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Biographie
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Oda Nobunaga, daimyo de l’unification inachevée

Époque moderne6 octobre 202616 min de lecture
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16 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Un cercueil sans corps au Daitoku-ji

Au dixième mois de Tenshō 10, à l’automne 1582, Hashiba Hideyoshi fait célébrer près du monastère zen du Daitoku-ji, au nord de Kyoto, des funérailles auxquelles il manque le défunt. Le corps d’Oda Nobunaga n’a pas été retrouvé dans les décombres du Honnō-ji, incendié quatre mois plus tôt. On brûle à sa place une statue de bois taillée à son effigie ; une seconde, faite en même temps selon la tradition du lieu, est restée au Sōken-in, pavillon funéraire élevé l’année suivante dans l’enceinte du monastère et nommé d’après le nom bouddhique du mort. La cour lui décerne après coup le titre de grand chancelier, daijō-daijin, qu’il n’a jamais exercé.

Enfant, Oda Nobunaga s’appelle Kippōshi ; adulte, les documents le nomment Saburō, puis par ses titres, Kazusa no suke ou Danjō no chū. Aucun document de 1534 n’enregistre sa naissance. L’année se calcule à partir des quarante-neuf ans que lui donnent les récits de sa mort, âge compté à la japonaise, où l’on a un an dès la naissance ; le mois, le jour et le lieu varient selon des généalogies postérieures, la recherche récente préférant le château de Shobata à celui de Nagoya. La mort est datée au jour près par les contemporains, le 2ᵉ jour du 6ᵉ mois de Tenshō 10, soit le 21 juin 1582. La réforme grégorienne ne retire ses dix jours au calendrier européen qu’en octobre de la même année, et les dates occidentales données ici restent donc juliennes.

Son père, Oda Nobuhide, commande une branche cadette de la maison Oda, qui tient l’Owari au nom des gouverneurs Shiba, dont l’autorité n’est plus guère qu’un titre. Nobunaga lui succède vers 1552 et passe la décennie à éliminer ses rivaux de même sang, parmi lesquels son frère cadet Nobukatsu, que d’autres textes nomment Nobuyuki.

Quatre actes font de ce seigneur de province un acteur de la capitale. Au 5ᵉ mois d’Eiroku 3 (1560), il défait à Okehazama l’armée d’Imagawa Yoshimoto, seigneur de Suruga et de Tōtōmi, qui est tué dans la bataille. En 1567, il prend le château d’Inabayama, dans la province de Mino, rebaptise la place Gifu et scelle dès lors ses actes d’un cachet de quatre caractères, tenka fubu, qu’on rend d’ordinaire par « étendre les armes sur le tenka », mot dont l’étendue exacte est aujourd’hui discutée. Au 9ᵉ mois de 1568, il entre à Kyoto avec Ashikaga Yoshiaki, que la cour nomme shogun, chef militaire suprême, quelques semaines plus tard ; en 1573, il le chasse de la capitale, et le shogunat des Ashikaga cesse de fonctionner. Ses armées combattent dans l’intervalle les Asai et les Asakura, incendient en 1571 l’Enryaku-ji du mont Hiei, défont les Takeda à Nagashino en 1575 et luttent dix ans contre les communautés armées de l’école bouddhique Jōdo shinshū, dont la forteresse d’Ishiyama Hongan-ji, à Osaka, se rend en 1580.

La cour impériale lui ouvre ses charges, gon-dainagon et général de la garde de droite en 1575, ministre de la Droite en 1577, titre dont il se démet au printemps suivant. À partir de 1576, il fait élever sur une colline du lac Biwa le château d’Azuchi. Sa correspondance porte la marque d’une chancellerie. L’Agence pour les affaires culturelles recense 1 122 lettres et ordres émis en son nom, dont une douzaine seulement passent pour autographes ; le plus sûr est un billet du 2ᵉ jour du 10ᵉ mois de Tenshō 5 (1577), conservé à l’Eisei Bunko de Tokyo, qui félicite Nagaoka Yoichirō (Hosokawa Tadaoki), âgé de quinze ans, d’être entré le premier dans le château de Kataoka.

Au printemps 1582, ses armées anéantissent la maison Takeda. Au début de l’été, il loge au Honnō-ji avec une faible escorte, pendant que Hideyoshi assiège les places des Mōri dans l’ouest et qu’une armée se rassemble, sous son fils Nobutaka, pour passer à Shikoku. À l’aube du 21 juin, Akechi Mitsuhide, l’un de ses principaux généraux, fait cerner le temple. Nobunaga y meurt ; son fils aîné Nobutada, attaqué le même jour dans la résidence voisine de Nijō, meurt aussi. La chronique d’Ōta Gyūichi, dont l’autographe est au Kenkun-jinja de Kyoto, lui prête à cet instant une seule formule, ze hi ni oyobazu, « inutile d’en discuter ».

Sur les raisons de Mitsuhide, tué moins de deux semaines plus tard, les documents se contredisent ou se taisent.

Presque tout ce qui précède vient de trois ensembles, une chronique achevée vers 1610 par un ancien serviteur, l’histoire du Japon qu’un jésuite portugais commence vers 1584, et les lettres émises au nom de Nobunaga. Il faut d’abord les prendre une à une, puis reprendre quatre épisodes revus par la recherche japonaise depuis les années 1980, avant de suivre la fabrication de sa figure, du culte que lui prête un missionnaire au sanctuaire que lui décrète le gouvernement de Meiji.

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