Cratyle trouvait Héraclite trop timide. Aristote le rapporte au livre Γ de la Métaphysique (5, 1010a7-15), dans un développement consacré à ceux qui refusent le principe de non-contradiction ; ce disciple athénien reprochait à son maître d’avoir écrit qu’on ne peut entrer deux fois dans le même fleuve, alors qu’à ses yeux on n’y entrait pas même une fois. Il finit, ajoute Aristote, par juger qu’il ne fallait plus rien dire et se contenta de remuer le doigt. Platon l’avait fréquenté dans sa jeunesse, selon le même Aristote, et il a donné son nom à un dialogue, si bien que l’Héraclite transmis par Athènes est d’abord celui de ce lecteur excessif.
Neuf mots chez Eusèbe, livre XV
Le texte le plus sûr sur le fleuve arrive par trois mains. Au IVᵉ siècle de notre ère, Eusèbe de Césarée compile dans la Préparation évangélique (XV, 20, 2) un extrait d’Arius Didyme, philosophe du Iᵉʳ siècle avant notre ère. Arius y résume le stoïcien Cléanthe, qui comparait au IIIᵉ siècle avant notre ère la doctrine de l’âme de son maître à celle d’Héraclite, dont il avait commenté le livre en quatre volumes selon Diogène Laërce (IX, 15). Au bout de la chaîne, neuf mots en dialecte ionien, potamoisi toisin autoisin embainousin hetera kai hetera hudata epirrei, que Simone Weil rend par « pour ceux qui entrent dans les mêmes fleuves, autres et toujours autres sont les eaux qui s’écoulent ».
Cléanthe ne cite pas pour orner. Il veut montrer qu’Héraclite, comme Zénon, faisait de l’âme une exhalaison sans cesse renouvelée, et il ajoute aussitôt que les âmes s’exhalent de l’humide. Leonardo Tarán a tiré de ce contexte, en 1989, un argument en faveur de l’authenticité. Le mot « mêmes » ne sert à rien dans la lecture de Cléanthe, il la gêne plutôt, puisqu’il suffisait de dire que des eaux nouvelles baignent quiconque entre dans un fleuve, n’importe lequel ; un stoïcien qui aurait fabriqué la phrase pour sa thèse n’y aurait pas glissé le mot qui la dessert. La proposition sur les âmes, en revanche, est selon Tarán une paraphrase de Cléanthe. Simone Weil, dont la traduction a paru en 1953 dans La Source grecque, dix ans après sa mort, l’a pourtant gardée à la suite du fragment, avec une parenthèse de son cru qui précise que ces vapeurs sont chaudes et sèches.
Daniel Graham relève dans les neuf mots les marques qu’on retrouve ailleurs chez Héraclite, la rime, l’allitération, une première moitié dont les diphtongues et les sifflantes imitent le bruit de l’eau. On ignore en revanche tout de ce qui précédait et suivait la phrase. Héraclite n’a écrit qu’un livre, que Diogène Laërce dit déposé dans le temple d’Artémis à Éphèse (IX, 6), et aucune copie n’en a survécu ; chaque fragment n’existe que par l’auteur qui l’a découpé pour ses propres besoins, ici un stoïcien occupé de l’âme.
Toisin autoisin
Mieux vaut garder en français le pluriel des « mêmes fleuves », parce que le singulier n’apparaît qu’avec la version platonicienne et que le sens bascule avec lui.
Partons de la chose la plus banale. On appelle fleuve une eau qui coule entre deux rives, d’amont en aval, dans un lit qu’on peut nommer et montrer. L’eau qui passe sous un pont à un instant donné est déjà plus bas l’instant suivant, remplacée par une autre, qui sera remplacée à son tour, et c’est ce que marque le redoublement hetera kai hetera, « autres et autres », une succession sans terme. Supposons maintenant que cette eau cesse de passer. Graham le fait remarquer dans sa notice de la Stanford Encyclopedia of Philosophy ; on aurait alors un lac, ou un lit à sec. Le remplacement de l’eau est donc la condition même de l’identité du fleuve. Le fleuve reste ce qu’il est à condition de changer ce qu’il contient, et la phrase d’Héraclite le dit dans sa grammaire, en posant côte à côte les fleuves « mêmes » et les eaux « autres ». Aucune contradiction au sens logique, puisque l’identité et le changement ne portent pas sur le même objet. Le fleuve est le même. Les eaux sont autres. Et le même fleuve n’est le même que parce que les eaux sont autres.
La thèse déborde le cours d’eau. Le fragment B30 décrit le monde comme un feu toujours vivant, qui s’allume selon des mesures et s’éteint selon des mesures, et Graham rapproche les deux textes. Une quantité se transforme, une quantité équivalente revient, l’ensemble demeure. Un corps vivant se décrirait de la même façon, par le renouvellement continu de sa matière, et Graham note qu’Aristote le comprendra ainsi.
Le fragment admet pourtant une seconde lecture, qui tient à deux mots. Au datif, toisin autoisin, « les mêmes », peut se rattacher aux fleuves qui précèdent ou à ceux qui entrent, qui suivent. Dans ce second cas, ce sont les baigneurs qui restent les mêmes tandis que l’eau change autour d’eux, et Charles Kahn a lu dans cette construction, en 1979, l’idée qu’un sujet se constitue comme le même au contact d’un milieu qui s’écoule. Rien dans le texte ne permet de choisir, et Graham tient l’ambiguïté pour voulue. Cicéron savait déjà que l’obscurité d’Héraclite était délibérée ; au deuxième livre du De finibus (II, 5, 15), il explique qu’on l’appelait skoteinos, l’obscur, parce qu’il avait parlé de la nature trop obscurément, et exprès. Aristote s’en agaçait dans la Rhétorique (III, 5, 1407b11-18) à propos de la première phrase du livre, où l’on ne sait pas si l’adverbe aiei, « toujours », se rapporte à ce qui le précède ou à ce qui le suit. Il y voyait une faute de ponctuation, là où Graham reconnaît un procédé d’écriture.
« Pas même ainsi »
Platon change le nombre et le sens. Au Cratyle (402a), Socrate rapporte qu’Héraclite dit quelque part panta chôrei kai ouden menei, tout se déplace et rien ne demeure, et qu’il compare les êtres au cours d’un fleuve pour conclure qu’on ne saurait entrer deux fois dans le même fleuve. Le pluriel a disparu, le « deux fois » est apparu, et l’identité du fleuve, que B12 affirmait, se trouve niée.
La formule panta rhei, « tout coule », qu’on prête si souvent à Héraclite, n’est pas davantage dans Platon. Elle ne figure dans aucun fragment, et on la lit sous cette forme chez Simplicius, commentateur d’Aristote au VIᵉ siècle de notre ère (passage du commentaire à la Physique donné par des sources secondaires comme p. 1313, l. 11 de l’édition Diels, non contrôlé dans le texte).
L’objection la plus dure contre le flux universel est aussi de Platon, et elle occupe un long passage du Théétète (179c-183c). Le géomètre Théodore y raconte que l’Ionie grouille de disciples d’Héraclite incapables de s’arrêter sur une question ou de répondre autrement que par de nouvelles énigmes. Socrate prend alors la doctrine au mot. Si tout change sous tous les rapports, en qualité comme en lieu, la blancheur d’une chose blanche s’écoule elle aussi pendant qu’on la nomme, et le mot « blanc » cesse d’être juste avant d’avoir été prononcé ; la vision elle-même ne demeure pas vision assez longtemps pour qu’on puisse dire qu’on voit. Il faudrait aux partisans de cette thèse une autre langue, conclut Socrate (183b), et le seul mot qui leur conviendrait serait peut-être oud’ houtôs, « pas même ainsi », parce qu’il ne détermine rien. Aristote reprend le diagnostic au livre Γ de la Métaphysique ; ces penseurs ont cru que la réalité se réduisait aux choses sensibles, et comme on ne peut rien dire de vrai sur ce qui change en tout point, ils ont cessé de parler, Cratyle le premier. Jonathan Barnes a donné en 1982, dans The Presocratic Philosophers, la forme moderne la plus forte de cette lecture. Tout coule sous quelque rapport, chaque chose réunit des contraires, et Héraclite, à une époque où la logique n’était pas constituée, tombe dans la contradiction et rend la connaissance impossible.
Contre cette lecture, Graham fait valoir que B12 affirme en toutes lettres que les fleuves sont les mêmes, et que le fragment B61 montre Héraclite attentif aux précisions que Barnes l’accuse d’omettre ; l’eau de mer y est pure et salubre pour les poissons, imbuvable et mortelle pour les hommes, et la contradiction disparaît dès qu’on dit pour qui. Tarán, qui défend pourtant la version platonicienne du fragment, relève qu’Aristote lui-même savait Héraclite étranger à l’extrémisme de Cratyle, et le laisse voir dans deux passages de la Métaphysique (Γ, 3, 1005b23-26 ; K, 5, 1062a31-35). David Sedley a montré de son côté que le flux du Théétète est d’abord un élément du raisonnement, posé pour garantir l’infaillibilité de la perception dans la définition de la science que Socrate examine.
La réfutation du Théétète atteint-elle un auteur qui écrit que les fleuves restent les mêmes ?
Plutarque
Plutarque est le témoin des deux faces du problème. Dans son traité Sur l’E de Delphes (392b), il écrit qu’on ne peut, selon Héraclite, entrer deux fois dans le même fleuve ni toucher deux fois une substance mortelle dans le même état ; c’est le fragment numéroté B91 par Diels, une paraphrase aux yeux de Graham, sous la plume d’un auteur réputé citer de mémoire. Dans la Vie de Thésée (23, 1), il raconte que les Athéniens conservèrent jusqu’à l’époque de Démétrios de Phalère le navire à trente rames du retour de Thésée, en retirant les vieilles planches pour les remplacer par des neuves, si bien que le navire devint pour les philosophes un exemple dans la question de la croissance, les uns soutenant qu’il restait le même, les autres qu’il ne l’était plus.
Qu’on applique au navire le raisonnement de B12. Le fleuve reste le même parce que son eau passe, et l’eau qui s’arrêterait le détruirait. Le navire ne doit rien au remplacement de ses planches, qui le répare sans le définir, et un navire dont aucune planche ne pourrirait n’en serait que plus sûrement un navire. Le fragment laisse donc intacte l’énigme athénienne, qui porte sur une autre sorte de chose. Chacun peut refaire l’essai sur un corps vivant, que Graham range du côté du fleuve, puis sur une maison dont on change les tuiles une à une, et chercher dans chaque cas si le changement appartient à ce qu’est la chose ou s’il lui arrive seulement.
David Hume a formulé cette distinction en 1739, au livre I du Traité de la nature humaine (partie IV, section 6). Les parties d’un fleuve, écrit-il, sont entièrement renouvelées en moins de vingt-quatre heures, ce qui n’empêche pas le fleuve de rester le même pendant plusieurs âges ; le changement fait partie de la nature d’un fleuve, l’imagination s’y attend, et elle en est moins frappée que d’une modification minime dans une chose d’ordinaire stable. Hume ajoute que l’identité attribuée à une telle succession est une erreur de l’esprit, produite par la facilité avec laquelle il passe d’une idée à la suivante. Chez lui, la permanence du fleuve est l’œuvre de celui qui le regarde, et rien dans les neuf mots d’Héraclite ne dit si elle appartient au fleuve ou au baigneur.
Diels garde les trois, Kirk n’en garde qu’un
Il existe une troisième phrase. Au Iᵉʳ siècle de notre ère, un commentateur allégorique d’Homère, qu’on appelle Héraclite l’allégoriste pour ne pas le confondre avec le philosophe, cite dans ses Questions homériques (24, 5) une formule que Diels a numérotée B49a, nous entrons et nous n’entrons pas dans les mêmes fleuves, nous sommes et nous ne sommes pas. Sénèque en donne une version latine dans la lettre 58 à Lucilius (§ 22), avec un bis, « deux fois », que le grec n’a pas. Les formes de ce grec sont attiques et non ioniennes, ce qui plaide contre une citation littérale.
Les éditeurs se partagent ces trois textes de presque toutes les manières, et Tarán en dressait le tableau en 1989. Diels, Walther Kranz et Marcel Conche gardent les trois ; Gregory Vlastos garde B91 et B49a et sacrifie B12 ; Kahn garde B12 et B91 ; Kirk en 1954 et Marcovich en 1967 ne gardent que B12. Marcovich a proposé une généalogie de l’erreur que Graham juge réussie. Un lecteur, peut-être Cratyle, aurait compris B12 comme une négation de l’identité du fleuve, et la version platonicienne, avec son « deux fois », serait née de ce contresens.
Tarán a répondu que le « deux fois » ne se déduit d’aucune lecture de B12, même en prenant le participe pour une action répétée, puisque la phrase maintient dans tous les cas des fleuves à la fois mêmes et autres. Il relève surtout qu’au Cratyle Platon passe sans nécessité à la deuxième personne et à l’optatif, « tu ne saurais entrer », changement inutile à son propos dont Tarán conclut que Platon entend citer. Il en tire deux fragments distincts, B12 et B91, et tient B49a pour une imitation tardive. Son Héraclite affirme bien le changement de toutes les choses individuelles, mais insiste sur l’identité des schémas du changement, sans aller jusqu’à l’extrémité où Cratyle l’a poussé. La notice de Graham, révisée en 2023, constate que la lecture platonicienne garde des défenseurs et qu’elle a cessé d’être la seule.
Aucun témoin nouveau n’est venu départager ces inventaires. Les deux papyrus qui ont apporté ces dernières décennies des lectures neuves d’Héraclite, le commentaire orphique de Derveni et un feuillet d’Oxyrhynque, parlent du soleil et des phases de la lune, et le livre déposé à Éphèse n’a laissé aucune copie qui permette de savoir si la phrase sur les mêmes fleuves et la phrase sur le fleuve où l’on n’entre pas deux fois ont un jour voisiné sur le même rouleau.
Pour aller plus loin
Le fleuve d’Héraclite se lit en regard du poème de Parménide, dont la tradition a très tôt fait l’adversaire du philosophe d’Éphèse. Le navire de Thésée mène au problème de l’identité à travers le temps, que Hume traite dans la même section du Traité à propos de la personne. Et le Théétète, où la doctrine du flux sert à défendre la définition de la science comme perception, relève du platonisme autant que des présocratiques.
Tout le monde connaît la formule. Il serait impossible d’entrer deux fois dans le même fleuve. On la prête à Héraclite, un penseur grec qui vivait à Éphèse vers 500 avant notre ère. On en fait la devise d’un monde où rien ne dure. Or la phrase la plus sûre qui nous reste de lui dit autre chose.
Un livre perdu, des phrases recopiées
Héraclite n’a écrit qu’un seul livre. D’après un biographe ancien, il l’avait déposé dans le grand temple de sa ville. Ce livre a disparu. Il n’en reste que des phrases recopiées par d’autres auteurs, qui les citaient pour défendre leurs propres idées. Les spécialistes appellent ces morceaux des fragments.
La phrase la plus fiable sur le fleuve a fait un long voyage. Un philosophe grec l’a citée pour parler de l’âme. Un autre auteur a résumé ce philosophe. Puis un évêque chrétien a recopié ce résumé, et c’est dans son livre qu’on la lit aujourd’hui.
Elle tient en neuf mots grecs. Ceux qui entrent dans les mêmes fleuves reçoivent sans cesse des eaux nouvelles. Le fleuve reste le même. L’eau, elle, change toujours.
Le fleuve dure parce qu’il coule
Ces deux idées ne se contredisent pas. Elles parlent de deux choses différentes. Un fleuve, c’est une eau qui passe entre deux rives. Si cette eau s’arrêtait, on aurait une mare, ou un lit sec. Le fleuve reste donc lui-même grâce au passage de son eau.
Héraclite voyait le monde entier un peu de cette façon. Il le décrivait comme un feu qui s’allume et s’éteint selon des mesures. Les morceaux changent, et l’ensemble demeure.
Le grec permet aussi une autre lecture. Le mot « mêmes » peut désigner les gens qui se baignent. Ce sont alors les baigneurs qui restent eux-mêmes, dans une eau qui ne cesse de changer. Rien dans la phrase ne permet de choisir.
Plutarque, un autre auteur grec, raconte une histoire voisine. Les Athéniens gardaient le navire de Thésée, un héros de leurs légendes. Ils remplaçaient ses planches usées par des neuves. Les philosophes se disputaient pour savoir si c’était encore le même navire. Le fleuve éclaire ce cas par contraste. Un navire n’a pas besoin de perdre ses planches pour exister. Un fleuve a besoin que son eau passe.
Platon et le disciple silencieux
À Athènes, Platon rapporte la pensée d’Héraclite autrement. Chez lui, tout se déplace et rien ne demeure. Il n’y a plus qu’un fleuve, et l’on ne peut pas y entrer deux fois. C’est la version que tout le monde a retenue.
Un disciple d’Héraclite, Cratyle, est allé encore plus loin. Selon lui, on ne pouvait même pas y entrer une seule fois. Il a fini par ne plus parler du tout. Pour répondre, il se contentait de remuer le doigt.
Platon a répondu à cette manière de penser. Si tout change sans arrêt, la couleur blanche d’un objet change pendant qu’on la nomme. Le mot devient faux avant d’être prononcé. Les partisans de cette idée auraient alors besoin d’une langue qui ne dirait rien. Aristote savait pourtant qu’Héraclite n’était pas allé aussi loin que Cratyle.
Une phrase ou deux
Sur l’auteur de la phrase célèbre, les spécialistes ne sont pas d’accord.
Daniel Graham pense qu’une seule phrase sur le fleuve est authentique, celle des mêmes fleuves. La version de Platon viendrait d’un contresens, commis peut-être par Cratyle.
Leonardo Tarán lui répond que Platon semble citer un vrai texte. Sa tournure ressemble trop à une citation pour avoir été inventée. Héraclite aurait donc écrit les deux phrases. Même pour Tarán, il ne pensait pourtant pas comme Cratyle.
Aucun document nouveau n’a permis de trancher. Deux papyrus étudiés ces dernières décennies apportent du neuf sur Héraclite, mais ils parlent du soleil et de la lune.
Du livre déposé dans le temple d’Éphèse, aucune copie n’a survécu. Toute la dispute repose sur quelques lignes recopiées par ses lecteurs.
La version complète donne les trois phrases sur le fleuve avec leur origine exacte, et suit pas à pas l’objection de Platon sur le mot « blanc » qui devient faux pendant qu’on le prononce.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Héraclite, fragment DK 22 B12 (Marcovich 40), transmis par Eusèbe de Césarée, *Préparation évangélique*, XV, 20, 2, qui cite Arius Didyme (fr. 39 Diels) rapportant Cléanthe (SVF I, 141) ; traduction française de Simone Weil Diels-Kranz, *Die Fragmente der Vorsokratiker*, 6ᵉ éd.
- Héraclite, fragment DK 22 B49a, dans Héraclite l’allégoriste, *Questions homériques*, 24, 5 ; version latine dans Sénèque, *Lettres à Lucilius*, 58, 22 passages paraphrasés, sans traduction citée
- Héraclite, fragment DK 22 B91, dans Plutarque, *Sur l’E de Delphes*, 392b passage paraphrasé, sans traduction citée
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Sources primaires (suite)
- Héraclite, fragments DK 22 B1 (ambiguïté de *aiei*), B30 (le feu qui s’allume et s’éteint selon des mesures) et B61 (l’eau de mer) numérotation Diels-Kranz, passages paraphrasés
- Platon, *Cratyle*, 402a (= DK 22 A6), formule *panta chôrei kai ouden menei* ; texte grec et trad. angl. Harold N. Fowler Loeb Classical Library, 1926
- Platon, *Théétète*, 179c-183c, notamment 183b (*oud’ houtôs*, « pas même ainsi ») ; trad. angl. Harold N. Fowler Perseus Digital Library
- Aristote, *Métaphysique*, Γ, 5, 1010a7-15 (Cratyle et le doigt) ; A, 6, 987a32-b1 (Platon et Cratyle) ; Γ, 3, 1005b23-26 et K, 5, 1062a31-35 (Héraclite et le principe de non-contradiction) ; trad. angl. Hugh Tredennick Loeb Classical Library, 1933
- Aristote, *Rhétorique*, III, 5, 1407b11-18 sur la ponctuation de la première phrase d’Héraclite, passage paraphrasé
- Cicéron, *De finibus bonorum et malorum*, II, 5, 15 Héraclite surnommé *skoteinos*, *quia de natura nimis obscure memoravit*
- Diogène Laërce, *Vies et doctrines des philosophes illustres*, IX, 6 (le livre déposé au temple d’Artémis) et IX, 15 (les quatre livres de commentaires de Cléanthe) passages paraphrasés
- Plutarque, *Vie de Thésée*, 23, 1 (le navire à trente rames) ; trad. angl. Bernadotte Perrin Loeb Classical Library, 1914
- David Hume, *A Treatise of Human Nature*, Londres, 1739, livre I, partie IV, section 6, « Of personal identity » (le fleuve renouvelé en moins de vingt-quatre heures)
- Simplicius, *Commentaire à la Physique d’Aristote*, attestation de la formule *panta rhei* [À VÉRIFIER : passage donné comme p. 1313, l. 11, éd. Diels, *Commentaria in Aristotelem Graeca* X]
- Papyrus de Derveni, colonne IV (citation de B3 et B94, sur le soleil) ; *Oxyrhynchus Papyri* LIII 3710 (phases de la lune) cités d’après l’addendum de Daniel W. Graham
Bibliographie
- Hermann Diels et Walther Kranz, *Die Fragmente der Vorsokratiker*, 6ᵉ éd., Berlin, 1951, chap. 22 (Héraclite) Weidmann
- Simone Weil, « Héraclite. Traduction des fragments », dans *La Source grecque*, Paris, 1953, p. 139-148 Gallimard
- Marcel Conche, *Héraclite. Fragments*, Paris, 1986, coll. « Épiméthée », 4ᵉ éd. 1998 Presses universitaires de France
- G. S. Kirk, *Heraclitus : The Cosmic Fragments*, Cambridge, 1954 Cambridge University Press
- Miroslav Marcovich, *Heraclitus. Greek Text with a Short Commentary*, Mérida, 1967 Universidad de los Andes
- Charles H. Kahn, *The Art and Thought of Heraclitus*, Cambridge, 1979 Cambridge University Press
- Gregory Vlastos, « On Heraclitus », *American Journal of Philology* 76, 1955, p. 337-378 Johns Hopkins University Press
- Jonathan Barnes, *The Presocratic Philosophers*, éd. révisée, Londres, 1982, chap. 4 Routledge & Kegan Paul
- Leonardo Tarán, « Heraclitus : The River Fragments », *The Society for Ancient Greek Philosophy Newsletter* 253, décembre 1989 Binghamton University
- Daniel W. Graham, « Heraclitus », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, 2007, révision substantielle du 8 décembre 2023 Stanford University
- David Sedley, « The Collapse of Language ? Theaetetus 179c-183c », *Plato Journal* 3, 2003 International Plato Society
Sources en ligne
- « Heraclitus (Stanford Encyclopedia of Philosophy) » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/heraclitus/
- « Heraclitus : The River Fragments » The Open Repository @ Binghamtonhttps://orb.binghamton.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1252&context=sagp
- « Aristotle, Metaphysics, Book 4, section 1010a » Perseus Digital Library, Tufts Universityhttps://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0052:book%3D4:section%3D1010a
- « Plutarch, Theseus, chapter 23, section 1 » Perseus Digital Library, Tufts Universityhttps://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A2008.01.0067%3Achapter%3D23%3Asection%3D1
- « The Collapse of Language ? Theaetetus 179c-183c » Plato Journal, Universidade de Coimbrahttps://dl.uc.pt/bitstream/10316.2/42260/1/the_collapse_of_language.pdf
- « Of personal identity » Hume Texts Onlinehttps://davidhume.org/texts/t/1/4/6

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