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Prise de Jérusalem en 1099 : massacre, témoins et guerre des chiffres

Émile Signol / Wikimedia Commons
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Un juriste de Séville, qui avait séjourné à Jérusalem peu avant l’arrivée des croisés, compte trois mille tués lors de la prise de la ville en 1099. Près d’un siècle plus tard, un chroniqueur de Mossoul en dénombre plus de soixante-dix mille dans la seule mosquée al-Aqsa. D’un auteur musulman à l’autre, le bilan a été multiplié par plus de vingt, et c’est le second chiffre que reprennent encore des ouvrages parus au XXIᵉ siècle.

Laetholdus sur le rempart

Le vendredi 15 juillet 1099 (23 sha’bân 492 selon Ibn al-Athîr), le siège dure depuis trente-huit jours. Les Gesta Francorum, chronique anonyme qu’on attribue le plus souvent à un combattant du contingent italo-normand de Bohémond, placent l’assaut décisif à l’heure où le Christ a souffert sur la croix. Godefroy de Bouillon et son frère Eustache combattent depuis leur tour de bois quand un chevalier nommé Laetholdus prend pied sur la muraille. Aussitôt les défenseurs lâchent le chemin de ronde, les Latins les poursuivent jusqu’au Temple de Salomon, nom qu’ils donnent à la mosquée al-Aqsa, et le chroniqueur écrit au livre X, chapitre 38, que les vainqueurs y avaient du sang jusqu’aux chevilles. Au même moment, l’émir retranché dans la tour de David se rend à Raymond de Saint-Gilles et lui ouvre la porte où les pèlerins acquittaient autrefois leur péage. Le récit continue sans ménager les siens. Une foule d’hommes et de femmes s’est réfugiée sur le toit du Temple, et Tancrède comme Gaston de Béarn lui remettent leurs bannières, gage de protection. Le lendemain matin, des croisés montent prudemment sur ce toit et décapitent les réfugiés à l’épée nue, tandis que d’autres se jettent dans le vide. Tancrède, précise l’auteur, en conçoit une vive colère. Le nom de Temple, soit dit en passant, a survécu à la tuerie, puisque l’ordre militaire installé dans le bâtiment une vingtaine d’années plus tard en a tiré celui de Templiers.

Tancrède est le neveu de Bohémond, et Jean Flori a montré que les chroniqueurs de la première croisade écrivent en « spectateurs engagés », au point que leurs textes relèvent pour une large part de la propagande. La colère prêtée au chef normand se lit donc à deux niveaux, comme un fait rapporté et comme un trait de portrait. On voit mal, en revanche, pourquoi un auteur acquis aux vainqueurs aurait inventé le meurtre des réfugiés du toit.

« Jusqu’aux brides des chevaux »

Chapelain du comte de Toulouse, Raymond d’Aguilers a suivi la prise depuis le camp provençal. Son Liber, édité en 1969 par John Hugh et Laurita Hill d’après le manuscrit latin 14378 de la Bibliothèque nationale de France, aggrave l’image des Gesta. Aux pages 150-151, il écrit que dans le Temple et le portique de Salomon on chevauchait dans le sang jusqu’aux genoux et jusqu’aux brides des chevaux, par un juste jugement de Dieu, afin que le lieu reçoive le sang de ceux dont il avait si longtemps supporté les blasphèmes.

La seconde moitié de la phrase sort de l’Apocalypse. Au chapitre 14, verset 20, le sang jaillit du pressoir de la colère divine jusqu’aux freins des chevaux, sur mille six cents stades, et Raymond reprend la formule latine sans en changer un mot. On préférera « brides » à « rênes » pour rendre frenos, parce que l’image mesure une hauteur et que la bride se porte à la tête du cheval. En 2012, Thomas Madden a tiré la conséquence physique de cette lecture. Le sang versé à Jérusalem a bien coulé ; les rivières que décrivent encore des journaux et des livres grand public relèvent d’une impossibilité matérielle, et les répéter tourne un massacre historique au grotesque.

Foucher de Chartres pose un autre problème. Chapelain de Baudouin de Boulogne, il n’a pas pris part au siège, et Tomasz Pełech a montré en 2022 que son récit de la prise s’appuie sur des textes, les Gesta et Raymond d’Aguilers, ainsi que sur un modèle littéraire antique pour le motif de l’or arraché aux cadavres. C’est pourtant chez lui, au livre I, chapitre 27, qu’on trouve une phrase souvent citée : « Que dirai-je ? Aucun d’eux ne fut laissé en vie, et l’on n’épargna ni leurs femmes ni leurs petits enfants. »

Trois mille à Séville, soixante-dix mille à Bagdad

En 2014, Konrad Hirschler a repris l’ensemble des récits arabes de la conquête. Il y distingue des traditions régionales nées en Syrie, en Égypte et en Irak, qui ne s’accordent presque sur rien, pas même sur l’identité des conquérants.

Proches des faits, les textes syriens sont brefs. Achevée à Alep en 1143-1144 (538 de l’hégire), la chronique d’al-Azîmî dit seulement que les Francs ont pris la ville aux Égyptiens, que Godefroy s’en est emparé et qu’ils ont brûlé la synagogue. Ibn al-Qalânisî, qui fut raïs, sorte de maire, de Damas, ajoute que des habitants se sont retirés dans la tour de David, que beaucoup ont été tués, que les juifs rassemblés dans la synagogue y ont été brûlés et que la tour s’est rendue sous sauf-conduit. Pour Antioche, le même auteur parle de morts innombrables, si bien que Jérusalem, chez lui, n’apparaît pas comme un cas extrême.

Le juriste sévillan de l’attaque s’appelle Ibn al-Arabî. Il a vécu à Jérusalem avant la conquête, se trouvait en Égypte quand elle tomba et regagna al-Andalus en 1100. Dans un traité de polémique doctrinale, al-Awâsim min al-qawâsim, il note trois mille tués, parmi lesquels des dévots, des savants et un lettré de Chiraz abattu avec un groupe de femmes sous la coupole de la Chaîne. Hirschler relève deux fragilités. L’auteur date la prise du 10 juillet (18 sha’bân) et appelle les conquérants des Byzantins ; surtout, trois mille est le chiffre que les sources donnent pour le massacre commis dans la même ville par le chef turc Atsız, vers 1077. Kedar rapportait ces morts à la mosquée al-Aqsa, et Hirschler objecte que le pronom arabe du passage ne peut pas désigner le bâtiment.

Deux prises de Jérusalem ont pu se fondre dans sa mémoire.

Le chiffre de soixante-dix mille naît ailleurs, et plus tard. On le lit d’abord chez Ibn al-Jawzî, prédicateur hanbalite de Bagdad mort en 1200, qui ouvre l’année 492 de sa chronique al-Muntazam par la prise de Jérusalem, avec plus de 70 000 musulmans tués, plus de quarante lanternes d’argent de 3 600 dirhams chacune arrachées au Dôme du Rocher et le cadi al-Harawî venu faire pleurer l’assistance du dîwân. Hirschler rattache ce récit aux sermons de Bagdad et au conflit entre le calife et les sultans seldjoukides, que le texte accuse d’inertie. Le nombre y remplit une fonction. Lawrence Conrad a montré que la culture arabe classique employait le nombre sept pour exprimer une idée de grandeur, et Ibn Khaldûn prévient dans sa Muqaddima que ces nombres expriment une magnitude, soixante-dix servant chez les Arabes à dire « beaucoup ». Au début du XIIIᵉ siècle, Ibn al-Athîr reprend la version de Bagdad, place les 70 000 morts dans la seule mosquée al-Aqsa, ajoute une semaine de tuerie, et fixe durablement le récit que recopient Abû l-Fidâ, al-Nuwayrî ou al-Maqrîzî. En 1983 encore, dans Les Croisades vues par les Arabes, Amin Maalouf réécrit la scène de Bagdad en y ajoutant une foule en colère et des soldats qu’aucune source médiévale ne mentionne.

Les comptes des karaïtes d’Ascalon

À l’été 1100, les karaïtes d’Ascalon écrivent aux karaïtes et aux rabbanites de Fustat, la vieille ville du Caire. Leur lettre a survécu dans la Geniza et se trouve aujourd’hui à la bibliothèque de l’université de Cambridge, en deux fragments raccordés, T-S 10J5,6 et T-S 20 113. S. D. Goitein l’a publiée en 1952, et le Princeton Geniza Project en donne l’image, la transcription et deux traductions anglaises.

Les anciens y rendent compte de l’argent reçu. Environ cinq cents dinars ont servi à racheter des captifs, à entretenir certains d’entre eux et à récupérer deux cent trente codex de la Bible, cent autres volumes et huit rouleaux de la Torah, et la communauté reste endettée de plus de deux cents dinars. Selon l’usage ordinaire, rappellent-ils, trois captifs juifs se rachètent cent dinars. Plusieurs réfugiés sont morts de froid sur la route, d’autres en mer, d’autres encore de l’épidémie qui frappait Ascalon à leur arrivée. Un notable, Abû l-Fadl Sahl ibn Yûsha’, a conduit le gros du groupe vers l’Égypte et célébré la Pâque avec lui en chemin. Quelques captifs restent aux mains des Francs, dont un enfant de huit à dix ans selon les traductions.

Sur la prise elle-même, la lettre apporte deux indications précises. Des juifs se sont enfuis le deuxième et le troisième jour après la bataille, avec le gouverneur qui avait obtenu un sauf-conduit, ce qui recoupe la reddition de la tour de David rapportée par les Gesta et par Ibn al-Qalânisî. D’autres captifs ont été tués sous les yeux de leurs compagnons, eux-mêmes mis à mort ensuite dans toutes sortes de tourments. Les anciens se félicitent enfin que ceux qu’ils appellent les Ashkénazes, les Allemands, n’aient violé aucune femme, à la différence d’autres troupes selon la traduction de Goitein. Dans les passages traduits, la lettre chiffre ses dépenses en dinars et ne donne aucun total des morts juifs.

Kedar maintient l’exception

En 2004, Benjamin Kedar a suivi la place du massacre dans l’historiographie occidentale, des témoins de 1099 aux historiens modernes, et conclu que la tuerie de Jérusalem avait été nettement plus étendue que dans les autres villes prises par la croisade. Hirschler lui répond, sources arabes en main, que les textes syriens et égyptiens proches de l’événement ne la distinguent pas de celles d’Antioche, de Césarée ou de Maarrat al-Nu’mân. Michael Fulton a élargi la comparaison en 2025. Quand un siège s’achevait par une entrée en force, écrit-il, la tuerie était une issue courante et admise par les contemporains, et l’exception de Jérusalem tiendrait à l’attention que le lieu a suscitée plus qu’à l’ampleur des violences.

Le camp de Kedar conserve des arguments solides. Dans l’enceinte du Temple, les deux témoins latins concordent sur une tuerie de masse. Le meurtre du toit frappe, le lendemain, des gens placés sous la bannière de deux chefs, hors de toute chaleur d’assaut. Raymond d’Aguilers présente le carnage comme un jugement de Dieu, donc comme une chose voulue. La lettre d’Ascalon parle de captifs exécutés après coup, et Ibn al-Qalânisî, si bref sur le reste, isole la mort des juifs brûlés dans leur synagogue.

Le nombre des victimes, lui, échappe à tous. Aucune des sources citées ici ne repose sur un comptage, aucune ne donne la population de la ville en 1099, et Hirschler juge les 70 000 morts invraisemblables pour ce qu’il appelle une ville mineure. Entre trois mille, chiffre peut-être emprunté à un autre massacre, et soixante-dix mille, chiffre de prédicateur, la recherche ne dispose d’aucun point d’appui mesuré.

Les erreurs, elles, se recopient. Une légion d’historiens des croisades, parmi lesquels John France en 1994 et Jean Richard en 1996, a répété que des musulmans rescapés de Jérusalem avaient fondé le faubourg d’al-Sâlihiyya, à Damas. Daniella Talmon-Heller et Kedar ont remonté la filière en 2005. Les sources musulmanes médiévales ne signalent aucun habitant de Jérusalem installé à Damas en 1099, et le faubourg naît une soixantaine d’années plus tard, peuplé d’émigrants venus de villages musulmans de Palestine centrale passés sous domination franque.

À Cambridge, le verso de T-S 20 113 porte toujours la mention d’une dette de plus de deux cents dinars que la communauté d’Ascalon priait Fustat de l’aider à solder.

Pour aller plus loin

Le sujet prolonge celui des massacres de juifs rhénans de 1096, commis par d’autres troupes de la même croisade, et celui de la prise de Maarrat al-Nu’mân, à laquelle des chroniqueurs d’Alep comparent Jérusalem. Il appelle aussi la reprise de la ville par Saladin en 1187, que son entourage oppose à la conquête franque, et l’histoire de la Geniza du Caire.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. *Gesta Francorum et aliorum Hierosolimitanorum*, livre X, chapitre 38 (assaut du 15 juillet 1099, sang « jusqu’aux chevilles », reddition de la tour de David, bannières de Tancrède et de Gaston de Béarn, meurtre des réfugiés du toit), éd. Rosalind Hill, Londres, 1962, p. 90-91 pour le passage sur le sang – Nelson, Medieval Texts
  2. Raymond d’Aguilers, *Historia Francorum qui ceperunt Iherusalem*, éd. John Hugh Hill et Laurita L. Hill, *Le « Liber » de Raymond d’Aguilers*, Paris, 1969, p. 150-151, d’après le manuscrit de base Paris, Bibliothèque nationale de France, latin 14378 – Documents relatifs à l’histoire des croisades, IX
  3. Apocalypse, 14, 20 – le sang « jusqu’aux freins des chevaux » (*usque ad frenos equorum*), source de la formule de Raymond d’Aguilers
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Sources primaires (suite)

  1. Foucher de Chartres, *Historia Hierosolymitana*, livre I, chapitre 27, 13, éd. Heinrich Hagenmeyer, Heidelberg, 1913 – Carl Winter
  2. al-Azîmî, *Ta’rîkh Halab*, année 492, éd. I. Za’rûr, Damas, 1984, p. 360 – chronique achevée en 538 de l’hégire (1143-1144)
  3. Ibn al-Qalânisî, *Dhayl ta’rîkh Dimashq*, année 492, éd. H. F. Amedroz, Beyrouth, 1908, p. 137 (Jérusalem) et p. 135 (Antioche)
  4. Ibn al-Arabî, *al-Awâsim min al-qawâsim*, éd. A. Tâlibî, Le Caire, 1997, p. 371-372 – passage sur les trois mille tués et la coupole de la Chaîne
  5. Ibn al-Jawzî, *al-Muntazam fî ta’rîkh al-mulûk wa-l-umam*, XVII, p. 47-48, éd. M. et M. Atâ, Beyrouth, 1992
  6. Ibn al-Athîr, *al-Kâmil fî l-ta’rîkh*, X, p. 282-286, éd. C. J. Tornberg, rééd. Beyrouth, 1965-1967
  7. Ibn Khaldûn, *al-Muqaddima*, I, p. 129, éd. Kh. Shahâda, Beyrouth, 2001 – sur la valeur de grandeur des nombres et de soixante-dix
  8. Lettre des karaïtes d’Ascalon aux karaïtes et rabbanites de Fustat, été 1100, judéo-arabe et hébreu, deux fragments raccordés – Cambridge University Library, Taylor-Schechter, T-S 10J5,6 + T-S 20 113

Bibliographie

  1. Jean Flori, *Chroniqueurs et propagandistes. Introduction critique aux sources de la première croisade*, Genève, 2010, 353 p., Hautes études médiévales et modernes 98 – Droz
  2. Jean Richard, *Histoire des croisades*, Paris, 1996, p. 79 – Fayard
  3. Amin Maalouf, *Les Croisades vues par les Arabes*, Paris, 1983 – JC Lattès
  4. Tomasz Pełech, « Un réemploi de Flavius Josèphe par Foucher de Chartres : l’or arraché aux cadavres », *Cahiers de civilisation médiévale* 259, 2022, p. 259-274, DOI 10,4000/ccm.9859 – Cahiers de civilisation médiévale https://doi.org/10.4000/ccm.9859
  5. Benjamin Z. Kedar, « The Jerusalem Massacre of July 1099 in the Western Historiography of the Crusades », *Crusades* 3, 2004, p. 15-75, DOI 10,1080/28327861,2004,12220041 – Crusades https://doi.org/10.1080/28327861.2004.12220041
  6. Konrad Hirschler, « The Jerusalem Conquest of 492/1099 in the Medieval Arabic Historiography of the Crusades : From Regional Plurality to Islamic Narrative », *Crusades* 13, 2014, p. 37-76 – Crusades
  7. Michael S. Fulton, « The Capture of Jerusalem in 1099 : Contextualizing an Episode of Mass Violence », *Crusades* 24 (1), 2025, DOI 10,1080/14765276,2025,2464743 – Crusades https://doi.org/10.1080/14765276.2025.2464743
  8. Thomas F. Madden, « Rivers of Blood : An Analysis of One Aspect of the Crusader Conquest of Jerusalem », *Revista Chilena de Estudios Medievales* 1, 2012, p. 25-37 – Revista Chilena de Estudios Medievales
  9. Daniella Talmon-Heller et Benjamin Z. Kedar, « Did Muslim Survivors of the 1099 Massacre of Jerusalem Settle in Damascus ? The True Origins of the al-Sâlihiyya Suburb », *Al-Masaq* 17 (2), 2005, p. 165-169, DOI 10,1080/09503110500222237 – Al-Masaq https://doi.org/10.1080/09503110500222237
  10. S. D. Goitein, « Contemporary Letters on the Capture of Jerusalem by the Crusaders », *Journal of Jewish Studies* 3 (4), 1952, p. 162-177 – Journal of Jewish Studies
  11. Lawrence I. Conrad, « Seven and the tasbî’. On the Implications of Numerical Symbolism for the Study of Medieval Islamic History », *Journal of the Economic and Social History of the Orient* 31, 1988, p. 42-73 – JESHO
  12. John France, *Victory in the East : A Military History of the First Crusade*, Cambridge, 1994, p. 355 – Cambridge University Press

Sources en ligne

  1. « Letter : T-S 10J5,6 + T-S 20 113 » – Princeton Geniza Project, Princeton University https://geniza.princeton.edu/en/documents/1560/
  2. « 15th July : Jerusalem falls to the armies of the First Crusade – Genizah Fragments » – Genizah Fragments, Cambridge University Library https://genizahfragments.lib.cam.ac.uk/2021/07/15/15th-july-jerusalem-falls-to-the-armies-of-the-first-crusade/
  3. « The Jerusalem Massacre of July 1099 in the Western Historiography of the Crusades : Crusades : Vol 3 , No 1 - Get Access » – Crusades, Taylor & Francis https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/28327861.2004.12220041
  4. « (PDF) The Jerusalem Conquest of 492/1099 in the Medieval Arabic Historiography of the Crusades : From Regional Plurality to Islamic Narrative » – dépôt de l’auteur, Academia https://www.academia.edu/3522981/The_Jerusalem_Conquest_of_492_1099_in_the_Medieval_Arabic_Historiography_of_the_Crusades_From_Regional_Plurality_to_Islamic_Narrative
  5. « (PDF) The Capture of Jerusalem in 1099 : Contextualizing an Episode of Mass Violence » – dépôt de l’auteur, Academia https://www.academia.edu/129934874/The_Capture_of_Jerusalem_in_1099_Contextualizing_an_Episode_of_Mass_Violence
  6. « Did muslim survivors of the 1099 massacre of jerusalem settle in damascus ? the true origins of the al-.(S)āli.(h)iyya suburb - The Hebrew University of Jerusalem » – The Hebrew University of Jerusalem https://cris.huji.ac.il/en/publications/did-muslim-survivors-of-the-1099-massacre-of-jerusalem-settle-in-/
  7. « 259 – juillet-septembre 2022 (65e année) - Cahiers de civilisation médiévale » – Cahiers de civilisation médiévale, CESCM, CNRS https://ccm.cnrs.fr/cahiers-de-civilisation-medievale-259-juillet-septembre-2022-65e-annee/
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