L’évêque d’Acre perd ses clercs, et il ne s’en cache pas. Dans une longue lettre écrite au camp croisé de Damiette en février ou mars 1220, Jacques de Vitry fait le compte des départs. Colin l’Anglais, son clerc, a rejoint les frères mineurs, suivi de maître Michel et du seigneur Matthieu, à qui il avait confié l’église Sainte-Croix, et l’évêque avoue qu’il a du mal à retenir le chantre et un certain Henri. L’ordre lui semble très dangereux, parce qu’il envoie deux par deux à travers le monde des jeunes gens qu’aucune discipline conventuelle n’a encore éprouvés. Entre deux doléances, il consacre quelques lignes au fondateur, François d’Assise, venu au camp puis passé chez l’ennemi pour y prêcher.
Deux phrases dans une lettre de Damiette
Depuis 1218, l’armée de la cinquième croisade assiège ce port du delta du Nil, qui tombe en novembre 1219. En face, le sultan ayyoubide al-Malik al-Kâmil, neveu de Saladin, vient de succéder à son père al-Âdil, mort en 1218. François rejoint l’armée chrétienne au cours de 1219, et John Tolan place sa visite au sultan en septembre, alors que le siège s’éternise.
L’évêque résume l’affaire en deux phrases latines. Selon lui, le maître de ces frères n’a pas craint de passer dans l’armée adverse, a prêché la parole de Dieu aux Sarrasins pendant quelques jours et modicum profecit, il a peu avancé. Le sultan lui a demandé en secret de prier afin d’être inspiré d’adhérer à la religion qui plairait le plus à Dieu. Une lettre de croisé n’a aucune raison de flatter le fondateur d’un ordre qui débauche le personnel de l’évêché, et c’est ce qui donne du poids à ces lignes, écrites quelques mois après les faits par un homme du camp. Jean Donnadieu a relevé que l’évêque retire ce passage de la copie qu’il adresse au pape Honorius III.
Dans son Historia occidentalis, rédigée dans les années suivantes, il développe la scène au chapitre 32. François, arrêté en route, lance à ses gardes Ego christianus sum. Ducite me ad dominum vestrum, je suis chrétien, conduisez-moi à votre maître. La « bête cruelle », c’est ainsi que l’évêque désigne le sultan, s’adoucit devant l’homme de Dieu, l’écoute plusieurs jours et le fait reconduire au camp latin avec respect, de peur que certains de ses soldats ne se convertissent. Son dernier mot est une prière, que Dieu daigne lui révéler la loi et la foi qui lui plaisent davantage. Une observation de terrain clôt le passage. Les Sarrasins, écrit l’évêque, écoutent volontiers les frères mineurs tant qu’ils prêchent le Christ, mais ils les fouettent et les chassent de leurs villes dès qu’ils traitent Mahomet de menteur.
Les qâdîs voulaient des têtes
Une chronique en ancien français qui circule au début des années 1230, la chronique dite d’Ernoul, raconte au chapitre 37 l’histoire de deux clercs qui veulent prêcher au sultan, sans nommer François. Le légat Pélage refuse d’abord de les y autoriser, puis les laisse partir à leurs risques ; capturés, ils déclarent au sultan qu’ils viennent pour son âme. Le sultan convoque ses qâdîs, les juges de la loi religieuse, qui exigent qu’on leur coupe la tête, puis il les congédie, offre aux deux clercs des présents qu’ils refusent, les fait manger et les fait escorter jusqu’au camp chrétien. Thomas de Celano, qui écrit sa première Vie de François en 1228-1229 sur commande du pape Grégoire IX, mentionne au livre I, chapitre 57, des coups reçus en chemin, un accueil honorable et des cadeaux refusés, et constate que le désir de martyre du saint n’a pas été exaucé. Avec Bonaventure, dont la Legenda maior est approuvée en 1263, la scène prend feu au sens propre. Au livre IX, François propose au sultan de traverser un brasier avec ses prêtres pour montrer quelle foi est la plus sûre, un prêtre âgé s’éclipse aussitôt, et le saint offre d’entrer seul dans les flammes si le sultan promet de se convertir. Comme le relève Jason Welle, les récits chrétiens les plus anciens ignorent cette épreuve, et le quatrième concile du Latran venait d’interdire les ordalies.
On ignore la langue de l’échange et le nom d’un éventuel interprète. On ignore la durée exacte du séjour, que Jacques de Vitry évalue à quelques jours, et le contenu des discours, puisque chaque récit chrétien prête à François les mots dont son auteur avait l’usage, et plus l’auteur écrit loin de Damiette, dans l’espace et dans le temps, plus la scène s’allonge. Du côté musulman, aucune des chroniques arabes qui racontent la lutte pour Damiette ne mentionne la visite.
Un pilier au Caire, et rien dessus
Une source arabe circule pourtant depuis plus de soixante-dix ans dans la littérature franciscaine.
Le 30 décembre 1951, l’orientaliste Louis Massignon visite au Caire, dans le cimetière de la Qarâfa al-Sughrâ, la tombe du soufi Fakhr al-Dîn al-Fârisî. Un guide de pèlerinage rédigé par Ibn al-Zayyât, mort en 1412, y rattache une affaire bien connue, qissa mashhûra, entre ce cheikh et al-Malik al-Kâmil à propos d’un moine. En 1957, dans le Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale, Massignon écrit avoir démontré que ce moine est François à Damiette, et que le vieillard placé auprès du sultan par les récits franciscains est al-Fârisî, guide spirituel du souverain. L’homme avait quatre-vingt-cinq ans en 1217, d’après un biographe qui l’avait interrogé, et il meurt en décembre 1225 (dhû l-hijja 622 de l’hégire).
L’erreur décisive vient d’un élève. En 1953, dans les Studi Francescani, Martiniano Roncaglia rapporte l’hypothèse de son maître et écrit que la mention du moine figure sur la tombe. Massignon ne l’avait jamais dit et n’a rien corrigé. La phrase est passée de livre en livre jusqu’à ce que Jason Welle, dans une étude parue en 2019, retourne lire le pilier funéraire, toujours debout. Son inscription en prose rimée aligne des titres d’honneur et des versets coraniques d’usage, sans le moindre moine. Welle ajoute que l’expression arabe signifie souvent « ce qui s’est passé », que la présence d’un homme de près de quatre-vingt-dix ans dans le delta en 1219 est improbable, et que le long règne d’al-Kâmil offre d’autres moines, coptes notamment, comme candidats plus vraisemblables. André Vauchez rapportait l’hypothèse sans la juger ; John Tolan, qui a retracé huit siècles d’interprétations de la rencontre, doutait déjà qu’il faille reconnaître François dans ce moine anonyme. Nous tenons la démonstration de Welle pour la plus économique, parce qu’elle s’en tient à ce que portent la pierre et les manuscrits et n’exige le voyage de personne.
« Ne faire ni procès ni disputes »
Le camp qui voit dans la visite une mission de paix dispose d’un argument textuel. Paul Moses a donné en 2009 à son livre un sous-titre qui parle de mission de paix, et cette lecture trouve son meilleur appui dans les écrits du saint. La première règle des frères, rédigée en 1221 et jamais approuvée par le pape, consacre son chapitre 16 à ceux qui partent chez les Sarrasins et autres infidèles. Elle prévoit deux manières de vivre parmi eux. Dans la première, les frères ne font ni procès ni disputes, se soumettent à toute créature humaine à cause de Dieu et confessent simplement qu’ils sont chrétiens ; dans la seconde, réservée au cas où ils voient que Dieu le veut, ils annoncent la Parole. Pour Jason Welle, c’est une présence parmi les musulmans que les contemporains de François concevaient rarement, et les historiens sérieux s’accordent sur l’effet profond du voyage d’Égypte sur la pensée du fondateur.
Les autres témoins vont dans le même sens sur un point précis. Jacques de Vitry, qui jugeait l’ordre dangereux, reconnaît que les Sarrasins écoutent les frères tant qu’ils n’insultent pas Mahomet, et la chronique d’Ernoul montre un sultan qui écarte l’avis de ses propres juges. Le camp de la paix ne peut pas, en revanche, faire de François un négociateur. Toutes les sources du XIIIᵉ siècle disent qu’il est allé convertir le sultan, aucune ne le montre parlant au nom des croisés, et le chapitre 16 lui-même garde la seconde manière, celle de l’annonce.
Patronus oecologiae cultorum
Le François écologiste a un acte de naissance. Le 26 décembre 1966, Lynn White Jr., historien des techniques médiévales, prononce une conférence publiée le 10 mars 1967 dans Science sous le titre « The Historical Roots of Our Ecologic Crisis ». Il y fait du christianisme latin, et de son anthropocentrisme, la racine de la crise écologique. Contre ce monde médiéval il dresse François, le saint qui, dit la légende, parla au loup, et il le propose comme patron des écologistes.
Douze ans plus tard, Rome officialise le patronage sans citer White. La lettre apostolique Inter sanctos, datée du 29 novembre 1979, répond à une demande du cardinal Silvio Oddi, présentée au nom d’une association au nom anglais, Planning environmental and ecological Institute for quality life, et proclame François patron céleste de ceux qui cultivent l’écologie, oecologiae cultorum. Pour justifier ce choix, le texte invoque le Cantique des créatures, frère soleil, sœur lune et les étoiles du ciel, et ne dit pas un mot des oiseaux. Curieusement, la page du Saint-Siège qui le publie porte dans son titre la date du 29 décembre, alors que la formule finale, die undetricesimo mensis Novembris, donne bien novembre.
Le patronage de 1979 ne sort pas de rien, puisque Celano consacre déjà les paragraphes 58 à 61 de sa première Vie à la docilité des créatures. Le glissement tient au cadre. White cherchait un adversaire de la domination humaine sur la nature ; les textes du XIIIᵉ siècle racontent un prédicateur pour qui chaque créature doit louer son Créateur, et la route de Bevagna montre lequel des deux portraits les sources autorisent.
Sur la route de Bevagna
Le récit de Thomas de Celano, au livre I, paragraphe 58, est bref et précis. François approche de Bevagna, en Ombrie, quand il voit une multitude d’oiseaux, que Damien Vorreux traduit par des ramiers, des corneilles et des freux. Il laisse ses compagnons sur la route, court vers eux, les salue et s’étonne qu’ils ne s’envolent pas. Il les exhorte à louer leur Créateur, qui leur a donné des plumes pour se vêtir, des ailes pour voler et la pureté de l’air pour demeure, alors qu’ils ne sèment ni ne moissonnent, et les oiseaux tendent le cou, ouvrent les ailes et le bec. Il les bénit d’un signe de croix, les laisse partir, puis se reproche sa négligence, pour n’avoir pas prêché plus tôt aux oiseaux.
La scène est de la prédication, et ses premiers lecteurs l’ont lue ainsi. Bonaventure la place au chapitre XII de la Legenda maior, consacré à l’efficacité de la parole du saint, et non au chapitre VIII, celui de sa tendresse envers les créatures privées de raison. Jacques Dalarun a identifié et publié en 2015 la Vie abrégée que Celano compose sur ordre du ministre général Élie, entre 1232 et 1239, plus probablement à la fin de cette période selon une datation discutée, et il l’a traduite en français la même année. L’épisode de Bevagna y ouvre un chapitre, et Sylvain Piron a remarqué que l’auteur y efface la liste des espèces. Les oiseaux de Bevagna deviennent des oiseaux tout court.
Dans le premier quart du XIVᵉ siècle selon la notice du Louvre, Giotto peint pour l’église San Francesco de Pise un retable de peuplier à fond d’or, 3,13 mètres sur 1,63, signé sur le cadre Opus Iocti florentini. Sous la stigmatisation du panneau principal, la prédelle aligne le songe d’Innocent III, l’approbation de la règle et le prêche aux oiseaux, trois scènes sur la légitimité de l’ordre et sa prédication, où les oiseaux tiennent lieu d’auditoire. Prélevé en octobre 1812 lors des saisies napoléoniennes, le retable entre au Louvre en 1813, sous le numéro INV 309. Ses armoiries ont été rapportées tantôt aux Ughi, Florentins exilés à Pise, tantôt aux Cinquini, marchands pisans, et la notice du Louvre enregistre les deux identifications sans trancher.
En décembre 2014, la Bibliothèque nationale de France a acquis un carnet sans reliure de 12 centimètres sur 8, fait de 122 feuillets d’un parchemin de chèvre médiocre, couverts par plusieurs copistes d’une écriture minuscule. Il a été copié dans les années 1230, probablement dans un couvent proche d’Assise et pour l’usage d’un frère. La Vie abrégée n’en occupe que la huitième partie, le reste alignant des extraits des Pères de l’Église et des livres bibliques, une bibliothèque ambulante, selon la BnF, pour une communauté pauvre et itinérante. Sur ces feuillets, les oiseaux de Bevagna voyagent sans leurs noms d’espèces. Le carnet est conservé au département des Manuscrits de la BnF sous la cote NAL 3245, et ses feuillets se consultent sur Gallica depuis février 2019.
Pour aller plus loin
La cinquième croisade, du siège de Damiette en 1218 à la défaite de 1221, forme le cadre militaire de la rencontre et mérite un article à part entière. Le quatrième concile du Latran, réuni en 1215, éclaire la scène du brasier racontée par Bonaventure, puisqu’il venait d’interdire les ordalies. La figure de Claire d’Assise prolonge l’histoire de la première communauté franciscaine.
On raconte volontiers que François d’Assise parlait aux oiseaux et qu’il est allé faire la paix avec un sultan. Cet Italien a fondé au début du XIIIᵉ siècle une communauté de religieux pauvres et prêcheurs, les frères mineurs. Les deux histoires ont un fond réel. Presque tout ce qu’on en lit a pourtant été écrit après sa mort, par des auteurs qui voulaient prouver qu’il était un saint.
Un évêque au bord du Nil
En 1219, une armée de croisés assiège une ville d’Égypte, sur le Nil. François rejoint leur camp, traverse les lignes et va prêcher chez l’ennemi. Un évêque présent sur place raconte l’affaire à ses amis quelques mois plus tard. Selon lui, le saint a parlé plusieurs jours devant les musulmans sans obtenir grand-chose.
Le sultan, lui, a bien reçu le visiteur. Il l’a prié, sans témoins, d’intercéder pour lui afin que Dieu lui montre la religion qui lui plaît le plus. Puis il l’a fait raccompagner sain et sauf. Cet évêque trouvait le nouvel ordre dangereux, car ses propres clercs le quittaient pour le rejoindre. Son récit n’a donc rien d’un éloge, et cela lui donne du prix.
Cette visite nourrit un vieux désaccord. Certains spécialistes y voient une mission de paix. Leur meilleur argument est la règle que François écrit pour ses frères en 1221. Elle demande aux frères qui vivent chez les musulmans d’éviter les disputes et de dire simplement qu’ils sont chrétiens. Tous les récits de l’époque disent pourtant qu’il venait convertir le sultan, et aucun ne le montre en train de négocier.
Une scène qui enfle
Les biographes du saint ont repris l’épisode, et chacun l’a enrichi. Une chronique écrite une dizaine d’années après fait entrer en scène les juges du sultan. Ces juges réclament la mort des deux visiteurs, et le sultan refuse de les suivre. Le premier biographe officiel ajoute des coups reçus en route et des cadeaux refusés.
Une quarantaine d’années après la visite, un autre biographe va beaucoup plus loin. Il montre François proposant de traverser un grand feu avec les religieux du sultan. Un vieux religieux s’éclipse aussitôt. Les premiers témoins ne disent rien de cette épreuve. Or l’Église venait justement d’interdire ce genre de défi.
On ne sait pas dans quelle langue les deux hommes se sont parlé. On ignore aussi combien de temps la visite a duré et ce qui s’est vraiment dit. Du côté musulman, aucune chronique de cette guerre ne mentionne même la rencontre.
La pierre du Caire
Pendant des décennies, on a cru tenir une trace musulmane de la visite. Le grand spécialiste de l’Orient Louis Massignon avait repéré un vieux guide écrit pour les pèlerins. Ce livre évoque une affaire célèbre entre le sultan et un vieux mystique musulman, à propos d’un moine. Ce mystique, un soufi, est enterré au Caire. Massignon a pensé que le moine en question était François.
Un de ses élèves a ensuite écrit que cette affaire était gravée sur la tombe du soufi. L’erreur a été recopiée de livre en livre. En 2019, le chercheur Jason Welle est allé relire la pierre, qui se dresse toujours au même endroit. Elle porte des formules de louange et des versets du Coran, sans un seul moine. Il juge plus vraisemblable qu’il s’agisse d’un moine chrétien d’Égypte.
Des plumes et des ailes
L’histoire des oiseaux vient du premier biographe du saint. François marche vers une petite ville d’Ombrie quand il aperçoit une foule d’oiseaux. Il laisse ses compagnons et court vers eux. Les oiseaux ne s’envolent pas. Il les invite à louer Dieu, qui les habille de plumes et leur donne des ailes.
À l’époque, on lisait cette scène comme une leçon de prédication. Elle montrait un homme dont la parole touchait jusqu’aux bêtes. L’image d’un François ami de la nature est bien plus récente. Un historien des techniques médiévales l’a proposé comme patron des écologistes en 1967. Le pape lui a donné ce titre douze ans plus tard, dans une lettre qui célèbre son poème sur le soleil et la lune et oublie les oiseaux.
Le Louvre conserve un grand tableau d’autel peint par Giotto, où figure la scène. Tout en bas, sur un fond d’or, les oiseaux écoutent le saint.
La version complète cite les deux phrases latines de l’évêque et suit, jusqu’à la Bibliothèque nationale, le minuscule carnet de poche où les oiseaux de la scène ont perdu leurs noms.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Jacques de Vitry, Lettre VI, écrite au camp de Damiette en février-mars 1220 : départs de Colin l’Anglais, de maître Michel et du seigneur Matthieu chez les frères mineurs, passage du fondateur chez le sultan, *modicum profecit* éd. R. B. C. Huygens, *Lettres de Jacques de Vitry*, Leyde, Brill, 1960
- Jacques de Vitry, *Historia occidentalis*, chap. 32, sur les frères mineurs et la visite de François au sultan, *Ego christianus sum. Ducite me ad dominum vestrum* éd. John Frederick Hinnebusch, *The Historia occidentalis of Jacques de Vitry*, p. 161-162
- Chronique dite d’Ernoul et de Bernard le Trésorier, chap. 37, récit des deux clercs qui veulent prêcher au sultan éd. Louis de Mas Latrie, Paris, 1871, p. 431-435
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Sources primaires (suite)
- Thomas de Celano, *Vita prima* (Vie du bienheureux François), 1228-1229, livre I, chap. 57 (voyage en Égypte) et 58 (prédication aux oiseaux près de Bevagna), paragraphes 58-61 sur la docilité des créatures éd. *Analecta Franciscana* X, Quaracchi ; trad. fr. Damien Vorreux, Paris, Éditions franciscaines, 1952
- Thomas de Celano, *Vita beati patris nostri Francisci* (Vita brevior), dans un recueil franciscain copié dans les années 1230, 122 feuillets de parchemin, 12 × 8 cm Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, NAL 3245
- Bonaventure, *Legenda maior sancti Francisci*, approuvée en 1263, IX, 7-8 (visite au sultan, offre de l’épreuve du feu) et XII, 3 (prédication aux oiseaux sur la route de Bevagna) éd. *Analecta Franciscana* X, Quaracchi
- François d’Assise, *Regula non bullata* (première règle des frères mineurs, 1221), chap. 16, v. 5-7, sur ceux qui vont chez les Sarrasins et autres infidèles
- Ibn al-Zayyât (m. 1412), *al-Kawâkib al-sayyâra*, notice sur Fakhr al-Dîn al-Fârisî et son affaire avec al-Malik al-Kâmil à propos d’un moine, p. 108-110 de l’édition citée par Jason Welle passage traduit dans Welle, 2019
- Pilier funéraire de Fakhr al-Dîn al-Fârisî (m. 1225), inscription arabe en prose rimée, titres d’honneur et versets coraniques, en place devant sa tombe, Qarâfa al-Sughrâ, Le Caire texte et traduction dans Welle, 2019, appendice 5
- Giotto di Bondone, *Saint François d’Assise recevant les stigmates*, fond d’or sur peuplier, 3,13 × 1,63 m, prédelle avec le songe d’Innocent III, l’approbation de la règle et le prêche aux oiseaux, inscription *Opus Iocti florentini*, provenant de San Francesco de Pise, saisie napoléonienne de 1813 Musée du Louvre, département des Peintures, INV 309 (MR 253)
Bibliographie
- John Tolan, *Le saint chez le sultan. La rencontre de François d’Assise et de l’islam. Huit siècles d’interprétation*, Paris, 2007, 520 p., « L’Univers historique » Éditions du Seuil
- John Tolan, *Saint Francis and the Sultan : The Curious History of a Christian-Muslim Encounter*, New York, 2009, p. 295 Oxford University Press
- John Tolan, « The Friar and the Sultan : Francis of Assisi’s Mission to Egypt », *European Review* 16 (1), 2008, DOI 10,1017/S1062798708000124 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S1062798708000124
- Jean Donnadieu, *Jacques de Vitry (1175/1180-1240). Entre l’Orient et l’Occident : l’évêque aux trois visages*, Turnhout, 2014, 283 p., « Témoins de notre histoire » Brepols
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- Jacques Dalarun, « Thome Celanensis Vita beati patris nostri Francisci (Vita brevior). Présentation et édition critique », *Analecta Bollandiana* 133 (1), 2015, p. 23-86, DOI 10,1484/J.ABOL.5,107709 Brepolshttps://doi.org/10.1484/J.ABOL.5.107709
- Thomas de Celano, *La Vie retrouvée de François d’Assise*, présentation et traduction de Jacques Dalarun, Paris, 2015, « Sources franciscaines » Éditions franciscaines
- Sylvain Piron, « François d’Assise et les créatures : le témoignage de la Vita brevior », dans Michele Cutino, Isabel Iribarren et Françoise Vinel (dir.), *La restauration de la création : quelle place pour les animaux ?*, Leyde, 2018, p. 231-241 Brill
- Jason Welle, « Arabic Sources for the Encounter between the Saint and the Sultan : Fakhr al-Fārisī’s Famous Adventure with Francis, or Lack Thereof », *Studia Orientalia Christiana. Collectanea* 48-49 (2015-2016), Le Caire et Milan, 2019, p. 7-75 Edizioni Terra Santa
- Louis Massignon, « La Cité des morts au Caire (Qarâfa – Darb al-Aḥmar) », *Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale* 57, 1957, p. 25-79 Institut français d’archéologie orientale
- Martiniano Roncaglia, « Fonte arabo-musulmana su San Francesco in Oriente », *Studi Francescani* 50 (2-4), 1953, p. 258-259 Studi Francescani
- Lynn White Jr., « The Historical Roots of Our Ecologic Crisis », *Science* 155 (3767), 10 mars 1967, p. 1203-1207, DOI 10,1126/science.155,3767,1203 American Association for the Advancement of Sciencehttps://doi.org/10.1126/science.155.3767.1203
- Paul Moses, *The Saint and the Sultan : The Crusades, Islam, and Francis of Assisi’s Mission of Peace*, New York, 2009 Doubleday
Sources en ligne
- « Saint François d’Assise recevant les stigmates » Musée du Louvre, site des collectionshttps://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010064459
- « Un manuscrit franciscain retrouvé » Bibliothèque nationale de Francehttps://www.bnf.fr/fr/un-manuscrit-franciscain-retrouve
- « Le manuscrit franciscain retrouvé » Institut de recherche et d’histoire des textes, CNRShttps://www.irht.cnrs.fr/index.php/fr/agenda/colloque/le-manuscrit-franciscain-retrouve
- « Thome Celanensis Vita beati patris nostri Francisci (Vita brevior). Présentation et édition critique » Brepols Online, Analecta Bollandianahttps://www.brepolsonline.net/doi/10.1484/J.ABOL.5.107709?mobileUi=0
- « Inter sanctos (29 Decembris 1979) » Saint-Siège, vatican.vahttps://www.vatican.va/content/john-paul-ii/la/apost_letters/1979/documents/hf_jp-ii_apl_19791129_inter-sanctos.html
- « Arabic Sources for the Encounter between the Saint and the Sultan : Fakhr al-Fārisī’s Famous Adventure with Francis, or Lack Thereof » dépôt de l’auteur, Academia.eduhttps://www.academia.edu/39576579/Arabic_Sources_for_the_Encounter_between_the_Saint_and_the_Sultan_Fakhr_al_F%C4%81ris%C4%AB_s_Famous_Adventure_with_Francis_or_Lack_Thereof
- « The Friar and the Sultan : Francis of Assisi’s Mission to Egypt » Cambridge Core, European Reviewhttps://www.cambridge.org/core/journals/european-review/article/abs/friar-and-the-sultan-francis-of-assisis-mission-to-egypt/9DDB3996FE485ECBBB10B61121706F40
- « Comptes rendus. Jean Donnadieu. Jacques de Vitry (1175/1180-1240). Entre l’Orient et l’Occident : l’évêque aux trois visages » Annales. Histoire, Sciences sociales, Cairn.infohttps://shs.cairn.info/revue-annales-2019-1-page-194?lang=fr










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