Vingt-trois semaines en neuf ans de pontificat. C’est l’ordre de grandeur que retenait en 1999 Daniel Williman pour le séjour de Clément V à Avignon, dans son compte rendu du livre de Sophia Menache. Le pape y logeait au couvent des dominicains, hors des murs. Le Gascon Bertrand de Got, ancien archevêque de Bordeaux, se déplaçait sans cesse entre Monteux, Bédarrides et Châteauneuf. Chaque année, il revenait au Groseau, près de Malaucène, un ancien monastère roman dont il avait fait un petit palais et qu’il appelait, selon le service d’archéologie du département de Vaucluse, « le jardin de mes délices ». Avignon lui semblait une résidence sans charme. Les listes le placent pourtant en tête des papes d’Avignon, et les manuels datent de son arrivée, en 1309, le moment où la papauté quitte Rome.
Un procès convoqué pour février 1309
Élu à Pérouse le 5 juin 1305, au terme d’un conclave d’environ onze mois, Clément V refuse de descendre à Rome pour son couronnement. Il convoque les cardinaux à Lyon. Le 14 novembre, il y reçoit la tiare en présence de Philippe le Bel. Pendant quatre ans, il réside en divers lieux du royaume, notamment à Bordeaux, à Poitiers et à Toulouse.
Giovanni Villani a donné de cette élection un récit qui a longtemps tenu lieu d’explication. Dans sa Nuova Cronica, le chroniqueur florentin raconte une entrevue secrète entre l’archevêque et le roi, dans la forêt de Saint-Jean-d’Angély. Bertrand de Got y aurait acheté la tiare par des concessions humiliantes. En 1908, dans la Catholic Encyclopedia, Thomas Shahan tenait déjà ce récit pour tout à fait étranger à l’histoire. Il admettait seulement qu’une entente informelle avait pu exister, puisque les cardinaux cherchaient à plaire au roi de France.
Les raisons qu’on peut dater sont plus terre à terre. Philippe IV exige que Boniface VIII, mort en 1303, soit condamné comme hérétique et ses restes brûlés. Le pape temporise. Il fixe l’ouverture du procès au 2 février 1309, à Avignon, et la procédure ne commence formellement qu’au consistoire du 16 mars 1310. Ouvert le 16 octobre 1311, le concile de Vienne doit solder cette affaire et celle du Temple, que Clément V supprime au printemps suivant. Pour un tel face-à-face, Avignon offrait un terrain commode. La ville relevait du comte de Provence, auquel Philippe le Bel avait cédé ses droits en 1290 et qui régnait aussi sur Naples. Le Comtat Venaissin voisin était terre d’Église depuis les années 1270, comme l’indique le titre même de la thèse que Valérie Theis a consacrée à son gouvernement. En Italie, Rome et les États pontificaux vivaient dans un état que Shahan disait quasi anarchique.
On ignore si Clément V a jamais vu dans Avignon autre chose qu’une étape. Ses séjours au Groseau et sa mort à Roquemaure, le 20 avril 1314, dessinent un pontificat itinérant. Rien de ce qu’on connaît de ses actes ne ressemble à une décision de s’installer, et la question ne se posait probablement pas pour lui en ces termes. Sa dépendance envers la France se mesure mieux. Lors de l’une de ses promotions, neuf des dix cardinaux qu’il crée sont français.
Jacques Duèse, évêque d’Avignon
Le choix de la ville revient à son successeur. Né à Cahors, Jacques Duèse a enseigné le droit à Toulouse et à Cahors. Il devient évêque de Fréjus en 1300, chancelier du roi de Naples Charles II en 1309, évêque d’Avignon en 1310, puis cardinal en décembre 1312. Après une vacance de deux ans et trois mois et demi, les cardinaux réunis à Lyon l’élisent le 7 août 1316. Couronné dans la même ville le 5 septembre sous le nom de Jean XXII, il part aussitôt pour Avignon et s’y fixe. L’ancien palais épiscopal, voisin de Notre-Dame des Doms, devient son palais, et les évêques reçoivent une nouvelle demeure, l’actuel Petit Palais, commencée en 1317. À Sorgues, il fait bâtir une vaste résidence, là où le pont sur l’Ouvèze commande l’accès à Avignon.
Mieux vaudrait faire commencer en 1316 la papauté d’Avignon, et non en 1309, parce que c’est seulement alors qu’un pape choisit la ville pour y gouverner. Joëlle Rollo-Koster date d’ailleurs de cette année-là l’installation permanente de la curie.
Le gouvernement change aussi d’échelle. En 1910, Johann Peter Kirsch jugeait hautement bureaucratique l’administration centralisée de Jean XXII. Il en énumérait les moyens, la réserve pendant trois ans des bénéfices mineurs pour en percevoir les annates, le droit de dépouille sur les biens des évêques défunts, les subsides demandés aux archevêques et à leurs suffragants. Les registres en gardent la trace. À partir de 1904, Guillaume Mollat a publié en seize volumes l’analyse des lettres communes du pontificat, d’après les registres dits d’Avignon et du Vatican. La base de données de Brepols qui reprend cette édition en compte 64 421. Pour les huit années de Benoît XII, son successeur, le total tombe à 9 536.
Le même pape, maître temporel du Comtat, en expulse les communautés juives au début des années 1320. Il abandonne ainsi la protection que garantissait depuis des siècles la doctrine pontificale. On a longtemps expliqué ce revirement par l’exemple du roi de France. En 2012, Valérie Theis a reconstitué à partir de comptes inédits la vente forcée de leurs biens, et rattache l’épisode à la construction d’un appareil d’État.
Autour de la cour, la ville se transforme. En 1996, Joëlle Rollo-Koster a étudié le Liber divisionis de 1371, un registre conservé au Vatican. Selon elle, Avignon comptait cinq à six mille habitants de souche avant l’arrivée de la curie, et environ trente mille dans les années 1370. Le registre distingue les cives, les citoyens nés dans la ville, des cortisiani, les gens de la cour au sens large. Tout immigrant nouvellement arrivé y est rangé d’office parmi ces derniers. Trente mille habitants, c’est une estimation, et une estimation faite d’après un registre de 1371, donc d’une ville que la curie avait quittée pour Rome quatre ans plus tôt avant d’y revenir, si bien que le chiffre ne dit pas à quel moment Avignon a été la plus peuplée.
Dix-huit ans de chantier pour Pierre Poisson
Élu en 1334, Jacques Fournier, devenu Benoît XII, fait abattre peu à peu le palais de son prédécesseur. Dès 1335, il commence ce qu’on nomme aujourd’hui le Palais vieux, au nord de l’ensemble actuel. Le maître d’œuvre Pierre Poisson y travaille dix-huit ans, selon la notice d’inscription au patrimoine mondial. La tour de Trouillas monte à quelque 52 mètres, ce qui la range parmi les plus hautes tours médiévales. Élu en 1342, Clément VI ajoute au sud le Palais neuf. Il le confie à Jean de Louvres, qui apporte sur le Rhône le gothique de l’Île-de-France. Au peintre viterbois Matteo Giovannetti, il confie le décor des chapelles Saint-Jean et Saint-Martial, et la direction des équipes françaises et italiennes à l’œuvre dans les autres salles. La chambre du Cerf, pièce de séjour du pape, ouvre sur la Grande Chapelle, et ses murs gardent les grandes scènes rustiques peintes par Giovannetti et son atelier. En 2004, Étienne Anheim a intitulé La Forge de Babylone la thèse qu’il a soutenue à l’École pratique des hautes études sous la direction de Jacques Verger. Il y part des textes du temps. Les uns voyaient dans les dépenses de Clément VI pour les peintres, les musiciens et les lettrés la marque d’une papauté avide de pouvoir temporel, les autres une forme de magnificence. Anheim décrit une culture placée sous le contrôle de la cour par des intermédiaires comme Giovannetti, et fait d’Avignon l’un des lieux où se préparent les pratiques artistiques de la Renaissance.
L’année 1348 donne la mesure du règne. Le 28 ou le 29 mai, Clément VI crée cardinal-diacre son neveu Pierre Roger de Beaufort, né vers 1330 au château de Maumont, en Limousin. Le 9 juin, Jeanne Iʳᵉ, reine de Naples et comtesse de Provence, lui vend Avignon pour 80 000 florins. Le prix figure dans la notice « Avignon » que Georges Goyau et Guillaume Mollat ont donnée à la Catholic Encyclopedia. L’acte se lit au folio 71 d’un recueil de copies formé en 1632 à partir des archives de la tour du Trésor de Provence, que la BnF conserve sous la cote Dupuy 161, et la notice du catalogue ne mentionne ni le prix ni les clauses. Entre 1349 et 1368, la ville se ferme derrière de nouveaux remparts.
« Già Roma, or Babilonia »
La Babylone la plus célèbre vient de Pétrarque. Le poète consacre à la curie d’Avignon trois sonnets du Canzoniere, numérotés 136 à 138 dans les éditions modernes, et le troisième s’ouvre sur une litanie : « Fontana di dolore, albergo d’ira, / scola d’errori et templo d’eresia, / già Roma, or Babilonia falsa et ria ». Source de douleur, demeure de colère, école d’erreurs et temple d’hérésie, autrefois Rome, aujourd’hui Babylone fausse et coupable. Pétrarque réunit aussi ses lettres de polémique contre la cour dans un recueil volontairement sans nom, le Liber sine nomine. Norman Zacour l’a traduit en anglais en 1973, et son éditeur canadien juge qu’il a pesé sur toutes les lectures postérieures. L’autre image, celle d’un pape à la solde du roi de France, vient de Villani et de sa scène de Saint-Jean-d’Angély. Deux Toscans du XIVᵉ siècle, qui faisaient du retour à Rome une cause, ont donc tracé les deux portraits, et l’on aurait tort de leur demander un état des lieux.
L’historiographie française du XXᵉ siècle a lu les mêmes années dans les registres. Guillaume Mollat, éditeur des lettres de Jean XXII, a donné avec Les Papes d’Avignon une synthèse dont la neuvième édition, revue et augmentée en 1949, atteint 597 pages. Elle a été traduite en anglais en 1963. En 1962, Bernard Guillemain a consacré plus de huit cents pages à la cour pontificale, étudiée comme une société, avant de mettre à jour en 1969 La Papauté à Avignon d’Yves Renouard dans la collection « Que sais-je ? ». Jean Favier y est revenu en 2006 dans un livre de 826 pages. Plus récemment, Joëlle Rollo-Koster conclut en 2015 que les papes d’Avignon ne furent ni plus vénaux ni moins dignes de leur charge que les autres. Ces livres décrivent une cour qui gouverne, juge, taxe et bâtit.
Les défenseurs de l’image ancienne gardent pourtant des arguments solides, presque tous tirés du premier pontificat. Clément V a laissé s’ouvrir le procès posthume de Boniface VIII avant de déclarer innocents, en avril 1311, le roi et ses partisans. Daniel Williman relevait que le livre de Sophia Menache, qui cherche à réhabiliter ce pape, laisse intactes deux vues anciennes, l’enrichissement de sa famille et sa coopération avec Philippe le Bel dans la destruction du Temple, dont il a tiré profit. L’expression elle-même résiste. En 2022, Joëlle Rollo-Koster, qui défend depuis 2015 la dignité des papes d’Avignon, emploie encore celle de captivité de Babylone pour désigner la période close en 1376.
Urbain V revient mourir sur le Rhône
Le retour suppose une Italie tenable. En 1353, Innocent VI nomme le cardinal Gil Álvarez Carrillo de Albornoz légat pour toute l’Italie et vicaire général des terres de l’Église. Appuyé sur des barons, des milices urbaines et des mercenaires, le légat reprend Viterbe et Orvieto à Jean de Vico. Il s’entend un temps avec Cola di Rienzo, ce tribun qui s’était rendu maître du Capitole le jour de la Pentecôte 1347 et que les Romains tuent en octobre 1354. Depuis 1349, Brigitte de Suède vit à Rome, où elle restera vingt-trois ans. Elle y presse les papes d’accomplir ce que lui dictent ses révélations, et meurt le 23 juillet 1373.
Guillaume Grimoard, devenu Urbain V, avait reçu à Avignon en 1365 l’empereur Charles IV, qui offrait de l’escorter jusqu’à Rome. Il quitte Avignon le 30 avril 1367 et entre dans Rome le 15 octobre suivant. Le séjour tourne court. La guerre a repris entre la France et l’Angleterre, de nouveaux troubles agitent Rome et les États pontificaux, et le pape regagne Avignon en septembre 1370 pour y mourir le 19 décembre.
Le neveu de Clément VI, Pierre Roger de Beaufort, est élu le 30 décembre 1370 malgré sa résistance et prend le nom de Grégoire XI. Il quitte Avignon le 13 septembre 1376. Le 17 janvier 1377, il rentre à Rome, cette fois pour y résider. Il meurt le 27 mars 1378, et le conclave qui suit ouvre le Grand Schisme. Au printemps 1376, Catherine de Sienne était venue à Avignon lui demander une croisade, la réforme de l’Église, la paix avec Florence et le retour de la cour à Rome. Karen Scott, en 1992, reconnaît à ses paroles une certaine influence, et relève que le pape a payé le voyage de retour de la Siennoise vers l’Italie. Dès 1899, Léon Mirot rapportait le retour à des causes générales, les événements, écrivait-il, « résultant de ces causes générales, l’y avaient conduit ». Il notait aussi que les mêmes causes l’avaient retardé jusqu’en 1374, ou mieux 1375.
Aucun document ne permet de mesurer la part de Catherine dans la décision du pape.
Viterbe avant Avignon
Le départ de 1309 n’était pas sans précédent. Dans un volume collectif de 2015 consacré à Avignon et à l’Italie, Agostino Paravicini Bagliani en fait son argument de fond. Au XIIIᵉ siècle, les papes ont passé au total plus de soixante ans hors de Rome, par séjours plus courts. Une formule résume leur logique, ubi papa, ibi Roma, Rome est là où se trouve le pape, et l’historien refuse en conséquence de penser la période en termes d’exil ou de captivité. Dans le compte rendu qu’il donne du volume en 2016, Blake Beattie lui objecte la durée elle-même. Sept décennies passées sur le Rhône ont produit à Avignon, selon lui, des transformations locales bien plus profondes que tout ce qu’avaient connu Viterbe, Orvieto ou Lyon au siècle précédent.
Pour aller plus loin
Le Grand Schisme d’Occident, ouvert par la double élection de 1378, ramène une lignée de papes à Avignon. Le procès des Templiers et le concile de Vienne éclairent les premières années de Clément V. Catherine de Sienne et Brigitte de Suède, enfin, méritent d’être lues pour elles-mêmes, comme deux voix de femmes dans la politique pontificale du XIVᵉ siècle.
On lit souvent que les papes du XIVᵉ siècle furent les prisonniers du roi de France. Pendant près de soixante-dix ans, ils ont bien vécu à Avignon, sur le Rhône, loin de Rome. Avec eux s’installait la curie, cette cour de cardinaux et de juristes qui gouvernait l’Église. Pourquoi sont-ils partis, et pourquoi sont-ils restés si longtemps ?
Un procès pour commencer
Le premier pape de cette série s’appelle Clément V. C’était un Gascon, ancien archevêque de Bordeaux. Élu en Italie, il refuse d’aller à Rome et se fait couronner à Lyon. Il passe ensuite d’une résidence à l’autre. À Avignon, il ne vit en tout qu’une vingtaine de semaines.
Il préfère un ancien monastère dont il a fait un petit palais. Il l’appelle le jardin de ses délices. Avignon, au contraire, lui paraît sans charme. Personne ne sait s’il a jamais pensé s’y fixer.
Le roi de France exige alors qu’on juge un pape défunt comme hérétique. Le pape accepte d’ouvrir ce procès à Avignon. La ville relève du comte de Provence, qui règne aussi sur Naples, et le roi n’y est donc pas chez lui. Les terres voisines appartiennent déjà à l’Église. Rome, elle, vit dans le désordre.
Une chronique de Florence raconte une autre histoire. Le futur pape y rencontre le roi en secret, dans une forêt, et lui promet de lourdes concessions pour obtenir la tiare. Au début du XXᵉ siècle, un historien jugeait déjà cette scène sans fondement. Il admettait seulement une entente discrète, car les cardinaux cherchaient à plaire au roi.
L’évêque qui ne repartit plus
Le pape suivant connaît bien la ville, dont il a été l’évêque. Une fois élu, il s’y installe aussitôt. L’ancienne demeure des évêques devient sa résidence. Avec lui, les papes s’enracinent vraiment à Avignon.
Sous son règne, le gouvernement de l’Église grossit. Le pape lève de nouvelles taxes sur les postes d’Église et sur les biens des évêques morts. Ses bureaux écrivent sans relâche. Une édition savante en compte plus de soixante-quatre mille pour ce seul règne.
La ville change alors de taille. Avant les papes, elle comptait quelques milliers d’habitants nés sur place. Un registre de l’époque permet d’estimer qu’elle en aurait ensuite réuni environ trente mille. Tout nouvel arrivant y est compté parmi les gens de la cour. Ce total reste une estimation.
Les papes suivants bâtissent un palais immense, flanqué d’une très haute tour. Des peintres venus d’Italie et de France en couvrent les murs. En 1348, le pape va plus loin et achète la ville elle-même. Il la paie 80 000 florins à la reine de Naples.
Une Babylone sur le Rhône
L’image de la prison vient surtout d’Italie. Le poète Pétrarque traite la cour d’Avignon de Babylone, une ville fausse et coupable, un temple d’hérésie. Un chroniqueur de Florence fait de son côté du premier pape un valet du roi. Tous deux voulaient voir les papes revenir à Rome.
Au XXᵉ siècle, des historiens français ont lu les registres de la cour. Ils y ont trouvé une administration qui gouverne, qui juge et qui bâtit. Une spécialiste récente estime que ces papes ne furent ni plus avides ni moins dignes que les autres.
Le vieux portrait garde pourtant une part de vérité pour le premier pape. Clément V a laissé juger son prédécesseur défunt, puis il a déclaré le roi innocent. Il a aidé à détruire l’ordre du Temple et en a tiré profit. Lors d’une nomination, presque tous les nouveaux cardinaux étaient français.
Deux voyages vers Rome
Un premier pape repart pour Rome, puis revient mourir à Avignon. La guerre entre la France et l’Angleterre et les troubles de Rome l’ont fait renoncer. Son successeur quitte à son tour les bords du Rhône. En janvier 1377, il entre dans Rome pour y rester.
Une sainte italienne, Catherine de Sienne, était venue le supplier de rentrer. Une historienne lui reconnaît une certaine influence, et note que le pape a payé son voyage de retour. Un historien plus ancien expliquait plutôt le départ par des causes générales. Faute de document, personne ne peut mesurer la part de Catherine.
Fallait-il seulement parler d’exil ? Agostino Paravicini Bagliani rappelle que les papes du siècle précédent avaient déjà vécu plus de soixante ans hors de Rome, par courts séjours. Pour lui, Rome se trouve là où réside le pape, et les mots d’exil ou de captivité ne conviennent pas. Blake Beattie lui répond par la durée, car un si long séjour a transformé Avignon bien plus que les villes visitées auparavant.
Au palais des Papes, la chambre du Cerf garde ses grandes peintures de scènes rustiques. Clément VI y vivait, à deux pas de sa grande chapelle.
La version complète raconte la légende de la forêt de Saint-Jean-d’Angély et l’acte de vente de 1348 conservé en copie à Paris, puis ouvre le registre de 1371 où chaque nouvel arrivant devient un homme de la cour.
Sources de cet article
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Sources primaires
- Vente d’Avignon par la reine Jeanne Iʳᵉ au pape Clément VI, Avignon, 9 juin 1348, copie au f. 71 du recueil « Titres, actes et mémoires concernans Avignon et le comté de Venisse », extraits de la tour du Trésor et des archives de Provence, formé en 1632, 192 f. Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Dupuy 161
- Jean XXII, Lettres communes analysées d’après les registres dits d’Avignon et du Vatican, éd. Guillaume Mollat, 16 vol., Paris, A. Fontemoing puis E. de Boccard, à partir de 1904, Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome (64 421 documents selon la base Ut per litteras apostolicas)
- Benoît XII, Lettres communes, éd. Jean-Marie Vidal, 3 vol., Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome (9 536 documents selon la base Ut per litteras apostolicas)
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Sources primaires (suite)
- Liber divisionis cortesianorum et civium Romane curie et civitatis Avenionensis, 1371 Archivio Apostolico Vaticano [cote À VÉRIFIER]
- Giovanni Villani, Nuova Cronica, chapitre de l’élection de Clément V et de l’entrevue de la forêt de Saint-Jean-d’Angély [livre et chapitre À VÉRIFIER, livre IX dans la numérotation de l’édition Porta]
- Pétrarque, Rerum vulgarium fragmenta (Canzoniere), 136-138, en particulier 138, v. 1-3 : « Fontana di dolore, albergo d’ira, / scola d’errori et templo d’eresia, / già Roma, or Babilonia falsa et ria »
- Pétrarque, Liber sine nomine, trad. Norman P. Zacour, Petrarch’s Book without a Name, Toronto, 1973, 128 p., Mediaeval Sources in Translation 11 Pontifical Institute of Mediaeval Studies
- Palais des Papes d’Avignon, Palais vieux de Benoît XII (à partir de 1335, maître d’œuvre Pierre Poisson, tour de Trouillas d’environ 52 m) et Palais neuf de Clément VI (Jean de Louvres) ; chapelles Saint-Jean et Saint-Martial, chambre du Cerf, peintures de Matteo Giovannetti et de son atelier Avignon, bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1995, n° 228
Bibliographie
- Guillaume Mollat, Les Papes d’Avignon (1305-1378), 9ᵉ éd. revue, remaniée et augmentée, Paris, 1949, 597 p. ; trad. Janet Love, The Popes at Avignon, 1305-1378, Londres, Nelson, 1963 Letouzey et Ané
- Bernard Guillemain, La cour pontificale d’Avignon (1309-1376). Étude d’une société, Paris, 1962, 807 p., Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome 201 E. de Boccard
- Yves Renouard, La Papauté à Avignon, 3ᵉ éd. mise à jour par Bernard Guillemain, Paris, 1969, 136 p., Que sais-je ? 630 Presses universitaires de France
- Jean Favier, Les papes d’Avignon, Paris, 2006, 826 p. Fayard
- Valérie Theis, Le gouvernement pontifical du Comtat Venaissin vers 1270-vers 1350, Rome, 2012, 822 p., Collection de l’École française de Rome 464 École française de Rome
- Valérie Theis, « Jean XXII et l’expulsion des juifs du Comtat Venaissin », Annales. Histoire, Sciences Sociales 67 (1), 2012, p. 41-77 ; trad. anglaise « John XXII and the Expulsion of Jews from the Comtat Venaissin », Annales. Histoire, Sciences Sociales, English Edition 67 (1), DOI 10,1017/S2398568200000571 Éditions de l’EHESS et Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S2398568200000571
- Étienne Anheim, La Forge de Babylone. Pouvoir pontifical et culture de cour sous le règne de Clément VI (1342-1352), thèse de doctorat sous la direction de Jacques Verger, Paris, 2004 École pratique des hautes études
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- Léon Mirot, La politique pontificale et le retour du Saint-Siège à Rome en 1376, Paris, 1899, 220 p., p. 7 et 17 E. Bouillon
Sources en ligne
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- « 99,03,14, Menache, Clement V », compte rendu de Daniel Williman, mars 1999 The Medieval Review, Indiana Universityhttps://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/14733
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- « AVIGNON », article de Lucien Tirone Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/avignon
- « La Forge de Babylone : pouvoir pontifical et culture de cour sous le règne de Clément VI », thèse d’Étienne Anheim theses.frhttps://www.theses.fr/2004EPHE4048
- « The Cardinals of the Holy Roman Church », notice de Pierre Roger de Beaufort (Grégoire XI), Salvador Miranda Florida International Universityhttps://cardinals.fiu.edu/bios1348.htm
- « Book Without a Name » Pontifical Institute of Mediaeval Studieshttps://pims.ca/publication/isbn-978-0-88844-260-4/
- « 2016 book reviews », compte rendu de Joëlle Rollo-Koster, Avignon and Its Papacy, par Nathan R. Kollar Catholic Books Reviewhttps://catholicbooksreview.org/2016/rollokoster.html
- « Introduction », Joëlle Rollo-Koster, The Great Western Schism, 1378-1417 Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/books/great-western-schism-13781417/introduction/55C72304ECEC24A0A17529C857101D14
- « ALBORNOZ GIL ÁLVAREZ CARRILLO DE (1310-1367) », article de Marcel Pacaut Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/albornoz-gil-alvarez-carrillo-de/
- « Cola Di Rienzi Proclaims Himself ‘Tribune’ Of Rome », Richard Cavendish History Todayhttps://www.historytoday.com/archive/cola-di-rienzi-proclaims-himself-%E2%80%98tribune-rome
- « BRIGITTE sainte, BIRGITTA PERSSON (1303 env.-1373) », article de Régis Boyer Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/brigitte-sainte-birgitta-persson/
- « URBAIN V, GUILLAUME DE GRIMOARD (1310-1370) pape (1362-1370) » Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-de-urbain-v/
- « St. Catherine of Siena, “Apostola” », Karen Scott Cambridge Core, Church Historyhttps://www.cambridge.org/core/product/identifier/S0009640700063034/type/journal_article
- « La politique pontificale et le retour du Saint-Siège à Rome en 1376 », Léon Mirot Theological Commons, Princeton Theological Seminaryhttps://commons.ptsem.edu/id/lapolitiqueponti00miro
- « Images and Words in Exile : Avignon and Italy during the First Half of the 14th Century », compte rendu de Blake R. Beattie, sehepunkte 16 (2016), n° 11 sehepunktehttps://sehepunkte.org/2016/11/28139.html





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