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La croisade des enfants de 1212 a-t-elle existé ? Des pueri au mythe

Jean-François Augé / StudioOuest / Wikimedia Commons
11 min de lecture43 sources vérifiées
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L’objection mérite d’être posée en premier, parce qu’elle est solide. Innocent III n’a jamais fait prêcher l’entreprise, ne lui a accordé aucune indulgence plénière, ne lui a donné aucun légat et ne lui a jamais reconnu la moindre existence officielle, liste de refus par laquelle Gary Dickson ouvre le chapitre qu’il consacre au pape dans sa monographie de 2008. Les annalistes les plus proches des faits emploient d’ailleurs d’autres mots. Ils écrivent expeditio ou peregrinatio, ou disent seulement que des pueri ont pris la croix. À Gênes, le 25 août 1212, l’annaliste de la commune, Ogerio Pane, en compte sept mille, arrivés d’Allemagne derrière un certain Nicolas.

« Aliquid magnum et novum »

Au printemps 1212, l’Espagne chrétienne attend une offensive almohade, et Innocent III demande que l’on prêche, que l’on prie et que l’on organise des processions liturgiques dans toute la chrétienté pour soutenir les armées des rois ibériques. Le pays chartrain répond en mai. Gary Dickson situe au 20 mai, à Chartres, le moment où une partie des participants refuse de rentrer chez elle et transforme la procession en marche. Il s’appuie surtout sur une chronique de l’abbaye cistercienne de Mortemer, l’Auctarium Mortui Maris, et voit dans le recrutement continu des années précédentes pour la croisade contre les hérétiques du​ Midi l’élan qui avait préparé la région. La victoire chrétienne de Las Navas de Tolosa n’intervient que le 16 juillet, quand les pueri sont déjà sur les routes.

Le seul récit qui donne un nom au chef français vient de Laon. L’auteur anonyme d’une chronique universelle qui s’arrête en 1219, dont on ne connaissait en 1909 que deux manuscrits, l’un à Berlin, l’autre à Paris, rapporte qu’en juin 1212 un puer nommé Étienne, berger de son état, originaire d’un village appelé Cloyes, affirme que le Christ lui est apparu sous l’apparence d’un pèlerin et lui a remis des lettres pour le roi de France. Avec une grande troupe de pueri, Étienne se rend auprès de Philippe Auguste. Le roi leur ordonne de rentrer chez eux, et l’autorité d’Étienne, à en croire le chroniqueur, ne survit pas à cet ordre. L’anonyme ajoute un commentaire où l’on entend la déception d’un homme qui avait espéré, puisqu’on croyait, écrit-il, que le Seigneur allait accomplir sur terre « aliquid magnum et novum », quelque chose de grand et de neuf, et il en alla tout autrement (éd. Cartellieri et Stechele, p. 70-71).

Les autres témoins français confirment l’ampleur du mouvement sans nommer personne. La chronique anglaise dite de Barnwell, composée vers 1225, note que les pueri convergeant à travers les cités de France frappaient de stupeur ceux qui les voyaient passer. Dickson les suit ensuite jusqu’aux environs de Saint-Quentin, à quelque 140 milles au nord-est de Saint​-Denis, où une querelle aurait opposé des habitants favorables aux marcheurs à un clergé méfiant, en reprenant une hypothèse avancée en 1891 par Gaston de Janssens dans le Bulletin de la Société dunoise, qu’il juge lui-même invérifiable mais plausible. Brett Whalen, dans son compte rendu de 2009, relève combien de maillons de cette chaîne tiennent à des formules comme « très probablement ».

La chronologie résiste d’ailleurs à l’ordre que Dickson défend. La chronique royale de Cologne place le départ allemand entre Pâques et la Pentecôte, soit du 25 mars au 13 mai 1212, avant la procession de Chartres, et Norman Zacour en concluait en 1962 que le mouvement pouvait être né dans les Pays-Bas et la vallée du​ Rhin, la Seine n’en recevant que les franges. Dickson maintient un passage de France en Allemagne, tout en reconnaissant qu’aucune preuve directe ne relie les deux mouvements.

Nicolas passe les Alpes

La chronique royale de Cologne consacre au mouvement allemand la notice la plus circonstanciée, rangée à l’année 1213 bien qu’elle raconte les événements de 1212. Vers Pâques et la Pentecôte, écrit l’annaliste, sans que personne l’eût prêché ni appelé, des milliers de pueri âgés de six ans jusqu’à l’âge adulte abandonnent les charrues, les chariots et les troupeaux qu’ils conduisaient, malgré leurs parents, leurs proches et leurs amis, et courent prendre la croix les uns après les autres. Ils partent pour Jérusalem par groupes de vingt, de cinquante ou de cent, bannières levées. On leur demande sur le conseil de qui ils se sont mis en route, alors que des rois, des ducs en grand nombre et des foules puissantes sont revenus d’Orient sans avoir achevé l’affaire ; ils répondent qu’ils accepteront de bon cœur tout ce que Dieu voudra faire d’eux. Certains sont arrêtés à Metz, d’autres à Plaisance, d’autres encore à Rome. Quelques-uns atteignent Marseille, et l’annaliste avoue ignorer s’ils ont passé la mer et quelle fut leur fin. Il ne tient pour certain qu’un fait, qui clôt sa notice, celui de milliers de partants dont très peu sont revenus. Giovanni Codagnello, annaliste de Plaisance, prête à Nicolas une vision dans laquelle un ange lui ordonnait de reprendre le Saint-Sépulcre, et Dickson résume l’espérance des marcheurs par une image biblique, celle des Hébreux franchissant la mer Rouge à pied sec.

Le 25 août, la troupe de Nicolas atteint Gênes, et Ogerio Pane note les sept mille arrivants dans les annales de la commune. Ces annales avaient été commencées vers 1100 par Caffaro, de sa propre initiative, avant que la commune ne les reçoive en 1152 parmi ses écritures authentiques. Aucun navire n’attend les marcheurs. D’après les Gesta Treverorum, une bande pousse jusqu’à Brindisi, où l’évêque lui interdit d’aller plus loin. L’annaliste de Marbach, en Alsace, se montre le plus dur. Il parle d’une « nugatoria quaedam expeditio », une expédition de rien, faite de pueri et d’hommes sans jugement qui prennent la croix « sine aliqua discretione », sans le moindre discernement, par curiosité plutôt que pour leur salut. Pour Dickson, la plupart des survivants ne rentrent pas. Ils restent en Italie, s’installent dans les villes et changent d’identité une dernière fois, de pèlerins en immigrés, au point qu’il tient la phase transalpine pour l’une des migrations urbaines les plus étendues du Moyen Âge.

Pueri

En 1977, le médiéviste néerlandais Peter Raedts publie dans le Journal of Medieval History l’étude qui a déplacé la question. Il y dresse, aux pages 320 à 323, le relevé des récits de chroniqueurs que Dickson tiendra pour le plus détaillé, et part d’un constat de méthode, celui des textes tardifs qui insistent seuls sur le jeune âge des marcheurs. Les annales proches des faits mêlent aux pueri des hommes, des femmes, parfois des nourrissons, et la chronique de Cologne elle-même étend ses pueri de six ans jusqu’à l’âge adulte. Raedts lit donc puer au sens social que le mot porte souvent en latin médiéval, celui de valet, d’ouvrier agricole, d’homme de peu. Son analyse, à la fois linguistique et sociale, conclut que les croisés de 1212 étaient des pauvres vivant aux marges de la société rurale, nourris de l’idéal de pauvreté apostolique, et que l’histoire touchante d’enfants innocents partis délivrer le Saint-Sépulcre était devenue une légende populaire en moins d’un demi-siècle.

Gary Dickson accepte la moitié du raisonnement. Il convient que les pueri ne formèrent jamais une armée de petits enfants, contre une erreur qu’il retrouve jusque chez Paul Alphandéry, et que des adultes, hommes, femmes, jeunes mères et vieillards, rejoignirent le mouvement en chemin. Il refuse en revanche d’effacer l’âge, et William MacLehose a montré dans le même sens que les récits les plus développés précisent des âges, opposent les pueri à d’autres classes d’âge et évoquent la permission des parents. Le noyau, selon Dickson, était fait de jeunes bergers et de jeunes paysans. Dans un article de 2009, il propose de lire l’épisode selon le schéma des rites de passage de l’anthropologie classique, comme l’affaire de garçons à qui les rituels de l’adoubement restaient fermés et qui cherchaient dans la croix une manière d’entrer dans l’âge d’homme. Le recenseur de la Literary Review of Canada lui reprochait de ne jamais renoncer, malgré l’ambiguïté des textes, à l’idée d’enfants ou d’adolescents.

Le mot garçons traduit pueri avec plus d’exactitude, puisque les mêmes textes nomment à part les puellae.

Trente mille à Marseille

Sept mille à Gênes, trente mille à Marseille. Le second chiffre vient d’Albéric de Trois-Fontaines, moine cistercien de Champagne qui compile sa chronique universelle au milieu du XIIIᵉ siècle, une génération après les faits. À l’année 1212, il fait partir de la région de Vendôme trente mille pueri qui gagnent Marseille. Deux marchands de la ville, Hugo Ferreus et Guillelmus Porcus, Hugues le Fer et Guillaume le Porc, leur offrent le passage gratuit sur sept navires. Deux de ces navires sombrent au large de la Sardaigne, les cinq autres gagnent Bougie et Alexandrie, où les marchands vendent leurs passagers aux musulmans, et dix-huit captifs qui refusent d’abjurer sont mis à mort. Albéric tient l’histoire d’un clerc revenu d’Orient, qui assurait que, dix-huit ans après l’expédition, un maître d’Alexandrie possédait encore sept cents de ces captifs, devenus des hommes faits. Il donne même aux traîtres une fin exemplaire, pendus sur l’ordre de Frédéric II au même gibet que l’émir Mirabel et ses deux fils, avec qui ils auraient comploté de livrer l’empereur.

Le récit a tout ce qu’il faut à une histoire exemplaire, des innocents, deux traîtres, sept navires, un témoin revenu de loin. À la même époque, Vincent de Beau​vais cherche un coupable plus haut et place derrière toute l’affaire le Vieux de la Montagne, le chef des Assassins, qui se serait ainsi procuré de jeunes esclaves.

En 1914, l’Américain Dana C. Munro a rejeté ce récit dans l’American Historical Review. Il repose sur un seul informateur, un clerc qui disait en revenir, et il aligne des invraisemblances, quatre-vingts prêtres parmi des enfants, des musulmans torturant leurs captifs pour les faire apostasier. Aucune chronique, surtout, ne signale la troupe entre Paris et Marseille, et aucune chronique au sud de la Loire ne mentionne le mouvement. Zacour suivait Munro en 1962, Raedts aussi.

Le camp d’Albéric n’est pourtant pas sans appui. La chronique royale de Cologne, qui ne lui doit rien, sait déjà que certains pueri ont atteint Marseille et ignore ce qu’ils sont devenus, et la chronique alsacienne d’Ebersheim rapporte que des pueri embarqués furent pris par des pirates musulmans et vendus. Albéric n’a sans doute pas tout inventé. Il a donné un nombre, deux noms de coupables et une morale à une disparition que d’autres se contentaient de constater, et c’est ce supplément qui est passé dans tous les récits ultérieurs.

Mercure de France, 1896

La légende commence dans les années mêmes qui suivent la marche. Un recueil de sermons du XIIIᵉ siècle, 362 feuillets de parchemin écrits sur deux colonnes, venu de l’abbaye de Silos et acheté par la Bibliothèque nationale le 10 juin 1910, porte aujourd’hui la cote NAL 999 du département des Manuscrits. Au folio 233, un sermon de croisade évoque « innocentes parvuli qui alio anno fuerunt cruce signati », les petits innocents qui, une autre année, avaient été marqués de la croix. Nicole Bériou range le volume parmi les recueils de sermons parisiens pris en note vers 1211-1215 ; Dickson date ce sermon des environs de 1220, peut-être un peu plus tôt. L’expression ne dit pas combien d’années ont passé. Elle donne déjà aux marcheurs les deux traits que la suite retiendra, l’innocence et la petitesse.

Dickson appelle mythistoire, d’un mot emprunté à un historien américain, cette manière de simplifier un événement, de l’arracher à son contexte et de lui fournir une morale. Il la voit à l’œuvre dès Albéric et Vincent de Beauvais, chez qui les pueri rajeunissent à mesure qu’on les rapproche des saints Innocents massacrés par Hérode. En 1870, à New York, George Zabriskie Gray en tire un récit populaire, The Children’s Crusade, que Brett Whalen range parmi les livres qui ont compté. En 1896, Marcel Schwob publie au Mercure de France La Croisade des enfants, une suite de récits confiés à des voix successives, un goliard, un pape en prière dans sa cellule, d’autres encore, que Gabriel Pierné met en musique et publie chez Heugel en 1903 sous le nom de légende musicale. Kurt Vonnegut donne en 1969 pour sous-titre à Abattoir 5 « The Children’s Crusade », et Agatha Christie, l’année suivante, fait de l’épisode dans Passenger to Frankfurt le symbole d’une jeunesse égarée. Cette mythistoire n’est jamais devenue un pur mythe, observe Dickson, parce qu’elle a toujours revendiqué le statut de fait historique, et c’est cette prétention qui l’a fait durer.

Brindisi ou Damiette

Faute de tout recensement, le nombre des marcheurs échappe, parce que les seuls chiffres viennent d’annalistes qui n’ont vu passer qu’une troupe, ou d’un moine qui écrivait une génération plus tard. Leur âge dépend d’un mot que les auteurs eux-mêmes employaient dans plusieurs sens.

La lettre d’Étienne n’est connue que par l’anonyme de Laon, et le naufrage de Sardaigne que par un clerc anonyme rapporté par Albéric. Dickson a compté plus de cinquante textes narratifs en prose latine antérieurs à 1301, et la plupart tiennent en quelques lignes.

Sur le sort de Nicolas, deux récits s’opposent sans que rien permette de les départager. À Trèves, les Gesta Treverorum laissent entendre qu’il mourut à Brindisi, au bout de la route italienne. Les annales de l’abbaye d’Admont, en Styrie, le retrouvent vivant quelques années plus tard, croisé en bonne et due forme cette fois, prenant la croix en 1217 et combattant en Orient jusque devant Damiette, dans les rangs de la cinquième croisade.

Pour aller plus loin

Les processions de 1212 se comprennent avec la bataille de Las Navas de Tolosa et la croisade contre les albigeois, qui mobilisaient au même moment les prédicateurs de la France du Nord. Le Vieux de la Montagne de Vincent de Beau​vais renvoie à l’histoire des nizârites d’Alamut et de leur légende. La croisade des pastoureaux de 1251 offre enfin un autre exemple de mouvement populaire de croisade né hors de toute convocation.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Chronicon universale anonymi Laudunensis, à l’année 1212 : Étienne, berger de Cloyes, les lettres remises par le Christ apparu en pèlerin, l’ordre de Philippe Auguste, « aliquid magnum et novum », éd. Alexander Cartellieri et Wolf Stechele, Leipzig et Paris, Dyk et Picard, 1909, p. 70-71
  2. Chronica regia Coloniensis, continuatio prima, à l’année 1213 : départ entre Pâques et la Pentecôte, pueri de six ans à l’âge adulte, groupes de vingt, cinquante ou cent, arrêts à Metz, Plaisance et Rome, arrivée de certains à Marseille, éd. Georg Waitz, MGH SS XXIV, p. 17-18 ; trad. James A. Brundage, The Crusades : A Documentary History, Milwaukee, Marquette University Press, 1962, p. 213
  3. Ogerio Pane, Annales Ianuenses, à l’année 1212 : arrivée à Gênes, le 25 août, de Nicolas et de sept mille marcheurs, éd. Georg Heinrich Pertz, MGH SS XVIII, Hanovre, 1863, p. 131, cité d’après DeVries
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Sources primaires (suite)

  1. Annales Marbacenses, à l’année 1212 : « nugatoria quaedam expeditio, pueris et stultis hominibus sine aliqua discretione signum crucis arripientibus curiositatis causa potius quam salutis », éd. Hermann Bloch, MGH SRG 9, Hanovre et Leipzig, 1907, p. 82
  2. Gesta Treverorum, continuation : les pueri à Brindisi, l’interdiction de l’évêque, la mort de Nicolas, éd. Georg Waitz, MGH SS XXIV, p. 398-399, cité d’après DeVries et MacLehose
  3. Annales Admuntenses, continuation : Nicolas croisé en 1217, jusque devant Damiette, éd. Wilhelm Wattenbach, MGH SS IX, Hanovre, 1851, p. 592, cité d’après DeVries
  4. Giovanni Codagnello, Annales Placentini, à l’année 1212 : la vision angélique de Nicolas, éd. Oswald Holder-Egger, MGH SRG 23, Hanovre, 1901, p. 426, cité d’après DeVries
  5. Chronicon Eberheimense : pueri embarqués, capturés par des pirates musulmans et vendus, éd. Ludwig Weiland, MGH SS XXIII, Hanovre, 1874, p. 450, cité d’après DeVries
  6. Albéric de Trois-Fontaines, Chronica, à l’année 1212 : trente mille pueri à Marseille, Hugo Ferreus et Guillelmus Porcus, sept navires, Bougie et Alexandrie, dix-huit martyrs, les sept cents captifs d’Alexandrie, le gibet de Mirabel, éd. Paul Scheffer-Boichorst, MGH SS XXIII, Hanovre, 1874, p. 893-894
  7. Walter de Coventry, Memoriale, partie dite chronique de Barnwell (vers 1225) : « confluentes in unum per Francie civitates pueri admirationi magne fuerunt spectantibus », éd. William Stubbs, Rolls Series 58, t. II, Londres, 1873, p. 205, cité d’après Dickson 1995
  8. Auctarium Mortui Maris, chronique de l’abbaye de Mortemer arrêtée en 1234 : les processions de 1212, cité d’après Dickson 1995, p. 53, n. 3
  9. Sermones et sermonum themata, XIIIᵉ siècle, parchemin, 362 feuillets à deux colonnes, 215 × 150 mm, provenant de l’abbaye de Silos, acheté le 10 juin 1910, sermon de croisade au f. 233b : « innocentes parvuli qui alio anno fuerunt cruce signati » Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, NAL 999
  10. Vincent de Beauvais, Speculum historiale, notice sur les pueri de 1212 et le Vieux de la Montagne, citée d’après Dickson 2008, chap. 7
  11. George Zabriskie Gray, The Children’s Crusade : An Episode of the Thirteenth Century, New York, Hurd and Houghton, 1870, XIII-240 p.
  12. Marcel Schwob, La Croisade des enfants, Paris, Mercure de France, 1896
  13. Gabriel Pierné, La Croisade des enfants, légende musicale sur le texte de Marcel Schwob, Paris, Heugel, 1903
  14. Kurt Vonnegut, Slaughterhouse-Five, or The Children’s Crusade, New York, 1969
  15. Agatha Christie, Passenger to Frankfurt, Londres, 1970

Bibliographie

  1. Peter Raedts, « The Children’s Crusade of 1212 », Journal of Medieval History 3, 1977, p. 279-323 Journal of Medieval History
  2. Gary Dickson, « La genèse de la croisade des enfants (1212) », Bibliothèque de l’École des chartes 153 (1), 1995, p. 53-102, DOI 10,3406/bec.1995,450759 Bibliothèque de l’École des charteshttps://doi.org/10.3406/bec.1995.450759
  3. Gary Dickson, The Children’s Crusade : Medieval History, Modern Mythistory, Basingstoke et New York, 2008, XVIII-247 p. Palgrave Macmillan
  4. Gary Dickson, « Rite de Passage ? The Children’s Crusade and Medieval Childhood », Journal of the History of Childhood and Youth 2 (3), 2009, p. 315-332 Johns Hopkins University Press
  5. Dana C. Munro, « The Children’s Crusade », American Historical Review 19, 1913-1914, p. 516-524 American Historical Association
  6. Norman P. Zacour, « The Children’s Crusade », dans Kenneth M. Setton (dir.), A History of the Crusades, II, Philadelphie, 1962, p. 325-343 University of Pennsylvania Press
  7. Paul Alphandéry et Alphonse Dupront, La chrétienté et l’idée de croisade, 2 vol., Paris, 1954-1959, L’Évolution de l’humanité 38 et 38 bis ; rééd. avec une postface de Michel Balard, 1995 Albin Michel
  8. Gaston de Janssens, « Étienne de Cloyes et les croisades d’enfants au XIIIᵉ siècle », Bulletin de la Société dunoise 90, 1891, p. 109-133 Société dunoise
  9. Nicole Bériou, L’avènement des maîtres de la Parole. La prédication à Paris au XIIIᵉ siècle, 2 vol., Paris, 1998, Études augustiniennes, série Moyen Âge et Temps modernes 31 Institut d’études augustiniennes
  10. Kelly DeVries, « Teenagers at War during the Middle Ages », dans The Premodern Teenager : Youth in Society, 1150-1650, Essays and Studies, Toronto, 2002 Centre for Reformation and Renaissance Studies, Victoria University
  11. William F. MacLehose, « A Tender Age ». Cultural Anxieties over the Child in the Twelfth and Thirteenth Centuries, New York, 2006, chap. 4 Columbia University Press

Sources en ligne

  1. « Chronica Regiae Coloniensis, s.a.1213 : The « Children’s Crusade », 1212 » Fordham University, Internet Medieval Sourcebookhttps://sourcebooks.web.fordham.edu/source/1212pueri.asp
  2. « The Children’s Crusade : Medieval History, Modern Mythistory », compte rendu n° 785 par Brett Edward Whalen, 31 juillet 2009 Reviews in History, Institute of Historical Researchhttps://reviews.history.ac.uk/review/785/
  3. « La genèse de la croisade des enfants (1212). » Perséehttps://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1995_num_153_1_450759
  4. « NAL 999 » Bibliothèque nationale de France, Archives et manuscritshttps://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc716452
  5. « History : The Pope and the Pueri », chapitre de Gary Dickson SpringerLink, Palgrave Macmillanhttps://link.springer.com/chapter/10.1057/9780230592988_2
  6. « The children’s crusade of 1212 », résumé de l’article de Peter Raedts ScienceDirect, Journal of Medieval Historyhttps://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/0304418177900264
  7. « Teenagers at War During the Middle Ages », Kelly DeVries De Re Militari, The Society for Medieval Military Historyhttps://deremilitari.org/2014/03/teenagers-at-war-during-the-middle-ages/
  8. « Revisiting a Powerful Myth », Ray Conlogue, juillet 2009 Literary Review of Canadahttps://reviewcanada.ca/magazine/2009/07/revisiting-a-powerful-myth/
  9. « Don’s diary : crusades hit Princeton », Gary Dickson Times Higher Educationhttps://www.timeshighereducation.com/node/52477
  10. « Chronicon universale Anonymi Laudunensis, von 1154 bis zum Schluss (1219) », compte rendu par René Poupardin, Journal des savants, juillet 1909 Perséehttps://www.persee.fr/doc/jds_0021-8103_1909_num_7_7_3420_t1_0336_0000_2
  11. « Encounters in Medieval Revivalism : Monks, Friars, and Popular Enthusiasts » Church History, Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/church-history/article/abs/encounters-in-medieval-revivalism-monks-friars-and-popular-enthusiasts/9389B20B7BFA969153AE5A573ABA7F83
  12. « La cultura storica in età medievale », Giovanna Petti Balbi, dans Storia della cultura ligure 4, Atti della Società ligure di storia patria, n. s. XLV (CXIX), fasc. II, 2005 Memorie digitali ligurihttps://memoriedigitaliliguri.it/Docs/Biblioteca_Digitale/SB/396b22c37e8bbc6c44c30828fc127900/Estratti/694fa3a2693cdcba35eaac29de1ba7b4.pdf
  13. « Schwob, Marcel, 1867-1905 » The Online Books Page, University of Pennsylvaniahttps://onlinebooks.library.upenn.edu/webbin/who/Schwob%2c%20Marcel%2c%201867%2d1905
  14. « The Children’s Crusade ; an episode of the thirteenth century. By George Zabriskie Gray » Michigan Memories, University of Michigan Libraryhttps://michmemories.org/exhibits/topics/catalog/2635cd7f07e3ef6160c30a63f52c284e
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