Page 3 du premier volume du Cours de philosophie positive, paru à Paris en 1830, Comte annonce une découverte : une grande loi fondamentale, à laquelle l’intelligence humaine serait assujettie par une nécessité invariable. Trois paragraphes de définition suivent. Puis cette phrase, qui surprend dans un livre inaugural : ce n’est pas ici le lieu de démontrer spécialement cette loi. La preuve est renvoyée aux leçons sur les phénomènes sociaux, dont les volumes sortiront de 1839 à 1842.
Trois états, et ce que chacun fait d’un phénomène
Reprenons l’énoncé. La phrase nomme elle-même son sujet : « chacune de nos conceptions principales, chaque branche de nos connaissances ». L’humanité prise en bloc n’y figure pas. Chacune de ces branches passe par trois états, qui sont trois façons de traiter un fait.
Dans l’état théologique, l’esprit cherche la nature intime des êtres et les causes premières et finales, et se représente les phénomènes comme produits par des agents surnaturels dont l’intervention arbitraire explique toutes les anomalies. Dans l’état métaphysique, qui, dit Comte, « n’est au fond qu’une simple modification générale du premier », ces agents sont remplacés par des forces abstraites, entités qui sont des abstractions personnifiées, et expliquer consiste à assigner à chaque phénomène l’entité correspondante. Dans l’état positif, l’esprit renonce à l’origine et à la destination de l’univers, renonce aux causes intimes, et cherche les « relations invariables de succession et de similitude » entre les faits.
Chaque système a son point de perfection : le passage à un dieu unique pour le théologique, la réduction de toutes les entités à une seule, la nature, pour le métaphysique. Pour le positif, ce serait de ramener tous les phénomènes observables aux cas particuliers d’un seul fait général, la gravitation par exemple, et Comte écrit dans la même page qu’il est très probable que cela ne soit jamais atteint.
Conséquence développée dans la deuxième leçon : les branches du savoir ne parcourent pas les trois phases à la même vitesse, leur ordre étant fixé par la généralité, la simplicité et l’indépendance réciproque des phénomènes. L’astronomie d’abord, puis la physique terrestre, la chimie, la physiologie. Reste une lacune, les phénomènes sociaux, que le cours veut combler en fondant la physique sociale, plus tard appelée sociologie.
Le cercle où l’esprit humain serait resté
Pourquoi la théologie d’abord ? L’argument est le meilleur morceau de la leçon, et il vise l’empirisme. Première prémisse, que Comte accorde : depuis Bacon, on répète qu’il n’y a de connaissance réelle que fondée sur des faits observés. Il la tient pour incontestable, mais seulement pour l’état adulte de l’intelligence. Seconde prémisse : pour observer, il faut déjà une théorie quelconque. Sans rattacher les phénomènes à quelques principes, on ne pourrait ni combiner des observations isolées ni même les retenir, et les faits resteraient inaperçus sous nos yeux. Ensemble, les deux prémisses enferment l’esprit naissant dans un cercle, puisqu’il lui faut observer pour se donner des théories et des théories pour observer. Il n’en serait jamais sorti sans une issue qui ne demande aucune vérification, le développement spontané des conceptions théologiques.
Un second motif renforce le premier. Les questions que se pose l’esprit à ses débuts sont les moins accessibles, l’origine et la fin de toutes choses, et les problèmes solubles lui paraissent indignes d’attention : une philosophie qui déclare ces questions interdites n’avait aucune chance d’être écoutée. Il fallait aussi un stimulant. Sans les chimères de l’astrologie et les déceptions de l’alchimie, demande Comte, où aurait-on puisé la constance nécessaire pour recueillir les longues suites d’observations qui ont servi de fondement aux premières théories positives de l’astronomie et de la chimie ? Il crédite Kepler d’avoir senti cette condition pour la première, Berthollet pour la seconde.
L’état métaphysique s’insère alors comme transition obligée, l’entendement ne marchant que par degrés presque insensibles. L’entité abstraite, d’abord conçue comme une émanation de l’agent surnaturel, se subtilise jusqu’à n’être plus que le nom abstrait du phénomène. L’argument se refait en trois phrases : toute connaissance suppose une théorie préalable, et la première théorie ne peut pas venir de l’observation, donc la théologie la fournit gratuitement ; la métaphysique dissout ensuite les dieux en entités qui finissent par n’être que des noms ; restent les relations entre les faits, et c’est l’état positif.
Ce que Fourier n’a pas eu besoin de savoir
Pour montrer ce qu’est une explication positive, Comte prend un travail de son temps, et il le prend chez un homme qui assistait à son cours : la théorie de la chaleur de Fourier. Les lois des phénomènes thermologiques y sont établies sans que l’auteur se soit enquis une seule fois de la nature intime de la chaleur, et sans qu’il ait tranché la controverse alors très vive entre les partisans d’une matière calorifique et ceux qui font consister la chaleur dans les vibrations d’un éther universel. La question de ce qu’est la chaleur reste ouverte ; les lois, elles, sont acquises.
L’autre exemple est newtonien, et Comte le pousse jusqu’au point désagréable. La gravitation explique les faits astronomiques parce qu’elle montre leur variété comme un seul et même fait vu sous divers angles, et le rattache à du familier, la pesanteur des corps à la surface de la terre. Demandez ce que sont en elles-mêmes l’attraction et la pesanteur : les plus grands esprits n’ont su que définir l’une par l’autre. Comte ne cherche pas à réparer ce cercle, il le donne pour ce que l’on peut obtenir de plus satisfaisant.
Le test est reproductible sur n’importe quelle question. Demander pourquoi les corps tombent appelle une cause ; demander selon quelle relation ils tombent appelle une loi. La même exigence lui fait récuser la psychologie par observation intérieure, l’organe observé et l’organe observateur y étant identiques.
Cent exemplaires, mai 1822
La loi n’est pas née en 1830. Elle paraît en 1822 dans un opuscule écrit par Comte, alors secrétaire de Saint-Simon, et imprimé dans un volume de celui-ci sous le titre Prospectus des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société. Comte le réimprime en avril 1824 sous son nom, comme première partie d’un Système de politique positive, et une dernière fois en 1854, dans l’appendice général où il rassemble ses opuscules de jeunesse. La rupture avec Saint-Simon date d’avril 1824.
Le volume de 1830 porte la trace de l’affaire à deux endroits. L’Avertissement de l’auteur, daté du 18 décembre 1829, précise que cette première partie fut imprimée à cent exemplaires en mai 1822, réimprimée en avril 1824 à un tirage plus considérable, et jamais formellement publiée, seulement communiquée par la voie de l’impression à des savants européens. Comte dit pourquoi il y tient : des idées offrant une certaine analogie avec les siennes ont paru depuis, sans mention de ses recherches. La note de la première leçon, elle, renvoie à ses Considérations philosophiques sur les sciences et les savants, parues en novembre 1825 dans les numéros 7, 8 et 10 du Producteur, et surtout à la première partie du Système de politique positive « adressée, en avril 1824, à l’Académie des sciences », où il dit avoir consigné pour la première fois la découverte de cette loi. Deux dates pour un seul texte, et dans la note, l’impression de 1822 chez Saint-Simon a disparu.
Ce que Comte doit à Saint-Simon reste disputé, et son propre récit est un mauvais témoin. Durkheim tenait le fondateur du positivisme pour un saint-simonien parmi d’autres, rappelle Michel Bourdeau ; Henri Gouhier, dans La jeunesse d’Auguste Comte et la formation du positivisme, publiée de 1933 à 1941, suivait au contraire Comte, qui parlait d’un contact désastreux ayant tout au plus gêné son développement spontané. Michel Bourdeau a rouvert le dossier en 2019 à partir de la nouvelle édition des œuvres complètes de Saint-Simon.
Une loi, ou une généralisation d’histoire
Herbert Spencer publie en 1864 ses Reasons for Dissenting from the Philosophy of M. Comte. Il cite l’énoncé de 1830 et lui oppose une thèse frontale : il n’y a qu’une méthode de philosopher, qui demeure identique dans son essence, et les trois méthodes radicalement opposées de Comte n’existent pas. Les agents causaux supposés derrière les phénomènes changent graduellement à mesure que l’expérience s’accumule, se fondent les uns dans les autres, deviennent diffus puis inconcevables ; toute apparence d’étapes ne peut être que superficielle. Spencer ajoute que les trois points d’arrivée de Comte n’en font qu’un, puisqu’un être unique immanent aux phénomènes, une entité générale appelée nature et un fait général unique postulent la même chose sous trois noms. Comte, mort en 1857, n’a pas répondu.
L’objection rencontre pourtant un texte qui contient déjà de la continuité : l’état métaphysique y est donné comme une modification générale du premier, et le passage se fait par degrés presque insensibles. Michel Serres, annotant la première leçon pour l’édition Hermann, relève la tension. Les trois méthodes sont déclarées mutuellement exclusives alors que les trois états se succèdent continûment, et Comte fait fonctionner ensemble une logique du continu et une logique de l’opposition.
Émile Durkheim frappe ailleurs. Au chapitre V des Règles de la méthode sociologique, en 1895, il écrit que la fameuse loi des trois états n’a rien d’un rapport de causalité et que, fût-elle exacte, elle ne peut être qu’empirique : un coup d’œil sommaire sur l’histoire écoulée, non une explication. Expliquer le progrès par une tendance innée au progrès revient d’ailleurs, ajoute-t-il, à poser une entité métaphysique dont rien ne démontre l’existence.
Les partages ne sont pas tous du même ordre. John Stuart Mill, qui ne trouvait pas problématique l’idée d’une loi de l’histoire, reprochait à l’auteur du Cours de négliger la production de la preuve, selon la lecture qu’en donne Michel Bourdeau. Warren Schmaus, en 1982, propose de couper la loi en deux : celle qui porte sur le développement des sciences se défend mieux que son extension aux lois du progrès industriel et politique, où Comte sort de son propre positivisme et s’expose au reproche d’historicisme formulé par Karl Popper.
Deux lectures d’un même paragraphe
Reste à savoir de quoi la loi parle. La lecture scolaire y voit trois âges de l’humanité, et elle a ses appuis : Comte écrit que les phases du développement individuel représentent les époques fondamentales de l’espèce, et il aligne ailleurs l’état théologique sur l’âge militaire, l’état positif sur l’âge industriel. La lecture concurrente y voit des formes d’esprit qui coexistent et dont la part varie. Ses appuis sont dans la même leçon, où Comte note que les sciences les plus perfectionnées conservent des traces très sensibles des deux états primitifs, et attribue le désordre politique de son temps à l’emploi simultané des trois philosophies. Michel Bourdeau, qui a consacré un livre aux trois états en 2006, défend cette seconde lecture et renvoie à la cinquante-huitième leçon, où Comte observe qu’avec Descartes la philosophie naturelle atteint l’état positif tandis que la philosophie morale reste métaphysique.
Rien dans le texte de 1830 ne permet à ce jour de départager les deux lectures : la première leçon parle successivement des branches du savoir et de l’éducation de l’espèce, sans dire laquelle est le sujet propre de la loi. Comte a d’ailleurs formulé sa loi au moins trois fois, en 1822, en 1830, puis en 1844 dans le Discours sur l’esprit positif, qui subdivise l’état théologique en fétichisme, polythéisme et monothéisme, si bien qu’une lecture appuyée sur une formulation trouve toujours en face d’elle une autre formulation. Le texte de 1844 adosse par ailleurs la première phase à une anthropologie qui lit certains peuples contemporains comme des survivances d’un état antérieur, et il y hiérarchise les races.
Un mot du texte de 1830 concentre le tout. L’état positif y est appelé l’état fixe et définitif de l’intelligence humaine, dans la même leçon qui juge très probable que la perfection de cet état ne soit jamais atteinte. Durkheim tient la première proposition pour arbitraire et demande en une ligne ce qui viendra après. Pour lui répondre autrement qu’en constatant la série passée, il faudrait un critère indiquant à quoi se reconnaîtrait une manière de penser qui ne soit ni théologique, ni métaphysique, ni positive. Ni la première leçon ni le chapitre de Durkheim n’en fournissent un.
Pour aller plus loin
Ce dossier touche à la classification des sciences, l’autre pilier du Cours, dont Comte reconnaît lui-même dans la deuxième leçon qu’elle ne peut pas être rigoureusement conforme à l’enchaînement historique des sciences. Il rejoint la question des lois de l’histoire, où l’on retrouve Saint-Simon et la naissance de la sociologie, et la philosophie des sciences du XXᵉ siècle, chez Popper et chez Kuhn, dont le mot « positivisme » désigne autre chose que celui de Comte.
On résume souvent Auguste Comte à une idée simple : l’humanité aurait traversé trois âges, celui des dieux, celui des idées abstraites, celui de la science. Auguste Comte donne à Paris, devant un petit public de savants, des leçons qu’il publie ensuite en volumes. Son texte le plus lu est aussi le plus mal résumé. Il ne parle pas d’abord d’âges de l’humanité.
Ce que la loi dit vraiment
La phrase décisive tient en une ligne. Chaque branche du savoir, écrit Comte, traverse successivement trois manières de penser. La première explique les faits par la volonté d’êtres invisibles qui interviennent quand ils veulent. La deuxième remplace ces êtres par des forces abstraites logées dans les choses : pour expliquer un fait, on suppose derrière lui une force qui porte son nom, et le mot tient lieu de cause. La troisième renonce à savoir pourquoi les choses arrivent et se contente d’établir comment elles se suivent.
Le sujet de cette loi, ce sont les sciences, une par une. Elles n’avancent pas au même rythme. L’astronomie est arrivée la première à la troisième manière de penser, puis la physique, puis la chimie, puis l’étude des êtres vivants. Une seule restait en dehors, l’étude des sociétés, et c’est elle que Comte veut fonder.
Pourquoi il fallait commencer par les dieux
L’argument le plus solide du texte répond à une objection évidente. Si toute connaissance vient de l’observation, pourquoi les hommes ont-ils commencé par inventer des dieux au lieu de regarder ?
Parce que, répond Comte, on ne peut pas observer sans avoir déjà une idée en tête. Des faits que rien ne relie ne se retiennent même pas : ils passent sous les yeux sans être vus. Il faut donc une théorie pour observer, et des observations pour bâtir une théorie. L’esprit humain à ses débuts était pris dans ce cercle. Les explications par les dieux l’en ont sorti, parce qu’elles ne coûtent rien et n’attendent aucune vérification. Elles ont aussi donné du courage : sans l’espoir de lire l’avenir dans les astres, personne n’aurait rassemblé les longues suites d’observations sur lesquelles l’astronomie s’est ensuite bâtie.
La chaleur, sans savoir ce qu’est la chaleur
Comte choisit un exemple pris chez un mathématicien assis dans son auditoire, Fourier. Celui-ci avait établi les lois du déplacement de la chaleur dans les corps. À aucun moment il ne s’était demandé ce qu’est la chaleur. Les savants se disputaient alors pour savoir s’il s’agissait d’une matière invisible ou d’une vibration. Fourier a laissé la querelle de côté, et ses lois ont tenu.
Voilà, pour Comte, ce qu’est une explication réussie. Elle ne dit pas ce que les choses sont. Elle dit selon quelle règle elles se suivent. Il pousse la démonstration jusqu’à un aveu désagréable : demandez ce qu’est vraiment l’attraction et vous verrez qu’on la définit par la pesanteur, puis la pesanteur par l’attraction. Le cercle est là, et il assume de ne pas en sortir.
Ce qu’on lui a répondu
Un autre philosophe, Herbert Spencer, publie en 1864 un texte de désaccord. Selon lui, il n’y a qu’une seule façon de penser, qui se transforme sans à-coups, et les trois manières opposées n’existent pas. Les causes qu’on imagine derrière les faits deviennent peu à peu plus larges et plus vagues, jusqu’à devenir impensables. Les étapes ne seraient qu’une apparence.
Émile Durkheim frappe ailleurs, plus tard, dans un livre sur la méthode des sciences sociales. Il accorde que la suite décrite par Comte est peut-être exacte, mais refuse d’y voir une loi : constater un ordre n’est pas expliquer pourquoi il est ainsi. Et il pose une question à laquelle le texte ne peut pas répondre. Comte appelle la dernière manière de penser l’état définitif de l’esprit humain. Qui nous dit qu’une quatrième n’apparaîtra pas ? Le désaccord n’est pas tranché, parce que personne ne sait dire à quoi ressemblerait cette quatrième manière.
Le volume paru en 1830 porte encore sa dédicace. Elle nomme deux hommes qui avaient assisté aux leçons, dont le mathématicien de l’exemple sur la chaleur.
La version complète donne le nombre exact d’exemplaires imprimés en 1822, la note où Comte date lui-même sa découverte en effaçant une impression plus ancienne, et la leçon où il reconnaît que deux domaines du savoir sont arrivés à des états différents au même moment.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Auguste Comte, *Cours de philosophie positive*, tome premier, Paris, Rouen frères, 1830, première leçon, p. 3 et suiv. énoncé de la loi et définition des trois états, point de perfection de chaque système, argument du cercle vicieux entre observation et théorie, rôle de l’astrologie et de l’alchimie avec mention de Kepler et de Berthollet, exemple de la gravitation newtonienne, exemple de la théorie de la chaleur de Fourier, réfutation de l’observation intérieure, comparaison avec le développement individuel, désordre présent attribué à l’emploi simultané des trois philosophies
- Auguste Comte, *Cours de philosophie positive*, tome premier, 1830, première leçon, note 1 renvoi aux *Considérations philosophiques sur les sciences et les savans*, *Le Producteur*, nos 7, 8 et 10, novembre 1825, et à la première partie du *Système de politique positive* « adressée, en avril 1824, à l’Académie des Sciences »
- Auguste Comte, *Cours de philosophie positive*, tome premier, 1830, « Avertissement de l’auteur » daté du 18 décembre 1829, et dédicace du volume cent exemplaires en mai 1822, réimpression en avril 1824, revendication d’antériorité, auditeurs du cours de 1829, dédicace au baron Fourier et au professeur G. M. D. de Blainville
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Sources primaires (suite)
- Auguste Comte, *Cours de philosophie positive*, tome premier, 1830, deuxième leçon échelle encyclopédique fondée sur la généralité, la simplicité et l’indépendance des phénomènes, et aveu que la classification ne peut être rigoureusement conforme à l’enchaînement historique des sciences
- Auguste Comte, *Cours de philosophie positive*, leçons 1 à 45, présentation et notes de Michel Serres, François Dagognet et Allal Sinaceur, Paris Hermann : texte de la première leçon et note de l’éditeur sur la logique du continu et la logique de l’opposition
- Auguste Comte, *Cours de philosophie positive*, cinquante-huitième leçon Descartes et la philosophie morale demeurée métaphysique ; passage localisé d’après M. Bourdeau, éd. Hermann, t. II, p. 714-715
- Auguste Comte, *Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société*, 1822, d’abord imprimé sous le titre *Prospectus des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société* dans Henri Saint-Simon, *Suite des travaux ayant pour objet de fonder le système industriel* ; édition établie par Michel Bourdeau, Paris, 2020 Hermann
- Auguste Comte, *Système de politique positive*, tome premier, première partie, avril 1824 réimpression sous son nom de l’opuscule de 1822
- Auguste Comte, *Appendice général du Système de politique positive*, 1854 dernière réimpression, par l’auteur, de ses opuscules primitifs sur la philosophie sociale
- Auguste Comte, *Discours sur l’esprit positif*, 1844, première partie, chapitre I subdivision de l’état théologique en fétichisme, polythéisme et monothéisme, et hiérarchie des races adossée à la première phase
- Herbert Spencer, *The Classification of the Sciences, to which are added Reasons for Dissenting from the Philosophy of M. Comte*, 1864 thèse d’une méthode unique, caractère superficiel des étapes, réduction des trois termes finaux à un seul
- Émile Durkheim, *Les Règles de la méthode sociologique*, 1895, chapitre V la loi des trois états n’est pas un rapport de causalité, critique du progrès expliqué par une tendance au progrès, caractère arbitraire de l’état « définitif » et question d’un quatrième état
- John Stuart Mill, *Auguste Comte and Positivism*, 1865 appréciation de la loi et de l’échelle des sciences ; le reproche adressé à Comte de négliger la production de la preuve est cité d’après M. Bourdeau
- John Stuart Mill, *A System of Logic*, 1843, livre VI, chapitre X recevabilité de l’idée d’une loi de l’histoire, citée d’après M. Bourdeau
Bibliographie
- Michel Bourdeau, « Auguste Comte », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication 2008, révision substantielle du 13 janvier 2026 Stanford University
- Michel Bourdeau, *Les trois états. Science, théologie et métaphysique chez Auguste Comte*, Paris, 2006 Éditions du Cerf
- Michel Bourdeau, « Saint-Simon et Auguste Comte, la fin d’une collaboration, 1822-1824 », *Archives de philosophie*, 82 (4), 2019, p. 771-790 Archives de philosophie
- Warren Schmaus, « A Reappraisal of Comte’s Three-State Law », *History and Theory*, 21 (2), 1982, p. 248-266 History and Theory
- Henri Gouhier, *La jeunesse d’Auguste Comte et la formation du positivisme*, 3 volumes, Paris, 1933-1941 Vrin
Sources en ligne
- « Auguste Comte » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/comte/
- « Cours de philosophie positive (1/6), par Auguste Comte » Project Gutenberg, d’après des images fournies par la Bibliothèque nationale de Francehttps://www.gutenberg.org/files/31881/31881-h/31881-h.htm
- « Auguste Comte, Cours de philosophie positive, TI, leçons 1 à 45 » Université de Nanteshttps://ifac.univ-nantes.fr/IMG/pdf/comte_cpp_lecon_1.pdf
- « Discours sur l’esprit positif, par M. Auguste Comte » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61282910/texteBrut
- « Suite des travaux ayant pour objet de fonder le système industriel. Du Contrat social, par Henri Saint-Simon. Prospectus des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société, par Auguste Comte » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k15164976.texteImage
- « Système de politique positive, par Auguste Comte,... Tome premier. Première partie » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8617211g
- « Appendice général du système de politique positive : contenant tous les opuscules primitifs de l’auteur sur la philosophie sociale » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k77034d.texteImage
- « Reasons for Dissenting from the Philosophy of M. Comte by Herbert Spencer » Marxists Internet Archivehttps://www.marxists.org/reference/subject/philosophy/works/en/spencer.htm
- « Durkheim, Émile. (1895) Les règles de la méthode sociologique, Chapitre V : Règles relatives à l’explication des faits sociaux » OBVIE, Huma-Numhttps://obtic.huma-num.fr/obvie/critique/compdoc.jsp?id=durkheim_regles-methode-sociologique_008
- « Saint-Simon et Auguste Comte : la fin d’une collaboration, 1822-1824 » Cairn.info, Archives de philosophiehttps://shs.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2019-4-page-771?lang=fr
- « A Reappraisal Of Comte’s Three-state Law » PhilPapershttps://philpapers.org/rec/SCHARO-18




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