Environ 5 500 déposants entendus en quinze mois, en 1245 et 1246, dans le cloître de l’abbaye Saint-Sernin de Toulouse. En face, 636 personnes condamnées dans la même ville entre 1308 et 1323, sous le mandat de Bernard Gui. Ces deux chiffres, parmi les plus sûrs que l’on possède sur l’Inquisition médiévale, ne mesurent pas la même chose, le premier additionnant témoins et suspects, le second des justiciables frappés d’une peine. Entre les deux s’étendent soixante ans de procédure écrite, de notaires publics et de registres recopiés pour servir aux inquisiteurs suivants.
Un juge qui ouvre lui-même le procès
Au XIIᵉ siècle, un procès criminel suppose encore un accusateur, qui risque la peine du talion s’il échoue à prouver. Innocent III ouvre une autre voie dans la décrétale Qualiter et quando, datée du 20 juin 1206, puis dans le huitième canon du concile de Latran IV, en 1215. Le juge peut désormais se saisir lui-même dès qu’il constate la fama, la rumeur publique qui désigne un coupable. Julien Théry a montré que les papes du XIIIᵉ siècle ont d’abord employé cette procédure dans des centaines d’enquêtes contre des évêques et des abbés.
L’hérésie n’entre dans ce cadre qu’ensuite, et Henry Ansgar Kelly rappelle que le concile réservait encore aux suspects d’hérésie la purgation, un serment appuyé par des cojureurs garants de leur réputation. Au cours des années 1230, la papauté confie à des frères prêcheurs des commissions de juges délégués contre la « dépravation hérétique », l’évêque gardant la juridiction ordinaire de son diocèse. Jean-Louis Biget, qui a suivi leurs rapports en Languedoc de 1229 à 1329, conclut que la guerre des juridictions n’a pas eu lieu. En 1312, la décrétale Multorum querela interdit même à l’un d’emprisonner durement, de torturer ou de juger un suspect sans l’autre.
Le singulier s’est imposé en 1887 avec A History of the Inquisition of the Middle Ages, de l’historien de Philadelphie Henry Charles Lea, et Richard Kieckhefer l’a contesté en 1995. Le XIIIᵉ siècle connaît selon lui des inquisiteurs, pourvus chacun d’une commission personnelle, et l’office ne se détache que lentement de ses titulaires. L’argument vaut pour l’organisation, sans siège ni chef commun entre Toulouse, la Lombardie et l’Aragon. Il se heurte à la mémoire écrite, et c’est là que l’affaire se complique, car les juges toulousains recopient dès la fin des années 1250 les registres de leurs prédécesseurs pour s’en resservir.
Cinq mille déposants au cloître de Saint-Sernin
Du 1ᵉʳ mai 1245 au 1ᵉʳ août 1246, les dominicains Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre siègent dans le cloître de Saint-Sernin avec leurs assistants et leurs notaires. Les habitants de plus d’une centaine de villages du Lauragais, la plaine qui s’étend de Toulouse vers Carcassonne, y viennent au prix, parfois, de journées entières de route, et un seul village fournit jusqu’à quatre cents déposants, dont les aveux sont ensuite classés village par village. Chacun jure, puis répond à un questionnaire qui porte sur ses activités autant que sur sa foi, et qui revient sans cesse aux mêmes points, les « hérétiques » qu’il a vus, écoutés, hébergés ou salués selon leur rite, avec les dates et les noms des autres présents. Le notaire rédige en latin un résumé à la troisième personne, alors que l’échange se tenait très probablement en langue d’oc. Une des premières dépositions de l’édition numérique en donne la mesure. L’homme a déjà avoué à un inquisiteur antérieur, frère Ferrier ; il a cru que les hérétiques étaient de « bons hommes » et des « amis de Dieu » ; il les a entendus dire que Dieu n’avait pas fait les choses visibles, sans croire lui-même à cette erreur, et il a quitté sa croyance cinq ans plus tôt. Il abjure et prête serment. L’acte se ferme sur la liste de ceux qui l’ont vu jurer, le prieur de Saint-Sernin, un certain Arnaud Cerda, frère Guillaume Pelhisson, Bernard de Caux lui-même.
Les décomptes divergent, de 5 471 personnes chez Mark Gregory Pegg en 2001 à plus de 5 700 aveux ou dénégations dans la thèse de Jean-Paul Rehr, soutenue à Lyon en 2023. On préférera « environ 5 500 », la formule de son édition numérique, parce que chaque décompte traite à sa manière les comparutions répétées.
Le manuscrit a porté trois cotes successives et garde le numéro 609 depuis Auguste Molinier, en 1883.
L’original est perdu. Entre octobre 1258 et août 1263, deux inquisiteurs de la génération suivante en font faire une copie sur papier, dont une note du temps précise qu’elle reprend le cinquième livre de Bernard de Caux jusqu’au folio 168, puis le quatrième. Deux livres sur dix survivent ainsi, soit 260 folios, longtemps cités par fragments et jamais édités en entier avant le travail de Rehr. Plusieurs dépositions portent sur la nuit du 28 au 29 mai 1242, où les inquisiteurs Guillaume Arnaud et Étienne de Saint-Thibéry avaient été massacrés à Avignonet. Aucune des notes conservées ne dit pourquoi le choix s’est porté sur ces deux livres.
Croix simples, croix doubles
Le Livre des sentences de Bernard Gui, conservé à la British Library sous la cote Add MS 4697 et édité en 2002 par Annette Pales-Gobilliard, réunit sur 221 folios 940 décisions contre 636 personnes. Au cours de « sermons » solennels tenus pour la plupart dans la cathédrale, Gui les prononce avec d’autres juges, dont les inquisiteurs de Carcassonne et l’évêque de Toulouse. Les libérations et adoucissements de peine ouvrent la cérémonie et représentent environ 30 % des décisions, selon le décompte d’Emmanuel Bain. Environ 6 % des condamnations mènent au bûcher, surtout des relaps, qui avaient déjà abjuré avant de retomber. Les peines ordinaires sont la prison, le « mur » des textes, et des croix jaunes cousues sur la poitrine, ou aussi dans le dos pour les croix doubles.
Le registre ne se limite pas aux bons hommes, que Gui appelle simplement « hérétiques ». Il condamne aussi des vaudois et des béguins, laïcs dévots proches des franciscains spirituels. Une décision ordonne de brûler le Talmud, une autre consigne la réconciliation de toute la ville de Cordes avec l’Église. Entre 1312 et 1316, les sentences s’interrompent presque entièrement, et Biget rapporte ce silence aux incertitudes qui suivent Multorum querela.
« Citra membri diminutionem et mortis periculum »
Après l’assassinat de l’inquisiteur Pierre de Vérone, Innocent IV promulgue le 15 mai 1252 la bulle Ad extirpanda. Ses constitutions s’adressent aux autorités civiles de Lombardie, de Romagne et de la marche de Trévise, et leur clause 25 enjoint au podestat de contraindre les hérétiques arrêtés à avouer et à dénoncer leurs complices, comme on y contraint les voleurs, « sans mutilation d’un membre ni péril de mort ». Kelly rappelle que les canonistes admettaient la torture judiciaire bien avant cette date, et que la bulle n’est jamais entrée dans le droit commun de l’Église.
Vers 1324, Bernard Gui la cite dans sa Practica inquisitionis heretice pravitatis sans mentionner le bras séculier. Nicolas Eymerich l’imite en 1376 dans son Directorium inquisitorum.
Mesurer l’usage réel de la torture est une autre affaire. Lea observait déjà que les fragments de procédure conservés la mentionnent singulièrement peu, et supposait qu’on évitait de la consigner pour ne pas affaiblir la valeur des aveux. L’hypothèse est plausible et invérifiable. La plainte, elle, est attestée, puisque Multorum querela tire son nom des récriminations de « beaucoup » contre les prisons dures et les tourments. On sait donc que la torture a servi et qu’elle a choqué, sans pouvoir en compter les cas.
Le procès de Bernard Délicieux, en 1319, montre ce qu’un registre consigne quand il le veut. Ce franciscain de Carcassonne avait accusé les inquisiteurs dominicains d’arracher des aveux à de « vrais catholiques » par la violence de la torture, et déclaré leurs registres « fictifs, suspects et faux ». Devant une commission d’évêques où siège Jacques Fournier, il est mis à son tour à la question le 3 octobre, pour trahison, par un juriste réputé « pleinement expert ». Les deux notaires, tenus à distance, consignent les cris qu’ils entendent et le fait qu’il n’avoue rien, puis notent le lendemain qu’il répond sans aucun tremblement dans la voix. Une seconde séance, en novembre, sur la mort du pape Benoît XI et un livre de magie noire, se solde par les mêmes dénégations.
Les sorcières de Lamothe-Langon
L’image d’une Inquisition médiévale qui brûle des sorcières par fournées doit beaucoup à un seul homme. Étienne-Léon de Lamothe-Langon, auteur de romans noirs et de mémoires apocryphes, publie en 1829 une Histoire de l’Inquisition en France fondée, affirme-t-il, sur des archives toulousaines auxquelles il aurait eu seul accès, et y raconte pour le XIVᵉ siècle de grands procès de sorcellerie avec sabbat et pacte diabolique. Des recueils savants les reprennent comme authentiques. Au milieu des années 1970, Norman Cohn, dans Europe’s Inner Demons, et Richard Kieckhefer, dans European Witch Trials, établissent chacun de leur côté que ces archives n’ont jamais existé, que l’auteur ne savait pas lire les écritures de l’époque et que son récit accumule les anachronismes.
Démonter ce faux ne revient pas à tenir les inquisiteurs à l’écart de toute affaire de magie, et le camp adverse garde ici un argument solide. Le 22 août 1320, une lettre écrite au nom de Jean XXII par le cardinal Guillaume de Peyre Godin confie aux inquisiteurs de Toulouse et de Carcassonne, Jean de Beaune et Bernard Gui, la poursuite de la magie tenue pour un commerce avec les démons, et le pape multiplie dans la décennie suivante les directives dans le même sens, si bien que la magie cesse, selon Biget, d’être une illusion pour devenir une réalité qu’on poursuit, et que sa poursuite passe entre les mains de juges déjà rompus à la procédure contre les hérétiques. Kieckhefer a d’ailleurs recensé, entre 1300 et 1500, des procès de sorcellerie conduits par des inquisiteurs. Les grandes chasses aux sorcières appartiennent pourtant, pour l’essentiel, aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, bien après la période couverte par ces registres.
Entendre les suspects à travers leurs juges
Tout ce que l’on sait des bons hommes du Lauragais passe par la plume de notaires au service des juges. Emmanuel Bain l’a rappelé à propos de Bernard Gui, dont les aveux stéréotypés font connaître la vision que les inquisiteurs ont de l’hérésie plus que les croyances des hérétiques. Mark Gregory Pegg a poussé l’argument plus loin à partir du manuscrit 609. Avant l’arrivée des inquisiteurs, soutient-il, les habitants du Lauragais ne rangeaient guère leurs gestes et leurs croyances dans deux cases exclusives, et il n’existait pas d’« Église cathare », du moins sous la forme qu’imaginent d’ordinaire les historiens.
Une objection sérieuse vient de Peter Biller, qui a codirigé en 2011 l’édition des dépositions toulousaines de 1273-1282. Dans « Goodbye to Catharism ? », publié en 2016 dans le volume Cathars in Question, il reproche à Pegg d’avoir ignoré les travaux critiques allemands et restreint son champ de sources, et le même volume examine ce que croyaient vraiment les cathares, à travers des sources non catholiques. Si des textes étrangers aux tribunaux décrivent une même dissidence, les registres ne l’ont pas inventée. Pegg a répondu en 2017, dans la H-France Review, que Biller déformait ses thèses en lui prêtant l’idée d’une fraude montée de bout en bout par l’Église.
Le registre de Jacques Fournier, conservé à la Bibliothèque apostolique vaticane sous la cote Vat. lat. 4030, est le plus riche de tous selon René Weis, recenseur du même volume dans French History. Évêque de Pamiers et futur Benoît XII, Fournier conduit lui-même ses interrogatoires de 1318 à 1325, dans la collégialité entre évêque et inquisiteur dont Biget fait l’exemple type. Jean Duvernoy l’a édité en 1965, et Emmanuel Le Roy Ladurie en a tiré Montaillou, village occitan. Là encore, chaque parole passe par la question du juge, et la question décide de ce que le greffier retient.
À la Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse, une bande de parchemin reliée en tête du manuscrit 609 porte, d’une main du temps, l’étiquette que ses commanditaires ont donnée au volume. Elle annonce « deux volumes d’aveux » transcrits des livres de frère Bernard de Caux, pour le Lauragais et bien d’autres lieux du diocèse de Toulouse, par les frères Guillaume Bernard de Dax et Renaud de Chartres, inquisiteurs, qui l’avaient fait copier, selon toute vraisemblance, pour confronter de nouveaux suspects aux aveux prononcés une quinzaine d’années plus tôt par leurs parents et leurs voisins.
Pour aller plus loin
L’arrière-plan immédiat : Le bûcher de Montségur, 16 mars 1244. Sur les croyances jugées, Que croyaient vraiment les cathares ? et l’enquête Les cathares croyaient-ils vraiment ce qu’on leur reproche ?. Pour le dossier moderne des chasses : Malleus Maleficarum.
On imagine souvent l’Inquisition du Moyen Âge comme un seul grand tribunal, qui torturait sans compter et brûlait des sorcières en masse. Les archives les plus riches viennent pourtant d’une région précise, le pays de Toulouse, au XIIIᵉ siècle et au début du suivant. Les juges y étaient des frères envoyés par le pape contre des chrétiens jugés hérétiques. Leurs registres permettent de mettre cette image à l’épreuve.
Une façon nouvelle de juger
Jusque-là, un procès commençait quand quelqu’un accusait. Cet accusateur risquait lui-même une peine s’il ne prouvait rien. Le pape Innocent III change la règle. Un juge peut désormais ouvrir seul une affaire, dès que la rumeur désigne un coupable. Cette façon d’enquêter porte un nom latin qui veut dire enquête, l’inquisition.
Les papes s’en servent d’abord contre des évêques et des abbés, dans des centaines d’enquêtes. La chasse aux hérétiques ne vient qu’ensuite. La papauté la confie alors à des frères dominicains, chacun muni de sa propre lettre de mission. Personne ne dirige l’ensemble depuis un siège central.
Des milliers d’aveux dans un cloître
Au printemps 1245, deux frères dominicains s’installent dans le cloître d’une grande abbaye de Toulouse. Pendant plus d’une année, les habitants de la plaine voisine viennent y répondre, parfois après des journées de marche. Environ 5 500 personnes défilent ainsi devant eux. Leurs réponses sont ensuite rangées village par village.
Chacun jure de dire la vérité, puis répond à des questions toujours semblables. Qui a-t-il vu, écouté, logé ou salué parmi ceux que l’Église traite d’hérétiques ? Un greffier résume la réponse en latin, alors que l’on parlait probablement la langue du pays. Les mots exacts de celui qui parle ne nous parviennent donc jamais.
Un homme raconte ainsi avoir pris ces prédicateurs pour de bons hommes, amis de Dieu. D’après eux, le monde visible ne venait pas de Dieu. Lui assure n’avoir jamais cru à cette idée. Il renonce à ses croyances et jure devant plusieurs témoins.
Le registre d’origine a disparu. Une génération plus tard, d’autres juges en font faire une copie sur papier, toujours gardée à Toulouse. Cette copie ne reprend qu’une petite partie de l’ensemble. Personne ne sait pourquoi ces passages-là ont été choisis.
Des croix jaunes sur les habits
Soixante ans après la grande enquête, un autre juge de Toulouse, Bernard Gui, laisse le recueil de ses sentences. On y compte 636 condamnés. Les jugements sont lus en public, le plus souvent dans la cathédrale. La cérémonie s’ouvre sur des remises de peine.
La plupart des peines sont la prison ou des croix jaunes cousues sur les vêtements. Certains doivent les porter sur la poitrine et dans le dos. Le bûcher reste rare, autour de 6 % des condamnations. Il frappe surtout ceux qui avaient déjà renoncé à leurs idées avant d’y revenir.
Les grands procès de sorcières de Toulouse, eux, ont été inventés. Un romancier les publie en 1829, en disant avoir lu des archives que lui seul aurait vues. Bien plus tard, des historiens ont montré que ces archives n’existaient pas. Le pape a quand même chargé les juges de Toulouse de poursuivre la magie, qu’on tenait pour un commerce avec les démons. Les grandes chasses aux sorcières viennent bien après.
La torture, elle, a existé. En 1252, un texte du pape demande aux villes d’Italie du Nord d’arracher des aveux par la force, sans mutiler ni tuer. Les registres en parlent pourtant très peu. Personne ne peut dire combien de fois on s’en est servi.
Un procès montre ce que les greffiers acceptent d’écrire. Un frère franciscain, Bernard Délicieux, avait accusé ces juges d’obtenir des aveux par la violence. Jugé à son tour pour trahison, il est torturé. Les greffiers, tenus à l’écart, notent seulement ses cris et le fait qu’il n’avoue rien.
Une parole passée par la plume des juges
Tout ce que l’on sait de ces suspects vient donc des greffiers. Leurs aveux se ressemblent beaucoup et reflètent la façon dont les juges voyaient l’hérésie. Les livres appellent le plus souvent ces dissidents cathares. Pour l’historien Mark Pegg, les villageois ne rangeaient pas leurs croyances dans deux camps bien séparés. L’Église cathare n’aurait pas existé sous la forme qu’on lui prête d’habitude.
Peter Biller, qui a participé à l’édition d’autres registres de Toulouse, lui répond. Selon lui, des textes écrits hors des tribunaux décrivent le même mouvement, que les juges n’ont donc pas inventé. Pegg réplique que Biller déforme ses idées. Aucun des deux n’a convaincu l’autre.
À Toulouse, la copie sur papier dont Pegg est parti garde ses 260 feuillets, et chaque voix de village y a d’abord traversé la plume d’un greffier.
L’article classique donne aussi la note de parchemin qui nomme les deux copistes du registre de 1245, et le registre de l’évêque Jacques Fournier, d’où est sorti le livre Montaillou.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Registre de l’Inquisition toulousaine, dépositions recueillies par Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre du 1ᵉʳ mai 1245 au 1ᵉʳ août 1246 dans le cloître de Saint-Sernin, copie sur papier exécutée entre 1258 et 1263 (livre V jusqu’au f. 168, puis livre IV), 260 folios, bande de parchemin en tête nommant Guillaume Bernard de Dax et Renaud de Chartres ; déposition MS609-0001 (aveu antérieur devant frère Ferrier, abjuration, témoins) Toulouse, Bibliothèque municipale, Bibliothèque d’étude et du patrimoine, ms. 609
- Livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui, Toulouse, 1308-1323, 221 folios, 940 décisions contre 636 personnes British Library, Add MS 4697
- Registre d’inquisition de Jacques Fournier, évêque de Pamiers, 1318-1325 Bibliothèque apostolique vaticane, Vat. lat. 4030
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Sources primaires (suite)
- Innocent III, décrétale Qualiter et quando, 20 juin 1206, reprise au canon 8 du IVᵉ concile du Latran (1215) Liber Extra, X 5,1.24
- Innocent IV, bulle Ad extirpanda, 15 mai 1252, clause 25 Giovanni Domenico Mansi, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, t. 23, col. 569-575 (clause 25 à la col. 573)
- Clément V, décrétale Multorum querela, concile de Vienne, 1312 Clémentines, Clem. 5,3.1
- Procès de Bernard Délicieux, 3 septembre-8 décembre 1319 (séance de torture du 3 octobre), Processus Bernardi Delitiosi, éd. Alan Friedlander, Philadelphie, 1996 ; trad. Jean Duvernoy, Toulouse, 2001 ; sentence éditée dans Julien Théry (éd.), 2018, p. 221-242 éditions Friedlander et Duvernoy
- Bernard Gui, Practica inquisitionis heretice pravitatis, achevée vers 1324, citation de la bulle Ad extirpanda éd. Célestin Douais, Paris, 1886
- Nicolas Eymerich, Directorium inquisitorum, 1376, reprise de la bulle Ad extirpanda éd. Francisco Peña, Rome, 1578
- Lettre du cardinal Guillaume de Peyre Godin au nom de Jean XXII aux inquisiteurs de Toulouse et de Carcassonne, Jean de Beaune et Bernard Gui, 22 août 1320, sur la poursuite de la magie citée par Jean-Louis Biget, Le Moyen Âge 111 (3), 2005, n. 41
- Étienne-Léon de Lamothe-Langon, Histoire de l’Inquisition en France, Paris, 1829 récits de procès de sorcellerie toulousains du XIVᵉ siècle, reconnus comme faux
Bibliographie
- Julien Théry, « Fama : l’opinion publique comme preuve judiciaire. Aperçu sur la révolution médiévale de l’inquisitoire (XIIᵉ-XIVᵉ siècle) », dans Bruno Lemesle (dir.), La preuve en justice de l’Antiquité à nos jours, Rennes, 2003, p. 119-147 Presses universitaires de Rennes
- Jean-Louis Biget, « L’Inquisition du Languedoc, entre évêques et Mendiants (1229-1329) », dans Les Justices d’Église dans le Midi (XIᵉ-XVᵉ siècle), Cahiers de Fanjeaux 42, Toulouse, 2007, p. 121-163 Éditions Privat
- Jean-Louis Biget, « Le Livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui. À propos d’une édition récente », Le Moyen Âge 111 (3), 2005, p. 605-620, DOI 10,3917/rma.113,0605 De Boeck Supérieurhttps://doi.org/10.3917/rma.113.0605
- Annette Pales-Gobilliard (éd. et trad.), Le Livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui, 1308-1323, Paris, 2002, 2 vol., 1 801 p., Sources d’histoire médiévale 30 CNRS Éditions
- Julien Théry (éd.), Le livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui, Paris, 2010, rééd. 2018, « Lire le Moyen Âge » CNRS Éditions et IRHT
- Jean Duvernoy (éd.), Le Registre d’inquisition de Jacques Fournier, évêque de Pamiers (1318-1325), Toulouse, 1965, Bibliothèque méridionale, 2ᵉ série, 41 Privat
- Emmanuel Le Roy Ladurie, Montaillou, village occitan de 1294 à 1324, Paris, 1975, Bibliothèque des histoires Gallimard
- Jean-Paul Rehr, « Le catharisme et le manuscrit 609 de la Bibliothèque municipale de Toulouse », Cahiers de Fanjeaux 55, 2020 Centre d’études historiques de Fanjeaux
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- Richard Kieckhefer, European Witch Trials : Their Foundations in Popular and Learned Culture, 1300-1500, Berkeley, 1976 University of California Press
- Norman Cohn, Europe’s Inner Demons : An Enquiry Inspired by the Great Witch-Hunt, Londres, 1975, 302 p. Sussex University Press et Heinemann
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- Mark Gregory Pegg, The Corruption of Angels : The Great Inquisition of 1245-1246, Princeton, 2001, DOI 10,1515/9781400824755 Princeton University Presshttps://doi.org/10.1515/9781400824755
- Peter Biller, « Goodbye to Catharism ? », dans Antonio Sennis (dir.), Cathars in Question, York, 2016, p. 274-313 York Medieval Press
- Peter Biller, Caterina Bruschi et Shelagh Sneddon (éd.), Inquisitors and Heretics in Thirteenth-Century Languedoc : Edition and Translation of Toulouse Inquisition Depositions, 1273-1282, Leyde, 2011 Brill
- Edward M. Peters, « Inquisition », dans Henrik Lagerlund (dir.), Encyclopedia of Medieval Philosophy, Dordrecht, 2011, DOI 10,1007/978-1-4020-9729-4_241 Springerhttps://doi.org/10.1007/978-1-4020-9729-4_241
Sources en ligne
- « Le Livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui (1308-1323) » IRHT-CNRShttps://www.irht.cnrs.fr/fr/publications/collections/sources-dhistoire-medievale/le-livre-des-sentences-de-linquisiteur-bernard
- « Le livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui », comptes rendus de Laurent Guitton (2018) et d’Emmanuel Bain (2010) La Cliothèque, Clionauteshttps://clio-cr.clionautes.org/le-livre-des-sentences-de-linquisiteur-bernard-gui-2.html
- « Toulouse. Bibliothèque municipale, Ms. 609 » Biblissima, IIIF Collections of Manuscripts and Rare Bookshttps://iiif.biblissima.fr/collections/manifest/d3cb4bdc00f65f3cd9cec0691518db7433d2fa49
- « Ms. 609. Registre de l’inquisition toulousaine contenant les dépositions recueillies par Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre en 1245, 1246 et de façon très partielle en 1247 » Catalogue collectif de France, BnFhttps://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark:/16871/004D07A12268
- « Toulouse, Bibliothèque municipale, ms. 609 », notice codicologique et historique des cotes (catalogue d’Auguste Molinier, 1883) de Heresi, Huma-Numhttps://medieval-inquisition.huma-num.fr/bmtoulouse-ms609?msgroup=de_lantario
- « de Heresi | Home », édition numérique des dépositions du ms. 609 de Heresi, Huma-Numhttps://medieval-inquisition.huma-num.fr/
- « Heresy, Politics, and Inquisition in the County of Toulouse : Edition and Study of Bibliothèque municipale de Toulouse, ms. 609 : The Register of the “Great Inquisition” at Toulouse, 1245-46 », thèse de Jean-Paul Rehr, université Lyon 2, 2023 Theses.frhttps://theses.fr/2023LYO20098
- « 02,06,15, Pegg, The Corruption of Angels » The Medieval Review, Indiana Universityhttps://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/15229
- « Un registre d’Inquisition revisité », recension de Jacques Paul, Les croyants des hérétiques, 2019 Annales du Midi, Perséehttps://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_2019_num_131_307_9009_t13_0533_0000_3
- « H-France Review Volume 17 (2017) », réponse de Mark Gregory Pegg à Cathars in Question H-Francehttps://www.h-france.net/vol17reviews/vol17no174Pegg.pdf
- « Cathars in Question », recension de René Weis French History 31 (2), Oxford Academichttps://academic.oup.com/fh/article/31/2/244/3746934
- « Étienne-Léon de Lamothe-Langon : destiny of a literary forger » Cahiers ERTA, ejournals.euhttps://ejournals.eu/en/journal/cahiers-erta/article/etienne-leon-de-lamothe-langon-destin-dun-faussaire-par-vocation










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