« Nul ne sait bien qui ils sont, ni d’où ils sont sortis, ni quelle est leur langue, ni de quelle tribu ils sont, ni quelle est leur foi. » Le scribe novgorodien qui recopie ces mots dans la seconde moitié du XIIIᵉ siècle parle de l’armée qui vient d’écraser les princes de la Rus’ sur une rivière de la steppe, la Kalka. Il lui donne trois noms, Tatars, Taurmènes, Petchénègues, puis cherche secours dans un texte apocalyptique traduit du grec. Livrée le 31 mai d’une année qu’il numérote 6732, la bataille de la Kalka est la plus ancienne rencontre armée entre princes de la Rus’ et Mongols dont les textes gardent la trace, et son premier narrateur commence par avouer qu’il ignore contre qui l’on s’est battu.
Des chevaux, des chameaux, des buffles et des filles
Au début de 1223, le khan Kotian se présente à Galitch chez son gendre, le prince Mstislav Mstislavitch. Ses Coumans, les Polovtses des chroniques, viennent d’être battus par deux généraux de Gengis Khan, Djebé et Subötei, entrés dans la steppe par le Caucase l’année précédente. Il apporte, selon Novgorod, des chevaux, des chameaux, des buffles et des jeunes filles, et un argument que chacun comprend (« ils ont pris notre terre aujourd’hui, la vôtre sera prise demain »). À Kiev, un conseil réunit les trois aînés, Mstislav Romanovitch de Kiev, Mstislav Sviatoslavitch de Tchernigov et Mstislav de Galitch. Le grand-prince de Vladimir, Iouri Vsevolodovitch, envoie son neveu Vasilko, qui ne dépassera pas Tchernigov.
Deux ambassades mongoles viennent au-devant de l’armée. La première assure que les cavaliers de l’est n’en veulent qu’à « leurs esclaves et leurs palefreniers », les Coumans ; ses envoyés sont mis à mort, et la seconde repart vivante. En avril, les contingents se rassemblent sur le Dniepr et descendent jusqu’à Khortytsia, où des « exilés » galiciens arrivent par l’eau avec, dit l’hypatienne, un millier de barques. Mstislav de Galitch passe le fleuve le premier et détruit une garde avancée. Pendant neuf jours selon Novgorod, huit selon l’hypatienne, la coalition marche vers l’est derrière un adversaire qui recule.
Le 31 mai, elle atteint la Kalka, et les armées princières campent en trois endroits différents. Envoyés en éclaireurs avec le voïévode Iaroun, les Coumans reçoivent le premier choc, tournent bride et piétinent dans leur fuite les camps russes avant que ceux-ci aient pu se ranger. Daniel Romanovitch, prince de Volhynie, combat à l’avant ; blessé, il ne s’en aperçoit, dit l’hypatienne, qu’en buvant à la rivière. Sur la rive, Mstislav de Kiev, son gendre Andreï et Alexandre de Doubrovitsa s’enferment derrière une enceinte de chariots et tiennent trois jours. Ploskinia, chef des brodniki, ces gens de la steppe passés aux Tatars, jure alors sur la croix qu’on les laissera partir contre rançon, et les assiégés se rendent. Livrés ligotés, les trois princes sont étouffés sous des planches sur lesquelles les vainqueurs s’assoient pour manger. Six autres meurent dans la poursuite, dont Mstislav de Tchernigov et son fils. Mstislav de Galitch repasse le Dniepr avant tout le monde, fait repousser les barques loin de la rive pour que les Tatars ne le suivent pas, et regagne Galitch de justesse. Un soldat sur dix, selon Novgorod, revient chez lui. Les Mongols poussent jusqu’à Novgorod-Sviatopoltch, sur le Dniepr, massacrent les habitants sortis à leur rencontre avec des croix, puis repartent vers l’est.
« Par envie, car il y avait grande querelle entre eux »
Ce récit continu est une couture. La Première Chronique de Sophie la pratiquait déjà au début du XVᵉ siècle, en fondant deux versions plus anciennes, et c’est en défaisant la couture qu’on voit qui parle. La version la plus détaillée appartient à la Première Chronique de Novgorod, connue dans sa rédaction ancienne par un seul manuscrit de parchemin, le Synodal, au Musée historique d’État de Moscou (Син. № 786), dont la première partie, arrêtée en 1234, date de la seconde moitié du XIIIᵉ siècle. Elle seule donne le 31 mai, jour de saint Éréméï, le serment de Ploskinia et l’enceinte « de chariots ». Andreï Astaïkine, qui a classé en 2023 toutes les versions chroniques de la bataille, préfère cette lecture à celle de « pieux » que portent des copies plus tardives, tient ce texte pour le plus sûr et le juge probablement nourri d’une relation venue du sud.
La Chronique hypatienne ne survit que dans une copie sur papier du premier quart du XVᵉ siècle, à la Bibliothèque de l’Académie des sciences de Russie (НИОР 16,4.4). Elle garde l’écho d’un participant, qui dit avoir passé le Dniepr presque à pied sec tant les barques couvraient l’eau (le manuscrit écrit « gens », Astaïkine corrige), mais elle a été retravaillée dans les années 1240-1250 autour de Daniel Romanovitch, « hardi et brave, sans défaut de la tête aux pieds ». Elle lui donne dix-huit ans, quand sa propre préface, qui le dit âgé de quatre ans à la mort de son père en 1205, conduit plutôt à vingt-deux. Elle ignore le camp de Kiev et Ploskinia, et charge le prince de Galitch, qui aurait franchi la Kalka sans prévenir les deux autres Mstislav « par envie, car il y avait grande querelle entre eux ».
La laurentienne est la plus brève. Copiée en 1377, pour l’essentiel par le moine Laurent, à l’intention du grand-prince de Nijni Novgorod Dmitri Konstantinovitch, elle tient sur 173 feuillets de parchemin d’environ 25 centimètres sur 20, aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de Russie (F.п.IV.2). Sous l’année 6731, elle regarde la guerre depuis Vladimir et rapporte, sur la foi d’un « on dit », la mort de dix mille Kiéviens.
En 2016, l’historien ukrainien Oleksandr Holovko a souligné à quel point ces versions sont partisanes, chacune ayant reçu les ajouts de scribes acquis à Mstislav de Galitch, à Mstislav de Kiev ou à Daniel. La phrase sur l’envie lui paraît faite pour décharger le prince de Kiev, resté derrière sa palissade pendant que les autres se battaient, et l’épisode des barques repoussées, pour noircir le Galicien. Pour les barques, la démonstration convainc moins, car les navires de marchands d’Ibn al-Athîr sur lesquels Holovko s’appuie prennent la mer, et rien ne les relie au Dniepr hormis sa conjecture. Le camp d’en face garde surtout un argument solide, puisque Holovko admet lui-même qu’il n’existait aucun commandement unique, que les décisions se prenaient par consensus et que les contingents campaient séparément le jour de la bataille. La désunion appartient aux faits, et la leçon morale qu’on en tire appartient aux scribes.
Vu de Mossoul
Loin de la steppe, à Mossoul, Ibn al-Athîr range l’affaire dans son al-Kâmil fî l-ta’rîkh sous l’année 620 de l’hégire, qui court du 4 février 1223 au 23 janvier 1224. Il ignore les noms des princes et décrit une manœuvre. Russes et Qipchaq marchent sur les Tatars, qui se retirent ; persuadés que l’adversaire a peur, ils le suivent douze jours, puis les Tatars se retournent contre une armée qui ne s’était pas préparée, et le combat dure plusieurs jours. Le chroniqueur s’attarde ensuite, sans que son sujet l’y oblige, sur les marchands russes enfuis par mer vers les pays d’islam et sur l’usage du sultan de prélever une esclave sur chaque navire qui sombre dans son port. Au début du XIVᵉ siècle, Rashîd al-Dîn reprend les douze jours et parle d’une semaine de combats. La ressemblance des deux récits fait soupçonner une filiation, et Holovko juge les deux durées exagérées.
Du côté mongol, une seule phrase. Au paragraphe 262 de l’Histoire secrète des Mongols, Gengis Khan envoie Subötei atteindre onze pays et peuples, parmi lesquels les Orosut et une ville nommée Kivamen-kermen, où Holovko reconnaît les Russes et Kiev. Il en conclut que l’expédition visait plus loin qu’une reconnaissance. Pour l’histoire mongole, le mot « médiéval » n’a guère de sens, et l’épisode se range dans les années de conquête de Gengis Khan. Marie Favereau en cartographie la « mission de l’Ouest » de 1221-1223, de l’Iran à la Russie par le Caucase, puis le retour vers la Mongolie.
À l’automne, les Bulgares de la Volga attendent Subötei, et Ibn al-Athîr dénombre quatre mille survivants.
6732, en style ultramars
Dans le manuscrit synodal, deux événements de 1223 portent deux années différentes. L’archevêque Mitrofane de Novgorod y meurt le 3 juillet, un lundi, sous 6731, combinaison qui désigne 1223 selon le calcul repris en 2003 par Yamaguchi Iwao ; la Kalka, elle, est rangée sous 6732. Les chroniqueurs comptent depuis la Création et ouvrent l’année en mars, mais deux numérotations ont coexisté, le style de mars et un style dit ultramars, qui donne à l’année le chiffre supérieur six mois plus tôt. Nikolaï Berejkov, dans sa Chronologie des chroniques russes de 1963, plaçait les années 6731 et 6732 du manuscrit en style ultramars, ce qui ramène la Kalka à 1223. Yamaguchi suppose plutôt que le récit a gardé la numérotation de sa source en entrant dans la chronique. La laurentienne, avec 6731 en style de mars, et l’an 620 d’Ibn al-Athîr tombent sur la même année, et le 31 mai 1223 fait consensus depuis le milieu du XIXᵉ siècle.
L’année n’est pas pour autant hors d’atteinte. En 1989, Leo de Hartog a placé la bataille à la mi-juin 1222, faute de quoi les Mongols seraient restés un an et demi dans la steppe sans agir. Yamaguchi ne va pas jusque-là et conclut seulement que les chroniques russes, à elles seules, ne suffisent pas à trancher. L’objection de l’année vide perd de sa force avec la chronologie de Holovko, où les Mongols franchissent le Caucase à la fin de l’hiver 1222, combattent Alains et Coumans presque toute l’année, puis hivernent en Crimée orientale. Le jour pose un autre problème, car Novgorod donne le 31 mai, fête de saint Éréméï, et la laurentienne nomme le même saint en se trompant d’un jour ; de la Première Chronique de Sophie à la Chronique nikonienne, le désastre glisse au 16 juin. Au XVIᵉ siècle, le Recueil de Tver met sur la voie d’une confusion. Il rattache le 16 juin à l’installation de Vladimir Rurikovitch à Kiev et garde pour la bataille la fête du martyr.
On cherche encore la Kalka
Sur une carte, la rivière n’a pas de place assurée. On la reconnaît le plus souvent dans le Kalmious, fleuve côtier de la mer d’Azov, ou dans son affluent le Kaltchik, dans la région de Donetsk ; un chercheur ukrainien l’a déplacée près du Dniepr, vers la rivière Konskie Brody. Les textes ne donnent qu’un nom, et ce nom flotte. Dans l’hypatienne, il est question d’une « autre rivière Kalka », et la Quatrième Chronique de Novgorod écrit « sur les Kalki », au pluriel.
Les chiffres ne valent pas mieux. Aucune source ne compte les combattants. Les dix mille Kiéviens de la laurentienne deviennent soixante mille dans la Chronique nikonienne, qui ajoute des maisons incendiées dont les textes du XIIIᵉ siècle ne savent rien, et l’inflation a gagné les historiens modernes. René Grousset mettait en 1939 quatre-vingt mille Russes en ligne, chiffre que reprend encore Michel Heller ; Holovko, qui compte deux tumens mongols de dix mille cavaliers au plus chacun, accorde à Djebé et Subötei vingt à vingt-cinq mille hommes et juge gonflée l’estimation de quarante à quarante-cinq mille avancée pour la coalition.
Aucune des trois versions anciennes ne dit pourquoi les princes captifs meurent sous des planches. Le repas pris par-dessus figure chez le Novgorodien ; le motif, nulle part.
La légende, elle, a grossi de copie en copie. Au début du XVᵉ siècle, la Première Chronique de Sophie fait mourir à la Kalka Alexandre Popovitch, héros des récits de Rostov, avec soixante-dix « braves ». Le Recueil de Tver bâtit autour de lui un récit hostile aux princes et prête à Mstislav de Kiev une vantardise absente des versions anciennes, « tant que je suis à Kiev, jusqu’au Iaïk, à la mer Pontique et au Danube, nul ne brandira le sabre ». Astaïkine range ces ajouts dans l’histoire littéraire du récit et tient les compilations qui les portent pour pleines de détails douteux.
Le jeune prince qui n’avait senti sa blessure qu’en buvant à la rivière retrouve les Mongols plus de vingt ans après, dans la tente de Batu, sur la Volga. La Chronique hypatienne range l’épisode sous l’année 6758. Batu demande à Daniel s’il boit « le lait noir, notre boisson, le koumys de jument », le lui fait boire, puis le laisse aller saluer la khatoun. Avant de lancer sa plainte sur l’honneur tatar, « pire que le mal », le chroniqueur note un dernier geste du khan, qui fait porter à Daniel une coupe de vin parce que, dit-il, les Russes n’ont pas l’habitude du koumys.
Pour aller plus loin
La campagne de Batu, une quinzaine d’années après la Kalka, et la prise de Kiev par ses troupes forment la suite directe de cette histoire. La figure de Daniel de Galicie, entre la Horde et Rome, et le destin des Coumans, partagés entre la Rus’, la Hongrie et la Horde d’or, en sont les deux prolongements.
Où s’est déroulée la première bataille connue entre les princes russes et les Mongols ? Personne ne sait le dire avec certitude. Elle a eu lieu au bord d’une petite rivière des steppes appelée la Kalka, au nord de la mer Noire. Selon l’avis le plus répandu, c’était à la fin du printemps 1223. Tout ce qu’on en sait vient de scribes qui avaient chacun leur prince préféré.
Un appel au secours venu de la steppe
Tout commence par une visite. Un chef de nomades nommé Kotian vient demander de l’aide à son gendre, un prince russe. Le peuple de Kotian, les Coumans, vit dans la steppe. Il vient d’être battu par une armée venue de l’est, celle de Gengis Khan. Kotian apporte des jeunes filles, des buffles, des chameaux et des chevaux.
Les princes russes se réunissent à Kiev et acceptent de partir en guerre aux côtés des Coumans. Les envahisseurs envoient des messagers pour demander aux princes de rester à l’écart. Les princes les font tuer. L’armée russe descend ensuite le grand fleuve Dniepr. Elle marche plusieurs jours vers l’est, derrière des cavaliers qui reculent.
Derrière une barrière de chariots
Le 31 mai, d’après le récit le plus détaillé, les cavaliers font soudain demi-tour. Les Coumans placés en tête s’enfuient les premiers. Dans leur fuite, ils bousculent les campements russes. Les princes n’avaient pas installé leurs troupes dans un camp commun, et chacun se retrouve seul face à l’attaque.
Le prince de Kiev s’abrite avec ses compagnons derrière une barrière, sans doute faite de chariots. Il résiste pendant trois jours. Un certain Ploskinia commande des gens de la steppe passés aux envahisseurs. Il jure au prince sur la croix qu’il pourra partir contre une rançon. Le prince se rend. Les vainqueurs l’étouffent sous des planches avec ses compagnons, puis s’assoient dessus pour manger.
D’autres princes meurent pendant la fuite vers le Dniepr. Le prince de Galitch traverse le fleuve avant tout le monde et fait éloigner les barques de la rive. Il veut empêcher les cavaliers de le suivre. D’après le récit écrit à Novgorod, un soldat sur dix seulement rentre chez lui.
Des scribes qui prennent parti
Toute cette histoire vient de livres où l’on notait les événements année après année. On appelle ces livres des chroniques. Trois chroniques anciennes racontent la bataille, et elles ne disent pas la même chose. La plus détaillée a été écrite à Novgorod. Une autre a été retouchée pour la gloire du jeune Daniel, devenu le héros de la journée.
Le texte écrit à la gloire de Daniel accuse le prince de Galitch. D’après ce texte, le prince de Galitch a franchi la rivière sans prévenir les autres, par jalousie. L’historien ukrainien Oleksandr Holovko trouve cette accusation suspecte. À ses yeux, chaque scribe défendait un prince et chargeait ses rivaux. Il reproche plutôt au prince de Kiev d’être resté à l’abri pendant que les autres se battaient.
Chaque camp garde une part de raison. Holovko reconnaît lui-même que l’armée n’avait pas de chef unique. Les princes décidaient ensemble et dormaient dans des camps séparés. La mésentente a donc bien existé. Ce sont les scribes qui en ont fait une leçon de morale.
Loin de la steppe, à Mossoul, un historien musulman de l’époque raconte la même bataille. Il ne connaît pas les noms des princes. Pour lui, la poursuite a duré douze jours et le combat plusieurs jours.
Une date et une rivière perdues
Même l’année fait débat. Les chroniques comptent les années à partir de la création du monde, et elles n’utilisent pas toutes la même façon de compter. La plupart des spécialistes retiennent l’année 1223. L’historien Leo de Hartog a proposé l’année précédente. Un autre chercheur estime que les chroniques russes seules ne permettent pas de trancher.
La rivière elle-même n’a pas de place sûre sur les cartes. On pense en général à un cours d’eau proche de la mer d’Azov, dans l’actuelle région de Donetsk. Un chercheur la place au contraire tout près du Dniepr. Les chroniques ne donnent qu’un nom, parfois même au pluriel.
Personne n’a compté les soldats. Une chronique parle de dix mille morts parmi les gens de Kiev. Une compilation plus tardive en compte soixante mille. Les historiens modernes ont souvent repris ces chiffres gonflés.
Le supplice des planches garde aussi son secret. Les chroniques anciennes décrivent le repas des vainqueurs. Aucune n’explique pourquoi les princes captifs ont été tués de cette façon.
Le récit le plus détaillé tient sur quelques feuillets de parchemin copiés à Novgorod. Ils sont aujourd’hui conservés dans un musée de Moscou.
Il reste, dans la version complète, l’archevêque mort un lundi de juillet qui dérange le calcul des années, et la coupe de koumys que Daniel boit bien plus tard sous la tente du khan.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Première Chronique de Novgorod, rédaction ancienne, manuscrit synodal, parchemin in-4°, 169 feuillets, première partie (récits jusqu’en 1234) copiée dans la seconde moitié du XIIIᵉ siècle ; année 6731 (mort de l’archevêque Mitrofane) et année 6732 (récit de la Kalka, daté du 31 mai, jour de saint Éréméï) Musée historique d’État, Moscou, Син. № 786 ; éd. A. N. Nasonov, Novgorodskaïa pervaïa letopis’ starchego i mladchego izvodov, Moscou-Léningrad, 1950, p. 61-63
- Chronique laurentienne, copiée en 1377, parchemin, 173 + IV feuillets, env. 255 × 205 mm, année 6731 Bibliothèque nationale de Russie, Saint-Pétersbourg, ОР F.п.IV.2 ; Polnoe sobranie rousskikh letopiseï, t. I, Moscou, 1997, col. 445-447
- Chronique hypatienne, manuscrit Ipatiev, papier, 307 feuillets, vers 1425 ; année 6732 (la Kalka) et année 6758 (Daniel Romanovitch chez Batu) Bibliothèque de l’Académie des sciences de Russie, Saint-Pétersbourg, НИОР 16,4.4 ; Polnoe sobranie rousskikh letopiseï, t. II, Moscou, 1998, col. 740-745 pour la Kalka
Voir les 20 sources restantesMasquer les autres sources
Sources primaires (suite)
- Première Chronique de Sophie, rédaction ancienne, année 6732 (fusion des versions novgorodienne et hypatienne, date du 16 juin, mort d’Alexandre Popovitch et de soixante-dix « braves ») Polnoe sobranie rousskikh letopiseï, t. VI, fasc. 1, Moscou, 2000, col. 275-282
- Quatrième Chronique de Novgorod, récit abrégé de la bataille « sur les Kalki » Polnoe sobranie rousskikh letopiseï, t. IV, 1ʳᵉ partie, Pétrograd, 1915, p. 202-203
- Recueil de Tver, XVIᵉ siècle, « Récit du massacre de la Kalka, des princes russes et des soixante-dix braves » (date du 16 juin rapportée à l’avènement de Vladimir Rurikovitch à Kiev) Polnoe sobranie rousskikh letopiseï, t. XV, Moscou, 1965, col. 335-343
- Chronique nikonienne, récit « du massacre de la Kalka » (soixante mille Kiéviens, date du 16 juin) Polnoe sobranie rousskikh letopiseï, t. X, Saint-Pétersbourg, 1885, p. 89-92
- Ibn al-Athîr, al-Kâmil fî l-ta’rîkh, année 620 de l’hégire, « L’invasion tatare du pays des Rûs » éd. C. J. Tornberg, t. XII, p. 387 ; trad. anglaise William Watson, Canadian-American Slavic Studies 35 (4), 2001
- Rashîd al-Dîn, Jâmi’ al-tawârîkh, récit de la campagne de Djebé et Subötei contre les Qipchaq et les Rus’ trad. russe, Sbornik letopiseï, t. I, 2ᵉ partie, Moscou-Léningrad, 1952, p. 229
- Histoire secrète des Mongols, § 262 (mission confiée à Subötei vers onze pays et peuples, dont les Orosut et Kivamen-kermen) trad. Marie-Dominique Even et Rodica Pop, Paris, Gallimard, coll. « Connaissance de l’Orient », 1994
Bibliographie
- Andreï A. Astaïkine, « Povest’ o bitve na reke Kalke v rousskikh letopisiakh XIII-XVIII vv. » [Le récit de la bataille de la Kalka dans les chroniques russes, XIIIᵉ-XVIIIᵉ siècle], Istoritcheski vestnik 45, 2023, p. 28-65, DOI 10,35549/HR.2023,2023,45 002 Istoritcheski vestnikhttps://doi.org/10.35549/HR.2023.2023.45
- Oleksandr Holovko (A. B. Golovko), « Reïd toumenov Djebe i Soubedeia v Vostotchnouïou Evropou (1222-1223 gg.) v protsesse formirovaniia Mongolskoï imperii i Pax Mongolica » [Le raid des tumens de Djebé et Subötei en Europe orientale], Vestnik Oudmourtskogo ouniversiteta. Istoriia i filologuiia 26 (1), 2016, p. 46-58 Université d’État d’Oudmourtie
- Yamaguchi Iwao, « The First Raid of Mongols on Russia », Bulletin of Tottori University of Environmental Studies 1, 2003, p. 1-11 Tottori University of Environmental Studies
- Nikolaï G. Berejkov, Khronologuiia rousskogo letopisaniia [Chronologie des chroniques russes], Moscou, 1963 Izdatelstvo Akademii naouk SSSR
- Leo de Hartog, Genghis Khan : Conqueror of the World, Londres, 1989, vii + 230 p. I.B. Tauris
- Marie Favereau, La Horde. Comment les Mongols ont changé le monde, Paris, 2023, 432 p., DOI 10,3917/perri.faver.2023,01 Perrinhttps://doi.org/10.3917/perri.faver.2023.01
- René Grousset, L’Empire des steppes. Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Paris, 1939, 639 p. Payot
- Michel Heller, Histoire de la Russie et de son empire, Paris, coll. « Tempus », 2015, chap. 1, « L’invasion » Perrin
Sources en ligne
- « Новгородская первая летопись. Большая российская энциклопедия » Bolchaïa rossiïskaïa entsiklopediiahttps://bigenc.ru/c/novgorodskaia-pervaia-letopis-6a1c1d
- « Лаврентьевская летопись. Большая российская энциклопедия » Bolchaïa rossiïskaïa entsiklopediiahttps://bigenc.ru/c/lavrent-evskaia-letopis-c6a9fb
- « Электронная библиотека рукописей. Российская национальная библиотека », notice ОР F.п.IV.2 Bibliothèque nationale de Russiehttps://nlr.ru/manuscripts/RA1527/elektronnyiy-katalog?ab=8EF23706-6FC2-4330-8EB5-D7F7CD2B6F0F
- « Ипатьевская летопись », registre des monuments du livre Bibliothèque électronique nationale de Russie (NEB)https://kp.rusneb.ru/item/material/ipatevskaya-letopis
- « Ibn al-Athīr’s Accounts of the Rūs (10th to 13th centuries) », trad. William Watson De Re Militari, The Society for Medieval Military Historyhttps://www.deremilitari.org/RESOURCES/SOURCES/athir.htm







.jpg?width=500)





