Le village de Nagata s’est fait protéger deux fois, et par les deux camps. Au quatrième mois de la dix-huitième année Tenshō, au printemps 1590, ce hameau du district de Kuraki, aujourd’hui dans l’arrondissement de Minami à Yokohama, obtient un placard de sauvegarde de Hōjō Ujikatsu, seigneur du château voisin de Tamanawa, et un autre au nom de Toyotomi Hideyoshi, dont l’armée assiège alors les Hōjō dans Odawara. Le recueil de sources de la préfecture de Kanagawa publie les deux pièces sous un même numéro, le 9765. À Kozukue, quatre notables ont obtenu du même Hideyoshi un kinsei, une interdiction adressée à ses propres troupes, dont l’original a reparu en 2021 ou 2022 chez la famille Suzuki, une grande feuille de papier épais de 46,8 centimètres sur 65,7 qui défend en trois articles le pillage et la violence, l’incendie et les exigences indues envers les paysans. L’historienne Asuwa Aomi rappelle que ces papiers se demandaient, et qu’ils se payaient en « argent du sceau » et en « argent du placard ».
Le dernier âge du chūsei
Le nom vient de Chine. Sengoku est la lecture japonaise de Zhanguo, les Royaumes combattants, la période chinoise qui court de 403 à 221 avant notre ère, et c’est par emprunt que l’historiographie de l’archipel a désigné ainsi ses propres guerres. Elle les classe ailleurs qu’une encyclopédie européenne ne l’attendrait. Pour Nagahara Keiji, auteur de la notice de l’encyclopédie Nipponica, le Sengoku forme le dernier stade du Moyen Âge japonais, le chūsei, et le kinsei, l’âge que l’on traduit par « moderne », commence avec les unificateurs. Une encyclopédie de l’époque moderne, entre la fin du XVᵉ siècle et la Révolution, accueille donc ici un temps que les spécialistes japonais tiennent pour médiéval. Le découpage européen ne s’applique pas à l’archipel, et les dates sont données dans le calendrier lunaire japonais, par ère, mois et jour, avec l’année occidentale correspondante.
Le point de départ se dispute. La date des manuels est 1467, début de la guerre d’Ōnin, qui ravage Kyoto pendant dix ans entre les partisans de Hosokawa Katsumoto et ceux de Yamana Sōzen. Yamamoto Hirofumi, de l’Institut d’historiographie de l’université de Tokyo, relève qu’une partie des chercheurs préfère 1493, l’année où Hosokawa Masamoto dépose le shogun Ashikaga Yoshitane et ne laisse au shogunat qu’une autorité nominale. Minegishi Sumio a soutenu en 2017 que la guerre commence au Kantō, treize ans avant Ōnin, avec le conflit de Kyōtoku ouvert en 1454 par un meurtre commandité par Ashikaga Shigeuji ; la date de 1455, que l’on lit aussi, tient probablement à un mois lunaire de fin d’année qui déborde sur le janvier occidental. Nagahara recensait encore 1488 et 1491. La fin hésite autant, entre l’entrée de Nobunaga à Kyoto en 1568, l’expulsion du dernier shogun Ashikaga en 1573 et la soumission des Hōjō en 1590.
« Des malfaiteurs hors de toute mesure »
En 1480, le lettré Ichijō Kaneyoshi remet au jeune shogun Ashikaga Yoshihisa un traité de gouvernement en huit articles, le Shōdan chiyō. L’un d’eux demande qu’on cesse d’employer durablement les ashigaru, ces fantassins légers levés en masse pendant la guerre d’Ōnin, qu’il range parmi les malfaiteurs passant toute mesure. Le vieux noble de cour voyait dans ces hommes le signe d’un ordre renversé, que les textes du temps nomment gekokujō, le bas qui l’emporte sur le haut, et Pierre-François Souyri a donné pour sous-titre à son histoire du Japon médiéval l’image voisine du monde à l’envers.
Le bas s’organise. Le onzième jour du douzième mois de la dix-septième année Bunmei, en 1485, les guerriers de village des trois districts méridionaux de la province de Yamashiro, entre Kyoto et Nara, s’assemblent, des hommes de soixante ans jusqu’à des garçons de quinze ou seize, devant une foule de paysans. Ils exigent le départ des deux armées de la maison Hatakeyama qui se disputent la région, la restitution des domaines des temples et sanctuaires et la suppression des nouveaux péages. Au deuxième mois de l’année suivante, réunis au Byōdō-in d’Uji, ils se donnent des règlements et des responsables désignés pour un mois, et s’attribuent la moitié de certaines redevances pour financer leur gouvernement. La ligue tient huit ans, jusqu’à ce qu’elle accepte en 1493 un nouveau gouverneur. Le récit repose pour une large part sur le journal tenu au monastère Daijō-in de Nara, principalement par l’abbé Jinson, de 1450 à 1527, classé bien culturel important en 2002 et conservé aux Archives nationales du Japon, celui d’un moine de très haut rang qui regarde des guerriers de village gouverner un pays à sa porte.
Au Kaga, sur la mer du Japon, les fidèles de l’école bouddhique Jōdo shinshū, dite aussi Ikkō, se soulèvent contre le gouverneur Togashi Masachika, qui se donne la mort dans son château de Takao le neuvième jour du sixième mois de 1488. La province reste aux mains des ligues jusqu’en 1580, quand Shibata Katsuie, général de Nobunaga, prend leur forteresse de Kanazawa.
Imagawa, Takeda et la loi sans le shogun
Les seigneurs qui survivent écrivent des lois. En 1526, Imagawa Ujichika promulgue un code de trente-trois articles en écriture syllabique, le Kana mokuroku. Vingt-sept ans plus tard, son fils Yoshimoto y ajoute vingt et un articles, dont le vingtième revendique, selon la notice de la Nipponica, une loi établie par la seule capacité de la maison, sans appui du pouvoir shogounal.
Au premier jour du sixième mois de 1547, Takeda Harunobu, le futur Shingen, publie au Kai le Kōshū hatto no shidai. Sa version de vingt-six articles, revêtue de son monogramme manuscrit, le kaō, frappe d’une même peine les deux parties d’une rixe, défend d’entretenir une correspondance avec les autres provinces, de disputer de religion et de conclure des serments privés. Une version de cinquante-cinq articles, enrichie jusqu’en 1554 et suivie de deux articles additionnels, y joint l’impôt levé par maison et le règlement des dettes. Katsumata Shizuo souligne la forte influence du code des Imagawa, et observe que le texte règle d’abord les rapports du seigneur avec les détenteurs de terres et les hommes qui lui doivent le service armé. On a vu dans ces bunkokuhō, les lois de domaine, l’acte de naissance d’un État princier, et la formule tient à condition de se souvenir que leurs auteurs légifèrent d’abord sur leurs vassaux.
Mille arquebuses, puis trois mille
L’arme qui passe pour avoir décidé du siècle arrive par une île. Selon le Teppōki, chronique écrite au début du XVIIᵉ siècle par le moine zen Nanpo Bunshi et conservée dans la généalogie de la maison Tanegashima, le jeune seigneur Tanegashima Tokitaka achète en 1543 deux arquebuses à des étrangers jetés sur sa côte, pour un prix que la notice de Miki Yasushi chiffre à deux mille kin d’or. Paul Varley rappelle que ce récit a été composé plus de soixante ans après les faits, qu’il porte à lui seul la date de 1543, et que les marchands de la jonque pouvaient être des Chinois, voire des pirates wakō, dont le « lettré » qui sert d’interprète dans le texte serait l’un des chefs.
Le nom de l’île est longtemps resté celui de l’arme.
Le vingt et unième jour du cinquième mois de 1575, à Shitaragahara, près du château de Nagashino, l’armée d’Oda Nobunaga et de Tokugawa Ieyasu, retranchée derrière des palissades, brise les assauts de Takeda Katsuyori. Ōta Gyūichi, ancien vassal de Nobunaga, a laissé de son maître une chronique en quinze livres, le Shinchō-ki, traduite en anglais en 2011 par J. S. A. Elisonas et J. P. Lamers, dont la bibliothèque de l’université d’Okayama conserve dans le fonds de la famille Ikeda un exemplaire autographe, classé bien culturel important, sous la cote 貴-48. Au passage de la bataille, ce manuscrit compte « mille » arquebuses, et un caractère « trois » a été ajouté devant, d’une main que l’on tient d’ordinaire pour postérieure sans exclure une correction de l’auteur, selon Atobe Ban ; les copies se partagent entre les deux chiffres. Oze Hoan, lettré confucéen du début de l’époque d’Edo, récrit la chronique dans son propre Shinchōki, aligne trois mille arquebuses et les fait tirer à tour de rôle. Le tir en trois rangs, mille hommes par rang, le premier faisant feu pendant que les deux autres rechargent, est fixé par l’état-major de l’armée impériale dans le volume Nagashino-eki de sa série Nihon senshi, que Hamada Kōichirō date de 1903 et Paul Varley de 1910. Fujimoto Masayuki a rangé dès 1993 les trois mille arquebuses et le tir en trois rangs parmi les faits fabriqués après coup.
Le camp de la rupture militaire garde des arguments solides. Le Shinchō-ki décrit lui-même une fusillade nourrie, et la rubrique de nippon.com consacrée au paravent de Nagashino propose que des équipes de trois hommes se soient relayées sur une même arme, ce qui donne un tir continu sans trois rangs. Varley tient que les armes à feu ont changé la guerre du XVIᵉ siècle et refuse seulement le mot de révolution au sens strict. La charge de cavalerie fauchée par les balles résiste beaucoup moins bien, puisque Varley, à la suite de travaux japonais, croit la plupart des assaillants à pied, et les effectifs eux-mêmes flottent. Sur le paravent de la collection Hakutei bunko du château d’Inuyama, l’une des presque dix versions conservées, on ne voit nulle part trois rangs d’arquebusiers.
Le marché du château d’Oda
Les villages voyaient la guerre autrement. Fujiki Hisashi a consacré une grande partie de son œuvre au pillage, le ranbōdori, et à la capture des personnes par de simples soldats qui cherchaient dans les campagnes de quoi survivre, et son Sengoku no mura o yuku, publié en 2021 dans la collection Asahi shinsho avec un commentaire de Shimizu Katsuyuki, place la chasse aux esclaves au cœur du drame de la guerre. En 1566, après la prise du château d’Oda, en Hitachi, par les troupes d’Uesugi Kenshin, les habitants et les soldats réfugiés dans la place sont vendus sur un marché improvisé, vingt ou trente sen par personne, d’après une chronique locale que cite Watanabe Daimon, lequel suppose que l’abondance des captifs faisait baisser les prix. Une partie de ce commerce passait aux marchands portugais. En 1587, Hideyoshi leur ordonne de cesser d’acheter des Japonais et de libérer ceux qu’ils détiennent contre remboursement, et il réclame le retour de ceux qu’on a vendus jusqu’en Inde, selon le texte que donne l’Histoire du Japon du jésuite Luís Fróis.
Les villages se défendaient en fortifiant des refuges, et en achetant la paix aux troupes de Hideyoshi pendant le siège d’Odawara. Les sauvegardes de Kozukue et de Nagata appartiennent à cette économie de la survie, et Asuwa Aomi précise que Hideyoshi les délivrait sur simple demande, après en avoir abaissé le prix. Nous parlons de sauvegarde plutôt que d’interdiction pour rendre le mot kinsei, parce que c’est l’usage qu’en faisaient les villages qui l’affichaient.
Personne n’a compté les morts. Aucun registre ne dénombre les captifs vendus après une prise de château, les chroniques qui racontent les batailles ont été écrites des décennies plus tard par des vassaux des vainqueurs, et les chiffres d’arquebuses varient du simple au triple selon les copies d’un même texte, si bien que le Sengoku, siècle de la guerre par excellence dans la mémoire japonaise, reste une guerre sans bilan.
Tenka
Nobunaga scellait ses lettres d’une devise, tenka fubu, imposer par les armes l’ordre au tenka, « ce qui est sous le ciel ». Le mot a longtemps désigné, pour ses lecteurs modernes, le Japon entier. Hongō Kazuhito, de l’Institut d’historiographie de l’université de Tokyo, reconnaît en 2026 que la recherche tient pour forte une autre lecture, où tenka désigne Kyoto et les provinces voisines, ce qui ferait de Hosokawa Masamoto ou de Miyoshi Nagayoshi des maîtres du tenka avant lui ; il maintient pour sa part que Nobunaga visait l’unification du pays. Kanda Chisato avait dépeint en 2014 un Nobunaga attentif aux autorités traditionnelles et à sa réputation parmi les daimyō, et lui avait dénié le rôle de révolutionnaire.
Hideyoshi, lui, a laissé un texte. L’édit du huitième jour du septième mois de 1588, dont un exemplaire sur papier épais figure dans les archives de la maison Shimazu, classées trésor national en 2002 et conservées à l’Institut d’historiographie de l’université de Tokyo, interdit aux paysans de toutes les provinces de détenir sabres, sabres courts, arcs, lances, arquebuses et toute autre arme. Les armes confisquées serviront à forger les clous et les crampons du grand Bouddha que Hideyoshi fait élever, pour le bonheur des paysans en ce monde et dans l’autre, et le dernier article promet à ceux qui ne garderont que leurs outils de culture une prospérité durable jusqu’à leurs descendants.
Fujiki Hisashi a montré qu’il n’en est pas sorti de désarmement. L’édit réservait aux guerriers le port du sabre, des autorisations permettaient de garder des lances contre les sangliers et les cerfs, et la simple possession d’un sabre par un paysan ou un citadin ne paraît pas interdite avant le début du XVIIᵉ siècle, la loi réglant la longueur de la lame, la couleur du fourreau et la forme de la garde.
L’arquebuse de Nagashino a suivi le même chemin, et Takei Kōichi trouve sous les shoguns Tsunayoshi et Yoshimune, à l’époque d’Edo, des paysans qui échappent aux contrôles pour garder leurs fusils, dont ils se servent contre les sangliers, les cerfs et les oiseaux qui s’attaquent à leurs champs.
Pour aller plus loin
Des soldats japonais recrutés à Hirado par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales figurent parmi les exécuteurs du massacre de Banda, en 1621, et prolongent hors de l’archipel l’histoire de ces combattants. Les invasions de la Corée par Hideyoshi ouvrent après 1592 un autre chapitre de la guerre et de la capture des personnes, et la mission jésuite éclaire les rapports entre daimyō chrétiens et marchands portugais.
Entre la fin du XVᵉ siècle et la fin du XVIᵉ, le Japon traverse un siècle de guerres. Le shogun, le chef militaire installé à Kyoto, perd son autorité, et les provinces passent à des seigneurs de guerre, les daimyō, qui se combattent. Les historiens japonais appellent cette période Sengoku, les « provinces en guerre ». On la raconte souvent à travers ses grands chefs et ses batailles. Les documents de l’époque montrent aussi des villages qui cherchaient à survivre.
Un village protégé par les deux camps
Au printemps 1590, l’armée de Toyotomi Hideyoshi assiège la forteresse d’Odawara, tenue par la famille Hōjō. Le village de Nagata, aujourd’hui dans la ville de Yokohama, obtient alors deux papiers de protection, l’un d’un seigneur des Hōjō, l’autre de Hideyoshi, son ennemi.
Ces papiers interdisaient aux soldats de piller le village, de l’incendier et de maltraiter les paysans. On les demandait, et on les payait. L’original de l’un d’eux, donné par Hideyoshi au village voisin de Kozukue, a été retrouvé en 2021 ou 2022 chez une famille. C’est une grande feuille de papier épais, de près de 47 centimètres sur 66.
Quand commence ce siècle de guerres ?
Le mot Sengoku vient de Chine, où il désigne une période de guerres bien plus ancienne. Pour les historiens japonais, ce siècle appartient encore au Moyen Âge de leur pays, et non à l’époque moderne.
Les dates du début ne sont pas les mêmes pour tous. La plus connue est 1467, quand commence la guerre d’Ōnin, qui ravage Kyoto pendant dix ans. D’autres historiens préfèrent 1493, quand un grand seigneur renverse le shogun, ou 1454, quand la guerre éclate dans l’est du pays. La fin aussi se discute, entre 1568, 1573 et 1590.
Des paysans qui s’organisent
En 1480, un savant de la cour se plaint des ashigaru, des soldats à pied recrutés en masse, qu’il traite de malfaiteurs. On parle alors d’un monde à l’envers, où le bas l’emporte sur le haut.
En 1485, dans la région de Yamashiro, entre Kyoto et Nara, des guerriers de village s’assemblent et exigent le départ des armées qui se battent chez eux. Ils se donnent des règles et gouvernent leur région pendant huit ans. Au Kaga, sur la mer du Japon, des fidèles bouddhistes se soulèvent en 1488, le gouverneur se donne la mort, et les ligues gardent la province jusqu’en 1580.
Des seigneurs qui écrivent des lois
Les daimyō qui survivent écrivent des lois pour leurs terres. En 1526, la famille Imagawa publie un code de trente-trois articles. En 1547, Takeda Shingen publie le sien. Il punit de la même façon les deux hommes qui se battent, et il interdit d’écrire à d’autres provinces. Ces lois règlent surtout les rapports du seigneur avec ses vassaux.
Le mystère des trois mille arquebuses
Les arquebuses, des armes à feu, arrivent selon la tradition en 1543 sur l’île de Tanegashima. Le récit qui le raconte a pourtant été écrit plus de soixante ans plus tard.
En 1575, à Nagashino, l’armée d’Oda Nobunaga, protégée par des palissades, repousse l’armée Takeda. On raconte que trois mille arquebusiers tiraient par rangs successifs. La chronique écrite par un vassal de Nobunaga, conservée à l’université d’Okayama, parle pourtant de mille arquebuses. Un caractère « trois » a été ajouté devant, sans doute plus tard. Les trois mille hommes viennent d’un écrivain du XVIIᵉ siècle, et le tir en trois rangs a été fixé par l’armée japonaise au début du XXᵉ siècle. Les armes à feu ont bien changé la guerre, mais la plupart des soldats Takeda combattaient sans doute à pied, et non à cheval.
Des captifs vendus
Pour les simples soldats, la guerre servait aussi à piller et à capturer des gens. En 1566, après la prise d’un château, des habitants sont vendus pour vingt ou trente pièces de monnaie chacun. Des marchands portugais achètent aussi des Japonais. En 1587, Hideyoshi leur ordonne d’arrêter et de libérer leurs captifs.
Personne n’a compté les morts de ce siècle, ni les personnes vendues.
Le désarmement qui n’a pas eu lieu
En 1588, Hideyoshi ordonne aux paysans de rendre sabres, lances et arquebuses. Le métal doit servir à fabriquer les clous d’une grande statue du Bouddha. On a longtemps cru que les paysans avaient ainsi été désarmés. Un historien, Fujiki Hisashi, a montré que non. L’édit réservait surtout aux guerriers le droit de porter le sabre. Plus tard encore, à l’époque d’Edo, des paysans gardaient des fusils pour protéger leurs champs contre les sangliers, les cerfs et les oiseaux.
Le débat sur les dates du Sengoku, l’étude du manuscrit de Nagashino et la discussion sur le sens du mot tenka occupent l’article classique.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Toyotomi Hideyoshi, sauvegarde (kinsei) adressée à « Kozukue-shō no uchi yonin-shū kakaebun » (小机庄之内四人衆拘分), quatrième mois de Tenshō 18 (1590), trois articles (pillage et violence, incendie, exigences indues envers les paysans), original sur papier ōdaka danshi doublé, 46,8 × 65,7 cm, retrouvé en 2021-2022 collection de la famille Suzuki Chiyoei, Kozukue-chō, Yokohama ; copie au temple Unshō-in ; publié par Asuwa Aomi (2024)
- Placard de sauvegarde de Hōjō Ujikatsu, seigneur de Tamanawa, et sauvegarde de Toyotomi Hideyoshi délivrés à Nagata-gō, district de Kuraki, quatrième mois de Tenshō 18 (1590) Kanagawa kenshi, shiryō-hen 3 ge, 1979, n° 9765, cité d’après Asuwa Aomi (2024)
- Daijōin jisha zōjiki, journaux des abbés du Daijō-in du Kōfuku-ji, principalement de Jinson (1430-1508), 1450-1527, reliure fukuro-toji, documents au verso, bien culturel important désigné le 26 juin 2002 ; entrée du onzième jour du douzième mois de Bunmei 17 (1485) sur l’assemblée du sud du Yamashiro Archives nationales du Japon (Kokuritsu kōbunshokan), Tokyo ; entrée citée d’après la notice de Kurokawa Naonori (Kotobank)
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Sources primaires (suite)
- Ichijō Kaneyoshi, Shōdan chiyō, traité de gouvernement en huit articles adressé au shogun Ashikaga Yoshihisa, Bunmei 12 (1480), article sur l’arrêt de l’emploi des ashigaru cité d’après la notice de la Nipponica (Kotobank), édition non consultée
- Imagawa Ujichika, Imagawa kana mokuroku, Taiei 6 (1526), 33 articles (31 dans le manuscrit Kurokawa), et Imagawa Yoshimoto, Kana mokuroku tsuika, Tenbun 22 (1553), 21 articles, article 20 manuscrits Imagawa-ki-bon et Kurokawa-bon ; éd. Chūsei hōsei shiryōshū, vol. 3 ; cité d’après les notices de Kotobank
- Takeda Harunobu (Shingen), Kōshū hatto no shidai, premier jour du sixième mois de Tenbun 16 (1547), version de 26 articles revêtue du kaō de Harunobu, version de 55 articles suivie de deux articles additionnels éd. Chūsei hōsei shiryōshū ; cité d’après la notice de Katsumata Shizuo (Kotobank)
- Nanpo Bunshi (Bunshi Genshō), Teppōki, récit de l’arrivée des armes à feu à Tanegashima, début du XVIIᵉ siècle (1607 selon P. Varley), achat de deux arquebuses par Tanegashima Tokitaka en 1543 texte transmis dans le Tanegashima kafu, vol. 4, réédité dans les Kagoshima-ken shiryō en 1994, d’après la notice de Miki Yasushi (Kotobank)
- Ōta Gyūichi, Shinchō-ki (dit Shinchō kōki), exemplaire autographe en quinze volumes, hauteur env. 23 cm, colophon où l’auteur se dit âgé d’environ quatre-vingts ans, passage de Nagashino (« mille » arquebuses, caractère « trois » ajouté) Bibliothèque de l’université d’Okayama, fonds Ikeda (Ikeda-ke bunko), 貴-48 ; bien culturel important
- Oze Hoan (1564-1640), Shinchōki, début de l’époque d’Edo, passage sur les trois mille arquebuses de Nagashino tirant à tour de rôle édition non consultée, cité d’après Hamada Kōichirō (2023) et P. Varley (2007)
- Sanbō honbu (état-major de l’armée impériale), Nihon senshi, Tokyo, Genshinsha, série publiée de 1893 à 1911, volume Nagashino-eki (1903 selon Hamada Kōichirō, 1910 selon P. Varley) Bibliothèque nationale de la Diète, série cotée 77-30 ; notice du volume Nagashino-eki non consultée [À VÉRIFIER]
- Nagashino kassen-zu byōbu, version dite Naruse-bon, paravent figurant la bataille de 1575, l’une de près de dix versions conservées Inuyama-jō Hakutei bunko, Inuyama ; date et numéro d’inventaire non relevés [À VÉRIFIER] ; décrit par nippon.com
- Toyotomi Hideyoshi, édit de 1587 exigeant des marchands portugais l’arrêt de l’achat de Japonais, la libération des captifs contre remboursement et le retour des Japonais vendus en Inde texte portugais dans Luís Fróis, História de Iapam, vol. 4, Lisbonne, Biblioteca Nacional, 1976, p. 401-403 ; traduction anglaise de Lúcio de Sousa reproduite par Medieval Slavery
- Toyotomi Hideyoshi, édit dit de la chasse aux sabres (katanagari-rei), huitième jour du septième mois de Tenshō 16 (1588), trois articles, exemplaire sur papier ōdaka danshi Shimazu-ke monjo, Bibliothèque de l’Institut d’historiographie (Shiryō hensanjo), université de Tokyo ; fonds classé trésor national en 2002 ; texte cité d’après la notice de Fujiki Hisashi (Nipponica) et celle de Miki Seiichirō (Kotobank)
- Chronique locale dite Wakōin wakan gōun, version « betsuhon » [titre À VÉRIFIER], vente des habitants et des soldats réfugiés au château d’Oda (Hitachi) en 1566 à vingt ou trente sen par personne édition non consultée, citée d’après Watanabe Daimon (2021)
Bibliographie
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- Ōta Gyūichi, The Chronicle of Lord Nobunaga, trad. et éd. J. S. A. Elisonas et J. P. Lamers, Leyde et Boston, 2011, xviii-509 p., Brill’s Japanese Studies Library 36, ISBN 978-90-04-20162-0 Brill
- Fujimoto Masayuki, Shinchō no sensō. « Shinchō kōki » ni miru Sengoku gunjigaku, Tokyo, 2003, 320 p., coll. Kōdansha gakujutsu bunko 1578 ; 1ʳᵉ éd. sous le titre Shinchō no Sengoku gunjigaku, JICC shuppankyoku, 1993 Kōdansha
- Fujiki Hisashi, Zōhyōtachi no senjō. Chūsei no yōhei to doreigari, nouvelle édition, Tokyo, 2005, coll. Asahi sensho 777, ISBN 978-4-02-259877-6 Asahi shinbunsha
- Fujiki Hisashi, Sengoku no mura o yuku, commentaire et édition de Shimizu Katsuyuki, Tokyo, 2021, 298 p., coll. Asahi shinsho, ISBN 978-4-02-295126-7 Asahi shinbun shuppan
- Fujiki Hisashi, Katanagari. Buki o fūin shita minshū, Tokyo, 2005, coll. Iwanami shinsho Iwanami shoten
- Minegishi Sumio, Kyōtoku no ran. Chūsei Tōgoku no « sanjūnen sensō », Tokyo, 2017, 224 p., coll. Kōdansha sensho métier 661, ISBN 978-4-06-258664-1 Kōdansha
- Kanda Chisato, Oda Nobunaga, Tokyo, 2014, 240 p., coll. Chikuma shinsho, ISBN 978-4-480-06789-0 Chikuma shobō
- Takei Kōichi, Buki to nōgu no Edo jidai. Katanagari kara bakumatsu made, Tokyo, 2026, 336 p., coll. Chikuma gakugei bunko, ISBN 978-4-480-51353-3 Chikuma shobō
- Asuwa Aomi, « 「小机庄之内四人衆拘分」宛ての豊臣秀吉禁制について », version remaniée d’un texte paru dans Kozukue-jō ato. Reiwa san, yo nendo shikutsu chōsa hōkokusho, Yokohama, 18 mars 2024 Commission d’éducation de la ville de Yokohama
- Lúcio de Sousa, The Portuguese Slave Trade in Early Modern Japan : Merchants, Jesuits and Japanese, Chinese, and Korean Slaves, Leyde, 2018 Brill
Sources en ligne
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- « 戦国時代 », notices du Nihon daihyakka zensho (Nagahara Keiji) et des autres dictionnaires Kotobankhttps://kotobank.jp/word/%E6%88%A6%E5%9B%BD%E6%99%82%E4%BB%A3-87341
- « 応仁・文明の乱か、明応の政変か。戦国時代の始まりはいつ? », Yamamoto Hirofumi, 26 mai 2019 WEB Rekishi kaidō, PHP Kenkyūshohttps://rekishikaido.php.co.jp/detail/6250
- « 享徳の乱 中世東国の「三十年戦争」 », présentation de l’ouvrage de Minegishi Sumio Kōdanshahttps://www.kodansha.co.jp/book/products/0000195622
- « 樵談治要 », notices de la Nipponica et des autres dictionnaires Kotobankhttps://kotobank.jp/word/%E6%A8%B5%E8%AB%87%E6%B2%BB%E8%A6%81-79514
- « 山城国一揆 », notices du Digital Daijisen et de Kurokawa Naonori (Sekai daihyakka jiten) Kotobankhttps://kotobank.jp/word/山城国一揆-144128
- « 大乗院寺社雑事記 », notice du bien culturel Bunka isan online, Agence pour les affaires culturelleshttps://online.bunka.go.jp/db/heritages/detail/135807
- « 富樫政親 », notices de la Nipponica, du Yamakawa Nihonshi shōjiten et des autres dictionnaires Kotobankhttps://kotobank.jp/word/%E5%AF%8C%E6%A8%AB%E6%94%BF%E8%A6%AA
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