Connectez-vous pour enregistrer les articles, suivre votre progression et ajouter des favoris.

Suivez-nous :
⛵
Abonnez-vous pour bénéficier des playlists

Le massacre de Banda, 1621 : ce qu’a coûté la noix de muscade

L'âge d'or hollandaisAsie moderneTraites & esclavages20 octobre 2026◈ 70 sources vérifiées
Johannes Vingboons / Wikimedia Commons
15 min de lecture70 sources vérifiées
L’article complet en PDFAbonnez-vous pour bénéficier du téléchargement PDF

Les habitants de Run ont cédé leur île aux Hollandais en leur présentant un muscadier dans une bassine, « as the custom of these parts is in like cases », selon l’usage de ces régions en pareil cas. Le capitaine Humphrey Fitzherbert rapporte le geste à la Compagnie anglaise des Indes orientales le 27 mars 1621 (a. s.), depuis le Royal Exchange mouillé devant le château de Neira, dans une lettre que le calendrier des papiers d’État coloniaux, publié à Londres en 1870, résume sous le numéro 997. Le ton est amer. Les soldats de la Compagnie néerlandaise ont parcouru l’île, rasé les murs petits et grands sans épargner les tombes, puis hissé leurs couleurs sur un canon de l’ancien fort anglais. En décembre 1616, ces mêmes villageois avaient remis Run au roi d’Angleterre, et un témoin entendu à Londres en août 1622, Robert Randall, jurait avoir assisté à cette première cession. Fitzherbert ne dit pas qui portait l’arbre, ni ce qu’il est devenu.

La graine et son arille

Le muscadier, Myristica fragrans, donne un fruit dont on tire deux épices. La noix de muscade est la graine. Le macis, foelie pour les Hollandais, est l’arille, la membrane charnue et rouge qui l’enserre, et la pulpe se confit encore en Indonésie sous le nom de pala manis. Pendant l’époque moderne, entre la fin du XVᵉ siècle et la Révolution, l’arbre n’est cultivé en grand que dans un petit groupe d’îles volcaniques au sud des Moluques, que la candidature déposée par l’Indonésie à l’UNESCO le 30 janvier 2015 présente comme le lieu d’origine et l’unique site de production de la muscade et du macis. Neira abrite le mouillage, face au volcan Gunung Api ; Lonthor, que les cartes nomment aussi Banda Besar, est la plus grande ; Ai et Run s’étendent à l’ouest.

Le découpage européen des périodes ne s’applique pas à ces îles. Pour les siècles qui précèdent 1600, les archéologues parlent d’une période précoloniale tardive, et Peter Lape a étudié en 2000, dans World Archaeology, les recompositions politiques et religieuses des villages bandanais à ce moment. Ces villages sont gouvernés par des orang kaya, littéralement les « hommes riches », chefs et négociants à la fois, qui vendent leurs épices aux marchands de l’Asie maritime depuis des siècles quand les Portugais, puis les Hollandais, viennent en acheter.

Fondée en 1602, la Verenigde Oostindische Compagnie, ou VOC, apprend vite ce que coûte un fort à Banda. Le 22 mai 1609, sur Neira, l’amiral Pieter Willemsz. Verhoeff, venu imposer une forteresse et l’exclusivité des achats, est tué avec la plus grande partie de sa suite. J. A. van der Chijs, qui publie en 1886 à Batavia l’histoire de l’établissement néerlandais aux îles Banda, date le meurtre par la pirogue qui en apporte la nouvelle dans la nuit du 22 et décrit les corps décapités de Verhoeff et de deux officiers, sans donner de total. Vincent Loth compte quarante-six Néerlandais tués ; d’autres récits en donnent trente ou quarante. Le fort Nassau lui-même hésite entre deux dates, 1609 dans l’historiographie courante, 1607 dans le catalogue du Rijksmuseum, et le fort Belgica le domine à partir de 1611. La Compagnie interdit ensuite aux Bandanais de vendre à quiconque d’autre qu’elle. Ils continuent de livrer les Anglais, et c’est encore ce grief que retient la plaque fixée en 2012 sur le socle de la statue de Coen, à Hoorn.

« Dispereert niet »

À Amsterdam, l’idée d’une solution radicale circule tôt. Dans une lettre du 30 avril 1615, que Tristan Mostert et Wim Manuhutu citent pour l’exposition en ligne du Westfries Museum, les Heren XVII, les dix-sept administrateurs de la Compagnie, jugent désormais opportun de soumettre les Bandanais, d’extirper et de chasser les principaux, et de repeupler plutôt le pays avec des païens. Leurs lettres de 1620 et 1621, notent les mêmes auteurs, ne parlent plus de dépeuplement.

L’homme qui exécutera le projet le réclame dès 1618. Le 29 septembre, à bord du Wapen van Amsterdam mouillé devant Jacatra, Jan Pieterszoon Coen, qui dirige alors les affaires de la Compagnie aux Indes, demande aux directeurs une foule d’hommes, de navires et d’argent, faute de quoi, écrit-il, ils s’en repentiront. La phrase suivante est celle que les plaques et les biographies abrègent. H. T. Colenbrander l’a imprimée en 1919 à la page 399 du premier volume de son édition des papiers de Coen. « Dispereert niet, ontsiet uwe vyanden niet, daer en is ter werelt niet dat ons can hinderen noch deeren, want Godt met ons is. » Ne désespérez pas, ne redoutez pas vos ennemis, rien au monde ne peut nous arrêter ni nous nuire, car Dieu est avec nous. La version courte qui circule coupe ce qui suit, la promesse de grandes choses à faire aux Indes et de riches retours à envoyer chaque année. Dans son texte entier, la phrase sert d’argument à une demande de crédits.

Les Anglais compliquent le calcul. En décembre 1616, les habitants de Run se placent sous la souveraineté de Jacques Iᵉʳ, et Nathaniel Courthope, que Randall appelle le chef des Anglais de Run, tient l’île près de quatre ans avec une poignée d’hommes, sous la menace des navires hollandais ; les dates anglaises sont données ici en ancien style, les dates néerlandaises en nouveau style, comme dans les sources. Ses lettres de 1618, conservées à la British Library sous la cote IOR/G/40/25(3), le montrent écrivant aux Hollandais de Neira le 21 avril, à George Ball, à Bantam, les 24 avril, 5 juin, 18 et 25 juillet. Sa mort n’a pas de date sûre. Abraham Woofe, entendu à Londres le 14 août 1622, la place le 26 octobre 1620, Robert Randall en novembre. Entre-temps, les deux compagnies ont fait la paix. Un traité négocié à Londres en juin 1619 et scellé le 7 juillet leur donne une flotte commune et un conseil de défense, pour vingt ans selon une lettre du 9 juin, et Vincent Loth a montré qu’il avait surtout consolidé la position néerlandaise. Proclamée en grande solennité à Amboine le 19 février 1621, selon Fitzherbert, cette paix explique qu’il écrive cinq semaines plus tard que Run a été perdue « in the time of peace ».

789 zielen à bord du Dragon

Coen arrive devant Neira à la fin de février 1621 avec 1 655 hommes, chiffre sur lequel Mostert et Loth s’accordent, quand le nombre de navires varie selon les auteurs de quinze à dix-neuf. Des soldats japonais en font partie. La Compagnie en recrute à Hirado depuis 1613, et Adam Clulow a reconstitué l’emploi de ces mercenaires jusqu’à l’affaire d’Amboine ; Van der Chijs mentionne deux compagnies de quarante Japonais dans la garnison de Neira, Loth compte 286 soldats asiatiques dans l’expédition. Le 11 mars, au point du jour, l’assaut est donné à Lonthor. La Compagnie débarque à l’écart, selon le récit de Mostert, et prend la ville par le côté de la terre, le moins défendu.

Le sort des îles se joue ensuite à Selamon. Le 20 avril, Coen tente de se servir des habitants de ce village, qui se sont rendus, pour faire descendre des collines les gens de Lonthor. L’opération échoue. Le 24 avril, Coen et son conseil décident de dépeupler l’île, et les soldats encerclent Selamon. Le sommaire de la lettre du 6 mai porte, à la page 630, « Besluit, Banda te ontvolken », décision de dépeupler Banda, et la page suivante donne le compte. « Met het schip den Dragon senden wy na Jacatra 789 zielen, te weten 287 mannen, 256 vrouwen, 246 kinderen. » Par le Dragon, Coen envoie à Jacatra 789 âmes, 287 hommes, 256 femmes et 246 enfants, et il estime qu’il reste dans les montagnes de la grande île environ deux mille personnes, dont six cents hommes.

Les chiffres se suivent dans la même correspondance et chez Mostert. Environ 1 200 personnes sont enlevées des îles à la fin d’avril, et près de huit cents finissent à Batavia (aujourd’hui Jakarta), la ville que Coen a fondée en 1619 à la place de Jacatra. À la mi-juillet, 476 autres sont prisonnières. En janvier 1622, plus de cinq cents survivants sont convoqués à Batavia, huit orang kaya y sont exécutés et les autres réduits en esclavage. Run, qui s’était donnée aux Hollandais avec son muscadier, n’échappe pas au traitement. Le 12 septembre 1622, ses cent soixante hommes adultes libres sont mis à mort.

Ils n’étaient pas tous sur les îles

Quinze mille Bandanais avant la conquête, un millier après. Le chiffre organise presque tous les récits et ne vient d’aucun recensement. Willard Hanna avançait en 1978 une fourchette de treize à quinze mille habitants, Vincent Loth l’a reprise en 1995, et Frank Dhont parle encore en 2023 d’une société d’environ quinze mille marchands libres ; ces estimations reposent probablement, pour l’essentiel, sur des lettres de la Compagnie, qui ne contrôlait pas la population qu’elle prétendait compter. Amitav Ghosh, dont La Malédiction de la muscade (2021, traduite en 2024) a fait connaître l’affaire hors des Pays-Bas, retient les quinze mille et dit le peuple de Banda exterminé. Une estimation du temps, que rapporte Mostert, évalue à environ 2 500 les Bandanais morts de faim et de misère pendant la campagne. Beaucoup ont fui. Au moins 1 500 atteignent Seram en 1624, et l’on trouve environ six cents hommes bandanais aux îles Kei en 1630. Sur Kei Besar, à quelque trois cents kilomètres de Banda, les villages de Banda Eli et de Banda Elat, fondés par des fugitifs, parlent encore une langue que Katharine McGregor et Ana Dragojlovic nomment turwandan et que l’on ne parle plus à Banda. Michiel Baas en a tiré en 2021, dans la lettre de l’Institut international d’études asiatiques de Leyde, une objection au récit d’une extermination totale. Des milliers de Bandanais sont morts de la violence néerlandaise, admet-il, mais l’idée que les quinze mille habitants ont tous été tués sert surtout une leçon de morale sur le passé colonial, et elle fait de Coen l’artisan d’un empire de quatre siècles qui n’a jamais existé comme tel. Marjolein van Pagee, photographe et militante, qui emploie le mot de génocide, rejoint Baas sur les chiffres par un autre chemin. Une grande partie des Bandanais n’était pas sur les îles à l’arrivée de Coen, écrit-elle en 2024, et répéter qu’ils ont presque tous été tués efface les Wandanais de Kei, leurs descendants.

Les historiens qui parlent de génocide ne s’appuient pas d’abord sur le bilan. Frank Dhont, dans le deuxième volume de la Cambridge World History of Genocide, décrit une campagne qui a détruit la civilisation de l’archipel, tué ou asservi ses élites et livré ses terres à la Compagnie. Le meilleur argument de ce camp est de la main des acteurs. La lettre de 1615 veut repeupler avec des païens, la décision du 24 avril veut dépeupler, et le mot passe tel quel dans le sommaire d’une édition savante de 1919. L’intention de vider les îles de leurs habitants est écrite avant tout comptage des morts, ce qui ôte aux chiffres une partie de leur poids dans la qualification. Jur van Goor, dans sa biographie de Coen parue chez Boom en 2015, traite au contraire Banda comme un épisode d’exception dans une carrière de marchand, d’après le compte rendu de Djoeke van Netten, qui parle elle-même du meurtre de plus de dix mille Bandanais.

Les directeurs ont réagi par écrit. Le 14 avril 1622, les Heren XVII répondent à Coen qu’ils auraient espéré voir l’affaire réglée par des moyens plus pacifiques, que les gens de Banda ont subi une lourde punition pour leurs meurtres, leurs révoltes et leurs infidélités passées, et qu’il faut s’en tenir là ; ils lui recommandent instamment de ne pas entrer dans une nouvelle guerre avec les peuples des Indes. On ne connaît ici ce texte, imprimé au quatrième volume de Colenbrander, pages 539 et 540, que par la traduction en néerlandais moderne d’un dossier pédagogique du Kenniscentrum Rotterdam. Le 23 octobre 1623, les mêmes directeurs accordent à Coen, « over de conqueste van de eylanden van Banda », une gratification de 3 000 florins carolus, d’après la résolution que Colenbrander cite en 1933 dans la revue De Gids. La même année, l’ancien gouverneur général Laurens Reael répond aux propositions de Coen que les guerres de la Compagnie ont jeté les Bandanais, à plusieurs reprises, dans une famine extrême, et qu’on l’aurait évitée en les laissant cultiver davantage leurs terres.

À Hoorn, le 6 février 2024, le conseil municipal a encore repoussé la décision sur la statue de Coen.

Soixante-huit parcelles pour la Compagnie

Les îles vidées sont redistribuées. Les terres cultivables sont découpées en soixante-huit perken, trente-quatre sur Lonthor, trente et un sur Ai et trois sur Neira, d’après le décompte de Hanna que reprennent deux mémoires soutenus à Leyde en 2020 et 2021. Chaque parcelle est confiée à un perkenier qui ne la possède pas. La Compagnie reste propriétaire du sol, interdit de vendre les plantations, achète toute la récolte à prix fixe et fournit au perkenier, au prix coûtant, des esclaves, du riz et des vêtements. Phillip Winn y voit un exemple rare et sans équivoque de mode de production esclavagiste en Asie du Sud-Est. Les Bandanais asservis ne forment, selon lui, qu’un peu plus du dixième de cette main-d’œuvre, répartis à dessein dans les îles pour leur savoir-faire.

Le monopole rapporte. En 1641, la Compagnie expédie 386 048 livres de muscade et 163 579 livres de macis, et revend la muscade à 5 335 % de son prix d’achat, le macis à 1 072 %, contre 270 % pour le poivre. Les pourcentages sont ceux de W. M. Witteveen, dans sa thèse de 2011 sur Antonio van Diemen, tels que les cite un mémoire de Leyde de 2020, qui donne aussi les quantités et ne précise pas comment est calculé le prix d’achat. Sybille Miske a contesté en 2026, dans le Journal of Southeast Asian Studies, l’idée d’une culture rationalisée par la Compagnie. Elle trouve une grande continuité des méthodes entre la période précoloniale et les premières décennies de la colonie, et une productivité qui stagne ou recule après la conquête. Si elle a raison, la marge de 1641 tient au contrôle de l’offre, conclusion qu’il faut tirer soi-même de son article.

La Compagnie a voulu voir son bien. Vers 1662-1663, la chambre d’Amsterdam commande à l’atelier de Johannes Vingboons une vue de Neira à vol d’oiseau, toile de 96,8 sur 139,5 centimètres conservée au Rijksmuseum sous le numéro SK-A-4476, payée avec trois autres environ 1 040 florins selon l’estimation du catalogue. On y voit un navire hollandais devant le fort Nassau, le fort Belgica sur sa hauteur, un champ de potences près du village et, de l’autre côté de l’île, des parcs à muscadiers séparés par des clôtures. Le peintre en a figuré cinq, relève le catalogue, alors que Neira n’en a jamais compté plus de trois.

Le monopole s’est défait ailleurs, plant par plant. En 1769-1770, une expédition armée par Pierre Poivre, intendant des îles de France et de Bourbon, rapporte à Port-Louis quatre cent cinquante plants de muscadier, et en 1778 la première noix récoltée hors des colonies hollandaises est cueillie solennellement à l’île de France (aujourd’hui Maurice), sa graine expédiée à Versailles, selon la notice que Jean-Marc Gohier consacre à Poivre dans le dictionnaire des académiciens de Lyon.

Run, elle, était restée hollandaise, et c’est là que se loge l’histoire la plus répétée du sujet, celle d’une île à muscade échangée contre Manhattan. Le traité de paix conclu à Breda le 21/31 juillet 1667, que les imprimeurs du roi publient la même année à Londres, dans le Savoy, ne nomme ni Run, ni la Nouvelle-Néerlande, ni Manhattan. Son article III stipule que chaque partie gardera, avec pleine souveraineté, les terres, îles, villes, forts et colonies qu’elle tenait le 10/20 mai précédent, aucune n’étant exceptée. Les Anglais conservent donc la Nouvelle-Néerlande, conquise en 1664, et les Provinces-Unies Run. L’effet ressemble à un troc, et l’on comprend que les récits l’aient retenu ainsi ; le texte organise deux maintiens en possession. Les Hollandais reprennent d’ailleurs la ville en 1673, et c’est le traité de Westminster, en 1674, qui la rend aux Anglais. Le récit du troc doit beaucoup au livre de Giles Milton, Nathaniel’s Nutmeg, paru en 1999, dont l’auteur écrit encore sur son site que l’héroïsme de Courthope a mis en branle les événements menant à la fondation de « the greatest city on earth ».

Devant le fort Nassau, sous la pluie

On ne connaît aucun récit bandanais écrit au moment des faits. Le texte malais que M. S. Neirabatij, orang kaya de Lonthor, rédige en 1922, connu par le résumé qu’en publie Ph. S. van Ronkel en 1945, puis tenu pour perdu jusqu’à ce que le conservateur Diederick Wildeman l’identifie dans les années 1990 au Scheepvaartmuseum d’Amsterdam, raconte l’histoire des îles avant les Européens, l’arrivée de l’islam, le jeune esclave Agastoe emmené aux Pays-Bas et revenu comme interprète. Dans le résumé anglais qu’en a donné Joëlla van Donkersgoed, les pages où paraissent Coen et le fort Nassau ne racontent ni la conquête ni l’exécution des orang kaya. Tout ce qui suit vient du côté néerlandais.

Le nombre des suppliciés change selon la source. Coen écrit le 16 novembre 1621, page 641 de l’édition Colenbrander, que quarante-cinq orang kaya ont été arrêtés, que le conseil les a tous condamnés à mort, que quarante-quatre ont été « met den swaerde gerecht », exécutés par l’épée, que deux sont morts sous la torture et qu’un dernier s’est jeté par-dessus bord et noyé. Le compte ne tombe pas juste, quarante-sept morts pour quarante-cinq prisonniers, et Mostert, qui parle de quarante-sept captifs, corrige sans doute à bon droit le premier chiffre. La version en néerlandais moderne du témoignage oculaire donne quarante-six prisonniers ; Loth écrit quarante-huit décapités. Le chiffre de quarante-quatre nous paraît le plus sûr pour les exécutions elles-mêmes, parce que celui qui le donne est le gouverneur qui a fait exécuter la sentence et qu’il ne gagnait rien à le réduire.

Le récit de l’exécution vient d’un texte anonyme, la Conqueste van het eilant Banda, que Van der Chijs tient pour l’œuvre d’un témoin oculaire et cite longuement en 1886. Des dossiers pédagogiques néerlandais l’attribuent à Nicolaes van Waert, lieutenant au service de la Compagnie, en invoquant l’avis d’historiens qu’ils ne nomment pas ; Van der Chijs ne prononce pas ce nom.

Le 8 mai 1621, une bonne quarantaine de Bandanais, presque tous orang kaya et notables, ont déjà été torturés à bord du Dragon et du Zierikzee. Devant le fort Nassau, on a dressé un enclos rond de longues perches de bambou, gardé par des soldats. Huit condamnés, jugés les plus coupables, sont placés à part. La sentence, qui leur reproche d’avoir conspiré contre la vie du gouverneur général, est lue sous une pluie battante. Six Japonais armés de sabres tranchants coupent alors en deux les huit principaux, leur tranchent la tête et jettent les troncs « in vier quartieren », avant de décapiter et d’écarteler les autres, exécution que l’auteur juge « seer wreedelycken » à regarder. Les têtes sont plantées sur des bambous, les morceaux des corps accrochés autour. Aucun des condamnés ne résiste. Un seul demande en néerlandais « myn Heeren, en isser dan geen genade ? », messieurs, n’y a-t-il donc pas de grâce. « Aldus syn sy gepasseert », conclut l’anonyme, « Godt weet, wie recht heeft », ainsi sont-ils trépassés, Dieu sait qui a raison, et il ajoute que chacun, la chose faite, regagna son quartier avec stupeur, sans prendre aucun plaisir à pareil commerce, « gheen behaeghen hebbende in sulcken coophandel ».

Pour aller plus loin

La conquête de Banda prépare l’affaire d’Amboine, où la Compagnie néerlandaise fait exécuter en 1623 des marchands anglais et des soldats japonais accusés de complot. Elle croise l’histoire de Batavia, fondée par Coen en 1619, et celle de Pierre Poivre et des jardins de l’île de France, où la muscade a poussé pour la première fois hors des possessions hollandaises.

Se connecter pour enregistrer
Se connecter pour enregistrer
Suivez-nous :

Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Jan Pieterszoon Coen, lettre aux Heren XVII, « In ’t schip ’t Wapen van Amsterdam, leggende ontrent Jaccatra », 29 septembre 1618, passage « Dispereert niet » H. T. Colenbrander (éd.), Jan Pietersz. Coen. Bescheiden omtrent zijn bedrijf in Indië, t. I, ’s-Gravenhage, Martinus Nijhoff, 1919, p. 399
  2. Jan Pieterszoon Coen, lettre aux Heren XVII du 6 mai 1621, départ pour Banda, assaut de Lonthor le 11 mars, « Besluit, Banda te ontvolken » (p. 630), 789 âmes envoyées à Jacatra par le Dragon (p. 631) Colenbrander, t. I, 1919, p. 625-631 ; environ 1 200 personnes enlevées des îles, même volume, p. 639
  3. Jan Pieterszoon Coen, lettre aux Heren XVII du 16 novembre 1621, arrestation de 45 orang kaya, 44 « met den swaerde gerecht », deux morts sous la torture, un noyé Colenbrander, t. I, 1919, p. 641
Voir les 67 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Heren XVII, lettre du 30 avril 1615 sur la soumission des Bandanais et le repeuplement des îles Colenbrander, t. IV, p. 307 ; citée d’après la traduction anglaise de T. Mostert et W. Manuhutu (voir sources en ligne)
  2. Heren XVII, lettre à Coen du 14 avril 1622 Colenbrander, t. IV, p. 539-540 ; citée d’après la traduction en néerlandais moderne du dossier « Dit is van ons » du Kenniscentrum Rotterdam (voir sources en ligne)
  3. Résolution des Heren XVII du 23 octobre 1623 accordant à Coen 3 000 florins carolus « over de conqueste van de eylanden van Banda », et réfutation des propositions de Coen par Laurens Reael, fin 1623 citées par H. T. Colenbrander, « Coen in patria », De Gids 97, 1933
  4. Anonyme, Conqueste van het eilant Banda en in wat manieren het selvige is verovert anno 1621, récit de l’exécution du 8 mai 1621 cité par J. A. van der Chijs, De vestiging van het Nederlandsche gezag over de Banda-eilanden (1599-1621), Batavia, 1886 ; attribution à Nicolaes van Waert non vérifiée
  5. Humphrey Fitzherbert, lettres à la Compagnie anglaise des Indes orientales, Amboine, 10 mars 1621 (a. s.), et à bord du Royal Exchange devant le château de Neira, 27 mars 1621 (a. s.), cession de Run « by presenting them with a nutmeg tree in a basin » W. Noel Sainsbury (éd.), Calendar of State Papers, Colonial Series, East Indies, China and Japan, vol. 3, 1617-1621, Londres, 1870, n° 990 et 997
  6. Pièces sur le traité anglo-néerlandais de 1619, articles de juin, scellement du 7 juillet (a. s.), flotte commune et conseil de défense Calendar of State Papers, East Indies, vol. 3, Londres, 1870, n° 679-681, 686, 703 et 712
  7. Dépositions de Robert Randall (11-14 août 1622) et d’Abraham Woofe (14 août 1622) sur la cession de Run en décembre 1616 et la mort de Nathaniel Courthope W. Noel Sainsbury (éd.), Calendar of State Papers, East Indies, vol. 4, 1622-1624, Londres, Her Majesty’s Stationery Office, 1878, n° 125
  8. Nathaniel Courthope, lettres écrites de Pulau Run aux Hollandais de Neira (21 avril 1618) et à George Ball à Bantam (24 avril, 5 juin, 18 et 25 juillet 1618), « Bandas and Amboina correspondence » British Library, India Office Records, IOR/G/40/25(3)
  9. Articles of Peace & Alliance between Charles II and the States General, conclus à Breda le 21/31 juillet 1667, article III Londres, in the Savoy, imprimé par les ayants droit de John Bill et Christopher Barker, 1667 ; transcription EarlyPrint A32167
  10. Atelier de Johannes Vingboons, Vue de Banda Neira, Moluques, vers 1662-1663, huile sur toile, 96,8 × 139,5 cm, inscription « NEYRA. » Rijksmuseum, Amsterdam, SK-A-4476
  11. M. S. (Saleh) Neirabatij, hikayat de Lonthor, manuscrit en malais signé à Banda Besar le 22 décembre 1922 Het Scheepvaartmuseum, Amsterdam ; numéro d’inventaire non indiqué sur la page du musée

Bibliographie

  1. J. A. van der Chijs, De vestiging van het Nederlandsche gezag over de Banda-eilanden (1599-1621), Batavia et La Haye, 1886 Bataviaasch Genootschap van Kunsten en Wetenschappen
  2. Willard A. Hanna, Indonesian Banda : Colonialism and Its Aftermath in the Nutmeg Islands, Philadelphie, 1978, ISBN 0915980916 ; rééd. Bandanaira, 1991 Institute for the Study of Human Issues
  3. Vincent C. Loth, « Armed Incidents and Unpaid Bills : Anglo-Dutch Rivalry in the Banda Islands in the Seventeenth Century », Modern Asian Studies 29 (4), octobre 1995, p. 705-740, DOI 10,1017/S0026749X00016152 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S0026749X00016152
  4. Vincent C. Loth, « Pioneers and Perkeniers : The Banda Islands in the 17th Century », Cakalele 6, 1995, p. 13-35, ISSN 1053-2285 Center for Southeast Asian Studies, University of Hawai‘i
  5. Peter V. Lape, « Political dynamics and religious change in the late pre-colonial Banda Islands, Eastern Indonesia », World Archaeology 32 (1), 2000, p. 138-155, DOI 10,1080/004382400409934 World Archaeologyhttps://doi.org/10.1080/004382400409934
  6. Phillip Winn, « Slavery and cultural creativity in the Banda Islands », Journal of Southeast Asian Studies 41 (3), octobre 2010, p. 365-389, DOI 10,1017/S0022463410000238 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S0022463410000238
  7. W. M. Witteveen, Antonio van Diemen. De opkomst van de VOC in Azië, thèse de doctorat, université de Leyde, Amsterdam, 2011 Pallas Publications
  8. Adam Clulow, Amboina, 1623 : Fear and Conspiracy on the Edge of Empire, New York, 2019, 312 p., ISBN 9780231550376 Columbia University Press
  9. Jur van Goor, Jan Pieterszoon Coen (1587-1629). Koopman-koning in Azië, Amsterdam, 2015, ISBN 978 94 6102 036 6 Boom
  10. Djoeke van Netten, compte rendu de J. van Goor, Jan Pieterszoon Coen, BMGN – Low Countries Historical Review 131 (2), 2016, DOI 10,18352/bmgn-lchr.10209 BMGNhttps://doi.org/10.18352/bmgn-lchr.10209
  11. Frank Dhont, « Genocide in the Spice Islands : The Dutch East India Company and the Destruction of the Banda Archipelago Civilisation in 1621 », dans Ned Blackhawk, Ben Kiernan, Benjamin Madley et Rebe Taylor (dir.), The Cambridge World History of Genocide, vol. II, Cambridge, 2023, p. 186-214, DOI 10,1017/9781108765480 009 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/9781108765480
  12. Amitav Ghosh, La Malédiction de la muscade. Une contre-histoire de la modernité, trad. Morgane Iserte, 2024, coll. « Le monde qui vient », ISBN 9782381140544 – Wildproject ; éd. originale The Nutmeg’s Curse, Chicago, 2021 University of Chicago Press
  13. Katharine McGregor et Ana Dragojlovic, « Songs from another land : Decolonizing memories of colonialism and the nutmeg trade », Memory Studies 17 (3), 2024, p. 599-612, DOI 10,1177/17506980241242388 SAGEhttps://doi.org/10.1177/17506980241242388
  14. Sybille Miske, « Colonisation and Cultivation : Nutmeg Production, Labour, and Ecology on the Banda Islands before and after the Conquest of 1621 », Journal of Southeast Asian Studies, publié en ligne le 30 septembre 2026, DOI 10,1017/S0022463425100787 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S0022463425100787
  15. Giles Milton, Nathaniel’s Nutmeg, New York, 1999, 256 p. Farrar, Straus and Giroux
  16. Jean-Marc Gohier, « Pierre Poivre (1719-1786) », extrait du Dictionnaire historique des académiciens de Lyon Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon

Sources en ligne

  1. « Jan Pietersz. Coen, bescheiden omtrent zijn bedrijf in Indië », vol. 1, 1919, texte intégral Internet Archivehttps://archive.org/details/janpieterszcoenb01coen
  2. « Jan Pietersz. Coen : bescheiden omtrent zijn bedrijf in Indië », notice des huit volumes en accès libre HathiTrust Digital Libraryhttps://catalog.hathitrust.org/Record/103170330
  3. « De vestiging van het Nederlandsche gezag over de Bandaeilanden (1599-1621) » Internet Archivehttps://archive.org/details/devestigingvanh00indogoog
  4. « 1621 : violence and depopulation on and around Banda », Tristan Mostert avec Wim Manuhutu PALA, Westfries Museumhttps://pala.westfriesmuseum.nl/1621-2/1621-article/?lang=en
  5. « De schuldvraag van Banda », dossier pédagogique du programme « Dit is van ons », sources 4 et 6 Kenniscentrum Rotterdamhttps://www.kc-r.nl/media/1xxpr4z3/lesbrief_randprogramma-dit-is-van-ons_def.pdf
  6. « East Indies, China and Japan : March 1621 » British History Onlinehttps://www.british-history.ac.uk/cal-state-papers/colonial/east-indies-china-japan/vol3/pp418-425
  7. « East Indies, China and Japan : June 1619 » British History Onlinehttps://www.british-history.ac.uk/node/59843
  8. « East Indies, China and Japan : July 1619 » British History Onlinehttps://archive.british-history.ac.uk/node/59844
  9. « East Indies : August 1622 » British History Onlinehttps://www.british-history.ac.uk/node/60487
  10. « Bandas and Amboina correspondence. », IOR/G/40/25(3) British Library, catalogue des archiveshttps://searcharchives.bl.uk/catalog/041-000178323
  11. « Articles of Peace & Alliance » (Breda, 1667), transcription EarlyPrint A32167 Distant Readerhttps://distantreader.org/stacks/earlyprint/txt/A32167.txt
  12. « Treaty of Breda | Peace of Utrecht, Dutch-English War, 1667 | Britannica » Encyclopædia Britannicahttps://www.britannica.com/print/article/78668
  13. « The Dutch & the English Part 5 : The Return of the Dutch and What Became of the Wall », Michael Lorenzini, 1er juin 2017 NYC Department of Records & Information Serviceshttps://www.archives.nyc/blog/2017/6/1/the-dutch-the-english-part-5-return-of-the-dutch-what-became-of-the-wall
  14. « View of Banda Neira, Moluccas », notice de catalogue de SK-A-4476 Rijksmuseumhttps://www.rijksmuseum.nl/en/collection/SK-A-4476/catalogue-entry
  15. « The Historic and Marine Landscape of the Banda Islands », liste indicative, soumise le 30/01/2015 UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/6065
  16. « Myristica fragrans » Pl@ntUsehttps://uses.plantnet-project.org/fr/Myristica_fragrans
  17. « Definitieve tekst op sokkel JP Coen bekend », 14 mars 2012 NH Nieuwshttps://www.nhnieuws.nl/nieuws/76127/definitieve-tekst-op-sokkel-jp-coen-bekend
  18. « Besluit over lot standbeeld J.P. Coen wéér uitgesteld door gemeente », 7 février 2024 NH Nieuwshttps://www.nhnieuws.nl/nieuws/331637/besluit-over-lot-standbeeld-jp-coen-weer-uitgesteld-door-gemeente
  19. « Coen in patria », H. T. Colenbrander, De Gids 97, 1933 DBNLhttps://dbnl.org/tekst/_gid001193301_01/_gid001193301_01_0108.php
  20. « basic page research manuscript Banda | Het Scheepvaartmuseum » Het Scheepvaartmuseumhttps://www.hetscheepvaartmuseum.com/whats-on/exhibitions/manuscript
  21. « Hikayat Banda Lonthoir : Stories from Orang Kaya Lonthoir M.S. Neirabatij », résumé anglais par Joëlla van Donkersgoed Het Scheepvaartmuseumhttps://www.hetscheepvaartmuseum.nl/sites/default/files/2021-06/Vertaling_VanDonkersgoed.pdf
  22. « Genocide in the Spice Islands » Cambridge Core, Cambridge University Presshttps://www.cambridge.org/core/books/abs/cambridge-world-history-of-genocide/genocide-in-the-spice-islands/FB91452701BB794181164C59D08C659C
  23. « Ambon 1623 / Banda 1621. Dutch & British Colonial History Revisited », Michiel Baas, The Newsletter 89, été 2021 International Institute for Asian Studieshttps://iias.asia/the-newsletter/article/ambon-1623-banda-1621-dutch-british-colonial-history-revisited
  24. « Coen’s attempt to commit genocide on the Bandanese has failed », Marjolein van Pagee, 14 mars 2024 Histori Bersamahttps://historibersama.com/coens-genocide-attempt-on-the-bandanese-failed-omniboek/
  25. « Slavery and the perkeniersstelsel on the Banda Islands in the 1690’s », J. J. H. Berends, mémoire de master, 2020 Universiteit Leiden, Student Repositoryhttps://studenttheses.universiteitleiden.nl/access/item%3A2701596/download
  26. « The Perkeniersstelsel : Banda Plantation System in Comparative Perspective, 1621-1640 », Hsu Tzu-Yi, mémoire de master, 2021 Universiteit Leiden, Student Repositoryhttps://studenttheses.universiteitleiden.nl/access/item%3A3176471/view
  27. « Antonio van Diemen : de opkomst van de VOC in Azië », W. M. Witteveen, 2011 Leiden University Scholarly Publicationshttps://scholarlypublications.universiteitleiden.nl/handle/1887/16609
  28. « Armed Incidents and Unpaid Bills : Anglo-Dutch Rivalry in the Banda Islands in the Seventeenth Century » Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/modern-asian-studies/article/abs/armed-incidents-and-unpaid-bills-anglodutch-rivalry-in-the-banda-islands-in-the-seventeenth-century/D760CEE358E2FB1629EEBC2A1D9476D7
  29. « Pioneers and Perkeniers : The Banda Islands in the 17th Century », Vincent C. Loth, Cakalele 6, PDF dépôt de l’articlehttps://dasarkita5sila17845.wordpress.com/wp-content/uploads/2017/08/uhm-cseas-cakalele-v6-loth.pdf
  30. « Colonisation and Cultivation : Nutmeg Production, Labour, and Ecology on the Banda Islands before and after the Conquest of 1621 » Vrije Universiteit Amsterdam, Research Portalhttps://research.vu.nl/en/publications/colonisation-and-cultivation-nutmeg-production-labour-and-ecology/
  31. « Slavery and cultural creativity in the Banda Islands » Australian National University, Research Portalhttps://researchportalplus.anu.edu.au/en/publications/slavery-and-cultural-creativity-in-the-banda-islands/
  32. « Political dynamics and religious change in the late pre-colonial Banda Islands, Eastern Indonesia » Australian National University, Research Portalhttps://researchportalplus.anu.edu.au/en/publications/political-dynamics-and-religious-change-in-the-late-pre-colonial-/
  33. « The Violent History Behind Nutmeg », H. M. A. Leow, 14 mai 2026 JSTOR Dailyhttps://daily.jstor.org/the-violent-history-behind-nutmeg/
  34. « Recruiting Mercenaries in Japan », Adam Clulow Amboyna, site de recherche de l’auteurhttps://amboyna.org/node/3.html
  35. « Songs from another land : Decolonizing memories of colonialism and the nutmeg trade » SAGE Journals, Memory Studieshttps://journals.sagepub.com/doi/10.1177/17506980241242388
  36. Extrait de De vloek van de nootmuskaat, traduction néerlandaise d’Amitav Ghosh Boekhuishttps://download.boekhuis.nl/9789045051338_fragm-docb.pdf
  37. « Nathaniel’s Nutmeg – GILES MILTON » site de Giles Miltonhttps://www.gilesmilton.com/historybooks/nathaniels-nutmeg
  38. Compte rendu de Jur van Goor, Jan Pieterszoon Coen, par Djoeke van Netten BMGN – Low Countries Historical Reviewhttps://bmgn-lchr.nl/article/view/6456/6567
  39. « Pierre Poivre - LAROUSSE » Encyclopédie Larousse en lignehttps://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Pierre_Poivre/138577
  40. « Pierre Poivre (1719-1786) », Jean-Marc Gohier Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyonhttps://academie-sbla-lyon.fr/Dictionnaire/entree/802/pdf
La lettre

Vous avez aimé cet article ?

Les nouveaux récits de l’encyclopédie et l’enquête du moment.