À l’ouest du tertre au stūpa de Mohenjo-daro, une tranchée creusée par Mortimer Wheeler en 1950 est restée dans la documentation pendant soixante-quinze ans avec la même étiquette : remblai de protection contre les crues. Une mission conjointe pakistano-américaine l’a rouverte pendant l’été 2025, puis pendant l’hiver suivant. Cinq nouvelles datations au radiocarbone et un carottage ont donné autre chose. La structure est un mur d’enceinte en briques crues, bâti par phases, dont la première repose sur une occupation antérieure que personne ne verra jamais.
Deux cent quarante hectares, un dixième fouillé
Daya Ram Sahni ouvre Harappa en 1921, Rakhal Das Banerji identifie Mohenjo-daro l’année suivante en cherchant un stūpa bouddhique, et John Marshall annonce en 1924 la découverte d’une civilisation inconnue. Les deux noms sont modernes : le premier est celui d’un village voisin, le second signifie en sindhi la butte des morts. Les campagnes s’enchaînent jusqu’en 1936, puis s’espacent.
Michael Jansen a fait les comptes. Sur environ un million de mètres carrés de ruines visibles à Mohenjo-daro, cent mille ont été dégagés, et la fouille a porté sur le haut de la séquence. Au moment des premières campagnes, la nappe phréatique se tenait à cinq mètres sous le sol ; le barrage de Sukkur et son réseau de canaux l’ont fait remonter dans les années 1930. Les tessons remontés des couches noyées ressemblent à ceux de Kot Diji et d’Amri, ce qui situe une occupation ancienne, mais on les tient par un seau, pas par une stratigraphie.
D’où l’intérêt des travaux de 2025, menés par Asma Ibrahim, Ali Lashari et Jonathan Mark Kenoyer. Le premier état du mur remonterait à la fin de la phase de Kot Diji, vers 2700 ou 2600 avant notre ère, un siècle avant la phase urbaine ; les états suivants ont été entretenus jusque vers 2200. Précision d’usage : ces résultats sont connus par la presse pakistanaise et par les déclarations des responsables de la mission, non par une publication scientifique consultable.
Le reste s’abîme. Entre le 16 et le 26 août 2022, la mission d’urgence dépêchée sur place a relevé 779,5 millimètres de pluie, plus du double du record annuel en dix jours. Des murs se sont effondrés.
Le roi-prêtre a été baptisé deux fois
La statuette porte le numéro de fouille DK 1909. Stéatite blanche peu cuite, dix-sept centimètres et demi de haut, onze de large, un buste brisé sous la poitrine. L’homme est barbu, la lèvre supérieure rasée, un bandeau à médaillon sur le front, un châle sur l’épaule gauche décoré de trèfles et de cercles percés, autrefois remplis de pigment rouge. Des incisions de la barbe débordent sur les joues sans avoir été reprises, signe probable d’un objet inachevé.
Ernest Mackay, qui dirigeait le chantier, y a vu un prêtre. Marshall a proposé un roi-prêtre, en partie parce qu’un de ses assistants avait remarqué que les paupières mi-closes dirigeaient le regard vers la pointe du nez, comme dans la méditation. Wheeler a retourné la formule en prêtre-roi. L’objet est conservé au musée national du Pakistan, à Karachi.
Le sceau de trois centimètres et demi de côté a connu le même sort. Marshall y reconnaît en 1931 un dieu assis jambes repliées, entouré d’animaux, coiffé de cornes, et propose un ancêtre de Śiva. Doris Srinivasan a repris le dossier en 1975. La coiffure à cornes et branches se retrouve sur des figurines féminines en terre cuite et sur d’autres sceaux, portée par des personnages debout comme agenouillés : elle ne désigne pas un dieu particulier, et le prétendu trident tient à la forme des branches. Srinivasan propose un homme-buffle. Elle maintient en revanche que la figure relève du domaine cultuel, et sur ce point le camp adverse garde un appui solide : la posture, talons joints et pointes tournées vers le bas, revient sur plusieurs sceaux, parfois devant des personnages inclinés. Ce qui est tombé, c’est le nom.
Une cité sans palais, et ce que l’absence prouve
Marshall avait noté dès 1931 le renversement par rapport à l’Égypte et à la Mésopotamie : là-bas, les moyens vont aux temples et aux tombes royales ; ici, les plus beaux ouvrages servent la commodité des habitants. Le grand bassin du tertre ouest en est le meilleur exemple. Onze mètres quatre-vingt-huit sur sept mètres un, deux mètres quarante-trois de profondeur, briques ajustées sur chant au plâtre de gypse, bitume sur les parois.
Adam Green a tiré la conséquence en 2021. Un siècle de recherche n’a produit ni tombe princière, ni palais, ni temple identifiable, ni monument à la gloire d’un individu, et l’effort pour normaliser l’Indus repose selon lui sur un postulat, celui qui veut que toute société complexe soit stratifiée. L’observation des premiers fouilleurs était juste.
L’objection la plus sérieuse vient des os. Gwen Robbins Schug et ses collègues ont examiné en 2012 les crânes des trois aires funéraires de Harappa. Le taux de traumatisme crânien y atteint 15,5 %, le plus élevé de toutes les séries squelettiques connues d’Asie du Sud, du Paléolithique à l’âge du fer. Les lésions augmentent du cimetière R-37, en usage pendant la phase urbaine, à l’aire G puis au cimetière H, et frappent davantage les femmes. L’aire G a livré un ossuaire, une vingtaine de crânes entassés avec des ossements épars, humains et canins. Une société peut donc être dépourvue de classe dirigeante visible et rester violente pour une partie des siens.
Trente-sept squelettes en neuf campagnes
Wheeler, lui, avait un coupable. Les hymnes du Rig-Veda décrivent Indra en destructeur de forteresses, les squelettes dispersés de Mohenjo-daro fournissaient les victimes, et l’invasion aryenne trouvait sa preuve matérielle.
George Dales a compté. Neuf années de fouilles, de 1922 à 1931, dans une ville de près de cinq kilomètres de tour, ont livré trente-sept squelettes ou fragments attribuables avec quelque certitude à la période harappéenne. Aucun dans la citadelle fortifiée, là où l’on attendrait une défense finale. Le groupe le plus photographié, quatorze corps dans la pièce 74 de la maison V du secteur HR, a divisé les fouilleurs eux-mêmes : celui qui creusait notait que quatre des corps reposaient au-dessus des ruines du mur sud, donc après l’abandon du bâtiment, quand Marshall inclinait pour des inhumations faites dans les heures suivant la mort. Le squelette de la ruelle dite du mort gisait non sur la surface de circulation, mais dans les remblais accumulés après l’abandon de la ruelle. Les neuf corps du bloc 10A gisaient dans une fosse dont Mackay reconnaissait n’avoir vu ni paroi ni creusement. Pas de couche de destruction, pas d’incendie généralisé, pas d’armes, pas d’armure.
Dales concède ce qui résiste. Deux squelettes trouvés dans un escalier du secteur DK ressemblent bien à une mort sur place. Kenneth Kennedy ajoutera l’argument biologique : aucun caractère squelettique ne permet de distinguer des envahisseurs indo-aryens dans les séries d’Asie du Sud. On tient des morts mal enterrés, répartis sur des siècles. Pas une bataille.
Quatre cents signes, cinq par inscription
Le corpus dépasse les cinq mille objets inscrits. Les listes de signes tournent autour de quatre cents unités de base, celle d’Asko Parpola en comptant 398 pour 1 839 variantes graphiques. Une inscription fait cinq signes en moyenne ; la plus longue sur une seule surface en compte dix-sept. Il n’existe aucun bilingue.
En 2004, Steve Farmer, Richard Sproat et Michael Witzel publient une attaque en règle : le système ne note pas une langue. Leur argument principal porte moins sur la brièveté que sur l’évolution. Après six siècles d’usage au moins, les signes ne dérivent dans aucune des directions qu’on observe ailleurs quand un système devient phonétique. Ils rapprochent les sceaux des systèmes d’emblèmes proche-orientaux, qui remplissent des fonctions religieuses et politiques sans encoder la parole.
Rajesh Rao et cinq coauteurs répondent en 2009 dans Science par une mesure statistique : l’entropie conditionnelle des séquences de l’Indus se situe plus près des langues naturelles que des systèmes non linguistiques connus. Sproat réplique l’année suivante que la présence d’une structure ne suffit pas à établir une fonction linguistique. Parpola maintient que les textes longs existaient sur feuille de palme ou sur tissu, supports qui ne se conservent pas dans ce climat. Reste à voir pourquoi la discussion peut ne jamais être tranchée : sans bilingue, avec des séquences de cinq signes, et si la langue notée n’appartient à aucune famille survivante, même une lecture phonétique exacte produirait des sons que personne ne saurait interpréter.
Une rivière disputée et un seul génome
Une partie des sites harappéens s’aligne sur le cours fossile du Ghaggar-Hakra, que certains identifient à la Sarasvatī des textes védiques. Liviu Giosan et son équipe ont montré en 2012 qu’aucun grand fleuve alimenté par les glaciers n’a traversé cette région pendant l’Holocène : les vallées profondes qu’il aurait creusées entre la Sutlej et la Yamuna n’existent pas. Restaient des rivières de mousson, pérennes tant que la mousson tenait. Le mouvement des sites suit l’assèchement. Après 3 900 ans avant le présent, la zone occidentale passe de 174 sites à 41, tandis qu’à l’est leur nombre monte de 218 à 853 pour une surface bâtie quasi inchangée. Les villes se dissolvent en villages.
Le camp adverse a produit sa meilleure pièce en 2019. Anirban Chatterjee, Jyotiranjan Ray et deux collègues ont daté les muscovites détritiques des sables gris du Ghaggar : 18,6 à 20,1 millions d’années, l’âge des roches du Haut-Himalaya, avec des rapports isotopiques du strontium et du néodyme qui pointent vers la Sutlej. Ces sables se déposent entre 9 000 et 4 500 ans avant le présent. La rivière a donc bien été pérenne jusqu’à une rupture de connexion vers 4 500. Les deux camps se rejoignent alors sur un point que les vulgarisations effacent. Quand les grandes villes se construisent, vers 2600, le fleuve himalayen a déjà cessé de couler là. Le désaccord porte sur les villages qui les ont précédées.
Reste ce qui est arrivé aux habitants. À Rakhigarhi, en Haryana, une équipe a prélevé soixante et un échantillons et fabriqué 252 banques d’ADN pour obtenir un seul génome exploitable, celui de l’individu I6113. Il ne porte aucune ascendance des pasteurs des steppes, aujourd’hui présente partout dans le nord-ouest du sous-continent. Onze individus du même profil, exhumés à Gonur et à Shahr-i Sokhta, hors du territoire de l’Indus, complètent le tableau. Toute la génétique ancienne de cette civilisation tient donc, à ce jour, sur un squelette et onze expatriés. Elle dit quelque chose des populations. Elle ne dit rien de la langue.
Un siècle de fouilles n’a localisé aucune aire funéraire à Mohenjo-daro. L’absence était déjà notée par les premiers fouilleurs, et elle a servi d’appui à la thèse du massacre. Harappa a ses trois cimetières et son ossuaire ; la plus grande ville de la civilisation de l’Indus n’a livré que des sépultures rencontrées par hasard au cours de travaux de conservation.
Pour aller plus loin
Le dossier croise Mehrgarh, au Baloutchistan, où les fouilles françaises ont dégagé une séquence agricole qui remonte au VIIᵉ millénaire et documente ce qui précède les villes. Il rejoint Rakhigarhi, en Haryana, l’un des plus vastes sites harappéens connus et le seul à avoir livré de l’ADN ancien. Il touche enfin le protoélamite, l’autre grand système d’écriture non déchiffré du Proche-Orient ancien.
On raconte souvent la civilisation de l’Indus comme une énigme parfaitement conservée : des villes en briques, des rues au cordeau, des égouts, et un peuple pacifique gouverné par des prêtres. Presque tout dans cette phrase vient des fouilleurs des années 1920 et 1930, pas des objets qu’ils ont sortis de terre. Voici ce que le sol dit vraiment, et où il se tait.
Des noms donnés par des étrangers
Deux grandes villes du Pakistan actuel ont été dégagées par des fouilleurs qui ignoraient sur quelle civilisation ils tombaient. Nous ne savons pas comment leurs habitants les appelaient. Les noms que nous employons sont modernes : l’un vient d’un village voisin, l’autre signifie en langue locale la butte des morts.
Cette ignorance vaut pour tout le reste. Aucun nom de roi ne nous est parvenu, aucun nom de dieu, aucun titre. Les habitants gravaient pourtant des signes sur des sceaux de pierre. Personne ne sait les lire.
Dans ce vide, les premiers archéologues ont mis des mots à eux. Une petite statue d’homme barbu est devenue le portrait d’un roi-prêtre. Un sceau représentant un personnage assis entouré d’animaux est devenu l’ancêtre d’un dieu hindou. Ces baptêmes remontent aux premières fouilles et ne reposent sur aucun texte.
Le massacre qui n’a pas eu lieu
La suite est plus grave. Les fouilles ont exhumé des ossements dispersés dans les rues et les maisons, au lieu d’un cimetière. Un archéologue y a vu la preuve d’une invasion venue du nord, qui aurait détruit la ville et tué ses habitants. L’idée a fait carrière pendant des décennies.
Un autre a repris les rapports de fouille. Son décompte est simple. Neuf saisons de travail dans une ville immense. Le total des corps retrouvés n’atteint pas la quarantaine, et la plupart sont incomplets. Ils ne datent même pas tous de la même époque. Aucun n’a été trouvé dans la partie fortifiée, celle qu’on aurait défendue en dernier. Il n’y a ni couche d’incendie, ni armes, ni cadavres d’assaillants.
Cela ne veut pas dire que ces gens vivaient en paix. L’étude des crânes de l’autre grande ville montre un taux de blessures à la tête très élevé, le plus fort connu pour cette région à toutes les époques anciennes. Les coups ne frappent pas tout le monde également : les femmes et les personnes enterrées à l’écart en reçoivent davantage. On peut donc avoir une société sans roi visible et une violence bien réelle à l’intérieur.
Ce que le sol garde encore
Le dossier est aussi plus mince qu’il n’y paraît. Sur la surface visible de la grande ville du sud, un dixième environ a été dégagé, et surtout les couches du haut, les plus récentes. Les niveaux profonds sont noyés.
La nappe d’eau souterraine est remontée quand on a construit un barrage et des canaux d’irrigation dans les années 1930. En 1950, des fouilleurs ont essayé de pomper pour descendre plus bas. La fosse s’est remplie pendant la nuit.
Le dossier avance malgré tout. Des chercheurs ont rouvert récemment une vieille tranchée et daté ce qu’on prenait pour une digue anti-crue : c’est un mur d’enceinte, plus ancien que la ville que nous connaissons. Et un squelette exhumé côté indien a livré de l’ADN exploitable, le seul à ce jour pour toute cette civilisation.
Il reste beaucoup de blanc. Une querelle de géologues oppose ceux qui pensent qu’une grande rivière himalayenne coulait au cœur de ce territoire et ceux qui n’y voient que des cours d’eau nourris par la mousson. Les deux camps s’accordent au moins sur un point : au moment où les villes se bâtissent, la grande rivière ne coule plus là.
Dans la ville du sud, le plus étonnant est ce qu’on n’a jamais trouvé. Un siècle de fouilles n’y a repéré aucun cimetière. Les rares tombes connues ont été rencontrées par hasard pendant des travaux d’entretien.
La statuette qu’on appelle le roi-prêtre mesure dix-sept centimètres et demi. Elle est exposée dans un musée de Karachi, sous un nom que ses fouilleurs ont inventé.
La version complète donne le détail du décompte des squelettes, pièce par pièce, la dispute sur l’entropie des inscriptions et les mesures de pluie relevées sur le site en août 2022.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Statuette dite du « roi-prêtre », stéatite blanche peu cuite, 17,5 × 11 cm, Mohenjo-daro, secteur DK, numéro de fouille DK 1909 National Museum of Pakistan, Karachi, NMP 50 852
- Sceau dit de Paśupati, stéatite, 3,56 × 3,53 cm, Mohenjo-daro, n° 420 du catalogue de fouille National Museum, New Delhi
- Grand bassin de Mohenjo-daro, briques cuites, plâtre de gypse et bitume, 11,88 × 7,01 m, profondeur maximale 2,43 m, tertre ouest Ruines archéologiques de Moenjodaro, Sind, Pakistan
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Sources primaires (suite)
- Squelettes de la pièce 74, maison V, secteur HR, Mohenjo-daro, campagnes de 1925-1927 publiés dans Marshall, Mohenjo-daro and the Indus Civilization, 1931
- Mur d’enceinte en briques crues à l’ouest du tertre au stūpa, Mohenjo-daro, tranchée ouverte par Mortimer Wheeler en 1950, rouverte et datée en 2025-2026
- Individu I6113, code de fouille RGR7,3, sépulture harappéenne de la nécropole de Rakhigarhi, district de Hisar, Haryana
Bibliographie
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- Aurore Didier et A. Houdas, dossier « 100 ans de recherches à Mohenjo-daro. La civilisation de l’Indus révélée », *Archéologia* 614, 2022, p. 40-55 Éditions Faton
Sources en ligne
- « Ruines archéologiques de Mohenjo Daro » Centre du patrimoine mondial de l’UNESCOhttps://whc.unesco.org/fr/list/138
- « The Mythical Massacre at Mohenjo-Daro », George F. Dales Expedition Magazine, Penn Museumhttps://www.penn.museum/sites/expedition/the-mythical-massacre-at-mohenjo-daro/
- « The Priest-King sculpture from the Indus Valley Civilization » Smarthistoryhttps://smarthistory.org/the-priest-king-sculpture-from-the-indus-valley-civilization/
- « “Great Bath” Mohenjo-Daro », notice de Jonathan Mark Kenoyer Harappa.comhttps://www.harappa.com/indus/8.html
- « Moenjodaro UNESCO Emergency Mission », rapport de mission d’urgence après les pluies d’août 2022 HAL, archive ouverte des scienceshttps://hal.science/hal-04111785
- « Fresh studies trace Mohenjo Daro’s urban roots to 3300 BC » Dawnhttps://www.dawn.com/news/1985048
- « Mission archéologique française du Bassin de l’Indus (Pakistan) dirigée par Aurore Didier » Académie des Inscriptions et Belles-Lettreshttps://aibl.fr/fouilles/mission-archeologique-francaise-du-bassin-de-lindus-pakistan-2/
- « On the existence of a perennial river in the Harappan heartland » Scientific Reportshttps://www.nature.com/articles/s41598-019-53489-4



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