Le 23 août 2007, une question écrite posée à la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement indien, demande si l’UNESCO a bien inscrit à son registre Mémoire du monde trente manuscrits du Rig-Véda, que les députés datent de 1800 à 1900 avant notre ère. La réponse de la ministre du Tourisme et de la Culture, Ambika Soni, confirme l’inscription et précise que le plus ancien des trente a été copié en 1464. Plus de trois mille deux cents ans séparent les deux chiffres.
Les députés avaient pris l’âge du texte pour celui de ses copies. Les manuscrits, rangés au Bhandarkar Oriental Research Institute de Pune dans des armoires de teck de Birmanie posées sur des blocs de pierre, portent des hymnes beaucoup plus vieux qu’eux, et presque tout l’intervalle entre la composition de ces hymnes et les copies de papier ou d’écorce a été franchi de mémoire, par des récitants qui n’avaient besoin d’aucun support pour les transmettre.
Mille vingt-huit hymnes sans une ligne écrite
Le recueil compte 1 028 hymnes et un peu plus de 10 500 strophes, répartis en dix livres que la tradition appelle maṇḍala, « cercles ». Stephanie Jamison et Joel Brereton, auteurs en 2014 d’une traduction anglaise intégrale, en décrivent l’architecture. Les livres II à VII, dits livres de famille, sont attribués chacun à une lignée de poètes, celles de Gṛtsamada, Viśvāmitra, Vāmadeva, Atri, Bharadvāja et Vasiṣṭha. Au livre IX sont rassemblés tous les hymnes au Soma, la boisson rituelle divinisée, au moment où elle se purifie en traversant un filtre de laine. Les livres I et X, ajoutés plus tard, comptent exactement 191 hymnes chacun, et les deux traducteurs n’y voient pas un hasard. À l’intérieur des livres de famille, les hymnes à Agni, le feu, viennent en tête, puis ceux à Indra, puis les autres dieux, chaque groupe étant rangé du plus long au plus court. Qui connaît le poète, le dieu, le nombre de strophes et le mètre d’un hymne peut donc le retrouver comme dans un index.
La date de composition se discute depuis le XIXᵉ siècle et se discutera probablement encore. Le principal argument, chez Jamison et Brereton, part d’une absence. Les hymnes nomment plusieurs métaux mais jamais le fer, que l’Atharva-Véda, recueil voisin et à peine plus jeune, connaît déjà ; or le fer apparaît dans le nord-ouest du sous-continent entre 1200 et 1000 avant notre ère. Un décompte de Michael Witzel, repris par les deux traducteurs, relève en outre cinq ou six générations de poètes et de rois nommés dans les hymnes et dans leurs index anciens. Jamison et Brereton en tirent une fourchette volontairement lâche, de 1400 à 1000 avant notre ère. On la préférera aux dates serrées qui circulent, parce que chacun de ses deux appuis peut se vérifier, l’un dans les textes, l’autre sur le terrain.
Ces poètes n’écrivaient pas. George Dunkel rappelle que la première écriture attestée en Inde est l’alphabet araméen, apporté par les Perses achéménides après 500 avant notre ère, et que les plus anciennes inscriptions indiennes, en brāhmī et en kharoṣṭhī, sont les édits du roi Aśoka, vers 250. La composition des hymnes, leur collecte et leur mise en ordre se sont donc faites de mémoire, d’abord dans les familles de poètes, puis sous une autorité assez forte pour imposer à toutes les mêmes règles de classement. Witzel pense à la tribu des Bharata, puis au royaume des Kuru, qui se forme vers 1000 avant notre ère ; l’hypothèse s’accorde avec les hymnes, mais personne n’a retrouvé le mécanisme exact de cette réunion.
Śākalya découpe le texte mot à mot
Le Rig-Véda que récitent aujourd’hui les brahmanes est celui d’une seule école, la Śākala, issue d’un maître de la fin de l’époque védique nommé Śākalya. Jamison et Brereton placent sa rédaction vers le milieu du Iᵉʳ millénaire avant notre ère. Elle se présente sous deux formes. La première, la saṃhitā ou « texte joint », enchaîne les mots en appliquant le sandhi, ces modifications de sons qui se produisent en sanskrit à la jointure de deux mots, un peu comme la liaison en français, avec des règles beaucoup plus contraignantes. La seconde, le padapāṭha ou « récitation mot à mot », défait toutes les jointures et rend à chaque mot sa forme isolée. Pour délier deux sons fondus, il faut savoir quels mots ils recouvrent, si bien que le padapāṭha est déjà une analyse grammaticale du recueil entier. Le Nirukta de Yāska, au livre VI, 28, l’attribue à Śākalya, et le Mahābhāṣya de Patañjali, vers 150 avant notre ère, fait de ce même Śākalya le rédacteur du texte joint.
Ce mot à mot sert aussi de témoin. Six strophes du texte joint n’y reçoivent aucune analyse, en VII, 59, 12, en X, 20, 1, en X, 121, 10 et en X, 190, 1 à 3. Jamison et Brereton en concluent qu’elles n’appartenaient probablement pas encore au recueil quand l’analyse a été faite, et qu’on les a ajoutées après coup, presque toutes au livre X, le plus mouvant de l’ensemble. Le texte fixé par Śākalya a donc encore bougé, de quelques strophes, après sa fixation.
D’autres écoles transmettaient d’autres versions. Le Caraṇavyūha, un traité annexe du Yajur-Véda, en énumère cinq, Śākala, Bāṣkala, Āśvalāyana, Śāṅkhāyana et Māṇḍūkāyana. La recension des Bāṣkala, perdue comme texte continu, se laisse reconstituer en partie grâce à d’autres textes, dont un index ancien. Elle ne retenait que sept des onze hymnes supplémentaires du livre VIII, dits Vālakhilya, ajoutait après le dernier hymne du livre X un second hymne de la concorde long de quinze strophes, et rangeait autrement une partie du livre I. Cette école a peut-être survécu jusqu’au XVIᵉ siècle, et un manuscrit de sa version dort peut-être quelque part sans avoir été identifié. La recension d’Āśvalāyana, publiée en 2009, suit celle de Śākala en y ajoutant 212 strophes, toutes tardives. Pour Jamison et Brereton, les écarts entre recensions se réduisent à l’ordre de quelques hymnes et à la présence ou à l’absence d’un petit nombre de strophes récentes.
La tradition garde de Śākalya un souvenir moins flatteur. Au livre III, 9, 26 de la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad, un Vidagdha Śākalya affronte le sage Yājñavalkya à la cour du roi Janaka, ne sait pas répondre à la dernière question et voit sa tête tomber ; des voleurs emportent même ses os, qu’ils prennent pour autre chose. Rien ne permet d’affirmer que ce disputeur malheureux et le grammairien du mot à mot soient le même homme.
Des mots tressés à Thrissur
Pour qu’aucune syllabe ne se perde, les écoles ont multiplié les manières de réciter un même passage. Après le texte joint et le mot à mot, l’élève apprend le krama, où les mots avancent deux par deux en se chevauchant, le premier avec le deuxième, le deuxième avec le troisième, et ainsi de suite. Les modes supérieurs, comme la jaṭā ou le ghana, font aller et revenir les mots d’un sens à l’autre, à la manière de brins tressés. L’intérêt tient à la redondance : chaque mot est prononcé plusieurs fois, dans des voisinages différents, sous sa forme liée comme sous sa forme isolée, et une faute introduite dans une récitation se heurte aussitôt à toutes les autres.
Au Kerala, les brahmanes nambudiri, longtemps isolés du reste de l’Inde par les Ghâts occidentaux, ont gardé leurs propres techniques, que Frits Staal a décrites dès 1961 et que Natalia Korneeva a observées sur place en 2014. Au maṭham de Thrissur, l’école traditionnelle qui fonctionne encore, l’enfant commence vers sept ou huit ans. Pendant les six premiers mois, le maître lui enseigne les accents de hauteur, que la récitation doit rendre aussi exactement que les sons, en lui déplaçant la tête de la main droite, tête droite pour la syllabe accentuée, tête baissée pour celle qui la précède, tête tournée à droite pour celle qui la suit, tête tournée à gauche pour les syllabes non accentuées qui s’accumulent ensuite. La main prend ensuite le relais de la tête, avec des gestes codifiés qui signalent aussi, dans le mot à mot, la fin de chaque mot. Quatre années d’étude, du matin au soir, servent à apprendre le texte joint en entier ; l’élève entre alors à l’école ordinaire et consacre encore ses matinées, ses soirées et ses congés, douze à quinze ans durant, au mot à mot, au krama puis aux deux formes tressées que le Kerala pratique encore, la jaṭā et le ratha. Les maîtres vérifient ce savoir par un jeu, le vāram, où douze petites pierres, huit en cercle et quatre au centre, désignent au hasard un livre, une leçon et une série de dix strophes, qu’un troisième participant doit réciter sur-le-champ.
La tradition de la récitation védique figure depuis 2008 sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO.
L’écorce de bouleau de Pune
Selon Jamison et Brereton, la transmission est restée exclusivement orale au moins jusque vers l’an 1000 de notre ère, et la date de la première mise par écrit est inconnue, faute de copie antérieure au XIVᵉ siècle. Le plus ancien manuscrit signalé par les deux traducteurs, conservé à l’université sanskrite Sampurnanand de Varanasi, date de ce siècle-là ; le plus ancien manuscrit daté du fonds de Pune porte la date de 1464. Même alors, la copie n’a jamais supplanté la récitation comme mode principal de transmission avant l’époque moderne. Les trente manuscrits de Pune ont été rassemblés à partir de 1868 par des savants mandatés par le gouvernement de la présidence de Bombay. Vingt-neuf sont écrits sur papier. Le trentième, coté 5/1875-76, vient du Cachemire. Il est tracé sur écorce de bouleau, en écriture śāradā, et ses feuillets devenus cassants sont séparés un à un par du papier de soie, dans une boîte capitonnée rangée dans un tiroir construit pour lui. Une partie des trente volumes porte le commentaire de Sāyaṇa, un savant du sud de l’Inde au XIVᵉ siècle, et cinq donnent le padapāṭha.
Le dossier de candidature déposé auprès de l’UNESCO affirme que ce manuscrit cachemirien a servi à Friedrich Max Müller pour son édition du texte accompagné du commentaire de Sāyaṇa, publiée à Londres de 1849 à 1874. Sa cote renvoie pourtant, selon l’usage du fonds, à une collecte de 1875-1876, postérieure au dernier volume de cette édition. Si l’emprunt a eu lieu, il concerne plus probablement la seconde édition, parue au début des années 1890, et le point mériterait d’être vérifié dans les préfaces de Max Müller. Le même document présente l’édition allemande de 1861-1863 comme une traduction complète, alors qu’il s’agissait d’une transcription du texte en caractères latins. En français, Louis Renou a traduit une grande partie du recueil dans ses Études védiques et pāṇinéennes, parues de 1955 à 1969, en classant les hymnes par divinité ; la série laisse de côté les hymnes à Indra et ceux aux Aśvin, les jumeaux divins.
« Un enregistrement sur bande »
En 1995, Michael Witzel décrit le Rig-Véda comme « un enregistrement sur bande de ce qui fut d’abord composé et récité il y a quelque 3 000 ans », un instantané de la situation politique et culturelle aussi sûr qu’une inscription. Frits Staal avait défendu en 1986 la même fidélité, dans laquelle il voyait l’une des racines de la science indienne, née dans la tradition rituelle sans le secours de l’écrit ; il a repris en français ses analyses du rituel en 1990, dans Jouer avec le feu. Les faits leur donnent raison sur un point précis. Quand un hymne du Rig-Véda reparaît dans l’Atharva-Véda ou le Sāma-Véda, l’ordre des strophes et les formes grammaticales changent souvent, et c’est presque toujours la version rigvédique qui est la plus ancienne. Les récitants du Rig-Véda n’ont, pour l’essentiel, touché ni à l’ordre des livres, ni à celui des strophes, ni aux mots, ni à la grammaire.
Le camp adverse a eu en Jack Goody un avocat de poids. L’anthropologue soutenait en 1987 que les Védas sont trop longs et trop cohérents pour avoir été composés et transmis sans écrit, puisque partout ailleurs la poésie orale varie d’une exécution à l’autre, et l’argument, fondé sur une comparaison à l’échelle du monde, n’a rien d’absurde. George Dunkel y a répondu en 2021 en séparant deux questions que l’argument confond, la fidélité de la transmission et le mode de composition ; la chronologie de l’écriture en Inde oblige de toute façon à situer tout le travail sur les hymnes avant l’apparition de l’écriture.
La formule de l’enregistrement a pourtant une limite, que Hermann Oldenberg avait repérée dès 1888. Ce qui s’est transmis sans faute est le texte de Śākalya, et ce texte portait déjà la trace d’une retouche du son des hymnes. Ses rédacteurs ont appliqué aux jointures de mots des règles de sandhi plus récentes que les poèmes, au point de fausser le mètre, et Oldenberg décrivait l’opération, qu’il nommait « diaskeuase orthoépique », comme si elle avait cherché à comprimer le texte dans le plus petit nombre possible de syllabes. Dès le premier hymne du recueil, l’exemple se lit sans peine. La strophe I, 1, 9 est en gāyatrī, un mètre à huit syllabes par vers ; dans le texte joint, l’élision de la voyelle initiale de agne, « ô Agni », ne laisse que sept syllabes au deuxième vers, et le troisième n’en compte que sept tant qu’on ne prononce pas svastáye en quatre syllabes, su(v)astáye. Le poète disait donc autre chose que les brahmanes d’aujourd’hui, à une syllabe près. Barend van Nooten et Gary Holland ont publié en 1994 le texte entier ainsi rétabli selon le mètre. George Dunkel compte sur leur édition 39 676 vers et près de 396 000 syllabes, des totaux propres au texte restitué, puisque chaque syllabe rétablie s’ajoute au compte.
La date de cette retouche partage encore les spécialistes. Pour Louis Renou, en 1947, les écoles rigvédiques et leur traité de phonétique, le Ṛgveda-Prātiśākhya, supposaient la rédaction définitive et lui étaient donc postérieurs. Pour Johannes Bronkhorst, en 1981, la retouche a duré assez longtemps pour que le grammairien Pāṇini en observe un état intermédiaire, n’était pas achevée quand ce traité a reçu sa forme actuelle, et ne s’est close qu’avec la disparition de la dernière version concurrente, sans doute celle des Bāṣkala.
Pour aller plus loin
Le sujet croise la grammaire de Pāṇini, née dans le même milieu d’analystes de la langue que le mot à mot de Śākalya, et les Gathas de Zarathoustra, que Jamison et Brereton tiennent pour le plus proche parent de la poésie rigvédique. Les Upanishads prolongent le tournant philosophique né du rituel védique, et le Vedānta en tire l’argument du brahman. Du côté du terrain, Mohenjo-daro et Harappa cadrent la civilisation de l’Indus que les hymnes ne nomment pas ; l’écriture brāhmī, dont les édits d’Aśoka fournissent les premiers témoins datés, marque le moment où l’Inde commence à graver.
On lit souvent que le Rig-Véda est arrivé jusqu’à nous sans une seule erreur. Ce livre sacré de l’Inde ancienne rassemble des chants adressés aux dieux. Des poètes les ont composés dans le nord-ouest du pays il y a environ trois mille ans. Pendant très longtemps, personne ne les a écrits. Cette mémoire a-t-elle vraiment tout gardé ?
Un recueil né de la voix
Le recueil réunit un peu plus de mille chants. Ils sont rangés en dix livres. Leur date exacte fait encore débat entre spécialistes. Un indice aide pourtant à la situer. Les poèmes citent plusieurs métaux mais jamais le fer, que des textes un peu plus récents connaissent déjà.
Ces poètes n’écrivaient pas, car l’écriture n’existait pas encore en Inde. Elle y arrive bien plus tard, sous l’influence des Perses. Tout passait donc de la bouche du maître à l’oreille de l’élève. Des familles de poètes gardaient leurs propres chants, puis quelqu’un les a réunis en un seul recueil. On ignore qui a mené ce travail, et comment.
Vers le milieu du millénaire suivant, un savant nommé Śākalya fixe la version que l’on récite encore aujourd’hui. Il en prépare aussi une seconde, où chaque mot est détaché de ses voisins. Dans la langue du texte, le sanskrit, les mots se déforment au contact les uns des autres. Pour les séparer, il faut comprendre la grammaire de chaque phrase. Ce découpage est donc déjà une analyse savante du texte entier.
D’autres écoles récitaient des versions un peu différentes. Elles ont presque toutes disparu. Un manuscrit de l’une d’elles existe peut-être encore, quelque part, sans que personne l’ait reconnu.
Des enfants qui récitent avec la tête
Pour ne rien oublier, les maîtres font réciter chaque passage de plusieurs manières. On le dit d’abord d’un seul tenant, puis mot par mot. On l’enchaîne ensuite par paires de mots qui se chevauchent. Les formes les plus savantes font aller et venir les mots, comme des brins que l’on tresse. Une erreur glissée dans une version se heurte alors à toutes les autres.
Au Kerala, une communauté de prêtres, les brahmanes, enseigne encore de cette façon. Chaque syllabe doit être dite sur la bonne hauteur de voix. Pour l’apprendre, l’enfant laisse le maître lui guider la tête avec la main. Tête droite pour la syllabe forte, tête baissée pour celle qui la précède. Plus tard, des gestes précis de la main prennent le relais.
Il faut quatre années pour savoir par cœur le texte continu. Les récitations tressées demandent ensuite plus de dix ans d’étude. Cette tradition est aujourd’hui protégée au titre du patrimoine immatériel de l’humanité.
La syllabe manquante
Pour le spécialiste Michael Witzel, ce texte ressemble à un enregistrement sonore très ancien. L’image vaut pour tout ce qui suit Śākalya. Quand un même chant figure dans deux recueils religieux de l’Inde ancienne, la version du Rig-Véda est presque toujours la plus vieille. Ses récitants n’ont, pour l’essentiel, changé ni les mots ni la grammaire.
Avant Śākalya, le tableau change. Le savant Hermann Oldenberg a repéré un problème. Les rédacteurs ont appliqué aux mots des règles de liaison plus récentes que les poèmes. Le rythme des vers en sort souvent abîmé.
Le tout premier chant du recueil en donne un exemple. Ses vers devraient compter huit syllabes. Dans la version récitée, l’un d’eux n’en a que sept. Le poète d’origine prononçait donc une syllabe que la tradition a fait disparaître. Des chercheurs ont reconstitué tout le texte selon son rythme de départ.
Personne ne sait quand ces retouches ont pris fin. Certains spécialistes les placent avant les premières écoles. D’autres pensent qu’elles ont duré longtemps, jusqu’à la disparition de la dernière version rivale. Quant aux manuscrits, les plus anciens datent seulement du XIVᵉ siècle. Nul ne sait quand le texte a été écrit pour la première fois.
À Pune, un vieux manuscrit du recueil est tracé sur de l’écorce de bouleau. Il vient du Cachemire, et ses feuilles devenues cassantes sont séparées une à une par du papier de soie.
La version complète raconte la tête perdue d’un certain Śākalya dans un vieux dialogue philosophique, et le décalage de dates entre ce manuscrit cachemirien et l’édition londonienne qu’il aurait servi à préparer.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Manuscrit du Rig-Véda sur écorce de bouleau, écriture śāradā, provenance Cachemire, n° 5/1875-76 [Bhandarkar Oriental Research Institute, Pune](https://media.unesco.org/sites/default/files/webform/mow001/india_rigveda.pdf
- Manuscrit du Rig-Véda daté de 1464, plus ancien manuscrit daté du fonds, n° 5/1882-83 [Bhandarkar Oriental Research Institute, Pune](https://media.unesco.org/sites/default/files/webform/mow001/india_rigveda.pdf
- Ṛgveda I, 1, 9, strophe en gāyatrī (vers de sept syllabes dans le texte joint), recension Śākala texte métriquement restitué dans l’édition van Nooten et Holland, 1994
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Sources primaires (suite)
- Padapāṭha de Śākalya, strophes sans analyse VII, 59, 12 ; X, 20, 1 ; X, 121, 10 ; X, 190, 1-3 recension Śākala
- Yāska, *Nirukta*, VI, 28 (Śākalya auteur du padapāṭha du Ṛgveda) édition de référence
- *Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad*, III, 9, 26 (mort de Vidagdha Śākalya), traduite et annotée par Émile Senart, Paris, 1934 Les Belles Lettres
- *Caraṇavyūha*, pariśiṣṭa du Yajur-Véda (liste des cinq écoles rigvédiques) édition de référence
Bibliographie
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- Hermann Oldenberg, *Die Hymnen des Ṛigveda, Band I : Metrische und textgeschichtliche Prolegomena*, Berlin, 1888 Wilhelm Hertz
- Johannes Bronkhorst, « The Orthoepic Diaskeuasis of the Ṛgveda and the Date of Pāṇini », *Indo-Iranian Journal* 23, 1981, p. 83-95 Indo-Iranian Journal
- Barend A. van Nooten et Gary B. Holland, *Rig Veda. A Metrically Restored Text with an Introduction and Notes*, Harvard Oriental Series 50, Cambridge (Mass.), 1994 Department of Sanskrit and Indian Studies, Harvard University
- Michael Witzel, « Early Indian History : Linguistic and Textual Parameters », dans George Erdosy (dir.), *The Indo-Aryans of Ancient South Asia. Language, Material Culture and Ethnicity*, Berlin, 1995, p. 85-125 Walter de Gruyter
- George E. Dunkel, [« The Oral Style of the R̥gveda »]( *Oral Tradition* 35 (1), 2021, p. 3-36 Oral Tradition, Center for Hellenic Studieshttps://journal.oraltradition.org/the-oral-style-of-the-r%CC%A5gveda/
- Frits Staal, [*The Fidelity of Oral Tradition and the Origins of Science*]( Mededelingen der Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen, Afd. Letterkunde, nieuwe reeks 49 (8), Amsterdam, 1986, 40 p. North-Hollandhttps://www.worldcat.org/title/fidelity-of-oral-tradition-and-the-origins-of-science/oclc/17920984
- Frits Staal, *Jouer avec le feu. Pratique et théorie du rituel védique*, Paris, 1990 Collège de France, Publications de l’Institut de civilisation indienne
- Frits Staal, *Nambudiri Veda Recitation*, La Haye, 1961 Mouton
- Jack Goody, *The Interface between the Written and the Oral*, Cambridge, 1987, p. 110-121 Cambridge University Press
- Louis Renou, [*Les écoles védiques et la formation du Veda*]( Cahiers de la Société asiatique 9, Paris, 1947 Imprimerie nationalehttps://archive.org/details/Renou1947LesEcolesVediques
- Louis Renou, *Études védiques et pāṇinéennes*, Paris, 1955-1969 Publications de l’Institut de civilisation indienne
- F. Max Müller (éd.), [*Rig-Veda-Sanhita. The Sacred Hymns of the Brahmans, together with the Commentary of Sayanacharya*]( Londres, 1849-1874 Wm. H. Allen and Co., sous le patronage de la Compagnie des Indes orientaleshttps://col.rct.uk/collection/1051270/rig-veda-sanhita-the-sacred-hymns-of-the-brahmans-together-with-the-commentary-of
Sources en ligne
- [« Rigvedasamhita, Rigvedasamhita-Padapatha and Rigvedasamhitabhashya », dossier de candidature réf. 2006-58]( UNESCO, programme Mémoire du mondehttps://media.unesco.org/sites/default/files/webform/mow001/india_rigveda.pdf
- [« Tradition of Vedic chanting »]( UNESCO, Patrimoine culturel immatérielhttps://www.unesco.org/en/intangible-cultural-heritage/tradition-vedic-chanting
- [« Manuscripts of Rig Veda in Heritage List of UNESCO », question écrite n° 1708, 23 août 2007]( Lok Sabha, Parlement de l’Indehttps://eparlib.sansad.in/bitstream/123456789/549685/1/49428.pdf
- [« The Oral Style of the R̥gveda », George E. Dunkel]( Oral Tradition Journal, Harvardhttps://journal.oraltradition.org/the-oral-style-of-the-r%CC%A5gveda/
- [« Vedic chanting in Kerala », Natalia A. Korneeva]( The Newsletter 69, International Institute for Asian Studies, Leydehttps://www.iias.asia/the-newsletter/article/vedic-chanting-kerala
- [« The orthoepic diaskeuasis of the Ṛgveda and the date of Pāṇini », Johannes Bronkhorst]( Serval, Université de Lausannehttps://api.unil.ch/iris/server/api/core/bitstreams/fc5d6be7-df4e-4035-9030-00d3db3923c7/content
- [« Renou 1947 Les Écoles Védiques »]( Internet Archivehttps://archive.org/details/Renou1947LesEcolesVediques

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