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La Sicile aux trois cultures : le royaume trilingue de Roger II

ByzanceMonde islamiqueÉglise, islam & judaïsme1 novembre 2026◈ 42 sources vérifiées
Matthias Süßen / Wikimedia Commons
13 min de lecture42 sources vérifiées
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Le scribe arabe s’est trompé d’année, puis il s’est repris. Au bas d’un privilège grec de Roger II, roi de Sicile, en faveur du monastère grec de Saint-Georges de Tròccoli, près de Caltabellotta, il avait daté de 536 de l’hégire la description arabe des limites du domaine, et il a ensuite écrit 535. Le texte grec porte le mois de juin de l’an du monde 6649, indiction IV, soit juin 1141, et l’année 536 n’a commencé que le 6 août suivant, ce qui donne raison à la correction selon Vera von Falkenhausen, Nadia Jamil et Jeremy Johns, qui ont publié l’acte en 2016. Ils rappellent aussi qu’un document porte parfois la date à laquelle la procédure a été ouverte. Des trous percés dans le parchemin retiennent encore des restes du lacet de soie pourpre qui tenait le sceau d’or du roi, aujourd’hui perdu. Le privilège confirme au monastère ses terres, ses droits et quinze foyers de vilains dont les noms sont inscrits dans un registre.

Ces vilains sont musulmans. Selon les éditeurs, ce sont des immigrés récents venus d’Ifrîqiya, l’actuelle Tunisie, qui fuyaient la disette et la famine et se sont recommandés au service d’un monastère chrétien. Le parchemin est à Tolède, où la fondation de la maison ducale de Medinaceli le garde dans son fonds de Messine sous la cote ADM 1120, avec cinq autres actes du même monastère. Tous proviennent des archives de l’archimandrite grec du Saint-Sauveur de Messine, confisquées en janvier 1679 par le vice-roi espagnol de Sicile. Trois d’entre eux rappellent que Saint-Georges avait été fondé par le comte Roger Iᵉʳ, le conquérant de l’île, en l’an du monde 6606, soit 1097-1098. Un monastère grec, un roi issu de chevaliers normands, des paysans musulmans venus d’Afrique, des scribes de deux alphabets.

Phil​ippe, Étienne Maleïnos et l’eunuque Barrûn

Les éditeurs ont reconnu sept mains dans les quatre actes de 1141, trois grecques et quatre arabes, et ils en situent la rédaction au dîwân royal de Palerme, alors que le roi se trouvait à Agrigente en juillet. Le privilège grec nomme les hommes qui ont réglé l’affaire, le protonotaire Phil​ippe, le juge Étienne Maleïnos, l’eunuque royal que le grec appelle Perroun et l’arabe Barrûn, un Jean qui reparaît comme sekretikos, c’est-à-dire administrateur royal, de 1142 à 1168, et un Abû ’Alî dont on ne sait rien d’autre. Le registre des vilains porte deux noms, plateia dans le texte grec, jarîda pour les scribes arabes, et le grec précise qu’il vient d’être recopié et renouvelé. La jarîda elle-même, datée de novembre 536, indiction V, est conservée sous la cote ADM 1119. Les deux descriptions arabes des limites ont sans doute été tirées d’un même registre des confins, le daftar al-hudûd. Onze ans plus tard, en mai 1152, une enquête ordonnée par le dîwân et tenue à Sciacca fixe la frontière entre Saint-Georges et les terres d’Herbert, seigneur de Calamonaci. L’acte arabe qui la consigne, au verso du même parchemin ADM 1120, reçoit l’autographe latin du chancelier Maion de Bari et la ‘alâma de Barrûn, sa formule de validation, de sorte que le même parchemin porte trois écritures, la grecque au recto, l’arabe et la latine au verso, et que l’homme qui signe ce simple procès-verbal de bornage en latin vient de Bari, sur le continent.

Les éditeurs parlent d’un dîwân trilingue. Le mot vaut mieux que celui de dîwân arabe, que l’on rencontre souvent, puisque le grec y entre par le privilège et le latin par la signature du chancelier.

Ce bureau n’a pas toujours fonctionné ainsi. D’après le compte rendu qu’Emmanuelle Tixier du Mesnil a donné du livre d’Annliese Nef, Conquérir et gouverner la Sicile islamique aux XIᵉ et XIIᵉ siècles, paru en 2011 à l’École française de Rome, la chancellerie de Roger II se tourne vers l’arabe entre 1130 et 1145 environ, en partie sous l’influence de son ministre Georges d’Antioche, un chrétien de langue arabe. Garder le grec à côté de l’arabe et du latin permettait au roi de puiser dans un personnel de techniciens et de limiter le poids des barons latins. L’arabe convenait au dîwân qui gérait les finances du domaine royal, et Nef rattache cette politique des langues à des ambitions qui dépassaient la Sicile et visaient toute la Méditerranée. Le grec, langue du privilège de Tròccoli et de plusieurs des officiers qui le valident, n’a donc rien d’un vestige toléré.

« Ô merveille nouvelle »

Dans la cour Maqueda du palais des Normands, sur le mur de la loggia occidentale, une plaque de marbre blanc de 77,4 centimètres sur 51,6 porte trois bandeaux gravés, le latin en haut, le grec au milieu, l’arabe en bas. Elle commémore une horloge que Roger fit construire en 1142, probablement pour marquer les heures de l’office dans la chapelle Palatine toute proche, et dont personne n’a décrit le mécanisme, Tommaso Fazello ayant relevé l’inscription en 1558 sans rien dire de la machine. Le latin et l’arabe disent à peu près la même chose, un ordre du roi pour un instrument qui indique les heures. Le grec s’exclame, ô merveille nouvelle, et fait de Roger, qui a reçu son sceptre de Dieu, le maître du flot qui distribue sans erreur la connaissance des heures, formule qui a fait imaginer à certains une machine plus savante qu’une simple clepsydre, sans qu’aucun indice vienne appuyer l’idée d’un mécanisme tournant. Chaque langue date à sa façon. Le latin compte les années de l’incarnation, l’indiction V et la treizième année du règne, le grec l’année du salut 1142, le mois de mars et la même indiction, l’arabe l’année 536 de l’hégire, celle que le scribe de Tròccoli avait écartée neuf mois plus tôt, à juste titre.

Huit ans auparavant, les ateliers du palais avaient livré au roi un manteau de samit rouge teint au kermès, haut de 146 centimètres et large de 345, brodé d’or et de soie et rehaussé de perles, où deux lions terrassent deux chameaux de part et d’autre d’un palmier. L’inscription coufique de l’ourlet, en arabe seulement, enchaîne les vœux de prospérité, de longue vie et de triomphe pour le souverain, et dit le vêtement fait dans la khizâna, le trésor royal, dans la capitale de la Sicile, en 528 de l’hégire, soit 1133-1134. Le Kunsthistorisches Museum de Vie​nne le conserve sous le numéro WS XIII 14, parce qu’il est entré dans les insignes des couronnements impériaux germaniques.

Le même prince commandait du savoir arabe. Al-Idrîsî, né à Ceuta et formé à Cordoue, a consacré une quinzaine d’années au Nuzhat al-mushtâq, le livre de celui qui désire parcourir les horizons, appelé aussi Livre de Roger, et l’a achevé peu avant la mort du roi en 1154. La plus ancienne copie connue, le manuscrit Arabe 2221 de la Bibliothèque nationale de France, date des environs de 1325 et garde un planisphère et soixante-huit des soixante-dix cartes en couleurs.

Jeremy Johns a tiré de ces documents arabes, en 2002, une thèse forte. Les rois normands auraient refondu leur administration sur le modèle de l’Égypte fatimide contemporaine, en cherchant moins l’efficacité que la projection d’une image royale. Le manteau brodé en arabe, l’horloge qui s’adresse à ses lecteurs en trois langues et le livre de géographie composé pour Roger relèvent, dans cette lecture, d’une même mise en scène du pouvoir, que les inscriptions arabes peintes au plafond de la chapelle Palatine prolongent jusque dans le lieu de culte.

Santa Maria dell’Ammiraglio

Georges d’Antioche avait tenu des charges financières en Syrie, puis servi l’émir de Mahdia, en Ifrîqiya, avant de passer à Palerme et d’y devenir l’amiral de Roger II. Une charte de mai 1143, rédigée en arabe et en grec et conservée au Tabulario de la chapelle Palatine, dit qu’il a fait bâtir de neuf une église dédiée à la Vierge, pour la remercier d’avoir protégé sa personne et sa carrière. Le chantier avait sans doute commencé vers 1140, et des artisans grecs et locaux y travaillaient encore en 1185. Dans les mosaïques, l’amiral se prosterne devant la Vierge, qui tient un rouleau où une prière grecque demande au Christ de le protéger. En face, le Christ pose la couronne sur la tête de Roger, et des inscriptions grecques nomment le roi et le Christ, image d’un pouvoir reçu de Dieu sans intermédiaire terrestre. Le panneau se trouvait sans doute à l’origine dans le narthex, démoli à la fin du XVIᵉ siècle. Une frise de bois à inscription coufique, à la base de la coupole, porte un hymne byzantin traduit en arabe, et une colonne à droite de l’entrée garde la basmala, la formule d’ouverture des sourates du Coran.

L’église doit son nom courant au monastère voisin fondé en 1193 par Eloisa Martorana. En 1438, Alphonse le Magnanime la donna aux bénédictines de ce couvent, réputées pour leurs fruits en pâte d’amande, que les Palermitains appellent encore frutta di martorana, et depuis 1937 elle appartient à l’éparchie de Piana degli Albanesi, qui y célèbre selon le rite byzantin.

Le psautier conservé à la British Library sous la cote Harley MS 5786 vient de la même cour. Ses 174 feuillets de parchemin, de 315 millimètres sur 235, donnent en regard les cent cinquante Psaumes en grec, en latin et en arabe. La notice le rattache à Palerme et le date d’avant 1153, et une note latine du folio 173v porte le 8 janvier de l’année 1153 de l’incarnation. Le texte arabe ne vient pas de Sicile. Il reprend la traduction faite sur le grec, au milieu du XIᵉ siècle, par ’Abdallâh ibn al-Fadl al-Antâkî, diacre de l’Église melkite d’Antioche, la ville d’où venait l’amiral. Le volume passa par le libraire John Gibson avant d’entrer dans la collection des comtes d’Oxford, où le bibliothécaire Humfrey Wanley l’inscrivit le 13 septembre 1722, et il fut vendu à la nation en 1753 avec le reste des manuscrits Harley.

Ibn Jubayr devant la cathédrale de Palerme

Ibn Jubayr, né à Valence en 1145, secrétaire du gouverneur almohade de Grenade, revient du pèlerinage de La Mecque par l’Irak, la Syrie et la Sicile, où il séjourne en décembre 1184 et en janvier 1185. Le jour de Noël, en marchant vers la cathédrale de Palerme, il croise des chrétiennes en voiles de soie, les mains teintes au henné et parfumées, et note que les femmes chrétiennes de la ville suivent la mode des musulmanes, page 349-350 de la traduction anglaise de Broadhurst. Il ne parvient plus à distinguer les unes des autres et répond au trouble par une prière. Sur la route, des chrétiens lui avaient parlé en arabe. On lui rapporte aussi que les servantes et les concubines du palais de Guillaume II sont toutes musulmanes, que le roi a entendu ses femmes et ses pages invoquer Dieu et le Prophète pendant un tremblement de terre, et que ces servantes convertissent à l’islam les Franques de la cour. À Trapani, pendant qu’il attend un navire, un père lui propose de marier sa fille à l’un des pèlerins pour qu’elle quitte l’île et échappe à la tentation de l’apostasie, page 360 de la même traduction. Sarah Davis-Secord, qui a relu ces passages en 2023, fait de ces femmes musulmanes des porteuses de l’islam dans une île désormais chrétienne, entre assimilation et résistance. Le voyageur admire, et il s’inquiète.

Les pierres tombales de Palerme montrent les mêmes mélanges dans une seule famille. Anna, morte en 1148 et inhumée de nouveau en 1149 dans une chapelle que son fils Grisandus, prêtre de la chapelle Palatine, avait fondée à l’intérieur d’une église orthodoxe, a reçu une épitaphe en quatre langues, le judéo-arabe, c’est-à-dire l’arabe écrit en caractères hébreux, le grec, l’arabe et le latin, sur une plaque de 32 centimètres sur 40. Elle descendait d’une famille byzantine et parlait sans doute le grec. Son mari Drogo, venu d’Occident et mort en 1153, fut enterré près d’elle sous une épitaphe en trois langues, grec, latin et arabe, que la Galleria Regionale du palais Abatellis conserve sur une plaque de 37 centimètres sur 33.

1161, 1168, 1190

En 1161, pendant la révolte de Matteo Bonello contre Guillaume Iᵉʳ, la population latine de Palerme massacre des musulmans, qui se réfugient dans les ruelles du quartier de Seralcadi. En 1168, l’expulsion du chancelier Étienne du Perche s’accompagne d’une nouvelle chasse aux musulmans, tout aussi sanglante selon Vincenzo D’Alessandro, qui a rédigé en 2005 la notice sur Palerme de l’Enciclopedia Federiciana. À la mort de Guillaume II, en 1189, les attaques reprennent, et en 1190 beaucoup de musulmans fuient vers l’intérieur des terres. Les persécutions affaiblissent les métiers musulmans, forgerons, chaudronniers, armuriers, tailleurs et potiers, qui se concentrent dans des marchés comme le suq al-’attârîn et Ballarò.

Alex Metcalfe a lu cette histoire comme celle d’une fin. Dans son livre de 2003 sur les musulmans et les chrétiens de la Sicile normande, les musulmans conservent un statut protégé hérité des traditions de gouvernement islamiques, leurs élites sont souvent contraintes de se convertir tout en gardant une ambiguïté religieuse qui permet la dissimulation, et la pression s’accroît après les années 1160. Le déplacement des populations, l’assimilation et l’écrasement des révoltes auraient mis fin à la diversité de l’île. Annliese Nef, qui a rendu compte du livre la même année, en salue les pages sur les emprunts et les traductions entre le latin, le grec et l’arabe, mais elle reproche à l’auteur de confondre la langue et la religion et de bâtir des conclusions téléologiques, comme si la disparition était inscrite dès le départ.

Les Grecs, eux, se sont effacés sans massacre.

Graham Loud décrit en 2016 ce déclin grec comme lent et largement involontaire, alors que les musulmans de l’île, révoltés à la fin du XIIᵉ siècle, en ont presque tous disparu vers 1250. Frédéric II, petit-fils de Roger par sa mère Constance, fait campagne contre les rebelles musulmans et déclare Palerme port franc en 1222. On répète volontiers que la plupart des musulmans de Sicile furent déportés dans la colonie militaire que l’empereur installa à Lucera, en Capitanate. Loud tient la chose pour improbable, et leur sort, pour lui, reste à éclaircir.

La coexistence féconde de l’UNESCO

L’image d’une Sicile des trois cultures a d’abord été fabriquée par le roi lui-même, si l’on suit Johns, puisque l’horloge, le manteau et les actes en plusieurs langues servaient l’image d’un souverain au-dessus de tous ses peuples. Elle a ensuite trouvé ses historiens. En 1970, John Julius Norwich intitule le second volume de son histoire des Normands de Sicile The Kingdom in the Sun, et David Knowles, qui en rend compte dans The Spectator le 20 juin, s’émerveille de ce « mingling of Arab, Greek and Latin culture » né au milieu des violences et des trahisons de la cour. En 2015, à Bonn, le Comité du patrimoine mondial inscrit sous le nom de Palerme arabo-normande et cathédrales de Cefalù et Monreale neuf monuments, dont le palais royal et la chapelle Palatine, la Zisa et Santa Maria dell’Ammiraglio, au titre d’une coexistence féconde de peuples d’origines diverses, musulmans, byzantins, latins, juifs, lombards et français. Nef a contesté en 2011 cette lecture par la tolérance. Elle décrit le premier gouvernement chrétien, en partie latin, établi sur une population en majorité musulmane et arabophone, et refuse de tenir son déclin pour joué d’avance.

Le camp de la coexistence garde des arguments solides. Les quinze foyers de Tròccoli étaient venus d’Ifrîqiya en 1141 se placer sous un roi chrétien et un monastère grec, et des musulmans qui choisissent d’immigrer ne fuient pas un régime de terreur. Le statut protégé décrit par Metcalfe, le dîwân où travaillent côte à côte scribes grecs et arabes, la participation des groupes de l’île au gouvernement que relève le compte rendu du livre de Nef, tout cela figure dans les actes eux-mêmes. Les mêmes documents montrent aussi des élites converties sous la contrainte, des massacres et une population musulmane qui a presque disparu un siècle après Roger. La coexistence a existé, à l’échelle d’un bureau, d’un domaine ou d’une famille, et elle a été voulue par un pouvoir qui en tirait profit, ce qui ne la rendait ni égale ni durable. On ignore combien de musulmans, de Grecs, de juifs et de Latins vivaient dans l’île sous Roger II, car aucun des documents conservés ne donne d’effectif d’ensemble, et les jarâ’id ne recensent que les vilains d’un domaine. On ignore qui a commandé le psautier Harley, et comment fonctionnait l’horloge de 1142. On ignore enfin où sont allés les musulmans chassés de Sicile au XIIIᵉ siècle, si Loud a raison de douter de Lucera.

Le poème latin de Pierre d’Eboli, le Liber ad honorem Augusti, ne survit qu’en un seul manuscrit, que la Burgerbibliothek de Berne conserve sous la cote Cod. 120.II, 55 feuillets de parchemin de 34,5 centimètres sur 21, copiés et peints vers 1195-1197 dans un atelier proche de la cour impériale en Italie du Sud, à la gloire d’Henri VI, de Constance et de leur fils Frédéric, né à Jesi le 26 décembre 1194. Selon Vincenzo D’Alessandro, la quatrième miniature montre Palerme en deuil de Guillaume II, avec le Cassaro, la Kalsa, la chapelle Palatine et le Castello a Mare, et entre les rivières du Kemonia et du Papireto une foule où l’on distingue des Latins, des Grecs, des musulmans et des juifs.

Pour aller plus loin

La conquête aghlabide de l’île, entre 827 et 902, explique la population musulmane que les Normands trouvent en arrivant, et l’article sur Tolède, capitale de la traduction, montre une autre ville où l’arabe, le latin et la langue des juifs se croisent au XIIᵉ siècle. Le règne de Frédéric II et la colonie de Lucera prolongent cette histoire jusqu’au milieu du XIIIᵉ siècle.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Privilège grec (sigillion) de Roger II pour Saint-Georges de Tròccoli, juin 6649 de l’an du monde, 535 de l’hégire (536 corrigé en 535 par le scribe arabe), indiction IV (1141), avec description arabe des limites (hadd), traces du lacet de soie pourpre du sceau d’or perdu ; copie de chancellerie d’un privilège perdu à la même date, ADM 1104 recto ; copie officielle, ADM 1117 recto Tolède, Archivo General de la Fundación Casa Ducal de Medinaceli, fonds Messine, ADM 1120 recto, d’après Falkenhausen, Jamil et Johns 2016
  2. Registre arabe (jarîda, plateia dans le texte grec) des vilains musulmans de Saint-Georges de Tròccoli, novembre 536 de l’hégire, indiction V (1141) Tolède, Archivo General de la Fundación Casa Ducal de Medinaceli, fonds Messine, ADM 1119, d’après Falkenhausen, Jamil et Johns 2016
  3. Acte arabe du dîwân sur l’enquête de bornage tenue à Sciacca entre Saint-Georges et Herbert, seigneur de Calamonaci, mai 547 de l’hégire, indiction XV (1152), autographe latin du chancelier Maion de Bari et ‘alâma de Barrûn ; copie non validée, ADM 1117 verso Tolède, Archivo General de la Fundación Casa Ducal de Medinaceli, fonds Messine, ADM 1120 verso, d’après Falkenhausen, Jamil et Johns 2016
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Sources primaires (suite)

  1. Plaque trilingue (latin, grec, arabe) de l’horloge de Roger II, 1142 (année de l’incarnation 1142, indiction V, treizième année du règne ; 536 de l’hégire), marbre blanc, 77,4 × 51,6 cm Palerme, palais des Normands, cour Maqueda, loggia occidentale, in situ
  2. Tommaso Fazello, De rebus Siculis decades duae, Palerme, 1558, mention de l’inscription de l’horloge sans description de la machine, d’après le site officiel de la chapelle Palatine
  3. Manteau de Roger II, dit manteau du couronnement, samit teint au kermès, broderie d’or et de soie, perles, émaux cloisonnés, 146 × 345 cm, inscription coufique datée de 528 de l’hégire (1133-1134), ateliers royaux de Palerme Vienne, Kunsthistorisches Museum, Kaiserliche Schatzkammer, WS XIII 14
  4. Psautier trilingue grec, latin et arabe, Palerme, avant 1153, 174 feuillets de parchemin, 315 × 235 mm, Psaumes 1 à 150 aux ff. 1-172v, Psaume 151 au f. 173r, note datée du 8 janvier 1153 au f. 173v, texte arabe traduit du grec par ’Abdallâh ibn al-Fadl al-Antâkî Londres, British Library, Harley MS 5786
  5. Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtâq fî ikhtirâq al-âfâq, dit Livre de Roger, achevé vers 1154, plus ancienne copie connue, vers 1325, planisphère et soixante-huit cartes sur soixante-dix, dernier feuillet manquant Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Arabe 2221
  6. Ibn Jubayr, Rihla, séjour en Sicile de décembre 1184 à janvier 1185 : chrétiens parlant arabe sur la route, harem et servantes musulmanes de Guillaume II, tremblement de terre et conversions de Franques (p. 341), chrétiennes de Palerme le jour de Noël (p. 349-350), jeune fille de Trapani (p. 360), trad. R. J. C. Broadhurst, The Travels of Ibn Jubayr, Londres, Jonathan Cape, 1952, d’après Davis-Secord 2023 ; trad. fr. Maurice Gaudefroy-Demombynes, Voyages, Paris, Paul Geuthner, 1949-1956
  7. Charte de fondation de Santa Maria dell’Ammiraglio par Georges d’Antioche, mai 1143, en arabe et en grec Palerme, Tabulario de la chapelle Palatine, d’après la notice de #SmartEducationUnescoSicilia
  8. Mosaïques de Santa Maria dell’Ammiraglio, dite la Martorana : Roger II couronné par le Christ, inscriptions grecques ; Georges d’Antioche prosterné devant la Vierge au rouleau inscrit d’une prière grecque ; frise de bois à inscription coufique à la base de la coupole ; basmala sur une colonne de l’entrée Palerme, église Santa Maria dell’Ammiraglio, in situ
  9. Inscriptions arabes du plafond peint de la chapelle Palatine (vœux adressés au roi) Palerme, palais des Normands, chapelle Palatine, in situ, d’après Bourougaaoui 2016
  10. Épitaphe quadrilingue (judéo-arabe, grec, arabe, latin) d’Anna, mère du prêtre Grisandus, morte en 1148 et réinhumée en 1149, 32 × 40 × 5 cm Palerme, Castello della Zisa, Museo d’arte islamica
  11. Pierre tombale trilingue (grec, latin, arabe) de Drogo, mort en 1153, provenant de l’église San Michele de Indulciis, 37 × 33 cm Palerme, Galleria Regionale della Sicilia, palais Abatellis
  12. Pierre d’Eboli, Liber ad honorem Augusti, manuscrit unique, vers 1195-1197, parchemin, 55 feuillets, 34,5 × 21 cm, quatrième miniature (Palerme en deuil de Guillaume II) d’après D’Alessandro 2005 Berne, Burgerbibliothek, Cod. 120.II

Sources en ligne

  1. « Der Krönungsmantel », WS XIII 14 Kunsthistorisches Museum, Viennehttps://khm.at/en/object/100435
  2. « Mantle of Roger II (Coronation Mantle) », Ariel Fein (lions et chameaux, vœux de l’inscription) Smarthistoryhttps://smarthistory.org/coronation-mantle
  3. « Harley MS 5786 : Psalter (Trilingual) » British Library, Search Archives and Manuscriptshttps://searcharchives.bl.uk/catalog/040-001780422
  4. « L’orologio idraulico di Ruggero II - Cappella Palatina - sito ufficiale » Cappella Palatina, Palermehttps://www.cappellapalatinapalermo.it/monumento/
  5. « The Excursion of the One Who Yearns to Penetrate the Horizons (Nuzhat al-mushtāq fī ikhtirāq al-āfāq) », BnF MS Arabe 2221 Library of Congress, World Digital Libraryhttps://www.loc.gov/resource/gdcwdl.wdl_18418/?sp=605
  6. « Ibn Jubayr » Encyclopaedia Britannicahttps://www.britannica.com/biography/Ibn-Jubayr
  7. « Ibn Jubayr » (séjour à Palerme de décembre 1184 à janvier 1185) #SmartEducationUnescoSiciliahttps://www.smarteducationunescosicilia.it/?p=49406
  8. « Bearers of Islam : Muslim Women between Assimilation and Resistance in Christian Sicily », Sarah Davis-Secord, chap. 4 de Gender in the Premodern Mediterranean, 2023 Arizona State University, Pressbookshttps://asu.pressbooks.pub/gender-in-the-premodern-mediterranean/chapter/chapter-4/
  9. Compte rendu d’Annliese Nef, Conquérir et gouverner la Sicile islamique aux XIᵉ et XIIᵉ siècles, par Emmanuelle Tixier du Mesnil, Bulletin critique des Annales islamologiques 28, 2013, p. 92-94 Institut français d’archéologie orientalehttps://www.ifao.egnet.net/bcai/28/39/
  10. Compte rendu d’Alex Metcalfe, Muslims and Christians in Norman Sicily, par Annliese Nef, Bulletin critique des Annales islamologiques 19, 2003 Institut français d’archéologie orientalehttps://www.ifao.egnet.net/bcai/19/34
  11. « Palermo », Vincenzo D’Alessandro, Federiciana, 2005 Istituto della Enciclopedia Italiana, Treccanihttps://www.treccani.it/enciclopedia/palermo_(Federiciana)/
  12. « The church of Santa Maria dell’Ammiraglio » #SmartEducationUnescoSiciliahttps://www.smarteducationunescosicilia.it/en/palermo/the-admirals-dedication
  13. « The Church of Santa Maria dell’Ammiraglio, also known as « La Martorana » » Città Metropolitana di Palermo, portail du tourismehttps://turismo.cittametropolitana.pa.it/the-church-of-santa-maria-dellammiraglio/?lang=en
  14. « L’arte decorativa e le iscrizioni arabe nei monumenti arabo-normanni in Sicilia », Soumaya Bourougaaoui, 20 juin 2016 Italia Medievalehttps://www.italiamedievale.org/larte-decorativa-le-iscrizioni-arabe-nei-monumenti-arabo-normanni-sicilia/
  15. « Quadrilingual epitaph from Palermo » Art of the Middle Ageshttps://artofthemiddleages.com/s/main/item/2640
  16. « È custodita dentro un castello antichissimo : i misteri della lapide quadrilingue di Palermo », Alessandro Panno, 15 janvier 2024 Balarmhttps://www.balarm.it/news/e-custodita-dentro-un-castello-antichissimo-i-misteri-della-lapide-quadrilingue-di-palermo-142334
  17. « Trilingual epigraphic tombstone » Les mondes normands, Université de Caen Normandiehttps://mondes-normands.caen.fr/angleterre/archeo/italie/sculpture/149.htm
  18. « Petrus de Ebulo : Liber ad honorem Augusti », Cod. 120.II e-codices, Bibliothèque virtuelle des manuscrits en Suissehttps://e-codices.unifr.ch/en/list/one/bbb/0120-2
  19. « Death and glory », David Knowles, The Spectator, 20 juin 1970, p. 20 The Spectator Archivehttps://archive.spectator.co.uk/article/20th-june-1970/20/death-and-glory
  20. « Arab-Norman Palermo and the Cathedral Churches of Cefalú and Monreale » UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/en/list/1487
  21. Décision 39 COM 8B.28, 39ᵉ session du Comité du patrimoine mondial, Bonn, 2015 UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/en/decisions/6378
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