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Le calcul des plaisirs de Bentham : peut-on mesurer le bonheur ?

Les grands concepts expliquésL'utilitarisme15 octobre 2026◈ 29 sources vérifiées
Jeremy Bentham / Wikimedia Commons
12 min de lecture29 sources vérifiées
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Au sixième paragraphe du chapitre IV, juste après avoir détaillé sa marche à suivre, Jeremy Bentham prévient qu’on ne doit pas s’attendre à la voir appliquée strictement avant chaque jugement moral, ni avant chaque opération législative ou judiciaire. On peut toujours la garder en vue, ajoute-t-il, et plus le raisonnement réellement suivi s’en rapprochera, plus il se rapprochera de l’exactitude. L’auteur de la procédure pose donc lui-même la limite de son usage, en 1789, dans un livre conçu pour servir d’introduction à un code pénal.

Une arithmétique pour le législateur

La première phrase du livre, à la page 11 de l’édition des Collected Works, place l’humanité sous le gouvernement de deux maîtres souverains, la peine et le plaisir. Deux thèses s’y mêlent, que l’article de James Crimmins dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy sépare nettement. Selon la première, psychologique, tout motif d’action se ramène à la recherche du plaisir ou à la fuite de la peine. Selon la seconde, morale, le plaisir est le seul bien, et une action est bonne dans la mesure où elle tend à en produire. Le principe d’utilité juge alors chaque acte d’après sa tendance à augmenter ou à diminuer le bonheur de ceux qu’il touche. Contre qui ? Contre le « sens moral », le « sens commun » ou la « loi de raison », formules que Bentham tient pour vides parce qu’elles n’expriment que le sentiment de celui qui les prononce, et dont il écrit en note, au chapitre II, qu’elles servent de prétexte au despotisme.

Le calcul vient occuper la place ainsi libérée, et il sert d’abord un juriste. Inscrit au barreau en 1769, Bentham a vite renoncé à plaider pour réformer le droit, et le livre de 1789 prépare un code pénal où chaque peine devrait rester proportionnée au tort causé, juste assez lourde pour dissuader. Le législateur, écrit-il en ouvrant le chapitre IV, travaille avec des plaisirs et des peines comme avec des instruments, et il lui faut donc en connaître la force. Son propre corps, disséqué puis monté en squelette habillé, la tête remplacée depuis longtemps par une réplique en cire, se voit encore à University College London, selon la volonté qu’il avait inscrite dans son testament.

L’idée d’une science qui pèse les plaisirs a plus de deux mille ans. À la fin du Protagoras, en 356a-357b dans la pagination Stephanus, Socrate fait imaginer à son interlocuteur un homme qui, en bon peseur, place sur la balance les plaisirs et les peines, leur proximité et leur éloignement, et retient le plus grand total. Le salut de la vie, conclut-il, tiendrait à un art de la mesure, la metrêtikê technê, capable de corriger les illusions de la perspective qui grossissent ce qui est proche et rapetissent ce qui est loin. Platon soutenait-il cet hédonisme, ou le prêtait-il à Socrate pour mieux piéger le sophiste ? Henry Richardson rappelait en 1990 que la question entretient un débat probablement interminable, et proposait de séparer l’idée de commensurabilité de l’hédonisme lui-même. La parenté avec Bentham porte sur un point précis, puisque la proximité dans le temps, la propinquity de 1789, reprend le rôle que le dialogue confie à la distance.

Sept circonstances et une addition

Le chapitre IV avance par étages, et chaque étage ajoute des circonstances. Pour une personne considérée seule, et pour un plaisir ou une peine considérés en eux-mêmes, la valeur dépend de quatre circonstances, l’intensité, la durée, la certitude ou l’incertitude, la proximité ou l’éloignement. Dès qu’on juge un acte, deux autres entrent dans le compte. La fécondité désigne la chance qu’a un plaisir d’être suivi d’autres plaisirs, ou une peine d’autres peines, et la pureté la chance de n’être pas suivi de sensations du genre opposé. « Fécondité » rend le fecundity anglais avec plus d’exactitude que tout terme agricole, parce que le texte parle bien d’une descendance de sensations engendrées par la première. Bentham précise aussitôt que ces deux circonstances, en toute rigueur, appartiennent à l’acte qui produit le plaisir, et qu’il faut les porter au compte de sa tendance. Lorsque plusieurs personnes sont concernées, une septième s’ajoute, l’étendue, c’est-à-dire le nombre de ceux que le plaisir ou la peine atteint. La procédure occupe le paragraphe V. On commence par la personne la plus directement touchée, et l’on relève pour elle la valeur de chaque plaisir et de chaque peine que l’acte produit d’abord, puis de ceux qu’il produit ensuite. Les deux colonnes additionnées donnent un solde, favorable ou défavorable. Après quoi on refait l’opération pour chaque personne concernée, on additionne d’un côté les soldes favorables et de l’autre les soldes défavorables, et le solde général indique la tendance de l’acte pour la communauté entière.

Bentham refuse d’y voir une théorie neuve ou inutile. Au paragraphe VIII, il prend l’exemple d’un domaine foncier, dont la valeur, chacun l’admet, monte ou baisse selon la durée pendant laquelle on le possédera, la certitude d’en prendre possession et la date à laquelle on le fera. Personne, en revanche, ne fait entrer dans le prix l’intensité des plaisirs que le domaine procurera, puisqu’elle dépend de l’usage qu’en fera chaque propriétaire, et la même raison écarte la fécondité et la pureté. Le marché foncier pratique donc déjà une partie du calcul, celle qui porte sur le temps et sur le risque, et il laisse de côté ce qui touche à l’expérience vécue.

L’exemple vaut aussi comme aveu, puisque l’intensité, première circonstance de la liste, est précisément celle que personne ne chiffre.

Nulle part dans le chapitre ne figure l’expression « calcul félicifique », sous laquelle on désigne aujourd’hui cette procédure, et Crimmins rappelle que Bentham n’a pas employé cette terminologie. Dans une note de l’édition revue en 1823, la dernière parue de son vivant, il parle d’« éléments » ou de « dimensions » de la valeur, et cite six vers mnémotechniques composés peu après la première édition pour mieux fixer la liste dans la mémoire. Le premier aligne six adjectifs, intense, long, certain, speedy, fruitful, pure, et le dernier recommande, si des peines doivent venir, de les faire porter sur le plus petit nombre.

Push-pin contre poésie

La formule qu’on oppose d’ordinaire à Bentham n’a pas cette forme dans ses livres. Dans The Rationale of Reward, livre III, chapitre 1, paru à Londres en 1825, on lit que, préjugés mis à part, le jeu de push-pin a autant de valeur que les arts et les sciences de la musique et de la poésie, et davantage s’il procure plus de plaisir, puisque tout le monde peut y jouer quand la poésie et la musique ne plaisent qu’à quelques-uns. La suite du passage ajoute que le jeu est toujours innocent, ce qu’on ne pourrait pas toujours dire de la poésie, puis oppose la poésie à la vérité.

Le texte demande une précaution de lecture. Son éditeur anglais explique dans un avertissement qu’il est parti du second volume de la Théorie des peines et des récompenses, publiée à Paris en 1811 par le Genevois Étienne Dumont à partir de manuscrits français et anglais écrits quarante ou cinquante ans plus tôt, et qu’il a repris les manuscrits chaque fois qu’il le pouvait. Les ajouts de Dumont sont signalés là où on peut les distinguer, précise-t-il, ce qui laisse ouverte, pour telle ou telle phrase, la part de l’un et de l’autre.

En 1838, dans son essai « Bentham », John Stuart Mill resserre le passage en une maxime, à quantité de plaisir égale, le push-pin vaut la poésie, tout en la présentant comme une manière paradoxale de dire ce que Bentham aurait dit aussi des choses qu’il admirait le plus. C’est la version de Mill qui circule. Rendant compte en 2020 du volume collectif Bentham and the Arts, Anne Brunon-Ernst relève que l’image d’un Bentham hostile à la littérature repose en grande partie sur deux formules de Mill, celle-ci et l’accusation de tenir toute poésie pour une déformation.

L’objection de fond vient en 1861, dans L’Utilitarisme, publié d’abord par le Fraser’s Magazine. Mill garde le principe d’utilité et sa base hédoniste, mais il juge absurde, au chapitre II, d’estimer toutes les autres choses selon la qualité autant que selon la quantité, et les plaisirs selon la seule quantité. Son critère est une épreuve. De deux plaisirs, le plus désirable est celui que préfèrent nettement presque tous ceux qui ont l’expérience des deux, au point de ne l’échanger contre aucune quantité de l’autre, même au prix d’un surcroît d’insatisfaction. Sa conclusion prend la forme de deux comparaisons, mieux vaut être un être humain insatisfait qu’un porc satisfait, mieux vaut être Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait, et si l’imbécile ou le porc pensent autrement, c’est qu’ils ne connaissent que leur côté de la question. Quelques lignes plus loin, une remarque moins citée touche Bentham de plus près. Même pour décider laquelle de deux douleurs est la plus aiguë, Mill ne voit pas d’autre tribunal que le suffrage de ceux qui connaissent les deux, parce que ni les plaisirs ni les peines ne sont homogènes.

Sur la distance réelle entre les deux auteurs, les commentateurs se divisent. La lecture classique, que résume Crimmins, veut que les plaisirs supérieurs de Mill, rebelles à la quantification, défassent la dimension agrégative de la théorie. Francisco Vergara soutenait au contraire en 2011, dans la Revue d’études benthamiennes, que l’écart a été exagéré, Bentham ayant lui-même écarté le mot « quantité » au profit de « valeur » et introduit la « qualité » dans son analyse des récompenses et des peines. Crimmins signale que d’autres travaux récents tiennent l’intensité et la pureté pour mesurables en principe, ce qui rapproche encore les deux positions.

L’aiguille d’Edgeworth

En 1881, l’économiste Francis Ysidro Edgeworth donne au calcul l’instrument qui lui manquait, du moins en imagination. À la page 101 de Mathematical Psychics, il demande qu’on accorde à la science du plaisir ce qu’on accorde à celle de l’énergie, et décrit un hédonimètre, machine psychophysique qui enregistrerait à chaque instant la hauteur du plaisir éprouvé par un individu. L’aiguille tremblerait avec les passions, se stabiliserait pendant l’activité intellectuelle, resterait des heures entières près du zéro. Entre deux dates, la quantité de bonheur serait l’aire comprise sous la courbe tracée par l’aiguille. Edgeworth jugeait d’ailleurs mathématiquement absurde la formule du plus grand bonheur du plus grand nombre, et la remplaçait par le plus grand bonheur total.

Chez Edgeworth, l’hédonimètre reste un instrument idéal, à imaginer.

La seconde objection laisse l’instrument de côté et vise la comparaison entre deux personnes, que le meilleur appareil ne réglerait pas. Dans son Essay on the Nature and Significance of Economic Science, publié à Londres en 1932, Lionel Robbins s’en prend, aux pages 120 à 126 du chapitre VI, à un raisonnement courant chez les économistes, qui tiraient de l’utilité marginale décroissante la conclusion qu’un transfert du riche vers le pauvre augmente l’utilité sociale. Aucune base scientifique, répond-il, ne permet de comparer la satisfaction d’une personne à celle d’une autre. Bentham, de son côté, avait déjà remarqué qu’une même somme ne procure pas le même surcroît de bonheur au riche et au pauvre, ce qui interdit, selon Crimmins, de faire de l’argent une mesure directe de l’utilité.

Six ans plus tard, dans l’Economic Journal, Robbins précise que ses propres comparaisons se rapprochent à ses yeux du jugement de valeur, et que l’hypothèse d’une égale capacité de satisfaction vient de l’extérieur de la science, avec une justification d’ordre éthique. Roger Backhouse a soutenu en 2009 que la conséquence qu’on lui prête, l’abandon de toute comparaison par l’économie du bien-être, ne correspond pas à son intention, son argument portant plus largement sur la frontière entre éthique et science économique. Pour le calcul de 1789, le coup porte sur l’étendue, puisque additionner les soldes de plusieurs personnes suppose de les exprimer dans une même unité.

Flotter dans un réservoir

Robert Nozick propose en 1974, aux pages 42 à 45 d’Anarchy, State, and Utopia, une épreuve que chacun peut faire pour son compte. Des neuropsychologues seraient capables de stimuler le cerveau de sorte qu’on croie écrire un grand roman, se faire un ami ou lire un livre intéressant, alors qu’on flotte dans un réservoir, des électrodes sur le crâne, sans savoir qu’on y est. Nozick demande si l’on accepterait de s’y brancher pour la vie, en programmant d’avance ses expériences. Selon la grille de Bentham, rien ne manque, l’intensité, la durée et la certitude y sont à leur maximum, et aucune peine ne vient compromettre la pureté. Nozick parie qu’on refuserait, et il en donne trois raisons. Nous voulons accomplir certaines choses, en plus d’en avoir l’expérience ; nous voulons être d’une certaine façon, alors que celui qui flotte dans le réservoir n’est, écrit-il, qu’une masse indéterminée ; la machine nous enferme enfin dans une réalité fabriquée par l’homme. S’y brancher serait, selon lui, une forme de suicide, et le refus qu’on oppose à la machine apprend que quelque chose compte pour nous en plus de l’expérience.

L’argument repose sur la réaction du lecteur, et cette réaction a été examinée. Felipe De Brigard a renversé le scénario en 2010 dans Philosophical Psychology, en demandant à des étudiants d’imaginer qu’ils étaient déjà branchés et pouvaient regagner une vie réelle. Ses résultats suggèrent, écrit-il, que l’intuition s’explique par l’aversion à quitter la vie qu’on a menée jusque-là, qu’elle soit virtuelle ou réelle, ce que les économistes et les psychologues appellent le biais du statu quo. Si cette lecture est juste, le refus de se brancher cesse de prouver que la réalité compte par elle-même, et l’objection contre l’hédonisme perd une partie de sa force, sans que Nozick, mort en 2002, ait pu y répondre.

Plus de douleur, meilleur souvenir

En 1993, Daniel Kahneman et trois collègues publient dans Psychological Science une expérience au titre explicite, qu’on peut rendre par « Quand on préfère plus de douleur à moins ». Les volontaires immergent une main dans une eau à 14 °C pendant soixante secondes. Avec l’autre main, ils subissent les mêmes soixante secondes, puis trente de plus pendant lesquelles l’eau remonte doucement vers 15 °C, toujours douloureuse mais moins. Invités ensuite à choisir l’essai qu’ils répéteraient, une majorité significative retient le plus long, celui qui contient toute la douleur du premier et un supplément. Les auteurs, qui citent eux-mêmes Bentham, y voient le rôle très faible de la durée dans le souvenir d’un épisode pénible, dominé par le pire moment et par le dernier.

Quatre ans plus tard, Kahneman, Peter Wakker et Rakesh Sarin publient dans le Quarterly Journal of Economics un article intitulé « Back to Bentham ? ». Ils y distinguent l’utilité de décision, le poids qu’on donne à une issue quand on choisit, et l’utilité vécue, la qualité hédonique au sens de Bentham, qu’on peut relever en temps réel ou reconstituer après coup. Comme les erreurs du souvenir conduisent parfois à préférer une option dominée, ils proposent une théorie normative de l’utilité vécue totale, qu’ils tiennent pour mesurable, et le calcul de 1789 revient ainsi par la psychologie expérimentale, recentré sur l’intensité de chaque instant et sur sa durée.

Pour que le septième critère retrouve un sens mesurable, il faudrait savoir si le nombre qu’un patient attribue à sa douleur désigne la même grandeur que celui de son voisin, et Lionel Robbins tenait déjà en 1938 l’hypothèse d’une égale capacité de satisfaction pour une hypothèse venue de l’extérieur de la science.

Pour aller plus loin

Ce calcul rejoint l’épicurisme, qui trie déjà les plaisirs selon ce qu’ils entraînent, et le voile d’ignorance, construit contre l’idée d’additionner les bonheurs de personnes distinctes. Il croise aussi le paradoxe socratique selon lequel nul ne fait le mal volontairement, que le Protagoras appuie sur l’art de la mesure.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Jeremy Bentham, *An Introduction to the Principles of Morals and Legislation*, imprimée en 1780, publiée à Londres en 1789, édition revue par l’auteur en 1823 ; chap. I, § I (les « deux maîtres souverains ») ; chap. II, note sur le « sens moral » ; chap. IV, § I-VIII (les sept circonstances, la procédure du § V, la mise en garde du § VI, le domaine foncier du § VIII) et note 1 (« éléments » ou « dimensions » de la valeur, vers mnémotechniques) éd. J. H. Burns et H. L. A. Hart, *The Collected Works of Jeremy Bentham*, Londres, Athlone Press, 1970, p. 11, 28 n. et 38-40 ; trad. fr. Jean-Pierre Cléro, *Introduction aux principes de morale et de législation*, Paris, Vrin, « Analyse et philosophie », 2011 ; passages traduits par la rédaction depuis l’anglais
  2. Jeremy Bentham, *The Rationale of Reward*, Londres, John and H. L. Hunt, 1825, livre III, chap. 1 (le push-pin et la poésie) et « Advertisement by the Editor » ; texte tiré du t. II de la *Théorie des peines et des récompenses*, éd. Étienne Dumont, Paris, 1811, et des manuscrits de Bentham passages traduits par la rédaction
  3. Platon, *Protagoras*, 356a-357b (pagination Stephanus), l’art de la mesure (*metrêtikê technê*) trad. Frédérique Ildefonse, Paris, GF-Flammarion, 1997
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Sources primaires (suite)

  1. John Stuart Mill, « Bentham », *London and Westminster Review*, 1838 (la maxime « quantity of pleasure being equal, push-pin is as good as poetry ») trad. Catherine Audard et Patrick Thierry, *L’Utilitarisme. Essai sur Bentham*, Paris, PUF, « Quadrige », 2ᵉ éd., 2009
  2. John Stuart Mill, *Utilitarianism*, *Fraser’s Magazine*, 1861, en volume en 1863, chap. II (qualité des plaisirs, juges compétents, Socrate insatisfait, absence d’autre tribunal pour la quantité) trad. Catherine Audard et Patrick Thierry, *L’Utilitarisme. Essai sur Bentham*, Paris, PUF, « Quadrige », 2ᵉ éd., 2009 ; passages traduits par la rédaction d’après la 7ᵉ éd. anglaise, Londres, Longmans, Green, and Co., 1879
  3. Francis Ysidro Edgeworth, *Mathematical Psychics : An Essay on the Application of Mathematics to the Moral Sciences*, Londres, C. Kegan Paul & Co., 1881, p. 101 (l’hédonimètre)
  4. Lionel Robbins, *An Essay on the Nature and Significance of Economic Science*, Londres, Macmillan, 1932, chap. VI, p. 120-126 (critique des comparaisons interpersonnelles d’utilité)
  5. Lionel Robbins, « Interpersonal Comparisons of Utility : A Comment », *The Economic Journal* 48 (192), 1938, p. 635-641, DOI 10,2307/2225051 Royal Economic Societyhttps://doi.org/10.2307/2225051
  6. Robert Nozick, *Anarchy, State, and Utopia*, New York, Basic Books, 1974, p. 42-45 (la machine à expérience) passages traduits par la rédaction

Bibliographie

  1. Henry S. Richardson, « Measurement, Pleasure, and Practical Science in Plato’s Protagoras », *Journal of the History of Philosophy* 28 (1), 1990, p. 7-32 Johns Hopkins University Press
  2. Francisco Vergara, « Bentham and Mill on the « Quality » of Pleasures », *Revue d’études benthamiennes* 9, 2011 Centre Bentham
  3. Anne Brunon-Ernst, compte rendu de Anthony Julius, Malcolm Quinn et Philip Schofield (dir.), *Bentham and the Arts*, Londres, UCL Press, 2020, *Revue d’études benthamiennes* 18, 2020, DOI 10,4000/etudes-benthamiennes.8087 Centre Benthamhttps://doi.org/10.4000/etudes-benthamiennes.8087
  4. Roger E. Backhouse, « Robbins and Welfare Economics : A Reappraisal », *Journal of the History of Economic Thought* 31 (4), 2009, p. 474-484 Cambridge University Press
  5. Felipe De Brigard, « If you like it, does it matter if it’s real ? », *Philosophical Psychology* 23 (1), 2010, p. 43-57 Taylor & Francis
  6. Daniel Kahneman, Barbara L. Fredrickson, Charles A. Schreiber et Donald A. Redelmeier, « When More Pain Is Preferred to Less : Adding a Better End », *Psychological Science* 4 (6), 1993, p. 401-405, DOI 10,1111/j.1467-9280,1993.tb00589.x Association for Psychological Sciencehttps://doi.org/10.1111/j.1467-9280.1993.tb00589.x
  7. Daniel Kahneman, Peter P. Wakker et Rakesh Sarin, « Back to Bentham ? Explorations of Experienced Utility », *The Quarterly Journal of Economics* 112 (2), 1997, p. 375-405, DOI 10,1162/003355397555235 The Quarterly Journal of Economicshttps://doi.org/10.1162/003355397555235

Sources en ligne

  1. « Jeremy Bentham », James E. Crimmins, révision substantielle du 13 janvier 2026 Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/bentham/
  2. « Introduction to the Principles of Morals and Legislation » Bentham Project, University College Londonhttps://www.ucl.ac.uk/bentham-project/publications/collected-works-jeremy-bentham/introduction-principles-morals-and-legislation
  3. « IPML Chapter 4 » A Bentham Hypertext, University of Texas at Austinhttps://laits.utexas.edu/poltheory/bentham/ipml/ipml.c04.html
  4. « Introduction to the Principles of Morals and Legislation », chapitre IV, note 1 (« Mnemonic doggerel ») A Bentham Hypertext, University of Texas at Austinhttps://laits.utexas.edu/poltheory/bentham/ipml/ipml.c04.n01.html
  5. « RR, Book 3, Chapter 1 » A Bentham Hypertext, University of Texas at Austinhttps://laits.utexas.edu/poltheory/bentham/rr/rr.b03.c01.html
  6. « The Rationale of Reward », avertissement de l’éditeur A Bentham Hypertext, University of Texas at Austinhttps://laits.utexas.edu/poltheory/bentham/rr/rr.pr.s01.html
  7. « The Project Gutenberg eBook of Utilitarianism, by John Stuart Mill. » Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/files/11224/11224-h/11224-h.htm
  8. « Measurement, pleasure, and practical science in Plato’s Protagoras » PhilArchivehttps://dc2.philarchive.org/rec/RICMPA
  9. « Bentham and Mill on the « Quality » of Pleasures » PhilArchivehttps://philarchive.org/rec/VERBAM
  10. « Anthony Julius, Malcolm Quinn and Philip Schofield, eds, Bentham and the Arts » Revue d’études benthamiennes, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/etudes-benthamiennes/8087
  11. « Publications [#305554] of Felipe De Brigard » Philosophy Faculty Database, Duke Universityhttps://fds.duke.edu/db/aas/Philosophy/faculty/brigard/publications/305554
  12. « When More Pain Is Preferred to Less : Adding a Better End » Association for Psychological Sciencehttps://www.psychologicalscience.org/journals/psychological-science/j.1467-9280.1993.tb00589.x/
  13. « Back to Bentham ? Explorations of Experienced Utility » Erasmus University Rotterdam, RePubhttps://repub.eur.nl/pub/23011
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