Au IVᵉ siècle de notre ère, un auteur chrétien que les manuscrits appellent le pseudo-Justin visite Cumes en curieux. On le fait descendre dans une galerie taillée dans le tuf, on lui explique que la sibylle rendait ses oracles là, et il note la chose à distance, en précisant que ces gens tenaient la tradition de leurs aïeux. Seize siècles plus tard, les guides du site conduisaient les visiteurs dans le même couloir avec le même commentaire.
Cent trente et un mètres taillés dans le tuf
Amedeo Maiuri publie sa découverte de 1932 dans une collection destinée aux touristes, I Campi Flegrei, parue à Rome en 1934. Ce qu’il a dégagé est un dromos, un couloir d’accès rectiligne de section trapézoïdale, percé de six hautes ouvertures et terminé par une salle à trois niches. L’identification avec l’antre décrit par Virgile au chant VI de l’Énéide tient trente ans. Les premières réserves n’arrivent qu’après la mort de Maiuri en 1963, et Jacques Heurgon, en les enregistrant, écrit encore que personne ne songe à nier l’existence d’un oracle à Cumes. En 1985-1986, Mario Pagano donne dans les Rendiconti de l’Académie de Naples la seule analyse détaillée parue depuis les fouilles, et range le couloir dans un ensemble défensif dont le creusement initial remonte à la fin du IVᵉ ou au IIIᵉ siècle avant notre ère. Nazarena Valenza Mele s’y rallie en 1991-1992, et le parc archéologique de Cumes présente aujourd’hui la galerie comme un ouvrage militaire d’époque samnite.
Il faudrait donc chercher ailleurs le siège de l’oracle, si siège il y a eu.
Jacques Poucet a poussé la révision d’un cran en 2008. Existe-t-il un seul témoignage d’une consultation de la sibylle de Cumes, sous les Grecs, après la conquête osque de 421 ou sous Rome ? Aucun. Le silence pèse d’autant plus qu’en 76 avant notre ère, pour remplacer les livres brûlés au Capitole, le Sénat envoie chercher des oracles à Samos, à Ilion, à Érythrée, en Afrique, en Sicile et dans les colonies italiennes, comme le rapporte Tacite. Cumes ne figure pas sur la liste. Trois siècles plus tard, les prêtres du temple d’Apollon ne montreront à Pausanias qu’une petite urne de pierre censée contenir les os de la prophétesse. L’autre camp n’est pas démuni, et Henry W. Parke consacrait encore en 1988 le plus long chapitre de son livre au sanctuaire cuméen.
Le motif circulait assez pour nourrir une plaisanterie de table. Chez Pétrone, Trimalcion se vante d’avoir vu à Cumes la sibylle suspendue dans une bouteille.
Varron en compte dix, Lactance les recopie
Les plus anciens auteurs grecs n’évoquent qu’une sibylle. Héraclite, cité par Plutarque, lui prête mille ans et une bouche délirante, et Aristophane s’en moque dans la Paix. Quand Varron entreprend de mettre de l’ordre, une trentaine d’épithètes de ce genre circulaient déjà, à l’estime d’Auguste Bouché-Leclercq.
Son catalogue compte dix entrées, la Persique, la Libyque, la Delphique – celle de Delphes – , la Cimmérienne, l’Érythréenne, la Samienne, la Cuméenne, l’Hellespontique, la Phrygienne, la Tiburtine. Le texte des Antiquités divines est perdu, et la liste ne survit que par la recopie de Lactance vers 320, ce qui laisse ouvert un problème de transmission, puisque Denys d’Halicarnasse donne une version différente en se réclamant du même Varron. Le procédé de fabrication se suit cas par cas. Varron promeut au rang de sibylle Albunée, source sulfureuse de Tibur. Ératosthène avait fait de Carmenta, mère légendaire d’Évandre, une sibylle italique prophétisant au Lupercal du Palatin, endroit qui n’a jamais abrité d’oracle. Au début du IIᵉ siècle avant notre ère, le poète campanien Névius convertit en sibylle cimmérienne le vieil oracle de nécromancie que les Grecs plaçaient au lac Averne.
Le nom ne tient pas davantage. La sibylle de Cumes s’appelle Amalthée, Hérophile ou Démophile chez Lactance, Déiphobé chez Virgile, et Démo chez Hypérochos de Cumes que cite Pausanias. À Érythrée, en 1891, on a bien dégagé un lieu cultuel où des inscriptions du milieu du IIᵉ siècle de notre ère mentionnent la sibylle. C’est un nymphée, espace semi-circulaire de deux mètres de diamètre, avec une fontaine et un bassin, dédié à une nymphe qu’une inscription donne pour la mère de la sibylle. Le monument atteste une réputation, que le passage de Lucius Vérus dans la région a probablement donné l’occasion de faire valoir.
Sous la statue d’Apollon Palatin
Le récit de la vente est célèbre, et la tradition hésite sur tout. Une vieille femme propose des livres d’oracles à un roi Tarquin, en brûle une partie devant lui, redemande le même prix, recommence, et cède le reste au tarif du lot entier. Denys d’Halicarnasse place la scène sous le Superbe, ne nomme pas la vendeuse sibylle et ne la rattache pas à Cumes. Lactance, sous la garantie de Varron, en fait la sibylle de Cumes vendant neuf livres à Tarquin l’Ancien pour trois cents pièces d’or. Le lien entre la collection romaine et Cumes ne se lit que chez lui et chez Virgile. Les Modernes y croient plus fermement que les Anciens, ce qui arrive souvent quand un poète a mieux écrit que ses sources.
Ces Libri Sibyllini contenaient autre chose que des prédictions. Les auteurs latins disent qu’ils indiquaient les fata, les destins, et les remedia, les remèdes rituels à appliquer, et l’on ne les consultait qu’après un prodige, pour savoir quel dieu apaiser. À l’origine, deux prêtres en avaient la garde, seize à la fin de la République, les quindecemviri sacris faciundis. L’incendie du Capitole de 83 avant notre ère les détruit, et la collection est reconstituée à partir de 76, puis triée. Suétone rapporte qu’Auguste, devenu grand pontife, fit brûler plus de deux mille livres prophétiques et déposa les sibyllins dans deux coffrets dorés sous la base de la statue d’Apollon Palatin. La dernière consultation connue date de 363. Entre 404 et 408, sous Honorius, les livres sont brûlés, et Rutilius Namatianus, préfet de Rome en 417, en accuse Stilicon.
Flaccianus ouvre un codex devant Augustin
L’autre collection ne doit rien à la première. Les Oracula Sibyllina sont des pseudépigraphes, des textes mis sous un nom d’emprunt, composés par des auteurs juifs puis chrétiens entre le IIᵉ siècle avant notre ère et le IIIᵉ ou IVᵉ siècle de la nôtre. Augustin, au livre XVIII de la Cité de Dieu, dit comment il les a connus. Il avait d’abord lu des prophéties attribuées à la sibylle d’Érythrée dans une traduction latine faite, écrit-il, de vers boiteux. Puis Flaccianus, proconsul d’Afrique en 393, lui présenta un codex grec où la suite des premières lettres de chaque vers d’un passage composait cinq mots, Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur. Augustin précise que c’est Flaccianus qui le lui a montré.
Il cite alors vingt-sept hexamètres latins qui commencent par Iudicii signum tellus sudore madescet, le signe du jugement, la terre se couvrira de sueur. Il relève que vingt-sept est le cube de trois et que les initiales des cinq mots grecs donnent ichtus, le poisson. Dans le Discours à l’assemblée des saints attribué à Constantin, comme au livre VIII des Oracles sibyllins, le même poème se lit en grec. Cette version compte sept vers de plus, dont les initiales épellent stauros, la croix. Jean-Michel Roessli remarque que ces sept vers apparaissent là où l’auteur du Discours traite de la nécessité de la crucifixion, et suggère qu’ils ont pu être composés pour l’occasion ; Ubaldo Pizzani y voyait l’achèvement indispensable du poème, dont l’absence en latin s’expliquerait par une inattention du traducteur. On ne sait pas trancher.
La règle des deux dates s’applique ici sans effort. Le poème se réclame de la sibylle d’Érythrée, qu’Eusèbe plaçait vers 743 avant notre ère, quand la section chrétienne du livre VIII où il figure est datée du IIIᵉ siècle de notre ère. Augustin tient pourtant ces oracles pour d’authentiques témoignages païens et va jusqu’à écrire que la sibylle devrait être comptée parmi ceux qui appartiennent à la cité de Dieu.
Judicii signum aux matines de Noël
Le poème a gagné le Moyen Âge par une homélie longtemps mise sous le nom d’Augustin, le Sermon contre les Juifs, les païens et les ariens, attribué aujourd’hui à Quodvultdeus, évêque de Carthage entre 437 et 453. Le texte y convoque un à un six prophètes d’Israël, quatre figures du Nouveau Testament, puis Virgile et Nabuchodonosor, avant de finir par la sibylle dont il reproduit les vingt-sept vers. Ce défilé de témoins appelés à la barre a donné naissance à une mise en scène jouée dans les églises, l’Ordo prophetarum.
Les vers ont ensuite été chantés. Dans un florilège du IXᵉ siècle venu de l’église de Saint-Oyan, dans le Jura, une main plus tardive a ajouté une notation musicale. Un recueil de Saint-Martial de Limoges, des IXᵉ et Xᵉ siècles, transforme le poème en composition à refrain, le premier vers alternant avec treize couplets sur une même ligne mélodique. Un Ordo Romanus écrit avant 1143 range le sermon et les vers chantés parmi les leçons des matines de Noël dans la chapelle pontificale.
En France, le plus ancien ensemble monumental connu est peint aux écoinçons du rond-point de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers, à la fin du XIᵉ ou au début du XIIᵉ siècle. Soline Kumaoka en a repris les inscriptions en 2021 et les rattache à la tradition liturgique issue du sermon de Quodvultdeus, dont elle suit la transmission en Poitou jusqu’à la Chronique de Saint-Maixent, constituée avant 1124.
Le concile de Trente supprime le chant de la liturgie des heures. Il survit dans les Baléares. Le Cant de la Sibil·la se donne toujours à Majorque aux matines du 24 décembre, exécuté a cappella par un enfant qui traverse l’église en procession, une épée dressée devant le visage, et qui trace un grand signe de croix dans l’air à la fin. L’UNESCO l’a inscrit en 2010 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel.
Un dominicain sicilien et son imprimeur romain
En Italie, l’editio princeps de Lactance sort en 1465 et se réimprime cinq fois en treize ans, ce qui remet les dix sibylles en circulation. Les prophétesses paraissent sur les murs du palais Orsini à Rome avant 1438, puis dans les gravures de Baccio Baldini vers 1470-1480. Le dominicain sicilien Filippo Barbieri fait ensuite paraître à Rome, chez Giovanni Filippo de Lignamine, les Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, achevées le 1ᵉʳ décembre 1481. Douze poèmes christologiques y sont mis en annexe, attribués chacun à une sibylle et accompagnés de gravures sur bois. Deux noms s’ajoutent aux dix de Varron, Agrippa et Europa, dont on ignore la provenance. L’apport décisif tient au reste. Barbieri assigne à chaque prophétesse un âge, une apparence et un vêtement, et met son oracle en regard d’un verset de prophète hébreu. Les artistes n’ont plus qu’à suivre. On les retrouve au pavement de la cathédrale de Sienne en 1483, dans les Heures d’Antoine Vérard dès 1488, et à la galerie des sibylles de la cathédrale de Beauvais en 1538-1539. Émile Mâle avait renoncé à recenser les séries françaises. Michel-Ange, entre 1508 et 1512, n’en peint que cinq, la Delphique, l’Érythréenne, la Cuméenne, la Persique et la Libyque, en alternance avec sept prophètes le long de la voûte. Parmi les explications avancées pour ce chiffre, je retiens la plus économique, qui est arithmétique. Douze emplacements disponibles, sept prophètes que la tradition nomme, et cinq sibylles pour occuper le reste. La Cuméenne se trouve dans la cinquième travée à partir de l’entrée solennelle, achevée à l’automne 1511, vieille et musclée, tournée vers un livre ouvert immense dont aucune source ne dit le contenu.
Une question de recherche demeure, et elle est topographique. Elle vise la salle de 4,35 mètres sur 9, presque entièrement souterraine, dégagée près du temple d’Apollon et baptisée « citerne grecque » par ses fouilleurs. Pagano a proposé d’y tenir le siège oraculaire réel, en précisant lui-même que l’interprétation restait hypothétique et qu’une fosse votive conviendrait aussi bien. Valenza Mele juge la fonction de citerne parfaitement adaptée au monument. Trancher demanderait ce que le lieu n’a pas livré, un dépôt daté, une inscription, ou un mobilier incompatible avec le stockage de l’eau. Tant que la salle ne donne que ses dimensions, la sibylle de Cumes demeure une figure de l’érudition grecque du IIIᵉ siècle avant notre ère, et le couloir de tuf une galerie samnite.
Pour aller plus loin
Le même écart entre date revendiquée et date démontrée organise la datation du Corpus hermétique attribué à Hermès Trismégiste, où la philologie de 1614 retire quinze siècles à des traités qu’on croyait égyptiens sans faire disparaître leur influence. Dans les prophéties de Joachim de Flore comme dans la fabrication éditoriale des quatrains de Nostradamus, on le retrouve intact, et l’attribution y fait à elle seule l’essentiel du sujet.
Tout le monde connaît l’image. Un long couloir creusé dans la roche volcanique, près de Naples, où une prophétesse aurait répondu à ceux qui venaient l’interroger sur leur avenir. Le couloir existe vraiment, on peut le parcourir sur plus de cent trente mètres, et deux plaques de marbre en citent à l’entrée les vers du poète latin qui l’a rendu célèbre. Ce qu’on y raconte, en revanche, a été démonté par les archéologues eux-mêmes.
Un couloir sans oracle
L’archéologue italien Amedeo Maiuri dégage cette galerie en 1932. Il y reconnaît aussitôt le lieu décrit par Virgile, et la nouvelle fait le tour du monde. Les visiteurs viennent par millions.
Un demi-siècle plus tard, Mario Pagano reprend l’examen du monument. Il montre que la galerie appartient à un système de fortifications et qu’elle a été creusée bien après l’époque supposée de la prophétesse. Le parc archéologique la présente aujourd’hui comme un ouvrage militaire destiné à protéger le flanc de la ville haute.
Un détail achève de troubler le tableau. Aucun texte ancien ne rapporte qu’un Grec ou un Romain soit venu consulter la prophétesse de cet endroit. Quand Rome perd ses recueils d’oracles dans un incendie, elle envoie chercher des remplacements à Samos, en Sicile, en Afrique. Elle n’envoie personne là.
Une devineresse par ville
Les premiers auteurs grecs ne parlent que d’une seule femme inspirée. Delphes a déjà son oracle ; chaque cité veut ensuite sa sibylle, et les listes se remplissent. Un savant romain en dénombre dix, chacune rattachée à une région, et son catalogue ne nous est parvenu que parce qu’un auteur chrétien l’a recopié.
On sait comment plusieurs d’entre elles ont été fabriquées. Une source d’eau sulfureuse honorée près de Rome devient une devineresse. Un ancien oracle où l’on interrogeait les morts, au bord d’un lac volcanique, en devient une autre. Un personnage de légende, la mère d’un héros, est promu au même rang.
Le nom même de celle de Cumes flotte. Selon les textes, elle s’appelle Amalthée, Hérophile, Déiphobé ou Démo. Une figure sur laquelle personne ne s’accorde n’a pas d’état civil.
Un poème qui devient un chant de Noël
Rome conservait au Capitole des recueils d’oracles grecs qu’une vieille femme aurait vendus à un roi. Ces livres ne prédisaient pas l’avenir. Ils indiquaient quels rites accomplir après un événement jugé menaçant. Un général les a fait brûler à la fin de l’Antiquité.
Une tout autre collection circulait par ailleurs, des poèmes écrits sous un nom d’emprunt par des auteurs juifs, puis chrétiens. L’évêque Augustin en reçoit un exemplaire des mains d’un haut fonctionnaire romain, qui lui fait remarquer un détail qu’il n’avait pas vu seul. En lisant les premières lettres de chaque vers d’un poème, on obtient une phrase entière annonçant le Christ.
Augustin recopie ce texte de vingt-sept vers. Il passe ensuite dans un sermon lu la nuit de Noël, puis il est mis en musique, avec un refrain. Il traverse ainsi le Moyen Âge, chanté dans les églises de France, d’Italie et d’Espagne, avant d’être interdit. Il a survécu quand même. À Majorque, un enfant le chante encore le soir du 24 décembre, une épée dressée devant le visage.
Douze robes et douze visages
Il leur manquait un corps. En 1481, un religieux sicilien publie à Rome un livre sur ces prophétesses. Il en porte le nombre à douze et attribue à chacune un âge, un vêtement et une prophétie sur la naissance du Christ. Le livre est illustré de gravures.
Les peintres et les verriers n’ont plus qu’à suivre le modèle. Ces femmes apparaissent sur un pavement de cathédrale en Italie, dans les marges des livres de prières français, sur les vitraux de Beauvais. Un historien de l’art a renoncé à recenser les séries françaises tant elles sont nombreuses.
Michel-Ange n’en peint que cinq, en alternance avec des prophètes de la Bible. Sur la voûte de la chapelle Sixtine, à Rome, celle de Cumes se tourne vers un livre ouvert immense. Elle y est vieille et musclée, et aucun texte ne dit ce qu’elle lit.
La version complète donne le nom du proconsul qui a placé l’acrostiche sous les yeux d’Augustin, les sept vers grecs qui manquent à sa traduction latine, et la petite salle de neuf mètres où un archéologue a cherché le véritable siège de l’oracle.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Antre dit de la Sibylle, Cumes : galerie rectiligne d’environ 131 m taillée dans le tuf, section trapézoïdale, salle terminale à trois niches acropole de Cumes, Parco archeologico dei Campi Flegrei
- Virgile, Énéide, VI, 36 et 71-76 la sibylle nommée Déiphobé, et le sanctuaire promis par Énée à ses oracles
- Pseudo-Aristote, De mirabilibus auscultationibus, 95 (838 a 5) la chambre souterraine d’une sibylle rendant des oracles à Cumes
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Sources primaires (suite)
- Pausanias, Description de la Grèce, X, 12, 7-8 l’urne de pierre contenant les os de la sibylle, d’après Hypérochos de Cumes
- Pétrone, Satiricon, XLVIII, 8 la sibylle de Cumes suspendue dans une bouteille, propos prêté à Trimalcion
- Lactance, Diuinae institutiones, I, 6, 7-12 catalogue varronien des dix sibylles et récit de la vente à Tarquin, éd. CSEL 19
- Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, IV, 62 version concurrente du récit de la vente, sous Tarquin le Superbe
- Tacite, Annales, VI, 12, 3 missions envoyées en 76 av. J.-C. à Samos, Ilion, Érythrée, en Afrique, en Sicile et dans les colonies italiennes
- Suétone, Vie d’Auguste, 31 destruction de plus de deux mille livres prophétiques et dépôt des Livres sibyllins sous la statue d’Apollon Palatin
- Rutilius Namatianus, De reditu suo, II accusation portée contre Stilicon pour la destruction des Livres sibyllins
- Pseudo-Justin, Cohortatio ad Graecos, 37 visite du site de Cumes au IVᵉ siècle et propos rapportés des guides locaux
- Augustin, De ciuitate Dei, XVIII, 23 acrostiche latin de vingt-sept vers, Iudicii signum tellus sudore madescet, et récit de sa communication par Flaccianus, éd. CSEL 40, 2
- Oracula Sibyllina, VIII, 217-250 texte grec de l’acrostiche avec les sept vers sur la croix, éd. Johannes Geffcken, GCS 8, Leipzig, 1902
- Oratio Constantini ad sanctorum coetum, 18 plus ancienne forme conservée de l’acrostiche grec, éd. Ivar A. Heikel, GCS 7, Leipzig, 1902
- Quodvultdeus, Sermo contra Iudaeos, paganos et Arianos, XVI convocation des témoins et citation des vingt-sept vers, éd. René Braun, CCSL 60, Turnhout, 1976
- Paris, Bibliothèque nationale de France, latin 2832 florilège du IXᵉ siècle provenant de l’église de Saint-Oyan, copie des vers sibyllins avec notation ajoutée par une main plus tardive
- Paris, Bibliothèque nationale de France, latin 1154 recueil de Saint-Martial de Limoges, IXᵉ-Xᵉ siècle, version à refrain du Iudicii signum
- Filippo Barbieri, Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, Rome, Giovanni Filippo de Lignamine, 1ᵉʳ décembre 1481 douze prophéties sibyllines accompagnées de gravures sur bois
- Michel-Ange, sibylles Delphique, Érythréenne, Cuméenne, Persique et Libyque, fresques de la voûte, 1508-1512 chapelle Sixtine, Palais apostolique, Vatican
- Peintures des écoinçons du rond-point, fin du XIᵉ ou début du XIIᵉ siècle, avec inscriptions sibyllines église Notre-Dame-la-Grande, Poitiers
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Sources en ligne
- « Les Tarquins, les Livres Sibyllins et la Sibylle de Cumes : entre Tradition, Histoire et Imaginaire » Folia Electronica Classica, Université catholique de Louvainhttp://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/16/SibylleCumesFEC16.pdf
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- « La tradition des oracles sibyllins dévoilée par les inscriptions des peintures des écoinçons du rond-point de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers (fin xie-début xiie siècle) : à propos d’un article récent » Cahiers de civilisation médiévale, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/ccm/8262
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- « Un groupe de Sibylles champenoises » Bulletin monumental, Perséehttps://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1969_num_127_4_6744

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