Imaginez un homme né avec le toucher, l’odorat et le goût, mais privé depuis toujours de la vue et de l’ouïe. Une pomme dans la main, il la trouve lisse, parfumée et sucrée, sans rien soupçonner de sa couleur. On possède deux sens de plus que lui, et rien ne garantit pour autant que la pomme n’ait pas d’autres qualités encore, que les cinq sens humains laissent passer sans le moindre signal. La scène se lit au livre I des Esquisses pyrrhoniennes (Pyrrhôneioi hypotypôseis) de Sextus Empiricus, aux paragraphes 94 à 97, où elle illustre le troisième des dix arguments que la tradition appelle les tropes, ou les modes, d’Énésidème.
Le résumé de Photius
Énésidème a vécu au Iᵉʳ siècle avant notre ère et passé une partie de sa vie à Alexandrie ; Roberto Polito a réuni en 2014 les rares témoignages qui le concernent, et sa patrie même reste disputée, Aigai selon Photius et Cnossos selon Diogène Laërce. Ses Discours pyrrhoniens, en huit livres, étaient dédiés à Lucius Tubero, que Photius présente comme un collègue de l’Académie, d’où l’hypothèse qu’Énésidème ait d’abord appartenu à l’école de Platon devenue sceptique. Il en est sorti. Les académiciens de son temps lui paraissaient des stoïciens en guerre contre d’autres stoïciens. Au IXᵉ siècle, le patriarche Photius a résumé le livre au codex 212 de sa Bibliothèque, sans sympathie pour un auteur qui chasse de l’esprit les vérités de la foi ; Harald Thorsrud rappelle que ses résumés, confrontés aux textes conservés, se révèlent fiables. Les dix modes ne survivent pas dans la rédaction d’Énésidème. Sextus les expose au livre I des Esquisses (I, 35-163) en les prêtant aux sceptiques plus anciens (I, 36), puis les rapporte nommément à Énésidème dans Contre les logiciens (VII, 345). Diogène Laërce les donne dans un autre ordre (IX, 79-88), en notant que le mode de la fréquence, neuvième chez lui, est huitième chez Favorinus et dixième chez Sextus et chez Énésidème, et Philon d’Alexandrie en reprend une partie dans De l’ivresse (De ebrietate, 169 et suiv.). Gisela Striker parle ainsi d’une liste de huit, neuf ou dix tropes, et juge seulement probable qu’Énésidème ait été le premier à en faire un répertoire ; on ignore s’il les a forgés ou s’il a rangé un stock plus ancien.
Le grec tropos désigne une manière ou une façon de s’y prendre. Entre « trope », qui calque le grec, et « mode », le second a ici la préférence, parce que « trope » évoque d’abord en français une figure de rhétorique. Le mot « doute » appelle le même soin. Katja Vogt observe que le pyrrhonisme grec parle d’examen, la skepsis, et de suspension du jugement, l’epochê, et que le doute au sens de la tradition cartésienne n’y joue presque aucun rôle ; le latin dubitare se rencontre chez Cicéron, dans les Académiques.
Deux apparences de même poids
Au IIIᵉ siècle avant notre ère, stoïciens et épicuriens cherchent un critère de vérité, une marque qui permette de reconnaître qu’une impression est vraie. Zénon de Citium propose la représentation compréhensive, la phantasia katalêptikê, assez claire pour révéler par elle-même qu’elle vient de ce qui est. Épicure tient toutes les perceptions pour vraies, l’erreur commençant avec le jugement (Diogène Laërce, X, 31-32). Contre ces deux assurances, Sextus définit le scepticisme comme la capacité d’opposer ce qui apparaît et ce qui se pense, de sorte que l’égal poids des raisons contraires, l’isostheneia, mène à la suspension du jugement, puis à l’absence de trouble, l’ataraxia (I, 8).
Les dix modes appliquent ce programme aux sens comme aux coutumes, selon un mouvement que Julia Annas et Jonathan Barnes ont ramené en 1985 à quatre temps. Une même chose paraît avoir telle propriété dans une situation. Elle paraît avoir une propriété incompatible dans une autre. Rien ne permet de préférer l’une des situations à l’autre. On ne peut donc ni affirmer ni nier que la chose possède par nature l’une ou l’autre propriété. Le quatrième mode en fournit l’exemple le plus simple avec le miel, doux au palais de l’homme bien portant et amer à celui du malade atteint de jaunisse (I, 101).
Le sceptique accorde que les choses apparaissent, et Sextus prend le même miel pour exemple dès le début du livre (I, 19-20) ; seul le passage du « paraît » au « est » est mis en question. Réduit à son ossature, l’argument tient en trois phrases. Une perception de la chose s’oppose à une autre perception de même force. Rien ne départage les deux. On s’abstient donc de dire ce qu’est la chose par nature, tout en continuant à la goûter et à s’en servir.
Andron d’Argos traverse la Libye sans boire
Sextus ne présente pas les dix modes en vrac. Il les range sous trois chefs (I, 38), selon que la différence vient de celui qui juge, de la chose jugée, ou des deux. Du côté du sujet se trouvent les quatre premiers. Le premier oppose les espèces animales, et le parfum qui charme les hommes devient insupportable aux bousiers et aux abeilles (I, 55). Avec le deuxième divergent les hommes entre eux, et Démophon, maître d’hôtel d’Alexandre, avait chaud à l’ombre et frissonnait au soleil (I, 79-90). Au troisième appartient la pomme. Dans le quatrième défilent les états d’un même homme, veille et sommeil, santé et maladie, joie et chagrin, jeunesse et vieillesse.
Du côté de l’objet viennent le septième, où la limaille d’argent paraît noire alors que le bloc paraît blanc (I, 129), et le dixième, qui confronte les coutumes, les lois et les croyances des peuples ; Sextus y note que les Égyptiens épousent leurs sœurs, ce que la loi interdit dans le monde où il écrit (I, 152). Les quatre autres relèvent des deux côtés à la fois. Le cinquième joue sur les positions et les distances, la tour ronde de loin et carrée de près (I, 118), ou la rame droite hors de l’eau et brisée dedans (I, 119). Avec le sixième, on apprend qu’on ne perçoit jamais une chose seule, mais mêlée à l’air, à l’humidité, à la lumière ou à la chaleur, si bien qu’un même son change selon que l’air est rare ou dense (I, 125). Pour le huitième, c’est la relativité elle-même. Quant au neuvième, il oppose le fréquent au rare, et le soleil, plus admirable qu’une comète, étonne moins parce qu’on le voit chaque jour (I, 141).
Au-dessus des trois chefs, Sextus place un genre unique, la relativité (I, 39), si bien que le huitième mode porte le nom de l’ensemble qui le contient, et Annas et Barnes pensent que Sextus a lui-même confondu les deux (1985, p. 142-143). Il précise au même endroit qu’il avance ce compte de dix comme vraisemblable, sans le garantir. Diogène Laërce, qui ignore cette hiérarchie, range la relativité au dixième rang et l’illustre par des couples comme le lourd et le léger ou la droite et la gauche.
Diogène, au deuxième mode, cite aussi Andron d’Argos, qui aurait traversé sans boire les déserts de Libye. Il tient le fait d’Aristote, dans un texte perdu que les éditeurs rangent au numéro 103 des fragments réunis par Valentin Rose.
Qui jugera l’homme bien portant ?
Qu’on enfonce une rame à moitié dans l’eau d’un bassin. Elle paraît brisée, puis droite dès qu’on la retire, et presque tout le monde tranchera en faveur de la rame sortie de l’eau. Aristote avait formulé ce réflexe contre la doctrine de Protagoras, trois siècles avant Énésidème (Métaphysique, Γ 5, 1010b1-11). Tout ce qui apparaît n’est pas vrai, écrit-il, et il est étonnant qu’on se demande si grandeurs et couleurs sont telles qu’elles paraissent de loin ou de près, au malade ou à l’homme sain, ou encore à l’endormi ou à l’éveillé ; personne, rêvant la nuit en Libye qu’il est à Athènes, ne se met en route vers l’Odéon.
Au chapitre suivant (Γ 6, 1011a3-13), il vise ceux qui demandent qui jugera l’homme bien portant. Ils réclament une raison de tout, et leurs actes montrent qu’ils ne croient pas eux-mêmes à leurs difficultés. L’objection revient à désigner des conditions normales d’observation et à leur donner le dernier mot, ce que fait spontanément quiconque retire la rame de l’eau pour la regarder.
Sextus connaissait la parade, et il y répond dans le quatrième mode.
Les malades, dit-il, sont dans un état naturel aux malades, comme les bien-portants dans le leur (I, 103), et rien n’autorise à prendre le second pour la mesure du premier. Celui qui voudrait trancher se trouve lui-même dans un état, et devient partie au désaccord qu’il prétend arbitrer. S’il invoque une preuve, il lui faut un critère, et ce critère réclame une preuve à son tour, de sorte qu’on tourne en rond ou qu’on remonte sans fin (I, 112-117) ; les cinq modes attribués à Agrippa (I, 164-177) feront de ce cercle et de cette régression des armes à part entière. Appliquée à la rame, la réponse accorde qu’on la voit droite à l’air libre et demande pourquoi l’air serait, plutôt que l’eau, le milieu où les rames montrent leur nature.
Le schéma d’Annas et Barnes a lui-même été contesté. Sa troisième étape, selon laquelle rien ne permet de préférer une situation à l’autre, est une thèse, et un sceptique qui l’affirmerait tomberait dans le dogmatisme qu’il combat. Benjamin Morison a proposé en 2011 de lire chaque mode comme une machine à produire un contre-argument de même forme. À qui raisonne que le miel, perçu doux par les bien-portants, est doux, le sceptique oppose que le miel, perçu amer par les malades de la jaunisse, est amer. La suspension survient devant l’égalité des deux raisonnements, sans avoir été déduite de quoi que ce soit.
La nature des choses, et elle seule
Il serait tentant de lire les dix modes comme une profession de relativisme, chaque chose étant douce pour l’un et amère pour l’autre. Katja Vogt rappelle que la lecture d’Annas et Barnes, comme celle de Pierre Pellegrin dans l’appareil de sa traduction française de 1997, va en sens inverse. Pour que deux apparences se disputent la vérité, il faut supposer qu’une seule au plus peut être juste. Paul Woodruff et Richard Bett prêtent au contraire à Énésidème un principe plus fort. Si une chose était douce par nature, elle affecterait tout le monde comme douce ; puisqu’elle ne le fait pas, elle n’est par nature ni douce ni amère. Cette version cadre avec la remarque de Sextus selon laquelle Énésidème voyait dans le scepticisme un chemin vers la philosophie d’Héraclite (I, 210).
En 1887, Victor Brochard écrivait qu’Énésidème « a mérité d’être comparé à Hume et à Kant », et voyait en lui celui qui avait donné au pyrrhonisme ses arguments les plus forts. Un siècle plus tard, la querelle entre les deux lectures porte sur ce que les modes prétendent atteindre, l’accès que l’on a aux choses ou les choses elles-mêmes.
La portée de la suspension divise davantage encore. En 1979, Michael Frede a soutenu que le sceptique de Sextus garde les croyances ordinaires formées sans raisonnement, qu’il fait jour quand on voit la lumière ou qu’il faut manger quand on a faim, et ne suspend que les thèses obtenues en pesant des arguments. Myles Burnyeat en 1980 puis Jonathan Barnes en 1982 ont répondu que la suspension emporte toute croyance ; Barnes, reprenant à Galien le mot « rustique », a opposé ce sceptique radical au sceptique « urbain » de Frede, et le recueil de 1997, The Original Sceptics, en réunissant les deux camps sous un titre de controverse, a presque fait de la querelle elle-même un objet d’étude. Le désaccord porte sur le paragraphe 13 du livre I, où Sextus distingue l’assentiment à ce que les apparences imposent, que le sceptique donne, et l’assentiment aux objets obscurs des sciences, qu’il refuse.
Benjamin Morison, dans la notice qu’il a révisée pour la Stanford Encyclopedia of Philosophy en mars 2026, juge que le poids des textes penche vers Frede, tout en concédant qu’on pourrait suspendre son jugement entre les deux lectures. Pour trancher, il faudrait savoir si cet assentiment s’entend au sens technique des stoïciens, pour qui assentir à une impression revient à la tenir pour vraie, ou comme la simple reconnaissance d’un état éprouvé. Dans le premier cas, le sceptique qui applique les dix modes continue de croire que le miel est doux. Dans le second, la suspension atteint jusqu’aux phrases du petit déjeuner et du coucher, le beurre est dur ou l’eau est froide, dont Barnes remarquait en 1982 que Sextus ne dit pas un mot.
Pour aller plus loin
Les cinq modes d’Agrippa reprennent le même problème en le déplaçant des perceptions vers les preuves. La représentation compréhensive des stoïciens et le probable de Carnéade montrent quels adversaires les dix modes avaient en face d’eux, et le cogito cartésien indique ce que devient la question quand le doute, cette fois, sert de méthode.
On se figure volontiers le sceptique antique comme un homme qui doute de tout. Les textes grecs parlent pourtant très peu de doute. Ils parlent d’examen, et d’un geste précis qui consiste à retenir son jugement. Ce geste avait son manuel, une série de dix arguments. On les attribue à Énésidème, un philosophe qui vivait au Iᵉʳ siècle avant notre ère.
Un livre dont il ne reste qu’un résumé
Énésidème avait écrit un grand ouvrage en huit livres. Aucun exemplaire n’a survécu. On en connaît le contenu grâce au résumé qu’en a fait un patriarche nommé Photius. Ce lecteur n’aimait guère le livre, mais ses résumés passent pour fidèles quand on les compare à des textes conservés.
Les dix arguments eux-mêmes sont parvenus par un autre chemin. Un médecin, Sextus Empiricus, les expose en détail dans un manuel écrit à la fin du IIᵉ siècle. Un autre auteur ancien, Diogène Laërce, en donne une autre version, dans un autre ordre. Personne ne sait si Énésidème les a inventés ou s’il a mis en ordre des arguments plus anciens.
Une même chose, deux visages
Chaque argument part d’une chose ordinaire qui change d’aspect selon les circonstances. Une tour paraît ronde quand on la regarde de loin. De près, la même tour paraît carrée. Le miel semble doux à une personne en bonne santé. Il semble amer à quelqu’un qui a la jaunisse.
Le raisonnement suit toujours le même chemin. Une chose se présente d’une façon dans une situation, et d’une autre façon ailleurs. Rien ne permet de dire laquelle des deux situations montre la chose telle qu’elle est. Le sceptique renonce alors à dire ce qu’est la chose en elle-même. C’est ce renoncement qu’on appelle suspendre son jugement.
Ce refus laisse intactes les sensations. Le miel reste doux dans la bouche du sceptique, et il continue d’en manger. Il refuse seulement de passer de « cela me paraît doux » à « c’est doux par nature ».
Les dix arguments multiplient les cas. Un parfum qui plaît aux hommes devient insupportable aux abeilles. Le soleil est plus admirable qu’une comète, et pourtant il surprend moins, puisqu’il se lève tous les jours.
La rame du bassin
Une objection vient vite à l’esprit. Une rame à moitié enfoncée dans l’eau paraît brisée, puis droite dès qu’on la sort. Presque tout le monde fait confiance à la rame sortie de l’eau. Aristote défendait déjà cette idée, trois siècles avant Énésidème. Selon lui, il faut se fier à l’homme éveillé, en bonne santé et placé à la bonne distance.
Aristote donnait un exemple. Celui qui rêve en Libye qu’il se trouve à Athènes ne se met pas en route pour autant.
Sextus avait prévu cette réponse. Pour lui, le malade est dans un état naturel pour un malade, comme l’homme sain dans le sien. Celui qui choisit la santé comme juge se trouve lui-même dans un certain état. Il devient donc l’une des parties du désaccord qu’il voulait trancher.
Un paragraphe, deux lectures
Les spécialistes ne s’accordent pas sur la portée de ce refus. En 1979, Michael Frede a soutenu que le sceptique garde les croyances de tous les jours, comme celle qu’il fait jour quand il voit la lumière. Myles Burnyeat lui a répondu l’année suivante. Selon lui, le sceptique renonce à toute croyance, sans exception.
Le débat tient dans un seul paragraphe du manuel de Sextus. Il y sépare l’accord donné à ce que les sens imposent et l’accord donné aux thèses savantes. Si Frede a raison, le sceptique croit encore que le miel est doux. Si Burnyeat a raison, même les petites phrases du quotidien tombent sous le refus. Les spécialistes n’ont toujours pas tranché entre les deux camps.
Du grand ouvrage d’Énésidème, il ne subsiste que ce résumé écrit par un patriarche qui ne l’aimait pas.
La version complète donne la limaille d’argent, noire en grains et blanche en bloc, et la querelle sur l’étape du raisonnement qu’un sceptique n’aurait pas le droit d’affirmer.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Sextus Empiricus, *Esquisses pyrrhoniennes* (*Pyrrhôneioi hypotypôseis*), livre I, 8 (définition du scepticisme), 13 (deux sens de *dogma*), 19-20 (l’apparence accordée), 35-163 (les dix modes : 36, attribution aux sceptiques plus anciens ; 38-39, les trois chefs, la relativité et le compte de dix ; 55 ; 79-90 ; 94-97 ; 101 ; 103 ; 112-117 ; 118-119 ; 125 ; 129 ; 141 ; 152), 164-177 (les cinq modes d’Agrippa), 210 (Énésidème et Héraclite) ; trad. Pierre Pellegrin, Paris, 1997 – Seuil ; trad. anglaise Julia Annas et Jonathan Barnes, *Outlines of Scepticism*, 2ᵉ éd., 2000 Cambridge University Press
- Sextus Empiricus, *Contre les logiciens* (*Adversus mathematicos* VII), 345 – attribution nominale des dix modes à Énésidème ; trad. anglaise R. G. Bury, 1935 Loeb Classical Library, Harvard University Press
- Diogène Laërce, *Vies et doctrines des philosophes illustres*, IX, 79-88 (les dix modes ; au deuxième mode, Andron d’Argos d’après Aristote, fr. 103 Rose ; au neuvième, l’ordre chez Favorinus, Sextus et Énésidème), IX, 115-116 (Énésidème de Cnossos), X, 31-32 (Épicure sur la vérité des perceptions) ; trad. anglaise R. D. Hicks, 1925 Loeb Classical Library, Harvard University Press
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Sources primaires (suite)
- Photius, *Bibliothèque*, codex 212 (169b-170b), résumé des *Discours pyrrhoniens* d’Énésidème ; éd. et trad. René Henry, t. III, Paris, 1962 Les Belles Lettres
- Philon d’Alexandrie, *De l’ivresse* (*De ebrietate*), 169 et suiv. exposé partiel des modes
- Aristote, *Métaphysique*, Γ 5, 1010b1-11 (tout ce qui apparaît n’est pas vrai ; le rêveur de Libye) et Γ 6, 1011a3-13 (qui jugera l’homme bien portant), pagination Bekker ; trad. anglaise W. D. Ross
- Cicéron, *Académiques*, II (*Lucullus*), 27 et 106 emplois de *dubitari*
Bibliographie
- Julia Annas et Jonathan Barnes, *The Modes of Scepticism : Ancient Texts and Modern Interpretations*, Cambridge, 1985, p. 25 (schéma en quatre temps), 97-98, 142-143 Cambridge University Press
- Gisela Striker, « The Ten Tropes of Aenesidemus », dans Myles Burnyeat (dir.), *The Skeptical Tradition*, Berkeley, 1983, p. 95-115 ; repris dans *Essays on Hellenistic Epistemology and Ethics*, Cambridge, 1996, p. 116-134 Cambridge University Press
- Benjamin Morison, « The Logical Structure of the Sceptic’s Opposition », *Oxford Studies in Ancient Philosophy* XL, 2011, p. 265-295 Oxford University Press
- Michael Frede, « Des Skeptikers Meinungen », *Neue Hefte für Philosophie* 15/16, 1979, p. 102-129 ; trad. anglaise « The Sceptic’s Beliefs », dans Burnyeat et Frede (dir.), 1997, p. 1-24 Hackett
- Myles Burnyeat, « Can the Sceptic Live His Scepticism ? », dans Malcolm Schofield, Myles Burnyeat et Jonathan Barnes (dir.), *Doubt and Dogmatism*, Oxford, 1980, p. 20-53 Clarendon Press
- Jonathan Barnes, « The Beliefs of a Pyrrhonist », *Proceedings of the Cambridge Philological Society*, n. s. 28, 1982, p. 1-29 Cambridge Philological Society
- Myles Burnyeat et Michael Frede (dir.), *The Original Sceptics : A Controversy*, Indianapolis, 1997 Hackett
- Paul Woodruff, « The Pyrrhonian Modes », dans Richard Bett (dir.), *The Cambridge Companion to Ancient Scepticism*, Cambridge, 2010, p. 208-231 Cambridge University Press
- Richard Bett, *Pyrrho, his Antecedents, and his Legacy*, Oxford, 2000 Oxford University Press
- Roberto Polito, *Aenesidemus of Cnossus : Testimonia*, Cambridge, 2014 Cambridge University Press
- Victor Brochard, *Les Sceptiques grecs*, Paris, 1887, chapitre « Ænésidème », p. 241 ; 2ᵉ éd. 1932, Vrin Imprimerie nationale
Sources en ligne
- « Ancient Skepticism », Katja Vogt, révision du 21 septembre 2022 Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/skepticism-ancient/
- « Sextus Empiricus », Benjamin Morison, révision du 12 mars 2026 Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/sextus-empiricus/
- « Ancient Skepticism (Stanford Encyclopedia of Philosophy/Fall 2003 Edition) », Leo Groarke Stanford Encyclopedia of Philosophy, archiveshttps://plato.stanford.edu/archives/fall2003/entries/skepticism-ancient/
- « Ancient Greek Skepticism », Harald Thorsrud Internet Encyclopedia of Philosophyhttps://iep.utm.edu/ancient-greek-skepticism/
- « Vitae philosophorum », Diogène Laërce, IX, trad. R. D. Hicks Perseids Project, Tufts Universityhttps://fgh.perseids.org/read/greekLit/tlg0004/tlg001/perseus-eng2/9.11.77-9.11.96
- « Aristotle, Metaphysics », livre IV, chapitre 5, trad. W. D. Ross IntraText Libraryhttps://www.intratext.com/IXT/ENG2242/_PF.HTM
- « Aristotle, Metaphysics », livre IV, chapitre 6, trad. W. D. Ross IntraText Libraryhttps://www.intratext.com/IXT/ENG2242/_PG.HTM
- « 5 - The Ten Tropes of Aenesidemus », Gisela Striker Cambridge Core, Cambridge University Presshttps://www.cambridge.org/core/product/identifier/CBO9781139172783A013/type/BOOK_PART
- « Aenesidemus of Cnossus : Testimonia », extrait de l’introduction de Roberto Polito Cambridge University Presshttps://assets.cambridge.org/97805211/90251/excerpt/9780521190251_excerpt.pdf
- « Les sceptiques grecs », Victor Brochard, 1887 Internet Archive, numérisation University of Ottawahttps://bookserver.archive.org/acquire/lessceptiquesgre00broc.pdf
- « Hypotyposes pyrrhoniennes », Sextus Empiricus data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de Francehttps://data.bnf.fr/12151927/sextus_empiricus_hypotyposes_pyrrhoniennes/fr.pdf


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