Cent cinquante-cinq vases chypriotes, environ, dans une seule cale. Soixante-huit pour tout le monde égéen du Bronze récent, une fois retirées du décompte les deux épaves fouillées au large de la Lycie. Cemal Pulak a rapproché ces deux chiffres en 2008, et l’écart dit combien le sol des palais et des ports a mal gardé la trace du commerce par mer. La cale en question appartenait à un navire marchand qui a sombré au pied du cap d’Uluburun, à 9 kilomètres environ au sud-est de Kaş, sur la côte sud de la Turquie, vers la fin du XIVᵉ siècle avant notre ère.
Des « biscuits de métal à oreilles »
À l’été 1982, un pêcheur d’éponges décrit à l’Institute of Nautical Archaeology (INA), qui prospectait chaque année cette côte, des « biscuits de métal à oreilles » aperçus par le fond. À l’automne, les archéologues reconnaissent à 60 mètres de la face est du cap plusieurs dizaines de lingots de cuivre encore alignés sur quatre rangs, du même type que ceux de l’épave du cap Gelidonya, fouillée en 1960 à 65,5 kilomètres plus à l’est.
La profondeur a protégé le site des pilleurs et rendu la fouille lente. Les objets reposaient entre 42 et 61 mètres, sur une pente rocheuse de 30 degrés en moyenne, et chaque plongeur n’avait droit qu’à deux descentes de vingt minutes par jour. De 1984 à 1994, sous la direction de George Bass puis de Pulak, l’INA a cumulé plus de 22 400 plongées. Chaque tesson a été numéroté sur place et reporté sur un plan, ce qui a permis de reconstituer après coup l’arrimage d’une cargaison dont une partie avait roulé le long de la pente. Près de 17 tonnes d’objets sont remontées.
De la coque, il subsiste peu, et ce peu doit sa survie au cuivre, dont la corrosion a rendu le milieu toxique pour les tarets, ces mollusques qui forent le bois. Les bordages sont en cèdre du Liban, joints bord à bord par de longs tenons de chêne bloqués par des chevilles, sur une quille rudimentaire plus large que haute. Pulak y voit le premier emploi attesté de cet assemblage chevillé dans la construction navale. La longueur d’une quinzaine de mètres et la capacité d’au moins 20 tonnes sont des estimations tirées de la répartition des débris. Les vingt-quatre ancres de pierre du bord, 3,3 tonnes en tout, sont taillées pour la plupart, d’après un examen encore préliminaire, dans un grès de plage de la côte du Carmel ou d’un peu plus au nord. Une ancre voyage rarement loin de sa carrière avant d’être embarquée, et ce lot fournit le meilleur indice du port d’attache.
Le cuivre rangé comme des tuiles
Le fret principal pèse une dizaine de tonnes. Il se compose de 354 lingots de cuivre en forme de dalle rectangulaire, d’un peu moins de 24 kilos en moyenne, dont 317 portent une saillie à chaque angle, la forme dite « en peau de bœuf », et 31 deux saillies seulement, du même côté, un type inconnu ailleurs. On a longtemps cru que ce profil imitait une peau de bœuf séchée et servait d’unité de valeur ; l’idée est abandonnée, et les angles saillants servaient plus probablement à arrimer les lingots sur un bât, pour le transport à dos d’animal. Dans la cale, ils formaient quatre rangées transversales, empilées sur huit à onze couches au milieu du navire, chaque couche chevauchant la précédente comme des tuiles de toit et dans le sens inverse de celle du dessous, pour empêcher le glissement en mer. La couche inférieure reposait sur un lit de branchages qui protégeait le bordé. Leur poids variait d’un lingot à l’autre, si bien qu’il fallait les peser à chaque transaction. Au moins 162 d’entre eux portent des marques incisées après refroidissement, croix, hameçons, trident, poisson, et sur l’un d’eux, conservé au musée de Bodrum, la silhouette d’un navire, ce qui oriente vers un marquage au port d’expédition ou de réception. L’analyse des isotopes du plomb, qui compare la composition d’un métal à celle des gisements connus, rattache ce cuivre à Chypre, très probablement à un gisement encore non localisé de la région de Solea, au nord-ouest de l’île.
L’étain se compte moins bien. Près d’une tonne a été remontée, en lingots souvent coupés en quarts ou en moitiés avant l’embarquement, dont un taillé comme une ancre de pierre. Une partie du métal s’était changée sous l’eau en une variété non métallique de l’étain, de la consistance d’une pâte dentifrice, qui s’est désagrégée pendant la fouille. La quantité embarquée était donc supérieure, sans qu’on puisse dire de combien. À raison d’une part d’étain pour dix de cuivre, l’ensemble aurait donné 11 tonnes de bronze.
Le reste du chargement vient de partout. Quelque 175 lingots de verre, 350 kilos en tout, surtout bleu cobalt et turquoise, dont la chimie renvoie à l’Égypte et au Proche-Orient. Dix-huit bûches d’ébène d’Afrique tropicale, coupées à un mètre environ. Une défense d’éléphant tronçonnée, quatorze dents d’hippopotame, trois coquilles d’œuf d’autruche. Et, dans plus de la moitié des quelque 150 jarres cananéennes du bord, environ une demi-tonne de résine de térébinthe, le plus gros chargement après les métaux.
Dans la tombe du vizir Rekhmirê, à Thèbes (TT 100), peinte sous Thoutmosis III et Amenhotep II, un Syrien porte un lingot en peau de bœuf, et une jarre cananéenne d’un magasin est marquée sntr, un mot égyptien qui désigne une résine brûlée comme encens. Son identification au térébinthe, que Pulak juge vraisemblable, n’est pas démontrée.
Néfertiti dans la bourse du marchand
Près de la poupe, les fouilleurs ont recueilli l’essentiel de l’or et de l’argent du bord, environ 530 grammes d’or au total, en bijoux intacts ou entaillés au burin, en lingot annulaire, en fragments d’argent parfois mêlés de cuivre. Pulak y voit la réserve de métal à peser du marchand principal, avec laquelle on payait en route. Parmi ces débris se trouvait un petit scarabée d’or au nom de Néfertiti, l’épouse du pharaon Akhenaton.
Ce scarabée interdit de faire couler le navire avant l’époque de la reine, que l’INA situe sous le règne d’Akhenaton, entre 1352 et 1336 avant notre ère. En 2009, Sturt Manning, Pulak et leurs collègues ont resserré la fourchette en combinant la dendrochronologie, qui date le bois par ses cernes, et le radiocarbone mesuré sur des restes à vie courte, feuilles, jeunes rameaux, noyaux d’olive, résine. L’INA retient aujourd’hui 1320 avant notre ère, à quinze ans près. Cette date repose sur ce que l’équipage avait embarqué pour son dernier voyage, et elle paraît pour cette raison plus solide qu’une date tirée des seuls bois de la coque, dont l’arbre a pu être abattu des années avant le départ.
Deux jeux de tablettes à écrire en bois étaient aussi à bord. Le mieux connu, publié par R. Payton en 1991, sortait des sédiments d’un grand pithos, une jarre de stockage (KW 252). Ses deux feuillets de 9,5 sur 6,2 centimètres, réunis par des charnières d’ivoire, étaient creusés pour recevoir une couche de cire. La cire n’a pas survécu, et l’on ignore dans quelle langue l’équipage y tenait ses comptes, comme on ignore si l’une de ces tablettes portait le nom du destinataire.
L’équipage pêchait en route, à en juger par plus d’un millier de plombs de filet et un harpon, et l’INA signale à bord des luths dont la caisse de résonance était une carapace de tortue.
Mušiston, Kestel ou les Cornouailles
La Méditerranée orientale manque d’étain. Au début du IIᵉ millénaire, les archives de Kültepe et de Mari montrent du métal venu de l’Élam, dans le sud-ouest de l’Iran, sans dire d’où il arrivait plus à l’est. Pour Uluburun, des analyses des années 1990 avaient suggéré deux origines, les monts Taurus et une région non précisée d’Asie centrale.
En novembre 2022, l’équipe de Wayne Powell et Michael Frachetti a publié dans Science Advances l’analyse de 105 lingots, soit 91 % de l’étain du bord, en combinant les isotopes du plomb et de l’étain avec les éléments présents à l’état de traces. Selon elle, un tiers du métal viendrait du gisement de Mušiston, au Tadjikistan, exploité par de petites communautés de pasteurs des montagnes, et les deux tiers restants des gisements anatoliens de Kestel et de Hisarcık. Les communiqués diffusés à la sortie de l’étude ont placé Mušiston en Ouzbékistan, et l’erreur a circulé dans la presse.
La réponse a paru en août 2023 dans Frontiers in Earth Science. Daniel Berger, Kai Kaniuth, Gerhard Brügmann et Ernst Pernicka avaient fondu en laboratoire le minerai de Mušiston, et l’étain obtenu contient du fer, du cuivre et de l’arsenic à hauteur de plusieurs pour cent, quand les lingots d’Uluburun en renferment entre mille et cent mille fois moins. Les isotopes du plomb ne concordent pas davantage. Contre l’Anatolie, l’objection change de nature. Beaucoup de lingots contiennent du plomb étranger, ajouté en cours de fabrication, qui recouvre la signature de l’étain d’origine, et les minerais de Kestel, chargés de fer et d’arsenic, auraient laissé dans le métal des impuretés que les lingots ne montrent pas. Les auteurs ajoutent que le dernier texte décrivant un étain venu de l’Est précède le naufrage de quatre siècles, et que l’Asie centrale n’a livré aucun système de poids comparable à ceux du navire. Leur piste part de l’Ouest, car une partie des lingots ressemble chimiquement à ceux retrouvés au large d’Israël et à Salcombe, en Angleterre, pour lesquels le sud-ouest de l’Angleterre est la source la plus probable.
L’équipe de Powell garde pour elle l’ampleur d’un échantillon que personne n’avait réuni avant elle. Ses contradicteurs reconnaissent que leur hypothèse britannique repose sur une base de minerais encore mince, qu’une origine afghane reste possible pour d’autres lingots, et qu’ils ne tiennent pas les conclusions adverses pour entièrement fausses. Les signatures isotopiques de l’étain varient beaucoup à l’intérieur d’un même gisement et se recouvrent d’un gisement à l’autre, et les minerais d’Eurasie ont été trop peu analysés pour qu’on puisse exclure une source avec certitude.
On ne sait donc pas d’où venait l’étain d’Uluburun.
Un présent ne se distingue pas d’une marchandise
À bord se trouvaient 149 poids de balance, le plus grand ensemble de ce type connu pour le Bronze récent en Méditerranée, la plupart calés sur une unité de 9,3 à 9,4 grammes. Pulak y reconnaît le matériel de trois ou quatre marchands cananéens ou chypriotes, dont un chef qui portait l’unique épée cananéenne du bord, la poignée incrustée d’ébène et d’ivoire. D’autres objets vont par paires, deux épées égéennes, deux sceaux lenticulaires de stéatite, deux services à verser et à boire. Pulak en déduit la présence de deux Mycéniens de rang élevé, sans balances et donc sans doute étrangers au négoce, qu’il propose de voir comme des émissaires escortant la cargaison. Un troisième passager, plus hypothétique, se devine derrière un sceptre-masse de pierre volcanique de 19,4 centimètres dont les parallèles les plus proches se trouvent dans le nord des Balkans.
Le voyage commence, pour Pulak, au Levant. Outre les ancres, les lampes à huile de l’équipage, noircies autour de la mèche, sont toutes modelées dans une argile de la région située juste au nord du Carmel. Il propose Tell Abu Hawam, le port de Megiddo, où la céramique chypriote était stockée avant réexportation. De là, le navire aurait longé l’Anatolie du Sud vers l’ouest, en direction de Mycènes par son port de Tirynthe, l’un des rares palais capables d’absorber une telle cargaison. Il rapproche la nature du voyage des lettres d’Amarna, la correspondance diplomatique des pharaons du XIVᵉ siècle, où les échanges entre cours prennent la forme de présents.
Eric Cline et Assaf Yasur-Landau ont retourné l’argument en 2007, dans la revue Tel Aviv. Dans ces lettres, les présents entre rois sont surtout des objets finis, avec de petites quantités de matières premières, et la cargaison d’Uluburun présente le profil inverse. D’autres envois ressemblent en revanche à des paiements anticipés. Dans la lettre EA 35, le roi d’Alashiya, que l’on identifie à Chypre, annonce au pharaon 500 unités de cuivre, des talents selon la restitution du traducteur, présentées comme un présent de salut, et réclame en retour de l’argent en très grande quantité. Pour les deux auteurs, onze tonnes de métal confiées sans acheteur à une seule coque de bois auraient été un risque considérable, même pour un roi. Ils supposent une commande réglée d’avance par un royaume égéen, dont les deux passagers auraient été les acheteurs, munis de poids orientaux pour payer sur les marchés du Levant, et une route partie d’Ougarit ou d’Égypte vers Kommos, en Crète, ou vers Tirynthe.
Christoph Bachhuber avait posé dès 2006 la limite de l’exercice. Sans texte d’accompagnement, rappelle-t-il, un présent ne se distingue pas d’une marchandise dans les vestiges archéologiques ; il juge en outre prématuré d’attribuer les deux passagers à la Grèce continentale, puisque les jarres à étrier grossières du bord sortent pour la plupart d’ateliers crétois, et il penche pour une arrivée à Cnossos. Christopher Monroe a chiffré la perte en 2010, à partir des prix connus par les textes d’Ougarit, d’Égypte et du monde hittite, à environ 12 000 sicles d’argent, une estimation minimale qu’il donne lui-même pour provisoire. Caroline Sauvage a étendu la démarche, en 2012, à toutes les épaves connues du Bronze récent.
Les deux lectures principales partent des mêmes lingots et des mêmes passagers. Pour Pulak, la cargaison quitte la côte du Carmel comme une livraison d’élite sous escorte et se perd sur la route de Mycènes. Pour Cline et Yasur-Landau, elle était déjà payée, et la perte la plus lourde revient à un palais égéen qui a réglé d’avance onze tonnes de métal qu’il n’a jamais reçues.
Pour aller plus loin
Le naufrage d’Uluburun se lit à côté d’Akhenaton et Amarna, où le roi d’Alashiya échange son cuivre contre l’argent du pharaon, et de l’akkadien, langue diplomatique du Bronze récent, qui porte ces lettres. Au Levant, l’alphabet ougaritique et Ougarit enregistrent d’autres circuits ; plus tôt, les marchands assyriens de Kanesh font déjà voyager l’étain sur mille kilomètres. Vers l’Égée, Schliemann à Mycènes et le linéaire B éclairent l’autre bout de la route. L’épave du cap Gelidonya, plus petite et plus tardive, avait déjà orienté George Bass vers les marins du Levant ; vers 1200, ces circuits se défont.
Un navire marchand a coulé vers 1320 avant notre ère au pied d’un cap de la côte sud de la Turquie. Ce cap s’appelle Uluburun. Le chargement du bateau venait de tout l’est de la Méditerranée, et parfois de bien plus loin. Les archéologues qui l’ont remonté butent encore sur une question simple. Où allait ce bateau, et pour le compte de qui ?
Une cale pleine de métal
L’épave reposait très profond, sur une pente de rochers. Des plongeurs y sont descendus des milliers de fois, pendant onze campagnes de fouille. Chaque objet a été placé sur un plan avant d’être remonté. On sait ainsi comment la cargaison était rangée.
Le chargement principal était du cuivre, une dizaine de tonnes en tout. Ce cuivre avait la forme de grandes plaques rectangulaires, avec une poignée à chaque coin. On a longtemps cru que ces plaques imitaient une peau de bœuf séchée, d’où leur nom de lingots en peau de bœuf. Leurs coins servaient sans doute plutôt à les attacher sur le dos d’un animal. Le métal venait de Chypre.
Près d’une tonne d’étain accompagnait ce cuivre. Fondus ensemble, les deux métaux donnent du bronze, le métal des armes et des outils de l’époque. Sous l’eau, une partie de l’étain s’est changée en une pâte molle, comme du dentifrice, puis s’est défaite. La quantité exacte d’étain à bord reste donc inconnue.
Les autres marchandises viennent de régions très éloignées les unes des autres. La cale contenait du verre bleu en blocs, de l’ébène d’Afrique et des dents d’hippopotame. Des jarres du Levant gardaient une résine parfumée, qu’on brûlait comme encens.
Un nom de reine gravé dans l’or
Le marchand principal rangeait son or et son argent au même endroit, vers l’arrière du bateau. On y a retrouvé des bijoux entiers et d’autres découpés en morceaux. Ce métal servait sans doute à payer pendant le voyage. Au milieu de ces débris dormait un minuscule scarabée en or. Il porte le nom de la reine Néfertiti, épouse du pharaon Akhenaton.
Ce scarabée donne une première borne. Le bateau ne peut pas avoir coulé avant l’époque de cette reine. Des laboratoires ont ensuite daté des feuilles et des noyaux d’olive chargés pour le dernier voyage. Leurs résultats placent le naufrage vers 1320 avant notre ère. La marge d’erreur est d’une quinzaine d’années.
Le bateau transportait aussi des tablettes de bois faites pour écrire sur de la cire. La cire a disparu dans la mer. Personne ne sait ce que l’équipage y notait, ni à qui la cargaison était promise.
Un étain sans adresse
Autour de la Méditerranée orientale, l’étain manque. En 2022, une équipe de chercheurs a analysé presque tous les lingots d’étain du navire. Selon elle, un tiers venait d’une mine du Tadjikistan, en Asie centrale, et le reste d’Anatolie.
Une seconde équipe a contesté ce résultat dès l’année suivante. Elle a fondu en laboratoire du minerai de la mine du Tadjikistan. Le métal obtenu contenait beaucoup trop d’impuretés, comme le fer et l’arsenic. Les lingots du bateau sont bien plus purs. Pour cette équipe, une partie de l’étain viendrait plutôt du sud-ouest de l’Angleterre.
Aucune des deux équipes n’a convaincu l’autre. La première dispose de l’échantillon le plus complet. La seconde admet que ses comparaisons reposent sur trop peu de minerais analysés. L’origine de cet étain reste donc une énigme.
Cadeau de roi ou achat payé d’avance
Le fouilleur du site, Cemal Pulak, a reconstitué le trajet. Les ancres de pierre et les lampes de l’équipage viennent de la région du Carmel, sur la côte du Levant. Le bateau serait parti de là vers l’ouest. Selon lui, il allait vers un palais de Grèce, sans doute Mycènes.
Pour Pulak, ce voyage ressemble aux échanges de présents entre rois. La correspondance des pharaons de cette époque décrit ces cadeaux entre cours. Deux passagers venus de Grèce auraient escorté la cargaison. Leurs objets les trahissent, car ils vont souvent par paires, comme leurs épées et leurs sceaux.
Avec un collègue, l’archéologue Eric Cline voit les choses autrement. Les cadeaux entre rois étaient surtout des objets finis. Ce navire portait au contraire de la matière brute. Les deux chercheurs imaginent donc une commande passée par un palais grec ou crétois, et payée d’avance.
Un troisième spécialiste rappelle une limite simple. Sans document écrit, rien ne distingue un cadeau d’une marchandise au fond de l’eau. Les deux scénarios restent ouverts.
L’un des lingots de cuivre porte, gravée dans le métal, la silhouette d’un bateau. On peut le voir au musée de Bodrum.
La version complète donne la lettre du roi de Chypre qui réclame de l’argent en échange de son cuivre, et le détail de l’expérience de fonte qui a écarté la mine d’Asie centrale.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- [Lingot de cuivre en peau de bœuf gravé d’une silhouette de navire, l. 77,1 cm, 20,4 kg, épave d’Uluburun, n° de fouille KW 1526]( Musée d’Archéologie sous-marine de Bodrum, inv. 35,4.88https://cgs.la.psu.edu/wp-content/uploads/sites/27/2020/12/Pulak-2008-Reading.pdf
- [Demi-lingot d’étain en peau de bœuf, 29,1 × 29,1 cm, 11,7 kg, épave d’Uluburun, KW 1371]( Musée d’Archéologie sous-marine de Bodrum, inv. 60,4.88https://cgs.la.psu.edu/wp-content/uploads/sites/27/2020/12/Pulak-2008-Reading.pdf
- [Ancre-poids en grès de plage, h. 75,4 cm, 148,3 kg, épave d’Uluburun, KW 3330]( Musée d’Archéologie sous-marine de Bodrum, inv. 37,1.94https://cgs.la.psu.edu/wp-content/uploads/sites/27/2020/12/Pulak-2008-Reading.pdf
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Sources primaires (suite)
- [Tablettes à écrire en bois à charnières d’ivoire, 9,5 × 6,2 cm, retrouvées dans les sédiments du pithos KW 252]( épave d’Uluburun, édition Payton 1991https://resolve.cambridge.org/core/journals/anatolian-studies/article/abs/ulu-burun-writingboard-set/8C915D4337FF00706AECFFCEFE14A2D2
- Lettre d’Amarna EA 35, du roi d’Alashiya au pharaon (envoi de cuivre, demande d’argent) trad. W. L. Moran, *Les Lettres d’El-Amarna*, Paris, 1987
- Tombe de Rekhmirê, Thèbes, TT 100, XVIIIᵉ dynastie (porteur syrien de lingot en peau de bœuf, magasin à jarre cananéenne marquée *sntr*) éd. N. de Garis Davies, *The Tomb of Rekh-mi-Rē‘ at Thebes*, New York, 1943
Bibliographie
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- William L. Moran, *Les Lettres d’El-Amarna. Correspondance diplomatique du pharaon*, trad. fr. Dominique Collon et Henri Cazelles, Littératures anciennes du Proche-Orient 13, Paris, 1987, 630 p. Éditions du Cerf
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Sources en ligne
- [« Uluburun Late Bronze Age Shipwreck Excavation »]( Institute of Nautical Archaeologyhttps://nauticalarch.org/projects/uluburun-late-bronze-age-shipwreck-excavation/
- [« The Uluburun Shipwreck and Late Bronze Age Trade », Cemal Pulak (chapitre en PDF)]( Pennsylvania State Universityhttps://cgs.la.psu.edu/wp-content/uploads/sites/27/2020/12/Pulak-2008-Reading.pdf
- [« Why Central Asia’s Mushiston is not a source for the Late Bronze Age tin ingots from the Uluburun shipwreck »]( Frontiers in Earth Sciencehttps://www.frontiersin.org/journals/earth-science/articles/10.3389/feart.2023.1211478/full
- [« Chemical Analysis Offers Clues to Late Bronze Age Supply Chain »]( Archaeology Magazine, Archaeological Institute of Americahttps://archaeology.org/news/2022/12/07/221207-turkey-uluburun-tin/
- [« Wer knackt das Zinnrätsel der Bronzezeit ? »]( Universität Tübingenhttps://uni-tuebingen.de/universitaet/aktuelles-und-publikationen/pressemitteilungen/newsfullview-pressemitteilungen/article/wer-knackt-das-zinnraetsel-der-bronzezeit
- [« Musings from a Distant Shore : The Nature and Destination of the Uluburun Ship and Its Cargo » (PDF)]( Aegeus Society for Aegean Prehistoryhttps://www.aegeussociety.org/wp-content/uploads/2021/12/Yasur-Landau-Cline-2007-Uluburun.pdf
- [« The Ulu Burun Writing-Board Set »]( Cambridge Core, *Anatolian Studies*https://resolve.cambridge.org/core/journals/anatolian-studies/article/abs/ulu-burun-writingboard-set/8C915D4337FF00706AECFFCEFE14A2D2
- [« BMCR 2013,12,37 », compte rendu de C. Sauvage, *Routes maritimes et systèmes d’échanges internationaux au Bronze récent*]( Bryn Mawr Classical Reviewhttps://bmcr.brynmawr.edu/?p=38169







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