs chevaux en sueur à la fontaine de Juturne, relève du merveilleux, et qu’un historien n’a rien à en tirer. La bataille du lac Régille a pourtant laissé autre chose qu’un récit. Au plus fort de la mêlée, le dictateur Aulus Postumius promet un temple à Castor, et ce temple est dédié en 484 avant notre ère par son fils. Sa première version, bâtie en blocs de tuf sombre, est aujourd’hui prise dans le noyau du grand podium qui borde la fontaine.
Le vœu et le bâtiment tiennent. La portée de la victoire, elle, ne se lit que dans des récits composés près de cinq siècles plus tard.
Tite-Live avoue ne pas savoir ranger les consuls
Au livre II de son Histoire romaine, Tite-Live place l’affrontement sous les consuls de 499 avant notre ère. Le dictateur Postumius et son maître de la cavalerie, le second qui commande les cavaliers, rencontrent l’armée latine près du lac Régille, « in agro Tusculano », sur le territoire de Tusculum (II, 19, 3). Deux chapitres plus loin, l’historien se reprend. Certains de ses auteurs reportent la bataille à 496, et il avoue que l’ordre des magistrats varie tant d’une liste à l’autre qu’on ne sait plus quels consuls ont succédé à quels autres (II, 21, 3-4). Denys d’Halicarnasse, qui publie à Rome sous Auguste, retient 496 (VI, 2). On suivra ici cette seconde date, parce qu’elle est celle du récit le plus détaillé, sans prétendre trancher.
Le lac lui-même a disparu. C’était un petit bassin volcanique, asséché à une date que personne ne sait fixer, et deux cratères voisins, au nord de Frascati, se disputent son nom. L’Enciclopedia Italiana le plaçait en 1935, précédé d’un « forse », au Pantano Secco ; Pietro Frangini a plaidé pour le bassin de Prata Porci en s’appuyant sur les toponymes des cartes anciennes, dont une source appelée Acqua Reginella, et sa démonstration attend encore la fouille qui la confirmerait.
Quarante mille Latins sur le papier
Tite-Live raconte la bataille en deux chapitres, Denys en dix (VI, 4-13), et l’écart ne tient pas seulement à la longueur. Denys donne des effectifs, 23 700 fantassins et 1 000 cavaliers côté romain, environ 40 000 fantassins et 3 000 cavaliers chez les Latins et leurs alliés (VI, 5, 5), dont moins de 10 000 seraient rentrés chez eux (VI, 12, 6). Il décrit une mêlée faite de duels entre chefs. Titus, un fils de Tarquin, reçoit un javelot dans l’épaule droite ; Aebutius et Octavius Mamilius, le général de Tusculum, se blessent l’un l’autre et tombent de cheval ; Marcus Valerius s’effondre, frappé d’un coup de lance, et le légat Titus Herminius tue ensuite Mamilius et périt en le dépouillant (VI, 11-12). Chez Tite-Live, le vieux Tarquin charge Postumius en personne (II, 19, 6). Denys, lui, reproche nommément à deux annalistes, Licinius et Gellius, d’avoir fait combattre à cheval un roi de près de quatre-vingt-dix ans sans se demander si la chose était possible (VI, 11, 2). Le tournant, chez Tite-Live, tient dans un geste de cavalerie à rebours, puisque le dictateur fait mettre pied à terre aux jeunes nobles pour soutenir l’infanterie épuisée, avant de vouer un temple à Castor et de promettre une récompense aux deux premiers soldats qui entreront dans le camp ennemi (II, 20, 10-12).
Que valent ces chiffres ? Rien ne permet de les contrôler, et leur précision à la centaine près trahit plus probablement une reconstruction qu’un décompte. Giuseppe Cardinali voyait en 1935 dans le récit l’écho de chants épiques, sans douter de la réalité du combat. Il jugeait artificiel son rattachement à la cause des Tarquins, et y lisait plutôt l’épisode final d’une lutte engagée par les cités latines, à la fin de la royauté, pour disputer à Rome le premier rang dans le Latium.
Denys rapporte, à la veille de la guerre, une mesure qui ne touche pas les soldats. Le Sénat autorise les femmes mariées d’un peuple à l’autre à choisir leur résidence, les fils restant avec leur père et les filles non mariées suivant leur mère. Presque toutes les Romaines installées dans les cités latines rentrent chez leur père, et toutes les Latines mariées à des Romains restent auprès de leur mari, sauf deux (VI, 1, 2-3). Denys y voit un présage.
La fontaine de Juturne
L’épiphanie, c’est-à-dire l’apparition visible d’un dieu, n’appartient qu’à Denys. Deux cavaliers d’une beauté et d’une taille hors du commun, à peine barbus, chargent en tête de la cavalerie romaine ; le soir, deux jeunes gens en armes lavent des chevaux couverts de sueur à la source voisine du temple de Vesta, annoncent la victoire et disparaissent (VI, 13, 1-2). On y reconnaît le lendemain Castor et Pollux. Tite-Live, pour le vœu, se contente d’un « dit-on ». Jacques-Hubert Sautel a analysé en 2010 la construction rhétorique de cette page de Denys. Cardinali y reconnaissait déjà la répétition de l’apparition des Dioscures aux côtés des Locriens contre Crotone, au bord de la Sagra, au VIᵉ siècle, tout en l’expliquant par l’implantation ancienne du mythe dans le Latium. Chez Cicéron, le stoïcien Balbus tient pourtant l’épisode pour une preuve que les dieux se montrent aux hommes (De la nature des dieux, II, 6).
Une trouvaille de Lavinium, sur la côte au sud de Rome, a donné à cette explication un appui matériel. Le sanctuaire des Treize Autels, fréquenté dès le milieu du VIᵉ siècle, a livré une lamelle de bronze portant une dédicace en latin archaïque, « Castorei Podlouqueique qurois », « à Castor et Pollux, les jeunes gens », dont le dernier mot décalque le grec kouroi. Le Parc archéologique du Colisée date la lamelle du VIᵉ siècle et fait partir de là un culte qui gagne Ardée, Tusculum et Rome avant la fin du siècle. Tusculum était la cité de Mamilius. Postumius a donc promis son temple à des dieux qu’on honorait aussi chez le chef ennemi.
Le temple, lui, est attesté par la fouille. Dans le noyau de béton du podium actuel, on a reconnu les structures de l’édifice du Vᵉ siècle, en cappellaccio, un tuf local sombre et poreux. Ce premier bâtiment mesurait 27,5 mètres de large pour 37 à 40 mètres de long, avec trois salles de culte et un porche profond . Trois colonnes de marbre de 12,50 mètres, issues de la reconstruction de Tibère, marquent aujourd’hui l’emplacement. La dédicace, en revanche, a deux dates. Tite-Live la place aux ides de juillet, le 15 (II, 42, 5), jour que Denys donne pour anniversaire de la victoire (VI, 13, 4), tandis qu’Ovide et les calendriers gravés retiennent le 27 janvier (Fastes, I, 705-708). Le 27 janvier pourrait être le jour de la nouvelle dédicace faite par Tibère en l’an 6 de notre ère, à moins que Tite-Live ne se soit simplement trompé.
Le rite le plus visible est plus tardif encore. Chaque 15 juillet, écrit Denys, les cavaliers dotés d’un cheval public défilent devant le temple, couronnés d’olivier et vêtus de la trabée, un manteau pourpre rayé d’écarlate, jusqu’à cinq mille certaines années (VI, 13, 4). Tite-Live attribue l’institution de cette parade, la transvectio equitum, au censeur Quintus Fabius, en 304 avant notre ère (IX, 46, 15). Nicolas Meunier a rapproché en 2015 ce temple de celui de Cérès, Liber et Libera, voué lui aussi par Postumius selon Denys et dédié en 493 (VI, 17, 2 et 94, 3), et il y voit la marque d’un retour des Latins au pouvoir, à Rome comme dans le Latium, aux dépens des Étrusques, ce qui ferait de Régille, pour une large part, une défaite étrusque. Son hypothèse part d’un constat qu’il formule sans détour, celui de premières années du Vᵉ siècle profondément réécrites par la tradition.
Foedus Cassianum
Denys raconte ensuite la paix, et son récit surprend. Quelques jours après la bataille, des ambassadeurs latins viennent en suppliants et offrent d’être désormais des sujets autant que des alliés (VI, 18). Au Sénat, Titus Larcius plaide la clémence. Spurius Cassius veut au contraire raser les cités latines comme Rome avait jadis rasé Albe, et Servius Sulpicius se contenterait de la moitié de leurs terres (VI, 19-20). Postumius suit Larcius, et l’ancien traité est renouvelé par les fétiaux, les prêtres chargés des rites de la guerre et de la paix (VI, 21). Ces discours sont de la main de Denys, qui les compose en rhéteur. Le rôle qu’il prête à Cassius a pourtant de quoi intriguer, puisque c’est lui qui conclut, trois ans plus tard, le traité qui porte son nom.
Le traité est conclu en 493, sous les consuls Spurius Cassius et Postumus Cominius, et Denys en donne les clauses (VI, 95, 2). Il y est stipulé que la paix durera « aussi longtemps que le ciel et la terre resteront à leur place ». Les parties ne se feront pas la guerre et n’ouvriront pas le passage à l’ennemi de l’autre, elles se porteront secours de toutes leurs forces et partageront à égalité le butin des guerres communes. Quant aux procès nés d’un contrat privé, ils seront jugés dans les dix jours, dans la cité où le contrat a été passé, et rien ne pourra être ajouté ou retranché sans l’accord des Romains et de tous les Latins. Deux parties, donc. Rome d’un côté, l’ensemble des Latins de l’autre, et aucune clause de sujétion.
Tite-Live précise que Cassius a conclu seul, son collègue étant parti combattre les Volsques, et que le traité, gravé sur une colonne de bronze, avait sauvé de l’oubli la campagne de Cominius (II, 33, 4 et 9). Cicéron, plaidant pour Balbus en 56 avant notre ère, rappelle ce traité passé avec tous les Latins et dit qu’on se souvient de l’avoir vu, il n’y a pas si longtemps, gravé sur une colonne de bronze derrière les Rostres, la tribune aux harangues du Forum (Pour Balbus, 53). La colonne, dans sa phrase, est au passé, et le parfait « fuisse » laisse entendre qu’elle avait disparu.
Rome dans la ligue, ou face à elle ?
Les auteurs grecs et latins de la fin du Iᵉʳ siècle avant notre ère faisaient remonter la domination romaine sur le Latium à l’époque royale, puis à l’issue de Régille. Andreas Alföldi soutenait au contraire en 1965 que l’annalistique, à partir de Fabius Pictor, avait gonflé la puissance de Rome à haute époque. Les lectures les plus radicales, que recense Pierre Sánchez, contestent jusqu’à la forme bilatérale du traité et font de Rome un simple membre de la ligue, soumis à un commandement tournant. Elles s’appuient sur un fragment de l’antiquaire Lucius Cincius, conservé par Festus (p. 276 Lindsay). Jusqu’au consulat de Publius Decius Mus, en 340, les peuples latins se réunissaient à la source de Ferentina, au pied du mont Albain, et exerçaient le commandement d’un commun accord ; les années où il revenait aux Romains d’envoyer des généraux à l’armée « sur ordre du nom latin », plusieurs des nôtres, écrit Cincius, prenaient les auspices au Capitole dès le lever du soleil.
Pierre Sánchez a repris ce texte en 2014 pour en tirer la conclusion inverse, puisque le fragment, relu de près, suppose la prééminence des magistrats romains sur les Latins. Tim Cornell défendait déjà en 1995 un traité bilatéral authentique, où Rome pèse autant que toutes les autres cités réunies.
Les défenseurs de la tradition disposent d’un témoin plus ancien que tous les annalistes. Polybe transmet le premier traité conclu entre Rome et Carthage, qu’il date de la première année de la République, et en rapporte une clause (III, 22, 11). Les Carthaginois s’y engagent à ne pas nuire aux gens d’Ardée, Antium, Laurentum, Circéi, Terracine, ni à aucune autre cité latine sujette de Rome. Si la date est juste, Rome se présentait comme maîtresse de la côte latine avant même la bataille.
Personne ne dispose du texte latin de 493, et Denys ne dit pas où il a lu le sien.
« Sub umbra foederis aequi »
La soumission vient plus de cent cinquante ans après la bataille, et Régille y sert d’argument. En 340, le préteur latin Lucius Annius, de Setia, réclame que l’un des deux consuls et la moitié des sénateurs soient pris dans le Latium, et Tite-Live lui fait dénoncer une servitude subie « à l’ombre d’un traité égal » (VIII, 4-5). Le consul Titus Manlius Torquatus répond par une question, « non venit in mentem pugna apud Regillum lacum ? », ne vous souvient-il pas de la bataille du lac Régille (VIII, 5, 10). Les Latins sont battus près du Vésuve, puis à Trifanum, entre Sinuessa et Minturnes (VIII, 8-11).
Le règlement de 338 est rapporté cité par cité (VIII, 14). Lanuvium reçoit la citoyenneté romaine, à condition que le sanctuaire de Junon Sospita devienne commun aux deux peuples, et Aricie, Nomentum et Pedum entrent dans la cité aux mêmes conditions. Tusculum garde la citoyenneté qu’elle avait déjà, la faute étant rejetée sur quelques meneurs. À Vélitres, les murs sont abattus et le sénat local déporté au-delà du Tibre. Antium reçoit une colonie, perd ses navires de guerre et se voit interdire la mer, tandis que Tibur et Préneste perdent une partie de leurs terres. Aux autres peuples latins, Rome retire le droit de se marier, de commercer et de tenir des assemblées entre eux. La ligue cesse d’exister comme communauté, et chaque cité traite désormais seule avec Rome.
Les éperons pris aux navires d’Antium ornent depuis lors la tribune du Forum, qui en tire son nom de Rostres (VIII, 14, 12). Derrière cette tribune se dressait la colonne du traité de Cassius, dont Cicéron parlait déjà au passé. Le texte que l’on cite aujourd’hui est la version grecque qu’en donne Denys près de cinq siècles après les faits, sans que l’on sache s’il a eu le bronze sous les yeux ou seulement le résumé d’un annaliste, et tant que la colonne manque, rien ne permettra de comparer son grec au latin gravé en 493.
Pour aller plus loin
Le sujet croise la chute des Tarquins et les premières années de la République, dont Régille clôt, selon la tradition, la dernière tentative de restauration royale. Il rejoint aussi le culte des Dioscures à Rome, lié à l’ordre équestre, et le premier traité entre Rome et Carthage transmis par Polybe.
Pour les historiens romains, la bataille du lac Régille avait fait de Rome la maîtresse de toute la région. Cette région, c’est la plaine qui s’étend au sud du Tibre, le Latium. Rome venait d’y chasser son dernier roi, Tarquin le Superbe, et les autres cités latines avaient pris les armes contre elle. Les armées s’étaient heurtées près d’un petit lac volcanique. Ces historiens ont pourtant écrit bien longtemps après les faits.
Une mêlée mal datée
Même l’année du combat est incertaine. Tite-Live, l’historien romain qui le raconte, le place en 499 avant notre ère. Un peu plus loin, il reconnaît que d’autres auteurs le mettent trois ans plus tard. Ses listes de magistrats ne s’accordent pas, et il renonce à trancher. Le lac a disparu lui aussi, et les spécialistes hésitent entre des cratères voisins.
Le récit le plus fourni vient d’un auteur grec installé à Rome, Denys d’Halicarnasse. Il prête aux Latins environ 40 000 fantassins, face à des Romains bien moins nombreux. Une telle précision fait penser à une reconstruction, et personne ne peut vérifier ces chiffres.
Le combat tourne à une suite de duels. Un fils du roi chassé reçoit un javelot dans l’épaule. Le chef latin, Octavius Mamilius, meurt de la main d’un officier romain. Cet officier est tué à son tour pendant qu’il dépouille le corps.
Quand ses lignes plient, le général romain Aulus Postumius fait descendre ses cavaliers de cheval pour soutenir les fantassins épuisés. Il promet aussi un temple au dieu Castor si Rome gagne. Les Latins finissent par céder, et leur camp est pris.
Des cavaliers venus des dieux
Denys ajoute une scène que Tite-Live ne raconte pas. Pendant le combat, une paire de cavaliers d’une beauté surhumaine charge en tête des Romains. Le soir même, de jeunes guerriers lavent leurs chevaux en sueur à une fontaine du Forum. Ils annoncent la victoire, puis disparaissent. Les Romains y reconnaissent les jumeaux divins des Grecs, qu’on appelle les Dioscures.
Les Grecs du sud de l’Italie racontaient déjà une apparition semblable pour une de leurs batailles. Ces jumeaux avaient pourtant des fidèles dans le Latium. Une petite plaque de bronze trouvée sur la côte, au sud de Rome, leur est dédiée en latin très ancien. De là, leur culte a gagné Tusculum, la ville du chef ennemi.
Le temple promis a bien existé. Le fils du vainqueur le consacre en 484. Ses premiers murs, en pierre sombre, restent enfermés dans la grande plateforme qu’on voit au Forum. La parade annuelle des cavaliers devant le temple, en revanche, a été créée bien plus tard.
Un traité d’égal à égal
En 493, Rome conclut un traité avec toutes les cités latines, et Denys en donne le contenu. La paix doit durer autant que le ciel et la terre. Chacun doit secourir l’autre, et le butin des guerres communes se partage à égalité. Rome se tient d’un côté, l’ensemble des Latins de l’autre. Aucune clause ne fait des Latins des sujets.
Ce texte était gravé sur une colonne de bronze. Elle se dressait derrière la tribune des orateurs du Forum. Bien plus tard, l’orateur Cicéron en parle déjà au passé.
Les spécialistes se disputent sur la place de Rome à cette époque. Pour les uns, les historiens romains ont gonflé sa puissance. Rome aurait été une cité latine parmi d’autres, qui commandait l’armée commune à tour de rôle.
D’autres répondent que les textes anciens s’accordent et donnent le premier rang aux chefs romains. Ils citent un traité avec Carthage, encore plus ancien s’il est bien daté, qui parle déjà de cités latines soumises à Rome. Personne ne possède le texte original du traité avec les Latins.
Le vrai tournant
La défaite décisive des Latins arrive plus de cent cinquante ans après le lac Régille. Les Latins réclament alors l’égalité complète avec Rome. Leur chef demande qu’un Latin partage le consulat. Un consul romain lui répond en rappelant la vieille bataille. La guerre éclate, et les Latins sont battus.
En 338, Rome règle le sort de chaque ville séparément. Certaines deviennent romaines, une autre voit ses murs abattus. La ville côtière d’Antium perd ses navires de guerre. Toutes les autres ne peuvent plus se marier, faire du commerce ou se réunir entre elles. Chacune traite désormais seule avec Rome.
Au Forum, trois colonnes de marbre marquent encore l’emplacement du temple promis pendant la bataille, au bord de la fontaine où la légende fait boire les chevaux divins.
La version complète donne le fragment de l’antiquaire Cincius que chaque camp lit à sa façon, et la phrase d’un préteur latin sur une servitude vécue « à l’ombre d’un traité égal ».
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Tite-Live, Histoire romaine, II, 19-21 (bataille, vœu à Castor, double datation), II, 33, 4-9 (traité et colonne de bronze) et II, 42, 5 (dédicace du temple) édition de référence ; texte latin et traduction de la Loeb Classical Library (1919) consultés sur Perseus
- Tite-Live, Histoire romaine, VIII, 4-14 (guerre latine et règlement de 338) et IX, 46, 15 (institution de la transvectio equitum) édition de référence
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, VI, 1-21 (préparatifs, bataille, épiphanie, ambassade latine) et VI, 94-95 (temple de Cérès, clauses du traité de 493) traduction d’Earnest Cary, Loeb Classical Library, vol. III et IV, 1940
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Sources primaires (suite)
- Cicéron, Pour Balbus (Pro Balbo), 53 colonne de bronze « post rostra »
- Cicéron, De la nature des dieux, II, 6 discours du stoïcien Balbus
- Ovide, Fastes, I, 705-708 dédicace du temple des Dioscures au 27 janvier
- Polybe, Histoires, III, 22, 11 premier traité entre Rome et Carthage
- Lucius Cincius, fragment transmis par Festus, De la signification des mots, s.v. praetor, p. 276 Lindsay
- Lamelle de bronze à dédicace « Castorei Podlouqueique qurois », latin archaïque, VIᵉ siècle avant notre ère, sanctuaire des Treize Autels Lavinium (Pratica di Mare, Pomezia)
- Temple de Castor et Pollux, Forum romain : structures en cappellaccio de la phase du Vᵉ siècle dans le noyau du podium, trois colonnes de marbre de la reconstruction de Tibère Parco archeologico del Colosseo, Rome
Bibliographie
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- Nicolas L. J. Meunier, « Le lac Régille, les Dioscures et Cérès : de la crise romano-latine à la crise patricio-plébéienne », dans Marco Cavalieri, René Lebrun et Nicolas L. J. Meunier (dir.), De la crise naquirent les cultes. Approches croisées de la religion, de la philosophie et des représentations antiques, Turnhout, 2015 (Homo Religiosus, série II, 15), p. 147-166, DOI 10,1484/M.HR-EB.5,108425 Brepolshttps://doi.org/10.1484/M.HR-EB.5.108425
- Jacques-Hubert Sautel, « Un récit de théophanie chez Denys d’Halicarnasse ; l’apparition des Dioscures à la bataille du lac Régille (Antiquités romaines, VI, 13). Étude rhétorique », Revue des Études Anciennes 112 (2), 2010, p. 375-390, DOI 10,3406/rea.2010,6674 Revue des Études Ancienneshttps://doi.org/10.3406/rea.2010.6674
- Giuseppe Cardinali, « Regillo, Lago », Enciclopedia Italiana, Rome, 1935 Istituto della Enciclopedia Italiana
- Andreas Alföldi, Early Rome and the Latins, Jerome Lectures, 7ᵉ série, Ann Arbor, 1965 University of Michigan Press
- Tim J. Cornell, The Beginnings of Rome. Italy and Rome from the Bronze Age to the Punic Wars (c. 1000-264 BC), Londres, 1995 Routledge
- Inge Nielsen et Birte Poulsen (dir.), The Temple of Castor and Pollux I. The Pre-Augustan Temple Phases with Related Decorative Elements, Lavori e studi di archeologia 17, Rome, 1992 De Luca
- Pietro Frangini, La « questione » del lago Regillo, 2ᵉ édition, Monte Compatri, 2013 Edizioni Controluce
- Samuel Ball Platner et Thomas Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londres, 1929, s.v. « Castor, aedes, templum » Oxford University Press
Sources en ligne
- « REGILLO, Lago » (Giuseppe Cardinali, Enciclopedia Italiana, 1935) Treccanihttps://www.treccani.it/enciclopedia/lago-regillo_(Enciclopedia-Italiana)/
- « Quaderni della didattica. I Dioscuri e il Tempio dei Castori al Foro » (Elena Ferrari) Parco archeologico del Colosseohttps://colosseo.it/education/percorsi-la-fonte-di-giuturna-e-il-tempio-dei-dioscuri/
- « Temple de Castor et Pollux · Plan de Rome » Université de Caen Normandiehttps://rome.unicaen.fr/monument/templecastorpollux/
- « Area Archeologica Antica Lavinium » Città di Pomeziahttps://www.comune.pomezia.rm.it/it/page/area-archeologica-antica-lavinium
- « Le fragment de L. Cincius (Festus p. 276 L) et le commandement des armées du Latium » Archive ouverte UNIGE, Université de Genèvehttps://archive-ouverte.unige.ch/unige:83123
- « Titus Livius (Livy), The History of Rome, Book 2, chapter 20 » Perseus Digital Library, Tufts Universityhttp://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.02.0026%3Abook%3D2%3Achapter%3D20

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