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Biographie
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Frédéric II de Hohenstaufen, empereur de la cour de Palerme

Moyen Âge27 octobre 202617 min de lecture
Arthur von Ramberg / Wikimedia Commons
17 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Romanorum imperator semper augustus, Ierusalem et Sicilie rex

Le nom sous lequel on le range dans les manuels, il ne l’a jamais porté. Hohenstaufen est une montagne de Souabe, près de Göppingen, et le château qui la couronnait ; l’historiographie moderne en a fait le nom d’une lignée, et aucun contemporain ne l’appelle ainsi. Ses actes disent Fridericus et, après 1225, Romanorum imperator semper augustus, Ierusalem et Sicilie rex. Qu’il ait failli s’appeler Constantin, seules des sources postérieures le rapportent ; le prénom attesté dès 1195 reprend ceux de ses deux grands-pères, Frédéric Barberousse et Roger II de Sicile, et c’est le premier qui l’emporte.

Il naît le 26 décembre 1194 à Jesi, dans les Marches, au moment où son père, l’empereur Henri VI, se fait couronner roi de Sicile à Palerme. La date et le lieu ne sont pas discutés, mais ils viennent de récits, aucun acte ne consignant alors une naissance. Sa mère, Constance de Hauteville, fille posthume de Roger II, a environ quarante ans. Veuve en septembre 1197, Constance fait couronner l’enfant roi de Sicile le 17 mai 1198 et meurt le 27 novembre suivant, après avoir confié par testament la tutelle au pape Innocent III. En novembre 1201, Markward d’Annweiler s’empare du garçon dans le Castellammare de Palerme, puis Guillaume Capparone le garde au palais jusqu’en 1206.

Déclaré majeur par le pape en 1208, marié l’année suivante à Constance d’Aragon, il commence à révoquer les concessions féodales de la régence. À l’automne 1211, des princes allemands réunis à Nuremberg l’élisent roi des Romains contre l’empereur guelfe Otton IV. Couronné à Mayence le 9 décembre 1212, puis à Aix-la-Chapelle le 25 juillet 1215, il y prend la croix. Le 22 novembre 1220, à Rome, Honorius III le couronne empereur. Rentré dans le royaume, il promulgue en décembre les assises de Capoue, qui font revenir à la couronne châteaux, ports et fiefs aliénés depuis 1189. En juin 1224, un diplôme fonde à Naples un studium chargé de former les juristes du royaume.

En 1225, il épouse Isabelle de Brienne, héritière du royaume de Jérusalem. Grégoire IX l’excommunie le 29 septembre 1227 à Anagni, parce qu’il tient pour un prétexte l’épidémie qui vient d’arrêter la croisade à Brindisi. Frédéric repart pourtant en juin 1228, débarque à Acre le 7 septembre et obtient du sultan al-Kamil, en février 1229, une trêve de dix ans qui rend Jérusalem, Bethléem et Nazareth aux chrétiens. Le 18 mars 1229, il porte la couronne dans l’église du Saint-Sépulcre. Revenu en juin, il chasse l’armée pontificale qui a envahi le royaume, fait la paix à San Germano en 1230 et publie à Melfi, à la fin de l’été 1231, un recueil de lois édité en 1996 par Wolfgang Stürner pour les Monumenta Germaniae Historica.

Viennent ensuite quinze années de guerre sur deux fronts. En juillet 1235, à Worms, il dépose son fils aîné Henri (VII), révolté, qui meurt en février 1242 pendant un transfert entre deux châteaux de Calabre. Il est excommunié de nouveau le 20 mars 1239, puis déposé par Innocent IV au concile de Lyon en juillet 1245. En février 1248, devant Parme, une sortie des assiégés détruit le camp impérial et livre aux vainqueurs le trésor, la couronne et le sceau. Son chancelier Pier della Vigna tombe en février 1249. Frappé d’une affection intestinale à Castel Fiorentino, en Pouilles, Frédéric dicte son testament le 7 décembre 1250 et meurt le 13 ; le corps est porté à Palerme et déposé dans un sarcophage de porphyre de la cathédrale.

Pour la Sicile de 1189 à 1243, la source narrative principale est la chronique de Richard de San Germano, notaire au pied du Mont-Cassin (Ryccardi de Sancto Germano notarii Chronica, éd. C. A. Garufi, Rerum Italicarum Scriptores², VII/2, Bologne, 1937-1938). Au loin, on lit surtout Matthieu Paris, moine de St Albans, qui referme l’année 1250 de sa Chronica majora (éd. H. R. Luard, Rolls Series 57, vol. V) en nommant le défunt stupor mundi, l’étonnement du monde. Aucun des deux ne dit ce que pensait l’homme. Ses lettres sont des textes de chancellerie, et ses lois parlent par la plume de juristes.

Il faut maintenant prendre ces témoins un à un, le notaire de San Germano, le moine anglais, le franciscain de Parme et la chancellerie dont le seul registre conservé a brûlé en 1943. Il faudra ensuite reprendre trois épisodes disputés, la cérémonie de Jérusalem en 1229, les lois de Melfi en 1231 et le transfert des musulmans de Sicile à Lucera, avant de suivre la fabrication de la figure, de l’encyclique de 1239 au livre de 1927 et à ses contradicteurs. La formule de « cour de Palerme » convient d’ailleurs au roi des années 1208-1212 ; après 1220, la cour itinérante de l’empereur réside surtout en Pouilles.

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