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Le procès des Templiers : Philippe le Bel contre l’ordre du Temple

Rohan Master / Wikimedia Commons
13 min de lecture77 sources vérifiées
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Pierre de Bologne entre dans le procès des Templiers comme un nom que réclame un autre accusé. Le jeudi 27 novembre 1309, devant la commission pontificale réunie à Paris, le frère Ponsard de Gizy demande qu’on lui donne pour l’assister deux prêtres de l’ordre, et Pierre est l’un d’eux. Au printemps suivant, il conduit avec Renaud de Provins la défense de près de six cents templiers revenus sur leurs aveux. Puis il sort du récit, et Malcolm Barber, dans la seconde édition de The Trial of the Templars, parue en 2006, écrit seulement qu’il a mystérieusement disparu.

« Une chose amère, une chose déplorable »

L’ordre d’arrêter tous les templiers du royaume est daté du 14 septembre 1307. Le roi y parle, dans la traduction que Georges Lizerand a donnée du texte, d’« une chose amère, une chose déplorable, une chose assurément horrible à penser ». L’original adressé aux agents royaux ne nous est pas parvenu. Les Archives nationales en exposent une copie authentifiée, un vidimus établi par Pierre de Hangest, bailli de Rouen, que Sean Field date du 21 octobre 1307 et cite sous la cote J 413, n° 22. Le livret de l’exposition de 2023 attribue la rédaction de l’ordre à Guillaume de Nogaret, parce que la lettre envoyée le 22 septembre par l’inquisiteur Guillaume de Paris à ses confrères dominicains en reprend des tournures entières. Ce même 22 septembre, rappelle Philippe Josserand, le conseil du roi réuni à l’abbaye de Maubuisson décidait de confier le sceau à Nogaret.

Les arrestations ont lieu au petit matin du vend​redi 13 octobre 1307. La date a fini par servir d’explication à la peur du vend​redi 13, qui ne lui doit rien. D’après Nathaniel Lachenmeyer, la plus ancienne mention claire de ce jour comme jour funeste est le titre d’un roman paru en 1907, et le magazine National Geographic attribue au Da Vinci Code de Dan Brown, en 2003, la diffusion du lien avec les templiers.

Six jours après les arrestations, les interrogatoires parisiens commencent. Du 19 octobre au 24 novembre 1307, l’inquisiteur du royaume, Guillaume de Paris, entend avec deux autres dominicains, Nicolas d’Ennezat et Laurent de Nantes, cent trente-huit templiers âgés de seize à quatre-vingts ans. Jacques de Molay, le grand maître, comparaît le 24 octobre. Leurs aveux tiennent sur un rouleau conservé aux Archives nationales sous la cote J//413/A, n° 18, long de plus de vingt-deux mètres, fait de quarante-quatre membranes de parchemin taillées dans vingt-deux peaux de chèvre coupées en deux et cousues au fil de lin ; à cheval sur les coutures, les seings de quatre notaires interdisaient d’ajouter ou de retrancher une membrane. Cent trente-quatre frères reconnaissent tout ou partie des crimes, sous la torture ou sous sa menace, précise Philippe Josserand. Le livret des Archives nationales détaille ces aveux. Cent cinq frères disent avoir renié le Christ lors de leur réception dans l’ordre, cent vingt-trois avoir craché sur la croix, cent trois avoir donné ou reçu des baisers obscènes, cent deux avoir été incités à des relations homosexuelles. Quatre n’avouent rien. La régularité de ces aveux doit beaucoup à la procédure, puisque chaque frère répondait sur les mêmes chefs d’accusation, et ces aveux pèseront plus lourd que tout le reste quand il faudra décider du sort de l’ordre.

À Carcassonne, le même mois, l’idole entre dans les procès-verbaux. Une copie sur papier de ces interrogatoires, conservée aux Archives nationales sous la cote AE/II/311 et publiée en 2011 par Andrea Nicolotti, fait dire le 12 novembre à Raymond Rubei qu’on lui montra un objet de bois où était peinte une figura Baffometi, et qu’il en baisa les pieds en disant « Yalla », mot que le greffier qualifie de sarrasin. Gaucerand de Montpezat, interrogé le lendemain, parle d’une image que son maître disait faite in figuram Baffometi. Nicolotti lit dans Baffometus une forme du nom de Mah​omet. Le mot a fait ensuite une autre carrière. Joseph von Hammer-Purgstall en tire en 1818, dans les Mines de l’Orient publiées à Vie​nne, un Mysterium Baphometis revelatum qui fait des templiers des gnostiques adorateurs d’une idole, et Éliphas Lévi dessine en 1854, pour les premières livraisons de son Dogme de la haute magie, le Baphomet à tête de bouc dont Julian Strube a retracé la genèse en 2016.

Le parchemin D 217

Six semaines après les arrestations, le pape reprend l’affaire à son compte. Le 22 novembre 1307, la bulle Pastoralis praeeminentiae ordonne aux souverains de toute la chrétienté d’arrêter les templiers de leurs terres. En février 1308, Clément V suspend les pouvoirs des inquisiteurs de France et prend l’enquête en main. L’été suivant, à Poitiers, où réside alors la cour pontificale, soixante-douze templiers comparaissent devant lui, du 29 juin au 2 juillet selon Barber. Plusieurs bulles datées du 5 juillet au 12 août 1308 prennent acte des crimes confessés, observe Jul​ien Théry, et celle du 12 août, Faciens misericordiam, lance des enquêtes sur les personnes et sur l’ordre, avec deux listes d’accusations de quatre-vingt-huit et de cent vingt-sept articles. Le même jour, la bulle Regnans in caelis convoque un concile général à Vie​nne.

Du 17 au 20 août 1308, au château de Chinon, où sont détenus Jacques de Molay et les principaux dignitaires, trois cardinaux, parmi lesquels Bérenger Frédol, l’homme de confiance du pape, recueillent leurs dépositions et les absolvent. L’acte est conservé à l’Archivio Apostolico Vaticano sous la cote Archivum Arcis, Arm. D 217. Barbara Frale l’a signalé en septembre 2001. Le préfet des archives, Sergio Pagano, a fait valoir plus tard que le document était décrit avec précision dans un inventaire de 1912 et que personne n’y avait prêté attention. La maison Scrinium l’a publié en 2007, avec les rouleaux de Poitiers cotés D 208, D 209 et D 210, dans un volume de 256 pages tiré à 799 exemplaires, Processus contra Templarios.

Frale a lu dans cet acte, en 2004, l’absolution pontificale du dernier grand maître, et une partie de la presse en a tiré la réhabilitation de l’ordre. Barber relève pourtant qu’à Chinon les dignitaires étaient revenus à leurs premiers aveux, et Pagano a précisé que la publication de 2007 ne visait pas à réhabiliter les templiers. Le mot d’absolution vaut mieux que celui de réhabilitation, parce que l’acte porte sur des hommes et ne prononce rien sur l’institution. La date du geste divise ceux qui s’accordent sur sa nature. Pour Théry, le pape a cédé dès l’été 1308, puisque les bulles de juillet et d’août reconnaissent les crimes avoués. Alain Demurger, qui a intitulé une étude de 2010 « Manuscrit de Chinon ou moment Chinon ? », place le revirement de Clément V plus tard, en 1309 ou en 1310, et l’absolution, postérieure de cinq jours à Faciens misericordiam, s’accorde mal en apparence avec un pape déjà résigné.

Pierre de Bologne quitte la défense

La commission pontificale chargée de l’ordre siège à Paris de 1309 à mai 1311. Ses procès-verbaux ont été mis au propre en deux exemplaires, écrivait Jules Michelet en 1841, l’un sur vélin envoyé au pape, l’autre sur papier déposé au trésor de Notre-Dame. Le second est aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France sous la cote Latin 11796, ancien Harlay 49, un volume de papier de 219 feuillets, 385 millimètres sur 290, daté de Paris en 1311 ; une main du temps a dessiné dans sa marge, au folio 203 verso, une figure que reproduit le livret des Archives nationales. Michelet l’a édité en deux tomes, en 1841 et en 1851.

Au début de mai 1310, près de six cents templiers ont accepté de défendre l’ordre, selon Barber, plus de six cents selon les Archives nationales, et Alain Demurger a réuni en 2015, dans son Journal de la persécution, les dépositions de 231 frères qui résistèrent. Les défenseurs, dont Pierre de Bologne est l’un des représentants, déposent un mémoire que Michelet a publié dans son premier tome.

Le 12 mai 1310, l’archevêque de Sens, Philippe de Marigny, que le livret des Archives nationales appelle une créature du roi, envoie au bûcher près de l’abbaye Saint-Antoine, aux portes de Paris, cinquante-quatre templiers qui avaient rétracté leurs aveux. Le concile de sa province les a condamnés comme relaps, c’est-à-dire retombés dans l’hérésie après l’avoir confessée et abjurée, faute que le droit de l’Église punissait du feu. Renaud de Provins est condamné par le même concile à la prison perpétuelle.

Sur Pierre de Bologne, les sources se contredisent. Barber s’en tient à sa disparition. Anke Napp, dans le lexique des templiers du centre de recherche sur l’histoire comparée des ordres religieux de l’université technique de Dresde, renvoie à un passage du procès-verbal de la commission selon lequel Pierre aurait renoncé à la défense, réitéré ses premiers aveux, puis brisé sa prison et pris la fuite, fregisse carcerem et fugisse. La notice date l’épisode d’octobre 1310 tout en le plaçant trois jours après l’exécution des cinquante-quatre, qui avait eu lieu en mai, et cette discordance interdit d’en tirer une chronologie sûre. On l’a longtemps cru réduit au silence, voire assassiné. En 2024, Giampiero Bagni a proposé de le retrouver à Bologne, où il aurait servi comme hospitalier jusqu’à sa mort en 1329. La dalle funéraire qui porte cette date montre pourtant un prêtre en vêtements de messe, un calice en main, sans l’insigne de l’Hôpital, selon la même notice, et l’identification attend encore d’être discutée par d’autres spécialistes.

Cinquante-trois cuillers d’argent

L’argent est le mobile que l’on prête le plus volontiers au roi. Les templiers gardaient le trésor royal depuis 1146, quand Louis VII le leur avait confié, et l’usage dura tout le XIIIᵉ siècle ; Philippe le Bel tenta d’en changer en 1295, puis leur remit de nouveau ses deniers en 1303, d’après le livret des Archives nationales. Après la suppression, il obtient des Hospitaliers une somme énorme en dédommagement de ses frais, écrit Barber, et la Grande Encyclopédie Larousse chiffre l’indemnité à 200 000 livres tournois. Les inventaires dressés lors des arrestations dans les îles Britanniques, en janvier 1308 puis en mars 1309, ne révèlent aucun trésor, ni monnaie amassée, ni joyaux. On y compte cinquante-trois cuillers d’argent, une pour deux templiers arrêtés, relève Steve Tibble. La richesse de l’ordre était d’abord foncière, et le superlatif d’ordre le plus riche d’Europe, qui accompagne souvent son nom, ne s’appuie dans aucun des travaux cités ici sur une estimation chiffrée.

Le trésor caché a sa propre histoire. En mars 1946, Roger Lhomoy, jardinier et gardien du château de Gisors, affirme à la mairie avoir trouvé sous le donjon une chapelle romane, des sarcophages de pierre et une trentaine de coffres. Il raconte l’affaire en 1960 à Gérard de Sède, qui publie deux ans plus tard chez Julliard Les Templiers sont parmi nous, ou l’énigme de Gisors. Pierre-Vincent Claverie range de Sède parmi les romanciers dont la seconde moitié du XXᵉ siècle a nourri les fantasmes templiers.

Jul​ien Théry a déplacé la question en 2011. L’enjeu du procès, écrit-il dans la revue Médiévales, « fut la transfiguration du pouvoir royal ». La monarchie sortait du conflit avec Boniface VIII, et en faisant découvrir puis punir par le roi l’hérésie d’un ordre religieux, elle s’appropriait les fondements mystiques de la théocratie pontificale. Théry en trouve la preuve dans les discours de Guillaume de Plaisians à Poitiers. Le 29 mai 1308, le légiste présente devant le pape un roi choisi par la Providence divine, et le 14 juin il soutient que le Christ a fait deux fois œuvre de miracle, en donnant aux chrétiens un pape français et en le faisant résider en France.

Sophia Menache, dans sa biographie de Clément V parue en 1998, refuse de voir dans ce pontificat une capitulation honteuse devant les Capétiens et lui prête des efforts pour contrarier les projets du roi, dans l’affaire des templiers comme dans celle de Boniface VIII.

Le camp qui croit à une part de vérité dans les accusations a son meilleur avocat chez Barbara Frale. Dans I Templari, en 2004, elle tient les templiers pour innocents d’hérésie et d’apostasie, mais admet que le reniement et le crachat ont existé lors de la réception, comme une épreuve d’entrée dans une vie militaire rude, où l’on préparait la recrue au sort qui l’attendait si les musulmans la capturaient. L’argument rend compte d’aveux concordants obtenus loin les uns des autres. Alan Forey lui a reproché en 2005 de n’examiner aucune des nombreuses objections qu’on peut lui opposer.

Un ordre supprimé sans être condamné

Hors du royaume de France, les procès ont mal servi l’accusation. Là où l’on n’a pas employé la torture, à Chypre, en Aragon et en Angleterre, on n’a pas obtenu d’aveux, conclut Barber. À Chypre, l’ordre est déclaré non coupable au terme de deux sessions, en mai 1310 et en mai 1311, dont Anne Gilmour-Bryson a publié les actes en 1998. En juin 1311, à Ravenne, le concile réuni par l’archevêque Rinaldo da Concorezzo reconnaît innocents ceux qui n’ont avoué que sous la torture, ce qui retire toute valeur à la contrainte physique. Dans les îles Britanniques, aucun templier n’est brûlé, et les inquisiteurs pontificaux trouvent peu de preuves solides, montre Helen Nicholson.

Le concile de Vie​nne s’ouvre le 16 octobre 1311. La bulle Vox in excelso, datée du 22 mars 1312 et lue à la deuxième session, le 3 avril, supprime l’ordre « non per modum diffinitivae sententiae sed per modum provisionis seu ordinationis apostolicae ». Le pape ne condamne pas. Il décide, par mesure d’autorité, parce que le scandale ne pourrait guère être apaisé tant que l’ordre subsisterait, et laisse au Siège apostolique le sort des personnes et des biens. Le 2 mai, la bulle Ad providam attribue ces biens aux Hospitaliers. Le 6 mai, Considerantes dudum se réserve le jugement du grand maître, du visiteur de France et des précepteurs de Palestine, de Normandie, d’Aquitaine, de Poitou et de Provence.

Sur un îlot de la Seine, à l’heure des vêpres

Le continuateur anonyme de la chronique latine de Guillaume de Nangis raconte la fin. Un lundi de mars, sur le parvis de Notre-Dame, les cardinaux délégués par le pape condamnent quatre dignitaires à la prison perpétuelle, muro et carceri perpetuo. Deux d’entre eux, le maître d’outre-mer et le maître de Normandie, c’est-à-dire Jacques de Molay et Geoffroi de Charnay, protestent contre le cardinal qui vient de prêcher et rétractent leurs aveux. Les cardinaux les remettent au prévôt de Paris, seulement pour qu’il les garde. Le roi consulte les siens, sans en parler aux clercs, note le chroniqueur, et les fait brûler vers l’heure des vêpres du même jour, sur un îlot de la Seine situé entre le jardin royal et l’église des frères ermites de saint Augu​stin, que Barber appelle île des Javiaux et la Grande Encyclopédie Larousse île aux Juifs. Leur fermeté frappe les témoins. Les deux autres retournent en prison, comme le voulait la sentence.

Un autre témoin a mis la scène en vers. Geoffroi de Paris, dont la Chronique métrique occupe les feuillets 63 à 88 du manuscrit Français 146 de la Bibliothèque nationale de France, un grand volume de 460 millimètres sur 330 copié à Paris vers 1317 et qui contient aussi le Roman de Fauvel, prête à Molay une dernière demande, qu’on tourne son visage vers la Vierge Marie, et une annonce, « Diex en vengera nostre mort ».

Il ne nomme ni le pape ni le roi, et ne fixe aucun délai.

La malédiction en bonne et due forme s’est construite par couches. Vers 1330, l’Italien Ferreto de’ Ferreti rapporte, selon William Blanc, qu’un templier brûlé après le concile de Vie​nne, qui n’est pas Molay, a cité le pape à comparaître dans un an et un jour, avec le roi Philippe ; Clément V et Philippe le Bel sont morts tous deux en 1314. Au XVIᵉ siècle, Paul Émile, dans son De rebus gestis Francorum, que Blanc cite dans l’édition de 1548, met l’imprécation dans la bouche du grand maître. La Révolution s’en empare. Le 18 juin 1796, Le Censeur des journaux voit dans les événements « la vengeance des Templiers qui s’accomplit », et la même année Cadet de Gassicourt publie Le tombeau de Jacques Molai. François Raynouard, qui fait jouer sa tragédie Les Templiers à la Comédie-Française le 14 mai 1805 et publie en 1813 ses Monumens historiques relatifs à la condamnation des chevaliers du Temple, défend surtout leur innocence. Maurice Druon, entre 1955 et 1977, rattache dans les sept volumes des Rois maudits les malheurs de la dynastie capétienne à la malédiction de Molay, avec un lyrisme qui dépasse la réalité historique, juge Claverie.

Le jour même de l’exécution reste disputé. Le continuateur de Nangis écrit le lundi après la fête de saint Grégoire et range l’épisode à l’année 1313, l’année ne commençant alors en France qu’à Pâques, tombée le 7 avril en 1314 ; la Saint-Grégoire, le 12 mars, étant un mardi, ce lundi est le 18 mars 1314 (n. st.), date que retient Barber. Elizabeth Brown, qui donnait elle aussi le 18 mars en 2012, a corrigé sa datation en 2016 et retient le 11 mars dans une étude de soixante-quatre pages de la revue Viator, date que reprend Philippe Josserand. Les Archives nationales, dans le livret de leur exposition de 2023, laissent la question ouverte et font mourir Molay et Charnay dans la nuit du 11 ou du 18 mars.

Pour aller plus loin

L’attentat d’Anagni contre Boniface VIII, en 1303, où l’on retrouve Guillaume de Nogaret, éclaire la théologie royale que Jul​ien Théry voit à l’œuvre dans le procès. L’installation des Hospitaliers à Rhodes et leur héritage des biens du Temple prolongent l’histoire des ordres militaires après 1312, et l’inquisition médiévale, distincte des grandes chasses aux sorcières des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, fournit au procès sa procédure.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Philippe IV, ordre d’arrestation des templiers, 14 septembre 1307 (« Une chose amère, une chose déplorable, une chose assurément horrible à penser… »), vidimus de Pierre de Hangest, bailli de Rouen, daté du 21 octobre 1307 d’après Field 2016 Archives nationales, J 413, n° 22 (forme de la cote d’après Field 2016) ; trad. Georges Lizerand, Le dossier de l’affaire des Templiers, 5ᵉ éd., Paris, Les Belles Lettres, 2012, p. 16-17, d’après Josserand 2024
  2. Procès-verbal notarié des interrogatoires de 138 templiers arrêtés à Paris, 19 octobre-24 novembre 1307, par Guillaume de Paris, Nicolas d’Ennezat et Laurent de Nantes, rouleau de plus de 22 m, 44 membranes de parchemin cousues au fil de lin, seings de quatre notaires, déposition de Jacques de Molay le 24 octobre Archives nationales, J//413/A, n° 18
  3. Interrogatoires des templiers détenus à Carcassonne, novembre 1307 : Raymond Rubei, 12 novembre, f. 3v (« figura Baffometi », « Yalla », « verbum Sarracenorum ») ; Gaucerand de Montpezat, f. 2v (« in figuram Baffometi »), copie sur papier d’environ 270 × 185 mm, éd. Andrea Nicolotti, Studi Medievali, 2011 Archives nationales, AE/II/311 (anc. J 413, n° 25), cote d’après Nicolotti 2011
Voir les 74 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Procès-verbaux de la commission pontificale, Paris, 1309-1311, exemplaire sur papier déposé au trésor de Notre-Dame, 219 feuillets et 3 feuillets blancs, 385 × 290 mm, dessin marginal au f. 203v Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Latin 11796 (anc. Harlay 49)
  2. Jules Michelet (éd.), Procès des Templiers, 2 t., Paris, Imprimerie royale puis nationale, 1841-1851, Collection de documents inédits sur l’histoire de France : préface du t. I sur les deux exemplaires des procès-verbaux ; t. I, p. 36 (Ponsard de Gizy demande, le jeudi 27 novembre 1309, l’assistance de deux frères prêtres, dont Pierre de Bologne) ; t. I, p. 164-169 (mémoire de défense) et p. 286-287 (renonciation et fuite de Pierre de Bologne), d’après Napp
  3. Clément V, bulle Pastoralis praeeminentiae, 22 novembre 1307, d’après Barber 2006, p. 2
  4. Clément V, bulles Faciens misericordiam et Regnans in caelis, Poitiers, 12 août 1308, la première accompagnée de listes de 88 et de 127 articles d’accusation, d’après Théry 2013 et la page de Papal Encyclicals
  5. Absolution des dignitaires du Temple par les cardinaux délégués à Chinon, 17-20 août 1308 Archivio Apostolico Vaticano, Archivum Arcis, Arm. D 217 ; éd. Marco Maiorino et Pier Paolo Piergentili, avec une étude de Barbara Frale, Processus contra Templarios, Exemplaria Praetiosa, Cité du Vatican, Scrinium, 2007, 256 p., 799 exemplaires
  6. Rouleaux des interrogatoires de Poitiers, juin-juillet 1308 Archivio Apostolico Vaticano, Archivum Arcis, Arm. D 208, D 209 et D 210, d’après Scrinium
  7. Guillaume de Plaisians, discours devant Clément V à Poitiers, 29 mai et 14 juin 1308, éd. Georges Lizerand, Le dossier de l’affaire des Templiers, p. 111, cité d’après Théry 2013
  8. Clément V, bulle Vox in excelso, datée de Vienne le 22 mars 1312, lue le 3 avril 1312 : « non per modum diffinitivae sententiae sed per modum provisionis seu ordinationis apostolicae », texte latin d’après Nicolotti, trad. anglaise d’après Papal Encyclicals
  9. Clément V, bulle Ad providam, 2 mai 1312, et bulle Considerantes dudum, 6 mai 1312, d’après Nicolotti et Papal Encyclicals
  10. Continuation de la chronique latine de Guillaume de Nangis, à l’année 1313 : sentence prononcée « die lunae post festum beati Gregorii » sur le parvis de Notre-Dame, « muro et carceri perpetuo », protestation du « transmarinus magister » et du « magister Normanniae », remise au prévôt de Paris, conseil du roi « clericis non vocatis », bûcher « circa vespertinam horam » « in parva quadam insula Secanae, inter hortum regalem et ecclesiam fratrum Heremitarum posita », éd. Hercule Géraud, Chronique latine de Guillaume de Nangis de 1113 à 1300 avec les continuations de cette chronique de 1300 à 1368, Paris, Société de l’histoire de France, 1843 ; trad. François Guizot, Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France, Paris, 1825
  11. Geoffroi de Paris, Chronique métrique, Paris, vers 1317, ff. 63-88, dans le même volume que le Roman de Fauvel (ff. 1-45), 460 × 330 mm Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 146 ; vers « Diex en vengera nostre mort », éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle, Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XXII, Paris, 1860, p. 145, cité d’après Claverie 2014 ; éd. Armel Diverrès, La Chronique métrique attribuée à Geffroy de Paris, Paris, 1956, Publications de la Faculté des lettres de l’Université de Strasbourg 129
  12. Ferreto de’ Ferreti, Historia, vers 1330 : un templier brûlé après le concile de Vienne cite le pape et Philippe le Bel « dans un an et un jour », d’après Blanc 2020
  13. Paul Émile, De rebus gestis Francorum, éd. de 1548, malédiction placée dans la bouche de Jacques de Molay, d’après Blanc 2020
  14. Le Censeur des journaux, 18 juin 1796 : « C’est la vengeance des Templiers qui s’accomplit », d’après Blanc 2020
  15. Charles-Louis Cadet de Gassicourt, Le tombeau de Jacques Molai ou Histoire secrète et abrégée des initiés, Paris, 1796, d’après Blanc 2020
  16. François-Just-Marie Raynouard, Les Templiers, tragédie, Paris, Giguet et Michaud, 1805, créée au Théâtre-Français le 14 mai 1805 ; Monumens historiques relatifs à la condamnation des chevaliers du Temple et à l’abolition de leur ordre, Paris, A. Égron, 1813
  17. Joseph von Hammer-Purgstall, « Mysterium Baphometis revelatum, seu fratres militiae templi… », Mines de l’Orient (Fundgruben des Orients), t. VI, Vienne, Antoine Schmid, 1818, d’après Strube 2017
  18. Éliphas Lévi, Dogme de la haute magie, premières livraisons, Paris, Guiraudet et Jouaust, 1854 ; Dogme et rituel de la haute magie, 2 vol., Paris, Germer Baillière, 1855-1856, frontispice du Baphomet, d’après Strube 2017
  19. Maurice Druon, Les Rois maudits, 7 vol., 1955-1977, d’après Claverie 2014
  20. Gérard de Sède, Les Templiers sont parmi nous, ou l’Énigme de Gisors, Paris, R. Julliard, 1962
  21. Dan Brown, The Da Vinci Code, New York, Doubleday, 2003
  22. Inventaires des biens des templiers des îles Britanniques, janvier 1308 et mars 1309 The National Archives, Kew, d’après Tibble 2024 et Nicholson

Bibliographie

  1. Malcolm Barber, The Trial of the Templars, 2ᵉ éd., Cambridge, 2006 (1ʳᵉ éd. 1978), introduction p. 1-4, chap. 4, p. 116-140, chap. 8, p. 217-258, chap. 10, p. 283-290, DOI 10,1017/CBO9780511617904 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/CBO9780511617904
  2. Alain Demurger, La persécution des templiers. Journal (1305-1314), Paris, 2015, 397 p., coll. Bibliothèque historique Payot
  3. Alain Demurger, « « Manuscrit de Chinon » ou « Moment Chinon » ? », dans Marina Montesano (dir.), « Come l’orco della fiaba ». Studi per Franco Cardini, Florence, 2010, p. 111-121, cité d’après Théry 2013 SISMEL Edizioni del Galluzzo
  4. Julien Théry, « Une hérésie d’État. Philippe le Bel, le procès des « perfides templiers » et la pontificalisation de la royauté française », Médiévales 60, 2011, p. 157-185, DOI 10,4000/medievales.6222 Presses universitaires de Vincenneshttps://doi.org/10.4000/medievales.6222
  5. Julien Théry, « A Heresy of State : Philip the Fair, the Trial of the « Perfidious Templars », and the Pontificalization of the French Monarchy », Journal of Medieval Religious Cultures 39 (2), 2013, p. 117-148, DOI 10,5325/jmedirelicult.39,2.0117 Penn State University Presshttps://doi.org/10.5325/jmedirelicult.39.2.0117
  6. Barbara Frale, « The Chinon chart. Papal absolution to the last Templar, Master Jacques de Molay », Journal of Medieval History 30 (2), 2004, p. 109-134, DOI 10,1016/j.jmedhist.2004,03 004 Elsevierhttps://doi.org/10.1016/j.jmedhist.2004.03
  7. Barbara Frale, I Templari, Bologne, 2004 Il Mulino
  8. Alan J. Forey, compte rendu de Barbara Frale, I Templari, English Historical Review 120 (489), 2005, p. 1420-1421, DOI 10,1093/ehr/cei427 Oxford University Presshttps://doi.org/10.1093/ehr/cei427
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Sources en ligne

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