De la rencontre entre Pyrrhon et les sages nus de l’Inde, on ne possède ni date, ni lieu, ni nom d’interlocuteur, ni phrase échangée. On ignore à quelle école ils appartenaient et dans quelle langue on se serait compris. Ce qui reste tient dans une subordonnée écrite six cents ans plus tard, chez un compilateur qui met l’explication au compte d’un auteur dont rien d’autre n’a survécu.
Une subordonnée et un informateur qu’on ne connaît pas
Diogène Laërce ouvre sa vie de Pyrrhon par un état civil : fils de Pleistarque, d’Élis, peintre avant d’être philosophe. Puis vient la phrase. Pyrrhon s’attache à Anaxarque, le suit partout, et va jusqu’aux gymnosophistes de l’Inde et aux mages. Cela le conduisit, ajoute le texte, à une philosophie très noble, faite d’inappréhension et de suspension du jugement, l'epochê. La causalité n’est pas de Diogène : il l’attribue à un certain Ascanios d’Abdère, inconnu par ailleurs (Vies, IX, 61).
La suite du paragraphe donne le contenu de cette philosophie. Rien n’est beau ni laid, juste ni injuste ; rien n’existe en vérité ; les hommes agissent par coutume et par habitude ; aucune chose n’est ceci plus que cela. Les exemples sont tous des jugements de valeur alors que l’annonce était épistémique, et Richard Bett en conclut que le passage ne peut appuyer aucune reconstruction précise. Le même Diogène, au premier livre, refuse la thèse de ceux qui font naître la philosophie chez les barbares et rangent les gymnosophistes parmi ces derniers (Vies, I, 3). L’unique témoin d’une origine indienne est donc aussi un adversaire de l’idée générale.
Reste un détail, le seul que les sources antiques rapportent du contact lui-même. Pyrrhon se serait retiré du monde pour avoir entendu un Indien reprocher à Anaxarque de fréquenter la cour des rois tout en prétendant enseigner le bien (IX, 63). La remarque porte sur une manière de vivre. Aucune source ne dit qu’une doctrine sur la nature des choses ait été transmise.
Trois questions, trois adjectifs, deux résultats
Pour la doctrine, il faut changer de texte. Eusèbe de Césarée, évêque du IVᵉ siècle, recopie au livre XIV de la Préparation évangélique le péripatéticien Aristoclès de Messène, dont les éditeurs situent l’activité entre le Iᵉʳ siècle avant notre ère et le IIᵉ siècle après, et qui résume Timon de Phlionte, élève de Pyrrhon. Pyrrhon n’a rien écrit (Diogène Laërce, IX, 102). Le passage, référencé XIV, 18, 1-5 et numéroté T 53 dans le recueil de Fernanda Decleva Caizzi, fait une douzaine de lignes.
Timon y pose que qui veut être heureux doit regarder trois choses : ce que sont les choses par nature, comment il faut être disposé à leur égard, ce qui en résultera. Suivent les trois réponses. Les choses, dit-il en nommant Pyrrhon, sont également adiaphora, astathmêta, anepikrita : sans différences, sans mesure, indécidables. Pour cette raison, ni nos sensations ni nos opinions ne disent le vrai ni le faux. Il ne faut donc pas s’y fier, mais rester sans opinion, sans penchant, inébranlable, en disant de chaque chose qu’elle n’est pas plus qu’elle n’est pas, ou qu’elle est et n’est pas, ou qu’elle n’est ni n’est pas. De là viendra d’abord l'aphasia, le refus d’affirmer, puis l'ataraxia, l’absence de trouble. Énésidème, précise le texte, ajoutait le plaisir.
L’argument se vérifie sur un exemple que la tradition fournit. Le miel paraît doux aux uns, amer aux autres. Démocrite en concluait qu’il n’est ni doux ni amer ; le sceptique, écrit Sextus Empiricus, dit autre chose : nous ne savons pas s’il est les deux ou ni l’un ni l’autre (Esquisses pyrrhoniennes, I, 213). Demander quel goût a le miel en lui-même ne reçoit donc pas une réponse négative : la demande cesse d’avoir un sens. De là vient le calme, car si rien n’est bon ou mauvais par nature, plus rien ne pèse comme cela pèse aux autres.
Le « pour cette raison » et les deux Pyrrhon
Les trois adjectifs se lisent de deux façons. Ou bien ils décrivent les choses elles-mêmes, réellement indéterminées, et Pyrrhon énonce alors une thèse sur le monde, position inverse du scepticisme. Ou bien ils décrivent notre accès aux choses, indiscernables pour nous, et il annonce les sceptiques ultérieurs. Bett défend la première lecture, qu’il nomme métaphysique, dans Pyrrho, his Antecedents and his Legacy. Marcel Conche va plus loin : la formule ou mallon, « pas plus ceci que cela », ayant une portée universelle, la différence de l’être et de l’apparence s’abolit, et le pyrrhonisme de Pyrrhon se sépare de celui de Sextus.
Le grec ne tranche pas. Les manuscrits portent dia touto, « pour cette raison » : les choses étant indéterminées, nos sensations ne disent ni vrai ni faux. Corriger en dia to, « du fait que », renverse le sens de l’inférence et donne la lecture épistémologique. La discussion est philologique et n’a produit aucun accord.
Une troisième position déplace le problème. Un seul endroit du passage dit que Timon rapporte les propos de Pyrrhon : l’énoncé sur les trois adjectifs. Partout ailleurs, Aristoclès écrit « Timon dit ». Jacques Brunschwig l’a soutenu en 1994, Stéphane Marchand le reprend en 2018 : la construction philosophique reviendrait à Timon, greffée sur une idée de Pyrrhon plus étroite, peut-être portant sur les valeurs. S’y ajoute une question de chaîne. Aristoclès parle d’Énésidème comme d’un contemporain récent, et les éditeurs modernes d’Aristoclès, de Timon et d’Énésidème, Maria Lorenza Chiesara, Dee Clayman et Roberto Polito, concluent séparément qu’il est la source intermédiaire la plus probable. La pièce la mieux datée du dossier aurait alors traversé un homme qui refondait l’école.
Le bouddhisme sous le grec
Everard Flintoff a rouvert le dossier indien en 1980 dans Phronesis, en précisant qu’il ne cherchait pas à faire de Pyrrhon un bouddhiste, seulement à montrer que la pensée indienne offrait des traits susceptibles de l’avoir influencé ; Adrian Kuzminski a comparé en 2008 le pyrrhonisme tardif et le madhyamaka de Nāgārjuna. Christopher Beckwith va beaucoup plus loin dans Greek Buddha, paru chez Princeton University Press en 2015 : Pyrrhon aurait adopté une forme de bouddhisme ancien en Bactriane et au Gandhāra entre 330 et 325 avant notre ère, avant de la reconstituer en grec.
Sa démonstration ne procède pas par ressemblances isolées, et c’est sa force : elle porte sur la structure. Le passage d’Aristoclès enchaîne trois moments, les choses sont sans différences, il faut donc s’abstenir d’opinions fixes, il en résulte l’absence de trouble. Beckwith y reconnaît l’ossature de l’enseignement bouddhique des trois caractéristiques, le trilakṣaṇa. Terme à terme, adiaphora répondrait à anātman, anepikrita à anitya, astathmêta à duḥkha. Ce dernier rapprochement est un argument de linguiste : duḥ-stha signifie littéralement « mal debout », et a-stathmêta « qui ne tient pas debout ». Ce serait un calque. Beckwith propose en outre, dans Elenchos en 2011, de corriger le grec et de lire apatheia là où les manuscrits donnent aphasia. Si l’ensemble tient, ces douze lignes sont le plus ancien énoncé daté d’une doctrine bouddhique, trois siècles avant les manuscrits gāndhārī.
Ce que le rapprochement demande d’accorder
L’examen le plus serré est celui de Monte Ransome Johnson et Brett Shults, paru en 2018 dans Comparative Philosophy. Il porte sur la pièce centrale, le texte pali de l’Aṅguttara-nikāya que Beckwith donne comme l’énoncé des trois caractéristiques. Ce texte n’a pas la forme que la comparaison exige. Deux formules portent sur sabbe saṅkhārā, l’ensemble des phénomènes conditionnés, qui sont impermanents et douloureux ; la troisième seule porte sur sabbe dhammā, qui sont anattā. Le sujet change en route, et le triple prédicat disparaît.
Le mot anattā fait l’autre difficulté. Beckwith le traduit comme un adjectif, « sans identité propre » ; les lexicographes du pali, de Margaret Cone à Johannes Bronkhorst, y voient un substantif, non le soi, et tiennent la lecture adjectivale pour celle du commentaire tardif que Beckwith écarte partout ailleurs. Sans elle, la correspondance avec adiaphora ne se forme plus. Jerker Blomqvist ajoute que le karma et la renaissance sont absents du pyrrhonisme, et que l’absence de trouble, mode de vie ici-bas, ne libère d’aucun cycle. Un silence achève le tableau : Aristoclès, qui rapporte ailleurs la tradition faisant tenir à Socrate un argument d’un Indien et prend soin d’ajouter que nul ne peut le vérifier, ne dit rien de l’Inde à propos de Pyrrhon.
La généalogie grecque, elle, est documentée. Anaxarque, le maître du voyage, était démocritéen ; Philon d’Athènes, qui a connu Pyrrhon, disait qu’il citait Démocrite plus que tout autre (Diogène Laërce, IX, 67) ; Numénius le faisait partir de Démocrite. Le « pas plus » était un mot d’ordre démocritéen qu’Aristote lui attribue déjà à la Métaphysique, Γ, 5, 1009b, et l'euthymia qu’il visait est décrite comme un état où l’âme n’est troublée par aucune crainte (IX, 45). Thomas McEvilley concluait en 2002 que la position de Pyrrhon relève de cette lignée, et Stephen Batchelor, en 2016, admet une rencontre possible avec des idées bouddhiques tout en donnant à Démocrite un rôle formateur. Rien de cela n’exclut que l’Inde ait compté, et Bett note que l’endurance de Pyrrhon sous le fer du chirurgien reste anormale en contexte grec. La thèse forte, elle, repose sur une identification textuelle que ses contradicteurs disent introuvable dans le pali.
Le chien, la sœur et l’aveu
Aristoclès ne se contente pas de résumer, il attaque, et son attaque est la plus ancienne qu’on possède. Il place le sceptique devant une alternative : si ceux qui croient que les choses diffèrent se trompent, il existe du vrai et du faux ; s’ils ne se trompent pas, on ne voit plus de quel droit on les corrige. Et si tout est indifférent, le sage ne diffère en rien de la foule. Vient l’objection pratique : celui pour qui rien n’est injuste ne fera ni un juge ni un ami, et l’on ne dira pas qu’il craint les lois, puisqu’il se prétend sans trouble.
Aristoclès produit alors deux scènes empruntées au biographe Antigone de Carystos. Un chien poursuit Pyrrhon, qui grimpe dans un arbre ; on le raille ; il répond qu’il est difficile de se dépouiller entièrement de l’homme. Puis sa sœur Philista prépare un sacrifice ; l’ami qui devait fournir la victime fait défaut ; Pyrrhon l’achète et se met en colère ; on lui objecte que cela ressemble peu à l’impassibilité qu’il enseigne ; il répond qu’une femme n’est pas le terrain d’une démonstration. Aristoclès ajoute la réplique qu’il fallait faire : ni sur une femme, ni sur un chien, ni sur quoi que ce soit.
Le dossier porte sa propre correction. Antigone racontait aussi que Pyrrhon ne prenait garde ni aux charrettes, ni aux précipices, ni aux chiens, et qu’on le suivait pour le protéger ; Énésidème répondait que la suspension du jugement gouvernait sa philosophie et non sa conduite (Diogène Laërce, IX, 62). Le doxographe garde les deux versions sans choisir, et rapporte plus loin l’avis de Théodose : nul ne pouvant savoir ce que Pyrrhon a voulu dire, le scepticisme ne devrait pas porter son nom (IX, 70).
Reste la scène que Posidonius rapportait. En mer, dans la tempête, les passagers s’affolent ; Pyrrhon montre un porcelet qui continue de manger et dit que le sage devrait se tenir dans cet état (IX, 68). L’exemple se retourne, puisque le porcelet n’a suspendu aucun jugement. La différence tient-elle alors à ce qu’on pense ou seulement à ce qu’on fait ? Sextus répondra que le sceptique se règle sur les apparences et reconnaît qu’il a froid et soif (I, 29-30).
Une pièce contemporaine du voyage dit ce qu’aucune autre ne dit. À Taxila, Onésicrite fut envoyé interroger les sages nus. Le plus âgé, Mandanis, commença par s’excuser : parlant à travers trois interprètes qui savaient les langues et rien de plus que le commun, il ne pourrait rien exposer d’utile de sa philosophie (Strabon, Géographie, XV, 1, 65). La seule remarque antique sur la possibilité d’une telle transmission vient du côté indien, et elle est négative.
Pour aller plus loin
Ce dossier croise l’épochè de Sextus Empiricus et les dix tropes d’Énésidème, qui font du scepticisme une méthode plutôt qu’une thèse. Il rejoint Démocrite et les présocratiques, d’où vient le « pas plus ». Il touche au tétralemme de Nāgārjuna, dont la forme ressemble à celle du passage d’Aristoclès sans qu’aucun contact soit établi.
On raconte souvent que le doute européen est né d’un voyage. Un jeune Grec suit l’armée d’Alexandre jusqu’aux fleuves de l’Inde, y rencontre des sages qui vivent nus, et rentre chez lui persuadé qu’il ne faut plus rien affirmer. Cet homme s’appelle Pyrrhon, il vient d’Élis, et il a donné son nom à une école entière. L’histoire circule encore. Elle repose sur une seule phrase, écrite très longtemps après lui.
Un homme qui n’a rien écrit
Pyrrhon n’a laissé aucun livre. Tout ce qu’on lui prête vient de gens qui l’ont connu, ou de gens qui ont lu ces gens-là. Son élève Timon, lui, a beaucoup écrit, mais son œuvre est perdue. Il en subsiste des morceaux, recopiés par d’autres auteurs, eux-mêmes recopiés plus tard encore.
La phrase sur l’Inde se trouve chez un compilateur qui travaille environ six cents ans après le voyage. Il écrit que Pyrrhon accompagna son maître jusqu’aux sages nus, et que cette rencontre lui inspira sa philosophie. Il n’en dit pas davantage. Aucun lieu, aucune date, aucun nom, aucune parole échangée. Et il attribue l’explication à un auteur dont plus rien n’a survécu.
Douze lignes recopiées
Ce que Pyrrhon pensait tient dans un autre texte, et ce texte est très court. Un évêque chrétien y recopie un philosophe plus ancien, qui résume Timon, qui rapporte son maître. Chaque relais ajoute une couche, et le dernier de la chaîne n’écrivait pas.
On y lit que les choses sont sans différences, sans mesure, impossibles à trancher. Que nos sensations et nos opinions ne disent donc ni le vrai ni le faux. Qu’il faut par conséquent n’avoir aucune opinion. Et qu’il en résulte le calme, ce que les Grecs appelaient l’ataraxie, l’absence de trouble.
Un exemple ancien fait comprendre l’idée. Le miel paraît doux à certains, amer à d’autres. On ne conclut pas qu’il est fade. On cesse de demander quel goût il a vraiment.
Les mots grecs et les marques bouddhiques
Ce passage a fait naître une hypothèse spectaculaire. Le chercheur Christopher Beckwith a soutenu en 2015 que les termes grecs traduisent l’enseignement bouddhique des trois caractéristiques. Selon lui, Pyrrhon aurait rapporté cette doctrine de son voyage et l’aurait redite dans sa langue.
Son argument n’est pas une liste de ressemblances, et c’est ce qui le rend sérieux. Il porte sur l’ordre des idées. D’un côté comme de l’autre, on affirme d’abord que les choses n’ont pas de nature fixe, on en déduit qu’il ne faut pas s’y attacher, et l’on annonce la paix qui suit. Un des mots grecs signifie littéralement « qui ne tient pas debout », et le terme bouddhique correspondant se décompose de la même façon.
Des chercheurs ont vérifié cette pièce centrale depuis. Le texte bouddhique invoqué, disent-ils, n’a pas la forme requise : ses affirmations ne portent pas toutes sur le même sujet. Et le mot traduit par « sans identité propre » est en réalité un nom, qui signifie « non le soi ». D’autres ajoutent que la renaissance et le karma sont absents du côté grec. Le désaccord dure.
Ce que personne n’a pu vérifier
Le voyage lui-même n’est pas en cause. L’armée grecque est bien allée jusqu’aux fleuves de l’Inde, et des philosophes l’accompagnaient. Un autre membre de l’expédition fut chargé d’aller interroger les sages nus, et son récit nous est parvenu.
Ce qu’on ignore, c’est ce qui passait entre eux. Le plus âgé des sages a prévenu son visiteur qu’il lui parlait à travers trois interprètes, lesquels savaient les langues et rien de plus. Il s’excusait par avance de ne rien pouvoir lui transmettre d’utile.
Les Grecs ont malgré tout retenu de Pyrrhon une image, et elle ne vient pas de l’Inde. Sur un bateau pris dans la tempête, il aurait montré aux passagers affolés un porcelet qui continuait de manger.
La version complète donne les douze lignes de grec, le chien qui a fait grimper Pyrrhon dans un arbre, et la colère au sujet d’un sacrifice que ses adversaires lui reprochaient encore des siècles après.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Aristoclès de Messène, *Sur la philosophie*, livre VIII, cité par Eusèbe de Césarée, *Préparation évangélique*, XIV, 18, 1-5 (= fragment 4 Chiesara, fragment 6 Heiland, Pyrrhon T 53 Decleva Caizzi) : les trois questions de Timon, les trois adjectifs, l’aphasie et l’ataraxie, l’ajout d’Énésidème éd. et trad. Édouard des Places, *Sources chrétiennes* 338, Cerf, 1987 ; trad. française de référence du fragment dans Long et Sedley, *Les philosophes hellénistiques*, I
- Aristoclès de Messène, *ibid.*, XIV, 18, 6-25 : réfutation du pyrrhonisme, objection sur le citoyen et le juge, anecdotes du chien et du sacrifice de Philista empruntées à Antigone de Carystos
- Eusèbe de Césarée, *Préparation évangélique*, XIV, 17 (fin) : généalogie Xénophane-Parménide-Démocrite-Anaxarque-Pyrrhon, et XIV, 6 : Numénius faisant partir Pyrrhon de Démocrite
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Sources primaires (suite)
- Diogène Laërce, *Vies et doctrines des philosophes illustres*, IX, 61-70 (Ascanios d’Abdère, les gymnosophistes et les mages, l’Indien qui reprend Anaxarque, la correction d’Énésidème, Philon d’Athènes, le porcelet de Posidonius, Théodose), IX, 102, IX, 45 (l’euthymie de Démocrite), I, 3 (la philosophie n’a pas commencé chez les barbares) trad. sous la direction de Marie-Odile Goulet-Cazé, Le Livre de Poche, 1999
- Sextus Empiricus, *Esquisses pyrrhoniennes*, I, 29-30 (le sceptique a froid et soif) et I, 213 (le miel, Démocrite et le « pas plus ») trad. Pierre Pellegrin, Seuil, 1997
- Strabon, *Géographie*, XV, 1, 63-65 : rapport d’Onésicrite sur les sages nus de Taxila, Calanos, et l’avertissement de Mandanis sur les trois interprètes
- Aristote, *Métaphysique*, Γ, 5, 1009b : le « pas plus » attribué à Démocrite, pagination Bekker
- *Aṅguttara-nikāya*, section des Trois : *sabbe saṅkhārā aniccā*, *sabbe saṅkhārā dukkhā*, *sabbe dhammā anattā* éd. Richard Morris, Pali Text Society, 1885, p. 286 ; trad. anglaise Bhikkhu Bodhi, 2012, p. 363-364
Bibliographie
- Richard Bett, *Pyrrho, his Antecedents and his Legacy*, Oxford, 2000 Oxford University Press
- Marcel Conche, *Pyrrhon ou l’apparence*, Paris, 1994 Presses universitaires de France
- Jacques Brunschwig, « Once again on Eusebius on Aristocles on Timon on Pyrrho », dans *Papers in Hellenistic Philosophy*, Cambridge, 1994, p. 190-211 Cambridge University Press
- Stéphane Marchand, *Le scepticisme. Vivre sans opinions*, Paris, 2018, chapitre 1 Vrin
- Anthony A. Long et David N. Sedley, *Les philosophes hellénistiques*, t. I, *Pyrrhon. L’épicurisme*, trad. Jacques Brunschwig et Pierre Pellegrin, Paris, 2001 GF Flammarion
- Fernanda Decleva Caizzi, *Pirrone. Testimonianze*, Naples, 1981 Bibliopolis
- Maria Lorenza Chiesara, *Aristocles of Messene : Testimonia and Fragments*, Oxford, 2001 Oxford University Press
- Dee L. Clayman, *Timon of Phlius : Pyrrhonism into Poetry*, Berlin, 2009 Walter de Gruyter
- Roberto Polito, *Aenesidemus of Cnossus : Testimonia*, Cambridge, 2014 Cambridge University Press
- Christopher I. Beckwith, *Greek Buddha : Pyrrho’s Encounter with Early Buddhism in Central Asia*, Princeton, 2015, xxi-275 p. Princeton University Press
- Christopher I. Beckwith, « Pyrrho’s Logic : A Re-examination of Aristocles' Record of Timon’s Account », *Elenchos* 32, 2011, p. 287-327
- Everard Flintoff, « Pyrrho and India », *Phronesis* 25, 1980 Brill
- Adrian Kuzminski, *Pyrrhonism : How the Ancient Greeks Reinvented Buddhism*, Lanham, 2008 Lexington Books
- Monte Ransome Johnson et Brett Shults, « Early Pyrrhonism as a Sect of Buddhism ? A Case Study in the Methodology of Comparative Philosophy », *Comparative Philosophy* 9 (2), 2018, p. 1-40, DOI 10,31979/2151-6014(2018).090204 San José State Universityhttps://doi.org/10.31979/2151-6014
- Stephen Batchelor, « Greek Buddha : Pyrrho’s Encounter with Early Buddhism in Central Asia », *Contemporary Buddhism* 17 (1), 2016, p. 195-215, DOI 10,1080/14639947,2016,1189141 Routledgehttps://doi.org/10.1080/14639947.2016.1189141
- Thomas McEvilley, *The Shape of Ancient Thought : Comparative Studies in Greek and Indian Philosophies*, New York, 2002 Allworth Press
Sources en ligne
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- « Greek Buddha : Pyrrho’s Encounter with Early Buddhism in Central Asia » Bryn Mawr Classical Review 2016,02,32https://bmcr.brynmawr.edu/2016/2016.02.32/
- « Early Pyrrhonism as a Sect of Buddhism ? A Case Study in the Methodology of Comparative Philosophy » Comparative Philosophy, SJSU ScholarWorkshttps://scholarworks.sjsu.edu/comparativephilosophy/vol9/iss2/4/
- « LacusCurtius • Diogenes Laërtius : Pyrrho » LacusCurtius, University of Chicagohttps://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Diogenes_Laertius/Lives_of_the_Eminent_Philosophers/9/Pyrrho*.html
- « LacusCurtius • Strabo’s Geography – Book XV Chapter 1 (§§ 39-73) » LacusCurtius, University of Chicagohttps://penelope.uchicago.edu/Thayer/e/roman/texts/strabo/15a3*.html
- « Eusèbe de Césarée : Préparation évangélique (livre XIV, chapitres XII à XX) », texte grec et traduction française L’antiquité grecque et latine, remacle.orghttps://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation14a.htm
- « Once again on Eusebius on Aristocles on Timon on Pyrrho » Cambridge Core, Cambridge University Presshttps://www.cambridge.org/core/books/papers-in-hellenistic-philosophy/once-again-on-eusebius-on-aristocles-on-timon-on-pyrrho/E1AF0ABA4C3F3B583E1D894EFEFE8782
- « Greek Buddha : Pyrrho’s Encounter with Early Buddhism in Central Asia » Contemporary Buddhism, Taylor & Francishttps://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14639947.2016.1189141
- « Greek Buddha » Princeton University Presshttps://press.princeton.edu/books/paperback/9780691176321/greek-buddha
- « Edouard Des Places, Eusèbe de Césarée. La Préparation évangélique. Livres XIV-XV » Revue des études byzantines, Perséehttps://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1988_num_46_1_2232_t1_0233_0000_1






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