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La taverne de Lagash : un lieu de repas sumérien à Tell al-Hiba

Découvertes archéologiquesAssyriologie & Mésopotamie31 octobre 2026◈ 25 sources vérifiées
David Stanley / Wikimedia Commons
10 min de lecture25 sources vérifiées
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Cent cinquante bols de service, d’après la dépêche de l’AFP de février 2023. Plus d’une centaine de gobelets et de bols renversés, d’après le magazine des anciens élèves de l’université de Pennsylvanie. Des centaines, d’après le compte rendu de fouille de l’automne 2022. Le même sol de la même salle a fourni trois comptages, qu’aucun inventaire publié ne permet encore de départager. Ces récipients reposaient à une cinquantaine de centimètres sous la surface de Tell al-Hiba, l’ancienne Lagash, dans un bâtiment que ses fouilleurs ont nommé « taverne » et que la presse a aussitôt promu plus vieux bar du monde.

Tell al-Hiba

Le tell s’étire sur 3 600 mètres de long et 1 900 de large, entre marais et champs irrigués, à quelque 350 kilomètres au sud de Bagda​d. Une inscription ramassée en surface dans les années 1950 a permis d’y reconnaître Lagash, qui formait au IIIᵉ millénaire un même État avec Girsu et Nigin. De 1968 à 1976, puis en 1990, une mission du Metropolitan Museum et de l’université de New York y a fouillé des temples, des bâtiments administratifs et un atelier royal, avant que les guerres ne ferment le site pour près de trente​ ans.

Holly Pittman, qui avait participé à la saison de 1990, a rouvert le terrain en 2019 avec le Lagash Archaeological Project, mené avec l’université de Pise et le Conseil d’État irakien des antiquités et du patrimoine. Le premier bilan, publié dans Antiquity en 2023 par Augusta McMahon et sept coauteurs, prête à cette ville d’environ 500 hectares de 60 000 à 120 000 habitants au Dynastique archaïque III, quand Holly Pittman avance dans la presse le chiffre de 50 000. Un ordre de grandeur, et pas davantage. Au sud, la zone H a été retenue pour ses scories, ses cendres et ses ratés de cuisson, signes d’un quartier de potiers que la fouille de 2019 a confirmé en y dégageant cinq fours. Les potiers y brûlaient des noyaux de dattes par milliers, un combustible que Strabon signale encore, plus de deux mille ans après, chez les bronziers de Babylonie.

Sept salles à cinquante centimètres sous la surface

La tranchée 3 est ouverte au printemps 2022, dans un bâtiment de briques crues au toit effondré. Sara Pizzimenti, céramologue de l’université de Pise et codirectrice de terrain, espère alors atteindre le sol, avec quelque chose dessus. À l’automne, l’équipe ouvre vers l’est une extension de dix mètres sur dix et dégage sept salles. L’une est un espace de cuisson à ciel ouvert, accolé à un four massif. Une autre, petite et rectangulaire, ouvre sur la cour fouillée au printemps. Sur son sol enduit gisent les bols et les gobelets, tombés d’étagères et de banquettes qui longeaient le mur est, la plupart à l’envers, beaucoup avec leur contenu, os d’animaux, arêtes de poisson et résidus organiques. Dans l’angle sud-est, une installation circulaire se révèle faite des fonds de deux grandes jarres, découpés et posés l’un dans l’autre, l’intervalle bourré de tessons. L’équipe y voit un dispositif pour garder les boissons au frais et l’appelle zeer, du nom arabe d’une jarre double rafraîchie par évaporation, encore en usage aujourd’hui. Dans Expedition, la revue du Penn Museum, David Mulder décrit plutôt une sphère de tessons remplie de sable autour d’un récipient plus petit, creusée dans le sol et coiffée d’un couvercle bombé. Les deux comptes rendus ne décrivent pas tout à fait le même objet, et seule la publication des relevés dira lequel est exact.

En 2023, le four, qui n’était encore qu’une tache de terre rougie, montre sa paroi et sa sole de briques, des restes de plateformes internes pour les aliments et une partie arrière plus brûlée, où l’on allumait sans doute le combustible. Sous le zeer apparaît une grande jarre de stockage retournée, qui avait servi seule de glacière au niveau précédent ; le dispositif a donc été refait au moins une fois. Dans la même tranchée, un scellement de jarre porte l’empreinte d’un sceau-cylindre du style dit de Fara, dans un contexte que l’équipe attribue à la fin du Dynastique archaïque I.

Le bâtiment s’insère dans une séquence continue, de la fin du Dynastique archaïque I au Dynastique archaïque IIIB. Au-dessus, deux fours de potier du Dynastique archaïque IIIA occupent les niveaux les plus hauts. Au-dessous, la campagne de 2024 a atteint un bâtiment plus ancien voué surtout à la poterie, avec des tessons jamais cuits, les fragments de deux grands moyeux de roue en terre cuite et une plateforme percée de trous où séchaient probablement les vases. Quant à la date de 2700 avant notre ère, elle repose, d’après les comptes rendus, sur la céramique et la stratigraphie ; aucune mesure par le radiocarbone n’a été publiée pour la tranchée 3.

Entre deux ateliers de potiers, quelqu’un a donc nourri du monde.

Kug-Bau, cabaretière de Kish

Le mot « taverne » est emprunté aux textes cunéiformes, et ceux que l’on cite pour l’éclairer sont postérieurs au bâtiment de plusieurs siècles. À Kish, la Liste royale sumérienne, dans la traduction en ligne de l’université d’Oxford, place une certaine Kug-Bau, « la cabaretière, qui affermit les fondations de Kish », seule femme de la liste, créditée de cent ans de règne, ce qui dit assez la nature du document. Gravé au XVIIIᵉ siècle avant notre ère sur la stèle de basalte de 2,25 mètres trouvée à Suse en 1901-1902 et conservée au Louvre sous le numéro Sb 8, le Code de Hammurabi réglemente le métier. L’article 108 fait jeter à l’eau la cabaretière qui refuse l’orge en paiement et exige de l’argent à un cours qui lèse le buveur ; le 109 la condamne à mort si des conspirateurs se réunissent chez elle sans qu’elle les livre ; le 110 promet le bûcher à la religieuse qui ouvrirait une taverne ou y entrerait pour boire.

Entre ces lois et la tranchée 3, il y a près de mille ans. Dès février 2023, Sara Pizzimenti reconnaissait cet écart auprès de l’agence italienne ANSA, en rappelant que les textes sur l’alimentation ne couvrent pas les plus anciennes périodes sumériennes. Holly Pittman justifie le mot autrement. Elle a expliqué à l’AFP que la bière était chez les Sumériens la boisson la plus courante, davantage que l’eau, et qu’une recette de bière avait été trouvée sur une tablette dans un temple de la région ; aucune des sources consultées n’identifie cette tablette. Le texte qu’on présente d’ordinaire comme la plus vieille recette de bière, l’Hymne à Ninkasi, connu par trois tablettes fragmentaires de Nippur, n’en est pas une selon Tate Paulette, qui montre en 2024 que ses termes techniques reçoivent des traductions incompatibles et qu’on ignore au fond comment la bière était brassée en Mésopotamie.

La bière elle-même n’a pas été identifiée chimiquement à Lagash. La dépêche de l’AFP évoquait des traces de consommation de bière sans dire lesquelles. En février 2023, Holly Pittman annonçait des analyses de lipides sur le contenu des bols et des jarres ; aucun compte rendu de saison publié depuis, jusqu’à celui de l’automne 2025, n’en donne le résultat. Le magazine de Penn tenait le résidu de boisson pour très probablement de la bière, une probabilité tirée des textes, faute de mesure.

Des bols coniques dans toute la basse Mésopotamie

L’argument le plus solide en faveur d’un lieu de repas public a été formulé par David Mulder dans Expedition en 2023. Ailleurs à la même époque, les installations de stockage et de préparation des aliments dépendent d’un temple, d’un palais ou d’une maison ; celles de la tranchée 3 ne se rattachent à aucun des trois. Les quantités préparées dépassent les besoins d’un foyer, et rien n’indique un banque​t exceptionnel. Trop grand, selon l’équipe, pour une seule unité domestique, le four va dans le même sens.

L’objection la plus sérieuse vient du mobilier. Produit en série, le bol conique est la forme la plus répandue du sud mésopotamien au IIIᵉ millénaire, et l’article d’Antiquity y voit une vaisselle de consommation individuelle ; dans la zone H, au Dynastique archaïque IIIA, il forme environ 75 % de la céramique. Le même article lit pourtant un assemblage voisin d’une tout autre manière. Dans la zone G, au Dynastique archaïque I, une cour livre par centaines des gobelets et des bols coniques, avec des gobelets à pied plein que Benati associe en 2019 à la consommation collective d’une boisson, probablement la bière, et les auteurs y reconnaissent le lieu de festins rituels. Une batterie de bols, un espace ouvert et une boisson probable font ici une taverne et là une fête sacrée. Holly Pittman a d’ailleurs proposé une troisième image, celle d’une cantine d’entreprise pour les ouvriers de la poterie, que l’atelier découvert en 2024 sous le bâtiment rend plus vraisemblable. Une cantine peut fonctionner par distributions, sans vente, alors que le mot taverne suppose un commerce dont rien, ici, ne garde la trace.

Le mot « réfectoire » conviendrait mieux, parce qu’il désigne un lieu où l’on mange ensemble sans dire qui paie le repas.

L’équipe a aussi tiré du bâtiment une conclusion sociale. Reed Goodman a déclaré à CNN qu’un lieu où l’on s’assoit pour boire une bière et manger un ragoût de poisson montre des gens qui ne peinent pas sous la tyrannie des rois, et l’équipe y voit l’indice d’une classe moyenne. La remarque vaut comme rappel, puisque les fouilles anciennes portaient sur les temples et l’administration ; elle va vite quand elle fait d’une salle aux bols la preuve d’une catégorie sociale empruntée à l’économie moderne.

Quant au superlatif, il varie selon l’interlocuteur. Le magazine de Penn parle de la plus ancienne taverne de l’histoire humaine, l’annonce d’une conférence de Holly Pittman au Louvre, le 22 mai 2025, de la plus ancienne taverne connue au monde, avec le mot taverne entre guillemets. Interrogée par le Washington Post en 2023, Holly Pittman s’en tenait au plus ancien lieu de repas public dont l’équipe ait connaissance, seule formule défendable en l’état.

Personne n’est revenu faire la vaisselle

Les bols sont tombés à l’envers, en tas, là où les étagères ont cédé. David Mulder note qu’en dehors de cet effondrement rien n’indique un incendie ni une démolition volontaire, et reconnaît que l’équipe ignore quelle calamité a privé les clients de leur repas. La presse américaine a évoqué un événement soudain, peut-être une catastrophe naturelle ; Holly Pittman a décrit au magazine de Penn des occupants partis en fermant la porte et en laissant tout sur les étagères. Rien, dans les données publiées, ne permet de choisir entre ces deux scénarios.

La tentation existe de rattacher cet abandon à la fin violente de la ville. Vers 2350 avant notre ère, Lugalzagesi, maître d’Umma puis d’Uruk, s’empare de Lagash, et Reed Goodman et huit coauteurs ont proposé en 2025, dans Geoarchaeology, qu’il ait aussi rompu ou laissé céder les digues du principal canal. Leurs indices, plus d’un mètre de limon de crue sur des constructions, une datation par luminescence de 2390 avant notre ère à 220 ans près, un clou de fondation d’Enannatum I déplacé par les eaux, viennent de sondages situés dans un autre secteur, à 500 mètres à l’ouest de la zone B. La crue qu’ils décrivent est plus tardive de plusieurs siècles que la salle aux bols, que le magazine de Penn plaçait dès 2023 bien avant le sac.

On ignore qui tenait le lieu et qui le fréquentait. On ignore aussi si l’on y payait, et ce que contenaient exactement les gobelets. Les comptes rendus de fouille n’associent au bâtiment aucun texte écrit, seulement des scellements. Les ossements recueillis depuis 2019 n’ont commencé à être catalogués qu’en 2025, quand une spécialiste de la faune a rejoint le terrain, et les graines tirées des sédiments sont souvent trop carbonisées pour être identifiées au genre, l’orge y dominant.

La fouille, elle, continue. À l’automne 2025, sous la direction de terrain de Clélia Paladre, du Louvre, l’équipe a dégagé par raclage le plan d’une grande maison de la zone H, d’environ 500 mètres carrés et de plus de vingt pièces. Des cuves y sont installées dans presque chaque salle, et le rapport de saison relève dans les niveaux fouillés une absence frappante de vaisselle de cuisson. Il signale pourtant une cuisine ouverte sur une ruelle, sans dire encore dans quels récipients on y préparait les repas, dans une zone de la ville qui avait possédé, environ deux siècles plus tôt, un four assez grand pour nourrir le voisinage.

Pour aller plus loin

Le bâtiment de la tranchée 3 rejoint l’histoire de la bière en Mésopotamie et de la déesse Ninkasi, ainsi que celle du conflit frontalier qui opposa Lagash à Umma pendant plusieurs générations avant le sac de Lugalzagesi. La liste royale sumérienne et le code de Hammurabi éclairent le mot « taverne » que les fouilleurs empruntent aux textes. Il conduit aussi vers Girsu, la ville sœur de Lagash, et vers Uruk, la première ville du monde ?, d’où Lugalzagesi partit conquérir la ville.

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Sources de cet article

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Sources primaires (suite)

  1. Liste royale sumérienne, notice de Kug-Bau, l. 224-231 [The Electronic Text Corpus of Sumerian Literature, 2,1.1, université d’Oxford](https://etcsl.orinst.ox.ac.uk/section2/tr211.htm
  2. Code de Hammurabi, articles 108-110, stèle de basalte, h. 225 cm, acropole de Suse, fouilles de l’hiver 1901-1902 Musée du Louvre, Sb 8 ; [notice « Law Code of Hammurabi », ministère de la Culture](https://archeologie.culture.gouv.fr/jacques-morgan/en/media/view/3496
  3. Strabon, Géographie, XVI, 1, 14, sur les noyaux de dattes employés comme combustible par les bronziers de Babylonie ; passage cité d’après McMahon et al., Antiquity, 2023 [Cambridge Core, revue Antiquity](https://www.cambridge.org/core/journals/antiquity/article/dense-urbanism-and-economic-multicentrism-at-thirdmillennium-bc-lagash/2D27165A470831B32B9B29C72EBEF8AD
  4. Maison de la tranchée 5, zone H, Tell al-Hiba, env. 500 m², plus de vingt pièces, cuves enterrées, Dynastique archaïque IIIA [Lagash Archaeological Project, saison d’automne 2025](https://web.sas.upenn.edu/lagash/current-excavations/2025-fall-season/

Bibliographie

  1. Augusta McMahon, Holly Pittman, Zaid al-Rawi, Darren Ashby, Katherine Burge, Reed Goodman, Emily Hammer et Sara Pizzimenti, « Dense urbanism and economic multi-centrism at third-millennium BC Lagash », Antiquity 97 (393), 2023, p. 596-615, DOI [10,15184/aqy.2023,36]( Cambridge University Presshttps://doi.org/10.15184/aqy.2023.36
  2. Reed Goodman, Liviu Giosan, Zhixiong Shen, Paul Zimmerman, Andreas Lang, Stefan Constantinescu, Sara Pizzimenti, Zaid Alrawi et Holly Pittman, « The Flooding of Lagash (Iraq) : Evidence for Urban Destruction Under Lugalzagesi, the King of Uruk and Umma », Geoarchaeology 40 (5), 2025, e70027, DOI [10,1002/gea.70027]( Wileyhttps://doi.org/10.1002/gea.70027
  3. David Mulder, « It’s Five O’Clock, Sumer », Expedition 65 (1), 2023 [Penn Museum](https://www.penn.museum/sites/expedition/its-five-oclock-sumer/
  4. G. Benati, « Shaping Social Dynamics in Early 3rd Millennium BC Mesopotamia : Solid-Footed Goblets and the Politics of Drinking », dans M. D’Andrea et al. (dir.), Pearls of the Past. Studies in Honour of Frances Pinnock, Münster, Zaphon, 2019, p. 53-76 [Zaphon, notice de l’université de Bologne](https://cris.unibo.it/handle/11585/685688
  5. Tate Paulette, In the Land of Ninkasi. A History of Beer in Ancient Mesopotamia, New York, Oxford University Press, 2024, 360 p., ISBN 978-0-19-768244-9 Oxford University Press
  6. F. Carroué, « Les villes de l’État de Lagash au 3e millénaire », dans F. Bruschweiler et al. (dir.), La Ville dans le Proche-Orient ancien. Actes du colloque de Cartigny, 1979, Louvain, Peeters, 1983, p. 97-112 Peeters
  7. Béatrice André-Salvini, Le « code de Hammurabi », Paris, Musée du Louvre éditions et RMN, coll. « Solo » 27, nouvelle édition revue et augmentée, 2008, 82 p. [Musée du Louvre, notice BnF](https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41391001k

Sources en ligne

  1. [« Penn Museum Researchers Uncover Ancient Tavern in Southern Iraq, Complete with 5 000-Year-Old Fridge », communiqué du 27 janvier 2023]( Penn Museumhttps://penn.museum/about/press-room/press-releases/penn-museum-researchers-uncover-ancient-tavern-in-southern-iraq-complete-with-5-000-year-old-fridge
  2. [« An Archaeologist Walks into a Bar … », Beebe Bahrami, 26 avril 2023]( The Pennsylvania Gazettehttps://thepenngazette.com/an-archaeologist-walks-into-a-bar/
  3. [« 2023 Season »]( Lagash Archaeological Project, University of Pennsylvaniahttps://web.sas.upenn.edu/lagash/current-excavations/2023-season/
  4. [« 2024 Season »]( Lagash Archaeological Project, University of Pennsylvaniahttps://web.sas.upenn.edu/lagash/current-excavations/2024-season/
  5. [« Current Excavations Publications »]( Lagash Archaeological Project, University of Pennsylvaniahttps://web.sas.upenn.edu/lagash/current-excavations/publications/
  6. [« La vie quotidienne à Lagash : nouvelles découvertes », Holly Pittman, programme de l’auditorium, 22 mai 2025]( Musée du Louvrehttps://api-www.louvre.fr/sites/default/files/2025-05/20250522_MDA_LAGASH_BAT%20WEB.pdf
  7. [« World’s oldest bar ? Archaeologists find a nearly 5 000-year-old tavern », Dave Kindy, 21 février 2023]( The Washington Post, repris par Stars and Stripeshttps://www.stripes.com/theaters/middle_east/2023-02-21/worlds-oldest-bar-2700-bc-9207721.html
  8. [« Archaeologists uncover 5 000-year-old tavern and “beer recipe” on tablet in Iraq », dépêche AFP]( CBS Newshttps://www.cbsnews.com/news/5000-year-old-tavern-beer-recipe-found-archaeologists-iraq/
  9. [« Italian and American archaeologists find 5 000-year-old Sumerian ‘fridge’ », 23 février 2023]( ANSAhttps://www.ansa.it/english/news/lifestyle/arts/2023/02/23/archaeologists-find-5000-year-old-sumerian-fridge_dcc60cc7-af08-4f4a-9f2e-1bd8a7ebb91a.html
  10. [« 5 000-Year-Old Tavern With Food Still Inside Discovered in Iraq »]( Smithsonian Magazinehttps://www.smithsonianmag.com/smart-news/5000-year-old-tavern-discovered-in-iraq-180981564/
  11. [Compte rendu de Tate Paulette, In the Land of Ninkasi, Martyn Cornell, Brewery History 198, 2024, p. 54-57]( Brewery History Societyhttps://www.breweryhistory.com/journal/archive/198/Book%20Review.pdf
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