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Biographie
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Constantin, empereur du concile de Nicée

Antiquité29 septembre 202617 min de lecture
Unknown artistUnknown artist / Wikimedia Commons
17 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

L’empereur que Zosime fait chrétien par remords

Vers 500, à Constantinople, un historien païen nommé Zosime écrit en grec une Histoire nouvelle. Au livre II, chapitre 29, il rapporte que Constantin fait mettre à mort son fils aîné Crispus, soupçonné d’adultère avec sa belle-mère Fausta, puis fait périr Fausta dans un bain surchauffé. Les prêtres des dieux, poursuit Zosime, lui refusent toute purification pour de tels crimes, et un Égyptien venu d’Espagne l’assure que la religion des chrétiens remet toutes les fautes. La conversion devient ainsi la suite d’un double meurtre. Zosime écrit près de deux siècles après les faits et suit un historien païen plus ancien, Eunape, dont l’œuvre est perdue.

En face se tient Eusèbe, évêque de Césarée en Palestine, qui a vu l’empereur, a siégé au concile de Nicée et compose après sa mort une Vie de Constantin en quatre livres. Entre ces deux récits, les faits datés tiennent en quelques paragraphes.

Flavius Valerius Constantinus, Constantin dans l’usage français, naît à Naissus, l’actuelle Niš en Serbie. Son père, Constance, est un officier ; sa mère, Hélène, avait auprès de lui un statut d’épouse ou de concubine que la recherche discute encore. Aucun document ne date cette naissance. L’année se calcule à partir des âges au décès que donnent Eutrope (Abrégé, X, 8), la Chronique de Jérôme et l’historien d’Église Socrate, et elle tombe en 272 ou 273 ; le jour, 27 février, vient du calendrier romain de 354, qui fête l’anniversaire de l’empereur. Plusieurs ouvrages de référence repoussent encore la naissance à la fin des années 280, sur des arguments que la plupart des travaux récents jugent réfutés. En 293, Constance devient César, c’est-à-dire empereur adjoint dans le gouvernement collégial organisé par Dioclétien, et le fils grandit en Orient, à la cour. Eusèbe dit l’avoir aperçu en Palestine, dans le cortège de Dioclétien (Vie de Constantin, I, 19).

Le 25 juillet 306, Constance meurt à York et ses soldats proclament Constantin. Suivent dix-huit années de guerres entre prétendants. Le 28 octobre 312, il bat Maxence au pont Milvius, sur le Tibre, au nord de Rome. Lactance, rhéteur chrétien admis à sa cour, écrit quelques années plus tard qu’un songe lui avait ordonné de faire marquer sur les boucliers un signe céleste de Dieu (De mortibus persecutorum, 44, 5, éd. J. L. Creed, Oxford, 1984). L’arc que le Sénat lui dédie à Rome en 315 attribue la victoire à l'« inspiration de la divinité », sans dire laquelle (CIL VI 1139 = ILS 694). Au début de 313, à Milan, il s’accorde avec Licinius, qui tient les Balkans ; la lettre qui applique cet accord et fait rendre aux chrétiens leurs lieux de culte confisqués est affichée par Licinius à Nicomédie le 13 juin. En 324, Licinius est battu à Chrysopolis, et Constantin gouverne seul à partir du 19 septembre.

En 325, il convoque à Nicée, en Bithynie, les évêques de l’Empire pour régler la querelle née à Alexandrie autour du prêtre Arius. Eusèbe en compte plus de deux cent cinquante (Vie de Constantin, III, 8). La profession de foi adoptée déclare le Fils « consubstantiel » au Père. L’année suivante, Crispus est exécuté à Pola, en Istrie, puis Fausta meurt, et leurs noms sont martelés sur les inscriptions. Le 11 mai 330, Constantin inaugure Constantinople sur le site de Byzance. Malade après Pâques 337, il reçoit le baptême dans un faubourg de Nicomédie et y meurt le 22 mai (Vie de Constantin, IV, 61-64). Son corps est déposé à Constantinople, dans l’église des Saints-Apôtres, et ses restes sont aujourd’hui perdus.

Les documents s’arrêtent au seuil des mobiles. Une quarantaine de lettres et de discours de l’empereur parlent de son dieu, et aucun ne date le moment où il l’a choisi. Il faut maintenant regarder qui a écrit les textes dont dépend presque tout, à quelle distance des faits et par quel manuscrit ils nous sont parvenus, reprendre ensuite trois épisodes disputés, du halo de 310 aux exécutions de 326, puis suivre la manière dont l’Occident a substitué au baptême de Nicomédie un baptême reçu à Rome.

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