En mars 1848, Émile Littré participe à la fondation de la Société positiviste. Il la quitte en 1852. Onze ans plus tard, dans un volume de six cent quatre-vingt-sept pages qui rend par ailleurs hommage au maître, il expose son grief. Comte a troqué la méthode objective, celle qui va du monde à l’homme, contre une méthode subjective qu’il juge insoutenable, et les applications qui en sortent lui paraissent pathologiques. Le mot est dur sous une plume amie. Il vise quatre volumes parus entre 1851 et 1854, où le fondateur du positivisme institue une Église.
Une définition qui exclut le pluriel
Le tome II du Système de politique positive commence par fixer le vocabulaire. Dans ce traité, annonce Comte, la religion sera toujours caractérisée par l’état de pleine harmonie propre à l’existence humaine, collective aussi bien qu’individuelle, quand toutes ses parties sont dignement coordonnées. Aucun dieu dans cette phrase, aucune promesse posthume. L’analogie qui suit indique à quel point Comte veut le mot technique, puisque la religion constitue pour l’âme un consensus normal, exactement comparable à celui de la santé envers le corps (t. II, p. 8).
Une définition exclut, sinon elle ne sert à rien. Celle-là exclut le pluriel. Puisque la religion nomme un état d’harmonie et non un ensemble de croyances, il devient aussi déraisonnable, écrit Comte, de supposer plusieurs religions que plusieurs santés. Les religions historiques cessent d’être des concurrentes et deviennent des réalisations inégales de la même fonction. Une phrase du même tome résume le programme en douze mots. D’abord spontanée, puis inspirée, et ensuite révélée, la religion devient enfin démontrée (t. II, p. 7).
Restituons l’argument dans l’ordre où Comte le construit, parce qu’il se tient. Premier appui, aucune société ne dure sans un accord minimal sur les principes qui règlent la vie commune, et cet accord réclame un pouvoir spirituel distinct du pouvoir temporel, qui conseille sans commander. Deuxième appui, la théologie a rempli cet office pendant des siècles et ne le remplit plus chez les esprits formés par les sciences, tandis que les notions métaphysiques de droit et de souveraineté, efficaces pour abattre l’Ancien Régime, deviennent sans usage dès qu’il faut reconstruire. Troisième appui, et c’est le pivot de tout, si la religion se définit par sa fonction, unifier le dedans et relier au dehors, alors le surnaturel n’en est pas la marque essentielle, il n’en a été qu’un moyen provisoire. La fonction doit alors être remplie par un objet réel, connaissable, supérieur à chacun et pourtant dépendant de nos services, et la dernière des sciences, la sociologie, n’en désigne qu’un, l’Humanité. De là une religion à trois étages, correspondant aux trois faces de l’existence, penser, aimer, agir. Le dogme rassemble les lois de l’ordre extérieur, le culte règle les sentiments, le régime règle la conduite (t. II, p. 19-21). Des deux exposés qu’en a donnés Comte, celui du Système est le plus clair, parce qu’il fournit la raison de la définition avant d’en tirer les conséquences.
Plus de morts que de vivants
Le Grand-Être ne se confond pas avec la population du globe. Il rassemble les êtres passés, présents et futurs qui concourent librement à perfectionner l’ordre universel, ce que Comte abrège ailleurs en une formule, l’ensemble continu des êtres convergents. L’appartenance se mérite. Ceux qui se contentent de consommer, il les appelle des faiseurs de fumier et les laisse dehors ; les animaux qui ont rendu des services entrent dans le compte, ce que Mill, pourtant avare de compliments, tient pour un des traits les plus honorables de la doctrine. Chaque serviteur possède deux existences successives, l’une objective et passagère, celle du corps qui travaille, l’autre subjective et indéfinie, faite des effets qu’il laisse derrière lui. On ne devient pleinement un organe de l’Humanité que dans la seconde, et Comte en tire la conséquence sans l’adoucir, les vivants sont toujours, et de plus en plus, dominés par les morts (t. II, p. 61).
L’exemple que Comte emploie lui-même se vérifie sans instrument. Le dévot qui remercie son dieu formule ses prières dans une langue qu’aucun individu n’a faite et que des générations entières ont construite ; le révolutionnaire qui nie la continuité humaine prêche ses utopies avec des mots hérités de ceux qu’il récuse (t. II, p. 255). Personne n’a inventé la langue qu’il parle, personne ne peut s’en passer, chacun l’améliore ou l’abîme un peu. Voilà l’immortalité positiviste, qui ne promet aucune survie de l’âme et donne à la place la persistance d’une action dans ce que les autres pensent et font ensuite. L’objection que forme n’importe quel lecteur au même instant mérite d’être posée sans être tranchée ici. D’un héritage dont on démontre qu’on dépend, suit-il qu’on lui doive un culte, ou seulement qu’on lui doive quelque chose ?
Neuf sacrements et quatre-vingt-quatre fêtes
Le calendrier vient d’abord, publié en 1849. Treize mois de vingt-huit jours portent les noms de Moïse, Homère, Aristote, Archimède, César, saint Paul, Charlemagne, Dante, Gutenberg, Shakespeare, Descartes, Frédéric et Bichat, et chaque jour de l’année est consacré à la mémoire d’un autre serviteur de l’Humanité. Le culte public compte quatre-vingt-quatre fêtes annuelles, assez pour qu’il en tombe une par semaine au moins.
Le culte privé étonne davantage, et c’est Mill qui en a dressé le relevé le plus précis, pour des lecteurs anglais qui n’en croyaient pas un mot. Deux heures de prière par jour, en trois moments, au lever, au milieu du travail, au lit le soir de façon à peser jusque dans les rêves. Cette prière ne demande rien, faute de quelqu’un pour accorder quoi que ce soit, et s’adresse à des femmes, la mère, l’épouse, la fille, qui représentent le passé, le présent et l’avenir. Le Système leur confie la providence morale du Grand-Être et en fait des êtres intermédiaires entre l’Humanité et les hommes (t. II, p. 63), d’où il tire une subordination conjugale explicite et l’exclusion de tout travail rémunéré. La correspondance de Comte avec Mill, interrompue en 1846, avait buté sur l’égalité des sexes.
Neuf sacrements scandent la vie, calqués sur ceux du catholicisme et rebaptisés. La présentation remplace le baptême, l’initiation se donne vers quatorze ans quand commence l’instruction scientifique, la retraite arrive à soixante-trois ans, et la mort prend le nom de transformation parce qu’elle fait passer de l’existence objective à l’existence subjective. Sept ans après vient l’incorporation, précédée d’un jugement public que le sacerdoce rend sur la mémoire du défunt.
Ce dispositif date d’un deuil. Comte a rencontré Clotilde de Vaux en 1844 et l’a perdue en avril 1846. Le veuvage éternel qu’il impose à ses fidèles est d’abord le sien.
L’erreur est dans la prémisse, dit Mill
Mill commence par tout accorder, ce qui rend la suite redoutable. Une religion peut exister sans croyance en un dieu, écrit-il en 1865, pourvu qu’elle offre une conviction commandant la vie entière et un sentiment assez fort pour lui donner autorité ; l’Humanité conçue comme un tout continu remplit ces conditions, avec sur la divinité un avantage qu’il souligne, elle a réellement besoin de nos services, ce qu’une toute-puissance ne saurait avoir. Puis vient l’accusation, et elle porte sur le premier geste.
L’erreur tient en une confusion. Comte aurait pris le critère de l’action pour son unique mobile. Que le bien de l’humanité serve de mesure du juste, Mill l’admet volontiers ; que chacun doive s’interdire tout motif personnel et s’exercer à ne plus s’aimer, voilà ce qu’il refuse, et il nomme la source du mal, une exigence démesurée d’unité et de systématisation. Entre le devoir, qu’on peut imposer, et la faute, qu’on peut sanctionner, il loge une région intermédiaire, celle des conduites méritoires qu’il faut encourager sans les prescrire, et il reproche à Comte de l’avoir supprimée, comme le calvinisme exigeait de tout croyant qu’il fût un saint. L’objection vise la prémisse. Si la religion est l’unité, la dispersion des motifs devient un défaut et la régulation de toute la vie une conséquence.
Comte ne tient pas cette définition pour un choix de vocabulaire. Il la croit fondée biologiquement, dans le tableau cérébral du premier tome, qui distribue dix forces affectives, cinq fonctions intellectuelles et trois qualités pratiques, et d’où se déduit la prépondérance du cœur. Thomas Henry Huxley frappe ailleurs. Le système, écrit-il en 1869, est un catholicisme moins le christianisme, et il cite à l’appui une phrase du quatrième volume du Cours de philosophie positive où Comte soutient qu’il n’existe pas de liberté de conscience en astronomie, en physique, en chimie, ni même en physiologie. La réplique du camp adverse mérite d’être entendue. Comte refuse la liberté de conscience comprise comme droit d’opiner là où une compétence existe, et il soutient constamment la liberté d’expression, ce que Michel Bourdeau rappelle contre la lecture totalitaire du positivisme politique.
« L’amour pour principe » sur une façade du Marais
L’amour pour principe, l’ordre pour base, le progrès pour but (t. II, p. 65). La formule a voyagé.
Miguel Lemos et Raimundo Teixeira Mendes, deux étudiants de l’École polytechnique de Rio, viennent à Paris en 1877 et rapportent la religion. Lemos fonde l’Église positiviste du Brésil en 1881. Le Temple de l’Humanité s’élève entre 1891 et 1896 rua Benjamin Constant, dans le quartier de la Glória, et s’ouvre le 1ᵉʳ janvier 1897 avec la formule complète sur son fronton. En novembre 1889, Teixeira Mendes avait dessiné sur du papier quadrillé un projet de drapeau national, esquisse retrouvée dans les archives de l’Église en 2014. La devise qu’il y inscrit garde l’ordre et le progrès. Le terme qui commande les deux autres dans la phrase de Comte n’a pas été retenu.
À Paris, le bâtiment est plus ancien que la doctrine qu’il abrite. Le terrain du 5, rue Payenne a été acheté en 1642 par François Mansart, qui y construit sa maison et y meurt en 1666. Des positivistes sud-américains le rachètent en 1903, l’architecte Gustave Goy refait la façade en 1905 et y installe un buste de Comte, une statue de Clotilde en vierge mère et la devise en toutes lettres, le premier étage devenant une chapelle conforme aux plans que Comte avait tracés. L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 19 février 1982.
La notice du ministère de la Culture assume deux incertitudes, puisqu’elle loge Clotilde au troisième étage de cette maison ou peut-être du numéro 7, et qu’elle parle d’une association sud-américaine là où d’autres sources nomment l’Église du Brésil, une au moins celle du Mexique. Les lettres de Comte portaient le numéro 7. Le culte s’est installé au 5.
La querelle des deux carrières
Comte n’a jamais reconnu de coupure. Il a placé en tête du Système une phrase de Vigny sur la grande vie qui est une pensée de jeunesse exécutée par l’âge mûr, il renvoyait sans cesse à son opuscule de 1822, dont le titre annonçait déjà la réorganisation de la société, et il tenait le Cours de philosophie positive pour une parenthèse ouverte vingt ans par nécessité de méthode.
Littré et Mill ont imposé la lecture inverse, et elle a tenu un siècle. Michel Bourdeau observe qu’il est devenu coutumier de distinguer un bon Comte, auteur du Cours, et un mauvais, auteur du Système, au point que le mot positivisme s’est fixé sur le premier et a effacé le second. L’autre camp s’est reconstitué lentement. Henri Gouhier a consacré trois volumes à la jeunesse de Comte pour montrer d’où venait le projet ; Pierre Arnaud, en 1966, présente le passage de la philosophie à la religion comme un surgissement qui dépasse sans abolir ; Annie Petit intitule son livre de 2016 De la science à la religion par la philosophie, ce qui est déjà une thèse ; Andrew Wernick a relu le programme post-théiste et Mary Pickering reconstitué en trois volumes la vie qui le porte. Étienne Gilson, que cite Jean-François Braunstein, voyait dans le passage de la science à la religion une déduction d’une rigueur géométrique.
Le désaccord se concentre sur un mot de la phrase du tome II, démontrée. Pour un camp il est exact, le dogme n’étant rien d’autre que l’échelle encyclopédique des sciences, et le culte en découle comme le reste. Pour l’autre il recouvre une décision, aucune loi sociologique ne prescrivant deux heures de prière par jour ni un jugement de la mémoire au bout de sept ans. Trancher supposerait qu’on montre, texte en main, si le détail du culte se déduit du dogme ou s’y ajoute. L’édition critique du Système, entreprise récemment, n’a encore livré que deux volumes et n’a pas atteint ceux où le culte est exposé en entier.
Pour aller plus loin
Ce dossier croise la loi des trois états, qui fournit le cadre du passage au régime positif, et l’utilitarisme de Bentham et Mill, dont les objections éclairent l’exigence de vivre pour autrui. Il touche aussi à l’invention du mot altruisme, forgé par Comte en 1852, et au problème du pouvoir spirituel séparé du pouvoir temporel, que la philosophie politique traite depuis le Moyen Âge.
On présente d’ordinaire le positivisme comme la philosophie qui a remplacé la religion par la science. Son fondateur a fait le contraire. Auguste Comte, ancien élève de l’École polytechnique devenu philosophe, a passé les dernières années de sa vie à écrire les livres d’une religion nouvelle. Elle a des prêtres, un calendrier, des prières et des cérémonies. Elle n’a pas de dieu.
Une religion sans dieu
Le raisonnement tient en peu de mots. Une société ne tient pas debout si ses membres ne s’accordent sur rien. Cet accord venait autrefois de la croyance religieuse, et il ne vient plus d’elle chez ceux que les sciences ont formés. Comte refuse pourtant d’en conclure qu’on puisse se passer de religion.
Il déplace alors le sens du mot. Une religion, écrit-il en 1852 dans un ouvrage en quatre gros volumes, c’est l’état d’un homme, ou d’un peuple, dont toutes les parties s’accordent entre elles. Le surnaturel n’entre pas dans cette définition. Seule compte la fonction, qui est de tenir l’ensemble. Une conséquence tombe aussitôt. S’il n’existe qu’une harmonie possible, il ne peut exister qu’une religion, comme il n’existe qu’une santé.
Les morts gouvernent
L’objet de ce culte n’est pas la population vivante. Comte donne le nom d’humanité à l’ensemble de ceux qui travaillent à améliorer le monde, hier comme demain. Les profiteurs en sont écartés. Les animaux qui rendent des services y sont admis.
On y entre vraiment en mourant. Tant qu’on vit, on sert ; une fois mort, on continue d’agir par ce qu’on laisse aux autres. C’est la seule immortalité que Comte promette, et elle ne suppose aucun miracle. Il en donne un exemple facile à vérifier. L’homme qui remercie son dieu le fait dans une langue qu’aucune personne n’a inventée et que des générations entières ont fabriquée.
Treize mois et neuf cérémonies
Le culte est réglé dans le détail. Un calendrier nouveau partage l’année en treize mois qui portent des noms de personnages illustres, de Moïse à Descartes, et chaque jour honore la mémoire de quelqu’un. Les fidèles doivent prier deux heures par jour. Cette prière ne demande rien ; elle consiste à se représenter aussi vivement que possible une femme aimée, mère, épouse ou fille.
Neuf cérémonies marquent la vie, copiées sur celles de l’Église catholique et rebaptisées. La naissance, l’entrée dans les études, le mariage et la retraite en font partie. La mort elle-même en est une, sous le nom de transformation. Sept ans plus tard, les prêtres jugent en public la mémoire du défunt et décident s’il mérite d’entrer dans l’humanité.
Ce dispositif est né d’un deuil. Comte avait aimé une jeune femme, Clotilde de Vaux, morte moins de deux ans après leur rencontre, et le veuvage éternel qu’il impose à ses fidèles est d’abord le sien.
Ses amis ont refusé de suivre
Émile Littré, son premier disciple français, avait aidé à fonder la société positiviste. Il en est parti. Le philosophe anglais John Stuart Mill publie en 1865 un examen qui commence par lui donner raison sur le principe, puisqu’une religion sans dieu lui paraît possible, et qui l’accuse ensuite d’une faute commise dès le premier pas.
Le désaccord porte sur un point précis. Comte demande que le bien des autres devienne notre seul mobile et qu’on s’exerce à ne plus s’aimer du tout. Mill accepte que le bien des autres serve de mesure et refuse qu’il serve de mobile unique. Entre ce qu’on doit faire et ce qu’on peut faire de mieux, il veut laisser une place libre, que Comte supprime. Les spécialistes ne s’accordent toujours pas pour dire si cette religion découle de la philosophie de Comte ou si elle s’y ajoute.
Au 5 de la rue Payenne, à Paris, une façade porte encore le buste du philosophe et sa devise, qui met l’amour au principe, l’ordre à la base et le progrès au but. Le drapeau brésilien n’a gardé que l’ordre et le progrès.
La version complète donne la phrase exacte par laquelle Comte définit la religion, l’objection que Mill lui adresse, et l’esquisse de drapeau sur papier quadrillé retrouvée dans les archives de l’Église positiviste de Rio.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Auguste Comte, *Système de politique positive ou Traité de sociologie instituant la religion de l’Humanité*, t. II (*Statique sociale*), Paris, 1852 ; définition de la religion et comparaison avec la santé, p. 8-11 ; « la religion devient enfin démontrée », p. 7 ; dogme, culte et régime, p. 19-21 ; le Grand-Être, p. 56-59 ; les deux existences et « les vivants sont toujours, et de plus en plus, dominés par les morts », p. 60-61 ; les femmes comme êtres intermédiaires, p. 62-64 ; formule sacrée, p. 65 ; subordination conjugale, p. 193-194 ; l’argument du langage, p. 254-256. Pagination de la réimpression de la Librairie positiviste Georges Crès, 1912, donnée pour identique à la première
- Auguste Comte, *Système de politique positive*, t. I, 1851 ; tableau cérébral, dix forces affectives, cinq fonctions intellectuelles et trois qualités pratiques, d’où se déduit la prépondérance du cœur
- Auguste Comte, *Catéchisme positiviste ou sommaire exposition de la religion universelle en onze entretiens systématiques entre une femme et un prêtre de l’Humanité*, Paris, chez l’auteur, 1852 ; définition du Grand-Être et liste des neuf sacrements sociaux ; édition avec chronologie, introduction et notes de Pierre Arnaud, Paris, Garnier-Flammarion, 1966, 315 p.
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Sources primaires (suite)
- Auguste Comte, *Calendrier positiviste*, 1849 ; treize mois de vingt-huit jours, de Moïse à Bichat
- Auguste Comte, *Cours de philosophie positive*, t. IV, 1839 ; absence de liberté de conscience en astronomie, en physique, en chimie et en physiologie, passage cité par Huxley en 1869, dont la localisation par leçon n’a pas été retrouvée
- Émile Littré, *Auguste Comte et la philosophie positive*, Paris, Hachette, 1863, xi-687 p. ; grief sur la méthode subjective et sur les développements jugés pathologiques, préface p. III-V, puis p. 517-519, 669-670 et 677-678, pagination signalée par Annie Petit
- John Stuart Mill, *Auguste Comte and Positivism*, Londres, Trübner, 1865, seconde partie, « The Later Speculations of Auguste Comte » ; conditions d’une religion sans dieu, critère de l’action pris pour unique mobile, région intermédiaire entre le devoir et la faute, relevé du culte privé et public, neuf sacrements, quatre-vingt-quatre fêtes
- John Stuart Mill, *Autobiography*, 1873 ; jugement sur le Système comme le plus complet système de despotisme spirituel et temporel jamais sorti d’un cerveau humain, *Collected Works*, t. I, p. 213
- Thomas Henry Huxley, « The Scientific Aspects of Positivism », *The Fortnightly Review*, 1869, repris dans *Lay Sermons, Addresses and Reviews* ; formule « Catholicism minus Christianity »
- Raimundo Teixeira Mendes, esquisse du drapeau national brésilien sur papier quadrillé, datée de novembre 1889, retrouvée en 2014 dans les archives de l’Église positiviste du Brésil, Rio de Janeiro
- Temple de l’Humanité, rua Benjamin Constant, quartier de la Glória, Rio de Janeiro, construit de 1891 à 1896, inauguré le 1ᵉʳ janvier 1897 ; fronton portant la formule complète
- Chapelle de l’Humanité, 5 rue Payenne, Paris IIIᵉ ; façade et premier étage transformés par l’architecte Gustave Goy, buste de Comte, statue de Clotilde de Vaux en vierge mère, devise inscrite ; inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 19 février 1982
Bibliographie
- Henri Gouhier, *La jeunesse d’Auguste Comte et la formation du positivisme*, 3 vol., Paris, 1933-1941 Vrin
- Annie Petit, *Le système d’Auguste Comte. De la science à la religion par la philosophie*, Paris, 2016 Vrin
- Annie Petit, « Comte revu et corrigé : le cas Littré », *Revue européenne des sciences sociales*, 54-2, 2016, p. 69-88 Librairie Droz
- Jean-François Braunstein, « La religion des morts-vivants. Le culte des morts chez Auguste Comte », *Revue des sciences philosophiques et théologiques*, 87-1, 2003, p. 59-73, DOI 10,3917/rspt.871,0059 Vrinhttps://doi.org/10.3917/rspt.871.0059
- Andrew Wernick, *Auguste Comte and the Religion of Humanity : The Post-Theistic Program of French Social Theory*, Cambridge, 2000 Cambridge University Press
- Mary Pickering, *Auguste Comte : An Intellectual Biography*, 3 vol., Cambridge, 1993-2009 Cambridge University Press
Sources en ligne
- « Auguste Comte », par Michel Bourdeau Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/comte/
- « Catéchisme positiviste (1852). Préface » de Pierre Arnaud Les Classiques des sciences sociales, Université du Québec à Chicoutimihttps://classiques.uqam.ca/classiques/Comte_auguste/catechisme_positiviste/catechisme_introduction.html
- « Auguste Comte (1851-1854), Système de politique positive. Extraits choisis » Les Classiques des sciences socialeshttps://anthropomada.com/bibliotheque/COMTE-auguste-Systeme-de-politique-positive.pdf
- « Système de politique positive ou Traité de sociologie, instituant la religion de l’humanité. Tome deuxième » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5450b.texteImage
- « Auguste Comte et la philosophie positive / par É. Littré » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k954949.texteImage
- « The Scientific Aspects of Positivism (1869) » The Huxley File, Clark Universityhttps://mathcs.clarku.edu/huxley/UnColl/Rdetc/Posit.html
- « Auguste Comte’s Religion of Humanity, by John Stuart Mill », transcription de l’édition de 1865 positivists.orghttp://positivists.org/blog/archives/3719
- « Temple de l’Humanité ou du Positivisme », notice PA00086235 Plateforme ouverte du patrimoine, ministère de la Culturehttps://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00086235
- « O Templo da Humanidade, sede da Igreja Positivista do Brasil » Brasiliana Fotográfica, Biblioteca Nacional du Brésilhttps://brasilianafotografica.bn.gov.br/?p=39339
- « Positivisme » Association internationale La Maison d’Auguste Comtehttps://augustecomte.org/maison-auguste-comte/positivisme/
- « Comte revu et corrigé : le cas Littré » Revue européenne des sciences sociales, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/ress/3591
- « Système de politique positive, tome II » Éditions Hermann, édition critique en courshttps://www.editions-hermann.fr/livre/systeme-de-politique-positive-tome-ii-auguste-comte

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